Plaidoyer pour le bon sens
2 mars 2010 par Joseph Facal
Rien n’illustre mieux la sclérose intellectuelle et la paralysie politique du Québec que la question des droits de scolarité universitaires.
Si on veut régler une fois pour toutes le sous-financement de nos universités, qui doit faire cet effort supplémentaire ? Comme une formation universitaire est un investissement sur soi, cet effort doit logiquement être fait par ceux qui encaisseront le retour sur cet investissement pendant toute leur vie future : les étudiants.
C’est pourquoi les signataires du Pacte pour les universités, dont je suis, proposent de laisser les universités hausser les droits de scolarité selon la rentabilité de chaque filière, et de concentrer davantage d’aide financière sur les étudiants issus des milieux défavorisés.
Rétablir la santé financière des universités en fermant cette avenue ne laisse que trois autres possibilités : augmenter les impôts, couper ailleurs, ou s’endetter davantage. Il faut avoir le courage de ses opinions.
On nous reproche de faire porter tout l’effort aux seuls étudiants. C’est de l’humour involontaire. Même avec les hausses substantielles proposées, une écrasante majorité des revenus des universités continuerait à provenir des impôts et des dons privés.
Ces dernières années, l’endettement étudiant a légèrement augmenté, mais le temps pris pour rembourser la dette n’a pas allongé. Il y a donc de l’espace pour un effort supplémentaire qui, de toute façon, n’est rien en comparaison de l’hypothèque sur une maison.
Le pourcentage de Québécois qui détiennent un diplôme universitaire est inférieur à ceux de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Dans ces trois provinces, les droits de scolarité moyens sont respectivement de 5951 $, 4840 $ et 5520 $. Au Québec, c’est 2272 $. De plus, les jeunes issus des milieux défavorisés ne sont pas plus nombreux dans nos universités. L’objection de l’accessibilité n’a donc aucun fondement.
Si on ne veut pas que le milieu d’origine empêche un jeune doué de faire les études qu’il voudra, il faut l’aider de la bonne façon : en lui donnant des bourses, et non en fixant mur-à-mur des droits si absurdement bas qu’ils affament tout un réseau et compromettent la qualité.
On objecte aussi qu’en fixant des droits plus élevés en médecine qu’en lettres, on ferme les carrières les plus rentables aux enfants pauvres. Faux encore. Malgré nos droits très bas, les médecins proviennent déjà, dans une énorme proportion, des milieux aisés, parce que c’est là qu’on trouve, règle générale, les enfants qui ont les notes requises pour entrer dans ces programmes hyper-contingentés. Rien à voir avec les droits de scolarité.
Exiger les mêmes droits en médecine qu’en lettres, c’est faire subventionner encore plus lourdement une formation extraordinairement rentable, dont profiteront surtout des gens nés dans l’aisance, par des contribuables dont les enfants n’auront pas cette opportunité. Au Québec, quand ceux d’en bas financent ceux d’en haut, on appelle souvent ça être «progressiste».
Plusieurs leaders étudiants qui défendaient jadis le gel appuient maintenant la hausse. Connaissez-vous une seule personne qui a fait le cheminement inverse ? Quand on regarde un vieux problème avec des yeux neufs, on redécouvre une vérité élémentaire : la qualité a un prix. C’est bête comme ça.
18 réponses à “Plaidoyer pour le bon sens”
D’abord, je tiens à dire que je ne suis pas complètement contre le fait d’augmenter les frais de scolarité. Maintenant, deux choses me dérangent dans ce discours…
Premièrement, j’aimerais savoir pourquoi losrqu’il s’agit du salaire des médecins, aucune comparaison avec le ROC n’est possible compte tenu de la différence du coût de la vie, alors que lorsque qu’on parle de frais de scolarité, la comparaison est utilisé sans retenue.
Finalement, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est bien facile de prôner une hausse des frais de scolarité lorsqu’on a finit ses études, et ce à peu de frais…
Bien d’accord avec vous. Ma fille paie sensiblement les mêmes frais de scolarités que j’ai payé il y a trente cinq ans….. et j’ai fait mes études hors Québec. C’est malheureux de voir comment notre société pense et agit sur le court terme. Une éducation de qualité et un système universitaire de haut niveau sont des pré-requis pour notre dévéloppement à long terme et pour la survie de notre peuple. C’est ironique de voir le PQ combattre, avec acharnement, l’augmentation des frais et l’amélioration du savoir. Pourtant, le PQ se présente comme progressiste.
Aujourd’hui en page A 21 de la Presse Mme Maryse Blanchette considère essentiellement que son ménage avec un revenu de 100 000 $ par an n’est pas en mesure de supporter d’avantage de prélèvements fiscaux. Je crois qu’il sera utile que tu lui répondes. Si les ménages ayant un revenu de 100 000 $ ne sont pas en mesure d’augmenter leurs contributions, il est évident que nous n’allons pas être en mesure de maintenir nos acquis sociaux. Les personnes ayant un revenus plus importants et les entreprises ne pouvant absorber l’ensemble des frais.
J’ai des charges et un revenu comparable et il est certain que l’on peu vivre confortablement dans ces conditions.
Je ne suis pas contre une augmentation des droits de scolarité. Par contre, je m’interroge sur l’une des mesures préconisée par les signataires du pacte, soit la déréglementation des droits. Je ne suis pas convaincu que de laisser aux forces du marché et à ses acteurs, les universités, le soin de fixer les droits soit une solution profitable pour les étudiants et toutes les universités. D’abord, est-ce que l’université de région peut vraiment concurrencer l’université de recherche comme l’Université de Montréal ? Peut-elle réellement fixer des droits aussi élever que cette dernière ?Ne serait ce pas plutôt un moyen pour pallier au sous-financement de quelques universités de recherche d’envergure internationale qui sont par le fait même les seules en situation déficitaire? Et puis l’étudiant, comment s’y prend t-il pour choisir l’université qui correspondant à ses préférences personnelles. Comment savoir que l’enseignement dans une champ disciplinaire Y de l’université X est meilleur que dans l’université Z. Outre les différentes politiques de prestige préconisées par certaines d’entre-elles à l’aide des différents classements nationaux et internationaux, comment l’étudiant s’informe t-il de la qualité d’une université ? Bref, je ne suis pas persuader que pour élever les droits de scolarité nous devons les déréglementer et réduire le rôle de l’État comme agent régulateur du système.
Monsieur Facal, vous avez tout faux et vous errez dans votre logique. Je ne suis pas contre la hausse des tarifs en général, mais cibler les droits de scolarité est le pire endroit où mettre en valeur vos principes.
Vous appliquez un mécanisme fiscalement régressif à une activité que l’on veut favoriser en société, c’est à dire s’éduquer. Parallèlement, vous proposez de vous servir du même mécanisme pour DISSUADER un comportement, comme dans le cas de la hausse des tarifs d’électricité ou d’un ticket modérateur en santé.
Il faut voir l’université davantage comme un système de répartition des talents. Si on veut avoir plus d’ingénieurs, de médecins, de scientifiques, d’hommes d’affaires et autres professions « profitables », ne faudrait-il pas subventionner leurs études plutôt que de discriminer par coûts des disciplines? Nous avons déjà assez de problèmes à garnir les rangs des écoles scientifiques, pourquoi faire payer plus cher pour ces choix!
Quant à faire payer ceux qui feront plus d’argent plus tard par souci d’équité, il existe déjà un mécanisme pour ça et on est déjà des experts au Québec. Ce mécanisme s’appelle IMPÔT PROGRESSIF. Mais apparemment c’est impossible de le mentionner parmi les gens « lucides ».
S’engager dans un parcours universitaire est déjà difficile sans avoir à s’engager dans une spirale d’endettement. Même si les études universitaires promettent un salaire plus élevé en moyenne à ceux qui en entreprennent, c’est loin d’être une garantie. C’est davantage le pari d’un jeune sur ses compétences, sur les perspectives d’emploi, sur sa santé future et surtout sur la justesse de ces choix. Plus ce pari est onéreux, moins souvent il sera pris. Fréquenter l’université comporte d’ores et déjà de lourds coûts d’opportunité : passer outre plusieurs années de travail et l’expérience qu’on y accumule. Plus on retarde ses études, plus il devient difficile de combler le retard. Sachant qu’un diplômé universitaire gagnera jusqu’à deux fois plus qu’un non-diplômé au cours de sa carrière en plus de payer beaucoup plus d’impôts, sacrifier ne serait-ce qu’un futur étudiant pour quelques milliers de dollars est un pari insensé de la part du gouvernement.
Mais vraiment, il faudra bien payer, non? Oui, évidemment et les diplômés universitaires seront probablement les premiers à le faire, avec leurs impôts et les divers tarifs qu’on leur imposera. La santé des institutions d’enseignement postsecondaires est primordiale est essentielle à la vigueur de notre économie. Faisons en sorte que la société en ait pour son argent. Pourquoi ne pas évaluer systématiquement tous les programmes universitaires, imposer des tests standardisés à la fin des programmes, suivre le cheminement des diplômés, en publier les résultats et fermer les départements ne remplissant pas leur mission? Je ne connais personne qui investirait des années de sa vie pour se donner une formation menant au chômage. Mais peut-être est-ce demander trop de transparence de messieurs les ex-recteurs? Pourquoi ne pas faire payer l’entièreté de leur éducation à ceux qui quittent le Québec après leurs études? Pourquoi ne par ramener l’idée d’une taxe à l’échec? Pourquoi ne pas revoir la structure de coûts des universités et se demander comment des institutions qui crient aujourd’hui famine ont érigé une vingtaine de tours de verre dans le ciel de Montréal depuis dix ans? Je crois que les Québécois seraient davantage disposés à financer des institutions transparentes que les universités dont nous disposons aujourd’hui.
De toute la palette de choix budgétaires possibles, celui de faire payer les étudiants est l’un des pires puisqu’il s’agit ici de taxer un investissement en l’avenir. Je vous enjoins, M. Facal, à ne pas écouter ceux qui veulent vampiriser notre richesse de demain pour des gains bien trop modestes. Si vous vouliez vous attaquer à une « vache sacrée », vous avez bien mal choisi votre cible.
Bonjour M. Facal,
Je suis étudiant à la Maitrise (M.Sc) et je suis très d’accord sur le dégel des frais de scolarité. Apart Mcgill, je trouve ça bien triste de voir les Universités Québécoises tirer de la patte sur l’embauche de bon professeur. Nos départements de recherches vont en souffrir dans le future et c’est déjà commencé.
Aussi, moi je suis un des étudiants chanceux qui a reçu beaucoup de bourses d’études (pas parce que je suis dans la misère), et d’ici un an quand je graduerai, je trouve pas ça normal que vais avoir réussit accumulé pas loin de $40,000 ($25,000 environs si on inclus mon cout de vie, et le cout des études). On est prêt à prendre un hausse des frais scolaires.
Bon sang. Je vous aime bien. Mais comment communiquer tout ce que vos propos m’inspirent ? J’ai toujours admiré votre intelligence. Quand je militais au CNJ, je vous trouvais déjà d’une redoutable éloquence. Mais mon principal reproche à votre égard, c’est que vous n’avez pas utilisé suffisamment votre fabuleuse capacité de raisonnement pour aider les autres à réfléchir. Vous ne l’avez utilisé que pour affirmer vos vues. Il manque cruellement de cerveaux dans le mouvement souverainiste. Ne vous méprenez pas sur le sens de mes propos. Il y a une foule de souverainistes brillants. Mais ils ne réfléchissent plus. Et je crois que cette faiblesse nous est fatale. Tenez moi par exemple. Je suis politisé, passionné par l’avenir du Québec, et cela depuis 1976. J’avais 8 ans. Aujourd’hui j’en ai 41, et je suis entrepreneur. Mais je ne peux même pas réfléchir avec qui que ce soit sur l’avenir du Québec. J’en suis réduit à écrire sur votre blogue, et ça va me donner quoi sinon un sentiment diffus d’avoir inscrit une opinion quelque part ? Car à part ces espaces de commentaires dans les blogues, y’a-t-il vraiment des lieux de réflexion significatifs pour les souverainistes ? Non. Pourtant, je crois que les souverainistes arrivent à vraiment convaincre quand ils ont réfléchi, qu’ils ont trouvé la juste mesure de ce que notre peuple a besoin. Or, être souverainiste en 2010, c’est définitivement une maladie honteuse. On ne peut plus en parler avec quiconque. On est tous assez seuls dans son coin, à se résigner et à abandonner la partie. Ce qui me fait revenir à mon reproche envers vous. Que faites-vous pour encourager le dialogue et la réflexion ? Vous êtes trop campé, comme tous les autres. C’est tout ce qu’il y a au Québec depuis trop longtemps. Plein de gens avec des certitudes, et personne avec des points d’interrogation. Pourquoi tenez-vous tant à vous associer à cette mouvance de droite? Ça me dépasse complètement. Je comprends vos convictions sur certaines positions considérées à droite, mais en vérité, je ne comprends absolument pas comment vous pouvez espérer faire avancer le Québec en vous cantonnant dans cette polarisation stérile entre gauche et droite. Cela vous rend moins pertinent que vous ne le seriez avec un esprit moins dogmatique. Prenons les frais de scolarité. Moi, augmenter les frais de scolarité, je ne suis pas absolument contre. Mais je suis contre tant et aussi longtemps que 1) les bonus douteux des recteurs ne soient pas éliminés et qu’on ne s’assure pas de la probité dans la gestion des Universités. 2) que les hausses de tarifs proposées, dont les frais de scolarité, ne soient pas inscrits dans un plan à long terme qui débouche sur un véritable projet pour le Québec. (Et réduire la dette, je m’excuse, c’est pas un projet suffisant.) 3) Je voudrais que l’on s’engage à toujours maintenir, au bout du compte, des frais de scolarité substantiellement plus bas que ceux des autres provinces. D’au moins 15% par exemple. J’y tiens, et j’y tiendrai toujours. Quoique vous disiez, pour moi comme des centaines de milliers d’autres, l’éducation peu coûteuse n’a pas eu que des défauts. Vos statistiques me laissent de glace. Pour moi, un seul cas est suffisant. Un seul cas d’élève plus pauvre qui fait son droit ou sa médecine grâce à des frais moins élevés me suffit. Et je ne renoncerai pas à ça. Pourquoi donc n’y aurait-il pas moyen de modérer votre position, de la rendre moins rigide ? Je ne comprends rien de rien à cette obstination que vous avez, avec vos amis de droite, à proposer d’augmenter tout sans projet à proposer, sans vision, sans modération et sans nuances. Tout ce que vous dites, c’est juste le reflet opposé des gauchistes. Je cherche le bien fondé et la pertinence dans votre démarche. Il vous suffirait pourtant de proposer une vision moins unidimensionnelle, et la grande majorité des québécois abonderait dans ce sens. Mais présentement, toute la démarche est suspecte. Ça ne sert qu’à polariser davantage. Et surtout, pendant que vous signez des manifestes avec des fédéralistes ou des gens identifiés à la droite, que faites-vous pour stimuler le dialogue et la réflexion dans le mouvement souverainiste ? Pourtant, on aurait tellement besoin de vous.
Cher Martin,
Cette «polarisation» gauche-droite est au moins autant une fabrication médiatique qu’une réalité objective. Sur les questions économiques, par exemple, mes positions sont très similaires à celles de gens comme François Legault ou Pierre Fortin. Sont-ils des gens de «droite» ? Je ne crois pas…à moins qu’on ne range dans la méchante droite néolibérale tous ceux qui ne pensent pas comme Québec solidaire ou le SPQ libre.
Vous noterez aussi, cher Martin, que des positions qui passent pour être de droite au Québec ont été adoptées par des gouvernements de centre-gauche partout en Europe. Évidemment, pour s’apercevoir de cela, il faudrait que le débat québécois soit un peu moins nombriliste.
Ce que je fais pour la souveraineté ? Je viens d’écrire un livre qui traite en partie de cela. Auparavant, j’en ai aussi débattu avec André Pratte dans un autre livre…et j’en parle fréquemment dans les pages du journal où je tiens une chronique. Autrement dit, je confronte les fédéralistes et m’adresse aux indécis…au lieu de faire comme 99% des souverainistes…qui se réunissent entre eux, se parlent entre eux, se lisent entre eux, se tapent dans le dos entre eux. Ça convainc qui ça ?
Salutations.
En passant, et ceci s’adresse à tous, avant de grimper aux rideaux sur les droits de scolarité, allez donc lire le texte intégral de la proposition qui se nomme «Pacte pour un financement concurrentiel de nos universités».
On lira également avec profit la section du rapport Montmarquette sur la tarification qui en traite, de même que les études produites par Robert Lacroix dans le cadre des travaux du Cirano. Vous y trouverez chiffres, références aux études existantes, etc. Ça évitera d’enfoncer des portes ouvertes.
»Autrement dit, je confronte les fédéralistes et m’adresse aux indécis…au lieu de faire comme 99% des souverainistes…qui se réunissent entre eux, se parlent entre eux, se lisent entre eux, se tapent dans le dos entre eux. Ça convainc qui ça ? » J.Facal
Bingo M. Facal, bien que je sois souvent en désaccord avec vous, j’admire votre argumentaire et surtout le fait que vous ne jouez jamais la carte de l’oppression comme le font la majorité des souverainistes, surtout les plus vieux qui ont connu la maudite grosse Anglaise qui travaillait chez Eaton. Bon sang, ça fait déjà plus de 25 ans que ce magasin a fermé !
Votre plaidoyer pour les frais de scolarité est plein de bon sens et provoque des critiques incohérentes, gauchisantes et décourageantes.
C’est la Nouvelle Écosse qui a les frais de scolarité les plus élevés au Canada et coincidence, c’est aussi la NE qui a le plus haut taux de fréquentation universitaire.
Avez-vous entendu la critique J. Legault tenter de démolir votre collègue P. Fortin à la radio ? Sa grosse question : qui dans la classe moyenne/ouvrière pourra se payer les 20 ou 25 000 $ que ça coûte ? Comme si passer de 2 000 $ pa à 25 000 $ pa se ferait en deux ans ? De la pure sophisterie.
Je correspond à l’occasion avec un québécois qui habite la Suède depuis quelques années. Dernièrement il m’a envoyer ce commentaire qui est pertinent à cette chronique sur les frais de scolarité:
…………………………………
(…)
« Saviez-vous que la plupart des écoles sont privées en Suède? Ça n’empêche pas que la scolarité est gratuite.
Cet exemple m’amène à dire que la Suède est très à droite point de vue libre marché, ce qui encourage l’innovation et le développement économique, mais à gauche en ce qui concerne l’éducation, la santé, les services à la petite enfance et bien entendu l’aide sociale.
Le problème au Québec est que ni à gauche ni à droite on est capable d’expliquer cela à la population. À gauche on dit non au privé et à droite on donne l’impression que l’on veut privatiser tout et laisser la population à elle-même.
La recette du succès réside dans les PPP, mais il est important dire PPP consensus. Les PPP du Québec, jusqu’à maintenant, n’ont fait qu’enrichir le privé et appauvrir l’État, donc les contribuables.
Enfin, un jour peut-être, la gauche et la droite au Québec pourront se parler et se rendre compte qu’il est possible d’avoir une approche droitiste pour l’économie et à gauche pour ce qu’il y a de plus importants, les contribuables.
En Suède, avec un ticket modérateur à l’hôpital, des écoles privées, un système de pension moderne et un accès à l’université gratuit, c’est pour moi la recette du succès.
La Suède, un pragmatisme et réalisme en faveur et pour le bien-être du peuple. Et le peuple, jamais il n’accepterait la corruption comme ça se fait au Québec.
En passant, voici une petite info intéressante concernant les « CPE » en Suède. Pour un salaire familial de 6000$ par mois (classe moyenne), le CPE est à 10$ pour les enfants de 0-3 ans et par jour environ. Pour les enfants de 4-5 ans c’est environ 6 dollars par jour. Pour le deuxième et troisième enfant c’est moins cher. http://www.goteborg.se/wps/portal/!ut/p/c1/04_SB8K8xLLM9MSSzPy8xBz9CP0os3gjU-9AJyMvYwMDSycXA6MQFxNDPwtTI38PU6B8pFm8n79RqJuJp6GhhZmroYGRmYeJk0-Yp4G7izEB3X4e-bmp-gW5EeUAAG38Yw!!/dl2/d1/L2dJQSEvUUt3QS9ZQnB3LzZfMjVLUUIySjMwMEFJRjBJTzdPUEgxRzFRMjQ!/
Une famille qui a un revenu de moins de 6000$ par mois paie 3% de son salaire pour le « CPE » par mois.
Donc, le Québec pourrait augmenter les frais de CPE pour les familles à haut revenu (on s’entend que 6000$ par mois ça commence à être pas pire!)
Bref, vous voyez le pragmatisme Suédois dont je parle…
……………………….
La gratuité scolaire en Suède est rendue possible par une très haute taxe à la consommation. Cette approche est impossible au Québec dans un environnement nord américain, nous ne pourrions avoir un écart de 6 à 8 point de taxes à la consommation. Le débat reste ouvert.
Il se peut que je ne comprenne pas bien mais j’ai le sentiment que nous vivons dans un univers où les nuages sont solides.
ce qui nous permet d’y poser les pieds et d’avoir l’impression d’être sur le plancher des vaches.
Ma fille a complété son bac et sa maîtrise en biologie. Elle a payé à peu de choses près les mêmes frais de scolarité que moi il y a quarante ans.
Mais elle a une dette de près de vingt mille dollars, qu’elle rembourse avec régularité. Par ailleurs, elle occupe un emploi d’occasionnelle au MRNF où elle est très apprécieée. Mais elle s’attend néanmoins à ce que le prochain budget ne lui permette pas de poursuivre sa carrière dans ce ilieu. Il n’y a pas d’embauche au ministère n’est-on pas au seuil d’une révolution culturelle ?
Ce qui s’offre à elle ce sont des emplois de professionnel dans le privé. Plus ou moins temporaire, au diable vauvert, avec une perte salariale significative, les employeurs aiment bien engager des professionnels et les payer comme techniciens…
Si ses frais de scolarité avaient atteints la hauteur réclamée par les lucides, disons entre 10 et 15 mille par année, essayez d’imaginer dans quelle situation financière elle serait présentement. Quelle serait la hauteur de sa dette ? Abyssale probablement. Ce qui ne fait pas le moindrement vibrer les lucides.
Mais surtout, quelles seraient ses perspectives d’avenir ? C’est bien connu qu’au Québec comme partout en amérique du nord, le droit de travailler est acquis. Ce qui ne l’est pas, c’est le droit au travail. Ce que les législateurs incluant ceux des gouvernements péquistes se sont toujours soigneusement gardés de proclamer.
Personnellement je n’ai pas d’objections à ce que les frais de scolarité soient haussés. Ainsi on pourra avoir des génies encore plus géniaux comme professeurs dans nos universités. Les recteurs pourront faire des rêves encore plus fabuleux et on pourra même leur payer des chauffeurs et des gardes du corps.
Mais en contrepartie, quand on aura formé nos enfants, on pourra leur assurer qu’ils ont les moyens de rembourser leurs dettes d’études. Pour ça, il faudra qu’on leur assure l’accès à l’emploi.
je gagerais ma plus belle chemise qu’on finira par augmenter les droits de scolarité. Et je met aussi ma chemise à carreau sur la table que jamais on ne consacrera le droit au travail pour les diplômés sur endettés, qui continueront de commencer leur vie d’adulte dans la précarité et le beurre de pinottes.
À moins qu’ils deviennent prof d’université.
@ Gilles.
Si vous avez été, ou êtes encore fonctionnaire, vous devriez savoir que la fonction publique du Québec est constituée d’innombrables techniciens détenteurs de diplômes universitaires. Qui sont payés en techniciens.
Le marché du travail est un marché…qui ne pourrait pas fonctionné efficacement avec un droit au travail. Rappelez vous l’humour des travailleurs russes dans l’U.R.S.S. : on fait semblant de travailler, ils font semblant de nous payer.
La révolution tranquille est définitivement terminée.
Bonjour,
Merci M.Pomerleau pour cet excellent commentaire qui permet d’ouvrir la discussion et en même temps « les oeillères » de certains fédéralistes, comme M.Beauchesne, qui au lieu d’apporter des « idées », aime mieux nous dire des inanités comme : … « vous ne jouez jamais la carte de l’oppression comme le font la majorité des souverainistes, surtout les plus vieux qui ont connu la maudite grosse Anglaise qui travaillait chez Eaton. » Il fallait bien encore une fois, qu’il fasse des projections…
Je dirai quelques mots sur « le bons sens » ou « Le beau risque » mais sans être méprisant comme le fut, la semaine dernière à RDI, M.Montmarquette envers l’économiste Bernard Élie.
À plus…
Bonne journée,
Je comprends votre point de vue Victor H. Mais avouons que le gaspillage de compétences pèse aussi sur le développement du Québec.
Je ne suis plus fonctionnaire Victor mais je l’ai été. Bien classé heureusement. Et oui, j’ai connu des professionnels dans des emplois de techniciens.
Une saine gestion ça consiste aussi à utiliser les ressources selon leurs compétences question d’efficience et d’efficacité. C’est même un devoir. Qui s’en soucie dans un système ou la notion de responsabilité est une vue de l’esprit?
J’ai lu en plongée le gras du Pacte. Je trouve qu’il se conclut par deux questions intéressantes formulées sous forme d’impératifs. En attendant de relire, connaissant notre situation démographique, je me demande comment qualifier notre avenir universitaire.
Wikipedia nous enseigne que’une récession économique est une diminution plus ou moins prolongée de l’activité économique. La notion est à distinguer :
- du ralentissement économique, où la croissance du PIB diminue mais reste positive (l’économie continue de croître, mais plus lentement);
- de la dépression économique, pour laquelle la diminution du PIB est importante et prolongée. La transition d’un état « normal » à une situation de récession se fait par une crise économique.
Nous dirigeons-nous vers une récession universitaire, vers une diminution plus ou moins prolongée de l’activité universitaire. La notion est à distinguer :
- du ralentissement universitaire, où la croissance du nombre d’étudiants diminue mais reste positive (le nombre d’étudiants continue de croître, mais plus lentement);
- de la dépression universitaire, pour laquelle la diminution du nombre d’étudiants est importante et prolongée. La transition d’un état « normal » à une situation de récession se fait par une crise universitaire.
Nous dirigeons nous vers une crise universitaire découlant de notre insouciance depuis 1970 de notre régénération ?
Le gras ci-dessus était involontaire.
Le Pacte… Ce club d’émérites ou d’exs, à quelques exceptions près, oublient tellement ils sont concentrés à mettre en priorité l’héritage qu’ils veulent laisser, un phénomène marquant quand il lance son appel à la raison. Que ses membres ne le prennent pas personnel mais solidairement et gentiment d’un inaccompli.
Si j’en avais été, j’aurais eu une pensée pour ce phénomène marquant qu’est notre sous-régénération depuis 1970:
décennies
naissances
– au Québec
– à Québec
1899 – 1908 ** 0 645 497 ** 27 500
1909 – 1918 ** 0 816 156 ** 35 550
1919 – 1928 ** 0 851 849 ** 43 500
1929 – 1938 ** 0 788 511 ** 40 560
1939 – 1948 ** 0 914 934 ** 58 940
1949 – 1958 ** 1 319 402 ** 83 200
1959 – 1968 ** 1 275 394 ** 75 874
1969 – 1978 ** 0 946 479 ** 60 683
1979 – 1988 ** 0 899 072 ** 56 105
1989 – 1998 ** 0 893 882 ** 54 466
1999 – 2008 ** 0 750 000 ** 44 563
En prêtant attention à la colonne des naissances au Québec, un brave peut avancer que l’intelligence brute dans notre population évolue au rythme de l’augmentation des frais de scolarité universitaires au Québec depuis 1989.
En clair, le talent exceptionnel à l’admission est pratiquement deux fois moindre que dans les années 49-68, multiplié par l’augmentation de la capacité d’admission, divisé par l’augmentation d’un indice d’encadrement familial en milieu aisé approprié où l’on trouve, comme vous écrivez: « règle générale, les enfants qui ont les notes requises pour entrer dans les programmes hyper-contingentés ». Au total, j’appréhende une récession.
Alors, ma priorité est la régénération de « quelque chose comme un grand peuple » et pour y arriver, d’accord pour une augmentation des frais de scolarité. Il ne faut pas se le cacher, la scolarisation, celle des filles surtout, est mauvaise pour la régénération, sauf en Israël ou la concurrence des palestiniens est stimulante.
Au 1 juillet 2008, il y avait 1 019 572 Québécois âgés entre 30 et 39 ans. Entre 20 et 29, où je situerais la majorité de la clientèle universitaire, il y en a presqu’autant, 1 017 254. Entre 10 et 19 cependant, le bassin d’où proviendront les étudiants universitaires dans les dix prochaines années, on retrouve moins de monde, 949 380; une baisse de près de 7%. Entre 0 et 9, les étudiants de la décennie suivante, ils seront 785 408; la baisse par rapport à maintenant atteint 23 %. À moyen terme, nous manquerons d’étudiants.
Le bon sens ne serait-il pas de recycler progressivement une substantielle partie des ressources matérielles et humaines de l’université à la régénération de notre population ? À qui revient-il de financer cette régénération selon une formule innovante, performante et humaine ?