Professeur X
11 mai 2009 par Joseph Facal
Il a insisté sur l’importance de préserver sa confidentialité. Il n’a évidemment rien à craindre.
C’est un témoignage que j’ai reçu. Un de plus. Vous en déduirez ce que vous voulez. Si vous ne voulez rien savoir, rien de plus facile : bof, cas isolé, direz-vous. Un autre frustré. Air connu.
Appelons-le «professeur X». Il enseigne dans une école secondaire publique Y au Québec. Disons qu’il a passablement d’expérience. Il en a vu passer des réformes pour, comme on dit en jargon ministériel, «améliorer la réussite éducative de nos jeunes».
«Oui, les directions d’école exigent que nous fassions réussir des élèves qui ne le méritent pas : elles vous convoquent dans leur bureau, elles ferment la porte et vous disent que si tant d’élèves échouent, c’est que vous ne comprenez pas le programme, que vous ne savez pas évaluer, que vous êtes trop exigeant, incompétent même. Elles vous demandent de réévaluer les élèves. Si vous ne comprenez pas ce qu’elles demandent, elles vont vous rendre la vie insupportable. Je l’ai vécu. Donc vous montez les notes. Vous ne gardez que quelques échecs et la vie redevient agréable. Tout cela se fait derrière des portes closes, individu par individu.»
Évidemment, les problèmes ne se réduisent pas à la question des notes. Écoutons X :
«Mais le problème vient aussi d’ailleurs : on a placé dans les classes dites normales plein d’élèves qui n’y ont pas leur place parce qu’ils ont de sérieux problèmes d’apprentissage et/ou de comportement. Aucun support à la hauteur des besoins n’est fourni. Ils comptent parfois pour la moitié d’une classe. Ils dérangent ou, au mieux, ils perdent leur temps. Rien ne sert alors d’abaisser le ratio enseignant/élèves : la moitié d’une classe, même de 15 élèves, ayant des retards ou des difficultés d’apprentissage et les problèmes de comportement qui viennent avec, ne sera jamais fonctionnelle. Les bons élèves fuient vers l’école privée parce qu’ils sont constamment dérangés et perdent leur temps.»
Je redis aussi, pour la millième fois, que nous, parents, faisons souvent partie du problème. De nouveau, le professeur X :
«Mais l’école répond de plus en plus aussi aux exigences des parents: leurs petits anges sont paresseux (et effrontés), mais on ne doit pas leur faire vivre d’échec, ce n’est pas bon pour leur estime de soi.»
Ah, l’estime de soi ! Que de conneries n’avons-nous pas commises à cause de la pop-psychologie guimauve contemporaine !
Des témoignages comme ceux-là, les journalistes (ce que je ne suis pas) qui s’intéressent au milieu québécois de l’éducation depuis longtemps en ont des caisses pleines. Toutes des fabrications ? Tous de frustrés ?
Ne vous énervez pas trop, ceci dit. Vous passeriez pour un «chialeux» ou un «malcommode». Nous sommes au Québec après tout : chez nous, il y a toujours moyen de moyenner. Nous sommes le peuple des petites colères sans lendemain.
Et puis, n’oubliez pas ce que nous rappelle le professeur X : on a toujours le choix. Il suffit de rentrer dans le rang, de baisser la tête, de détourner les yeux…et la vie redevient belle.
24 réponses à “Professeur X”

Vive l’école privé, quand on est considéré comme un client et pas un contribuables, on a du service! C’est très simple pour avoir du service, c’est soins de santé privé et école privé. Bientot il va y avoir des routes privés qui seront réparés contrairement aux publics alors on pourra rouller également sur les routes privés. On paye les impots les plus élevés en amérique du Nord mais on doit quand meme utilisé constamment les services privés pour avoir du service.
Et pour les petits tarrés qui aurront sortit de la réforme en ayant jamais entendu les mots dicipline et volonté de leur vie, bonne chance sur le marché du travail et dans la vrai vie! Est-ce que papa et maman vont aller engueuler leur futur employeurs parce qu’il exige un minimum d’effort?
Je ne sais pas pourquoi M. Aubin fait tant l’éloge du privé… Y est-il allé ?
J’ai vu rapidement, comme ça, 21 fautes de français dans son commentaire. Peut-être ne les ai-je pas toutes remarquées.
Je suis peut-être un cas à part, mais je viens de l’école publique.
Bravo monsieur Pruneau, quand on n’a pas d’arguments on s’en prend à la forme plutôt qu’au fond. Ceci dit, pour la forme, vous n’avez pas tord.
J’ai étudié, au privé et au public, à l’époque où l’effort était encore de mise et ce sont ces diplomés qui ont détruit le système d’éducation ( on devrait dire système d’instruction car de l’éducation il ne s’y en fait pas ). Je ne suis pas nostalgique, mais le cancre n’était pas bien toléré dans les classes ou à tout le moins devait redoubler. Il est temps, peut-être, que l’on revienne aux sources.
Ce problème est en fait peu bien simple (et je dois admettre que je suis allé à l’école privée), car il réside principalement dans le fait que l’école privée est subventionnée de manière importante au Québec avec les conséquences diverses qui vont avec. Je n’ai absolument rien contre le privé, cependant je crois que le système public devrait être une ALTERNATIVE au privé plutôt que de nier le système privé comme s’il existait seulement un système public. La vérité est que plusieurs écoles publiques sont capables à moyen terme d’attirer une certaine classe d’élèves qui allaient autrement pencher vers le privé par divers atouts (sportifs, culturels) et programmes.
Donc, cet élément cause le problème qu’il existe deux systèmes d’éducation:
-Souvent, les étudiants moyens ou supérieurs (et ils ne viennent pas toujours de milieux très riches) vont aller à l’école privée car il sont capables de passer le test d’admission.
-Donc, cela va faire que comparativement aux autres provinces canadiennes et aux États-Unis, le système public va en quelque sorte devenir le système qui va accepter en quelque sorte la masse qui ne peut pas aller au privé.
Je suis allé au privé. En secondaire 1, je me rappelle très bien qu’un professeur nous ait expliqué que la différence la plus importante entre l’école privée et l’école publique, c’était nous…
Essentiellement, l’école privé peut refuser les élèves moins performants et trop turbulents.
Au Québec, nous avons un problème avec l’élitisme qu’on associe trop facilement à la droite alors qu’il était monnaie courante dans la plupart des systèmes communistes.
Alors que tous les parents trouvent normal qu’au moment d’inscrire leur enfant dans une activité sportive, comme le hockey par exemple, il soit classé en fonction de son talent et de ses aptitudes, le même principe ne pourrait s’appliquer à l’école…
Sous prétexte de l’égalité des chances on limite le développement de nos jeunes aux aptitudes intellectuels plus élevées.
Quelle égalité est la plus juste et la plus profitable pour le peuple? L’égalité des chances dans l’atteinte d’un même dénominateur commun, forcément le plus bas, ou l’égalité des chances pour chacun de pouvoir développer son plein potentiel.
Le seul problème de l’école privée est qu’elle est plus facilement accessible aux riches qu’aux pauvres alors que seul les aptitudes du futur élève devrait compter.
L’école privée devrait en fait être subventionnée à 100%…
Et donc devenir publique !
a Benoît Pruneau
Non malheureusement, je viens du public. Je sais que j’écris mal mais ça ne me dérange pas (symptome du fait que la langue française est la 32e priorité en éducation peut-etre) Je peux même dire que j’étais au dessus de la moyenne! Si moi je suis au dessus de la moyenne en Français, on a un sérieux problème!
Si au moins j’avais pu participer à la réforme, mon Français serait encore plus médiocre. En plus, on m’aurrait dit félicitation pour votre effort. On m’aurrait donné un soleil comme note et comme ça j’aurrais encore moins travailler pour réussir!
Déja à mon époque, on modifiait les règles pour que les fautes de Français ne fassent plus perdre de point dans les autres matières que le Français! On évolu bien au Québec! Nouvelle devise de l’éducation: Visez moins haut!
@Philippe Trempe:
L’école privée est TRÈS peu chère au Québec. Par exemple, en Ontario ou au Nouveau-Brunswick, l’école privée de jour coûte entre 10 000-15 000$ par année.
Aussi, si on financerait l’école privée à 100%, est-ce que les professeurs (qui sont généralement au privé par choix) vont vouloir avoir les mêmes salaires et avantages sociaux qu’au système public?
Une piste de solution serait en fait (pour l’école publique) de faire comme en Ontario et de mettre des niveaux de classes et de cours comme avec cet exemple:
Enrichi
Théorique (qui amène au CÉGEP pré-U)
Appliqué (qui amène au CÉGEP technique)
Professionnel ou Technique (qui amène au DÉP ou au DÉS)
@M. Facal:
Le truc qui me fait le plus rire est le fait qu’on ne veut pas faire échouer un élève pour X raison. Or, si quelqu’un ne fait pas sa job sur le marché du travail, que va-t-il lui arriver?
En plus, comme vous connaissez bien l’enseignement universitaire, vous savez fort probablement ce qu’est une courbe de notes. Une moyenne (ou médiane) de 50% n’est pas bon tout autant qu’une médiane de 84%!
Je me souviens pourtant qu’au sein du gouvernement dont M. Facal a fait partie, le Ministre de l’éducation d’alors, François Legault, faisait fièrement signer des contrats de performance qui sont certainement un des facteurs à la source de la course au succès qu’il (M. Facal) dénonce aujourd’hui. Quelle ironie!
Oui, la philosophie affairiste est en train de détruire la fibre du Québec.
@Mathieu Vaillancourt
Si l’employé qui ne fait pas sa job est syndiqué, il ne lui arrivera rien. Son patron engagera quelqu’un pour faire son travail et on n’en parlera plus. S’il est dans la fonction publique, on lui donnera une promotion (tablette) et on engagera quelqu’un pour faire le travail. Dans les autres cas, il perdra sont travail et si les journalistes en entendent parler ils le présentetont aux nouvelles comme une victime des cochons de capitalistes. N’oubliez pas que nous sommes au Québec.
Selon moi, le système d’éducation devrait fonctionner avec un système de bons. Le parent reçoit le bon, et choisit l’école qu’il préfère. Comme ça, les bonnes écoles sont recompensée.
@ Suzanne,
Merci pour le lien. J’irai lire en entier plutôt qu’en diagonale, ça parle de régénération en mode actuel et ça m’intéresse au plus haut point. L’avenir !
En ville, le système de point est faisable, votre suggestion pourrait marcher. En Gaspésie rurale, aux Iles-de-la-Madeleine ? À Kuujiuag ? À Natashquan ?
Pour que ce soit comme il se doit accessible à tous au Québec, vous seriez ouverte à l’idée de communauté intentionnelle plutôt qu’à l’autobus là où elle devient pécunièrement prohibitive ?
Pas surprenant. J’enseigne dans une université. J’ai donné à mes étudiants un examen difficile, mais qui, à mon sens, vérifiait effectivement les acquis des étudiants. Ces derniers ont été se plaindre à la direction de mon département en stipulant que l’examen était trop difficile. Résultat, le directeur de mon département me téléphone durant le congé des fêtes pour me dire qu’il s’attend à une moyenne « entre 70% et 78% ». Peu importe si j’avais une classe de cancres; je dois respecter la sacro-sainte moyenne… Nivellement par le bas…
Je me répète, comme le général de Gaule le faisait avant de l’être ou l’étant. En remplaçant dans l’affirmation de M. Facal le mot politique par pédagogie:
“politique et vérité entretiendront toujours, forcément, une relation compliquée.”
À l’impossible, nul n’est tenu. Les députés ne sont tenus qu’à leurs deux serments:
« Je, (nom du député), déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec ».
Le serment d’allégeance prescrit par la Loi constitutionnelle de 1867 est aussi exigé.
Je, ……………, déclare et affirme solennellement, sincèrement et véritablement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Elizabeth Deux.(2)
Ils peuvent mentir s’ils le font avec honnêteté et justice et en étant loyal au peuple du Québec. Remarquez le singulier. Le libellé est de 1999.
Dans son récent Code pour une éthique globale, concernant le mensonge, Rodrigue Tremblay propose comme cinquième commandement sur 10: ne domine pas les autres par le mensonge ou autrement.
À quel serment seraient liés les pédagogues: patriotique, humanitaire, corporatif ou syndical, aucune de ces options, toutes ?
Dans mon temps (et pourtant je ne suis pas si vieux), même ceux qui n’avaient pas de facilités pour apprendre le français ou les autres matières, pouvaient écrire sans faire de fautes épouvantables comme je peux en lire aujourd’hui: « jemme le plainair », « il fau kil est » et autres écritures au son du même genre. Je ne sais pas d’où provient cette manie de toujours réformer la pédagogie. À une autre époque pas si lointaine, l’enseignement était strict mais au moins il apportait la connaissance qui fait trop cruellement défaut aujourd’hui. Nous avions étudié les cartes du monde et nous savions où se situaient les principaux pays. Lorsque je constate aujourd’hui que les jeunes ne connaissent pas certaines notions élémentaires, je suis consterné. À Québec, un jour, à la radio, un animateur demandait aux jeunes dans un bar: quelle est la population du Canada ? Une jeune fille a répondu: « 35 000 habitants » et une autre: « sais pas moi, quoi, chais pas, peut-être 5 mille ». À ces moments-là, je me dis que notre système d’éducation qui nivelle par le bas a failli à sa tâche malgré une époque où tous devraient être informés de tout et de rien, surtout avec Internet qui permet de consulter sur n’importe quel sujet, partout et en tout temps. C’est navrant et désolant. Des notions élémentaires dans tous les domaines, ça permettrait aux jeunes de pouvoir entretenir une conversation pendant laquelle ils auraint l’air moins niaiseux et surtout moins inconscients. Oui, notre système d’éducation a failli à la tâche ! Qu’est-ce qu’on attend pour le remettre à l’endroit ? Avec la discipline qui s’impose, autant dans le secteur privé que public. Ce n’est pas le secteur public qui rend les enfants presque débiles, c’est notre tolérance à la médiocrité.
AlainQC, vous enelvez les mots de ma bouche. Dans nos écoles tout le monde réussi. Il n’y a plus d’échecs. Il n’y a plus de conséquences pour du travail mal fait. Le problème est que dans la vraie vie, au travail en particulier, il y a des conséquences pour le travail mal fait. Il y a des conséquences quand nous ne suivons pas les directives de nos patrons. Il y a des conséquences pour la médiocrité. Il y a des conséquences pour nos erreurs. Nous formons des gens qui n’ont pas acquis les outils pour gérer les problèmes réels de la vie. L’école devrait être un endroit ou les jeunes peuvent (doivent) apprendre à vivre avec l’échec et ses conséquences. Nos enfants rois arrivent sur le marché du travail et ils frappent un mur. En passant, nos syndicats (voir nos syndiqués dans le système d’éducation) ont la même philosophie. Ce n’est pas la compétence qui prime, c’est l’ancienneté et l’emploi garanti.
AlainQC :
Vous êtes vraiment sur de celle là ?
Parce que dans « votre temps », très peu de gens écrivaient tout simplement, mis à part des gens pour qui c’était une partie du métier.
Mon père n’a jamais vraiment eu à écrire des phrases complète de sa vie.
L’internet a simplement fait en sorte qu’une grande quantité de gens communiquent par écrit.
D’autre part, j’enseigne dans un Cégep depuis 2 session, et j’ai quand même corrigé une bonne quantité de travaux jusqu’à maintenant. Sans dire que ca me permet de jauger la qualité du français au Québec, une chose est sur, c’est que des « jemme le plainair » je n’ai jamais vu quelque chose qui était même le moindrement proche d’y ressembler.
Ce qu’on retrouve parfois sur les « chat » et sur l’internet (et souvent il s’agit de jeunes ados), il faut bien comprendre que les jeunes savent qu’il ne s’agit pas de bon français. Ils savent que dans un travail ou quelque chose de moindrement plus formel qu’il faudrait écrire « Que » et non « Ke » Ce n’est vraiment pas un problème avec le système d’éducation.
Je suis une jeune enseignante du primaire et je tiens à vous dire que nous, pauvres enseignants formés pendant 4 ans, ne sommes que de vulgaires pions. On n’a que très peu de marge de manœuvre dans nos classes. On se fait questionner sur nos pratiques par notre direction, les parents chialent qu’on aime pas leur enfant s’il revient avec de mauvaises notes à la maison. Ils chialent que leur enfant finira par détester l’école, lui qui ne reçoit pas toute l’attention de la pauvre enseignante qui en a déjà 20 autres (si elle est chanceuse) à gérer dont des enfants ayant des troubles de comportement, des troubles envahissants du développement, des retards importants d’apprentissage, et j’en passe! Il faut arrêter de remplir les classes régulières avec des enfants qu’on décourage à force d’essayer de leur faire comprendre ce qu’ils n’arrivent pas à comprendre pour diverses raisons. C’est difficile de s’asseoir et de rejeter la faute sur « le système ». Le système, c’est les commissions scolaires qui nous enlèvent sans se gêner des services à l’élève, c’est les directions d’école, c’est les parents…Chacun devra faire son bout et on devra, en effet, arrêter de penser que tout le monde peut réussir et que c’est pas correct de faire reprendre sa 1re année à un enfant qui ne sait même pas encore nommer toutes ses lettres d’alphabet à la fin de l’année…Parce que dans la vraie vie, tout le monde n’a pas les mêmes capacités et un échec demeure un échec.
@ Rémi Vachon
« ont ce comprend » lu ce soir sur un blogue. Non je ne blâme pas les enseignants mais plutôt le manque de rigueur d’une société entière qui verse dans la facilité et la médiocrité, et qui, pire encore, encourage la paresse intellectuelle. Vous savez Rémi, quand on ne sait pas faire la différence entre un verbe, un pronom, un nom ou un adjectif et qu’on n’arrive pas à structurer une phrase convenablement, il faut s’interroger la valeur que NOUS accordons nous-mêmes à l’importance que doit avoir l’acquisition de connaissances élémentaires pour former des personnes qui puissent être en mesure de bien communiquer pour se faire comprendre. Allez lire les blogues et vous m’en reparlerez.
« Une chose est sure » et non « une chose est sur » (comme vous écrivez), l’enseignement doit être valorisé de manière à ce que celui qui sait écrire ne soit pas perçu comme un « vieux frustré qui n’a pas su s’accomoder aux modes actuelles » de laisser-faire et de non-intervention qui pourraient fruster l’étudiant paresseux. Si tous ou presque arrivaient à écrire correctement il y a 40 ans (même ceux qui n’aimaient pas la matière), je ne vois pas pourquoi les étudiants d’aujourd’hui n’en seraient pas capables. Ils ont la même intelligence, il faut simplement la stimuler et arrêter de modifier les programmes sans arrêt en pensant que les méthodes anciennes étaient toutes arriérées et passées de mode.
Le profs n’ont jamais eu besoin des directions d’écoles pour tricher sur les notes de passage des élèves.
Plusieurs le faisaient d’eux-mêmes, ni vu ni connu, et le font encore.
En tant qu’enseignant au secondaire, selon moi, plusieurs éléments font que la « qualité » de nos élèves n’est plus ce qu’elle était:
1- Internet et le clavardage
Lorsque tu passes une partie de tes journées à voir et à écrire des « ché po » et « pk », il est difficile d’écrire convenablement en classe par la suite.
2- Le non-redoublement des élèves
Comment peut-on développer de bonnes habitudes de travail lorsque, peu importe ce que tu produis et les résultats que tu obtiens (médiocres ou non), tu parviens tout de même à poursuivre ton cheminement (c’est le cas de la 1re à la 2e année du secondaire)?
3- Certains parents
Je ne veux pas les mettre tous dans le même panier. De là, le « certains ».
Dès le secondaire, plusieurs parents croient, à tort, que leur enfant est maintenant assez responsable et autonome pour poursuivre sa route sans supervision et ils se désintéressent peu à peu de tout ce qui concerne l’école.
Je l’ai moi-même constaté alors que, au début de l’année scolaire, j’avais envoyé à la maison et fait signer par les parents une feuille contenant toutes les informations nécessaires sur mon cours: matériel requis en classe, devoirs, fréquence des examens, journées de récupération… Lors d’une rencontre informative avec ceux-ci, deux semaines plus tard, parmi les parents qui étaient présents (15 parents seulement alors que j’ai 50 élèves), 4 m’ont affirmé l’avoir signée sans la lire lorsque je leur ai signalé que leur enfant n’avait pas encore en sa possession tout ce qu’il devait avoir pour mon cours!
Ce désintérêt fut également constaté lors de soirée de remise des bulletins en novembre alors qu’à peine 40% des parents étaient présents (car, bien sûr, il n’y a rien d’intéressant à la télévision: ce qui ne fut pas le cas il y a quelques années alors que, ô malheur, cette soirée avait eu lieu en même temps qu’Occupation double).
4- Le silence de la population en général
Je suis toujours renversé de voir que 2500 personnes peuvent manifester contre le cours d’éthique et de culture religieuse alors que personne ne se révolte contre notre système d’éducation actuel qui est fort mal en point…
5- Le paraître
Afin de faire bonne figure dans les différents palmarès des écoles ou d’obtenir certains bonis de « performance », tous les moyens sont maintenant bons pour les commissions scolaires et les directeurs/directrices d’école afin de créer l’illusion que leurs élèves réussissent, qu’ils ont trouvé la formule magique pour créer des surdoués.
Bonjour,
Je suis enseignant au secondaire au public.
C’est très simple. Vous voulez que les parents enlèvent massivement leurs élèves et les placent au privée : Appliquez la réforme au public.
Les commanditaires de la réforme avaient pour seul but de fermer 50% des écoles publiques et de les rendre privées puis d’en profiter….
Comme dans le cas de la santé, on allonge la liste d’attente et les gens vons se diriger vers… le privée géré par les amis des ministres et des députés du PQ et du PLQ tous ensemble unis pour la privatisation et en profiter. Les partis sont des marrionnettes au service des patronats affamés des profits.
Subventionner les écoles privées est une telle aberration. Les pauvres financent eux aussi ces écoles que leurs enfants ne fréquenteront jamais, obligés de fréquenter l’école publique aux subventions diminuées à cause des écoles privées.
Il y a autant de raisons pour les profs de tricher dans un école privée qu’au public. C’est la même pression partout dans la société, l’obsession du « rendement », qui pousse inévitablement tout le monde à tricher.
La tricherie au QC, on devrait mettre un homme là-d’sus.
Que ceux qui n’ont jamais tricher me lance la première pierre.