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Les zones grises

Plus je vieillis, plus je suis sensible aux zones grises dans nos vies. Et je ne parle ici de nos chevelures qui changent de couleur avec le temps.

Que le président de la FTQ passe ses vacances sur le bateau d’un des plus grands entrepreneurs en construction du Québec est une chose.

Que monsieur Jocelyn Dupuis, ex-directeur général d’un des syndicats affiliés à la FTQ, falsifie ses factures de restaurant et fréquente des membres connus du crime organisé est une toute autre affaire.

Il ne faut évidemment pas tout mélanger, et on verra où tout cela mène. Mais une chose me frappe, que personne n’a notée.                                                                       

Dans n’importe quelle grande organisation, des tas de gens savent où et avec qui le patron passe ses vacances. Plusieurs personnes savent aussi quels restaurants sont fréquentés par tel ou tel dirigeant, avec qui et combien de fois.

Ces choses ne sont pas secrètes, parce qu’il est impossible qu’elles le soient. Jocelyn Dupuis nota d’ailleurs que cela s’était «toujours» passé ainsi. Mais tout l’entourage détournait la tête.

On a vu la même chose à Wall Street. Ces financiers véreux avaient tous de proches collaborateurs qui ne pouvaient pas ne pas savoir et qui n’ont rien dit pendant des années.

Voici où je veux en venir.

Supposons que vous voyez un de vos collègues de travail en train de faire quelque chose de croche. Le dénoncerez-vous ? Pas sûr du tout.

Une petite voix intérieure vous dira de vous mêler de vos affaires. Que ce n’est pas votre responsabilité d’être le gardien de l’intégrité de l’organisation. Vous ne voudrez pas passer pour un «stool» aux yeux de vos collègues.

Le dirigeant syndical qui, le premier, dénonça Jocelyn Dupuis, se fit d’ailleurs recommander, souvenez-vous, d’être très prudent par la police. Voyez aussi la connotation terriblement négative attachée au mot «délateur».                                                          

Imaginons maintenant que vous voyez votre supérieur immédiat en train de frauder. Avant de le confronter, vous vous demanderez s’il peut se venger. S’il le peut, que ferez-vous ?

Mettons que vous êtes un employé subalterne et en début de carrière. Lui est un cadre expérimenté et bien vu de la direction. Passerez-vous par dessus lui pour aller le dénoncer aux grands patrons ? Ce sera ensuite sa parole contre la vôtre. Avouez que vous y penserez, non ?

Plus compliqué encore, votre supérieur vous demande d’être son complice : de couper les coins ronds avec lui ou pour lui, ou alors de regarder de l’autre côté pendant que lui le fait. Vous savez que si vous refusez, vous risquez des représailles, voire le congédiement. Que ferez-vous ? 

Vous êtes un jeune comptable. Dans une vérification de routine, vous notez des anomalies. Vous les rapportez à votre patron, qui vous dit de ne pas vous en faire, parce que vous n’avez pas en tête «le portrait d’ensemble». Vous obstinerez-vous ? Ou penserez-vous : il doit savoir ce qu’il fait.

Je pourrais multiplier les exemples. À l’université, nous savons pertinemment que l’Internet facilite la fraude par les étudiants. Quand on corrige des centaines de travaux, pensez-vous vraiment qu’on va consacrer des heures à essayer de retracer d’où peuvent bien venir ces phrases suspectes parce que trop bien écrites ?

Il est facile de dénoncer un comportement quand on le constate de l’extérieur. Quand on le vit de l’intérieur, les choses deviennent beaucoup plus compliquées.

26 réponses à “Les zones grises”

  1. le 06 avr 2009 à 14:52 MV

    J’avais bien hâte qu’un carnet soit fait à ce sujet en particulier par vous M. Facal.

    Il est vrai que le phénomène que vous dites se passe un peu partout et cela depuis très très longtemps. Cependant, doit-on vraiment considérer la FTQ-Construction comme un syndicat bien  »honnête » dans le sens que ce n’est pas la première fois que les liens de ce syndicat avec certaines membres peu recommandables du crime organisé. Aussi, ce n’était pas ce syndicat qui avait été blamé allégrement par la Commission Cliche dans les années 70?

  2. le 06 avr 2009 à 16:58 Francois Aubin

    Personnellement, je l’avous bien sincèrement puisque je suis honnête avec moi-même, je fermerais les yeux comme 99 % des gens. Cependant, cela dépend de la nature de la fraude. D’abord, si c’est une fraude contre le gouvernement (évasion fisale, fausse entreprise pour éviter des impots, etc.) c’est clair que je ne le dénoncerais pas. Tous les entrepreneurs du Québec sont obligés de suivre la ligne de la légalité de prêts pour éviter de payé trop d’impots. C’est souvent totalement légale mais ça va à l’encontre de l’esprit de la loi quand même.

    Si c’est une fraude du genre voler directement d’autres employés ou subalternes, celle la je la dénoncerais puisque c’est moins moralement défendable puisque c’est carrément du vol direct.

    Franchement, je trouve vos exemples excellents M. Facal. Dans de tels situation, j’avous que le choix serait très difficile parce qu’on sait très bien que l’assention dans une entreprise est loins d’être faite uniquement sur la compétence mais également sur le réseau et la fidélité à l’entreprise et aux employés. Dénoncer comme ça en commençant, c’est comme se mettre dans le coin tout seul en disant aux autres ne me dites rien car j’irai immédiatement le dire à tout le monde.

    Évidemment, il y en aura sur ce blogue qui vont trouver ma position scandaleuse. L’humain est humain. En 40 ans de magouille à la FTQ, 1 seul homme de la central est sortit publiquement pour la dénoncer. 1 sur des milliers qui le savaient. Ceux qui disent qu’ils dénonceraient sans difficulté tellement ils sont honnête, ça me fait penser à ceux qui disent qu’il vont donner des millions s’ils gagnent a la loterie… Je le croirai quand je le verrai!

  3. le 06 avr 2009 à 17:29 D.D.

    Il y a plusieurs années, ( 1984-85-86 ) je travaillais dans une organisation d’éducation populaire, subventionnée par un Ministère Provincial ! La personne responsable des finances m’avait signalé des « excès de dépenses » de la part d’une nouvelle employée ! Au point que le budget de l’organisation se trouvait compromis ! Nous avions atteint la limite de notre capacité à fonctionner avant la première moitié de notre année budgétaire !
    Nous avions affaire a une « gourmande » qui était prête à faire n’importe quoi pour pouvoir empocher $50.00 de plus… même au détriment de la réussite des objectifs de notre Groupe de Travail…

    Étant membre du CA, et responsable de l’ensemble des activités, j’ai tenté de signaler à la dite personne que notre organisation fonctionnait grâce aux impôts payés par les citoyens ! En conséquence, nous avions la responsabilité de dépenser ces sommes de manière consciencieuse !

    La personne m’a répondu sur un ton équivoque et niais, de manière à me faire comprendre, qu’elle ne comprenait pas mon message ! Pire, je suis devenue « la personne suspecte à son regard » ! Je suis devenue la CIBLE de son agressivité et de son impatience !

    Quelques semaines plus tard, le groupe de travail se réunissait pour « chercher des idées neuves » en vue d’un projet à venir !

    L’un des membres du groupe m’a offert de « fumer » un joint pour « détendre l’atmosphère » !
    J’ai refusé ! Ma réponse fut :  » Je n’ai pas besoin de ÇÀ pour avoir des idées…  »

    Dans les semaines suivantes, une série de plaintes ont été acheminées de la part de chaque personne qui était présente à cette réunion !

    De fil en aiguille, j’ai été « mise en examen » et « soumise a une évaluation professionnelle » ! Le groupe des évaluateurs étaient formé précisément des MÊME PERSONNES qui m’ont OFFERT de fumer un joint…

    J’ai été évaluée par la négative, sur un point en particulier – qui m’est toujours apparu complètement inapproprié dans le contexte – : la capacité à faire de l’esbroufe !

    [ définition de esbroufe : essayer d'en imposer par de grands airs - se vanter, bluffer, épater, impressionner, faire étalage de manière prétentieuse et insolente - "péter de la broue" ]

    À force de sentir la pression indue autour de moi, le climat de magouille, le mensonge, je me suis épuisée ! J’avais un fils d’âge scolaire qui avait besoin d’attention, et qui était souvent malade ! Certes, je me suis défendue en rédigeant un dossier complet ( 11 pages ) dont j’ai envoyé la COPIE a TOUS les responsables et les membres du conseil d’administration de l’organisation !
    Je me suis assurée de cette manière que NUL ne puisse prétendre NE RIEN SAVOIR de cette magouille !

    Je connais MA VALEUR ! Je ne suis pas de ceux – celles – qui sont prêt a TOUT et N’IMPORTE QUOI pour de $$$$$$$.$$ ! J’estime qu’il valait mieux perdre cet emploi, que de céder à la pression ! Je ne me suis pas enrichie ! Mais j’ai gardé toute ma tête, ma fierté et mon autonomie intellectuelle, ma cohérence !

    La RECTITUDE est une de mes VALEURS et je ne ferai AUCUNE concession sur ce point, ou sur ce qui me permet d’être moi-même… Je ne regrette pas d’avoir été MOI, au naturel !
    Certes, j’ai été très déçue ! Mais pas de ma conduite ! Je sais que je suis digne de confiance ! Je préfère être Qui Je Suis !

  4. le 06 avr 2009 à 18:57 ymdelisle

    Damned if you do, damned if you don’t. En fin du compte, nous devons nous regardez dans le mirroir. D’accord avec DD. Si nous prèchons l’honêteté nous devrions le pratiquer. Edmund Burke, un parlementaire britannique a dit, « Evil flourishes when good men do nothing ». L’exemple des camps Nazis est un exemple frappant. Ceux qui ont utilisés la défense du, je le savais mais je n’avais pas le choix de…. n’ont pas eues la pitié des juges de Nuremberg.

    Mais, la peur peu nous faire faire des choses que nous regretterons plus tard.

  5. le 06 avr 2009 à 23:15 BB

    Je me retrouve en plein dans la catégorie jeune cadre en début de carrière qui est témoin de plein de magouilles croches et de trafic d’influence. Je dois regarder à droite pendant que tout se fait sur ma gauche. Je suis un complice dans l’acte!

    Tout les acteurs impliqués sont heureux car ils y réussissent bien, moi de mon côté je cherche une porte de sortie, je ne sais plus à quoi m’en tenir.

    1- Nouvel emploi; les conditions économiques ne sont pas idéal…
    2- déclarer à la direction; qui me dit qu’ils sont blanc comme neige…
    3- En parler avec les acteurs principaux; définitivement pas l’idée du siècle…

    Alors je reste tranquille, je ne fais rien et j’attends que quelque chose se passe..quoi je ne le sais pas, mais ce que je sais c’est que tout ce bourbier m’empêche de dormir et que eux s’en donnent à coeur joie…

    Monsieur Facal que proposez-vous??

  6. le 07 avr 2009 à 7:45 Joseph Facal

    Cher BB,

    Quand il est question de situations qui engagent notre conscience, qui suis-je pour vous dire quoi faire ? Infiniment désolé. Prière de comprendre.

  7. le 07 avr 2009 à 8:53 Dianne Dufour

    Le plagiat ! C’est une fraude ! Certes ! De plus en plus difficile à prouver dans le contexte d’aujourd’hui, avec l’accès facile à la grande bibliothèque virtuelle !

    De surcroît, si on pousse l’observation des faits un peu plus loin, on doit se rendre à l’évidence que dans nos sociétés contemporaines, depuis l’avènement de la « civilisation du livre » qui a servi à « formater » les cerveaux avec la complicité de nos systèmes d’éducation, nous empruntons sans cesse aux livres et a leurs AUTEURS, nos mots, nos expressions, nos idées, nos manières de penser, nos concepts, etc !

    Qui peut encore prétendre qu’il se soit construit, ou éduqué TOUT SEUL ? Celui-là aurait au moins emprunté quelque chose à un prédécesseur, un artisan qui lui aurait servi de modèle !

    Il y a pourtant ce mot, « plagiat » qui prétend nous faire la leçon, pour nous rappeler que nous avons « la possibilité de CRÉER par soi-même le texte original de nos propres pensées » à la manière d’un AUTEUR libre dans sa tête ! Libre de tenter l’aventure dans le vaste univers de la création et de la libre expression !

    Sur un site de dialogue, un jour, un individu à eu l’audace de venir me dire publiquement qu’il appréciait vivement le texte de mon profil, et qu’il allait s’empresser de le « plagier » pour s’en servir dans un de ses travaux !

    Bien sur, j’avais anticipé qu’un tel incident se produise, et j’y avais réfléchi un moment !

    J’ai donc répondu à cet interlocuteur téméraire : «  Tu peux toujours le COPIER, mais tu saura toujours que c’est le fait d’un plagiat ! Tu n’aura jamais la satisfaction profonde de pouvoir te dire en toi-même que tu es celui qui l’a créé ! Tu ne connaitra jamais le plaisir d’en être L’AUTEUR !´´

    Bien sur, mon interlocuteur était anonyme ! Je ne saurai jamais à quelle production « mes mots » ont été associés ! Mais, il y avait sur cette page de dialogue publique, de nombreux témoins de cet échange !

    La VALEUR accordée à l’idée de créer ou produire un OBJET ORIGINAL dont « JE » pourrais tirer un sentiment de « fierté » légitime parce qu’il vient de MOI, de mon propre travail de composition et l’association entre mon potentiel acquis et mon imaginaire, n’est pas très répandue ! Ni très valorisé ailleurs qu’à L’ÉCOLE !

    Je dirais même, que nous baignons culturellement dans une ambiance KITCSH saturée de copies… et d’objets issus d’une industrie qui se complait à proliférer sur le mode IMITATION !

    Comment peut-on motiver un étudiant, ou exiger qu’il nous forge un texte « personnalisé », original, inspiré du lieu de son imaginaire quand on le voit évoluer devant l’étalage de ces « tonnes de copies »…

    Une tonne de copies…
    Une tonne de copies…
    Une t0nne de c0pies…
    Une t0nne de c0pies…

    Une « tonne de copie » donne le ton… de la copie !

    Depuis l’avènement de L’IMPRIMERIE, le manuscrit, le TOME ORIGINAL a-t-il quelque chose à voir avec l’idée de la « copie du texte original » ? Le « plagiat » ne découle-t-il pas directement de ce procédé industriel ?

    La limite entre la fraude et l’emprunt est aussi mince qu’une feuille de papier… Oui ? Non ? Peut-être ?

    Définition du mot « plagier » : Emprunter à d’autres auteurs des passages de quelque importance en « les donnant comme siens ».

    En vérité, ce qui fait de cette forme d’emprunt une FAUTE, c’est le fait de MENTIR au sujet de la « source » de nos mots, de TROMPER le lecteur, en se faisant passer pour ce qu’on est pas…

  8. le 07 avr 2009 à 9:14 Dianne Dufour

    Cher Monsieur Facal,

    J’ose imaginer que le lecteur (BB) comprendra la difficulté, et la responsabilité qui revient à celui qui se donne la liberté de conseiller, ou ne pas donner le conseil souhaité !

    Cher Monsieur BB,

    Ma parole n’a pas autant d’incidence que celle de Monsieur Facal ! Mais je suis touchée par votre situation ! Si je peux me permettre de vous adresser quelques mots… en guise de soutient !

    Je me dis : Aie ! Aie ! …çà vous empêche de dormir ! Quel gâchis ! En bref, votre esprit est tourmenté et vos moments de repos sont affectés ! C’est VOTRE santé qui est exposée à une source de stress ! Il faut prendre soin de VOUS en premier, pour préserver votre équilibre ! Prendre le temps de « récupérer vos ressources personnelles » ! Personne ne le fera a votre place ! C’est essentiel !

    Comme disait l’auteur, HENRI LABORIT, « si vous luttez contre ( tout seul ) vous allez perdre contre la meute, à moins que vous soyez une « force de la nature » ! Si vous fuyez, vous perdrez votre investissement, mais vous vous donnez UNE CHANCE de préserver votre intégrité physique et morale  » !

    Si vous faites le choix de fuir la situation, prenez soin de « laisser des traces » – une lettre qui fait état des faits que vous avez OBSERVÉS et NOTÉS pour établir votre positionnement réel ! Parce que dès votre départ, ON s’empressera de vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas !

    Si vous choisissez de dénoncer ce qui vous semble incorrecte… je vous suggère de PRENDRE DES NOTES pour fonder votre témoignage sur des FAITS VÉRIFIABLES ! Vous pouvez aussi consulter un avocat, un conseiller des Normes du Travail, ou encore, un de vos anciens professeurs ! Ce serait bien de trouver une personne NEUTRE à qui vous pouvez PARLER de ces faits ! De prendre aussi de la distance par rapport aux personnes qui magouillent sous votre nez ! Pour récupérer la tranquillité de votre « bulle » ! Et préserver votre SANTÉ en premier !

  9. le 07 avr 2009 à 9:23 Dianne Dufour

    Petit supplément de NOTE :

    La FRAUDE c’est aussi l’imposture à la face du monde ! C’est aussi le fait de « faire passer une autre personne pour ce qu’elle n’est pas » !

  10. le 07 avr 2009 à 9:55 RenéP.

    Je crois que lorsque quelqu’un est témoin du fait d’un geste illégal ou malhonnête posé par une autre personne, il n’a d’autre choix d’intervenir ou d’être complice par défaut de le faire. Cependant, avant d’intervenir, il se doit d’assurer ses arrières de facon à ne pas compromettre sa propre sécurité car, comme on le sait bien, le messager devient souvent la cible de la dénonciation. Donc, il ne s’agit pas d’intervenir émotivement mais plutôt de facon réfléchie, étudiée, ordonnée. Mais chose certaine, et là je suis d’accord avec ymdelisle, DD et Dianne Dufour, il faut intervenir pour la justice à rendre aux autres et la satisfaction de soi-même sans chercher à se soustraire à sa responsabilité. Cependant, dénoncer ne veut pas dire nécessairement dans tous les cas de porter plainte à une tierce personne (un supérieur, la police,etc…) mais simplement faire savoir au « délinquant » qu’on voit, qu’on sait ce qu’il fait d’incorrect et qu’on s’attend à ce qu’il y remédie. Il s’agit donc d’ouvrir la situation, de la mettre en évidence. De cette manière on ne se rend pas complice et, en même temps, on n’a pas à compromettre notre sécurité si on n’est pas en position d’assurer nos arrières.

  11. le 07 avr 2009 à 9:58 Dianne Dufour

    RenéP.

    J’aime beaucoup votre approche du problème !

  12. le 07 avr 2009 à 11:22 Serge Williams

    Ce que je trouve déplorable dans « l’affaire Dupuis » c’est que cela entache largement tout le mouvement syndical. La FTQ Construction n’est qu’un syndicat parmi la quarantaine qui sont affiliés à cette centrale. La FTQ regroupe quelque 5000 unités locales de représentation et un nombre encore bien plus grand de comités de délégués et de représentants qui consacrent une partie de leur temps de façon bénévole à aider et soutenir leurs collègues de travail.

    Sans sombrer dans l’angélisme, et avec toutes les réserves appropriées, je persiste à croire, pour y avoir oeuvré plus ou moins sporadiquement (in and out pour monsieur Delisle) pendant 27 ans, que ce mouvement est essentiel pour nos sociétés et que le type et la proportion des malversations de toutes natures qu’on y retrouve n’a aucune commune mesure avec celles du milieu, auto-proclamé, des « décideurs ».

    Je vous invite à lire la chronique de madame Payette dans le Devoir d’aujourd’hui.

    Pardonnez cette embardée mais il fallait que ça sorte.

    Retournons à nos moutons. La situation de BB illustre de façon éclatante l’à propos du texte de monsieur Joseph. J’aimerais toutefois préciser la différence entre délation et dénonciation.

    délation: trahison et dénonciations malveillantes

    dénonciation: signalement (de quelque chose de répréhensible) aux autorités

    Évidemment le « quelque chose de répréhensible » peut avoir le dos large; pour ne pas dire flou. Mais il est clair que dénonciation n’est pas délation s’il n’y a pas de malveillance. et D.D. nous en a fait une démonstration limpide.

    Rappelons-nous simplement que « partout où il y a de l’Homme, il y a de l’hommerie ». Ce qui, bien sûr, n’exclue pas la gente féminine ;-).
    Bravo à Dianne pour la sagesse et la sagacité de son approche au problème de BB.

  13. le 07 avr 2009 à 12:12 Dianne Dufour

    Monsieur Serge William,

    Vous nommez très justement le problème de la « crédibilité » comme enjeu premier de cette organisation [ la FTQ ] qui s’est donné la vocation de défendre les intérêts et représenter les droits des travailleurs ! Vous le dites bien, ce type de mouvement est essentiel pour nos sociétés ! Il est impensable de faire marche-arrière, et de penser à se passer des acquis du mouvement syndical dans notre environnement social ! Cependant, il faudrait avoir aussi le courage de se poser LES BONNES QUESTIONS à propos de CE QUI favorise les « comportements équivoques et délinquants » alors qu’au départ, les personnes qui s’engagent dans ce genre d’activité bénévole sont en général motivés par les meilleurs sentiments… le désir d’entraide et de solidarité avec ses paires…

    De telles incidents ( fraudes ) ont l’effet d’altérer la « confiance » tant des membres des formations syndicales, que celle de leurs interlocuteurs… ceux à qui s’adressent en général les demandes, les critiques, les revendications, et la nécessaire coopération en milieu de travail !

    L’action qui consiste à « mettre des mots » sur ce qui fait problème dans un environnement ne devrait pas être jugée, évalué, ou perçue, en terme de « trahison » (dénonciation) comme s’il s’agissait d’un comportement « péjoratif », puisque l’évolution positive d’une entreprise, publique ou privée, est forcément liée à la pleine connaissance des malaises, des difficultés et des failles dans l’organisation du travail…

    Le silence des uns peut signifier la complicité ! Mais il est aussi le signe l’incertitude, ou la difficulté à « cerner » de facto ce qui se joue sous l’apparence des faits…

  14. le 07 avr 2009 à 12:21 Dianne Dufour

    Je tiens à m’excuser pour les fautes… Malgré toute l’attention que je porte à la relecture et la correction des fautes… j’ai réussi à en échapper quelques unes… Si vous l’exigez… je les corrigerai TOUTES… ( je sais que je peux )
    Je suis désolée !

  15. le 07 avr 2009 à 13:07 Richard Sauvé

    Encore une fois, ce que vous dites est très juste, monsieur Facal. Je voudrais surtout attirer l’attention sur votre remarque:

    « Voyez aussi la connotation terriblement négative attachée au mot « délateur ». »

    Depuis ma jeunesse, je me révolte contre cette attitude si répandue qui consiste à traiter le courageux dénonciateur d’un crime à l’égal du lâche délateur qui livre des victimes innocentes à des bandits. Ainsi, le « whistleblower » qui mettra à jour des tractations malhonnêtes qui nuisent à toute une collectivité risquera, en plus des représailles dont vous parlez, d’être marqué comme un « stool », tout comme ces braves citoyens qui, en Europe occupée, dénoncèrent leurs voisins juifs aux autorités nazies.

    Comment blâmer ceux qui choisissent de se taire et de regarder ailleurs, en effet…

  16. le 07 avr 2009 à 13:14 MV

    Je partage chacun votre point de vue dans cette logique. À vrai dire, il existe des bons et des mauvais cadres dans notre société. Cependant, j’espère que tout le monde ici à un jugement assez fort et un sens moral assez élévé pour faire comme la majorité des travailleurs dans notre société en étant des gens honnêtes et faibles. Soit dit, doit-on dire que le mouvement syndical est rendu de nos jours une simple grosse  »buisness » comme les autres avec les éléments qui viennent avec? Il arrive parfois même que des syndicats font de l’intimidation à certains travailleurs ou employés pour qu’ils se ferment la gueule.

    Dans ce cas, doit-on dire que quelqu’un doit avoir le courage de ses convictions et de dire qu’un geste croche va toujours finir par lui retomber sur le nez?

    @René P:

    Vous avez parfaitement raison car le risque de se faire accuser de diffamation est problablement la raison principale du pourquoi que beaucoup de gens restent silencieux.

  17. le 07 avr 2009 à 13:15 MV

    Soit dit, je m’excuse pour la petite coquille du mot business.

  18. le 07 avr 2009 à 15:53 Dianne Dufour

    Ma tendance « naturelle » à toujours été celle de « dire tout haut ce que je pense tout bas » ! Même au risque de déplaire ou de surprendre ! Pas par mesquinerie ! Parce que je fais confiance à ma première impression ! Du moins, je lui accorde du crédit ! Si je me trompe, je compte sur ma conscience pour rectifier mon appréciation ! Cette conduite est parfaitement humaine ! Je ne vois aucune bonne raison pour inhiber ma première impression ! J’ai horreur des « non.dits » et de ses effets …pervers sur la « perception de la réalité » !

    Dans mon environnement, certains(nes) se rassuraient à on sujet, en disant :  » Dianne, ON sait ce qu’elle pense vraiment ! Quand çà va, on le sait ! Quand çà ne va pas, on le sait aussi ! Si je doute, je le dis aussi ! C’est tout simplement une manière d’être en transparence, et libre…  »

    Au point que ce serait difficile pour moi de retenir une pensée… Dans mon cas, ce serait le début d’une mascarade…

    Hors, pour préserver l’intégrité, la fierté, et l’identité d’une personne qui d’habitude se comporte de manière honnête, par souci d’être juste envers cette personne, je pourrais tenir ma langue ! Parce que je ne saurais assumer une parole « malveillante » ! C’est aussi une manière d’exprimer courageusement ses convictions ! Savoir tenir sa langue pour éviter le pire : un jugement précipité et intransigeant !

  19. le 07 avr 2009 à 16:15 Serge Williams

    L’essentiel des « Zones grises » qui font grisonner monsieur Joseph est que « … l’entourage tournait la tête. »

    Que l’entourage de Dupuis ait tourné la tête est inacceptable bien que plutôt concevable étant donné la nature du milieu de la construction; ouvriers et patrons. Y a du cash là mon vieux…! Et quand je dis cash, je dis cash. Nul ne se surprendra du fait que les groupes criminalisés ne soient jamais très loin de ce milieu. Et un passé pas si lointain peut en témoigner. Tourner la tête, quand on nage dans ses eaux là, peut parfois équivaloir à sauver sa peau. Je n’ose pas écrire: « littéralement » ,de peur que quelqu’un soit à l’affut;-).

    Bref, ce qui s’est passé à la FTQ-Construction relève plus du banditisme que des mauvaises pratiques syndicales. Et je présente d’avance mes excuses et mes regrets aux milliers de gars et filles de la construction qui, en tout honneur et intégrité ont bâti et bâtissent encore le Québec. Ces reproches ne les concernent pas et je souhaite qu’ils parviennent à redonner, malgré certaines canailles qui prétendent les représenter, tout le lustre que l’on doit aux nobles métiers qu’ils exercent.

    Chère Dianne, quand je dis « …réserves appropriées », comprenez que vous seriez surprise de l’ampleur de ces réserves. Je laisse cependant à la droite bien pensante, qui s’empresse avec une touchante allégresse de dénigrer, à la moindre occasion, le mouvement syndical , le soin de la …(restons pondérés) critique.

    Certes il faut nommer les choses. Et malgré les nuances de sémantique entourant les termes délation et dénonciation, une fraude est une fraude, on doit comme D.D. la dénoncer et on ne doit pas la tolérer de manière à mériter la confiance des gens qu’on représente. Et c’est ce que la presque totalité des gens que j’ai cotoyés au cours de mes 27 années d’activisme faisaient. La nature de mes réserves est d’un tout autre ordre. La confiance repose sur un ensemble de facteurs qui n’est pas si simple. La dénonciation évoquée par monsieur Joseph et D.D. n’est pas une trahison et n’est pas péjorative, c’est le devoir de chacun. En tenant compte, évidemment des circonstances comme vous l’avez si bien fait avec BB.

  20. le 07 avr 2009 à 17:07 Francois Aubin

    pardonnez mon commentaire hors contexte et totalement basé sur l’émotion mais ce que les syndiqués du journal de Montréal ont fait aujourd’hui me répugne totalement. Pour ceux qui l’ignore, ils sont aller dérangé M.Facal et les étudiants des HEC aujourd’hui sous prétexte que ce dernier est un briseur de grève. J’avais du respect pour leur cause jusqu’a ce qu’ils fassent cela aujourd’hui. S’il ne sont plus content avec leur conditions de travail au journal, qu’ils s’en partent un et qu’ils essaient de le rentabiliser de leur coté. Ils vont voir que sans fond de grève, c’est plus difficile à faire. J’espère que PKP ne reculera pas et qu’ils va les mettrent au pas. S’ils veulent votre appuie, qu’ils défendent également vos intérêts et pas seulement leurs intérêts de syndiqués baby-boomers qui vivent dans une autre époque. Je m’excuse de ce commentaire hors sujet mais la vue de cet article aujourd’hui m’a grandement frustré alors je voulais vous signifier mon appui M.Facal. Bonne fin de journée à tous

  21. le 07 avr 2009 à 18:39 Dianne Dufour

    Monsieur William,

    Je vous remercie de vos commentaires !

    Je comprend que le comportement de « détourner la tête » signifiait dans le contexte, le « refus de voir » ou « d’avoir l’air conscient » de ce qui se passait ! Autrement dit, « feindre de savoir » … de « n’être pas concerné » par ce qui se jouait dans l’entourage ! Un mécanisme de « défense de soi » tout a fait naturel en face du danger ! Savoir qu’on est pas à la hauteur du DANGER qui se profile dans le champs de vision suggère la fuite salutaire… ou Salut taire ! ( sourire )

    Je comprend très bien…

    C’est quand même bienfaisant de pouvoir « casser le silence » même après un long délais…

  22. le 07 avr 2009 à 23:25 MV

    Vous parliez plus haut de plagiat à l’université. Cela me fait penser à un rapport d’un comité de discipline d’une université (dont je nommerais pas) qui a affirmé que plus de 65% des cas de plagiat venaient de gens venant de minorités visibles. Aussitôt que ce rapport a sorti, ces mêmes gens ont crié au raciste.

    Voyez-vous en quelque sorte un lien avec cette statistique et un élément important quant à l’image de la réussite adadémique chez certaines personnes faisant parti de certains groupes ou communautés?

    Soit dit, je dois dire que le plagiat est bien plus répendu dans certaines facultés que d’autres.

  23. le 08 avr 2009 à 7:28 Joseph Facal

    Merci, monsieur Aubin, ça fait du bien. C’est pour les étudiants surtout que c’est fâcheux…mais de grâce, n’embarquons pas là-dedans ici. Salutations.

  24. le 08 avr 2009 à 9:22 Serge Williams

    Monsieur Facal,

    J’arrive du site de Rue Frontenac. Je n’étais pas conscient ou n’avais pas remarqué, n’étant pas normalement un lecteur du Journal, que vous aviez augmenté la fréquence de vos chroniques.

    Jusqu’à aujourd’hui, je trouvais les critiques, à votre égard, exagérées et non fondées.

    Je dois maintenant reviser mon opinion et vous suggérer, du fond de ma condition de simple participant à votre blogue, de revenir à la fréquence originelle de vos chroniques.

    Il me semble que c’est la simple décence.

  25. le 09 avr 2009 à 4:16 Dianne Dufour

    Il est 03 heure 40 ! Je devrais… être au lit, comme tout le monde, dormir sans me soucier des fautes d’orthographe ! Non ?

    Pour un « certe » avec ou sans « s » je n’arrive pas à dormir tranquille !

    Le Petit Larousse, de même que le Le Robert Méthodique me donne un « certes » avec un « s » en guise de référence !

    Tandis que, le dictionnaire libre de Wikipédia, écrit « certe » sans « s » !

    J’aimerais pouvoir retrancher le « s » ou le « t » en trop que j’ai abandonné sur la page du texte, au moment de « soumettre » mon billet ! M’excuser, ou me morfondre parce que j’ai fait quelques fautes d’usage ne me rendra pas plus aimable ! Les mordus de la bonne manière d’écrire n’en seront pas plus indulgents ! Au contraire, je suis intimement persuadée de leur « mordant plaisir », quasi sadique, devant le fait d’une faute admise !

    La règle de grammaire m’a convaincue que nos rapport à autrui sont fortement structurés sur la base de ce « rapport à la faute d’orthographe »…

    J’aimerais avoir la clé qui me permettrait d’ouvrir mon texte, pour aller sur la pointe des pieds, sans réveiller le veilleur de nuit, corriger « toutes » les fautes que je n’ai pas vu à la relecture de mon message ! Hélas ! Je suis captive de mon fait accompli !

    Au moment de soumettre mon « comment taire » j’ai reçu une visite très importante. Mon petit-fils arrivait ! Je me suis senti pressée d’expédier la page d’écriture électronique… J’ai oublié toutes les fautes ! Mon coeur subjugué par la joie me faisait oublier toutes les règles « d’ortho.grahe » !

    Ceci étant dit, je reconduis mon désir de corriger les fautes dans toutes mes productions écrites… Mais, faute d’accès au moyen de réaliser cette manoeuvre, je dois me résigner, soumise aux contraintes du contexte !

    Veuillez accepter que je sois humblement désolée !
    Dianne

  26. le 14 avr 2009 à 18:09 Steve Boucher

    Le monde de la construction connaît de graves problèmes, nul doute!

    Il y a du traffic d’influence à n’en plsu finir, et des facilitateurs qui, si on est du bon côté, vont faire cheminer vos projets.

    Il faudrait en parler, pas seulement à M. Zampino, mais également à celui qui travaille chez BPR Infrastructure et qui est président du parti libéral du Québec, Jean d’Amour….