Marquer dans son but
13 février 2008 par Joseph Facal
Quand Christine St-Pierre a annoncé qu’elle faisait le saut en politique, j’ai spontanément pensé que les libéraux venaient de réussir un coup fumant. J’avais évidemment tort.
Lorsque le recensement 2006 fut rendu public, la ministre St-Pierre trouva le moyen de dire qu’il ne contenait «que des bonnes nouvelles». La réalité a beau être un concept très relatif en politique, mais tout de même…
Quand il s’avéra que le gouvernement détenait des études qui dépeignaient une situation linguistique autrement plus inquiétante, elle laissa s’accréditer la perception qu’elle avait quelque chose à cacher en ne les rendant pas publiques.
Elle essaya ensuite de justifier le non-dévoilement des études en invoquant une interprétation totalement erronée des relations entre le pouvoir politique et l’Office de la langue française.
Entretemps, elle convint, du bout des lèvres, que la situation du français était effectivement «inquiétante».
Elle dut néanmoins sentir qu’elle était sur une lancée gagnante, car elle fit nommer une dame qui s’oppose à la loi 101 à la tête de l’organisme chargé de conseiller le gouvernement sur l’application de cette loi.
Puis, elle essaya de justifier cette nomination d’une façon qui l’obligea à se rétracter.
Pour comparaison, sitôt que sa marmite à elle se mit à bouillir, sa collègue Courchesne rendit publiques vingt-deux mesures concrètes d’amélioration de l’enseignement du français qui ont calmé le jeu.
Évidemment, pour les libéraux, cette affaire arrive au moment où ils semblaient se redresser et porte sur un sujet qui est déjà leur talon d’Achille historique.
Heureusement pour eux, le PQ est, lui aussi, en train de s’enfarger tout seul dans la question linguistique, et Mario Dumont est à l’étranger.
Le fait que l’Assemblée nationale ne siège pas évite également à la ministre de subir la canonnade quotidienne des partis d’opposition.
Cela pose toute la question des ingrédients qu’il faut avoir pour réussir en politique.
On comprend assez aisément pourquoi les gens d’affaire prestigieux échouent habituellement en politique. Ils ont l’habitude d’appeler un chat un chat, de décider seuls et de gagner beaucoup d’argent. Rien de cela en politique.
Vous avez aussi, très rarement, d’immenses talents naturels, comme un Philippe Couillard, un parfait inconnu quand il fit le saut.
À première vue, le métier de journaliste semble pourtant être un de ceux qui préparent le mieux à la politique. Je m’attendais donc à ce que Mme St-Pierre comprenne au moins que l’important, en politique, est moins de savoir où l’on va que de donner l’impression que l’on sait où on s’en va.
Qu’ont en commun ceux et celles qui réussissent ? Des talents de comédien, une énorme confiance en eux, des nerfs solides, la capacité de rebondir. Mais s’il y avait une recette éprouvée, ça se saurait.
Trouvez-moi idéaliste si vous voulez, mais je persiste à trouver admirables ceux qui ont abandonné des situations souvent très confortables pour descendre dans l’arène.
Le problème est qu’en bout de course, seuls comptent les résultats.
26 réponses à “Marquer dans son but”

(J’aime bien votre titre!). Jean Charest aura surement l’intelligence de mettre Mme Saint-Pierre dans un ministère de second rang à l’occasion du prochain remaniement. Je suis surpris que l’on (PQ-ADQ) ait pas encore (à ma connaissance) demandé sa démission. Elle se conduit comme une traîtresse, rien de moins.
Bon, lançons le débat. Le problème c’est que le mal, pour l’essentiel, sera déjà fait quand Mme Saint-Pierre quittera, et que Jean Charest nommera probablement une autre carpette anglaise à sa place, pour les 2 raisons suivantes:
1. Jocelyn Létourneau et Sylvia Martin-Laforge resteront membres du Conseil supérieur de la Langue Française pour cinq ans, et teinteront ses propositions. Le premier est le père du programme de la réforme de l’enseignement de l’histoire visant à donner aux jeunes québécois une vision non-conflictuelle et non-nationale de leur histoire. La seconde est une lobbyiste anglophone anti-loi 101 connue. Je vous invite à aller voir, par ailleurs, le profil des autres personnes nommées – ce n’est pas nécessairement réjouissant (http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/salle-de-presse/communiques/2008/janvier/2008-01-31.shtml). Le site des nominations est assez instructif en général pour réaliser quel genre de gouvernement fantoche est le nôtre.
2. Le gouvernement n’aura pas su saisir l’occasion de remettre la langue française à l’avant-plan et de faire les réformes qui s’imposaient. Un tel momentum ne saurait durer éternellement – les gens aurons besoin de se reposer après quelques temps puisqu’il est essoufflant d’être constamment en crise identitaire. Les médias sauront nous convaincre qu’il s’agit d’un débat « stérile », qu’il faut sortir de ces « ornières » et « passer à l’avenir ». Quand un vrai gouvernement prendra le pouvoir, le capital de sympathie pour cette question aura disparu. Voilà donc une autre occasion manquée.
La loi 101 est arrivée au bout de sa logique. Elle a été adoptée dans un contexte où les pressions en faveur de l’anglais n’étaient pas aussi fortes qu’elles ne le sont aujourd’hui. Les justifications morales pour cesser de financer les transferts linguistiques vers l’anglais sont plus fortes que jamais (CHUM anglais, cégeps et écoles anglaises, universités anglaises financées par l’État, CPE anglais, services bilingues données par les ministères, traduction des lois et documents gouvernementaux, etc…). Il serait peut-être temps qu’on y songe. Cesser de subventionner l’anglais permettrait peut-être de moins subventionner le français, et tous les contribuables en bénéficieraient. Non?
Au niveau des nouveaux venus en politique j’attribuerais le trophé Calder de la meilleure recrue à Bernard Drainville. En étant le plus objectif possible, le travail de sape qu’il a accompli face au charismatique Docteur Couillard est franchement épatant. J’ai eu l’occasion de l’entendre à une conférence du Mésum lors de la semaine de la souveraineté à l’université de Montréal et il semble aussi devenir un bon orateur. Peut-être est-ce à cause de son ancienne carrière de journaliste mais il ne semble pas faire rouler la vieille cassette péquiste lors de ses discours. En deuxième place, malgré la répulsion que m’inspire le personnage, il me faut admettre que Sébastien Proulx est solide sur ses patins et assez frondant (trop?), il me fait beaucoup penser à Denis Coderre pour sa démagogie, qualité qui semble payer, jusqu’à un certain point, en politique.
Pour ce qui est de Christine Saint-Pierre, je la trouvais invisible et maintenant elle est plutôt nuisible. Dommage elle semblait avoir du potentiel.
@ les dents
Je ne connais pas les projets de reforme concernant l’education de l’histoire au secondaire, toutefois pour avoir suivi ces fameux cours, je peux affirmer que le ton etait dans la propagande et non l’education.
Quand on enseigne l’histoire, on relate les faits en suivant une methodologie irreprochable, ce qui n’est pas le cas au Quebec, ou la victimisation et la desinformation qui suit la presentation des faits sans mention de tout les elements historiques n’est ni plus ni moins que de la propagande. Alors si quelqu’un decide de changer ce lavage de cerveau des 15-16 ans alors je lui dit BRAVO.
L’ecole ne doit pas etre une tribune a une ideologie politique, mais la source a travers laquelle l’etudiant est libre de pensee et d’analyse.
De toute facon vous etes bien le fruit de ce lavage de cerveau et je n’ai pas la pretention de vous faire comprendre le contraire. Les termes traitres, et carpettes anglaises ne font que ruisseler avec une turbulence bien propre a cette demgagogie qui est la votre.
Amicalement
Je ne suis pas d’accord quand vous dites que le PQ s’enfarge dans la question linguistique. Pour une fois, le PQ sépare le bilinguisme d’État et le bilinguisme du citoyen.
Si ya bien une chose, que je repproche à mon enseignement primaire, secondaire, c’est que l’enseignement anglais était médiocre, ce qui m’a empêcher de voir le monde d’un oeil curieux, et non d’un oeil stressé de me faire manger.
J’ai véçu un an à Vancouver, et je n’ai jamais oublié qui j’étais, ni perdu ma langue française. D’ailleurs, si ya bien une chose qui va (inévitablement arriver), c’est que je vais quitter le Québec pour toujours, car nous sommes trop émotionnel dans nos débats et c’est malsain. La langue ne fait pas parti de la culture, la langue française c’est la langue de notre État, c’est tout. Être ministre de l’Éducation, j’obligerais nos petites québécoises et québécois à apprendre le français, anglais, espagnol et le mandarin… et le punjabi, question de voir le monde de façon globale d’un oeil curieux et de créer des liens.. et de la richesse, autant culturelle que monétaire.
J’ai 22 ans, et le Québec ne me ressemble pas. C’est trop fermé sur les autres. Le Québec est p-e multiculturelle, mais vraiment fermé et xénophobe. Quand on vit ailleurs, on le voit, on le sent, et on décroche….
Excellente analyse M.Facal,
Sur la forme: texte clair, et concis. M Paré — ex directeur du magazine de l’actualité — vous donnerait un A+.
Sur le fond, Adam en profite pour démontrer son désaccord profond avec vous en s’en prenant « à les dents » qui a pourtant fait une analyse bien étayée sur ce dossier de la langue.
Il craint pour l’avenir de son peuple et à juste titre ; et le «passé» du PLQ (( contre la loi 101, ouvrez Monsieur Adam votre propre livre d’histoire, non pas celui de ces laveurs de cerveaux : et voir, Année 1977 ))
……et le «présent» du PLQ (( que je qualifierais de catastrophique depuis 2003 sur le même dossier, est exactement dans la même veine………Ce PLQ est comme le renard dans le Poulailler : autrement dit on ne peut pas leur faire confiance! À moins que vous nous prouviez le contraire M.Adam avec…….« des faits»!
****
M.Casavant, à 22 ans je vous trouve bien jeune pour baisser les bras, et porter un jugement aussi sévère sur vos frères et soeurs ; vous savez l’herbe est rarement plus verte chez le voisin!
On a besoin de vous pour pour accompagner ce petit peuple Gaulois, qui fait l’envie et l’admiration(oui,oui!) d’un grand nombre de Pays à travers le monde(dont les Catalans), dans sa lutte depuis 400 ans pour survivre en Amérique du Nord.
Adam,
1. Je suis aussi allé à l’école secondaire et je n’ai pas l’impression que ce qu’on m’y a enseigné était de la propagande. Du reste, il s’agit d’une question de vécu personnel et de la façon dont on l’interprète. Sur le ton, je n’y peux rien si votre enseignant faisait de la propagande. Là-dessus, l’État peut difficilement réglementer le « ton » employé en classe par les professeurs. Et c’est très bien qu’il en soit ainsi. De là, c’est aux jeunes de distinguer le vrai et le faux.
2. Quant à la méthodologie « irréprochable » que vous proposez, j’aimerais bien la connaître. Si je lis entre les lignes, je comprends que vous proposez de sélectionner des faits différents de ceux qui étaient enseignés dans nos écoles jusqu’à récemment. Escamoter, par exemple, la Conquête, les rébellions de 37-38, l’Acte d’Union, etc… Ça fait trop victime. Et retirer l’histoire du Régime français du programme. C’est trop insignifiant. Il faudrait, n’est-ce pas, mettre plutôt l’accent sur l’histoire de l’industrie du textile et de la révolution industrielle en Ontario, de la colonisation de l’Ouest canadien et sur l’histoire du Grand Tronc. Mais n’est-ce pas là un autre choix méthodologique ? N’est-ce pas là une autre vision de l’histoire ? Que cela vous plaise ou non, sélectionner des faits et en rejeter d’autres (ce qui est inévitable quand on fait de l’histoire) implique nécessairement d’adopter une vision de l’histoire plutôt qu’une autre. Si vous croyez qu’il vaut mieux étudier une histoire plutôt qu’une autre, il faudrait que vous nous expliquiez pourquoi. Pour ma part, je pense que l’approche la plus féconde, celle qui explique le mieux le passé, forge le présent et nous projette dans l’avenir est l’histoire des évènements politiques et militaires. Ceci ne signifie pas qu’il faut ignorer l’histoire industrielle ou économique, mais cela n’est pas central.
3. Sur le recours aux termes « carpette anglaise » (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_de_la_Carpette_anglaise) et « traîtresse », je voudrais savoir s’il est permis d’y recourir, ou si la rectitude politique l’interdit. Adam, existe-t-il des traîtres dans notre histoire ? Si oui, est-ce permis de le dire ? Si vous croyez que Mme Saint-Pierre ne manque pas de loyauté, de fidélité au Québec et à ses institutions, j’aimerais que vous m’expliquiez pourquoi. De votre point de vue, cela dit, les indépendantistes sont p-ê des traîtres. Ceci est discutable.
4. Le recours au terme « démagogue » pour qualifier le propos de l’autre sert souvent à masquer une incapacité à répliquer sur le fond… J’ignore si ceci s’applique à vous.
Pour ce qui est de madame Christine St-Pierre, je ne pense pas Monsieur Facal, qu’elle ait laissé Radio-Canada en si bons termes. Rappelez-vous… alors qu’elle était toujours journaliste, son manquement à une règle sacrosainte en déontologie, celle du droit de réserve, sa lettre d’opinion dans le quotidien La Presse expliquant le bien fondé, selon elle, de la guerre en Afghanistan.
Son avenir était pour le moins bouché sans possibilité semble-t-il de devenir chef de bureau ou chef de pupitre à Radio-Can. Ne lui restait comme porte de sortie que la politique…
@ M. Laroche Casavant
Vous confondez langage et langue. J’ai également vécu de longues années dans le ROC et c’est pourquoi j’affirme que si l’aspect monétaire est le seul langage de votre vie vous serez bien partout…
Le langage, comme véhicule de la parole et comme acquisition sociale, n’a pas de culture, c’est un système de communications ou de signes vocaux si vous voulez… Le langage ne transporte aucune culture, aucune histoire, tandis que la langue si.
La langue française (comme l’anglaise, l’allemande, l’espagnole etc) a une histoire, elle est vivante et porte en elle une ou des cultures. Langues maternelles, langues vivantes, langues mortes subsistent comme témoins d’un long cheminement historique.
Un seul exemple : les anglicismes – comme des strates – qui se sont infiltrés dans notre langue d’aujourd’hui sont comme de longues cicatrices témoignant des combats d’hier.
Vous êtes jeune, il est normal je pense que pour l’instant vous ayez comme priorité le succès financier. Après? Tout dépendra de vous…
À Mathieu,
1. Je suis toujours sidéré de constater que ceux qui ont des difficultés avec l’anglais mettent la faute sur l’État. Le rôle de l’État est de vous donner la connaissance de la langue nationale, et de vous donner les outils de base pour aller vers d’autres langues. D’accord, on pourrait faire mieux quant à l’apprentissage de l’anglais, mais on croirait que le rêve de bien des Québécois, c’est de pouvoir devenir parfaitement bilingues (voir multilingues) sans jamais sortir du Québec. Cette illusion que, pour que le PIB soit bien servi, tous devraient être bilingues du concierge au premier ministre. C’est une illusion qu’entretient bien Mme Marois. S’il y a des défauts dans le système québécois d’apprentissage des langues, il se situe beaucoup plus, de mon point de vue, dans l’apprentissage de la langue nationale – qui est le premier outil de la pensée et de la culture (le français) – et des autres langues (espagnol, mandarin, etc.). Vous n’entendrez jamais un indépendantiste s’opposer à l’enseignement de langues autres que l’anglais dans les institutions publiques. Par contre, je pense qu’il faut cesser cette fixation sur le bilinguisme anglais-français.
2. Je suis toujours attristé de lire des propos comme les vôtres. Pour vous, le français et la culture qui l’accompagnent sont synonymes de fermeture, d’étroitesse d’esprit, de xénophobie, etc… Par opposition, ouverture sur le monde rime avec anglais. Vous avez bien intégré, lors de votre passage à Vancouver je présume, tous les préjugés anglo-saxons à l’endroit du Québec et de la culture française. J’ai moi-même vécu de nombreuses années chez les anglos, et j’en tire des conclusions très différentes des vôtres. Ceci dit, chacun est libre de devenir anglo si tel est son désir, particulièrement si c’est à la suite d’un séjour ô combien culturellement enrichissant à Vancouver. Mais gardez-vous, de grâce, de poser sur votre société le regard condescendant de celui qui a choisi d’immigrer ailleurs.
Quand toutes les institutions anglaises du Québec auront disparues ( McGill, Concordia, Montreal General Hospital, Royal Victoria Hospital, Montreal Children’s Hospital, Eastern Townships School Board, CJAD, CTV Channel 12, CEGEPs anglais) est-ce que le Québec sera augmenté ou diminué? Est-ce que l’attrait de l’anglo-américain diminuera pour autant? Est-ce que Montréal pourra attirer de organisations internationales sans ces atouts?
On confond la dominance culturelle américaine avec une minorité de 8% de la population, qui a déjà compté pour 18%, qui ne cesse de diminuer et de vieillir. Quand Yves Michaud accuse cette minorité d’assimiler 50% de nos immigrants, il se trompe royalement de cible. Tout comme M. Facal se trompe de cible en accusant Mme St-Pierre du déclin du français sur l’île de Mtl. Est-elle responsable de l’étalement urbain, de l’augmentation de l’immigration, de la concentration des immigrants à Montréal? Que proposez-vous à sa place, et svp ne répondez-pas de franciser le 5% des CPEs qui ne le sont pas déjà. Engager une armée de fonctionnaires pour surveiller les PMEs ne donnera aucun résultat concret, ça donne l’air de s’en occuper sans rien changer.
On gagne notre vie avec nos échanges commerciaux qui se font presque uniquement en anglais, et je lis encore de gens qui voudrait qu’on arrête de mettre l’emphase sur cette langue. Quand un Grèc parle avec un Finlandais, ça se passe en anglais, le Chinois qui se rend au Mozambique, en anglais encore.60% de l’économie du Québec dépend de nos exportations, dont 80% aux seuls U.S.A. Nous qui sommes bien placés pour l’apprendre et s’en servir, on s’en priverait? Pas fort comme argumentaire. La peur exagérée de disparaître sert bien les souverainistes mais rend un mauvais service au Québec.
Voulons-nous vraiment que Montréal devienne un gros Trois-Rivières avec 96% langue maternelle française? Voulons-nous obliger nos jeunes à s’expatrier pour apprendre l’anglais? Ça fait une génération que les Scandinaves apprennent massivement l’anglais. Est-ce que le Danois , le suédois , le finnois sont en danger de disparaître?
Daveyy,
Votre critique est sans objet, pour l’essentiel.
1- Je ne dis pas de faire disparaître les institutions anglaises par la force. Je remets en question le fait que l’on finance ces institutions au même titre que les institutions françaises, alors qu’elles sont celles de la minorité nationale. Je soutiens par ailleurs que cette minorité intègre plus que sa part d’immigrants, et obtient plus que sa part d’investissements publics (ex : CHUM Mcgill).
2- Je suis contre l’idée d’assujettir les entreprises de moins de 50 employés à la loi 101.
3- Je ne parle pas de se priver de notre position géographique avantageuse pour apprendre l’anglais. J’en suis l’exemple, j’ai tiré profit de cet avantage à fond. Mais je dois dire que j’aurais aimé que l’école insiste davantage pour me donner une base plus solide d’espagnol, par exemple, au lieu de passe tant de temps sur l’anglais.
4- Je ne nie pas qu’en tant que langue seconde, l’anglais doit avoir un statut privilégié par rapport aux autres langues secondes, du fait qu’il s’agit de la langue de la minorité nationale, une langue parlée dans plusieurs forums internationaux, la langue la plus parlée dans le commerce. Mais n’est-ce pas déjà le cas? C’est la seule langue seconde qu’on enseigne à l’école publique, on l’enseigne dès la première année, des camps d’été en anglais existent, il est à la télé, dans les clubs vidéos, à la radio, on l’enseigne à chaque niveau de la scolarité, il est un prérequis pour beaucoup d’emplois, et même pour certains programmes académiques dans les universités françaises. N’est-ce pas suffisant pour garantir la prééminence de l’anglais comme langue seconde? Je pense que l’apprentissage de l’anglais est avant tout un choix individuel, et que bien des gens ont, compte tenu du genre de vie qu’ils souhaitent mener, intérêt à consacrer leur temps à autre chose que l’apprentissage de l’anglais. Pour la plupart des gens, un anglais fonctionnel est suffisant – et je pense que notre système donne cette connaissance fonctionnelle pour peu que l’élève fasse l’effort. Chacun reste libre de faire plus.
5- Le Danemark, la Suède, la Finlande sont tous des pays souverains. Et ils n’ont pas 300 millions d’anglophones à la porte, et n’ont pas été colonisés par les anglos-saxons. Je vous invite plutôt à regarder du côté de l’Irlande si vous cherchez un point valable de comparaison.
6- Je ne parle pas de faire de Montréal un petit Trois-Rivières. Je parle de donner à l’anglais la place qui lui revient dans cette ville, soit une place de minoritaire (10-12%, c’est ça). JE parle de faire en sorte que l’anglais ne soit plus la langue des transferts linguistiques. Vous masquez mal par ailleurs votre mépris pour ce qui est français. Autrement, vous auriez sûrement comparé Montréal à des villes françaises de taille et de culture comparables, comme Lyon ou Bruxelles (ne me dites pas que cette ville est bilingue…).
« …l’important, en politique, est moins de savoir où l’on va que de donner l’impression que l’on sait où on s’en va. » – Joseph Facal
Pourquoi dites-vous cela ? Vous allez sans doute me trouver trop naïf… pourtant, je désire profondément d’un genre de politicien ambitieux pour sa nation, lucide de ses forces et défis, qui sait partager une vision inspirante et prendre des décisions cohérentes. J’imagine que je suis trop optimiste, qu’un tel personnage ferait un politicien exécrable qui, confronté à d’influentes critiques médiatiques et à de puissants groupes de pression, ne serait jamais porté au pouvoir. Optimiste que je suis, j’y crois encore…
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Concernant le débat sur la langue : ce que madame Marois a affirmé puis nuancé hier dans La Presse me semble assez banal et je comprends mal le tollé de réactions (encore Larose et Cie). Encourager et stimuler l’apprentissage de l’anglais chez les jeunes (en plus d’un excellent enseignement du français j’en conviens) et fournir les outils pour y arriver, il me semble que tout le monde devrait être d’accord avec cela, non ?!
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Finalement, concernant le débat identitaire… Il suscite des débordements d’émotions, tant chez les souverainistes et chez les fédéralistes, et il est pratiquement impossible de l’aborder de façon rationnelle et cartésienne. Je vais donc paraphraser Lesdents : il s’agit d’un débat stérile, il faut sortir de ces ornières et passer à l’avenir.
C’est un peu sévère, certes, mais tout comme l’autre Mathieu (celui qui songe à quitter le Québec), je crois que nous sommes pas mal trop centrés sur notre petit nombril.
Mais non, le français et la culture qui l’accompagnent ne sont pas synonymes de fermeture, d’étroitesse d’esprit, de xénophobie. Là-dessus, vous êtes à côté de vos baskets, Lesdents. Ça n’a rien à voir avec la langue, peut-être un peu notre culture et notre héritage, mais aucun rapport avec le fait français. C’est juste que trop de Québécois adoptent un langage et une position de victime, de petit. On les conforte, on les encourage à maintenir cette position en tentant de les « protéger ». Personnellement, victime, ça ne me colle pas. Et vous?
Si il y a un exemple de candidat vedette qui fait patate c’est bien Christine St-Pierre. Cette femme a l’air perdu, naive et on dirait qu’elle n’a aucune confiance en elle. J’ai bien peur que sa carriere politique sera de courte durée.
Maintenant parlons de la place de l’anglais dans le systeme scolaire québecois. Expliquez-moi comment le fait de rendre nos futurs citoyens billingues va améliorer notre croissance économique, protéger notre culture ou faire de notre société un meilleur endroit. L’apprantissage d’une langue seconde ne devrait pas etre la responsabilité du gouvernement, c’est a l’individu que revient ce choix selon ses besoins et ses gouts personnels. Le contexte géographique du Québec pousse naturelement plusieurs gens a apprendre l’anglais. Une personne qui s’oriente vers un avenir dans le monde des affaires va apprendre l’anglais parce qu’elle sais qu’elle en aura besoin tout comme une personne qui souhaite travailler dans le secteur des services ou dans l’industrie touristique.
Je ne dis pas qu’il faut retirer les cours d’anglais des écoles, je crois qu’il faut l’enseigner plus tard dans le systeme de facon intensive, a partir du collégial et dans les écoles professionnelles dans les secteurs ou l’individu en aura besoin pour son métier ou en option pour ceux qui veulent l’apprendre. A vouloir faire du mur a mur on ne donne qu’une autre raison de plus au décrocheur de laisser tomber les études.
Bonsoir à tous,
M. Facal, je ne vous cacherai pas que je suis un peu déçue par certaines de vos déclarations. 1. « Ils ont l’habitude d’appeler un chat un chat, (…) Rien de cela en politique. », 2. « l’important, en politique, est moins de savoir où l’on va que de donner l’impression que l’on sait où on s’en va. », 3. Et ces « talents de comédien » qui sont premier sur la liste des talents de ceux qui réussissent… Eh bien (soupir déchirant), je crois que je vais renoncer à mon choix de carrière (snif, snif). Aucun espoir qu’un homme ou une femme honnête ait du succès en politique pas vrai? Dommage…
Adam, si j’étais vous, je ferais TRÈS attention lorsque que je traite les jeunes de 15-16 ans de « fruits de lavage de cerveau »… Et je vérifierais, auparavant, qu’aucun de ces cervelles savonnées ne fréquente le site où je laisse ce commentaire. J’AI 15 ans et JE VAIS à l’école secondaire tous les jours. La propagande me semble exclue de mes cours d’Histoire et je n’ai nul besoin qu’on me lave le cerveau pour me faire une opinion politique… Cessons donc de prendre les jeunes pour des andouilles qui se font manipuler à loisir par les adultes bien-pensants! Je maintiens que l’unique gros problème des jeunes de mon âge est le mépris qu’ont, pour eux, les adultes.
Qui songe à demander l’avis des jeunes dans le débat qui concerne leur avenir? Bah… Il faut croire que c’est secondaire…
Je vous prie de pardonner ce jeu de mot affreux,
Mía
Bonjour,
Il semble bien M. Facal, que sur le fond vous ne deviez pas trop vous attendre à des réponses sur votre analyse des qualités que requièrent la vie politique.
Quelqu’un a même trouvé le moyen de faire dire au texte ce qui ne s’y trouve même pas, ce n’est pas rien ; il vous accuse même de :
………………. « …..M.Facal se trompe de cible en accusant Mme St-Pierre du déclin du français sur l’île de Mtl. »
Faut quand même le faire ; n’importe quoi
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C’est vrai que Mme St-Pierre est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire en politique pour garder sa crédibilité ; cependant ce n’est pas la première ni la dernière à qui cela arrive et cela tous les partis confondus, hélas!
À sa décharge, est-elle vraiment la seule responsable de ce cafouillage? Je ne le crois pas. À l’évidence, elle n’a pas les coudées franches, à l’exemple d’ailleurs de Sam Hamad( centrale du suroït ) et Pierre Reid (écoles juives) qui ont été sacrifiés pour des commandes déraisonnables du CHEF.
Tout le contraire pour Couillard (teflon)qui a imposé son autorité à Jean Charest ; rappelons-nous l’affaire du CHUM à Outremont!
Cette fois là cependant, Jean Charest avait raison et Couillard tort.
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Après avoir rejeté l’implantation du CHUM au 6000 St-Denis, on ne sait trop pourquoi, alors que tous les intervenants étaient d’accord pour une fois, la seule autre alternative acceptable était à Outremont.
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Le choix actuel est le plus mauvais choix selon l’ex-recteur M.Lacroix. Le CUSM, lui aura un hôpital moderne en longueur, plus spacieux ; alors que le CHUM sera érigé en hauteur! Oui, Mathieu eux ils pensent gros et nous on pense petit. Et le tout pour des hopitaux de superficie comparable en ajoutant l’hôpital Juif.
Pauvre Jean, il a perdu face à Jonhson et Couillard ainsi que dans les deux affaires précédentes. Quatre Batailles ; quatre défaites! Et il a tort aussi sur celle de l’OLF. Il n’y a pas à dire…
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Mais revenons à Christine Saint-Pierre.
Nommez M. Létourneau au Conseil supérieur de la langue française, même s’il veut banaliser notre Histoire, est une chose, mais nommer Sylvia Martin-Laforge au même Conseil est plutôt extraordinaire!
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Pensez-y bien cette dame, est directrice du » Quebec Community Groups Network » qui a reçu une petite subvention de 13 millions, de Patrimoine Canada, l’an dernier, pour la défense des droits des anglophones contre les illuminés francophones de cette verrue gauloise de « 7 millions d’habitants » au coeur de cette Amérique anglophone de plus de « 400 millions » de personnes.
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Elle est à la tête d’un lobby anglophone et s’est déjà clairement affichée contre la loi 101.
C’est vrai, comme le disait Mme Saint-Pierre qu’elle à le droit d’être contre la loi 101 ………………………….. » et c’est pour mieux me conseilleur sur la promotion et la promotion de la langue française….que je la nomme! »
Cette dernière phrase est de mon cru ….. mais admettez que cela colle parfaitement avec : « Sylvia Martin-Laforge a le droit d’être contre la loi 101 ».
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POUR fin de comparaison :
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On vient d’apprendre, la nomination de Jean Dorion, au QCGN, afin de conseiller cet organisme :
« Cette nomination n’a pas eu l’effet d’une bombe, comme attendue….Pourtant il se prononce régulièrement contre le financement — qu’il juge excessif, et très supérieur à leur poids démographique — des institutions de la communauté anglophone du Québec(9%), qui répètent-ils souvent, sont trop choyés contrairement aux minorités francophones du ROC. »
Le plus incroyable, apprend-on aussi, c’est que nos concitoyens anglophones n’ont pas l’intention de manifester contre cette incroyable nomination!!
N.B
Nous apprenons en dernière heure, que :
La ministre Christine St-Pierre a reconnu vendredi dernier avoir commis une erreur en se portant à la défense du «droit d’être contre la loi 101» au sein du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) , La presse canadienne.
Bonne fin de semaine,
Quelle concision de ma part… Faut croire que je m’ennuyais…….
Est-ce qu’on doit dire aux dents ou bien à lesdent?
Vous ne voulez pas faire disparaître les institutions anglaises par la force, vous voulez tout simplement les priver de fonds. C’est quoi la différence en termes pratiques? D’ailleurs je n’accusait personne de vouloir les faire disparaître, je tentais tout simplement d’illustrer qu’elles sont un actif plutôt qu’un passif.
La Finlande compte 5 M d’habitants et le finnois n’est parlé nullepart ailleurs au monde. La Finlande a été longtemps dominée et colonisée par la Suède. Elle est entourée de 85 M d’Allemands, de 150 M de Russes. Sound familiar?
Saviez-vous que la langue irlandaise était majoritaire lors de son accession à l’indépendance, ce qui démontre que souverainté n’est pas garant de sécurité culturelle.
J’ai peine à comprendre votre accusation de mépris parce que je parle de Trois-Rivières au lieu de Lyon ou Bruxelles.
Il y a un contexte historique à Montréal. Si 50% des immigrants sont attirés vers l’anglais, c’est toujours mieux que le 80% il y a trente ans. Combien d’immigrants italiens se sont vus refusé l’accès à l’école française par notre bon clergé gardiens de la « race » dans les années cinquante et soixante ? Et quoi dire de la décision de classifier les Juifs de protestants pour fins scolaires, assurant leur intégration au système anglais? On vit toujours avec les conséquences de ces décisions que nous avons prises nous-même. C’est pas du mépris que de comprendre notre propre histoire.
Quant à Bruxelles, la seule fois que j’y suis allé, on refusait de me parler français au guichet de la gare. Il a fallu que je parle anglais avec un néerlandophone dans une ville supposément francophone.
J’ai un beau- frère qui a fait de la politique municipale et de la politique provinciale,et cela à des hautes fonctions, son salaire était moindre qu’au privé, il n’avait plus de vie privée, les journalistes se pointaient chez lui , à n’importe quelle heure, et je ne compte pas les téléphones de questions. Quand il prenait une décision pour la ville ou pour le ministère, il y avait toujours des gens qui n’ aimaient pas cette décision ou peu importe quelle décision et qui ne se gênaient pas pour le faire savoir à mon beau-frère:,après avoir donné 15 ans de sa vie pour le mieux-être et de la ville et de la province, il à décidé de revenir travailler dans le privé, il gagne plus cher, il a un horaire fixe, des vacances aux dates prévues,il n’a plus affaire aux divers journalistes, Sa famille à la paix, la tranquillité et elle peut aller en vacances à la place qu’elle veut sans être bâdrée par les curieux , ce fut quand même une belle expérience ,il a connu beaucoup de gens qui sont encore en poste aussi bien à Québec que dans notre municipalité , mais il se tient loin de la politique , il faut avoir le courage de quitter une vie tranquille pour aller donner de son temps pour aider les autres,et en retour les gens du grand public sont les premiers à critiquer les moindres décisions qui sont prises par les politicien, j’ai été. présidente de ma section syndicale et les plus chialeux étaient ceux qui ne se donnaient même pas la peine d,assister aux assemblées .La critique est plus facile que l’Action et la compréhension chez beaucoup de gens,et c,est ainsi à plusieurs niveaux de la société,Je sais bien que je voudrais pas aller faire un tour en politique que ce soit municipale ou provinciale/fédérale,il est trop difficile de faire plaisir à tout le monde et à son père,,Les politiciens ont tous ma sympathie et mon admiration, il faut avoir vécu cet état de chose pour mieux le comprendre,merci
@ Charles,
La preuve est maintenant faite que Madame Saint-Pierre n’est là que par opportunisme. En effet, son manque de contenu prouve sans équivoque que son entrée en politique n’est pas basée sur des convictions.
Pour ce qui est de son ex-collègue M. Drainville, il semble, malgré ses défauts dus en partie à un manque d’expérience, qu’il est entré en politique pour poursuivre un idéal qui est, je crois, absent chez Mme Saint-Pierre.
Dernier commentaire de ma part – j’ai utilisé mes droits de parole
Davey, vous avez tendance à répliquer dans le vide. Vous caricaturez mon discours, et ensuite vous y répondez. Encore une fois, vos critiques sont sans objet.
1. Je reconnais que nos élites étaient inconscientes en ne faisant pas plus d’efforts pour intégrer en français les juifs et les italiens par le passé. Je condamne la bêtise de nos ancêtres là-dessus. Mais voyez comment vous réagissez quand quelqu’un (comme moi) suggère d’en faire davantage, aujourd’hui, pour les franciser et pour réparer les erreurs du passé : au mieux on se fait reprocher de casser du sucre sur le dos des anglophones sous prétexte que l’on veut intégrer en français, et au pire on se fait traiter de xénophobes par des jeunes tout fraichement revenus de Vancouver. On est en train de faire les mêmes erreurs que nos ancêtres (c’est-à-dire tolérer la ségrégation linguistique), et vous êtes de ceux qui encouragent et soutiennent ce système malsain. Vous avez probablement, bien avant moi, à faire un examen de conscience là-dessus, puisque de mon côté, je propose d’aller plus loin que l’auto-flagellation. Je suggère de panser les plaies causées par nos erreurs passées.
2. Je ne suggère pas de « priver de fonds » les institutions anglophones. Je suggère de les financer au prorata de l’importance démographique de cette minorité nationale. Ceci mériterait d’être documenté par une Commission ou des États généraux examinant cette question pour faire un portrait exact de la situation d’iniquité créée par le déséquilibre du financement (écoles, universités, hôpitaux, financement de la culture, financement d’infrastructures). Je crois que les symptômes de ce déséquilibre sont suffisamment visibles et évidents pour justifier une étude détaillée – qui est contre l’idée de faire une étude de manière à mieux gouverner notre action ? Par ailleurs, je suis d’accord avec vous qu’elles sont un actif plutôt qu’un passif. Elles deviennent toutefois un passif si elles drainent plus que leur part d’investissements publics. Autrement dit, elles deviennent un problème si leur développement se fait au détriment des institutions de la majorité.
3. Je suis conscient de ce que vous dites concernant la Finlande, la Suède et l’Irlande. Je ne vois pas en quoi cela invalide mon point de vue. Je signale simplement que certaines personnes abordent la question linguistique avec une inconscience qui pourrait bien nous mener vers un destin similaire à celui de l’Irlande (sur le plan linguistique). Je suggère de ne pas attendre jusque là dans le cas du Québec. Aussi, je fais remarquer que de faire preuve de la même assurance linguistique que la Suède ou la Finlande serait justement une marque d’inconscience qui ne tiendrait pas compte de notre situation unique sur le plan démolinguistique, de même que des immenses pressions en faveur de l’anglais en Amérique du Nord. J’ajoute que notre système d’éducation, de même que nos institutions politiques et administratives, doivent en tenir compte. C’est le rôle de nos élites, à supposer que nous en ayons qui soient dignes de ce nom, de faire preuve d’assez de lucidité pour agir en conséquence.
4. Sur Montréal. Vous parlez comme si c’était la communauté anglophone qui était l’âme de Montréal, et que sans elle Montréal n’aurait pas plus d’attraits que Trois-Rivières. Je voulais vous faire remarquer que si il y a quelque chose qui distingue Montréal sur le continent, c’est bien le français – et que c’est là le principal atout de Montréal. Sans lui, Montréal ne serait rien d’autre qu’une autre métropole anglophone multiculturelle semblable aux dizaines d’autres que l’on trouve en Amérique du Nord. Je ne veux pas dire que la composante anglophone n’a pas sa place dans ce portrait, mais c’est une place de minoritaire qui est la sienne.
5. Pour répondre à votre question : oui je suggère aux jeunes voulant parfaire leur anglais de s’expatrier. Montréal n’est pas un endroit propice à l’apprentissage de l’anglais – du moins il ne devrait pas l’être. Le jeune qui s’expatrie pour apprendre l’anglais en tire plus de bénéfices que celui qui choisit de faire de l’ « immersion » à Montréal parce qu’il craint de quitter l’Île (sur les plans culturels, l’expérience de vie, etc.). Les coûts liés aux voyages diminuent, le nombre de programmes d’apprentissage de langue seconde se multiplient, et n’importe quel con peut trouver un poste d’aide-cuisinier à Jasper pendant l’été.
6. Sur votre optimisme (vous faites remarquer qu’il y a plus de transferts linguistiques vers le français qu’il y en avait). D’une part, je suis loin d’être convaincu que les transferts linguistiques sont véritables (c’est-à-dire que le français ne devient pas nécessairement la langue première de ceux que l’on inclut dans les statistiques à titre de francophones). Là-dessus je répète que les Québécois francophones ont une responsabilité : celle d’intégrer la majorité des immigrants à langue, la culture et l’identité québécoise. Ce n’est pas vrai qu’il est normal qu’un « italien » de troisième génération qui ne parle pas un mot d’italien se sente plus d’appartenance à l’Italie à l’Amérique du Nord anglophone qu’au Québec. D’autre part, ce n’est pas parce qu’on se dirige plus lentement qu’autrefois vers l’abîme qu’il faut se réjouir (image employé par JF Lisée). Tant que 90% (approx) des transferts (véritables) ne se feront pas vers le français, ce sera signe que le français n’a pas encore le statut qui lui revient au Québec.
Lesdents
Vous reconnaissez l’erreur historique d’exclure systématiquement les immigrants de nos écoles, très bien, mais vous voulez passer de 10% à 90% dans très peu de temps et citez l’apôtre de la disparition, J-F Lisée, pour maintenir que nous allons droit vers l’abîme. Permettez-moi d’être beaucoup plus confiant que vous. Le verre est à moitié plein pas à moitié vide quand il passe de 10% à 50%. Vous ignorez la tendance. Vous doutez même des transferts, il faudrait vérifier si à part de travailler, d’étudier, de dialoguer publiquement en français, il faudrait vérifier quoi au juste, en quelle langue on chante dans la douche?
Vous trouvez anormal qu’un Italien de troisième génération se sente d’appartenance italienne au anglo-américaine. Ouvrez-vous les yeux au lieu de toujours montrer vos dents. En quoi cela vous regarde de toute façon. S’il parle, travaille et participe à la société en français, je n’y vois pas de menace à notre existence. Le curé qui a refusé l’école française à son père lui a donné à lui et à ses enfants un droit que nous n’avons pas, c.-à-d. d’envoyer ses enfants à l’école anglaise. Trop tard, même après 50 ans. La plupart des Italiens que je connais parlent trois langues, ils ont un avantage systémique sur nos petits francophones unilingues (67% de la population). Mais de grâce, arrêtez de les blâmer, et oui dans les circonstances c’est tout à fait normal.
Vous voulez panser les plaies en réduisant l’apport historique de la communauté anglophone à une simple statistique. Même les mots que vous utilisez, minorité nationale, rappelle des notions de réserve indienne. Casser du sucre sur le dos des anglophones, jamais ! On veut juste intégrer en français 90 % des immigrants de force s’il le faut car on est en train de disparaître. On veut des véritables francophones dites-vous. Selon mon dictionnaire : « francophone : qui parle habituellement le français, au moins dans certaines circonstances de la communication, soit comme langue maternelle, soit comme langue seconde ». Votre crainte de disparaître vous rend archi sensible au moindre courant d’air froid, au lieu de fermer la fenêtre vous voulez toujours monter le thermostat. Vous oubliez tout le côté séducteur du français et vous croyez, à tort selon moi, qu’une culture peut être imposée par des règlements. Des états généraux pour réduire les institutions anglaises à 9 % du budget, pas mal rassembleur comme projet, à défaut d’un autre référendum, rien de mieux pour polariser et raviver la flamme souverainiste pour l’ultime combat, c’est de la caricature, vous me direz, moi j’appelle ça du scepticisme.
Vous dites qu’un francophone serait mieux de s’expatrier pour parfaire son anglais alors qu’il peut, par exemple, étudier à une des top universités au monde, McGill, tout en soumettant ses travaux et écrire ses examens en français à quelques kilomètres de chez-lui. Vous appelez cela financer une institution anglaise au détriment des institutions de la majorité. J’appelle cela des vœux pieux quand vous dites que ces institutions sont un actif, mais un actif conditionnel au 9%. Moi je vous dis que, même s’il n’y avait aucun anglophone au Québec, l’existence d’une institution de langue anglaise de haut renom serait un atout. Vous aimez citer l’Irlande. Et bien parlons en. Trinity College, le Oxford de l’Irlande, a toujours été appuyé par le gouvernement républicain en dépit qu’il s’agissait d’une institution de la minorité protestante (moins de 5% en Irlande) avec qui il était en guerre.
Parce que je défends une minorité, vous m’accusez de parler d’elle « comme si elle était l’âme de Montréal ». Sachez que toute société doit être jugée en fonction de son traitement de ses minorités. Vous répétez ad nauseam les immenses pressions que nous subissons, comme si aucune autre petite nation n’en subissait et que notre destin serait toujours en jeu. Le finnois serait plus sécurisé que le français, oui oui, je sais faut pas être inconscient sur le plan démolinguistique. C’est votre opinion et comme opinion je la respecte sans la partager. Vous me faites un peu penser à l’économiste qui a prédit sept des trois dernières récessions. Hélas, cette phobie diminue graduellement avec le passage des générations et cela explique en partie le sentiment de panique qui se dégage du discours souverainiste d’une certaine génération. Espérons que la panique passera sans trop de dégâts
Davey, Comme je n’ai plus de droits de parole, et même si j’aimerais vous répliquer, je me contente d’attirer votre attention sur 2 excellents textes de Christian Rioux.
En espérant que M. Facal ne jugera pas que je « pète l’élastique ».
http://www.vigile.net/Full-bilingue
http://www.vigile.net/De-Saint-Leonard-a-Herouxville
@ les dents
Je ne sais pas pour ou commencer, vous dites tellement de chose qui ne sont fondees sur rien mais alors la rien du tout…. Vous parlez des institutions de la majorite et de la minorite mais vous devriez peut-etre allez faire un tour a Mcgill et vous rendre que bon nombre de francophone y travaille, et ce a tous les echelons, c’est-a-dire de concierge a professeur ou doyen. Le Quebec en entier a la chance de profiter d’une institution de cette qualite, toutefois certain comme vous y voit encore un objet de colonisation ou d’assimilation. Incapable de lui reconnaitre ses qualites vous voulez la limitez a vos compatriotes qui ont moins de ressentiment et plus de bon sens. Vous vivez encore dans une separation ideologique batie de toute piece par le clerge xenophobe du dernier siecle.
Vous ne comprenez pas grand chose lorsque je parle de methodologie irreprochable ou si vous preferez de presentation impartiale de l’histoire. Vous avez raisons lorsque vous dites que relater des faits suppose souvent une prise de position, ce que je demande c’est de presentez tous les faits sans exception, je ne parle pas de triage, et je ne parle pas d’un professeur souverainiste trop zeles mais d’un contenu de programme qui omet souvent de mentionner certains faits tres importrant. J’ai une question pour vous…est ce que vous avez lu le rapport de Durham.. le salopard qui a parle d’assimilation des pauvre petits francophones ?
Il va s’en dire que l’idee d’assimilation est sans aucun doute inadmissible, mais au dela du mepris des francophones, est-ce que vous pouvez donner une autre raison, justification a cette mesure extreme proposer par Durham ?
Est-ce que vous avez lu Lionel Groulx, ou les ecrits d’Ignace Bourget, »grand » eveque de Montreal ?
Davey mentionne un des abus et preuve de xenophobie dont les immigrants non francophone subissaient aupres du clerge, est ce que vous en aviez eu mention auparavant ?
Mais bon.. je ne pense pas par ailleurs pouvoir etre plus clair que Davey avec qui je suis en accord sur la majorite.
Lorsque vous utilisez le mot traitre, vous ne faites que rappeler la mesquinerie avec laquelle les bien-pensants de ce monde se permettent de categoriser et rejeter du revers de la main toutes idees opposees a la leur. Est-ce qu’il est possible d’aimer la langue francaise et de souhaiter son expansion sans pour autant la voir en permanence menace ? C’est-a-dire ne pas etre un traitre, terme qui designe une >
Je parle 3 langue, ca ne m’empeche pas de preferer le francais, et ce non pas a cause de la loi 101, ou de la fameuse litterature du terroir mais bien parce que j’ai lu Hugo, Camus ou Bouriba.
La langue est avant tout un moyen de communication, et on ne peut pas la forcer par l’oppression. Par la suite, et la est la difference entre vous et moi, viens le doux plaisir qui s’acquiere lentement en lisant, celui la meme qui nous donne envie de parler une langue ou d’ecrire et qui nous permet de l’apprecier a sa juste valeur.
Vous les dents, vous utilisez la langue pour emprisoner votre esprit moi je l’utilise pour etendre mes horizons pour aller a la rencontre des autres, vous pense la proteger mais en fait vous vous enfermer et voulez nous enfermer avec vous.
Voyagez un peu, lisez, et surtout ouvrez vous un peu aux autres, vous voulez defenseurs d’un passe qui n’est plus present, et n’a plus lieu d’avenir autrement que dans la conscience collective d’une minorite qui va sans aucun doute disparaitre, non pas celle des francophones d’Amerique, mais des etres de ressentiment comme vous.
Amicalement
Definition de traitre:
Personne qui agit avec perfidie, qui est susceptible de nuire d’une manière hypocrite.
Bonjour M.Facal,
C’est vrai, qu’occulter « Sciemment » des « informations » au public peut ressembler à de la perfidie ou de l’hypocrisie! Et d’autant plus, si elles s’avèrent essentielles pour l’avenir de notre Nation.
***
Depuis plus d’un an et demi on cache contre toutes logiques la publication de 2 rapports ; l’un remis depuis 18 mois(!) à Line Beauchamp et l’autre à Christine Saint-Pierre il y a plus de 6 mois.
Si tout va bien comme les deux ministres nous l’ont rappelés deux fois plutôt qu’une ; pourquoi les cacher alors?
Si les deux rapports, qui seront publiés en mars, démontrent une situation plus sombre que prévue de la situation linguistique sur l’île de Monréal, et que le PLQ n’a pas voulu agir depuis près de deux …….. alors nous saurons qu’ils ont dupé et trompé leur peuple!
N.B. Voir ci-dessous : la conférence de presse donnée en janvier 2007 par Mme Line Beauchamp….
http://www.assnat.qc.ca/fra/conf-presse/2007/070130LB.HTM
Merci d’abord à Lesdents de rappeler au passage, en se l’appliquant à lui-même, la règle des cinq commentaires maximum par personne et par billet. Par ailleurs, oui, effectivement, si je commençais à répondre individuellement à ceux qui voient dans mes billets des choses qui n’y sont pas ou qui m’imputent des motifs inexacts, je ne ferais que cela de mes journées. Je ne veux pas non plus, d’aucune façon, jeter de l’eau froide sur l’idéalisme de ceux et celles (Mathieu D, Mìa, etc.)qui aspirent à une autre manière de faire de la politique. Moi aussi.Il faut simplement bien savoir dans quoi on s’engage et faire la part des choses. Désolé si j’ai manqué de clarté.
@ daveyy
Bon je crois que c’est nécessaire de corriger certaines de vos affirmations. C’est bien beau vouloir argumenter encore faut-il ne pas écrire n’importe quelles conneries pour gagner son point.
Je vous cites: « La plupart des Italiens que je connais parlent trois langues, ils ont un avantage systémique sur nos petits francophones unilingues (67% de la population) ». J’ai habité un quartier peuplé a majorité
d’italiens toute ma vie, je suis allé a l’école avec eux et plusieurs de mes amis sont italiens. Ce que je sais des italiens c’est que ceux qui sont allés a l’école francaise abandonne le francais a partir du cégep, rendu la il ne vivent plus en francais en fait il ne l’utilise que quand c’est nécessaire. Ceux qui sont allés a l’école anglaise (la majorité), ne possedent qu’un francais rudimentaire, ils sont incappable d’écrire un texte correcte en francais et on des problemes a comprendre plusieurs mots et expressions. Ainsi il est faux de dire qu’ils ont un avantage puisqu’ils sont coupés d’une foule de secteur ou le francais écrit et bien parlé est obligatoire.
Deuxiement votre comparaison du Québec avec L’Irlande qui malgré l’obtention de son indépendance a perdu sa langue nationale est vraiment boiteuse. Suffit d’analyser l’histoire de l’Irlande pour comprendre les raisons qui ont menés a cet état de fait, des raisons et un contexte qui sont tres loin de notre situation québecoise.
@ Vindicater
Vous avez votre expérience italienne, j’ai la mienne. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? Je rencontre énormément de gens de par mon travail et je n’ai pas encore rencontré de cadre ou de professionnel italien qui ne parlait pas français. Par contre, je n’entre pas chez eux pour valider dans quelle langue ils chantent dans la douche. Je répète que si les Italiens montréalais penchent plus vers la communauté anglaise c’est dû en bonne partie à la société francophone qui autrefois était hermétiquement fermée à tous les étrangers, lesdents le reconnait volontiers.
Quand à l’Irlande, je ne fais pas de comparaison avec le Québec, j’énonce un fait historique pour démontrer que souveraineté ne veut pas automatiquement dire protection de la langue maternelle comme la plupart des souverainistes voudraient nous faire croire. Puisque vous parlez de l’Irlande, j’ai une question pour vous. Quel serait le pourcentage de Québécois qui appuyerait l’indépendance pour leur pays dans les mêmes conditions que l’Irlande? On parle d’une guerre sanglante avec l’Angleterre, suivie d’une guerre civile , de la partition de l’île ( toujours en vigueur) d’un exode massif de sa population et finalement après 80-90 ans ils se retrouvent en bonne position, mais toujours partitionné. Nos braves souverainistes ont peur de parler de turbulences et se sentent obligés de nous promettre la devise, le passeport et l’armée canadienne.
D’ailleurs, si on dépensait autant d’énergie à faire du Québec une puissance économique que de se perdre dans des débats identitaires stériles,les immigrants seraient naturellement attirés par notre succès. Le français est quand-même une langue importante sur notre planète et a un attrait naturel, mais le joual ne mène pas plus loin que Trois Pistoles.Tenter d’assurer notre propre survie par la force et la règlementation sera toujours un combat d’arrière garde voué à l’échec à moyen terme.
Tous ceux qui parlent plus qu’une langue savent très bien que cela ne fait que renforcir leur langue maternelle et ne représente aucune menace.
Malheureusement, le mouvement souverainiste a un intérêt électoral à miser sur l’insécurité culturelle des Québécois pour refaire son plein de votes. Ils (les souverainistes) exagèrent toujours la menace en se galvaudant comme les seuls et vrais protecteurs. Rien n’est plus faux. Ils dépeignent ceux qui ne les suivent pas comme des traîtres , des vendus, des stupides qui n’ont pas encore compris. Heureusement, le peuple québécois est assez intelligent pour comprendre et refuse d’accorder son assentiment à leur projet mal cousu.