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Les sept plaies d’Haïti

Depuis plus de deux siècles, l’infortuné peuple haïtien est affligé par sept plaies qui rappellent le récit biblique : le despotisme, la corruption, l’analphabétisme, la maladie, la dépendance, l’indifférence et le départ définitif de ses enfants les plus doués.

Seules les catastrophes, qui s’abattent sur ce pays avec une régularité que les gens superstitieux pourraient apparenter à une malédiction, tirent momentanément ce pays de l’oubli. Autrement, on n’en parle que lorsqu’on cherche l’exemple le plus extrême d’une société où tout, rigoureusement tout, va toujours mal.

Du point de vue des grandes puissances, ce pays n’a en effet aucune importance géopolitique et ne possède aucune ressource naturelle pour laquelle il y a le moindre intérêt. Du temps où elle était une colonie française, Haïti, qui s’appelait alors Saint-Domingue, était pourtant le premier producteur mondial de sucre et représentait le tiers des revenus de l’empire colonial français.

Aujourd’hui, voici un pays qui produit, pour l’essentiel, des mangues, du café, de l’huile, et dans lequel 98 % des forêts ont été rasées. Et que voulez-vous vendre à des gens qui gagnent en moyenne 600 $ par année et dont la moitié environ vit avec moins de 1 $ par jour ? Haïti est un pays dont les travailleurs humanitaires vous diront souvent, à mots à peine couverts, qu’ils n’ont aucun espoir réaliste de le voir, un jour, se redresser.

Pourquoi est-ce ainsi ? Madame Michèle Pierre-Louis, un autre de ses éphémères et impuissants premiers ministres que ce pays brûle en quelques mois, notait que le peuple haïtien, qui n’a pas moins de talents que n’importe quel autre, est écrasé par des éléphants qui l’empêchent de se redresser.

Ces éléphants, c’est une petite élite locale qui considère ce pays, ou ce qu’il en reste, comme sa chose personnelle. On n’y retrouve pas une seule force politique, dit-elle, qui ne soit pas gangrenée de part en part par la corruption. Dégoûtés, les meilleurs s’en vont et ne retournent jamais, envoyant de l’argent à leurs proches depuis l’étranger. Comment les blâmer ?

Ce destin est d’autant plus cruel que la tumultueuse histoire de la naissance d’Haïti est une des pages les plus sublimes et méconnues de l’aventure humaine. Née en 1804, la République haïtienne est le fruit de la première révolte d’esclaves ayant triomphé dans l’histoire. Mais le ver était déjà dans la pomme, puisque les Pères fondateurs se mirent immédiatement à se trahir les uns les autres et à gouverner de manière violente.

Jusqu’en 1915, date de l’invasion américaine, ce pays avait compté pas moins de 27 dictateurs, tous ineptes et sanguinaires. L’occupation américaine, elle, visait à s’assurer que la Citibank récupérerait ses dettes et à faire changer l’article de la Constitution qui empêchait la vente des plantations à des intérêts étrangers. Puis vinrent les Duvalier, et une autre série d’alternances entre des généraux putschistes, des impuissants de passage, et des dirigeants qui plongent eux-mêmes rapidement dans la corruption qu’ils dénonçaient la veille.

La seule certitude est que, pour espérer obtenir des progrès comme ce pays n’en a jamais connu, il faudra tenter ce qui n’a jamais été tenté. Mais quoi ?

10 réponses à “Les sept plaies d’Haïti”

  1. le 23 jan 2010 à 18:17 Gilles

    Votre analyse est intéressante Joseph, mais je pense qu’elle serait complétée par celle-ci qui n’est pas moins pertinente : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17023

    Vous avez raison de signaler l’ineptie endémique de la vie politique en Haiti. Mais effectivement comme le disait la première ministre,il y a des éléphants qui l’empêche de se redresser. Et parmi eux, sans aucun doute les États comme on dit.

    La chance d’Haiti cette fois sera peut-être que les States sont pognés avec leurs sales guerres, trop pris pour occuper tout l’espace. Mais les dommages antérieurs sont importants.

    Par ailleurs, il semblerait qu’un mouvement se dessine au Québec, certains Haitiens voudraient rapailler les cerveaux de la diaspora pour que leurs talents et compétences soient mises à contribution dans la reconstruction, après la table rase que vient d’infliger la tectonique à ce pauvre pays.

  2. le 24 jan 2010 à 12:07 Victor H

    Mais quoi ?

    On peut raisonnablement penser que ce n’est pas la présidence d’Obama qui va favoriser la formation d’une armée haïtienne répressive. Les temps ont changé.

    Si l’élite haïtienne, surtout celle de la diaspora, ne profite pas du présent malheur haïtien pour s’élever à son devoir, en toute sécurité maintenant, il faudra ajouter une plaie de plus à votre liste : la lâcheté.

  3. le 25 jan 2010 à 14:19 Michel Marceau

    L’Afrique où je demeure depuis un bon bout de temps, me rappelle pour beaucoup Haiti voici 40 ans. Comme tu le mentionnes, problème de gouvernance et migration des élites, destruction de l’environnement et comme me l’a fait remarqué, l’été dernier, notre ancien prof Frantz Voltaire une grande croissance démographique sans possibilité d’emploi.

    L’étranger peut fait beaucoup de mal, ce qui est arrivé dans les Antilles et en Afrique. Mais l’étranger ne peut sortir un autre peuple de la misère. Pour reprendre Félix Leclerc la meilleur façon de tuer un peuple c’est de le payer à ne pas travailler. C’est là le gros problème actuellement. Les gouvernant en Afrique et dans certain pays des Antilles, ont objectivement avantage à conserver leurs populations aux bords du gouffre pour obtenir la gestion d’un maximum de fonds provenant de l’aide. Tant que cette situation perverse se poursuivra et que les populations ne seront pas convaincues qu’elles sont les seules a avoir la clef de leur avenir (oups je dévie sur la souveraineté) rien ne sera possible.

  4. le 27 jan 2010 à 0:15 Daniel Rochefort

    Sérieusement. Proposons aux haïtiens de devenir la onzième province du Canada…

    Face au désastre haïtien et à la sombre perspective de ne pas voir les choses changer pour ce peuple malgré l’immense élan de générosité que manifeste le reste de la planète, j’aimerais proposer une solution radicale qui en fera peut-être sourire plus d’uns… mais pensez-y bien… et pensez bien aux raisons pour lesquelles vous pourriez être en désaccord:
    Proposons aux haïtiens de devenir la onzième province du Canada… une province à part entière, pas une vulgaire colonie.

    Notez que ce scénario pourrait être décliné au choix en «Territoire Français D’Outre-mer» ou en «53 ième état des Etats-Unis».

    Ce serait une vrai solution à long-terme, un véritable partenariat au lieu de l’actuelle charité mal-ordonnée qui se transforme plus souvent qu’autrement en déculpabilisation éphémère et qui est plus souvent qu’autrement pillée par des gens mal intentionnés (Qu’ils soient haïtiens ou canadiens)

    Le Canada investirait dans la reconstruction et la mise à niveau les infrastructures (probablement avec l’aide des Etats-Unis et de la France) tout comme il le ferait pour une autre province canadienne affectée par un désastre de cette ampleur…

    Le Canada mettrait à un niveau « canadien » les institutions politiques, sociales, d’éducation et de santé. Sous le parrainage du Québec (en raison de son caractère francophone), la province d’Haïti se verrait dotée d’une charte, d’un code civil et d’un gouvernement calqué sur le Québec… qu’ils auraient alors – au fil du temps – le loisir de remodeler à leur guise dans les limites de leurs compétences provinciales.

    Le Canada financerait la reforestation de l’île, avant de redonner à la province d’Haïti cette compétence provinciale de gérer ses forêts.

    Bien sûr que ça coûterait une fortune colossale! Et bien sûr que ça demanderait beaucoup de temps pour la mise à niveau… peut-être une ou deux génération! Mais les coûts pourraient être répartis entre les pays occidentaux, en annulant la dette et en finançant sans intérêts les infrastructures reconstruites… ce qui ne se fera visiblement pas en restant dans le statut quo puisque personne n’ira investir à ses frais dans des infrastructures qui tomberont probablement à nouveau entre les mains d’une dictature et qui seront sûrement dilapidées… le passé étant garant de l’avenir!

    Proposons donc une vrai solution à long terme, pour que changent enfin les choses.
    Qu’en dites-vous?

    Et, de grâce, ne me sortez surtout pas les arguments pseudo-nationalistes et anti-occidentaux de pacotilles. Le peuple haïtien lui-même en a sûrement marre d’être exploité et opprimée par sa propre élite… et sous perfusion d’une diaspora qu’il rêve de rejoindre… cette diaspora qui n’échangerait son passeport canadien pour rien au monde.

    Le peuple haïtien a, j’en suis sûr, marre de vivre dans la boue d’un pays «indépendant» d’où l’élite se pousse avec l’argent et d’où la plupart des gens rêvent de s’enfuir!

  5. le 27 jan 2010 à 9:51 Robert Lachance

    Population en millions, 2009: Haïti, 10,03; Canada, 33,57. Réunis 43,6.

    Taux moyen d’accroissement de la population, 2005-2010: Haïti 1,6; Canada 1,0. Réunis, 1,14.

    Taux de fécondité, Haïti 3,55; Canada 1,57. Réunis, approximativement 2,2.

    Taux de mortalité infantile par 1000, Haïti 62,4; Canada 4,8. Ensemble, 18.

    Espérance de vie, hommes, Haïti 59,5; Canada 78,3. Ensemble, environ 73.
    Espérance de vie, femmes, Haïti 63,0; Canada 82,9. Ensemble, environ 77.

    Moins de 15 ans, Haïti 35,9; Canada 16,3. Ensemble 21 %.
    Plus de 60 ans, Haïti 6,5; Canada 20. Ensemble 16,7 %.

    PIB par habitant, $, Haïti 1 316; 39 183. Ensemble, 30 000.

    Ça nous ferait moins bien paraître dans les statistiques mondiales mais ça nous rajeunirait.

    Notre indice synthétique de fécondité serait le plus élevé de l’occident.

  6. le 27 jan 2010 à 14:13 Daniel Rochefort

    En effet Robert,
    l’intégration d’Haïti aurait de tels impacts à court, voir à moyen terme.

    Mais en s’enrichissant, la province d’Haïti tendrait à normaliser ses indices sur la moyenne canadienne actuelle…

    On pourrait par ailleurs voir dans les jeunes haïtiens à la scolarité « normalisée » un bassin de main d’oeuvre salvateur alors qu’ils seraient à pied d’oeuvre juste à temps pour la grave crise démographique qui nous pend au bout du nez!

    Le recours prochain à une immigration internationale débridée faite dans un sentiment d’urgence – voir de panique – démographique serait ainsi évité. On pourrait bâtir notre pays (le Canada pour le moment… peut-être un jour le Québec, qui sait?) d’une façon plus sereine et réfléchie. Et on prendrait davantage le temps et les moyens d’intégrer nos immigrants dans l’harmonie.

  7. le 27 jan 2010 à 15:47 Robert Lachance

    « Proposons aux haïtiens de devenir la onzième province du Canada… »

    Je ne vois pas l’intérêt du Canada dans ce projet. Proposons plutôt aux Haïtiens de devenir la dix-huitième région administrative du Québec, la région Haïti dans un projet de solidarité économique, démographique et intergénérationnelle.

    Voici de nouvelles statistiques.

    Population en millions, 2009: Haïti, 10,03; Québec 7,8 millions. Total 17,83.

    Taux moyen d’accroissement de la population, 2005-2010: Haïti 1,6; Québec 1,0. Réuni, 1,3.

    Taux de fécondité, Haïti 3,55; Québec 1,75. Réuni, approximativement 2,6.
    total

    Taux de mortalité infantile par 1000, Haïti 62,4; Québec 4,8. Ensemble, 34.

    Espérance de vie, hommes, Haïti 59,5; Canada 78. Ensemble, environ 69.
    Espérance de vie, femmes, Haïti 63,0; Canada 83. Ensemble, environ 73.

    Moins de 15 ans, Haïti 35,9; Canada 15. Ensemble 26 %.
    Plus de 60 ans, Haïti 6,5; Québec 21. Ensemble 14 %.

    PIB par habitant, $, Haïti 1 316; 30 143. Ensemble, 16 000.

    On viserait devenir un pays à majorité francophone de 25 millions d’habitants vers 2058.

  8. le 28 jan 2010 à 9:33 Robert Lachance

    « La seule certitude est que, pour espérer obtenir des progrès comme ce pays n’en a jamais connu, il faudra tenter ce qui n’a jamais été tenté. Mais quoi ? »

    La nuit porte conseil, on viserait à devenir deux pays alliés. À cet égard, Haïti a deux siècles d’avance sur nous.

    Ce serait un défi intergénérationnel, interculturel, inter-national, pour démographies et températures éloignées et complémentaires.

    En voici un coup d’oeil:

    groupe d’âge
    Haïti, hommes *** femmes
    Québec, hommes *** femmes
    Ensemble hommes *** femmes

    00-04 *** 590 *** 590 ***** 205 *** 195 ***** 795 *** 785
    05-09 *** 600 *** 600 ***** 197 *** 187 ***** 797 *** 787
    10-14 *** 650 *** 650 ***** 228 *** 218 ***** 878 *** 868
    15-19 *** 570 *** 620 ***** 257 *** 245 ***** 827 *** 865
    20-24 *** 440 *** 530 ***** 248 *** 237 ***** 688 *** 767
    25-29 *** 360 *** 430 ***** 272 *** 261 ***** 632 *** 691
    30-34 *** 290 *** 330 ***** 264 *** 252 ***** 554 *** 582
    35-39 *** 260 *** 280 ***** 258 *** 245 ***** 518 *** 525
    40-44 *** 240 *** 240 ***** 300 *** 287 ***** 540 *** 527
    45-49 *** 200 *** 210 ***** 327 *** 323 ***** 527 *** 533
    50-54 *** 180 *** 180 ***** 305 *** 310 ***** 485 *** 490
    55-59 *** 110 *** 110 ***** 262 *** 271 ***** 372 *** 381
    60-64 *** 130 *** 130 ***** 224 *** 237 ***** 354 *** 367
    65-69 *** 100 *** 100 ***** 168 *** 180 ***** 268 *** 280
    70-74 *** 110 *** 110 ***** 122 *** 141 ***** 232 *** 251
    75-79 *** 040 *** 060 ***** 098 *** 128 ***** 138 *** 188
    80-84 *** 030 *** 050 ***** 063 *** 099 ***** 093 *** 149
    85-89 *** 020 *** 040 ***** 029 *** 060 ***** 049 *** 100
    90-94 *** 000 *** 000 ***** 009 *** 026 ***** 009 *** 026
    95-99 *** 000 *** 000 ***** 002 *** 007 ***** 002 *** 007
    00-09 *** 000 *** 000 *****. 0.2 *** 001 *****. 0,2 *** 001

    Comme disait André Arthur, à la gang on est plus fort.

  9. le 30 jan 2010 à 0:46 Daniel Rochefort

    D’entrée de jeu, je trouve plutôt triste ce froid calcul politique pour décider d’à qui profiterait le plus un tel projet.

    Faire d’Haïti la onzième province – ou une région du Québec – ne devrait pas être motivé par l’intérêt, qu’il soit politique ou économique… excepté bien sûr l’intérêt des haïtiens eux-mêmes. Dois-je rappeler qu’une telle proposition se veut une solution durable au drame haïtien? Et dois-je rappeler l’urgence de leur drame?

    Bien sûr que nous devons y trouver des avantages… mais pourquoi faudrait-il fondamentalement le faire d’une façon intéressée? Ne pourrions-nous pas laisser un peu de côté notre cynisme?

    De toute façon, il est évident que malgré les sacrifices nécessaires, tout le monde y trouverait son compte au final… autant les souverainistes que les fédéralistes… et autant les vieux que les jeunes… Ce serait un coup de génie en terme de solution démographique.

    Voilà enfin un projet mobilisateur qui nous permettrait d’oublier le temps d’une génération notre souffrance de vivre dans une si imparfaite démocratie… notre misère des riches… notre attitude cynique d’enfants gâtés qui prennent pour acquis cet édifice complexe de richesse collective, de droits et de liberté qu’ont bâtis nos pères et nos grands-pères à la sueur de le front! Un bon coup de pied au cul à notre égoïsme de sur-consommateurs!

    Pour en revenir au chiffres, je ne vois pas davantage d’intérêt démographique ou économique pour le Québec que pour le Canada dans ce projet… Sauf votre respect, je vois davantage dans votre préférence pour le Québec – comme intégrateur de Haïti – une préférence idéologique. Mon « choix » du Canada dans ce dossier n’est aucunement motivé par mes préférences idéologiques, croyez-moi: Il est plutôt motivé par le fait que ICI, MAINTENANT, nous faisons partie du Canada, et que c’est MAINTENANT que les haïtiens ont besoin d’aide.

    D’autant plus que je ne crois pas que, au sein du Canada, une province puisse, en toute légalité constitutionnelle, « adopter » unilatéralement un territoire étranger. M. Facal pourrait peut-être nous éclairer sur le sujet?

    De toute façon, soyons sérieux: Qui croirait que la province du Québec à elle seule aurait les reins assez solides pour soutenir un tel projet humanitaire?… probablement pas plus qu’une hypothétique nation québécoise toute nouvellement souveraine d’ailleurs.

    Par contre, le Canada dans son ensemble serait capable de supporter un tel projet d’intégration d’Haïti. Rendons à César ce qui appartient à César: Malgré ses multiples défauts et toutes les rancunes que nous entretenons contre lui, il faut avouer que la confédération canadienne a la qualité d’être capable de mobiliser beaucoup plus de ressources… et pour un tel projet, il en faudra beaucoup!

  10. le 30 jan 2010 à 15:05 Robert Lachance

    Dans Une brève histoire de l’avenir Jacques Attali nous appelle à l’importance de l’espace/temps. On en réécrira quand nous aurons l’espace et le temps. En attendant, laissez-moi vous rappeler pour l’émotion et l’instruction que « le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui ». À ce sujet, je me suis donné un siècle, 2008-2108.

    D’accord Daniel que « la confédération canadienne a la qualité d’être capable de mobiliser beaucoup plus de ressources », que le Québec seul. Daphnée Dion-Viens en page 2 du Soleil du 29 janvier récent écrit que les Canadiens ont en moyenne, à 0,40 $ par personne, contribués deux fois moins que les Québécois à 0,86 $ par personne. Mais à la gang, ça fait deux fois plus d’argent. Sur un coup de coeur.

    La confédération canadienne n’a pas pour préoccupation la survie de la langue française en Amériques. Elle a été fondée pour la défense de l’Amérique britannique du Nord.

    Le Québec a intérêt à prendre la maîtrise d’oeuvre de ce support de la diversité judéo-chrétienne de l’homme et de la femme sur terre, s’il faut croire Jean-François Lisée, Jacques Parizeau, Joseph Facal et Pierre-Elliot Trudeau. Ce dernier en a été l’un des plus virulents défenseurs mais il n’a pas réussi avec son approche multiculturelle.

    Permettez-moi de soumettre à votre réflexion cet extrait de La Souveraineté du Québec de Jacques Parizeau qui révèle sa position en matière d’aide internationnale:

    « Enfin, il me semble que, de toutes les relations internationales qu’un nouveau pays doit entretenir avec le reste du monde, il y en a une qui me semble devoir être présentée le plus tôt possible: c’est l’aide humanitaire. Il n’est pourtant pas difficile de s’y engager. Des centaines, voir des milliers de Québécois et de Québécoises ont une expérience de l’aide humanitaire à l’étranger. C’est le gouvernement du Québec qui n’y connaît rien et ne veut rien savoir. Dès que j’ai été élu premier ministre en 1994, j’ai mis sur pied un service d’aide humanitaire que le Dr Réjean Thomas a accepté de diriger. On commença pour des raisons évidentes, par Haïti. Ce que le Dr Thomas, avec son petit budget, a réussi à faire dans la campagne haïtienne pour relever des écoles et des dispensaires est étonnant. Mais son poste ne m’a pas survécu. On continue à se fier au gouvernement fédéral, au Mouvement Desjardins où à Oxfam-Québec pour s’acquitter de ce qui devrait être un devoir de l’État du Québec. Quant au Dr Thomas, après son « expérience » québécoise, il fonda Médecin du Monde… » Page 130