Perdus dans l’espace
21 juin 2007 par Joseph Facal
Je n’avais pas eu de nouvelles de mes amis de Québec solidaire depuis longtemps. En fin de semaine, ils ont fait leur bilan des dernières élections. Ça tombe bien, je commençais à manquer de matériel comique.
Vous vous rappelez cette délicieuse série de science-fiction qui a bercé notre enfance et qui s’appelait Perdus dans l’espace ? Avec l’infâme Zachary Smith et le robot qui, les baguettes en l’air, hurlait «Danger, danger!»? On y racontait les tribulations d’une petite famille égarée sur une planète inhospitalière.
J’y ai repensé en lisant les comptes rendus du conseil général de Québec solidaire.
Le chef à deux têtes avait l’air en forme.
Amir Khadir n’a pas semblé trouver trop accaparant son mandat à la tête de la commission d’enquête spéciale de l’ONU chargée de faire toute la lumière sur le complot néolibéral, impérialiste et sioniste derrière les attentats du 11 septembre 2001. J’attends impatiemment qu’il nous apprenne ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
Malgré un score (3,6 %) qui se confond avec la marge d’erreur des sondages, la direction bicéphale s’est dite satisfaite des résultats électoraux. C’est parce que les Québécois, dit-elle, ne connaissent pas encore les idées de Québec solidaire. Traduction: quand ils les connaîtront, ils les achèteront.
C’est souvent comme ça quand la majorité ne pense pas comme vous. C’est parce qu’elle ne sait pas ou qu’elle ne comprend pas.
Mais il ne faut pas désespérer: un jour, elle verra la lumière. Quand le grand complot médiatico-financier ourdi par des forces occultes aura été démasqué, et que le bon peuple ne sera plus intoxiqué par des idées perverses comme l’effort et le mérite.
Soyons bon prince: il y eut un signe encourageant en fin de semaine. Dans un moment de lucidité qui n’a pas dû plaire à tous, un militant a osé qualifier de «bouillie pour les chats» la position de Québec solidaire sur la souveraineté.
Québec solidaire, voyez-vous, se dit souverainiste comme la plupart des gens se disent environnementalistes. Mais comme le parti n’est pas trop sûr de son affaire, il mettrait sur pied une assemblée populaire de citoyens qui pourrait éventuellement le convaincre de croire à autre chose. Je sens que ça vous inspire.
C’est si simple
Pour le reste, rien de bien nouveau: sur ces dangers mortels que seraient le privé en santé et le dégel des frais de scolarité, Québec solidaire est aussi prévisible que Benoît XVI sur l’homosexualité et la contraception.
Je revois d’ici le robot en tôle cheap de mon enfance, avec sa lumière rouge qui clignotait sur la tête, qui gueulait, affolé: «Danger, danger!»
Évidemment, toujours rien sur le développement économique, concept dénué de sens sur leur planète. Mais je suis sans doute endoctriné par l’idéologie néolibérale.
Si vous avez le mauvais goût de vous demander ce que Québec solidaire propose à la place pour financer nos hôpitaux et nos écoles, c’est que vous n’avez pas encore ouvert votre coeur et votre esprit à la divine parole : Québec solidaire taxera davantage tout ce qui bouge encore au Québec.
C’est ce qui est merveilleux quand vous n’aspirez pas à gouverner: vous êtes libre de dire absolument n’importe quoi. Seule compte la pureté de vos intentions.
Je cherche encore à comprendre comment le Parti québécois a pu sérieusement penser que le danger pour lui pourrait venir de là plus que de l’ADQ. Remarquez que le vrai danger pour le PQ vient habituellement du PQ.
Au Québec, depuis un demi-siècle, on ne compte plus les tentatives ratées pour faire décoller une formation d’extrême gauche. Décidément, les masses opprimées mettent du temps à se libérer de leurs chaînes.
44 réponses à “Perdus dans l’espace”

Wow! Vous êtes en feu M. Facal! Bang! À boulet rouge sur QS!
Mais plus sérieusement, je suis moi-même indépendantiste, mais ne pensez-vous pas que parfois le PQ avec la souveraineté a la même attitude que QS avec sa vision de gauche?
Qu’un jouuuuur, les Québécois verront et comprendront?
Moi il y a juste une chose que je ne comprend pas… S’ils sont si insignifiant que ça, pourquoi perdre votre temps à en parler? Ignorez-les, c’est tout !
Parce qu’à suivre vos (relativement) nombreuses interventions à ce sujet, on serait presque porté à croire qu’il s’agit là d’une de vos bêtes noires.
M. Facal,
Puisque ça fait plusieurs fois que je fais le commentaire (que vous semblez adopter le principe que si la majorité pense quelque chose, ce quelque chose est nécessairement vrai), je vous conseille fortement d’aller voir la chronique de Josée Legault dans le Voir, qui aborde précisément ce sujet, qu’elle appelle « Le discours de l’écoute ». Ce serait vraiment bien si vous pouviez lui répondre dans un de vos posts quotidiens sur ce blogue.
La référence:
http://voir.ca/actualite/voixpublique.aspx?iIDArticle=52095
QS a pris passablement de place dans l’espace mediatique au cours de la derniere annee. L’attention mediatique a laquelle QS a eu droit est disproportionnee par rapport a sa contribution intellectuelle a la politique quebecoise. Le message de QS est dogmatique et franchement deconnecte de la realite. Ils ont demontre encore et encore leur incomprehension generalise des plus elementaires concepts d’economie et de politique. Un tel discours a 16 ans, ca va, mais a 50 ans…
Depuis sa fondation, QS a simplement rempli le vide mediatique qui sevit en politique quebecoise depuis deja quelques annees. Ce vide est le resultat direct d’un manque de leadership et de vision de la part de la classe politique, entre autres. En fait, QS a comble ce vide par des idees surreelles et utopiques qui n’apportent rien de concret aux problemes politiques actuels. Ce n’est pas avec un discours de victime et la negation des defis qui se dressent devant nous qu’on mobilisera les Quebecois(es). Dans la vie, c’est bien de se dire des mots doux et de se dire toute la journee qu’on s’aime, mais il faut aussi savoir monter au front quand c’est le temps. La, c’est le temps!
J’attendais patiemment les chiffres de M. Facal sur ses propositions envers notre système de santé et voilà qu’il semble bien qu’on aura droit qu’à ce petit 3,6% sorti des statistiques sur l’obscure Québec Solidaire qui, nous apprend t’il, aurait élevé l’alerte de sécurité sociale au niveau « rouge ». Danger, danger.
Ils se prennent pour des néocons ces solidaires.
Ça fait qu’on entre dans la guerre des alarmes;
« Danger danger! Les urgences sont au bout du rouleau! »
et
« Danger danger! Les assurances privées sont dans les corridors! »
Et on viens nous offrir de la « protection » ainsi qu’une réduction du niveau d’alerte en échange d’une petite « contribution », non chiffrée biensûr.
Vous avez entendu la dernière?
Il parraît que les Talibans préparent un débarquement au Canada.
Si si.
Danger! Danger!
@Belanger
> ne pensez-vous pas que parfois le PQ avec
> la souveraineté a la même attitude que QS
> avec sa vision de gauche?
> Qu’un jouuuuur, les Québécois verront et
> comprendront?
C’est différent. Une bonne partie des Québécois ont déjà vu et compris depuis longtemps. On est loin des 3,6%.
Désolé, mon précédent commentaire s’adressait plutôt à Simon Robert.
Des propos de sens que sont les vôtres, M. Facal.
Du grand Facal !
Naviguant dans le cyberespace (googlant «Perdus dans l’espace»)
…Uss Indépendance reçoit un signal inconnu …
«Sur écran Uhura!»
«C’est Josée Legault… elle a écrit un article également intitulé «Perdus dans l’espace»…elle se prépare à faire feu… Capitaine Matolck!»
«Transmettez à Station Lys 5…sur-le-champs!!!»
«Tout de suite commandant!»
La référence:
Perdus dans l’espace
Voir
jeudi 5 avril 2007
http://www.vigile.net/article5862.html
Postes disponibles, contacter
Star Trek Québec
http://www.trekquebec.com/
[...] écrit et imagé. Un billet agréable à [...]
C’est toujours bon d’avoir des tiers partis un peu extremiste pour soumettre des idées nouvelles. Evidemment si QS se retrouvait au pouvoir ca nous donnerait un déficit d’au moins 6 milliards par an. Ils ont quand meme quelques bons points comme la nationalisation de l’énergie éolienne, pourquoi permettre que ce soit exploité par des compagnies étrangeres quand on peut garder les profits pour l’Etat. En passant que pensez-vous de l’idée de Léo-Paul Lauzon d’acheter une raffinerie et un réseau de station-service. Au moins on va garder une partie des pétro dollars pour le gouvernement et meme discipliner les autres pétrolieres. Je suis certain qu’on peut passer un « deal » d’approvisionnement avec Hugo Chavez.
« En passant que pensez-vous de l’idée de Léo-Paul Lauzon d’acheter une raffinerie et un réseau de station-service. Au moins on va garder une partie des pétro dollars pour le gouvernement et meme discipliner les autres pétrolieres. Je suis certain qu’on peut passer un “deal” d’approvisionnement avec Hugo Chavez. »(Vindictater)
Maudite bonne idée, ça.
Le seul problème est que pour faire ça, il nous manque une ressource essentielle.
Des couilles.
Si ce dont vous parlez est bel et bien l’idée de nationaliser l’industrie pétrolière canadienne, c’est une idée à rejeter.
La moitié du prix à la pompe est fixée par le coût du pétrole brut. Le prix du pétrole brut, lui, est fixé par le marché international.
Or, il faut comprendre qu’AUCUN PAYS, y compris les producteurs de pétrole et l’OPEP au grand complet, ne contrôle réellement le prix du brut.
Dans ce qui reste du prix à la pompe, le tiers est constitué de taxes fixées par les gouvernements. Alors il reste un petit 15% résultant de la marge sur le raffinage et la vente à la pompe.
À quoi servirait la nationalisation, sinon à faire baisser le prix à la pompe? C’était un peu le but de Pétro-Canada. Or, le prix à la pompe ne pourrait logiquement être baissé par un éventuel cartel d’État À LA SEULE CONDITION de raffiner ou distribuer à perte, ou encore les deux.
C’est ce qui explique que les prix à la pompe chez Pétro-Canada n’étaient même pas différents comparativement à ceux des autres pétrolières.
La question qui se pose est donc celle-ci: est-ce que ça vaut la peine de dépenser des milliards$ des contribuables pour un truc aussi inutile?
Avant de penser a nationaliser le petrole, il faudrait p-e penser a sortir les voitures des villes et a reduire la dependance a ce moyen de transport. Au profit du velo, du covoiturage, du patin a roulettes, du tramway, du metro, des bus, de la marche. Il faut des autoroutes payantes et des frais d’entree dans les centre-ville. Utopie? Allez faire un tour a Amsterdam ou au Danemark. Londres commence a faire pas mal en ce sens. Nous sommes attardes.
Les villes nord-americaines ont ete baties pour l’automobile. S’ensuit une reduction generalisee de la qualite de vie,du gaspillage d’energie, la pollution atmospherique, des couts astronomiques lies a la reparation des routes, la pollution par le bruit, les taux d’obesites plus eleves, des transferts injustes de richesse des non-automobilistes aux automobilistes.
T’as oublié le plus important, Hubert:
Hugo Chavez.
Chavez est quelqu’un qui ne réussit pas a rallier la jeunesse de son pays qui est présentement dans la rue et ce depuis un mois pour la liberté d’ expression…Nos gauchiste indécrottables voient en lui leur ultime bouée……Élections truquées ( Les observateurs internationaux l’ ont dénoncé…Mais les médias ici sont tellement gauchistes que l’ on a oublié de le mentionner….), politiques absurdes et raprochement avec Cuba, pays au bord de l’ implosion…..Tout un bilan ce Chavez….
Tiens, Richard Martineau dit sensiblement la même chose que Josée Legault:
« Bref, sous la gouverne de madame Marois, le PQ ne défendra pas SES idées. Il deviendra une sorte de hautparleur des idées de l’électeur moyen, une courroie de transmission. »
« Dites-moi ce que vous voulez, et on vous le donnera… »
http://www.canoe.com/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2007/06/20070622-065703.html
(En passant: merci Johanne pour l’autre texte de Josée Legault!)
« Chavez est quelqu’un qui ne réussit pas a rallier la jeunesse de son pays qui est présentement dans la rue et ce depuis un mois pour la liberté d’ expression…Nos gauchiste indécrottables… »(Jean Dumas)
Des gauchistes. Voyez vous ça.
Les monopoles médiatiques sont des démocracies maintenant! Voyez vous ça.
Si le PQ avait des couilles, il mettrait la hache dans ce monopole médiatique, digne des communistes de la défunte URSS, qu’est Gesca de Power Corp!
C’est pas un autre « lucide » le « camarade » Pratte?
“Bref, sous la gouverne de madame Marois, le PQ ne défendra pas SES idées. Il deviendra une sorte de hautparleur des idées de l’électeur moyen, une courroie de transmission.” (Unquebecoiserrant)
Très déçu des dernières sorties de Marois.
Elle blâme les Québécois pour les inégalités dans la redistribution de la richesse. Elle accuse le peuple québécois d’être des peureux de la richesse. Donc, des non-entrepreneurs.
90% du capital est dans les mains de 20% des plus riches, et pour faire de la richesse il faut du capital. Donc les plus riches s’enrichissent et les autres s’apauvrissent, car sans capital.
Qui pourrait bien avoir peur de la richesse?
Jamais j’aurais cru entendre ça d’elle.
Ces mots ne peuvent pas être les siens.
Aurons-nous un autre pantin au lieu d’un Chef?
Oof!
Le vrai et l’ unique enemi du Quebec – tres bien cache derriere le debat politique entre les parties – c’est la structure sacrosainte et toute-puissante de l’ Etat. Je m’ explique:
1.L’ etat Quebecois est l’ employeur le plus important – et le plus irresponsable. Les municipalites sont corompues – attribution de terrains et de permis de construction, vente des maisons pour non payement de taxes, pouvoir d’ augmenter les taxer comme bonne leur semblent, contrats accordes aux amis des maires etc etc.
Plus la fameuse taxe de Bienvenue – droit de mutation – on est la seule place en Amerique a taxer les citoyens pour changer de propriete.
En revanche pour toutes ces taxes ? Bureaucratie, pouvoir de depense ilimite et iresponsable. Un pont tombe? pas grave, personne n’ y est responsable. Les trous dans les rues? PAs grave, on va avoir une autre budget l’ anne prochaine!
Comment nos parties cachent- ils toute cela? Avec le debat souveraniste! On parle beaucoup de « limiter le pouvoir du depense du federal » et de « regler le desequilibre fiscal ». Oui, mais personne ne parle du control sur les finances publiques quebecoises!
Donc, M. Facal, Dumont, Charest – a quand un etat quebecois avec un controle des citoyens sur leur fonctionnaires? A quand un etat responsable de ses depenses?
Parlons donc de cela – pas du score du QS! Qui va garantir quel sorte d’ Etat sera un Quebec souverain? Communiste? Socialiste? Democratique? National- Socialiste?
Pour l’ instant on est l’ Etat le plus bureaucratique de l » amerique et les citoyens les plus taxes – pour pas avoir grand chose en retour.
L’ initiative est penalisee – la paresse est encouragee. Vive le Quebec libre!
BONNE ST-JEAN A TOUS ET VIVRE LE QUEBEC LIBRE
@Zach Gebello:
Ce que vous citez n’est pas de moi, c’est Martineau qui dit ça (« Bref, sous la gouverne de madame Marois, le PQ ne défendra pas SES idées. Il deviendra une sorte de hautparleur des idées de l’électeur moyen, une courroie de transmission »). J’espère qu’il se trompe, mais c’est vrai que ce discours est un peu inquiétant.
Vous terminiez votre précédent article par les deux paragraphes suivants:
(La deuxième est qu’il nous faudra faire un effort sans précédent pour éviter le dialogue de sourds et les guerres de religion.
En langage clair, cela veut dire que, dans la recherche de solutions, chacun d’entre nous doit se répéter à tout moment qu’il n’a peut-être pas entièrement raison et que l’autre en face n’a peut-être pas entièrement tort.)
En lisant votre présent article j’en ai conclu que ces paroles sages d’ouverture à l’autre n’était pas pour vous, mais seulement pour ceux qui ont des idées différentes des votres.
Il ne faut jamais oublier que nos idées géniales sont pour d’autres, dogme et religion. Mais puisque vous détenez la vérité, votre message d’ouverture n’était que l’ouverture d’un entonnoir béant de l’autre côté et pratiquement fermé de votre côté!
En réponse à Zach Gebello….Le monopole médiatique dont vous parlez est un mythe…Marrissal, Petrowsky, Tremblay, Auger, Trudel au sport sont tous résolument nationalistes….Meme a Radio-Canada , Nuovo, Maisonneuve Lacombe, et meme Le Bigot sont des nationalistes comme vous…Quand vous n’ avez pas d’ennemis, vous vous en inventé!…
« Le monopole médiatique dont vous parlez est un mythe…Marrissal, Petrowsky, Tremblay, Auger, Trudel au sport sont tous résolument nationalistes…. »(Jean Dumas)
Les monopoles se foutent des nationalismes.
Ils sont des monopoles.
L’État, c’est eux.
Je vois que tout le monde sur ce bloque est en amour avec les theories de l’ etat, pas avec les questions pratiques de chaque jour, comme j’ avais mentionne dans mon intervention.
D’ ailleurs, je supconne que certains « intervenants » dans ce blogue ce sont rien d’ autres que M. Facal en personne…
Bon, je vais laisser la theorie de l’ etat a PQ et a ses militants – moi, je vais m’ enroller pour ADQ, qui a les pieds sur la terre.
Grumpy: « Qui va garantir quel sorte d’ Etat sera un Quebec souverain? Communiste? Socialiste? Democratique? National- Socialiste? »
Consultez les differents projets de constitution d’un Quebec souverain publies au fil des annees.
La reponse est simple: un qc souverain serait un Etat democratique. A savoir ce qu’il ferait de cette democratie, c’est une autre question – mais sachez a cet egard qu’on peut fort bien etre independantiste et de centre-droit. Rien n’indique que nous soyons particulierement plus idiots ou irresponsables que n’importe quel autre peuple de la terre. Il est curieux que beaucoup de federalistes croient en quelque sorte que notre appartenance au Canada nous protege contre nous-memes, contre nos propres derives…
Grumpy:
N’oubliez pas que ce sont avant tout les independantistes bas-canadiens qui ont amenes la democratie et le gouvernement responsable au Canada. Que ce sont les independantistes quebecois qui ont permis l’adoption par le Canada du traite de libre-echange entre les EU et le Canada, contre les voeux notamment des liberaux federaux.
Lesdents
Oui, il y a eu plusiuers projets…c’est ca qui me fait peur. Malheureusement, chaque fois qu’ on parle d’un referendum et de l’ avenir de l’ Etat, tout est tres ambiguu. Qui garantie quel sort de l’ Etat on va choisir?
Il y a d’ autres signes de socialisme de type Castro-Chaves – parmi les militants PQ-istes:
- la peur et la haine contre les Etats Unis, et contre le capitalisme en general:
- un mombre eleve des jeunes formes par les jeux videos – qui se declarent « ecologistes » et qui portent les chandails avec CHe Guevara, qui fument du pot et qui sont en general iresponsable – incapable de trancher leur propre pain, e
…et qui constituent un excellente masse de manouvre pour des politiciens habiles
-L’ ECOLOGISME politique – ou sportif – un super-danger qui cache la meme chose que toute autre ideologie totalitaire – le bien commun et plus important que l’ individu….
- le nationalisme quebecois – la peur des immigrants, des anglophones, de tout ce qui est « different » etc
- l’ isolationisme – beaucoup de gens d’ ici ne voyage pas ailleurs, ne veulent pas parler anglais etc
Voila! Alors, c’ est quoi l’ avenir du Quebec souverain? Et pourquoi?
Malgré un score (3,6 %) qui se confond avec la marge d’erreur des sondages, la direction bicéphale s’est dite satisfaite des résultats électoraux. Joseph Facal
Si personne ne l’a dit déjà dit, la source de la satisfaction se trouve dans les archives du soscontribuables, de mars. Cette ligne… Québec solidaire – (en vertu des votes de l’UFP pour 2003 – 29 129,72 $) – 102 758 $
Pour leur participation à l’élection, trente jour de travail, l’allocation de QS est de 102,758 $
Et les alias de ce carnet font qu’il ressemble de plus en plus à celui du maire country, Stéphane Gendron. C’est raté.
ch
« Voila! Alors, c’ est quoi l’ avenir du Quebec souverain? Et pourquoi? »(Grumpy)
Ne vous en faites pas pour ça, Grumpy.
Il n’y aura pas d’indépendance du Québec.
Vous n’avez pas vu cette « Fête Nationale » ?
Les Canadiens Français ont été tellement coupés de leurs racines culturelles depuis la Révolution Bêtifiante Tranquille, autant par les Libéraux que les Péquistes, qu’ils sont heureux de leur sort actuel. Ils ne savent plus qui ils sont et une petite parade pour leur dire qu’ils sont bleus leur suffit.
Remarquez comme ils ne font plus partie de la parade mais la regardent passer. Comme à la télé.
Comme vous dites; la tolérance, l’ouverture au monde, le pacifisme, l’internationalisation, la mondialisation, l’abolition des différences, l’égalité pour tous, etc…etc…
Un peuple qui disparraît lentement, dans sa propre indifférence.
Il y a plus de personnes a la parade du Pere noel qu’a celle de la Saint jean Baptiste!….
Je suis très en accord avec votre texte, et veux réagir en particulier au passage où vous déclarez que «le vrai danger pour le PQ vient habituellement du PQ».
Ayant communié à ces deux églises, celle d’extrême gauche à titre de jeune militant trotskyste dans uen vie antérieure (comme c’est loin tout ça!), et à l’église péquiste à titre de président de circonscription (et je continue de le faire comme simple militant), j’ai le droit d’en parler, avec l’assurance de celui qui a beaucoup péché. Certaines grandes assemblées du PQ ressemblent assez à une assemblée de Québec solidaire: on vote un peu n’importe quoi sur la base de ses sentiments, sans trop s’occuper de savoir si c’est faisable ou si on a les moyens de se le payer. L’essentiel est d’être imbu de bons sentiments.
Il ne faut pas s’en étonner. Les militants péquistes les plus actifs sont souvent assez radicaux, et l’aile jusqu’auboutiste, sur la question nationale ou en matière sociale, est ainsi sur-représentée dans les assemblées péquistes importantes. Le militant très radical, qu’on voit dans les conseils nationaux et les congrès, est à gauche du militant ordinaire. Le militant ordinaire est à gauche du membre non militant. Le membre non militant est à gauche de l’électeur péquiste, et ce dernier, enfin, est à gauche de l’électeur médian. Le chef du Parti, tant parce qu’il n’est pas un fou que parce qu’il a la responsabilité de gagner, doit d’abord parler à l’électeur médian. Pas étonnant que le membre militant qui assiège les Conseils nationaux trouve toujours le chef trop mou, et que ces événements soient souvent, pour le chef, une dure épreuve.
Et pourtant, pour le meilleur ou pour le pire, le PQ demeure indispensable. Il réalise l’équilibre entre le projet d’un Québec généreux et solidaire et une gouvernance raisonnable qui ménage sa juste part à la prospérité nationale. Les moins fous parmi les militants de Québec solidaire, qui se demanderont un jour comment réaliser leur programme ou comment convaincre un plus grand nombre, réaliseront que des compromis sont nécessaires, soit pour atténuer des objectifs généreux mais excessifs, soit pour allonger les échéanciers. Ceux-là seront immédiatement traités de tièdes, voire même de traîtres, par leurs co-religionnaires. Ces germes d’une future scission de la secte sont déjà présents. Les moins fous, une fois que les plus fous qu’eux-mêmes auront lancé sur eux l’anathème, s’apercevront, à leur surprise et un peu à leur corps défendant, qu’ils ressemblent beaucoup à des péquistes.
Grumpy: vous ne faites que confirmer mes propos: « Il est curieux que beaucoup de federalistes croient en quelque sorte que notre appartenance au Canada nous protege contre nous-memes, contre nos propres derives… »
Je suis moi-meme adequiste et independantiste, et je me desole de constater que beaucoup d’adequistes se contentent de fonder leur discours supposement lucide sur des prejuges et declarations a l’emporte-piece (ref: vos propos concernant les pequistes et vos craintes – les pequistes ne gouverneraient pas le Quebec souiverain: ce parti eclaterait assurement). Vivement une droite plus intelligente au Qc. Quant aux fumeux de pot dont vous parlez, cherchez les plutot a Quebec solidaire. C’est une minorite insignifiante d’independantistes. Le camp federaliste a aussi son lot de drogues, d’arrieres, de paresseux, d’unilingues et d’analphabetes. Votre argument n’en est pas un et vous ne semblez pas le remarquer.
Vous dites que le projet independatiste est ambigu. Il ne l’est que pour ceux qui sont trop paresseux pour lire (par contre, comme je l’ai ecrit ailleurs, il faut preciser certains aspects tels que monnaie, armee, territoire et transition). Quant a la nature democratique des institutions du Quebec souverain, cela est une affaire classe, et personne n’a jamais suggere autre chose. comme je vous l’ai dit, les patriotes proposaient une republique democratique et independante du Bas-Canada des 1837-1838. A savoir maintenant si nous aurions des gouvernements de gauche ou de droite (j’imagine que vous et moi serions dans ce dernier), nous aurions probablement un peu des deux en alternance. Comme dans tous les Etats souverains et democratique snormaux.
Perdus dans l’espace
1ère partie
Ça y est, les lucides s’embarquent pour l’espace. Fièrement vêtus de leurs combinaisons moulantes gris métalliques et munis de larges épaulettes bleues royales, ils posent devant leur magnifique vaisseau trans-galactique baptisé le PPP. Joseph Facal, l’aumônier, fait la bénédiction de l’équipage, les aspergeant d’eau bénite – qu’il s’est procuré dans le cabinet du très méritant Pierre-Karl Péladeau – et récitant les psaumes de l’évangile néolibéral de l’Institut économique de Montréal.
À cet occasion sont réunis les plus grands dignitaires : Jean Charest qui maudit la désignation de Lucien Bouchard, un vulgaire « séparatiste », au poste de commandant. Il aurait tant aimé, lui aussi, enfiler ses collants orange de chef de vaisseau comme Lucien et sentir son gilet moulant sur son ventre pour ainsi exhiber fièrement sa silhouette de poire trop mûre. Mais non! Le Conseil du patronat lui a préféré un unijambiste; à lui et sa farouche tignasse de mouton sclérosé de la St-Jean-Baptiste. « C’est là qu’on en est rendu » grommelle-t-il. Autour de lui, tout le cabinet observe la cérémonie avec l’œil vif et attentif d’un merlan frit.
Le commandant Bouchard commence maintenant à passer son équipage en revue. Devant le correspondant de l’espace Alain Dubuc il s’arrête et, incapable de résister à son postérieur si bien moulé dans son collant de cérémonie, lui donne paternellement une petite tape tirant ainsi une larme de l’œil du pauvre journaliste ému par tant de bonté. Il passe au suivant, ou plutôt à la suivante : la commissaire Nataly Elgrably. C’est elle qui fait le lien avec l’Institut économique de Montréal et qui s’assure d’une bonne cohésion idéologique au sein de l’équipage. Bouchard lui adresse du menton un signe d’approbation, puis avance d’un pas. Il se trouve maintenant devant le clown Ronald Mc Donald : le vrai! Comme les restaurants Mc Donald’s canada ont financé l’expédition à près de 90%, ils ont envoyé leur représentant le plus crédible. Quoi qu’un peu inconfortable dans son uniforme, il est bien heureux de s’embarquer : qui sait, peut-être rencontrera-t-il enfin une créature extra-terrestre aux cheveux rouges qui pourrait s’avérer être l’âme sœur. Face à lui, le commandant laisse paraître un léger sourire de satisfaction : « Des années à ne manger que du Mc Donald, ce n’est pas donné à tout le monde, et en plus, ils disent que c’est nutritif… », pense-t-il. Il termine sa revue et s’installe solennellement devant son micro.
« Chers Québécois, Québécoises, il me fait plaisir de vous donner l’honneur d’assister à la cérémonie de départ des lucides qui se distinguent de vous tous par leur mérite et par leur statut. Comme vous nous avez écouté, vous avez été davantage productifs et êtes enfin venu à bout de nos ressources naturelles. L’eau a été privatisée, l’hydro-électricité a été privatisée. Nous n’avons donc plus d’eau et nécessairement plus d’électricité. Nous devons, nous les grands méritants, nous envoler afin de trouver de nouvelles ressources afin de continuer à vous faire travailler pour éviter que vous sombriez dans l’oisiveté et la paresse. C’est notre devoir, c’est notre mission! Vive la productivité!!! » Mario Dumont, dans l’assistance, enfouit sa main dans le fond de sa poche et tâte sa fronde : il aimerait bien ficher une bille dans l’œil de Ronald pour prendre sa place.
Fin de l’épisode 1
À jean dumas
« Chavez est quelqu’un qui ne réussit pas a rallier la jeunesse de son pays qui est présentement dans la rue et ce depuis un mois pour la liberté d’ expression…Nos gauchiste indécrottables voient en lui leur ultime bouée……Élections truquées ( Les observateurs internationaux l’ ont dénoncé…Mais les médias ici sont tellement gauchistes que l’ on a oublié de le mentionner….), politiques absurdes et raprochement avec Cuba, pays au bord de l’ implosion…..Tout un bilan ce Chavez….
»
Quelles sont tes sources petit malin ou plutôt, menteur? Reporter sans frontière? RCTV? Cette station qui encourageait l’assassinat de président élu démocratiquement depuis plus de 7 ans? Cette station financée par Washington, ceux même qui assassinent les gauchistes à travers le monde? Ceux qui ont fabriqué les Contras ou qui soutiennent la dictature de la Colombie et du Salvador? À peine 6% de la population vénézuélienne compose cette opposition qui a craché sur le « non-renouvellement », ils étaient 5000 dans la rue, alors que quelques rues plus loin, il y en avait plus de 50 000 soutenant cette fermeture publiquement! Dans le mensonge, t’es pas pire! La jeunesse de ce pays dont tu parles portait des bracelets en or, des diamants, un tas d’autres bijoux brillants et des chandails « I love N-Y », rien de majoritaire dans ce pays pauvre à plus de 80%! Je te mettrai ensuite un article intéressant sur ta soit-disante manifestation « populaire » anti- fermeture de RCTV, tu me parleras de liberté d’expression après! Tu dois être un de ces tarrés ayant soutenu Fillion pour aimer ces discours à la con! Et pour la dénonciation, bien au contraire, les observateurs étrangers ont confirmé qu,il n’y avait eu aucune irégularité, ainsi que Jimmy Carter, l’ancien président! Tu en as fûmé du bon.
tu dis que les médias ici sont gauchiste? Dis-moi quel canal, j’en rêve et tu les as probablement rêvé aussi! Télé-Québec faitquotidiennement dans l’endoctrinement néo-libéral, si ce n’est pas des discours démagos de Martineau. Manque justement juste Facal à Bazzo, la cerise sur le sundae. Chavez, tout un bilan? Tu parles de Cuba, mais que connais-tu sur Cuba? Cuba a 70 000 médecins, capable d’en envoyer à l’étranger sans parler de cliniques privées. 17 000 médecins cubains sont en ce moment au Vénézuéla et ils soignent un peuple qui en a besoin pour un bout de sandwich, ce que tes méédecins n’arriveront jamais à faire! Cuba a créé des mères Téresa, alors que tes infimières grattent les cenne et se sauvent en Ontario! Canada= 20.7 médecins pour 10 000 habitants tandis que Cuba= 60.4 médecins pour le même nombre d’habitants. Wow! méchant mauvais bilan! À chacun ses priorités! La santé est gratuite là-bas…comme l’éducation. Peut-être me diras-tu qu’ils n’ont pas de tv plasma etc..certes, mais c’est un peu ça qui nous a emmené où nous en sommes avec le beau et merveilleux modèle capitaliste, on a foutu en l’air la « seule » planète que nous avions d’habitable. Des politiques absurdes, mais réalistes et c’est pas avec tes pseudo-arguments que tu vas avancer dans la vie, sauf dans le système élitiste que défend Facal et ses disciples. Peu importe, votre règne achève étant donné que votre beateau coule…bonne chance!
Désinformation et mensonges
Reporters sans frontières et RCTV
par Salim Lamrani
Le département d’État des États-Unis, aussitôt suivi par Reporters sans frontières, a dénoncé les atteintes à la liberté de la presse au Venezuela. Les tribunaux administratifs ont en réalité refusé de renouveller la concession hertzienne d’une chaîne de télévision qui avait participé à la tentative de coup d’État et avait multiplié les violations de son cahier des charges. Salim Lamrani analyse cette nouvelle campagne d’intoxication de « l’ONG » parisienne.
(Tribunal suprême de Justice, Caracas, le 17 avril 2007
Le directeur actuel de RCTV, Eladio Lares, vient de faire appel à la décision du gouvernement vénézuélien de ne pas renouveler la concession de sa chaîne.)
Le non renouvellement de la concession d’une durée de 20 ans de la chaîne privée vénézuelienne RCTV, arrivée à son terme le 27 mai 2007, a suscité une extraordinaire hystérie médiatique au niveau international. Pendant plusieurs semaines, la presse du monde entier s’est focalisée sur un évènement banal qui d’ailleurs passe inaperçu quand il survient dans les autres pays de la planète. Elle a transformé une décision administrative tout à fait régulière et légitime en un attentat contre la liberté de la presse. Reporters sans frontières a évidemment participé à cette campagne internationale de désinformation en publiant, le 5 juin 2007, un rapport hautement tendancieux sur RCTV.
Fermeture de RCTV et hégémonie médiatique ?
RSF intitule son dossier « Fermeture de Radio Caracas Television : la consolidation d’une hégémonie médiatique ». L’organisation donne d’emblée le ton en distillant deux mensonges en une seule phrase. Tout d’abord, RCTV n’a pas été fermée et peut continuer d’émettre via le câble ou le satellite. Le spectre radioélectrique étant par définition limité, le gouvernement vénézuelien a décidé de ne pas renouveler le contrat à la chaîne et d’accorder ainsi l’espace libéré à une autre chaîne afin de démocratiser les médias. Donc, contrairement à ce qu’affirme RSF, RCTV ne « cesse [pas] d’émettre ».
La seconde contre-vérité réside dans l’expression « hégémonie médiatique ». Avec ce titre, RSF voudrait faire croire au lecteur que les autorités vénézueliennes contrôlent les médias et disposent quasiment d’un monopole dans ce secteur. Pour convaincre l’opinion publique, Robert Ménard, le secrétaire général de l’organisation, répète inlassablement la même maxime à la presse : « Chávez détient une position hégémonique sur les moyens de communication ». Or, la réalité est tout autre. Au Venezuela, 80% des chaînes de télévision ouverte et des radios appartiennent au secteur privé. Pour ce qui est de la télévision par câble et par satellite, qui est relativement bien développée dans le pays, elle est presque entièrement contrôlée par des fonds privés. Au niveau de la presse écrite, les 118 journaux nationaux et régionaux qui circulent dans le pays sont également contrôlés par le secteur privé. Il existe effectivement une « hégémonie médiatique », mais elle est entièrement le fait des groupes économiques et financiers privés.
Décision arbitraire du Président Hugo Chávez ?
RSF certifie que la décision a été prise « sur ordre du président Hugo Chávez », et assure qu’elle est illégale car, selon elle, il faut une « condamnation judiciaire […] pour refuser à la chaîne le droit d’émettre pendant les vingt prochaines années ». Là encore, RSF a recours à un double mensonge. En effet, la décision est parfaitement légale, respectueuse des normes internationales et légitime. Comme dans la plupart des pays du monde, le spectre des ondes hertziennes appartient l’Etat et est destiné à promouvoir l’intérêt public. De plus, l’article 156 de la Constitution vénézuelienne ainsi que l’article 108 de la Loi organique des télécommunications donnent au gouvernement le pouvoir de réguler l’accès à cet espace. Il n’est aucunement question de « condamnation judiciaire » comme le prétend RSF. Enfin, RCTV a toujours le « droit d’émettre » via câble ou satellite.
D’ailleurs, ce n’est pas Hugo Chávez qui a décidé du non renouvellement de la concession mais la Commission nationale des télécommunications du Venezuela. La concession de RCTV n’a pas été renouvelée pour plusieurs raisons bien précises. Tout d’abord, le gouvernement souhaite procéder à un rééquilibrage entre chaînes publiques et chaînes privées. Ensuite, RCTV n’a pas respecté ses obligations et son cahier des charges. Un seul exemple édifiant : entre juin et décembre 2006, les autorités ont recensé pas moins de 652 infractions de la part de RCTV. La chaîne a également dénigré de manière systématique la politique du gouvernement et a incité à plusieurs reprises la population à la violence et à la rupture de l’ordre constitutionnel. La participation avérée de RCTV dans le coup d’Etat du 11 avril 2002 ainsi que son comportement putschiste ont été des facteurs non négligeables dans la prise de décision. RCTV avait notamment participé au sabotage pétrolier de décembre 2002 qui avait coûté près de 20 milliards de dollars à l’économie nationale.
RSF affirme à ce sujet que RCTV est simplement « accusée » d’avoir participé au coup d’Etat, alors que les preuves et les témoignages sont accablants. Le très conservateur journal français Le Figaro rappelle que « pendant des années, la chaîne a ouvertement conspiré contre le président en place en relayant des appels à renverser le régime ». Le Figaro souligne également que lors du coup d’Etat, la chaîne « annonçait qu’Hugo Chávez avait démissionné », suivant ainsi le plan établi les putschistes, et avait même reconnu Pedro Carmona comme président intérimaire.
Suite au retour du président Chávez, RCTV avait interdit à ses journalistes de diffuser une quelconque information à ce sujet et se bornait à diffuser des dessins animés. Le responsable de production de la chaîne, Andrés Izarra, opposé au putsch, avait aussitôt démissionné pour ne pas se rendre complice du coup de force. Lors d’un témoignage à l’Assemblée nationale, Izarra avait indiqué que le jour du coup d’Etat et les jours suivants il avait reçu l’ordre formel de Marcel Granier, le président de RCTV, de « ne transmettre aucune information sur Chávez, ses partisans, ses ministres ou n’importe quelle autre personne qui pourrait être en relation avec lui ».
Le conservateur Los Angeles Times retrace également l’itinéraire de RCTV depuis l’élection de Hugo Chávez à la présidence de la République en 1998 et souligne qu’elle s’était donnée pour mission de « renverser le président démocratiquement élu ». Après le coup d’Etat, « RCTV a basculé ouvertement dans la sédition [et a] diffusé des images truquées pour faire croire que les partisans de Chávez étaient à l’origine des morts et des blessés ». Le journal rappelle que Marcel Granier s’était rendu au Palais présidentiel pour faire allégeance au « dictateur Pedro Carmona qui venait d’abolir la Cour suprême, l’Assemblée nationale et la Constitution ». Puis le LA Times conclut : « Granier et les autres ne doivent pas être considérés comme des martyrs de la liberté d’expression » mais comme des putschistes. D’ailleurs, Granier a fait une déclaration éloquente à RSF au sujet du coup d’Etat : « Je veux bien admettre que je n’étais pas mécontent de voir partir Hugo Chávez ». Comment pouvait-il être « mécontent » puisqu’il avait activement participé à son renversement ?
A l’évidence, en soutenant et en participant ouvertement à la rupture de l’ordre constitutionnel en avril 2002, RCTV ne se souciait pas de l’intérêt public. De plus, il n’est guère nécessaire de rappeler que si une chaîne de télévision française ou de n’importe quel autre pays du monde s’avisait d’adopter un comportement similaire à celui de RCTV, elle ne durerait pas 24 heures et ses dirigeants se retrouveraient immédiatement en prison. Pour sa part, le journal étasunien Houston Chronicle notait que « les actions de RCTV n’auraient pas duré plus de quelques minutes » aux Etats-Unis.
Pourquoi RSF veut-elle faire croire à l’opinion publique que la culpabilité de RCTV est encore sujette à discussion ? Tout simplement parce que Robert Ménard et son organisation avaient eux-mêmes soutenu le coup d’Etat d’avril 2002. Est-il besoin de rappeler la déclaration publiée par RSF le 12 avril 2002 ? :
« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un « consensus » de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées ».
Décision impopulaire ?
L’entité parisienne déclare également que les « opposants (nombreux) et partisans (plus rares) » avaient simultanément défilé à Caracas pour appuyer la décision du gouvernement ou la répudier. Ici, RSF n’hésite aucunement à mentir de manière éhontée. Les manifestations d’opposants qui ont eu lieu en signe de protestation n’ont réuni que quelques milliers de personnes. Par contre, les manifestations de soutien qui se sont déroulées dans la capitale à l’image de celles du 27 mai et du 2 juin 2007 ont été impressionnantes. En effet, des centaines de milliers de citoyens avaient défilé dans les rues de Caracas, montrant leur soutien à Hugo Chávez. Dans quel but RSF manipule-t-elle cette réalité ?
RSF reprend également les sondages réalisés par RCTV et l’opposition pour démontrer l’impopularité de la décision, en leur accordant un crédit entier et adoptant ainsi une position ouvertement partisane. Le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Pedro Carreño, a répondu de manière cinglante à cette allégation : « la liberté d’expression n’est pas celle de l’empire, ni celle de Reporters sans frontières, ni celle de la Société interaméricaine de presse (SIP), ni celle de l’oligarchie, mais celle du peuple qui aujourd’hui est sorti dans la rue ».
RSF évoque « une fermeture désavouée par l’opinion et la communauté internationale » et cite pêle-mêle une résolution du Parlement européen adoptée le 24 mai 2007, et « plusieurs gouvernements ou Parlements latino-américains, du Brésil au Mexique en passant par le Chili, et même de son homologue et allié bolivien Evo Morales ». RSF veut donner l’impression d’une unanimité mondiale contre Hugo Chávez alors que la réalité est totalement différente. De tout le continent américain, c’est-à-dire sur près de 25 nations, seuls trois organes parlementaires (Brésil, Chili, Nicaragua) se sont prononcés contre le non renouvellement de la concession et seul le président costaricien Oscar Arias a émis une déclaration défavorable. Le reste du continent, en commençant par Evo Morales, s’est soit prononcé en faveur du gouvernement de Chávez (Bolivie, Cuba, Nicaragua), soit a signalé qu’il s’agissait d’une mesure administrative qui ne regardait que le Venezuela et ne souhaitait pas s’immiscer dans les affaires internes de la nation. Comme on le voit, RSF est experte dans le domaine de la désinformation.
Pour ce qui est de la résolution du Parlement européen, elle a été effectivement adoptée le 24 mai 2007, mais seulement par 43 des 784 députés européens, c’est-à-dire à peine 5,4% des parlementaires. Cette résolution a été unanimement rejetée par 741 députés pour son caractère politisé et surtout parce qu’elle représentait une inacceptable ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain. La plupart d’entre eux ont refusé de participer au vote et ont quitté l’hémicycle. Quant à l’OEA et à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, elles n’ont émis aucune condamnation, contrairement à ce qu’avance RSF, mais simplement des recommandations d’ordre général sur la liberté de la presse.
Les autres manipulations de RSF
RSF assure également que « les demandes de rendez-vous avec des membres du gouvernement et des représentants de médias publics ou progouvernementaux sont restées sans réponse. Aussi éloquent que les propos des personnes rencontrées, ce silence tend à confirmer que l’affaire RCTV ne se limite pas à une simple mesure administrative ». Pourtant, le gouvernement a réitéré à maintes reprises n’avoir reçu aucune demande de rendez-vous de la part de RCTV. En promouvant le point de vue de Marcel Granier, RSF fait montre une nouvelle fois de son côté partisan et stigmatise le gouvernement démocratique d’Hugo Chávez en le qualifiant de « régime politique particulier qu’on appelle le ‘chavisme’ ». Ici, on est loin du thème de la « liberté d’expression ». Ménard se place dans une situation d’opposition politique et idéologique en caricaturant délibérément le gouvernement vénézuelien. Le terme « chavisme » est en effet souvent utilisé de manière péjorative par l’opposition.
RSF conclut son rapport par une contre-vérité manifeste, mettant en garde contre « l’hégémonie médiatique » du président. Il est nécessaire d’être précis à ce sujet. Pour la bande VHF, en 2000, il y avait 19 chaînes de télévision privées et 1 publique. En 2006, le chiffre est passé à 20 chaînes privées contre une seule chaîne publique. Depuis le 28 mai 2007, il y a 19 chaînes privées et deux chaînes publiques, Venezolana de Televisión et TVes qui remplace RCTV sur les ondes hertiziennes. Pour la bande UHF, en 2000, il y avait 28 chaînes privées et deux chaînes publiques. En 2006, il y avait 44 chaînes privées et 6 publiques. Au niveau des radios, pour les ondes AM, en 2000 et 2006, il y avait 36 radios publiques contre 143 radios privées. Pour les ondes FM, il y avait 3 radios publiques contre 365 radios privées en 2000. En 2006, le chiffre est passé à 440 radios privées et 10 radios publiques. Comme on le voit, RSF affabule.
« RCTV diffuserait de la pornographie », déclare RSF, utilisant le conditionnel pour suggérer qu’un doute subsiste sur cette accusation. Pourtant, la chaîne a été condamnée à plusieurs reprises par le Tribunal Suprême en 1981 et en 2006 pour avoir diffusé des scènes pornographiques à des horaires de grande écoute. Désormais, RSF remet en cause les décisions de la plus haute autorité judiciaire du pays. De plus, il convient de rappeler que RCTV est la chaîne qui a été la plus sanctionnée (six fois) dans l’histoire du Venezuela pour violations de la loi, et une seule fois sous le gouvernement de Chávez.
RSF accuse même le Tribunal suprême, qui a ordonné la mise à disposition des équipements de RCTV à la nouvelle chaîne TVes, de vouloir « compromettre la présence de la chaîne du lion sur le câble ». Ici, la maladresse de Ménard le pousse même à dévoiler à l’opinion publique qu’en réalité RCTV ne disparaît pas. En fait, le Tribunal suprême a simplement ordonné la cession temporaire des émetteurs afin d’assurer la continuité du service public. De plus, cette décision ne compromet nullement les possibilités de la chaîne d’émettre par câble, comme l’ont affirmé publiquement les principales entreprises de ce domaine.
Pour RSF, Televen et Venevisión, deux des principales chaînes privées, qui ont adopté une position plus rationnelle à l’égard du gouvernement et qui depuis 2004 ont cessé de lancer des appels à l’insurrection et au renversement du gouvernement – tout en restant dans l’opposition comme le montrent aisément leurs programmes –, sont entre les mains du président Chávez. Même chose pour le quotidien national privé Últimas Noticias. Pour qu’ils soient qualifiés de médias d’opposition par RSF, sans doute faudrait-il que ces médias continuent à dénigrer le gouvernement, à manipuler l’information, à déstabiliser la nation et à lancer des appels au meurtre contre Chávez comme l’ont fait RCTV et Globovisión en mai 2007. RSF fait preuve d’une vision manichéenne : soit les médias sont contre Chávez, soit ils sont à sa botte.
RSF affirme que « Hugo Chávez n’a cure du droit international ». Cette accusation est complètement gratuite. En effet, RSF est incapable de citer un seul cas de violation du droit international qu’aurait commis le gouvernement bolivarien. L’organisation certifie également que de nombreux « recours [de RCTV ont été] reçus favorablement à […] la Cour interaméricaine des droits de l’homme ». En réalité, ladite Cour a accepté d’étudier un seul recours le 25 mai 2007 et ne s’est toujours pas prononcée à ce sujet.
« Hugo Chávez veut pour 2008 une réforme constitutionnelle qui lui permettrait d’être réélu indéfiniment », signale le rapport qui présente cette volonté comme un grand danger pour la démocratie. RSF a-t-elle oublié que dans la plupart des pays occidentaux, dont la France, la réélection illimitée est une réalité constitutionnelle ? Pourquoi RSF se prononce-t-elle sur des aspects de politique interne alors qu’elle affirme être uniquement intéressée par la « liberté de la presse » et être « apolitique » ?
« Un contrôle total de l’État, du gouvernement, des forces armées. Pas d’adversaire au Parlement, l’opposition ayant boycotté le scrutin législatif de 2005. Un parti dominant quasi unique. Vingt-deux gouverneurs d’État (sur vingt-quatre) entièrement dévoués. Et bientôt, une société civile pratiquement sous cloche ». Voici le constat alarmiste de RSF. « Un parti dominant quasi unique », vitupère RSF, alors qu’il existe plus d’une dizaine de partis politiques au Venezuela. Sans doute qu’en France, l’Etat, le gouvernement et les forces armées sont contrôlés par l’opposition. Quant au Parlement et aux postes de gouverneur, RSF remettrait-elle en cause le choix démocratique des électeurs vénézueliens ? Et la société civile se limite-t-elle à l’opposition de plus en plus marginale ? Ou bien concerne-t-elle l’ensemble de la population ? Reprenant la rhétorique de l’opposition qui a subi plus de 10 déroutes électorales consécutives depuis 1998, RSF prétend fallacieusement que Chávez contrôle toutes les institutions du pays, dans le but de faire passer le gouvernement le plus démocratique de l’Amérique latine pour un régime autoritaire. Du reste, ces considérations n’ont strictement rien à voir avec la « liberté de la presse ».
L’organisation parisienne s’en prend également à l’avocate Eva Golinger. Son crime ? Avoir révélé au grand jour le nom de tous les journalistes vénézueliens financés par les Etats-Unis par le biais de la USAID, et où « figure notamment le correspondant de Reporters sans frontières », comme le reconnaît le rapport rédigé par Ménard.
RSF assure également que le président Chávez est conseillé par plusieurs personnalités mondiales pour la réforme constitutionnelle et cite, entre autres, l’Argentin Norberto Ceresole. Le seul problème est que Ceresole est décédé en 2003 d’un infarctus du myocarde. Ces grossières erreurs factuelles montrent le peu de crédit du rapport de l’organisation.
RSF s’est forgée son opinion sur la réalité médiatique vénézuelienne après seulement cinq jours de présence dans le pays, « du 24 au 28 mai 2007 », et après s’être entretenue uniquement avec des journalistes et patrons de presse de l’opposition. Son objectif de départ était très clair : transformer une décision administrative commune à tous les pays du monde en un acte de censure et d’atteinte à la liberté de la presse. Comment l’organisation parisienne peut-elle prétendre faire preuve d’impartialité et de sérieux avec de telles pratiques?
Pourquoi RSF ne s’est-elle pas indignée contre le non renouvellement de la concession de la chaîne de télévision espagnole TV Laciana en 2004, de la chaîne TV Católica en 2005 et de la chaîne Tele-Asturias en 2006 ? Pourquoi RSF ne s’est-elle pas mobilisée contre le non renouvellement de la concession des chaînes britanniques One TV, Actionworld et StarDate TV 24 en 2006, ou de Look for Love 2 en 2007 ? Pourquoi Robert Ménard ne s’est-il pas rendu au Pérou pour enquêter sur la fermeture de deux chaînes de télévision en 2007, ou au Salvador quand le gouvernement a décidé de révoquer la concession de la chaîne Salvador Network en 2003 ? Pourquoi RSF est-elle restée impassible quand le Canada n’a pas procédé au renouvellement de la concession de la chaîne Country Music Television (CMT) en 1999 ? Pourquoi RSF a-t-elle passé sous silence la révocation de la concession des chaînes étasuniennes Daily Digest en 1998 et FCC Yanks Trinity License en 1999 ?
Cette indignation à géométrie variable démontre clairement que le cas ordinaire de RCTV n’est qu’un prétexte pour RSF afin de stigmatiser Hugo Chávez et continuer sa guerre de désinformation contre un gouvernement démocratique et populaire. Quand à la liberté d’expression, toute personne ayant passé 24 heures au Venezuela ne peut que s’étonner du ton acerbe et fanatique des chaînes d’opposition à l’égard du gouvernement. Affirmer le contraire serait un extraordinaire acte de mauvaise foi.
Le véritable rôle de RSF n’est pas de défendre la liberté de la presse comme elle le prétend, mais de promouvoir les intérêts politiques et économiques des entités qui la financent. Parmi celles-ci se trouve le gouvernement des Etats-Unis, qui arrose généreusement l’organisation parisienne par le biais la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy), organisation que le journal le plus important du monde, le New York Times, qualifie d’officine écran de la CIA.
Salim Lamrani
enseignant, écrivain et journaliste français
http://www.voltairenet.org/article149572.html
Sylvain Guillemette
Un méchant communiste qui mange des enfants et qui brûle des bourgeois sur un hôtel horné de drapeaux rouges, rouges, danger, danger!
Facal : humoriste de l’espace
Lors de sa dernière chronique, notre grand gardien de la doctrine de la foi souverainiste Joseph Facal nous a livré ses sarcasmes habituels à l’endroit du parti Québec solidaire. Le Monsieur, sur un ton méprisant à souhait, nous a encore expliqué combien ce parti était « déconnecté de la réalité », ou plutôt de « sa réalité » ; celle de Facal et de ses amis opportunistes du PQ. Pourquoi opportunistes? C’est très simple. Pour ce curé de campagne préélectorale, un parti qui tient à des idées précises et qui ne se laisse pas influencer par la mode néolibérale, comme le PQ, se mérite un très chic rapprochement avec le robot « cheap » du Perdu dans l’espace de son enfance. Très bidonnant, j’en ai encore mal au ventre… En effet le PQ, qui se dit social démocrate tout en essayant de s’attirer du même coup les votes de la droite nationalistes, est très sécurisant. Avant les prochaines élections, va-t-il se faire une version copié collée du programme de l’ADQ, ou bien donner encore quelques « nananes » aux centrales syndicales pour avoir un quelconque appui? Ça va dépendre de la conjoncture électorale… Au moins, avec QS les gens savent ce pour quoi ils votent. L’opportunisme et l’hypocrisie n’y ont pas leur place : ce parti n’est pas encore assez attrayant pour des politiciens carriéristes. Quand tu veux faire carrière en politique, il te faut un cheval gagnant, pas un parti qui récolte 3.6% des suffrages.
Il nous a parlé de Perdu dans l’espace? Parlons-en de planètes et d’espace! La recherche constante de croissance économique est la principale cause du saccage de notre unique planète. Malgré son intelligence, l’humain se comporte tel un simple parasite en détruisant son propre habitat et ce, en acceptant de se faire exploiter par une minorité de ses semblables. Selon Monsieur Facal, il faut continuer! Lorsque je le lis, j’ai vraiment de la difficulté à croire qu’il est docteur en sociologie de la Sorbonne (en effet, papa n’était probablement pas pompiste…). Monsieur Facal, vous rappelez-vous des classes sociales? Vous avez probablement étudié le rôle des médias sur la perception de la réalité? Le capitalisme, ça vous dit quelque chose? À moins que vous ne soyez un habile démagogue, vous me semblez bel et bien « perdu dans l’espace ».
Peut-être rêve-t-il du jour où, nos ressources naturelles épuisées et notre environnement suffisamment pollué, il pourrait s’embarquer sur un vaisseau spatial pour parcourir l’espace à la recherche d’une autre planète habitable … Il se voit peut-être aumônier de la mission, bien assis à son poste avec le commandant Lucien Bouchard et le préposé aux communications Alain Dubuc, se disant combien l’effort et la réussite a su, Eux, les récompenser.
J’ai une idée! Peut-être devrions-nous les y envoyer immédiatement, question de prendre un peu d’avance… et s’il reste de la place, nous pourrions y ajouter Nataly Elgrably!
Étienne Hallé
Franchement, ce blog ressemble à quelqu’un qui demande au miroir s’il est beau, il n’y a pas de débat! Au lieu de vous aimer et vous lécher entre vous, venez débattre! Ça ne tient pas la route votre modèle et partout sur la planète, on y voit les ratées. Saviez-vous que le modèle nord-américain étendu sur la planète entière nécessiterait 7 planètes Terre? Que le modèle vénézuélien, bien qu’il soit extrêmement pauvre, en nécessiterait à son tour 3?
C’est bien beau cracher sur les pauvres en se vantant de ses luxueux avantages, non réfléchis, mais en réalité, les pauvres, c’est nous! Ils ont la santé et l’éducation gratuite et une joie de vivre. il est certain que lorsque vous montrez des photos de vos bidules à un cubain, il risuq de croire que tous les québécois en possèdent, ils croient déjà que les amirequins sont toute et tous riches, alors… La réalité est pourtant bien différente, l’extrême pauvreté s’est accrue de 26% depuis 2000 aux États-Unis, le système de santé est justement privatisé et c’est une ratée! Ne parlons pas des écoles, en partant, une école qui affirme aux enfants comme aux nôtres que Christophe Colomb a découvert l’Amérique, quand on sait maintenant qu’il y avait du monde que Chris les a massacré, c’est difficile de se vanter de ce genre d’endoctrinement!
Vous devriez laisser place au bon sens et cesser vos attaques plutôt réactionnaires envers des idées différentes des vôtres, le discours unique est-il ce que vous prônez? Votre système a échoué…faites le deuil. Le nôtre en revanche, n’a jamais existé et épargnez-moi les merdes comme Staline et Pol-Pot, Kim jong il et les Maurice Thores…le communisme et le socialisme ne sont que des idées, représentées la plupart du temps par des imposteurs ou des types qui se font tuer par les vôtres…
Reprenons le cas de Hugo Chavez, RCTV a participé au coup d’état de 2002, RCTV dévoilait le nombre de morts dans une manifestation avant même que ces morts le soient!? RCTV inventait des avantures sexuelles et montrait de la pornographie trucquée avec la tête de Chavez et Castro, c’est ça des arguments de droite? Rien ne m’étonne! L’opposition a eu sa chance et quand elle était au pouvoir cette oligarchie, elle tuait les manifestants à coup de fusil d’assault alors qu’ils ne faisaient que crier « FAMINE ». Alors pour les morrons qui veulent s’obstiner sur ces faits, qu’ils le fassent sans raconter ce qu’il ont vu à Radio-Canada ou tout autre média contrôlé… Ici, au Québec, on a eu Champagne qui a dit: « Les gars de la « shop » voteront jamais pour une tapette ». C’en était fini de Champagne! RCTV a encouragé le peuple à prendre les armes contre un président élu démocratiquement plus d’une fois et ce, majoritairement! Il a d’ailleurs gagné tout ses référendums surveillés. RCTV, ici, n’aurait pas fait une fin de semaine de plus sur nos ondes, alors vas raconter tes mensonges ailleurs Jean Dumas ou réinformes-toi, car là, tu désinformes! Quand le coup d’état(2002, soutenu et financé par Washington « CIA ») eut lieu, des millions de vénézuéliens se sont retrouvés dans la rue à demander que leur président soit restitué. Chavez a l’appui du peuple et il suffit d’y aller pour le constater. Sa nationalisation de l’énergie et des communications, a permis de payer la santé gratuite et l’éducation de même, rien de moins! Encore ici, à chacun ses priorités!
Sylvain Guillemette
(Un dangereux communiste)
Votre article m’a beaucoup inspiré et je vous en remercie beaucoup. J’ai déjà dix épisodes d’écrit: merci encore! Voici le premier. je vous enverrai les autres un à un. Voici:
L’odyssée des lucides
1ère partie
Par Étienne Hallé
Ça y est, les lucides s’embarquent pour l’espace. Fièrement vêtus de leurs combinaisons moulantes grises métalliques et munis de larges épaulettes bleues royales, ils posent devant leur magnifique vaisseau trans-galactique baptisé le PPP McDonald Canada. Joseph Facal, l’aumônier, fait la bénédiction de l’équipage, les aspergeant d’eau bénite – qu’il s’est procuré dans le cabinet du très méritant Pierre-Karl Péladeau – et récitant les psaumes de l’évangile néolibéral de l’Institut économique de Montréal.
À cet occasion sont réunis les plus grands dignitaires : La Gouverneure générale, le Lieutenant gouverneur et Jean Charest qui maudit la désignation de Lucien Bouchard, un vulgaire « séparatiste », au poste de commandant. Il aurait tant aimé enfiler ses collants orange de commandant et sentir son gilet moulant sur son ventre pour ainsi exhiber fièrement sa silhouette de poire trop mûre. Mais non! Le Conseil du patronat lui a préféré un unijambiste; à lui et sa farouche tignasse de mouton flasque de la St-Jean-Baptiste. « C’est là qu’on en est rendu » grommelle-t-il. Autour de lui, tout le cabinet observe la cérémonie avec l’œil vif et attentif d’un merlan frit.
Le commandant Bouchard commence maintenant à passer son équipage en revue. Devant le lucide correspondant de l’espace Alain Dubuc, chroniqueur à La Presse jusqu’à la veille, il s’arrête et, incapable de résister à son postérieur si bien moulé dans son collant de cérémonie, lui donne paternellement une petite tape tirant ainsi une larme de l’œil du pauvre journaliste ému par tant de bonté. Il passe au suivant, ou plutôt à la suivante : la commissaire Nataly Elgrably, économiste et chroniqueuse du Journal de Montréal / Journal de Québec. C’est elle qui fait le lien avec l’Institut économique de Montréal et qui s’assure d’une bonne cohésion idéologique au sein de l’équipage. Bouchard lui adresse du menton un signe d’approbation, puis avance d’un pas. Il se trouve maintenant devant le clown Ronald Mc Donald : le vrai! Comme les restaurants Mc Donald’s canada ont financé l’expédition à près de 90%, ils ont envoyé leur meilleur représentant. D’ailleurs, qui de plus crédible pour représenter une entreprise capitaliste que le clown Ronald. Quoi qu’un peu inconfortable dans son uniforme, il est bien heureux de s’embarquer, et qui sait : peut-être rencontrera-t-il enfin une créature extra-terrestre aux cheveux rouges qui pourrait s’avérer être l’âme sœur. Face à lui, le commandant laisse paraître un léger sourire de satisfaction : « Des années à ne manger que du Mc Donald, ce n’est pas donné à tout le monde, et en plus c’est nutritif : les sportifs comme Despatie en mangent… », pense-t-il. Il termine sa revue et s’installe solennellement devant son micro.
« Chers Québécois, Québécoises, il me fait plaisir de vous donner l’honneur d’assister à la cérémonie de départ des lucides qui se distinguent de vous tous par leur mérite et par leur statut social. Comme vous nous avez écouté, vous avez été davantage productifs et êtes enfin venu à bout de nos ressources naturelles. L’eau a été privatisée, l’hydro-électricité a été privatisée. Nous n’avons donc plus d’eau et nécessairement plus d’électricité. Nous devons, nous les grands méritants, nous envoler afin de trouver de nouvelles ressources afin de continuer à vous faire travailler pour éviter que vous sombriez dans l’oisiveté et la paresse. C’est notre devoir, c’est notre mission! Vive la productivité!!! » Mario Dumont, dans l’assistance, enfouit sa main dans le fond de sa poche et tâte sa fronde : il aimerait bien ficher une bille dans l’œil de Ronald pour prendre sa place.
Fin de l’épisode 1
C’est fou tout l’amour qui se dégage autours de Joe, et les mensonges qui circulent à propos des ens de gauche.
Si tu veux rire Étienne, regardes ce que raconte Jean Dumas à propos de Chavez, il répète pratiquement mot pour mot ce que raconte la maison-blanche dans ses points de presse. Je me rappelle quand Chavez a nationalisé le pétrole, ce qui a permis au peuple vénézuélien de voir la naissance de soins universels et d’éducation universelle, ainsi qu’une multitude de services gratuits tels les dentistes etc…, Tony Snow avait vômit: « C’est une triste journée pour le Vénézuéla ».
Alors que la bourgeoisie se partageait ces trous noirs que seuls eux pouvaient de toute façon se payer, la population majoritairement pauvre sortait dans la rue pour crier famine! Cette oligarchie, aujourd’hui opposition officiellement criminelle qui s’est d’ailleurs présentée aux élections de décembre 2006, avait ordonné la matraque et le mousquet, ils ont tiré dans le tas! C’est ça les jeunes que cite Jean Dumas, c’est les jeunes de ces parasites là! Des gamins de riches qui n’ont jamais connu la misère, qui n’ont jamais eu à se chercher un travail pour la plupart.
Jean Dumas, tu devrais regarder le coup d’état de tes protégés, c’est génial parce que tu peux le retrouver sur internet « The revolution will not be televised ». En fouillant un peu, tu pourras aussi trouver l’histoire des paramilitaires colombiens engagés par la CIA pour tenter d’assassiner Chavez. Ou même, les coups bas que comettent les riches propriétaires comme les hausses allant jusqu’à 200% pour des denrées indispensables à la population et tout ça, dans le seul but de créer la contre-révolution, mettre des bâtons dans les roues du progrès, la droite est forte là-dedans! Sincèrement, je suis content d’être passé par ici, je peux venir de démentir Jean Dumas!
Ce que la plupart des gens disent ici, c’est que le communisme, ça se résume à des totons comme Kim-Jong-Il, plutôt monarche à mes yeux. Vous allez nous sortir la bible noire? Laissez-moi vous en dire un peu sur la bible noire du communisme…
Le trou noir
Le Livre noir orchestré par Stéphane Courtois (1), propulsé sur orbite maxi-médiatique en novembre 1997, s’impose à des masses de lecteurs désarmés qui baignent déja depuis plusieurs années dans une pensée unique en matière de « mort du communisme ». Mais pourquoi tant d’acharnement sur le cadavre ?
Par Jean-Marie CHAUVIER
La carrière de l’ouvrage indique déja qu’il s’agit d’un grand succès éditorial. Deux cents mille exemplaires de l’édition française auraient été vendus l’hiver dernier, des éditions sont prévues ou déja lancées en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, peut-être en Russie… la nouvelle « bible de l’anticommunisme » fait le tour du monde. Il semble qu’elle rencontre un très large consensus. Dans les milieux communistes tétanisés, les réactions sont évidemment embarrassées, plus soucieuses de tourner la page que de l’affronter, au point de concéder au discours noir que l’URSS était bien une monstruosité, mais avec laquelle on n’a rien à voir. Parmi les rares exceptions à cette dérobade : les antistaliniens de toujours, l’aile trotskiste, qui saisit les problèmes à bras le corps et sans aucun tabou (2).
Le Livre noir n’est pas une exception. Il n’est que la crête parisienne et pointue d’une déferlante partie de… Moscou dès 1989-91. D’anciens idéologues officiels du PC soviétique (Iakovlev, inspirateur de Gorbatchev, Tsipko, autre responsable idéologique du comité central, Volkogonov, général-idéologue de l’armée qui, en 1986 encore, chantait les louanges de la guerre en Afghanistan) s’illustrent dans un anticommunisme proprement hystérique. La réflexion initiale sur les racines du stalinisme et les lendemains d’Octobre 1917, est passée aux anathèmes jetés sur Lénine et les Rouges, à la démonisation de l’URSS comme « Empire du Mal », pour aboutir à la réhabilitation de la contre-révolution de 1918-20 et du dernier tsar Nicolas II. Pour Iakovlev d’ailleurs, Lénine est pire que Hitler et Staline !
A l’Est comme à l’Ouest, des centaines de livres, d’articles, d’émissions de télévision véhiculent plus ou moins la même peinture au noir du passé du socialisme réel et les mêmes idées-force sur le communisme que véhicule ou suggère le Livre noir :
Un. Le communisme est d’essence criminelle. Le crime est central dans son Histoire. Ses crimes contre l’humanité, au sens défini au procès de Nuremberg, exposent le communisme, ses organisations, ses complices, ses idées, à une condamnation sans appel. Des chiffres résument tout : 85 millions voire 100 millions de victimes du communisme, dont 20 millions pour la seule URSS — telles sont les affirmations du Livre noir, en fait Stéphane Courtois, supérieures à celles des co-auteurs du même, mais inférieures à d’autres estimations courantes.
Deux. Cette tare criminelle est génétique, c’est-à-dire inscrite dans la révolution d’Octobre 1917, les idées terroristes de Lénine et Trotski, voire, avant eux, de Karl Marx, et d’aucuns ajoutent : de toutes les idéologies révolutionnaires, anarchistes, républicaines, issues de 1789 et des lumières.
Trois. Communisme et nazisme sont comparables et similaires sinon totalement identiques : les régimes communistes ont causé beaucoup plus de victimes que l’Allemagne nazie. Génocide de race et génocide de classe sont également criminels. Un « Nuremberg du communisme » serait donc justifié.
Dans le Livre noir français, ces trois idées-force sont le fait du coordinateur Stéphane Courtois, auteur de la préface et de la post-face qui délivrent le message idéologique de l’ouvrage, largement répercuté par les médias. Mais ces idées-là sont contestées… par les deux principaux co-auteurs, Nicolas Werth, historien de l’URSS et Jean-Louis Margolin, spécialiste de la Chine. Situation paradoxale et largement ignorée du public : les idées-force du Livre noir ne sont pas celles de ses principaux auteurs ! (3)
Mais ce sont elles, et elles seules que popularisent les médias, porte-voix du seul Courtois. Vaste escroquerie intellectuelle ? Nous n’en sommes pas à une près…
Histoire ou réquisitoire ?
Mais qu’est-ce que le Livre noir ? Comme l’indique le titre, c’est un réquisitoire du communisme. Comme le précise le sous-titre, crimes, terreurs, répression, ce communisme est réduit à la violence.
Ce n’est donc pas une Histoire du communisme, ni même une Histoire des violences auxquelles est mêlé ou dont est ou serait responsable le communisme ou les régimes qui s’en sont réclamés, mais l’acte d’accusation contre le communisme jugé responsable de ces crimes.
L’objet du livre fait cependant problème. Pour les principaux auteurs, il ne s’agit que des phases répressives des régimes qui se définissaient comme socialistes ou que l’on rassemblait sous l’appellation de socialisme réel. Pour d’autres, et notamment Courtois, ce sont tantôt les répressions, tantôt les régimes, tantôt les idées, y compris l’eugénisme social de Lénine prolongeant le socio-historisme de Marx qui sont visés : les cibles sont fluctuantes. De fait, les contributions sont très inégales — certaines émanent d’historiens dont les qualités professionnelles sont indéniables, tel Nicolas Werth, d’autres se situent au niveau de la polémique journalistique. Il ne s’agit pas d’un ouvrage collectif, a précisé lors d’une conférence à Bruxelles Karel Bartosek, l’un des auteurs pourtant les plus proches des thèses de Courtois.
Les historiens co-auteurs-discordants semblent s’être fait piéger par Courtois. Les discussions précédant la parution du livre ont frôlé la rupture de contrat. Mais l’un des co-auteurs, Jean-Louis Margolin, aurait été menacé de poursuites par l’éditeur, Robert Laffont.
Si les auteurs divergent sur les points essentiels dont Courtois tire sa doctrine (chiffres globaux de victimes, centralité du crime, affinités communisme-nazisme), ils sont au moins d’accord sur la démarche entreprise : celle du réquisitoire. Position moralement défendable, mais qu’en résulte-t-il pour la réécriture scientifique de l’Histoire ? Dans la partie consacrée à l’URSS, Nicolas Werth choisit par exemple de ne traiter que de la terreur rouge dans la guerre civile de 1918-20, de minimiser la terreur blanche et les violences déchaînées par la contre-révolution et les interventions étrangères antisoviétiques.
Les faits qu’il rapporte, sur base d’archives soviétiques et de rapports de l’armée blanche, paraissent établir de façon indédiable les intentions et agissements criminels de Lénine et de Trotski — face aux opposants bourgeois et paysans, aux anarchistes. La terreur rouge de 1918-20 atteint ses extrémités dans l’extermination de populations entières appartenant aux communautés cosaques. Courtois y voit la marque d’un génocide, Werth décèle en tout cas, dans cette décosaquisation une préfiguration de la dékoulakisation (massacre et déportation des paysans koulaks) perpétrée sous Staline. Peut-on cependant ignorer le rôle des Cosaques dans le déclenchement de la contre-révolution, en collusion tantôt avec les Allemands, tantôt avec les interventionnistes de l’« Entente franco-britannique » et les armées blanches de Dénikine ou Koltchak ?
La question doit être posée, non pour justifier les massacres commis par les Rouges, mais pour en interpréter la nature : volonté génocidaire ou engrenage des terreurs où le salut appartient à celui qui tire le premier ? N’étaient-ils que des bavures, d’ailleurs, les progromes (massacres) de dizaines de milliers de juifs (et bien sûr de non-juifs, ouvriers et paysans pro-soviétiques) par les Blancs et les nationalistes ukrainiens ? D’autre part, si la guerre civile met en présence les Bolchéviks et l’ensemble de la population, notamment paysanne — comme le suggère le Livre noir — par quel miracle les Rouges l’ont-ils emporté ? L’Armée rouge n’était-elle pas finalement composée aux quatre cinquièmes… de paysans ?
Peut-être faut-il rappeler que les contre-révolutionnaires ne se battaient pas seulement contre le pouvoir bolchévique mais, le plus souvent aussi, pour reprendre la terre acquise en 1917 par les paysans, ceux-ci ne pouvant dès lors que pencher en faveur des Rouges chaque fois que les Blancs redevenaient menaçants.
Mais quelle évocation médiatique de l’Histoire s’arrête-t-elle encore, aujourd’hui, à ce genre de détails ? Quels livres, quelles émissions de télé, quels journalistes évoquant cette période prennent-ils soin de préciser qu’Octobre 1917, réduit à un vulgaire coup d’état, était aussi et surtout l’accomplissement d’une grande révolution sociale, ne fût-ce que par la légalisation, au Congrès des Soviets, du grand partage des terres (150 millions d’hectares) entamé spontanément par les paysans, sans attendre la permission des Bolchéviks ? Et sans ce détail, comment comprendre la victoire des Bolchéviks dans la guerre civile — malgré les affrontements extrêmement violents avec les paysans sur les problèmes de réquisitions et de mobilisation ? Quel sens y a-t-il d’ailleurs d’évoquer les soulèvements paysans antibolchéviks si l’on ignore la résistance de ces mêmes paysans à la contre-révolution blanche ?
Nous sommes confrontés ici à un problème de sources. La guerre civile russe reste mal connue. L’édition francophone ne publie plus guère que des ouvrages radicalement hostiles au bolchévisme, comme Pipes, Malia, Courtois. Les Carr, Deutscher, Liebman ne sont pas réédités (4). Un Lewin est rarement traduit. Il reste quelques auteurs publiés en français, tels Ferro et Salomoni, qui proposent de la révolution russe autre chose que de violentes diatribes (5).
Fin 1997, sont parus sur la guerre civile, outre le Livre noir, un ouvrage de l’historien Dominique Venner, un ancien dirigeant notoire de l’extrême droite des années 60 qui est toujours proche à l’heure actuelle de la Nouvelle Droite. Parallèlement, des cassettes video circulent, qui reproduisent, sur la révolution bolchévique, la vieille théorie (fabriquée en 1917 par les états-majors alliés de l’Entente franco-britannique) du complot allemand dont Lénine aurait été l’agent, une idée qui reprend du service en Russie (6). Comment le grand public peut-il se former dans de telles conditions ?
La famine de 1932-33: un génocide ?
Le Livre noir revient largement sur une période mieux connue : celle des répressions staliniennes des années trente, où collectivisation forcée et déportations de paysans précèdent (en 1928-33) la grande terreur proprement dite, de 1936-38, décimant le parti, l’armée, les syndicats, les jeunesses communistes, les cadres de l’Internationale, etc… On se trouve là face à l’un des plus grands crimes du vingtième siècle (déportations et Goulag ayant englouti des millions d’hommes, brisé une génération, mutilé des nations entières). Sommet de cette orgie meurtrière : la famine de 1932-33, qui fit six millions de morts au moins. Les historiens sont généralement d’accord pour la considérer comme le résultat de la politique stalinienne de collectivisation forcée et de réquisitions. De là à parler d’ un génocide planifié, il y a un pas, que franchit le Livre noir. Il n’est pas le seul. La question est ouverte.
Pour Nicolas Werth, certes plus prudent que Courtois, il s’agit bien d’un crime délibéré, au vu des réquisitions de semences et des exportations de blé maintenues alors que la famine était déja là, sans oublier le blocus des régions touchées et le manque de secours aux victimes. Sur cette abomination, des pièces à conviction manquaient peut-être : l’ouverture des archives à Moscou permet de combler ce vide. Ces pièces sont accablantes pour le régime stalinien et… ceux qui persistent dans la fidélité à ce régime et/ou dans le négationnisme des crimes commis. Comparables à ceux des nazis… ce qui n’implique aucun amalgame.
Comparaisons et amalgames
Le comparatisme est une méthode courante et parfaitement justifiable dans la recherche historique. Comparer les dictatures de Staline et Hitler entre elles…et avec d’autres n’a rien de scandaleux.
Le fascisme rouge stalinien, s’incarnant dans le Goulag, les prisons du NKVD, leurs tortionnaires, leurs marches de la mort et leurs charniers, n’est pas moins abominable que les fascismes brun et noir.
Les comparaisons permettent de déceler les analogies… mais aussi les différences. Elles devraient être des plus instructives: qu’y avait-il de commun ou d’antinomique dans les régimes en question, leurs pratiques terroristes, leurs genèses socio-politiques, leurs systèmes économiques, les idées et les valeurs dont ils se réclamaient .
Pionnière de ce comparatisme, Hannah Arendt englobait les deux régimes sous le concept de totalitarisme : mais elle n’y incluait pas l’URSS pré et post-stalinienne, ni à fortiori le communisme. C’est abusivement qu’on la cite, fréquemment, pour justifier une définition totalitaire de l’URSS qui n’était pas la sienne.
Lorsque comparaisons et totalitarisme deviennent synonymes d’assimilation, il y a en effet un glissement de sens permettant d’annuler la périodisation de l’Histoire soviétique, d’ignorer ce qui sépare, en profondeur, l’Allemagne nazie et l’URSS, à fortiori le nazisme et le communisme. Que peut y gagner la connaissance ?
Pour pouvoir comparer, il faut d’abord identifier les objets que l’on compare. Cela vaut pour les régimes communistes. Pourquoi ne pas, d’abord, les comparer entre eux ? La révolution cubaine et celle de Pol Pot sont-elles de même nature ? Le bourreau Beria et le guerillero Che Guevara sont-ils à mettre dans le même sac ? Dans l’Histoire soviétique elle-même, le régime des soviets en 1917 est-il assimilable au communisme de guerre de 1918-20, au régime d’économie mixte de la NEP des années vingt, n’y a-t-il pas un tournant stalinien après 1928, le régime stalinien de dictature personnelle et de terreur de masse est-il assimilable à ce que connaît l’URSS sous Krouchtchev, dans les années 60, au régime bureaucratique de croisière sous Brejnev ?
Est-il sérieux — et honnête — de mettre sur le même plan les violences exercées dans un contexte de guerre civile à protagonistes multiples (1918-20), la terreur de masse exercée sous Staline contre des populations désarmées, et la répression sélective, sous Brejnev, de minorités dissidentes ?
Qu’y a-t-il de vraiment commun entre l’idéologie industrialiste et anti-paysanne de Staline et l’utopie anti-urbaine, nationaliste et raciste, de Pol Pot et de ses insurgés paysans ? Autant de questions qui invitent à de passionnantes… comparaisons. En tant que sociétés, l’Allemagne hitlérienne et l’URSS stalinienne sont très éloignées. La première appartient à la civilisation européenne avancée — vie urbaine, production, déportations, camps obéissent à une logique industrielle sophistiquée. L’URSS stalinienne n’a pas quitté la barbarie asiatique qu’un Lénine prétendait extirper. Civilisés d’un côté, sauvages de l’autre… Voir les différences entre systèmes répressifs, entre camps nazis et goulag n’implique pas que l’un justifie ou relativise les horreurs des uns et des autres. Y a-t-il cependant, sous Staline, un phénomène équivalent à la destruction planifiée, hautement organisée, méticuleusement exécutée des juifs en tant que juifs à Auschwitz-Treblinka ?
Il n’y a aucune raison, du reste, de s’en tenir aux seuls domaines de la politique et de la répression. Qu’ont de commun, à cette époque, les habitants de Hambourg et de Cologne ou de la Ruhr, avec ceux du Donbass, des campagnes sibériennes ou de l’Ouzbekistan ? En Asie musulmane soviétique, dans leur mode de vie et même les structures de pouvoir, n’y a-t-il pas plus de pertinentes comparaisons possibles avec l’Afghanistan ou le Pakistan voisins, qu’avec l’Allemagne? Cologne et la Ruhr sont en revanche très proches de… nous, de nos sociétés libérales développées. C’est là que d’autres comparaisons-rapprochements s’imposent.
Démocraties-dictatures : quels liens ?
Quel rapport entre l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et les démocraties occidentales ? N’ont-elles pas en partage le capitalisme… et l’anticommunisme, à l’époque où nos bourgeoisies préféraient Hitler au front populaire ? Par quels processus (hier, demain ?) les démocraties libérales engendrent-elles des dictatures ? Peut-on identifier le nazisme sans explorer le terreau dont il est issu – crise capitaliste internationale et nationale allemande? On risque de faire figure de marxiste ringard, à évoquer le rôle des grands Konzern dans l’accession d’Hitler au pouvoir et au coeur du système nazi, en ce compris l’exploitation (capitaliste) des esclaves des camps et la fourniture (marchande) du gaz Ziklon B par les chimistes d’IG Farben aux « entreprises » d’Auschwitz-Birkenau. Or, resituer le nazisme à ce contexte-là n’est pas évident. Ce ne sont pas les feuilletons TV genre Holocauste, ni la Liste de Schindler façon Spielberg qui peuvent éclairer les jeunes générations. Les rapports nazisme-capitalisme sont occultés. On sait très peu que les camps ont d’abord servi aux opposants communistes, à quel point l’anticommunisme était cardinal dans la démarche nazie (et fasciste en général) ou encore que les gaz fournis par IG Farben (dont les actionnaires touchent encore leurs dividendes) ont été expérimentés sur des prisonniers soviétiques avant d’être employés à Auschwitz-Birkenau pour la destruction des juifs. D’une façon générale, le nazisme est réduit à ses extrémités et à sa folie racistes, au judéocide — présentés de telle façon qu’ils échappent à toute rationalité. Une polarisation sur cette seule et atroce singularité conduit non seulement à ignorer les autres exterminations de masse imputables à l’Allemagne hiltérienne (des millions de slaves soviétiques, polonais et yougoslaves, les tziganes…) mais, surtout, à extraire les crimes nazis de leur contexte, à les rendre exotiques au point d’occulter leur rapport avec notre civilisation industrielle et capitaliste. De même, le concept de totalitarisme, dans son usage polémique courant, a pour fonction d’évacuer de notre territoire le nazisme amalgamé au « jumeau » communiste. L’ensemble totalitaire étant situé hors-champ, il n’est plus nécessaire de s’interroger sur les rapports entre le nazisme et notre système, sur la manière dont les démocraties capitalistes en crise (question on ne peut plus actuelle !) peuvent générer des régimes autoritaires en accord avec les lois du marché.
Une telle interrogation renvoie en effet aux réelles réalités sociales, tout comme le stalinisme renvoie aux profondeurs de l’Histoire et de la révolution russes, à la crise des années vingt, ou le lepénisme à la crise sociale actuelle en France.
En somme, l’Histoire n’est pas seulement l’Histoire des idées ou des grands hommes et de leurs folies, il n’y a pas d’utopie au pouvoir, mais des forces réelles, et le pouvoir n’est pas tout… C’est à l’Histoire des modes de production et de leurs crises, des sociétés et de leurs contradictions qu’il faut réintégrer nazisme ou stalinisme si l’on veut avoir une quelconque chance d’en faire des objets de connaissance et non de simples épouvantails de foire.
http://www.resistances.be/coconoir.html
« Quand les patrons parlent au sujet d’améliorer la productivité, ils ne parlent jamais au sujet d’eux-mêmes. »
« C’est fou comme l’argent aide à supporter la pauvreté ! »
On les a fait saigner du nez tu crois? À force de chercher des arguments défendant le capitalisme, ça se peut étant donné les faits indéniables!
Je pense bien que oui…