Articles
Commentaires

Une vérité inconfortable

Au Québec, pour obtenir le droit d’enseigner au primaire ou au secondaire, il faut réussir un examen de français écrit à la fin du baccalauréat en enseignement.

Le taux d’échec à cet examen est faramineux : seulement un étudiant sur quatre le réussit du premier coup. Des petits futés ont donc mis sur Facebook plusieurs des questions de l’examen. Belle éthique. Et ils seront, un jour, enseignants.

Quand on échoue un examen, il est plus facile de blâmer l’examen que de se blâmer soi-même. Un jeune homme qui n’a réussi le test qu’à sa troisième tentative se plaignait de ce qu’on lui demandait, entre autres, d’expliquer le sens du mot indigent ou celui de l’expression les chiens aboient, la caravane passe.

On n’utilise pas cela dans la vie de tous les jours, dit-il. Voyez la mentalité que révèle son commentaire : pour lui, tout ce qui compte, c’est de connaître ce qui permet de se débrouiller dans le quotidien. Petite misère.

Ces taux d’échec hallucinants et ce genre de mentalité illustrent une dure réalité : chez nous, la profession d’enseignant au primaire et au secondaire attire assez peu les meilleurs étudiants. Ne me lancez pas de roches : il y a évidemment des exceptions nombreuses et admirables. J’en connais.

Ce n’est pourtant pas une fatalité. Les chiffres ne disent pas tout, mais ils sont souvent révélateurs. En Finlande, qui se classe au premier rang mondial dans plusieurs palmarès éducatifs, les futurs enseignants sont recrutés parmi le premier 10%, en termes de notes obtenues, des finissants de collège qui se dirigent à l’université. On est loin de ça ici. La profession d’enseignant y est toutefois infiniment plus prestigieuse et mieux rémunérée.

On s’imagine souvent que si on trouve la bonne méthode pédagogique, le bon ratio professeur-étudiant, la bonne technologie, le bon personnel de soutien, on augmentera radicalement la réussite scolaire. C’est le discours que véhiculent continuellement les partis politiques, le ministère ou les syndicats.

De la poudre aux yeux pour l’essentiel. Ces facteurs ont une importance très relative. Hormis le milieu familial, le facteur le plus décisif de la réussite éducative est la qualité du professeur. Or, la vérité est que l’aptitude à enseigner est largement innée. Pour l’essentiel, on l’a ou on ne l’a pas. C’est comme avoir l’oreille musicale ou pas.                                                                  

Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que le bon professeur est celui qui stimule la curiosité de l’enfant tout en faisant régner l’ordre. Or, pour inspirer et se faire obéir, il faut de la passion et de l’autorité, deux qualités qui ne s’enseignent pas vraiment. Les formations en pédagogie peuvent aider, mais marginalement, car elles sont souvent remplies de théories fumeuses et peu ancrées dans le réel. Quelques années en début de carrière suffisent habituellement pour savoir si on aura affaire ou non à un bon enseignant.  

Bref, si on veut améliorer la réussite éducative des enfants, rien n’est plus important que de s’assurer que les autorités concernées embauchent de bons professeurs et ont des recours contre les mauvais. Inutile de dire que la discussion publique chez nous ne porte JAMAIS là-dessus. C’est un autre des tabous au cœur du «modèle» québécois.

37 réponses à “Une vérité inconfortable”

  1. le 01 sept 2010 à 12:54 Twitted by Fantasio

    [...] This post was Twitted by Fantasio [...]

  2. le 01 sept 2010 à 15:54 Victor Beauchesne

    Très bon commentaire M. Facal.

    Serait-il possible que les coupures massives de postes de professeurs qui ont eu lieu dans les années 80 aient influencé bon nombre de profs potentiels à tout simplement éviter cette profession. Difficile de garder le moral élevé quand les autorités sortent la hache, non ? 25 ans plus tard et on a la situation que vous décrivez.

    Je suis pas mal d’accord avec vous sur l’importance de rehausser le standing des profs, leur formation ainsi que leurs conditions de travail incluant leur rémunération. Vous illustrez très bien qu’en se servant uniquement de tests de français on ne fait rien pour améliorer.

  3. le 01 sept 2010 à 19:26 Alexis Cossette-Trudel

    Votre texte, M. Facal, n’aborde pas le fond du problème.

    Celui-ci s’origine, d’une part, du caractère ultralibertaire et anti-autoritariste de la société québécoise actuelle (la féminisation grandissante du Québec y est probablement pour quelque chose). Aussi, le problème est plus structurel et sociétal que votre texte ne le laisse paraitre.

    Concernant l’école, les élèves ont aujourd’hui tellement de « droits et de libertés », et tellement peu de devoirs envers les institutions, que toute forme d’autorité est aujourd’hui rendue impossible. Dans le régime actuel, le corps professoral se trouve littéralement paralysé par la peur des poursuites et des accusations en tout genre. En conséquence, même le plus doué des enseignants ne dispose plus des outils disciplinaires et coercitifs nécessaires à l’accomplissement minimal de sa tâche. Le respect, le vouvoiement, les manières, la discipline, etc. ont été évacués des rapports maître-élève, d’où l’horizontalisme et l’égalitarisme actuels dans les rapports scolaires. Par ailleurs, comment imposer l’autorité et la rigueur à l’école alors que la majorité des parents ne les imposent même plus à la maison et que nous baignons en fait dans le laisser-faire généralisé.

    D’autre part, la société actuelle opère sur le mode de l’utilitarisme. Le choix d’une carrière dans notre société « pragmatique » découle de calculs relatifs aux intérêts personnels. Beaucoup en effet choisissent un métier pour vivre au lieu d’embrasser une « vocation ». Si nombre de professionnels aiment leur emploi et s’y donnent entièrement, peu accepteraient des conditions de travail moindres afin de préserver leur emploi. Or, cela est précisément ce qui distingue le « vocationnel » de l’utilitaire. Loin de souhaiter des conditions moindres à notre excellent corps professoral qui mérite mieux, je nous souhaite quand même collectivement un retour à l’esprit de vocation, loin des corporatismes de tout acabit.

    P.S : Notre nouveau futur ex-ministre de l’éducation aurait l’obligeance de répondre à l’occasion à son très indigeste collègue et ex-maire de Huntington qui dérape régulièrement sur moult sujets, dont celui de l’éducation. Le Québec lui en serait éternellement reconnaissant !

  4. le 01 sept 2010 à 22:54 Stephane Levasseur

    Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation:
    « Or, pour inspirer et se faire obéir, il faut de la passion et de l’autorité, deux qualités qui ne s’enseignent pas vraiment. »

    Les connaissances en pédagogie n’en sont encore qu’à l’âge de pierre. En science, ça fait plus de 50 ans qu’on a marché sur la Lune. Les chercheurs en pédagogie eux, essaient encore de faire du feu en frappant deux pierres. Ils comprennent encore bien mal le processus d’apprentissage humain qui prend ses racines dans les premières années de la vie.

    Ce n’est que lorsqu’on aura compris comment faire du feu en pédagogie qu’on pourra enseigner aux futur enseignants comment allumer les élèves.

  5. le 02 sept 2010 à 7:09 Jocelyn Roy

    Rafrîchissant de lire de tels propos de la part d’un lucide qui semble appuyer la privatisation des services publics en ouvrant la voie au libre marché… Vous prenez le système Finlandais comme exemple, système entièrement gratuit même à l’université… Professeurs bien rénumérés…

    Je peux également comprendre que bien des gens talentueux ne veulent pas devenir professeurs. Avec toutes les histoires d’horreur qu’on peut entendre. Les familles québécoises devraient peut-être s’occuper un peu plus de leurs enfants avant de blâmer Pierre, Jean et Jacques. Non?

  6. le 02 sept 2010 à 7:10 M.G. Tremblay

    Les tests de français sont devenus une véritable bête noire pour tout le monde, pas juste pour les professeurs. J’imagine que c’est à cause de la mode des dictées de Pivot, des Amériques et autres; on cherche la colle la plus imprévisible possible et quand la personne l’ignore, tout de suite on crie à la déficience du français.

    Votre exemple, M. Facal, concernant l’expression « les chiens aboient, la caravane passe » pour ma part m’est connu; mais combien de personnes sont capables d’expliquer l’origine de l’expression « sous l’égide », ou savent que cuisseau et cuissot ne s’appliquent pas aux mêmes types d’animaux?

    Il y a une différence entre avoir de la culture, et posséder une maitrise adéquate du français.

    Je termine avec un exemple: voilà quelques années, j’ai eu à passer un test d’aptitudes ainsi qu’un de français; or, le premier exigeait de répondre aux 25 premières questions avant de pouvoir aller aux 25 suivantes. Lors de l’examen de français, on nous annonça que le processus était le même que pour l’autre, et que les 25 premières questions valaient 0,5 point et les 25 autres, 1,5 points.

    Plusieurs personnes ont échoués ce test chronométré parce qu’ils ont perdus du temps à répondre aux 25 premières, alors que dans ce cas, il était permis de répondre aux 25 dernières en premier. Parions que le fonctionnaire qui a analysé les résultats déplorait la qualité du français des concurrents, sans admettre (ni même connaitre probablement) l’erreur d’aiguillage de l’autre fonctionnaire.

    Revenons à des tests raisonnables et laissons la compétition en français là où elle doit être.

    Le Contribuable fatigué

  7. le 02 sept 2010 à 7:53 Jocelyn Roy

    J’oubliais… vous pouvez lire un dossier complet sur les succès finlandais chez votre ami Karl: http://www.canoe.com/infos/dossiers/archives/2006/03/20060304-084200.html

    Ce que je trouve intéressant, c’est que les finlandais semblent attachés à l’approche collectiviste en acceptant de payer leurs impôts. Voilà un des bons côtés du partage des richesses.

  8. le 02 sept 2010 à 8:42 rauclair

    L’éducation est à l’imagine des choses que l’on veut bien valoriser. De toute évidence, le ministère ne valoriser pas les bonnes choses; leurs spécialistes se sont mépris en mettant à l’avant scène les fameuses compétences transversales, au détriment des connaissances (lire, écrire et compter).

    Faut-il vraiment s’étonner de la piètre qualité de certains étudiants (tous niveaux confondus) et surtout du fort taux d’abandon au secondaire ?

  9. le 02 sept 2010 à 10:30 Twitted by francoisbourdon

    [...] This post was Twitted by francoisbourdon [...]

  10. le 02 sept 2010 à 11:05 Sebastien Rodrigue-Prive

    C’est bien triste, mais même si le professeur était excellent, LE facteur déterminant est l’environnement (le milieu familiale). Et avec un niveau marqué d’analphabétisme délirant au Québec, multiplié à un taux de décrochage démesuré, vous pensez vraiment que des petits génies comme enseignants feraient une différence ?

    La base du problème est double, le désintérêt marqué pour l’Éducation des adultes québécois, pour des raisons de mauvaise estime de soi (ayant eux-mêmes été malmené par l’école) et des racines profondes que le savoir, ça mène à rien après tout.

    J’ai entendu à maintes et maintes reprises, des gens, ayant un bon boulot, non-éduqué, dire des horreurs du genre « Y a pas que l’école dans la vie », « C’est pas en allant à l’école que tu vas faire quelque chose dans la vie ». Mais d’où viennent ces idées : des professeurs de « mauvaises qualités » ? Soyons réalistes, c’est le milieu qui est en retard, et je parle ici pour tout le Québec. Quand le gouvernement doit faire de la publicité pour garder les jeunes à l’école, vous croyez que c’est autre chose que le milieu ?

    Qui plus est, il y a 60 ans, même pas, le Québec croulait sous une dictature de l’au-delà, où les individus étaient fortement « invités » à ne pas aller à l’école ; l’éducation était un problème. Soixante ans, c’est hier. Aujourd’hui, les enfants qui décrochent, ce sont les petits-enfants de ceux-là même qui se sont fait laver le cerveau que l’éducation, « y a pas que ça dans vie ».

    Qui plus est, il ne faut pas la tête à Papineau, ou un bacc en économie, pour savoir que si on veut attirer les meilleurs en enseignement, il faut les payer. Mais qui vote au Québec ? Les vieux, bien loin de l’école qu’ils sont, beaucoup plus intéressé au liste d’attente des cataractes et des hanches en mauvais états que des taux de décrochage alarmant. Les budgets sont et resteront toujours orientés vers le court-terme et l’électorat. Ce sera les hôpitaux et les infirmières avant les écoles et les enseignants pour encore bien longtemps.

    Le décrochage des jeunes n’est que le symptôme d’un décrochage bien plus grave, le Québec face à ses jeunes.

  11. le 03 sept 2010 à 9:56 Marc Tremblay

    J’ai peu à dire sur la chronique de M. Facal, car je n’y connais rien.

    J’ aimerais toutefois qu’il écrive une chronique sur le problème du décrochage et des résultats scolaires chez les garçons qui sont beaucoup plus prononcés que chez les filles.

  12. le 03 sept 2010 à 13:27 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour à tous,

    Je prévois revenir d’ici dimanche, sur « Une vérité inconfortable ».

    ***

    Robert Lachance, 25 août 2010 à 12:53

    « Le Grand Soir, comme a dit ce pas vilain mec de Sarkozy, c’est pas mon truc ! Car là…
    D’accord M. Facal.
    Jean-Renaud ? (en attendant patiemment un message différent) »

    Après avoir souri sur votre « Car la », la conjointe de Sarko ; le voici, Robert, mon message différent…

    ***

    Je reviens de vacances. Une petite anecdote : ça vous dit ?

    Oui. Ok !

    Contexte : un « tournoi » de hockey en 1982.

    Lors de la 3ème partie (de cinq ou six, je me rappelle plus) mon entraîneur — qui en avait gros sous la cravate depuis un certain temps (deux 2 défaites consécutives) — s’était laissé aller à des remarques sur le fait que j’avais laissé filer faiblement, une rondelle dans mon but : c’était donc une forme de redondance de me le rappeler ; puisque de toute façon mon défenseur (à la ligne bleu) et moi avions, sur ce but, levé les yeux au ciel : donc avoué… indirectement.

    Mais ce n’était qu’un début ; puisque notre coach en avait profité pour s’en prendre – derrière le banc — à presque toute l’équipe : « Eh les gars qu’avez-vous à toujours jouer de cette façon ? » ; ça nuit au spectacle, les estrades se vident et « ça fait fuir, même les habitués ».

    - Mon « défenseur » pris le rôle de « l’âne » de Monsieur de Lafontaine, et s’avoua un peu coupable ; même qu’il se laissa aller – ce qui ne lui ressemble pas – à s’en prendre aux autres. Il s’en excusa partiellement plus tard, mais…

    Une chance que ces derniers (deux en particulier) ont beaucoup de classe et ont pardonné.

    - Moi, de mon côté qui avait été remplacé par mon substitut, j’en ai profité pour m’imposer une suspension personnelle de plus d’une semaine : de toute façon j’en avais perdu la parole (de surprise) — non pas pour la rondelle échappée, mais sur : « Eh les gars qu’avez-vous à toujours jouer de…»

    Hélas, je ne l’ai pas encore retrouvée (la parole).

    J’espère que je m’en remettrai (rire), d’ici dimanche, puisque j’ai la « couenne » dure et suis plutôt du genre de Parizeau à faire des gaffes, et dire comme d’habitude ce que je pense, tel que, ci-dessous :

    C’était de notre entraîneur une remarque pour le moins très surprenante, puisque l’on est pas toujours responsables des aléas à survenir…

    De même pour faire une autre analogie en rapport avec le blogue de Joseph, on est pas responsables des questions — comme « Que Faire? » — ou non plus, de la situation politique actuelle au Québec, qui rend silencieux certains intervenants — découragés temporairement par leur propre parti (à l’exemple de M.Laplante?) ; contribuant du même coup à diminuer, peut-être, le nombre de commentaires sur le blogue de M.Facal.

    Est-ce que Jean-Renaud Dubois, Robert Lachance, Gilles, Jean Claude Pomerleau, Carole Chouinard, Marc Tremblay et autres sont responsables et méritent cette drôle de semonce ?

    Vous savez, Joseph, évidemment si c’est le cas, que c’est le temps des vacances, alors ne désespérez pas…ils vont revenir.

    En tout respect…

    JRD

  13. le 03 sept 2010 à 14:32 Jean-Yves_Ares

    Je trouve à peu près tous vos commentaires ici très pertinents monsieur Facal. Et ils ne seront, généralement, sûrement pas trop le bienvenue dans le milieu de l’éducation ici.

    Vous y aller tout de même d’un petit commentaire qui ne me semble pas du tout correspondre a la réalité des choses. Quand vous dites, «La profession d’enseignant y est toutefois infiniment plus prestigieuse et mieux rémunérée», le mieux rémunérée n’est pas exacte. C’est même tout le contraire je crois bien. Si l’on remonte au bulletin statistique no. 19 du ministère de l’éducation on trouve une étude de l’OCDE auquel le Québec à participer, même s’il ne constitue pas un pays. Non seulement les enseignants Finlandais n’y sont pas mieux rémunérés ils le sont beaucoup moins.
    Cette étude prend comme méthode de comparaison entre les différents pays le salaire des enseignants en proportion du PIB par habitant exprimé en PPA, c’est-à-dire en Parité au Pouvoir d’Achat, ce qui permet un point de comparaison de l’effort consentie par chacun de ces pays pour rémunérer ses enseignants en fonction de leur richesse réelle respective et comparable sans s’encombrer des taux de change et des coûts de vie variables d’un pays a l’autre.

    Hors ce que rapporte ce bulletin statistique c’est que les enseignants d’ici sont dans le haut de la liste en termes de rémunération, et que ceux de la Finlande y sont plutôt dans le bas. Cette proportion varie pour la Finlande de .9 à 1.3 fois le PIB selon les nivaux d’enseignement considérés après 15 ans d’ancienneté, alors que pour le Québec ces mêmes il n’y a qu’une proportion, et elle est toujours la même a 1.9 fois ce PIB par habitant. C’est jusqu’au double!

    http://www.mels.gouv.qc.ca/stat/Bulletin/bulletin_19.pdf

  14. le 03 sept 2010 à 16:03 Marc Tremblay

    Une précision : j’aimerais que M. Facal nous donne son point de vue sur le fait que les garçons québécois réussissent moins bien au primaire et au secondaire que les filles. Et qu’ils décrochent davantage. J’ai été moins clair dans mon message de ce matin à 9H56.

    À Jean-Renaud,

    J’ai moins réagi aux trois dernières chroniques (Le bulletin, la cascade et une vérité…), non par manque d’intérêt mais parce que j’avais peu ou prou à dire.

    Par contre, parlez-moi de mon expérience comme parent de trois enfants qui ont tous fait leur cours primaire et secondaire dans le réseau public.

    Ils ont tous les trois pu aller à pied à l’école primaire de quartier. Même chose pour l’école secondaire (Rochebelle) qui était près de la maison.

    Les professeurs étaient pour la grande majorité très conscienceux; ça paraissait qu’ils aimaient leur travail et les élèves.

    Quand ça n’allait pas, ils nous appelaient.

    La discipline était très présente.

    Enfin, rien à envier à l’école privée.

    Bref, je n’ai que de bons commentaires.

    Petit bémol: nous habitons dans un quartier favorisé ( Ste-Foy). On aurait peut-être choisi l’école privé si cela n’avait pas été le cas.

  15. le 04 sept 2010 à 10:16 Robert Lachance

    En réponse à Jean-Renaud Dubois

    Ayant été moi aussi gardien de but, je saisis je pense le sens de votre anecdote. Pour rester dans le sujet en titre j’aurais dû écrire simplement « note instructive au bulletin reçue et acceptée. »

    Si être enseignant ou être entraîneur d’une équipe exige des caractéristiques personnelles déterminées dès la naissance pour dire autrement qu’innées, par exemple de l’ascendance, il est facile d’imaginer qu’elles ne sont pas les mêmes selon qu’on entraîne des enfants où des athlètes professionnels. Alors, écrire d’inné ou d’acquis n’est pas un début de solution.

    Pour répondre à votre commentaire Jean-Renaud, le mien était beaucoup plus court que clair. Par d’accord je signalais ma satisfaction de propos ici sur « un Québec réel et concret, fait de Québécois qui travaillent, étudient, tombent malades, paient des impôts…et essaient de comprendre les bulletins de leurs enfants. » Je ne tiens pas au « que de ça… souverainistes vs fédéralistes. »

    Bon nombre de volontaires politiques dans la force de l’âge souhaitent et passent à un axe droite vs gauche: réduction de l’endettement, réduction du secteur public, privatisation en santé, équité intergénérationnelle en rente, renouvellement de notre force de travail, pas encore développement de notre force d’engendrement, pas encore exercice du droit de vote dès la naissance… bref, se lier de confiance à 600 000 en priorité en vue de la prochaine.

    Comme nous étions deux interpellés par notre hôte, par « Jean-Renaud ? » je vous invitais à dire d’accord ou pas.

    Par Grand Soir c’est pas mon truc, je voulais dire que la déclaration d’indépendance est un point de départ plutôt qu’un fil d’arrivée. Car là, c’était une blague facile et Sarkosy pour indiquer que si j’avais été à sa place pour ce que vous savez, j’aurais fait comme lui. Il ne sera plus là ou il ne sera qu’un sur au moins 100 aux lendemains du Grand Jour.

    Je ne me rappelle plus ce que je voulais dire par « (en attendant patiemment un message différent). Oubliez-ça !

  16. le 04 sept 2010 à 17:53 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Dans votre avant-dernier paragraphe, vous donnez le définition du bon professeur. Quand on agit, qu’on déploie une approche, on doit être “guidé” par des buts, des objectifs à atteindre. Celui qui a ces objectifs-là en tête réussira plus facilement dans sa démarche. On ne peut rien faire si on n’a pas l’idée du but à atteindre.

    Le bon professeur s’impliquera parce que sa mission est claire. Ses objectifs sont définis. Pour lui, l’importance de son rôle ne provient pas d’une simple perception d’énoncé de tâches. Il aime l’étudiant. Il se sent valorisé dans son mandat d’aider le jeune dans son parcours de développement et d’épanouissement, en vue de sa participation future dans la société et dans le monde des adultes. Oui, le préparer dans la mesure du possible à connaître le succès et à vivre en harmonie dans les environnements socio-économiques. Voilà où le bon professeur trouve son inspiration. Voilà l’élément à la base de sa motivation et de l’enthousiasme qui sous-tend son action.

  17. le 05 sept 2010 à 10:37 Marc Tremblay

    J’ai eu quelque bons professeurs dans ma vie. Ils avaient tous des caractéristiques communes, comme la passion de leur matière, l’amour de leurs élèves, ce qui inclut la capacité de les valoriser et de les amener à se dépasser.

  18. le 05 sept 2010 à 18:48 Jean-Renaud Dubois

    Bonsoir,

    ……. « Parce que le bon professeur est celui qui stimule la curiosité de l’enfant tout en faisant régner l’ordre. » J.F.

    Comme vous le dites si bien M.Facal, la première qualité (être intéressant au point d’éveiller la curiosité) est vraiment essentielle que ce soit au privé ou au public ; et les parents sont les premiers informés par leurs enfants dès les premières semaines de l’année scolaire : celle-là est intéressante ! ; mais l’autre est ennuyant !

    La deuxième qualité, « faire régner l’ordre », fonctionne, un certain temps ; puisque le manque d’intérêt de la part des élèves rattrape tout à coup le professeur trop magistral. Et cela doit être… beaucoup plus évident, dans la majorité des écoles publiques, puisque — contrairement au privé qui sélectionnent les élèves — elles doivent composer avec des groupes d’élèves (classes) en général plus faibles où s’ajoute des élèves en difficultés de comportement : que l’école publique ne peut renvoyer!

    Donc, très grosse différence, j’imagine, d’un secteur à l’autre!

    ***

    @Alexis Cossette-Trudel,

    Votre texte me rejoint – même si M. Facal, n’aborde pas le fond du problème, dites-vous.
    Je crois qu’il a apporté des éléments qui permettent de réfléchir et de réagir, comme vous l’avez si bien fait : n’est-ce pas un des buts visés ?

    D’ailleurs, vous et plusieurs autres intervenants (je m’ajoute à la liste) sont d’accord sur un point essentiel : la rémunération.

    M.Facal semble lui aussi faire un lien entre la qualité VS la rémunération. Donc…

    Monsieur Beauchesne, dans son premier paragraphe, touche peut-être, un autre point, mais parle-t-il des coupures de postes au lieu de coupures salariales en 1982 ou 83 ? S’il parle du fameux gel (et même de remboursement) des salaires des enseignants (il y en avait dans la famille de ma conjointe), alors je comprends mieux…

    J’ajouterais, si on s’en tient toujours à la rémunération, l’impact qu’a provoqué — suite aux départs à la retraite (lors du déficit zéro) — le fait de faire 2 classes d’enseignants.
    Les nouveaux profs. étaient soumis, si j’ai bonne mémoire, à une convention collective différente (lire moins intéressante) des autres enseignants. Ça pourrait avoir marqué l’imaginaire… : je ne sais pas.

    En tout cas, il n’y a rien de changé dans ce bas monde : les meilleurs professionnels, en général, vont où l’argent se trouve. Cela s’applique à tous les domaines : « Suivez l’argent disait, à juste titre, Sheila Copps. »

    Quant aux enseignant(e)s, tant mieux s’ils ont en outre la « vocation », en plus d’avoir des « aptitudes personnelles »(dixit Robert) : denrées rares! En tout cas – c’est bien personnel – si j’étais à leur place, je ne prendrais pas de chance… et j’irais transmettre mon savoir aux élites du secteur privé ou aux quelques écoles internationales publiques : une vie moins stressante, non?

    Je concluerai en disant : l’Éducation est le chemin de « notre avenir » alors nos leaders doivent le clamer haut et fort (à l’exemple de l’immobilier : le site, le site,) et affirmer argent, l’argent ! Budgétons donc en conséquence. C’est impératif.

    ***

    Merci à Messieurs Roy et Ares pour les liens ci-dessous où l’on parle d’élites et d’institutions privées, etc, en Finlande,
    - http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2006/03/20060305-105500.html

    http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2006/03/20060305-105501.html

    http://www.mels.gouv.qc.ca/stat/Bulletin/bulletin_19.pdf

    JRD

  19. le 06 sept 2010 à 14:08 Robert Lachance

    Les parents sont des enseignants privilégiés: ils sont généralement encore deux personnes pour un seul élève le jour de la rentrée qui coïncide avec le jour de la sortie. Une fois sur deux un deuxième élève s’ajoute trois ans plus tard comme assistant, moins souvent un troisième et rarement plus. Ils cherchent leur bonheur personnel et commun dans l’enseignement individualisé affectif, cognitif et moteur, plus ou moins également partagé. Le salaire est modeste mais sauf malchance, les résultats sont réconfortants et valorisants.

    Pour notre mère, ce fut autre chose. Avec notre père, elle s’est donnée une classe de 13 élèves pour mériter son ciel. C’était un modèle 1902, lui 1892. Les enfants précédents devenaient modèles et assistants d’enseignement pour les suivants, naturellement.

    - Attention à l’épivardage, Robert.

    Pour les parents et à la maison, l’inné suffit généralement comme formation d’enseignant. D’accord, la mère ou la belle-mère se portent volontiers conseillers pédagogiques, ça doit faire partie d’un inné élargi.

    Les élèves arrivent en classe de maternelle ou d’élémentaire tous ou presque avec d’une part le même sac à dos acheté chez Walmart et d’autre part une tête inégalement faite, Gilles et Serge, question de talent de l’élève même et de celui de ses parents comme enseignants. Le coeur du problème est la classe traditionnelle comme cadre d’enseignement qui sert aussi forcément de lieu de garde faute de pourvoyeur d’attention personnelle. Il faut découvrir comment s’en sortir. Les TIC peuvent aider. Tac !

    Si l’enseignement vous intéresse, il y a un marché terrible à Haïti en cette vocation ou emploi pour qui parle français correctement et est ouvert au créole. La Caisse de dépôts devrait s’intéresser à ça, M. Charest, Mme Marois et Michael Sabia. Investir dans le savoir demande des cerveaux et nos utérus n’en produisent plus suffisamment.

  20. le 06 sept 2010 à 17:56 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    J’avais oublié Robert votre lien « aux lendemains »
    : http://www.parti-independantiste.org/le-chef/chef
    /la-cour-internationale-de-justice-donne-raison-
    au-parti-independantiste

    Je n’avais jamais été sur ce site : merci de nous l’avoir fait découvrir. Encore une fois nous sortons du train-train quotidien où on voudrait nous limiter. Nous avions pourtant une dernière chance…d’être pardonnés. L’ais-je raté ? Vous, il ne semble pas.

    En échange, Robert :

    Très intéressante entrevue qui s’insère très bien dans la chronique de Joseph Facal :
    « Les garçons en difficulté », par Égide Royer – à la 35,05 minute de :

    http://www.radio-canada.ca/audio-video/
    #urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/
    2010/CBF/ChristianeCharette201009060905.
    asx&pos=0JRD

    Pour demeure dans le même sujet – et ne pas être encore grondés – je suggère la lecture de deux textes de Lisa-Marie Gervais, le Devoir.

    Après les coupures ($) sur les cours de français aux immigrants — Madame St-Pierre et le PLQ font encore dodo, à l’instar de Bouchard-Boisclair avec les COFI, en 1998 : c’est pas grave c’est de juste notre survivance dont il est question! — on a droit à d’autres tergiversations, c’est pas moi, c’est ma soeur qui…. : pour paraphraser Gilles :

    1- UQAM: les futurs enseignants voient fondre une importante aide en français.

    2- Un manque de fonds retarde l’arrivée d’un logiciel d’apprentissage gratuit dans les écoles.

    Google va vous donner les liens.

    ***

    ……… « Par Grand Soir c’est pas mon truc, je voulais dire que la déclaration d’indépendance est un point de départ plutôt qu’un fil d’arrivée. » R.L.

    Vous avez bien raison… ce n’est qu’un début – mais, un départ qui va tout changer — en commençant par l’obligation de se prendre en main comme toutes Nations matures ; et ne plus laisser l’administration de sa maison à son voisin.

    « Combien en est-il de par le monde qui refusent pareille chance d’acquérir paisiblement et démocratiquement, les pleins pouvoirs sur eux-mêmes ? » R.L.

    ***

    Un dernière remarque, si tu le permets Robert : « Depuis 30 ans…..nous sommes en pertes démographiques… (…)…, ce n’est pas la faute des islamistes. Est-ce encore la faute des fédéralistes Mme Chouinard, des dépandantistes M. Tremblay ?

    Sûrement pas encore leur faute pour la démographie (même s’ils avaient pété une coche quand Bouchard avait dit que les femmes blanches ne faisaient pas assez d’enfants…) ; et sûrement leur faute, mon cher Robert, si le Québec est en déconstruction – pour ne pas dire en naufrage à tous les points de vue – depuis l’arrivée programmée(? ; et par qui?) de M.Charest, qui a imposé un « Silence Complet» sur toute affirmation qui pourrait déranger quelque peu « Tawa » : qui en est ravi, dixit Gilles!

    Vous voyez Robert, que le poste de gardien de buts peut mener à des grandes choses, comme…votre cause sur notre force d’engendrement…

    JRD

    N.B. Tu vois aussi que je suis prolifique. j’écris en général le soir et j’envoie mes trop longs textes à toutes heures.

  21. le 07 sept 2010 à 8:49 Robert Lachance

    Réponse à Jean-Renaud.

    Voici un nouveau lien pour un accès direct au texte voulu.

    Un deuxième lien pour ne pas avoir à attendre 35 minutes avant d’entendre l’entrevue d’ Égide Royer par Chritiane Charette.

    Après avoir écouté, j’ai relu le chapitre VIII de Pour une gauche efficace de Lisée, Le vrai gisement de richesse: les Québécois. Il comprend une section sur l’école secondaire. Une partie de la solution au décrochage scolaire tient à la prévention à faire en milieu désavantagé surtout en instaurant plus de pré-maternelle. J’ai écrit précédemment que « Les parents sont des enseignants privilégiés ». J’ajoute ici mais pas forcément à l’aise, compétents et motivés.

    En santé, je suis contre l’acharnement thérapeutique. En éducation, j’attribue une partie du décrochage scolaire à un acharnement pédagogique contre lequel je suis également. Inutile de rêver faire un âne d’un cheval de course ou l’inverse.

    J’ai lu dans Jean-François que 100 % des jeunes élèves au secondaire en Allemagne obtenaient leur diplôme. La Finlande 95 %. Nous, 89 %, au huitième rang, les États-Unis, 76 %. Pour atteindre 100 %, je pense qu’il ne faut pas viser une excellente litératie, un autre mot pour l’alphabétisation, la compréhension de texte, mais le développement raisonnable d’un potentiel présent.

    M. Royer déplore que dans des facultés d’éducation on accepte des étudiants qui ne sont pas accepté dans d’autres. Il marque un point.

    À quand un programme engendrement-études ?

  22. le 07 sept 2010 à 9:45 Olivia Pelka

    Stephane Levasseur: Donc, ça ne s’enseigne pas! Vous confirmez ce que Monsieur Facal disait.

  23. le 07 sept 2010 à 9:56 Olivia Pelka

    J’imagine l’élève doué, intelligent, qualifié, bourré de potentiel, se questionner sur son avenir: Vais-je devenir enseignant? J’entends déjà sa famille et ses amis lui dire « Mais tu pourrais faire tellement plus! ».

    L’éducation, l’école, a perdu son lustre, son caractère sacré, son decorum. Être enseignant, ce n’est plus un signe de réussite sociale comme ça l’était il y a déjà longtemps. Pour redonner à l’école tout cela, ça demanderait de profonds bouleversements. Ça ne se fera pas, c’est trop gros. Trop difficile.

    Il y a beaucoup plus d’ouverture, au Québec, pour des écoles comme celle de Jacynthe René, où l’on « laisse les enfants être des enfants » (si seulement on savait ce que ça veut vraiment dire… ), que pour une école disciplinée, rigoureuse, exigeante.

    Je n’attendrai pas que ce système se corrige. Mais je ne laisserai pas cette mollesse contaminer mes enfants complètement.

  24. le 08 sept 2010 à 16:46 Robert Lachance

    Mme Pelka,

    Stéphane Levasseur écrit:

    Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation de M. Facal:
    « Or, pour inspirer et se faire obéir, il faut de la passion et de l’autorité, deux qualités qui ne s’enseignent pas vraiment. »

    On peut comprendre ici que M. Facal déplore qu’en pédagogie on n’enseigne pas l’art dramatique; à défaut d’être réellement passionné et d’avoir de l’autorité un enseignant pourrait jouer.

    On peut comprendre que la passion et l’autorité ne s’enseigne pas point final. Comme il parle d’innéité, je comprend qu’il avance que la passion et l’autorité ne s’enseigne pas.

    Je pense que Stéphane n’est pas d’accord avec M. Facal. Il me semble croire que l’art dramatique « faire du feu » devrai faire partie d’un programme de pédagogie.

    Je crois que la passion et l’autorité s’enseignent. Peut-être moins difficile à apprendre que le français. Si ça ne s’enseigne pas, alors, il faudrait sélectionner. Mais là, il y a les droits de la personne à l’enseignement et la population étudiante qui diminuera.

  25. le 08 sept 2010 à 18:05 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    @Olivia Pelka

    Bonne analyse sur le statut des profs., même si on pourrait se passer de son caractère sacré… mais pour le lustre et le statut, vous avez raison.

    Une question que je me pose : est-ce que vous voulez dire que cette école rigoureuse que vous souhaitez ne se retrouve ni au public, ni au privé ? Donc, à instituer ou inventer ?

    Pour le moment, vous allez faire quoi ? Vous n’avez pas beaucoup d’avenues… : les envoyer au privé ou à l’élite publique, non ?

    Se pourrait-il que pour arriver à trouver l’école que vous souhaitiez, il faille vous résoudre — comme une partie de plus en plus grande de parents — à envoyer vos enfants au secteur secondaire privé ou bien dans les quelques écoles publiques, dites, « internationales »? À l’exemple d’ailleurs de nos élites professionnelles, ainsi que les membres de l’assemblée nationale qui administrent notre « ministère de l’éducation » (!?!?)

    ***

    Quant à l’inné de Joseph, est-ce si essentiel ou bien des aptitudes seraient suffisantes — comme le soulignait Robert, je pense ?

    C’est sûr que celles ou ceux qui ont la vocation sont une minime partie d’un corps enseignant ; mais les autres, la majorité, doivent avoir au moins des aptitudes ou bien le « désir » (d’être prof.).

    Pour ces derniers (aptes et désireux), je crois que — comme pour devenir parents : lire encore Robert — ça se développe et s’apprend, avec l’aide de mentors (vieux profs en dernières années avant la retraite).

    ***

    ……  » Pour redonner à l’école tout cela, ça demanderait de profonds bouleversements.  » O.Pelka

    Vous avez raison, Madame…

    Comme je l’ai dit dans mon dernier commentaire, ça prend de l’argent, beaucoup d’argent : si l’Ontario — qui ne finance aucune école privée, a pu investir depuis 2005, plus de 5 milliards de dollars de diverses façons — pourquoi ne le pourrions-nous pas à notre mesure?

    Lien : http://www.edu.gov.on.ca/fre/parents/capital.html

    Québec a investi plus de 30 G$ milliards en infrastructures — après le laisser-aller complet de 2003 à 2008. Avait-il le choix? Non.
    Surtout que les élections s’en venaient. Alors…

    Pourtant l’Éducation est beaucoup beaucoup plus importante que l’asphalte.

    Personne en se lève présentement et met son pied-à-terre, on préfère nous parler du passé, sur lequel on ne peut revenir ; ou bien d’une droite qui se manifeste enfin…au grand plaisir d’un groupuscule qui n’en demandait pas tant et qui en est ravi d’aise.

    Qu’attendons-nous ? C’est pourtant de l’avenir de notre société dont l’instruction – qu’on appelle l’Éducation – est la pièce maîtresse.

    Ne baissons pas les bras et lançons (c’est mon idée fixe depuis plusieurs années) « La Nouvelle École Publique » à la quelle on ajouterait « une heure »(de 4hres à 5hres) : une école comme vous le souhaitez : vivante, exigeante — avec le support de mentors — où l’excellence et l’effort – en seront le moteur principal.

    Je ne me répéterai pas : c’est plus simple de lire la proposition (illusoire?) que j’ai faite en réponse à la chronique de M.facal à la question : « Que Faire? ».

    Lien : http://www.josephfacal.org/que-faire/, 17 août 2010 à 17:13.

    JRD

    N.B. Un autre échange Robert : http://irfa.ca/n/

  26. le 08 sept 2010 à 19:21 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    Correction de ce paragraphe :

    …. « Pour le moment, vous allez faire quoi ? Vous n’avez pas beaucoup d’avenues… : les envoyer au privé ou à l’élite publique, non ? »

    J’aurais dû écrire pour être cohérent :

    Pour le moment, vous allez faire quoi ? Vous n’avez pas beaucoup d’avenues… : les envoyer au public, ou au privé ou à l’élite publique, non ? »

    JRD

  27. le 09 sept 2010 à 3:48 Olivia Pelka

    Nous avons choisi le privé pour le secondaire. Eh oui. Et nous avons toujours appliqué, et continuons de le faire, la rigueur et la discipline à la maison, dans un cadre affectueux et aimant. De toute façon, je ne conçois pas l’amour d’un parent sans tout cela.

    Je pense qu’il s’agit d’un problème d’attitude, et je pense que c’est ça qui sera le plus difficile à changer.

    Je ne suis vraiment pas assez calée en politique et en économie pour comprendre et argumenter sur tout ce qui concerne les finances du système de l’éducation. Mais qu’un prof passe d’une attitude trop maternelle et infantilisante à une attitude ferme et exigeante, avec le soutien de la direction, ça ne coûte pas si cher? Que les profs et les parents intègrent vraiment que le rôle de l’école est d’enseigner, et celui des parents d’éduquer, ça coûte quoi? Que l’on redonne à un prof les moyens et le droit de se mettre en colère, les moyens d’avoir suffisament de fierté pour ne pas tolérer un élève qui se fiche de lui?

    Ajouter une heure, ça changerait quoi? Ça déresponsabiliserait encore plus les parents, qui le sont déjà beaucoup trop.

  28. le 09 sept 2010 à 19:38 Stephane Levasseur

    @Olivia Pelka
    Oui, M. Facal a raison: la passion et l’autorité ne s’enseignent pas ACTUELLEMENT, mais c’est du à un manque de connaissances.

    Je suis d’accord avec vous que les parents sont trop déresponsabilisés. Le principal facteur de réussite scolaire, après l’élève, c’est ses parents. L’école et les professeurs son beaucoup moins déterminants qu’eux. Mais avec la pression sociale qui nous pousse avoir une grosse maison, à souper au resto à chaque invitation, à acheter des cossins… il faut travailler et l’énergie à consacrer aux enfants prend le bord.

    Auparavant, avec les familles nombreuses, il y avait toujours au moins un oncle, une mère, un aîné ou quelqu’un de signifiant dans la famille pour inspirer les tout petits.

  29. le 09 sept 2010 à 22:27 Jean-Renaud Dubois

    onjour,

    Merci Madame Pelka, d’avoir pris le temps de répondre à un inconnu curieux de savoir… C’est apprécié.

    J’ai tellement entendu, au cours de ma vie, les mêmes remarques que vous soulevez, avec raison : « « ça coûte rien de … » ». Mais…

    Selon mes belles-soeurs, ex-enseignantes au secondaire, il y avait des solutions.

    — Certaines, les plus importantes, inapplicables par manque d’argent : comme « la crainte est le commencement de la sagesse » qui sert si bien le privé. Et, évidemment se donner la capacité que des mentors guident nos plus jeunes : une recette oubliée pourtant vieille comme le monde.

    — D’autres structurelles :

    - ceux qui en ont les moyens (ainsi que l’élite de plus en plus nombreuse), qui quittent vers le privé, abaissant la qualité des groupes.

    - et, la diminution de la qualité des parents, – aux conseils d’écoles publiques ; qui est proportionnelle à celle des élèves.

    ***

    Bon, je réponds à vos interrogations à leur place : j’espère qu’elles seraient d’accord !

    1 …..« Mais qu’un prof passe d’une attitude trop maternelle et infantilisante à une attitude ferme et exigeante, avec le soutien de la direction, ça ne coûte pas si cher? O.P

    Ils le sont en général, assez « fermes » et assez « exigeants », je pense, envers ces groupes moyens (peu de crème) et composés d’élèves en difficultés de comportement, et souvent d’apprentissage. Quant à la direction, il font ce qu’ils peuvent, avec les moyens du bord, disaient-elles.

    *

    2 …..« Que les profs et les parents intègrent vraiment que le rôle de l’école est d’enseigner, et celui des parents d’éduquer, ça coûte quoi? » O.P.

    En effet, ça coûte rien. Mais la réalité est quelques fois autre : Les parents ne sont pas tous soucieux de l’importance de l’instruction, ils ont d’autres priorités, lesquelles ? : dont celle de survivre avec souvent deux maigres salaires. Quant à l’éducation elle fait souvent défaut, j’imagine?

    *

    3 …..« Que l’on redonne à un prof les moyens et le droit de se mettre en colère, les moyens d’avoir suffisament de fierté pour ne pas tolérer un élève qui se fiche de lui? » O.P.

    Il l’ont, je crois, il reste que l’école publique n’a pas les moyens de ses ambitions : ils ne peuvent renvoyer, ni garder après la classe, les élèves qui sont turbulents — font pas leur « devoirs » — ou sont impolis, etc. Les directeurs tolèrent l’intolérable et l’élève fautif revient en classe souvent avec le sourire aux lèvres. Imaginez…

    ***

    ….. « Pour redonner à l’école tout cela, ça demanderait de profonds bouleversements. » O.Pelka

    Vous avez raison.

    Donc en priorité ramener l’égalité entre «les droits» et «les devoirs». Ça presse !

    Au privé s’il y a égalité, c’est dû aussi à la sélection des élèves ; et un peu par force : « je paye tes études, je ne veux pas que l’école m’appelle pour nous dire que tu es renvoyé ! »

    Au public, cette crainte n’existe pas. Les profs savent très bien qu’il sont démunis face à l’élève rebelle ou qui ne fait pas ses travaux scolaires. Alors…

    Présentement, Mme Pelka, tout ce que je soumets, ça n’existe pas au public. En passant, j’ai eu 4 enfants : je connais donc un peu la sauce du public.

    Même si vous croyez que « ça ne réglerait rien » ; je crois plutôt que ça prendrait, à mon avis, un investissement de 500 million (le coût de l’ajout d’une heure « essentielle » aux bouleversements que vous suggérez).

    C’est le petit prix, pour redonner de la fierté et de l’enthousiame aux enfants, parents et enseignants de « La nouvelle École Publique ».

    À quoi servirait-il ?
    À donner aux élèves du public, les mêmes chances qu’au privé : donc une heure de plus de (4 à 5) :

    Pour faire quoi ?
    Pour étudier … ou faire leurs devoirs… ou faire les travaux non faits… ou en retenue pour mauvais comportements. Les autres iront aux activités offertes aux élèves ; autant culturelles que sportives (compétitions inter-groupes ou à l’occasion inter-écoles).

    Je suis d’accord avec vous : « Pour redonner à l’école tout cela, ça demanderait de profonds bouleversements. » Ce n’est pas vrai que « nous sommes né(e)s pour un petit pain », comme plusieurs voudraient nous le faire croire.

    Bonne soirée madame, et en tout respect,

    JRD

  30. le 10 sept 2010 à 8:32 Robert Lachance

    Commentaire subséquent au suivant de Stéphane Levasseur:

    Le principal facteur de réussite scolaire, après l’élève, c’est ses parents. L’école et les professeurs son beaucoup moins déterminants qu’eux.

    Vous marquez un point crucial en incluant l’élève comme principal facteur de réussite scolaire. M. Facal n’avait pas considéré, retenu explicitement dans sa phrase, il le recevait inconditionnellement:

    Hormis le milieu familial, le facteur le plus décisif de la réussite éducative est la qualité du professeur.

    Provenant d’une même famille, un enfant peut réussir facilement, un autre moins. Pour un même enseignant, il y a des élèves qui réussissent très bien, d’autre juste bien, d’autres pas du tout; le succès peut varier selon les matières. Dans une même école, la majorité des élèves réussissent, une minorité échouent. Donc, je réécrirais hormis l’élève, la gestion générale de l’enseignement, la compétence de l’enseignant et le suivi familial sont les facteurs les plus décisifs de la réussite éducative. C’est ce qui expliquerait la différence de performance entre le privé et le public. Et l’élève ! Certaines écoles sélectionnent, d’autres pas…

    Je ne vous suit pas Stéphane quand vous écrivez que le parent est plus important que le professeur. En regard de la matière, les enseignants sont logiquement généralement plus compétents que les parents quel que soit le niveau scolaire, sauf peut-être en français…

    Nous pouvons donc retenir comme éléments de solution à l’amélioration de la performance à l’école secondaire quatre facteurs: l’élève, la marge de manoeuvre et la direction de l’école, l’enseignant et le milieu familial.

    Pour améliorer la réussite scolaire, si j’étais directeur d’école, j’adopterais comme stratégie générale de direction l’individualisation de l’enseignement au maximum et j’apprécierais que le Ministère et la commission scolaire m’accorde pour ce faire toute la marge de manoeuvre possible.

  31. le 10 sept 2010 à 11:24 Olivia Pelka

    De l’argent. Encore et toujours plus d’argent. Pour des choses qui ne coûtaient pratiquement rien autrefois. Et alors qu’on croûle déjà sous les dettes.

    Ceux qui en ont les moyens quittent le public vers le privé. Mais pourquoi? Pourquoi le fait-on tant, et souvent, au prix de nombreux sacrifices? Car nous n’avons pas tous les moyens tant que ça… Nous les prenons, les moyens.

    Monsieur Dubois, vous dites plusieurs choses. Dans l’ensemble, vous semblez dire que les enseignants ont amplement de lattidue pour faire régner la discipline dans leurs classes. Ce n’est pas ce que j’observe. Les enseignants ont, de plus en plus, les pieds et les poings liés, menacés par la communauté entière s’ils lèvent le ton trop souvent, s’ils osent se mettre en colère (ce qui est tellement tabou au Québec!), s’ils expulsent un élève, s’ils en rabrouent un autre avec trop de vigueur, s’ils imposent des punitions comme des devoirs, des travaux, une retenue. Tous les parents sont prêts à réagir, tous se donnent le droit de juger de la valeur d’une intervention, et beaucoup sont même disposés à alerter les médias, ce qui est de plus en plus à la mode. La menace plane constamment au dessus de la tête des enseignants: « Faites gaffe, soyez gentil, compréhensif, conciliant, tolérant, attentif, doux, zen, patient! »

    Il y a aussi cette mentalité qui prend tant de place, et qui dit que pour apprendre, il faut avoir du fun, que ça soit drôle, divertissant, amusant, et surtout, facile. Alors combien de temps perd-on en classe à rendre les apprentissages amusants et divertissants? un temps fou. Et tout ce qui est vu comme lourd, difficile, ardu, est vu comme du temps perdu et du mauvais enseignement. Quels sont les professeurs dont on vante les mérites, en général? Est-ce que ce sont les profs qui savent transmettre la matière à leurs élèves? les profs qui vantent les mérites de l’efforts, du travail, et qui disent que pour apprendre, il faut accepter de souffrir et de trouver ça difficile? Non, les profs qui « pognent » le plus, ce sont les profs cool, qui maternent, et qui sont divertissants, qui ont plein de projets spéciaux « super trippants ».

    Pourquoi on envoie nos enfants au privé? Pour tout ça. Oui, le privé sélectionne. Honte à lui. Mais l’école public pourrait faire une chose semblable à cette honteuse sélection,: si elle se donnait le droit d’expulser un élève, de le renvoyer, ou de l’exclure d’un groupe, ou simplement de sévir sans craindre d’avoir le comité de parents sur le dos! Si elle exigeait autant qu’elle permet. Si, comme vous le dites, il y avait un réel équilibre entre les droits des élèves et leurs devoirs. Les enseignants le veulent mais les directions les en empêchent? Alors, c’est là qu’il faut agir. Pas en injectant encore plus d’argent ou en imposant plus de temps en classe.

    Car l’ajout d’une heure ne changerait pas grand chose. Le problème n’est pas que les enfants n’ont pas suffisament de temps en classe. Le problème est que ce temps en classe n’est pas utilisé comme il faut: pour apprendre, étudier, travailler fort. De nos jours, on arrête pas de nous rabâcher qu’après tant de minutes, un élève ne se concentre plus. Alors on coupe dans le gros boulot et l’effort, autant que faire se peut.

    Et votre solution d’ajouter une heure punirait les parents qui font, comme nous, le sacrifice d’un certain train de vie pour permettre à leurs enfants d’avoir un parent présent et plus disponible. Mes enfants, durant tout leur primaire, reviennent dîner à la maison 3 jours sur 5, parfois plus, et me retrouvent à leur retour à la maison, à 15h30. Le matin, je suis toujours là avec eux quand ils partent prendre leur autobus. Pour nous, cette disponibilité était capitale, essentielle.

    Ceci dit, le privé n’impose pas une heure de plus d’enseignement. En tout cas, ce n’est pas ainsi à l’école secondaire de mon fils aîné. Il a le même horaire que ses copains qui vont au public.

    Monsieur Lachance, je crois moi aussi que le milieu familial joue un rôle plus important encore que le prof. Pas pour ses compétences dans les matières enseignées, évidemment. Je crois qu’un enfant bien dans sa tête, dans son corps, dans son esprit, tirera du bon d’un prof et d’une école, même si ce prof et cette école sont de qualité moyenne, ou faible. Ce n’est pas tant par le temps passé avec notre enfant à faire les devoirs et les leçons que nous influençons nos enfants dans leur réussite scolaire. C’est surtout par l’exemple que nous leur donnons au quotidien. Je ne me mêlerai jamais d’enseigner la chimie ou l’algèbre à mon enfant. Mais je suis en cause dans son goût d’apprendre, son respect de son enseignant (qu’il soit « hot » ou pas!), son respect de l’institution, de l’école, son attitude générale face aux études et aux apprentissages, sa ténacité ou sa paresse, son ouverture, sa culture générale, ou leur contraire. Je crois aussi que cette importance est de plus en plus relativisée, dans notre société, parce que nous n’avons plus le temps, les moyens, la disponibilité, l’envie de nous investir autant dans l’éducation de nos enfants. Et donc, quand ça ne va pas bien, notre réflexe est, de plus en plus, de pointer l’état du doigt.

    Il y a des limites à ce que l’on peut reprocher à l’état. Et il y a des limites à ce que peut faire l’argent.

  32. le 10 sept 2010 à 12:48 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    ……….. « Dans l’ensemble, vous semblez dire que les enseignants ont amplement de lattidue pour faire régner la discipline dans leurs classes. Ce n’est pas ce que j’observe. » O.P.

    Ce n’est pas ce que j’ai dit, bien au contraire : j’ai plutôt dit que les profs sont dans l’ensemble « assez « fermes » et assez « exigeants, mais… qu’ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions.

    ………. « Les enseignants ont, de plus en plus, les pieds et les poings liés… (…)… (s’ils expulsent un élève), s’ils en rabrouent un autre avec trop de vigueur, s’ils imposent des (punitions comme des devoirs, des travaux, une retenue). » O.P.

    Si les profs pouvaient ne pas avoir « les pieds et les poings liés » et pouvaient imposer des punitions et des retenues, ce serait une autre affaire. Mais ce n’est pas le cas, selon eux.

    Tant que « le boulversement » — que vous souhaitez, genre « La nouvelle École Publique » que j’ai tenté d’esquisser — ne sera pas réalisé, alors les écoles publiques continueront d’être en perte de vitesse et contribueront de plus en plus à un système à deux vitesses.

    C’est vrai que j’ai dit beaucoup de choses, mais c’est un sujet qui me passionne comme vous, et je n’ai tenté que d’être positif et constructif.

    Dernier point : ma proposition s’inserre aussi dans la « conciliation travail-famille » et solutionne le phénomène de « la clé au cou » qui perdure depuis plus de trente ans : garderies environ à 5hres — école environ à 5hres et parents environ à 5hres.

    Bonne fin de semaine,

    JRD

    N.B. « j’adopterais comme stratégie générale de direction l’individualisation de l’enseignement au maximum et j’apprécierais que le Ministère et la commission scolaire m’accorde pour ce faire toute la marge de manoeuvre possible. » R.L.

    D’accord avec vous Robert même si « l’enseignement individualisé » doit être très exigeant pour le prof, mais si valorisant pour l’élève : un autre élément, en plus des mentors, de « La nouvelle École Publique ? »

  33. le 10 sept 2010 à 13:13 Olivia Pelka

    Jean-Renaud Dubois:

    « Dernier point : ma proposition s’inserre aussi dans la « conciliation travail-famille » et solutionne le phénomène de « la clé au cou » qui perdure depuis plus de trente ans : garderies environ à 5hres — école environ à 5hres et parents environ à 5hres. »

    Ce serait déresponsabiliser les parents encore un peu plus.

  34. le 10 sept 2010 à 13:34 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Dans un projet de formation, avant de parler de l’encadrement, il faut penser aux objectifs. Comment identifier ce qu’on désire que l’apprenant acquière. Une des grandes lacunes consiste dans le fait que la préoccupation se situe surtout sur le plan du “savoir” (bourrage de crâne). Quand il vient le temps de penser au “savoir être”, encore là, l’erreur est le gavage excessif (j’ai vu dans un livre au programme des résumés de pensée de 50 philosophes. Quel bel accomplissement ces deux professeurs de CEGEP avaient réussi dans la rédaction de ce livre de formation constitué de condensés de synthèses et extraits de la pensée de ces 50 philosophes.) Alors ici, oublions les objectifs. Quels résultats peut-on anticiper suite à ce gavage cru possible?

    Je pense que, pour le pauvre apprenant, les attentes qu’il peut ressentir pavent la voie directement à des sentiments certains de frustration (suite à la possibilité de bien comprendre et d’assimiler les notions inhérentes aux pensées de ces grands penseurs. Tant de notions dans une si courte période allouée d’assimilation, à partir de « courts » résumés) et, conséquemment d’expérimenter l’échec. Sur le plan du “savoir faire” ? Quelle belle expérience pour l’apprenant sur le plan de l’estime de soi !!!

  35. le 10 sept 2010 à 14:17 Robert Lachance

    Je vous remercie d’avoir pris le temps de nous éclairer Mme Pelka. J’imagine que vous avez pris autant de plaisir à écrire que nous d’intérêt à lire.

    On s’entend sur le rôle des parents et sur celui de l’enseignant. C’est pourquoi le ou la ou les ministres du temps d’ »Un Québec fou de ses enfants », au temps de Lucien Bouchard je crois, de celle de notre hôte aussi sans doute, mettaient de l’avant les pré-maternelles. Je vous remercie d’avoir pris le temps de nous éclairer de votre expérience.

    On se lit. J’aurais pu écrire sans faute on se lie. On s’entend sans se ressembler sur tout. Ça crée une dynamique.

    L’enseignement individualisé n’est pas forcément très exigeant pour le prof Jean-Renaud; Skinner avait inventé pour se soulager de devoir corriger des tonnes de travaux. Il avait mis au point la machine à enseigner. Sa conception de l’enseignement était que l’élève n’est pas une plante qui mature ou un vase que l’on remplit mais un répertoire de comportements cognitifs, affectifs ou émotifs à instaurer.

    Dans cette perspective, enseigner c’est organiser des contingences. En ça, l’ordinateur peut remplacer l’enseignant sans se fatiguer. Ça laisse du temps pour socialiser, collectiviser même, une fois que les comportements voulus sont instaurer.

  36. le 11 sept 2010 à 19:17 Robert Lachance

    En réponse à Victor Beauchesne, premier commentaire ci-haut:

    Serait-il possible que les coupures massives de postes de professeurs qui ont eu lieu dans les années 80 aient influencé bon nombre de profs potentiels à tout simplement éviter cette profession.

    Voyons la démographie:

    pour le primaire:

    année de naissance
    nombre de naissances
    année d’entrée au primaire

    1974 — 91 433 — 1980
    1975 — 96 266 — 1981
    1976 — 98 022 — 1982
    1977 — 97 266 — 1983
    1978 — 96 202 — 1984
    1979 — 99 893 — 1985
    1980 — 97 498 — 1986
    1981 — 95 247 — 1987
    1982 — 90 540 — 1988
    1983 — 87 739 — 1989

    Je vois mal pour quelles raisons on aurait coupé des postes au primaire quand le nombre d’élèves semble augmenter ou se maintenir, sauf en 88 et 89.

    Au secondaire maintenant:

    année de naissance
    nombre de naissances
    année d’entrée au secondaire

    1968 — 100 548 — 1980
    1969 — 099 503 — 1981
    1970 — 096 512 — 1982
    1971 — 093 743 — 1983
    1972 — 088 118 — 1984
    1973 — 089 412 — 1985
    1974 — 091 433 — 1986
    1975 — 096 266 — 1987
    1976 — 098 022 — 1988
    1977 — 097 266 — 1989

    De 1982 à 1986, la clientèle était probablement un peu moins grande, ce qui peut justifier des coupures dues à la baisse démographique.

    Je chercherais ailleurs que dans des coupures de profs une explication au désintérêt de diplômés du collégial pour la profession d’enseignant.

    En passant, ces chiffres ne me semble pas prometteur pour la natalité au Québec dans les trois années qui viennent:

    année de naissance
    nombre de naissances
    30 ans plus tard

    1980 — 97 498 — 2010
    1981 — 95 247 — 2011
    1982 — 90 540 — 2012
    1983 — 87 739 — 2013

  37. le 11 sept 2010 à 22:05 Jean-Renaud Dubois

    Bonsoir Robert,

    ……….« Je vois mal pour quelles raisons on aurait coupé des postes au primaire quand le nombre d’élèves semble augmenter ou se maintenir, sauf en 88 et 89. » R.L.

    Moi aussi, j’avais tenté d’y voir plus clair dans cette affirmation de M.Beauchesne.

    Tu as raison, je pense, de dire : « Je chercherais ailleurs que dans des coupures de profs une explication au désintérêt de diplômés du collégial pour la profession d’enseignant. »

    Voir une autre interprétation – que tu n’aurais pas lu – que je suggérais le 05 sept 2010 à 18:48.

    Comme d’habitude, excellent travail de recherche…

    Bonne fin de semaine,

    JRD