Articles
Commentaires

Un air de famille

Un ami me demandait comment se vit la crise économique en Espagne, d’où je vous écris ces lignes.

Mal, très mal. Le chômage est à 18%, l’un des pires taux parmi les pays développés. La croissance économique reculera de 4,2% en 2009. Évidemment, le déficit public explose parce que les dépenses du gouvernement augmentent en flèche et que les rentrées fiscales baissent.

La sortie de la crise se fera ici plus tardivement, pense-t-on, que dans le reste de l’Europe occidentale. L’économie espagnole est très dépendante de la construction et du tourisme, deux secteurs parmi les plus touchés traditionnellement lors des crises. Des réformes structurelles qui auraient dû être faites depuis longtemps ne l’ont pas été.

La ministre de l’Économie dit voir les premiers bourgeons de la reprise. Elle et ses collègues sont bien les seuls. Il y a des soldes dans tous les magasins.                                                             

Le gouvernement Zapatero a d’abord nié la crise, puis a débloqué des milliards d’euros pour des travaux publics qui ont procuré des jobs d’été à quelques-uns.

Le grand débat du moment tourne autour d’une proposition gouvernementale d’ajouter environ 700 dollars par mois aux prestations d’assurance-chômage. La mesure est évidemment proposée sous la bannière de la «solidarité». Quatre chômeurs sur cinq n’y auraient cependant pas droit.

Elle fut aussi négociée exclusivement avec les syndicats, qui sont très puissants ici. Or, l’immense majorité des chômeurs ne sont pas syndiqués. Mais ils n’ont aucun rapport de force politique. Le gouvernement Zapatero, qui est socialiste et proche du monde syndical, craint que ses «amis» ne lui organisent un automne «chaud».

Tous les experts sont contre cette mesure. Au lieu d’être «solidaire», elle est au contraire, disent-ils, profondément discriminatoire. Elle approfondit la cassure entre des travailleurs déjà intégrés au marché du travail et qui seront les premiers à rebondir lors de la reprise, et ceux qui auraient réellement le plus besoin d’aide.                                                                  

Évidemment, faire partie de l’Union européenne comporte des obligations de discipline budgétaire prévues dans des traités. Pour réduire le déficit, le gouvernement central envisage maintenant de hausser les impôts sur les plus riches. Le président de la Banque centrale européenne s’arrache les cheveux, mais il n’a pas à se faire réélire.

Petit problème cependant : ici, comme chez nous, les Espagnols qui gagnent plus de 100 000 $ par année ne sont que 3% des contribuables, mais ils fournissent 38%  du total de l’impôt sur le revenu, en plus d’être ceux dont les investissements créent le plus d’emplois. .

La solution du gouvernement : taxer non pas leurs revenus de travail, mais les gains sur les spéculations boursières et les transactions immobilières. Ici encore, les experts sont contre : ils proposent plutôt de hausser les tarifs des services publics gelés, la taxe de vente, et de taxer davantage cigarettes, alcool, etc. C’est comme si je n’étais pas parti.

Le gouvernement socialiste ne dispose pas non plus de la majorité absolue au parlement. Il doit donc obtenir l’appui des petites formations de gauche radicale et des nationalistes basques, galiciens et catalans, qui en profitent pour faire monter les enchères.

Je vous le dis : vous ne seriez pas dépaysés.

12 réponses à “Un air de famille”

  1. le 08 sept 2009 à 9:46 Gilles

    Je pense qu’il faudrait que les Espagnols remplacent le gouvernement Zapatero par un gouvernement Zapartiste…

  2. le 08 sept 2009 à 12:40 MV

    Juste de voir que le PP va fort problablement gagner les prochaines élection car il a bien fait aux élections Européennes.

    Pour dire, il est vrai de dire que depuis les années 60-70, l’Espagne est passée d’un pays peu développé en un pays très développé. Cependant, le problème se situe principalement en Espagne sur trois fronts:

    -L’immigration illégale
    -Le fait que certains pays de l’EU (Pologne, Romanie) ont certaines mesures fiscales qui font que certaines compagnies déménagent vers ces pays en question
    -La régionalité du chômage et les différences régionales en matière de revenus

    Reste à dire que taxer les riches est fort problablement la solution la plus maladroite qui soit pour la gestion des finances publiques.

  3. le 08 sept 2009 à 13:34 Robert Lachance

    @ MV et aux autres,

    « Reste à dire que taxer les riches est fort problablement la solution la plus maladroite qui soit pour la gestion des finances publiques. »

    Il y a pire. Avec la « flat tax », que voulez-vous obtenir de substantiel des pauvres ? Même avec la classe moyenne, c’est pauvre ! Il faut taxer les riches ! L’art est dans le comment. Jean-François Lisée a des suggestions intéressantes pour ça. Avez-vous lu Pour une gauche efficace ou fréquentez-vous assidûment le site de Joanne Marcotte ?

    Beaucoup de riches le sont pour avoir bénéficié d’autres d’un héritage monétaire, pédagogique ou génétique. Si c’était à refaire, je disposerais les adjectifs dans l’ordre inverse. Il y a là une richesse intelligemment ou durement encaissée à mettre à la disposition de la collectivité d’une façon ou d’une autre pour l’enrichissement d’un plus grand nombre, de l’ensemble.

    P.S. Vous m’avez impressionné ailleurs ici par votre connaissance de l’évolution de l’électorat québécois où nous serions passé d’une opposition souverainiste/fédéraliste à une latéralité gauche/droite. Fallait le faire, c’est original et je trouve que ça a du bon sens. Il y a les vogues et il y a les vagues.

  4. le 08 sept 2009 à 14:07 Pierre-Olivier Bastien-Dionne

    Le socialisme répète échec par-dessus échec. Les solutions simplistes comme taxer la classe la plus riche n’a jamais eu d’effet bénéfique, et a comme conséquence de faire fuir ceux-ci. Décourrager le travail, récompenser l’inaction ne peut pas permettre la croissance économique. Certains pays l’ont compris, la plupart d’anciennes républiques socialistes ou communistes (pays Baltes, Pologne, Ukraine, Russie). Ces pays ont eu la plus forte croissance écnomique ces dernières années.

    Il faut comprendre le principe même des taxes pour bien comprendre ses effets pervers. Les taxes sont une façon d’enlever des ressources aux secteurs les plus rentables de l’économie pour les rediriger vers les secteurs les plus destructeurs. Autrement dit, on prend des légumes qui poussent dans un terreau noir et fertile pour les transplanter dans un désert aride. C’est ce que le gouvernement veut faire en augmentant les taxes et en utilisant cet argent pour financer des programmes sociaux (chômage par exemple).

    Les taxes élevées autant sur les conribuables que sur les entreprises sont des mesures qui découragent les individus de créer des entreprises, donc de fournir de l’emploi. Comment justifier qu’une institution saisisse 50% des efforts d’un individu, avant même que celui-ci puisse profiter du fruit de ses efforts? Les politiques fiscales lourdes nuisent davantages aux petites entreprises, qui n’ont pas les ressources ni les moyens d’entreprendre des projets. Ils n’ont ni l’épargne nécéssaire, ni la connaissance des politiques fiscales pour minimiser leur impôts en maximisant leurs déductions. Le même phénomène se produit au Québec, où plus de 1000 pages de lois sur les entreprises s’ajoutent chaque année. À part les grandes entreprises qui peuvent se payer des juristes, quel individu voulant démarer sa propre petite entreprise a le temps et l’énergie à mettre pour bien comprendre ce qu’implique démarer une entreprise.

    Devant tant de difficultés, je ne blâme pas les Espagnols devant leur désespoir, et nécéssitant l’aide du gouvernement, qui bien loin d’être la solution à leur problème, en est la cause. L’effet pervers est de répondre à court terme à ces besoins, en s’acoquinant avec les syndicats, champions de la propagande, et en faisant des déficits massifs. Le gouvernement ne peut stimuler la croissance économique en faisant des dépenses et des déficits, car chaque sou que celui-ci investi ou dépense a d’abord dû être retiré de l’économie, ou devra y être retourné (dans le cas d’emprunts).

    La solution est simple, mais dure à appliquer, puisqu’elle demande le sacrifice de la classe au pouvoir: gouvernement et syndicats. Diminuer les dépenses publiques, diminuer le fardeau fiascal des individus et entreprises, diminuer la réglementation en faisant des politiques où les individus sont davantage responsables, augmenter les tarifs des services publics, pour que chacun paie ce qu’il consomme stopper l’endettement et rembourser directement sa dette. Si ce n’est pas mis en place, on va assister à un reversement de la pyramide sociale, où tellement de gens vont vivre au crochet de la minorité, que celle-ci sera écrasée par le fardeau qui lui est confié. Le Québec est dans la même situation, je crois qu’on devra malheureusement attendre que les boomers prennent leur retraite pour pouvoir changer les choses. À noter que ma génération (20-40 ans) sera la première du monde occidental, depuis que des statistiques économiques sont compilées, à vivre plus pauvrement que ses parents. La dette combinée des gouvernements municipaux, provincial et fédéral, en plus des pertes successives de la caisse de dépôt et de la société générale de financement m’obligeront à payer à la fois pour la retraite de mes parents, à la mienne, en plus de la dette laissée par la génération qui me précède.

  5. le 08 sept 2009 à 15:12 MV

    Le problème est en fait de constater que quelqu’un qui fait par exemple 100 000$ par année est considéré comme quelqu’un de riche au Québec, mais ne l’est pas dans plusieurs juridictions en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie.

    Si on continue à taxer à abondance ce que j’appelle la classe moyenne-haute qui fait entre 70K à 150K par année (composée de petits entrepreneurs, de cols blancs et de professionels), c’est de dire que va finir par affecter la classe même du noyau dur de contribuables.

    N’oublions pas aussi que cette classe sociale est importante sur trois fronts:

    -Elle est le fruit de notre système, car il existe beaucoup de ces gens dans cette classe qui n’ont pas hérité, en venant de classes sociales plus basses. Donc, c’est avec une éducation et/ou une possiblité d’entreprendre qui cette classe a pu apparaître. Cette classe est aussi vaste car elle englobe tant des professeurs d’université que des électriciens qui ont leur propre entreprise.

    -Elle consomme beaucoup par capita et est l’une des clientèles principales dans le domaine de la publicité.

    -Elle est très importante d’un point de vue politique car elle est dans l’électeur type de plusieurs partis politiques. Les Conservateurs, les Libéraux, l’ADQ et même le PQ jouent dans ce terrain.

  6. le 08 sept 2009 à 15:18 MV

    @Robert Lachance:

    Ce que la définition de M. Lisée ne prend pas en compte, que c’est en fait la même classe sociale dont il fait partie (classe moyenne-haute), est celle qui se fait le plus avoir car elle donne beaucoup pour recevoir relativement peu lorsque plus de la moitié de la population donne rien pour recevoir beaucoup. Aussi, c’est plate à dire, mais une plus grande pression fiscale amène beaucoup d’éléments négatifs (évasion fiscale, moins de productivité et de compétitivité).

    Pour ma théorie sur l’évolution gauche/droite au Québec, il va être intéréssant de vérifier cette tendance au cours des prochaines années et en particulier avec la fragmentation de l’électorat vers plusieurs partis.

  7. le 08 sept 2009 à 15:25 MV

    @Pierre-Olivier Bastien-Dionne:

    Votre analyse est excellente!

    Je prédis l’éffrondrement de cette pyramide d’ici 5 à 10 ans. À ce moment, beaucoup de gens éduqués ou plus nantis vont alors partir vers d’autres cieux en ne voyant absolument aucun avenir dans le système à ce moment-là.

  8. le 08 sept 2009 à 15:55 Pierre-Olivier Bastien-Dionne

    C’est évident. La connaissance c’est l’actif le plus mobile qui soit. Et le taux de diplômation de ma génération est le plus haut de l’histoire. Je songe moi-même partir du Québec dès ma diplômation si les politiques fiscales ne sont pas intéressantes ici. Ça me rend extrèmement triste, qu’une génération entière sous le couvert de la vertu puisse hypothéquer l’avenir de ses enfants. Le pire c’est le trou qu’on va laisser béant au Québec, moins de gens éduqués, moins d’entrepreneurs, plus de pauvres et une énorme dette nationale, probablement quasi impossible à rembourser. Le « reality check » est inévitable. Le plus tôt sera le mieux, et j’espère que la génération qui nous a mis dans cette situation fâcheuse changera ses habitudes pour réparer un minimum l’injustice intergénérationelle qu’elle a créé. Je ne veux pas partir un combat de générations, mais force est de constater que la facture est passée au suivant. À force de pelleter par en avant les problèmes, on se retrouve face à des montagnes. Selon mes calculs, chaque nouveau-né québécois doit plus de 45 000$ au Québec et au Canada, sans comper la dette de sa municipalité. J’espère que lorsque ma génération sera au pouvoir, on pourra s’ouvrir les yeux sur ce désastre.

    J’ai hâte au jour où les séparatistes radicaux (souvent associés au marxisme) cesseront d’être écoutés, et où tous les Québécois pourront s’unir pour un avenir meilleur. Je perçoit le débat constitutionnel comme un écran de fumée, qui permet aux gouvernements péquistes et libéraux de continuer leur corporatisme (syndicaliste et lobbyisme). La décentralisation des pouvoirs d’Ottawa est une cause juste, et on devrait s’allier avec les autres provinces pour en faire la promotion. Ce serait un pas vers l’indépendance beacoup plus constructif que la confrontation directe.

  9. le 08 sept 2009 à 18:01 MV

    La question nationale est problablement un élément qui empêche de parler réellement d’économie, de sécurité, de santé ou d’éducation, au lieu d’aller vers des politiques qui sont uniquement de la blague partisane pour plaire aux militants des partis respectifs. Je dois dire que même certains éléments qui sont apolitiques à mes yeux (culture, histoire) sont devenu un reflet de la basse nature ultra-partisane de la Question Nationale et de la politique au Québec en général. L’ironie du sort est que certains groupuscules (aidés par nos médias) qui sont carrément devenus avec le temps des organisations  »de front » pour certains partis politiques prennent beaucoup de place en parlant fort lorsqu’ils représentent les idéaux d’une infirme minorité de la population. C’est là un peu à un avis où entre le caractère pseudo-Marxiste de certains personnes qui sont impliqués dans la politique au Québec.

    Malheureusement, un exemple qui me vient en tête est celui du Bloc Québécois. Bien que les autres partis (PCC, PLC, NPD, Parti Vert) essayent de faire une plate-forme basée sur une certaine idéologie, le Bloc arrive et il fait uniquement critiquer en tirant de tout les bords (soit les Conservateurs, les Libéraux ou le NPD), sans rien vraiment donner de constructif. Reste à dire que cette stratégie peut coûter pas mal cher au Bloc, qui descend en terme de vote populaire depuis 2004.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/09/08/001-bloc-caucus.shtml

  10. le 08 sept 2009 à 18:59 ymdelisle

    Bien d’accord avec vous MV.

    Le cas de l’Espagne est intéressant et démontre que le Québec n’est pas unique. Quoi??. Il y a d’autres pays sur la planète? Le Québec n’est pas le centre de l’univers? Merci M.Facal, de nous montrer qu’il y a autre chose que le nombril Québecois.

    Comme le disait le Club de Rome, il y a des limites à la croissance. Il y a des limites aux revenus qu’une entreprise peut avoir, aux profits, aux parts de marchés, etc. Il y a également des limites aux services qu’une socièté peut offrir et aux taxes qu’elle perçoit. Ça prends des riches pour créer la richesse et ça prends de la richesse pour pouvoir la partager. Le paradoxe est que ça prends des riches pour faire fonctionner une sociale démocratie. Mais attention, il ne faut pas trop écoeurer ceux qui paient la note. Ils sont mobiles. Le « brain drain », ça existe. La fuite de capitaux, ça existe. Montrèal a vecu les deux depuis les années 70. Toronto à vecu l’inverse. Pourquoi?
    L’Espagne vit le même problème, mais à plus grande échelle. Les « jobs » vont vers l’Europe de l’Est ou ils ont créé les « conditions gagnantes » pour attirer la richesse. Ont-ils des problèmes dans ces nouvelles démocraties? Oui. Avons-nous des problèmes dans nos vieilles démocraties? Oui

    M. Bastien-Dionne le dit. Il songe à quitté le Québec après sa graduation….et de surcroit, il n’est même pas un maudit anglais.(sarcastic..you bet) Ça augure mal pour notre futur.

    Les extrèmes ne fonctionne pas. Le capitalisme sauvage ne marche pas. Le communisme n’ont plus.
    Alors, ça prends un juste milieux. Gardons les taxes à un niveau acceptable et offrons des services que nous avons les moyens d’offrir. C’est la décision que devra prendre l’Espagne dans les jours qui suivront.

  11. le 08 sept 2009 à 20:47 RenéP.

    Ca ne sert à rien de tourner continuellement autour du pot. Fondamentalement, le problème n’est ni le capitalisme, ni le socialisme, ni la richesse des uns ou celle des autres, ni les impôts, ni les taxes, ni ceci, ni cela. Le problème en est un de morale, d’éthique dans la gouverne du monde. A voir tout ce qui se passe dans le monde, on peut dire sans risquer de se tromper, qu’un très grand nombre des dirigeants sont des abuseurs, des menteurs, des voleurs, des exploiteurs, des hypocrites, des sans-coeur, des corrompus. Bien sûr, il y a sûrement des dirigeants honnêtes, vrais, dont la morale, l’éthique est la base de leur action. Malheureusement, ils sont tellement rares qu’ils ne peuvent pas faire le poids face aux premiers. C’est pourquoi le monde est en péril et ce, pas seulement au plan économique mais aussi au plan écologique. Quand notre milieu sera invivable, ce qui pourrait être plus proche que certains pourraient le penser, l’économie, quelle soit capitaliste ou socialiste, n’aura pas d’importance; c’est la survie du genre humain qui sera la priorité. La seule facon de s’en sortir serait de se donner des dirigeants dont la morale, l’éthique, est l’essence de leur personnalité. Agir selon la morale veut dire faire ce qui est bien (pour soi et/ou autrui) sans faire de mal (à soi et/ou à autrui).

  12. le 09 sept 2009 à 1:16 Pierre-Olivier Bastien-Dionne

    @ ymdelisle

    Je suis d’accord avec vous, sauf que le capitalisme « sauvage » comme vous le décrivez fonctionne très bien. Les crises économiques sont presques toujours crées par des politiques monétaires destructrices, cérant des cycles économiques. La législation mise en place par les gouvernements permet de mettre en place ces politiques monétaires qui privent la classe travaillante de leur revenu, dirige l’économie vers des secteurs inproductifs, et gonfle des bulles spéculatives en créant du crédit à rabais et de la monnaie à partir de rien. L’histoire monétaire de l’humanité le prouve bien, une perte de valeur de la monnaie créée par l’inflation mise en place par les gouvernements mène pour sûr à la ruine des populations. Les récentes régulations renforcées aux États-Unis (community reinvesment act, Fannie Mae, Freddie Mac, equal credit opportunity act, fair housing act, pour ne nommer que ceux-ci)ont forcé les banques à prêter sans condition de l’argent à des gens insolvables, créant une bulle spéculative. J’entends beaucoup trop de gens répéter (Québec Solidaire, Michael Moore, etc.) que c’est la faute du capitalisme. Faux. Le capitalisme fonctionne à merveille, cependant il faut lui permettre d’évoluer sans restriction, avec des conditions strictes: respect des contrats, échanges mutuellement volontaires.

    Pour le problème des dirigeants éthiques: il est presque impossible d’en avoir. La raison est qu’en démocratie, des millions d’individus votent pour différents individus leur promettant toutes sortes de choses. Ces individus ne disposent souvent pas des connaissances nécéssaires pour faire le choix le plus éclairé. Ils font donc un choix émotif. Puisqu’ils ont tous des intérêts propres, ils voteront pour le candidat qui lui promet ce qu’il souhaite. Le problème avec ce système c’est qu’il ouvre la porte à promettre la lune et ensuite n’être imputable à personne. Présentement le gouvernement Charest se comporte en dictature, et pourtant reste le premier dans les sondages. Évidemment, puisque le gouvernement a le monopole de l’usage de la force, il n’a que les élections (aux 4 ans) comme seule épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Facile de faire ce qu’on veut dans ce contexte. Se doter de dirigeants honnêtes est aussi utopique, parce qu’on ne voit le véritable visage des dirigeants que lorsqu’ils sont au pouvoir. Finalement, avec le monopole de l’usage de la force (police/armée) et du vol organisé (impôts/taxes), difficile de plonger le bras dans le pots à bonbons. C’est pourquoi tous les gouvernements ont tendance à augmenter, plus lourde est la structure, plus difficile la fraude à trouver. Il faut que le débalancement du pouvoir entre le gouvernement et le citoyen arrive à un point de rupture pour que ceux-ci se soulèvent et fassent une véritable révolution, diplomatique ou par les armes, leur permettant de récupérer leur bien taxé/imposé et mal géré (révolution Francais, Américaine).

    Je crois que l’erreur de l’humanité est de confier des charges lourdes à une poignée d’hommes, aussi corruptibles que les autres, dans l’espoir qu’on s’occupera bien d’eux. Je ne connais pas le système politique parfait, mais il faudrait que les dirigeants aient un contrat, et que comme les citoyens ordinaires, ils aient la responsabilité de le respecter. De plus, le gouvernement ne devrait pas détenir le monopole de l’usage de la force, et le pouvoir de taxer devrait être maintenu au minimum. Le peuple devrait toujours avoir à l’oeil ses dirigeants, et toujours maintenir le pouvoir de les remplacer et les punir pour leur mauvaises actions.