Articles
Commentaires

Mes aïeux

Je reprends mes activités blogosphériques après un mois de pause dont j’avais bien besoin.

Petit changement cependant : je vous écris ces lignes de Madrid, en Espagne, où je serai professeur visiteur dans une université.

Les nouvelles technologies de l’information abolissent les distances. Je continuerai donc à suivre l’actualité de chez nous comme si j’y étais. Mais mon nouveau point d’ancrage m’incitera sans doute à aborder d’autres thèmes.                                                               

Je ressentais depuis longtemps le besoin de respirer, pour un temps, un autre air que celui du Québec. J’ai la chance d’exercer un métier qui offre (parfois) cette possibilité d’aller travailler ailleurs. Par bonheur, ma femme et mes enfants étaient à des moments dans leurs vies qui rendaient l’opération faisable.

Un ami, qui a vécu la même expérience, m’a dit que la distance lui permettait de voir avec beaucoup plus de clarté ce que les Québécois  avaient d’unique, mais aussi ce qu’ils partagent avec les autres peuples du monde. De toute façon, mon petit doigt me dit que rien ne changera chez nous à court terme. 

J’ai choisi l’Espagne parce que c’est le pays de mes ancêtres des deux côtés. Mon grand-père paternel l’a quitté en 1920 pour émigrer en Uruguay. Il avait seize ans. Il est parti en compagnie d’un de ses frères seulement. La traversée en bateau de l’Atlantique, de Vigo à Montevideo, prenait près d’un mois à l’époque.

Mon père, ma mère et moi avons ensuite quitté l’Uruguay pour le Québec en 1970. Le coup d’État militaire, que mon père avait vu venir, eut lieu trois ans plus tard, en 1973, mais dès le milieu des années 60, tout le pays était plongé dans une profonde crise sociale.

À un moment donné, l’Uruguay était le pays qui avait le plus de prisonniers politiques par habitant au monde. Mais cette terrible dictature a moins marqué les esprits parce que l’Uruguay est un tout petit pays, et parce que la junte militaire ne s’incarnait pas dans la personne d’un seul individu, comme Pinochet au Chili.                                                                              

Trois générations, deux continents, trois pays : mettons que je ressentais le besoin de trouver des réponses à certaines questions sur mes origines et l’histoire de ma famille. Quand on est jeune, on se pense immortel et on accorde peu d’importance à ce qui était là avant nous.  Le temps se charge de vous ramener à vos racines.

À Madrid, j’ai inscrit mes enfants à l’école publique du quartier. L’immersion totale en espagnol. Mais avant que l’école ne débute en septembre, nous avions le temps de nous promener un peu.

 Mon père m’avait donné quelques indications. C’est de son côté que se trouvaient les pistes les plus solides pour remonter dans le temps. Les Facal viennent de la Galice, qui est la région la plus au nord-ouest de l’Espagne. Une région de pêcheurs et d’agriculteurs, plus pauvre et moins développée que le reste du pays.

Je suis donc parti à la recherche de mes origines, dont nous avions assez peu parlé autour de la table familiale pendant que j’étais enfant. J’ai fait des découvertes bouleversantes. Je vous raconte la suite après-demain.

Comme ce texte n’est qu’un petit témoignage personnel sans prétention et non une prise de position politique, prière de ne pas en profiter, si vous tenez à tout prix à commenter, pour insérer des commentaires sur des sujets sans rapport. Merci.

8 réponses à “Mes aïeux”

  1. le 04 août 2009 à 6:33 Lucie

    Quelle bouffée d’air frais. Je suis heureuse de vous savoir heureux.

  2. le 04 août 2009 à 8:57 Casimir

    Bon retour monsieur Facal! C’est un plaisir de vous lire à nouveau.

  3. le 04 août 2009 à 13:29 ymdelisle

    Bien comprendre le passé nous permets de mieux comprendre le présent et d’anticiper le futur. Bonne chance dans votre démarche M. Facal.

  4. le 04 août 2009 à 14:13 MICHEL G.

    HEUREUX DE VOUS RETROUVER M.FACAL,JE VOUS SOUHAITE
    UN BEAU SEJOUR À MADRID,AVEC LES VÔTRES MERCI.

  5. le 04 août 2009 à 14:19 AntiPollution

    Au pays de vos ancêtres, chanceux va !
    Espérant que vos recherches généalogiques seront fructueuses. Nos racines c’est très important.
    Bonne chance et au plaisir de vous lire.

  6. le 07 août 2009 à 22:43 Raman

    Félicitations, M. Facal. (Ceci dit avec une pointe d’envie…)
    Rien de tel que le dépaysement pour se refaire une santé spirituelle!

    J’espère seulement que vos aventures et découvertes ne vous feront pas perdre la passion du Québec.

  7. le 08 août 2009 à 9:07 RenéP.

    Bonjour et bon retour monsieur Facal,

    je sens que vous allez nous raconter et nous faire voir des choses très intéressantes depuis la terre de vos ancêtres. Bon séjour en Espagne y saludos a todos los espanoles!

  8. le 08 août 2009 à 19:13 Ranang Rousseau

    Génial!

    Je reviens d’un séjour en Centrafrique où mon père est né…et décédé en 1978.Je vous épargne les détails mais j’ai appris sa mort sur internet il y a 3 ans de cela. Bref à 35 ans, j’ai donc finalement effectué ce fameux retour aux racines en avril dernier accompagné de ma soeur et de ma femme. Un superbe voyage. Je travaille d’ailleurs sur un court métrage à partir des nombreuses images prises sur place.

    Par ailleurs, j’ai eu la chance de séjourner en Espagneavec ma femme il y quelques années.Coup de foudre partagé! Depuis ce temps je lui dis souvent à la blague que je trouverai un jour un moyen d’y travailler quelque temps afin de pouvoir y retourner plus longuement.
    Votre séjour me rend jaloux.

    J’entrevois un carrefour de réflexions possibles et inspirantes (observations du Québec, retour aux origines en Espagne) de ces expériences conjugées.

    Au plaisir de vous lire!