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Les eaux dormantes

C’est aussi la fin des vacances sur la scène politique. Voyons d’abord comment les choses se présentent à Ottawa.

Si des élections fédérales avaient lieu demain matin, elles produiraient sans doute encore un gouvernement minoritaire, probablement conservateur. Et cela ne semble pas près de changer. Chaque parti a son noyau dur et ses sympathisants plus mous, mais aucun ne parvient pour le moment à gruger des appuis chez ses rivaux.

Aucun parti n’est porté par un élan irrésistible. Aucun débat fondamental ne déchire le Canada. La question la plus brûlante du moment est évidemment la présence canadienne en Afghanistan, mais déjà le dénouement se dessine: vraisemblablement, le Canada n’y restera pas au-delà de 2009.

Stephen Harper avait connu un départ canon il y a deux ans. On réalise aujourd’hui qu’il s’était donné un programme minceur dont la réalisation rapide devait lui donner l’élan pour déclencher des élections anticipées et devenir majoritaire. L’échec de ce plan laisse voir qu’il n’avait pas dans ses cartons de quoi meubler trois ou quatre ans de pouvoir.

                                         Pourquoi le pouvoir?

Brian Mulroney voulut jadis mettre fin à plus de cent ans de protectionnisme économique canadien et amener le Québec à signer la Constitution canadienne. Pierre Trudeau voulut littéralement refonder le Canada en centralisant le pouvoir à Ottawa et en matant le nationalisme québécois. D’accord ou pas, leurs ambitieux programmes étaient portés par une certaine lecture de l’Histoire.

Qu’est-ce que Stephen Harper voudrait que les historiens retiennent un jour de lui ? Après deux ans, on cherche encore le grand projet qui donnerait un sens et une direction à son gouvernement. Remarquez qu’il n’est pas obligatoire d’en avoir un pour se maintenir au pouvoir. Parlez-en à Jean Chrétien. Et Stephen Harper reste un redoutable manoeuvrier.

Le Bloc est toujours le premier parti fédéral au Québec, mais lors de la dernière campagne électorale, il a suffid’un seul discours de Stephen Harper à Québec pour que de nombreux nationalistes québécois modérés se laissent séduire.

En théorie, tant que le Québec fait partie du Canada, il est logique et légitime que les électeurs souverainistes puissent voter pour des candidats qui défendront leur point de vue au Parlement fédéral.

Mais en pratique, seize ans et cinq élections après sa fondation, on sent que le Bloc a de plus en plus de difficultés à convaincre les Québécois de l’intérêt de s’exclure volontairement de l’exercice du pouvoir fédéral si ceux-ci ne sont pas non plus prêts à faire la souveraineté.

                                           Le calme plat

Stéphane Dion, lui, pourra faire toutes les épluchettes de blé d’Inde entre Terre-Neuve et la Colombie-Britannique, il n’y aura jamais de courant de sympathie profond entre la population et cet homme brillant mais irrémédiablement coincé. Mais il n’est écrit nulle part qu’il faille absolument être aimé pour gagner des élections.

Ses principaux atouts sont sa ténacité, sa parfaite connaissance des dossiers, et le fait qu’il a toujours été sous-estimé par ses adversaires. Mais les libéraux fédéraux doivent absolument reprendre pied au Québec, et on voit mal ce que Stéphane Dion pourrait faire pour réussir à effacer l’impact très négatif de son intransigeance passée.

Le NPD n’a jamais connu le moindre succès durable au Québec. Et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé. C’est simplement parce que les Québécois le voient pour ce qu’il est effectivement: le plus anglophone et le plus centralisateur des partis fédéraux. Rien ne laisse entrevoir que cela va changer.

Bref, rien ne semble à la veille de bouger. Mais les marins d’expérience vous diront qu’il faut se méfier des eaux dormantes.

60 réponses à “Les eaux dormantes”

  1. le 09 août 2007 à 8:36 Simon Robert

    Ce qui me décourage le plus avec le Bloc, c’est qu’en temps que souverainiste j’ai très souvent l’impression de donner mon vote à un parti qui se dit souverainiste mais qui ne fait pas la promotion de cette option! Il dit plutôt «protéger les intérêts du Québec». Moi, je veux que le BQ parle d’indépendance!!!

    Quand je vois des articles sur le site du Bloc comme par exemple «Algues bleues : le gouvernement fédéral doit intervenir» je me dit : MERDE! NON! Le gouvernement fédéral ne doit PAS intervenir! Le BQ doit travailler à remmener TOUT le ministère de l’environnement au Québec! On veut être responsable de NOS affaires! Pas se faire entretenir par le fédéral!

  2. le 09 août 2007 à 8:42 AntiPollution

    Bonjour M. Facal,
    Je crois fermement que le Bloc a sa raison d’être, premièrement parce ce que ce gouvernement minoritaire doit toujours filer doux envers les québécois pour s’acheter des votes et deucio les députés du Bloc acquièrent cette expérience nécessaire au plan international que lui permet actuellement le fédéral.

  3. le 09 août 2007 à 8:49 A, Champagne

    Je pense que le Bloc a fait son temps et depuis longtemps. L’indépendance ne se fera pas à Ottawa si un jour elle se fait. Nous sommes dans le Canada, heureusement ou malheureusement, selon les points de vue. Autant tirer le maximum de notre situation de canadien. Mais quel parti choisir ensuite ? Vous avez raison sur toute la ligne. Aucun choix ne s’impose et je ne vois même pas aujourd’hui quel serait le moindre mal. (je trouve très bien, monsieur Facal, que vous exerciez une bonne surveillance des propos injurieux. On a pas le droit d’écrire n’importe quoi. Et comme c’est votre blogue, bien à vous, vous avez toute la latitude. Les mécontents n’ont qu’à crérer leur propre blogue. Qui demeurera inconnu et tant mieux.)

  4. le 09 août 2007 à 9:50 conservateur

    1.Le BQ c’ est un gang qui recoit de l’ argent du federal, c’ est donc impossible de faire la promotion de l’ independence. Le BQ est donc un parti canadien. Erreur de croire autre chose.
    2.La raison pour que le PC n’ avance pas trop,c’est qu’ ils sont percu comme un parti pro-americain. La plupart des canadiens, quebecois inclus, sont reticents a un tel rapprochement. (God knows why…)
    3.Les liberaux sont trop longtemps percu comme des prostitues politiques…une fois ils courtisent les QUebecois, autre fois les americains, de fois ils sont socialistes…autre fois pro-americains…c’est leur propre cul en fait que les interessent vraiement.
    4.Une seul option: voyager plus souvent aux Etats Unis, a l’ ocasion de la faiblesse du Dollar Americain, et voir que les americains ne sont pas le gros mechant loup, mais des gens sympathiques et divers comme au Canada. Ils payent moins de taxes, leurs ponts tombent aussi comme chez nous, leur route sont quand meme meilleures que les notres, et, lorsqu’ un probleme arrive, ils cherchent pas l’ aide de l’ etat.
    COnclusion: un peu plus de politique conservatrice devrait nous faire du bien. Mario Dumont a bien compris tout cela.

  5. le 09 août 2007 à 10:19 Simon Robert

    M. Conservateur,
    Je vais essayer de répondre à vos points du mieux que je le crois :
    1) Je ne crois pas que les gens du BQ sont tous des affairistes comme vous semblez le croire. La grande majorité sont des gens de coeur et de bonne volonté qui croient en la cause indépendantiste québécoise.

    2) P-e les Québécois sont réticent à «un tel rapprochement» avec les Américains (le gouvernement) pour des raisons culturelles ou linguistique. Je vous rappelle que nous sommes le seul état français en Amérique du nord.

    3)Ça, par contre, je suis 100% d’accord avec vous, ils sont trop souvent trahi les Québécois.

    4)Je ne me considère pas comme anti-Américain. Je ne crois pas que “LES Américains” sont «le grand méchant loup». Je me réserve toutefois le droit de critiquer le GOUVERNEMENT qui dérape parfois, même souvent.

    Vous arrive-t-il de critiquer les Américains ou le gouvernement américain? Vous semblez vraiment les trouver si parfait! Que tout est si beau là-bas et que le gouvernement est si bon!

    Je respecte les Américains et leur gouvernement mais :
    1)je me réserve le droit de critiquer
    2)je ne suis PAS Américain
    3)je ne souhaite pas l’être non plus. Comme je ne souhaite pas être Belge, Marocain ou Vietnamien. Pas car je ne les aime pas ou ne les respecte pas; mais car ce n’est pas MOI, ce n’est pas NOUS!

    Cordialement,

  6. le 09 août 2007 à 10:46 conservateur

    Simon RObert
    Bon commentaire
    Oui, ca m’ arrive de critiquer les americains, et je trouve aussi que leur classe politique en generale - comme la notre d’ ailleurs - est un gang d’ affairistes. Il y des exceptions surement.Pour ce qui est du Bloc - les deputes ont mange de la main d’ Ottawa longtemps - et ils sont toujours en oposition, jamais au pouvoir, ils peuvent alors dormir bien…ils ont vote cette anneee pour le buget de HArper -parce que ca donnerait mal de refuser, mais apres ils l’ ont critiques…la meme chose PQ s’ est abstenu pour passer le buget liberal, mais il l’ ont critiquer apres, cela c’ apelle hypocrisie en generale , mais en politique s’ appelle diplomatie ou patriotisme…

  7. le 09 août 2007 à 12:31 Richard

    Sans flagornerie, j’aime beaucoup vous lire et vous entendre (chez madame Bazzo), monsieur Facal. Non seulement vous êtes d’une grande lucidité, mais vous pratiquez le “parler vrai” comme peu de politiciens (ou ex-politiciens) le font. A propos, Carole Facal, de DOBACARACOLE, est votre nièce ou votre cousine, semble-t-il ? J’adore leur chanson “ETRANGE”.

    J’ai du mal cependant à comprendre comment vous pouvez encore souhaiter l’indépendance du Québec, et y croire. On nous a assez répété que ce mouvement, fondé par une poignée de gens au début des années 60, a grandi au point de convertir quelques millions de Québécois au référendum de 1980. Mais depuis, tout stagne, si on excepte la poussée de fièvre dûe à l’échec du Lac Meech en 1990, qui a mené aux 49% du référendum de 1995.

    Je ne parlerai pas ici des raisons de faire ou de ne pas faire l’indépendance, mais seulement de l’improbabilité que cela arrive un jour: une solide proportion de Québécois “de souche”, ceux-là même pour qui cette idée a germé, n’en veulent tout simplement pas. Plusieurs qui y croyaient étant jeunes ont depuis changé d’idée, comme Pierre-Marc Johnson, Raymond Bachand et de nombreux autres.

    Comme vous n’êtes pas né chez nous, on aurait pu s’attendre à vous trouver plutôt dans le camp fédéraliste, comme la plupart des immigrants. Même si je ne souhaite plus l’indépendance du Québec depuis longtemps, je trouve sympathique qu’un Uruguayen d’origine ait voulu ainsi se solidariser avec sa société d’accueil. Mais à moins de changements économiques ou politiques radicaux (le Québec passant de province pauvre à province riche, l’armée du ROC commençant à bombarder nos villes…), je crois que vous aurez choisi le mauvais cheval.

  8. le 09 août 2007 à 13:43 V

    Avec respect pour l’opinion contraire, je pense que Stephen Harper a un plan pour le Canada.
    Pendant ces années universitaires, Harper fut l’auteur d’une théorie très intéressante sur les courants politiques canadiens. Il y établie que la vie politique canadienne avait toujours été organisée autour des rapports de force et des conflits opposant quatre courants :
    1- Un courant libéral, implanté dans les centres urbains et soutenu par les minorités linguistiques de langues officielles et les minorités ethniques.
    2- Un courant conservateur, surtout implanté en zone rurale, fort dans l’ouest canadien.
    3- Un courant francophone nationaliste.
    4- Un courant socialiste, celui du NPD et de son prédessesseur, le CCF.
    Toute la démarche d’Harper repose sur la question suivante : Comment faire pour détrôner le Parti Libéral du Canada comme “natural party of governing” et le remplacer par les conservateurs ?
    Sa réponse : maintenir la coalition entre l’ouest conservateur et le Québec nationaliste.
    À l’époque où il a conçu cette approche, Mulroney tentait de sauver Meech, auquel Harper s’opposait. Il n’hésitait donc pas à déclarer lui-même que la coalition bleue n’était pas viable.
    Aujourd’hui, il croit peut-être avoir trouver la recette pour la faire durer, à plus forte raison avec la montée de l’ADQ…
    Quoi qu’il en soit, il ne faut pas se méprendre : Stephen Harper a un plan à très long terme. L’ensemble de son parcours, politique ou pas(National citizen coalition, recours judiciaire pour permettre aux groupes d’intérêt de dépenser dans les campagnes électorales, utilisation de publicité négative contre l’adversaire)s’inscrit dans une volonté de sa part de transformer la politique canadienne en la rapprochant de la façon de faire américaine, ce qui favoriserait l’émergence du PC comme nouveau “natural party of governing”.
    On peut être d’accord avec ce projet, on peut être contre, ce qui est mon cas. Mais il faut se montrer admiratif envers un politicien qui a un plan à long terme pour son pays.
    Mais M. Facal a raison : Harper ne s’attendait peut-être pas à devoir gouverner si longtemps avant d’avoir son gouvernement majoritaire et entamer son travail de transformation du Canada. Ses hésitations quant à son agenda “law and order” semble aller dans ce sens.
    Une dernière chose, au sujet de l’ADQ : on en parle pas beaucoup, mais il risque d’avoir un problème au sein du caucus conservateur du Québec d’ici les prochaines élections québécoises. En fait, les Lawrence Cannon, Jean-Pierre Blackburn, Micheal Fortier et probablement Maxime Bernier sont d’allégeance libérale au provincial et sont proches de ces cercles. La bande de Québec, comme Josée Verner, Steven Blaney, Jacques Gourde et etc… sont clairement proches de l’ADQ et certains d’entre eux y ont même déjà milité. Ça risque de brasser à l’interne aux prochaines élections.

  9. le 09 août 2007 à 14:02 Lesdents

    Se pourrait-il que ce soit ca l’enjeu de la prochaine campagne electorale - L’Initiative Nord-Américaine de sécurité et de prospérité (INASP)?

    http://www.vigile.net/article8078.html

    Comme independantiste quebecois, je ne sais pas trop quoi en penser. La souverainete du Canada, qu’elle disparaisse, ca me laisse assez indifferent. Tant qu’a ne pas avoir mon pays et a mourir canadien, autant devenir une annexe des Etats-Unis, me dis-je. C’est un peu la reflexion (tres superficielle et embryonnaire je l’avoue) que je me fais en ce moment. Je vois l’Union europeene d’un bon oeil, mais comme Rodrigue Tremblay le souligne, aucun des partenaires n’est hegemonique en Europe. Et l’Europe, avec ses multiples cultures, langues et toute sa diversite et ses richesses, c’est un projet emballant. Ca l’est moins de se fondre a 300 millions d’anglos-saxons… Votre avis messieurs dames?

  10. le 09 août 2007 à 14:20 maude levasseur

    Si on maintient un parti minoritaire au pouvoir c’est qu’aucun de ces partis ne répond aux besoins de la population. Moi je pense qu’on devrait revoir en profondeur le rôle de la politique dans son ensemble, ses pouvoirs et ses fonctions et soumettre au peuple le ou la dirigeante qu’on voudrait voir diriger un parti, une province et un pays. Pas juste aux membres de ses partis qui deviennent aveugles avec le temps.

    Par exemple, mr dion, personne n’en veut à part son parti. Le parti est déconnecté de la réalité de l’ensemble de la population. Ce fut la même chose pour mr boisclair, on savait qu’il ne passerait pas dans la population et le parti, les membres, n’en non pas tenu compte.

    Je pense que les partis devraient tenir compte un peu plus de l’ensemble de la population et de leurs demandes pour élire un chef. Mais ce qu’ils font actuellement c’est d’essayer de se maintenir au pouvoir avec des promesses qu’ils ne tiennent pas, par le mensonge quoi!…et l’apparence et ils s’appuient sur une seule personne, sans égard à ceux ou celles qui sont derrière lui ou elle.

    Exemple : mr harper, ses députés proviennent en parti de l’ancien réforme parti, des gourous de la pensée unique, sexiste et religieuse.

  11. le 09 août 2007 à 14:20 Lesdents

    Pour completer le propos de V: suggestion de lecture: La biographie de Stephen Harper par William Johnson (il est meilleur biographe que columnist…). Et pour completer, Think Big, de Preston Manning. On y raconte des anecdotes interessantes sur Harper, sur la fondation du parti reformiste par Manning, et sur les differentes courses a la chefferie de l’Alliance canadienne et de la fusion Alliance-PPC.

  12. le 09 août 2007 à 14:26 maude levasseur

    Lesdents

    Plus on va s’éloigner du pouvoir, comme québécois, moins en va en avoir et plus vite comme communauté francophone on va disparaître.

    Ça fait longtemps que plusieurs canadiens anglais, surtout les provinces de l’ouest, veulent s’annexer aux états unis, et je pense que ça va se faire un jour, surtout si on met au pouvoir mr harper. Il en discute présentement avec mr bush.

  13. le 09 août 2007 à 14:47 Lesdents

    Maude, oui, cet argument est valable. Je reconnait sa valeur.

    Mais d’un autre cote, s’il y a plus d’integration (notamment une monnaie commune, une frontiere commune et une defense commune), les Quebecois seront p-e plus enclins a faire leur independance. En effet, il s’agit de 2 des principales competences federales qui seraient dorenavant gerees au niveau supra-national. Ainsi, le federal devient assez inutile dans l’equation (c’est a dire que le Quebec peut s’en passer).

    Bon il se trouvera des gens pour dire que ce n’est pas la vraie independance, mais qui pense vraiment que le Quebec souverain peut evoluer autrement qu’en tenant compte de sa geographie? Je ne suis pas de ceux, en passant, qui croient que le Quebec doit faire son independance pour realiser un projet de societe social democrate ou quelque chose du genre. Ce qui importe a mon avis, c’est que le Quebec detienne le statut d’Etat (nommer ses juges, voter ses lois, signer ses traites, percevoir ses impots), meme s’il est membre d’une entite supra-nationale et qu’a ce titre il delegue legitimement et democratiquement une grande partie de sa souverainete. Ces attributs de souverainete ne sont pas a mon avis remis en question par l’appartenance du Quebec a une union douaniere, par exemple. Quoique que comme vous, je ne connais pas le contenu detaille du projet sur la table.

    Autrement dit, le Quebec serait plus libre a mon avis comme Etat souverain membre du pacte Nord-American en question que comme Etat federe dans le Canada.

  14. le 09 août 2007 à 14:58 maude levasseur

    Lesdents

    Moi je souhaite que le canada s’annexe au us, car notre indépendance ne ferait plus de doute et les québécois n’attendrait plus de miracle du canada et fini les chicanes entre québécois et canadiens et québécois. On avance «par en avant».

    «plus libre» et moins frileux et moins peureux pour s’auto-gérer et prendre les décisions qui nous conviennent.

  15. le 09 août 2007 à 15:13 Lesdents

    Maude je ne pense pas que par magie les Quebecois vont devenir independantistes si le Canada, les USA et le Mexique realisent le projet en question. Encore moins s’il y avait annexion. Ils est plus probable qu’ils remplacent un maitre par un autre, voila tout. C’est ce qu’ils ont toujours fait. D’abord les Francais, ensuite les Britanniques, puis les Canadiens-Anglais. A qui le tour?

    Au moins, on peut p-e esperer que les enjeux seront plus clairs si le projet d’integration nord-americaine va de l’avant. Mais c’est p-e mon desespoir d’independantiste decus qui me fait parler ainsi!

  16. le 09 août 2007 à 15:31 maude levasseur

    Lesdents

    Ce ne serait pas par magie, 60% des francophones du québec sont pour l’indépendance, mais allez savoir pourquoi, ils ne votent pas pour!…Ils attendent d’avoir les 2 pieds dans l’eau bouillante pour agir. C’est un peu la mentalité québécoise, tant que ça fait pas mal, on dort au gaz, on se laisse porter par la vague, mais en cas de coups durs on se serre les coudes et on s’agitent dans tout les sens et on trouve la meilleure solution.

    En attendant on(exclu la personne qui parle) dort au gaz et on attend un miracle!…(rire)…qui ne viendra surement pas du canada.

  17. le 09 août 2007 à 15:35 maude levasseur

    Et j’ajouterais, comme disait mon grand-père : «on est de bon vivant» mais je sais pas trop trop ce qu’il voulait dire, mais il se sentait important quand il disait ça.

  18. le 09 août 2007 à 15:45 Lesdents

    “60% des francophones du québec sont pour l’indépendance, mais allez savoir pourquoi, ils ne votent pas pour!”

    Je pense que vous revez en couleur Maude… Voici la liste des options preferees des Quebecois, en ordre:

    1. Le Quebec independant dans un Canada fort
    2. L’accord du Lac Meech
    3. L’accord de Charlottetown
    4. Le federalisme rentable
    5. Le federalisme renouvele
    6. Le federalisme d’ouverture de Benoit Pelletier et de Stephen Harper
    7. Le federalisme de dialogue
    8. Le federalisme de compromis
    9. Le federalisme harmonieux
    10. Le federalisme tolerant
    11. Le federalisme respectueux
    12. Le rapport Allaire
    13. La souverainete-association
    14. La souverainete-partenariat
    15. L’independance
    16. Le statu quo

    Les possibilites 1 a 14 n’ont pas encore ete epuisees. Quant elles le seront, on aura oublie qu’elle l’ont ete… Quant a l’option 16, on s’en accomode bien!

  19. le 09 août 2007 à 16:29 Ben

    Un peu de sérieux quand même. Les Conservateurs ne souhaitent pas l’annexion du Canada par les USA ! C’est complètement absurde de dire ça. Et cela n’arrivera pas, ni demain, ni dans 10 ans.

  20. le 09 août 2007 à 16:45 Simon Robert

    Tant qu’à moi les options 1 à 14 sont tous du niaisage, de la foutaise, de l’annexion-tranquille, de l’assimilation douce.

    Je ne veux plus que le Québec soit une «communauté francophone». Je veux vivre dans un PAYS normal, avec une langue officielle normale et que l’Assemblée Nationale ait TOUS les pouvoirs pour nous développer pleinement!

  21. le 09 août 2007 à 17:57 vindictater

    J’ai jamais compris cet argument qui dit que voter pour le bloc c’est voter pour un parti qui sera toujours dans l’opposition et qu’en fin de compte c’est un vote gaspillé. Dans un contexte de gouvernement minoritaire, le bloc est loin d’etre sans pouvoir, il peut utiliser ses précieux sieges pour ammender des lois, avancer un agenda plus progressiste et vraiment mettre les préocupations du Québec au premier plan. Les Québecois en votant massivement pour le bloc créent un besoin pour les autres parti a Ottawa d’en donner plus au Québec. Ce genre de stratégie nous sert bien et affirme encore mieux notre spécificité. Durant la période de questions on voit bien que le Québec obtient son mot a dire. Vous croyez vraiment qu’on aurait obtenu notre statut de nation (meme si c’est tres symbolique) sans la présence du bloc. C’est pas le temps de laisser tomber.

  22. le 09 août 2007 à 19:45 maude levasseur

    Lesdents

    Si on étaient en faveur du canada, on aurait pas besoin de toutes ces obtions(16). Et si tout les partis politiques au québec sont en faveur de ces options raisonnables, alors pourquoi on acceptent pas de faire parti du canada et pourquoi on veut pas signer la constitution?. Si on l’aimait tant que ça ce pays, pourquoi on en fait toujours pas parti?…et pourquoi les québécois élisent démocratiquement le bloc québécois?.

    Pourquoi les québécois restent assis entre 2 chaises? Bin des questions, peu de réponses adéquates actuellement!….sauf peut-être qu’on idéalise un peu trop le canada ou on est pas conscient de nos capacités collectives de se gouverner!…des fois d’avoir été colonisé ça laisse des traces et des peurs inconsciente!…pourquoi rester attachés à nos agresseurs?

  23. le 09 août 2007 à 22:29 jeff

    Lesdents
    je trouve l’idée d’annexer le canada aux etat-unis avec une monnaie unique l’améro très intéressante et surtout ca commence a urger avec la monté fulgurante de l’euro ces dernières années! en fait cela diminuerais l’inflation et le cous de la vie car l’amero serait une monnaie extrêmement forte et serais quasiment a parité si ce n’est pas plus forte que l’euro! donc le valeur des produit importé diminuerais énormément donc en même temps le cout des produit de consommation diminuerais certainement!

  24. le 10 août 2007 à 0:13 Humanitaire

    Pour moi, la raison du bloc c’est d’arracher plus de pouvoir du gouvernement fédéral et non de bien gérer le pays du Canada. Un gouvernement minoritaire est justement une occasion propice de faire ça. Le bloc devrait avoir une enseigne à l’extérieur de leur bureau qui dit: voterons pour n’importe quoi à condition qu’on obtienne cette compétence pour le Québec.

    Par exemple, l’Alberta pollue et ne veux pas respecter Kyoto. Le Bloc devrait voter avec les conservateurs et voter contre Kyoto à condition qu’on y joigne une nouvelle compétence fédéral pour le Québec.

    Ils veulent réintroduire la peine de mort au pays. Le bloc devrait voter en faveur à condition que le Québec à le choix de décider.

    Si le Québec était indépendant, est ce qu’on dirait encore à l’Alberta qu’elle n’a pas de droit de polluer ou de réintroduire la peine de mort?

  25. le 10 août 2007 à 8:11 Simon Robert

    Vindictater,
    Je comprends votre point de vue. Cependant, pour un souverainiste québécois conséquent, il serait vraiment bizarre (voir même stupide) de donner mon vote à un parti fédéraliste qui souhaite toujours minoriser de plus en plus la nation québécoise.

    Je critique souvent très sévèrement le Bloc, je dis même parfois que c’est un moindre mal, mais s’il n’était pas là, j’annulerait tout simplement mon vote.

    Je ne pourrais pas voter pour un parti qui travaille à l’assimilation tranquille ou si vous aimez mieux : la minorisation en douce du peuple québécois. Non merci!

  26. le 10 août 2007 à 9:54 Johanne

    «Les eaux dormantes» image troublante, métaphore qui illustre précisément autant la situation politique au Canada que nous, les gens, dans notre léthargie contemporaine face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés en tant qu’humanité, « la destruction définitive de l’environnement terrestre, mais aussi et surtout pour sortir de la misère psychique et morale des humains contemporains ». (C. Castoriadis).

  27. le 11 août 2007 à 6:14 jm, ouellet

    je vous avoue honnetement que je trouve que l on est plutot bien servi par des gouvernements minoritaires , que ce soit a quebec ou ottawa….et je souhaite presque que nous restions comme ca….toute personne etant capable de mettre de cote…la partisannerie devra admettre que le quebec a ete mieux servi par le gouvernement harper que par n importe quel autre…..il est vrai que l economie allant tres bien …ca facilite bien des choses. les deux gouvernements minoritaires que nous avons presentement font tellement bien les choses que les partis d opposition en ont les mains coupees..et j oserais dire restent sans voix…quand on dit que meme le gouvernement liberal quebecquois accepte les suggestions du pq..c est tout dire…

  28. le 11 août 2007 à 8:39 Lesdents

    2 scenarios bien distincts:

    1. @ Ben qui dit “Les Conservateurs ne souhaitent pas l’annexion du Canada par les USA!”. Je suis d’accord avec toi et je ne dis pas le contraire - on en est pas a l’annexion! Les Canadiens-anglais n’accepteraient jamais ca. Trop attaches a leur Tim Hortons, leru systeme de sante gratuit et leur feuille d’erable - je caricature mais c’est un peu ca, la “canadianite”. Personellement, je n’y aurais pas d’opposition de principe: apres tout, le Canada n’existe que parce qu’une poignee de loyalistes ont fait l’erreur historique de refuser l’independance americaine et de demenager au Nord! Et tant qu’a ne pas avoir notre pays, autant etre americain que canadien! Mais tout ceci, c’est une vue de l’esprit.

    2. Scenario plus plausible: un rapprochement et l’adoption du plan de prosperite et securite. Ca, tant la classe d’affaires que le Parti conservateur y est plutot favorable. J’y suis aussi favorable, comme Jeff. Surtout pour le volet economique (moins le volet securite, mais les deux sont inextricablement lies aux yeux des Americains). Et je repete que comme independantiste, ce genre de developpement pourrait etre a notre avantage, comme l’a surement ete le traite de libre-echange canada-USA et l’ALENA, fortement appuye par les pequistes a l’epoque.

  29. le 11 août 2007 à 9:47 vindictater

    Mais c’est quoi cette stupide idée d’annexion avec les USA, il y a déja un traité de libre-échange sur le continent la seule évolution possible serait l’adoption d’une monnaie unique, pas besoin d’annexer pour ca. Je suis pas sur que cette nouvelle monnaie prendrais une si grande valeur puisqu’il faudrait absorbé la faiblesse du peso mexicain. Et cette paranoia américaine en matiere de sécurité on n’a pas besoin de ca ici. En fait les indépendantistes aiment bien cette idée de monnaie commune parce qu’elle aide a convaincre les peureux d’une éventuelle dévaluation de l’argent en cas de séparation.

  30. le 11 août 2007 à 10:29 Lesdents

    Vindicater, explique-moi donc pourquoi cette frontiere existe entre le Canada et les USA. Ca n’arrivera pas on s’entend, mais discutons.

    Qu’est-ce qui justifie cette frontiere, dis-moi? Enleve le Quebec et le Mexique de l’equation, et je pense qu’on peut soutenir que ce qui reste c’est un continent avec une langue et une culture. La frontiere n’est qu’un accident geographique. Pourquoi canadiens et americains ne partageraient-t-ils pas le meme pays, les memes institutions, le meme drapeau, le meme president, le meme systeme judiciaire, le meme gouvernement? Les avantages seraient considerables (meme si je suis d’accord qu’il est possible d’atteindre plusieurs de ces objectifs sans annexer). Pourquoi pas? Rien ne justifie l’independance du Canada.

    Il y a quand meme des gens qui defendent cette idee (un peu hurluberlus mais bon…): http://www.unitednorthamerica.org/index.htm.

  31. le 11 août 2007 à 10:44 vindictater

    C’est un peu une discussion futile mais sans défendre les Canadiens anglais il y a quand meme des petites différences culturelles. Le hockey évidemment, le fait que les gens du Canada sont plus pacifiques moins a droite a plusieurs niveau. Les avantages considérables??? y sont ou je les vois pas, quoi tu sauves l’argent des douanes pis t’élimine un parlement. Est-ce qu’on peut mettre un prix sur la fierté d’un peuple.

  32. le 11 août 2007 à 12:26 Joseph Facal

    Pas tout à fait, mon cher Richard. La chanteuse de Dobacaracol, Carole Facal, n’est ni ma nièce ni ma cousine. C’est…ma soeur.

  33. le 11 août 2007 à 12:46 Joseph Facal

    Merci à tous pour le ton sur lequel se déroule cette discussion. Je concède que S. Harper a une vision assez précise de ce qu’il voudrait. Ses écrits antérieurs en témoignent effectivement. Mais je ne vois pas de plan opérationnel très précis pour faire aboutir cette vision. Évidemment, je peux me tromper.

    Maude a, je crois, raison sur un point : on sent en ce moment un désabusement à l’endroit de la politique traditionnelle, tous partis confondus, qui me semble profond et durable plutôt que simplement un mauvais moment à passer.

    N’enterrons pas trop vite la souveraineté : elle a souvent connu des creux de vague dans le passé. Mais il est vrai que l’appui à la souveraineté grimpe quand elle est vue comme une réponse à un blocage dans le fédéralisme canadien dans un contexte de crise. Or, en ce moment, si on exclut ceux déjà convertis à la souveraineté et ceux qui la rejetteront toujours, les électeurs restants, ceux qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre, ne voient pas de problèmes suffisamment graves pour justifier la souveraineté. Sauf que rien, absolument rien n’est jamais écrit d’avance dans l’histoire des peuples.

  34. le 11 août 2007 à 14:42 AntiPollution

    M. Facal, je suis allé voir le site de DobaCaracol pour y apprendre que votre soeur s’était enfuit vers l’Ouest Canadien sans avertir ses parents.
    Je suis certain qu’à chaque fois que survint une disparition comme celle de la petite Provencher, l’histoire de votre soeur resurgit à votre mémoire.

  35. le 11 août 2007 à 15:52 maude levasseur

    Mr Facal, je viens d’avoir 26 ans et j’aimerais peut-être aller en politique, mais je trouve le milieu tellement violent, que j’arrive pas à voir comment on peut travailler dans ce domaine. Le comportement des politiciens, des uns envers les autres et tout parti confondu, passent leur temps à se nuire entre eux, à chercher à se faire une mauvaise réputation entre eux . Tout ça pour le pouvoir, alors que je pense qu’on devrait travailler pour la population et en collaboration, quelque soit le parti qui à une bonne idée.

    Moi je pense qu’il devrait y avoir une charte, qui obligerait les politiciens à se comporter en bon citoyen et avec une éthique et une obligation de respect des uns envers les autres, surtout lors des campagnes électorales.

    Quand un politicien et surtout un PM est rendu à traiter une députée de «maudite chienne», il devrait être poursuivi ou du moins être puni. Et cette politicienne aussi car on ne s’attaque pas aux membres de la famille des autres.

  36. le 11 août 2007 à 16:35 vindictater

    Ben Maude t’es mieux de te faire une carapace parce que ce que tu vois et entend c’est pire deriere des portes closes. La politique c’est pas fait pour les enfants de coeur, les enjeux sont énormes alors c’est pas le temps de se cacher deriere une charte. Il y a des partis parce qu’il y des idéologies différentes, le bon vieux combat gauche droite c’est dur de faire collaborer main dans la main des conceptions aussi différente de la vie en societé. Personnelement je trouve pas que c’est si pire que ca mais peut-etre que M. Facal a un autre opinion.

  37. le 11 août 2007 à 16:45 vindictater

    Dans un autre ordre d’idée vous trouvez pas qu’il serait temps pour la nation Québecoise d’avoir sa propre équipe nationale de hockey? Quand on parle de fouetter la fierté nationale et en meme temps le pourcentage du Oui je crois qu’il y aurait pas meilleur moyen. C’est du “marketing” tres efficace pour les jeunes et memes les communautés culturelles qui vont beaucoup plus facilement s’identifier au Québec. D’autant plus que notre équipe aurait un exellent potentiel alors imaginé en cas de médaille d’or, la confiance et la fierté qui va animer notre peuple. Un pas de plus vers l’indépendance, non?

  38. le 11 août 2007 à 17:13 maude levasseur

    Vindictater

    Le mot politique égale pourri. Ya quelque chose de pas normal là dedans. Moi je pense qu’il serait temps que qu’il y ait un débat là dessus et que les politiciens trouvent une formule pour faire changer ça.

    Si le milieu est corrompu et si de l’extérieur(journalistes + média) on le corrompt d’avantage il serait temps de se poser des questions, les bonnes. On va là pour servir, pas pour se faire détruire, à cause d’une petite gang de corrompus.

  39. le 11 août 2007 à 17:56 maude levasseur

    Quand je dis que le mot politique = pourri, c’est une pensée courante dans la population. Moi je pense qu’il y aurait lieu de réunir tout les politiciens dans un colloque et de vider la question!…pour trouver une formule qui convient mieux, tout en restant démocratiques. Moi là, me jeter dans la fosse aux lions, me semble que c’est pas la bonne place pour vous représenter.

    Je veux travailler dans un milieu sain pour prendre les bonnes décisions!…enfin le plus équilibré possible(milieu).

  40. le 11 août 2007 à 18:27 maude levasseur

    Et j’ajouterais que je n’ai pas envie de faire parti de la mafia, des hells ou des gangs de rues, j’ai envie de travailler avec du monde honnête, pas des enfants de coeurs non plus(rire), et pas avec des bougons non plus.

    Aie, me faire crier des bêtises et me faire aveugler par des flashs de caméra à longueur de journée, ya des limites quand même. Moi je pense qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien dans le système politique et que ça doit changer. Je n’accepte pas l’inacceptable!…voilà c’était mon dernier mot là dessus.

  41. le 12 août 2007 à 11:29 Joseph Facal

    je trouve formidable l’idéalisme de Maude et je ne veux surtout pas la décourager, mais le combat politique est dur, l’a toujours été et le sera toujours. Certes, on doit espérer et travailler à ce que le débat politique se fasse davantage sur le plan des idées et dans un climat de plus grande civilité, mais ce sera toujours un combat qui fera des gagnants et des perdants. Au fond, il y a deux aspects à la vie politique. Il y a le côté «noble», «élegant» si je peux dire de la politique : trouver et appliquer des solutions collectives à des problèmes collectifs. Mais pour parvenir à cela, il faut d’abord - c’est le côté «sombre» - conquérir le pouvoir, puis lutter pour ne pas le perdre aux mains de ceux qui veulent l’exercer à votre place. Et ça, c’est un combat, et un combat est inévitablement inélégant…parce que c’est un lieu de déchaînement des passions humaines tout simplement : l’ambition, la vanité, la jalousie, la rancoeur. Mais il y a aussi, à travers tout cela, de la générosité et de l’idéalisme. La politique, c’est, au fond, le miroir de l’être humain dans tous les méandres de sa complexité, avec tout ce que l’être humain peut avoir de sublime et de nauséabond à la fois. Je vous assure cependant que ce n’est pas pire que la rivalité entre individus qui luttent pour le pouvoir dans n’importe quel autre milieu, comme par exemple lorsque deux entreprises se battent entre elles à mort ou que des individus s’affrontent pour voir qui deviendra le «boss». La politique nous paraît pire parce qu’elle se déroule sous la loupe grossissante des médias. Mais au fond, elle est comme elle est parce que nous, les humains, sommes comme nous sommes. Pourrait-elle être «mieux» ? Oui, sans doute, mais restons réalistes. Essayons, comme disait René Lévesque, de rester idéalistes même si on perd quelques illusions en chemin.

  42. le 12 août 2007 à 14:55 maude levasseur

    Mr Facal, je suis une «dure à cuire» et quand j’ai un chemin à suivre le combat ne me fait pas peur. Mais je pense que la politique tel qu’elle se pratique doit être revue et corrigée. Je commencerais par le lobéiste à abolir, pour avoir un environnement respirable, je réduirais le personnel autour de ça et je formerais les fonctionnaires et je les ferais changer de poste aux 4 ans(ceux qui sont éjectables) en même temps que les élections à date fixe. Il faudrait renouveler et mettre à la retraite les vieux de 65-67 ans(obligaroirement), parce que quand ils sont trop longtemps au poste il deviennent corrompus ou presque pour certains, surtout quand ça fait 20 ans et plus qu’ils sont en politique.

    Rester réaliste oui c’est humain, mais rester au pouvoir trop longtemps ce n’est pas divin!…c’est s’affaiblir moralement et physiquement étant donné la tâche à accomplir et toutes les privations familiales et sociales que ça demande. Les gens s’éloignent trop de la réalité et perdent la logique du monde et de ses besoins. Il y a des changements à faire, un environnement sain dans un corps sain. Pour ça il faut que le terrain conserve une terre fertile et un lieu politique propre et bien entretenu.

    Et ça c’est la partie qui est la plus négligé. Vous faites mr facal comme tout les autres, vous pensez que c’est comme ça et que ça va rester comme ça. Trop fataliste à mon goût…mais réaliste en même temps et supper intelligent.

  43. le 12 août 2007 à 16:12 maude levasseur

    Et j’ajouterais mr facal, si j’opte pour la politique, la première chose que je vais faire se sera de proposer une réforme lucide(rire)!…

    Et super avec un (p).

  44. le 12 août 2007 à 19:13 Clément Laberge

    Je trouve aussi formidable l’idéalisme de Maude Levasseur et je partage, pour l’essentiel, ce qui le motive. Je suis néanmoins convaincu de la « dure réalité » à laquelle nous ramène Joseph Facal au sujet de la politique.

    C’est bien pour cela que ce ne sont pas les « appels à l’idéalisme » qui m’intéressent aujourd’hui, mais les réflexions sur « les règles du jeu politique », d’une part, et les engagements que les politiciens peuvent prendre, sur une base personnelle, pour nous permettre d’encadrer leur action.

    Dans le premier cas, si la politique consiste inévitablement à un combat — dur, par définition — on peut néanmoins en faire varier les règles, comme René Lévesque l’a fait en proposant la Loi sur le financement des partis politiques, par exemple. Alors dans cet esprit, que pourrions-nous faire, aujourd’hui, pour adapter les règles du jeu politique?

    Dans le second cas, qui relève davantage de l’action nindividuelle, il me semble qu’il faut particulièrement nous intéresser à ce que peuvent apporter les nouveaux moyens de communications, et notamment les blogues, pour ce qu’ils peuvent modifier dans les rapports entre les élus et les citoyens.

    Comment une proximité accrue (potentiellement, du moins) avec les citoyens peut-elle changer la manière dont les politiciens se comportent au quotidien? Si, comme élu, je prends des engagements sur mon blogue, auxquels les citoyens pourront répondre, au sujets desquels ils pourront m’interpeler par la suite, etc., est-ce que ça ne change pas mon comportement comme politicien? Est-ce que ces engagements personnels ne changent pas, à leur façon, la manière dont se fait la politique? Évidemment, comme le rappelait aussi M. Facal, il ne s’agit par pour le politicien de tout dire ce qu’il pense sur son blogue, mais de penser tout ce qu’il écrit, et de répondre par la suite aux questions des gens qu’il est payé pour représenter.

    Alors au lieu de faire des homélies sur les tors et les travers de la politique telle qu’elle se pratique aujourd’hui, aussi fondées puissent-elles être, il me semble qu’on devrait agir plus concrètement en exigeant par exemple des gens que nous élisons qu’ils nous offrent la possibilité d’une communication constante et interactive avec eux?

    Est-ce que ce n’est pas un minimum aujourd’hui pour quelqu’un qui aspire à nous représenter pendant quatre ans dans les instances politiques que de s’engager à faire le point de manière hebdomadaire, dans un espace ouvert, qui permet les réactions, comme les blogues le permettent, malgré les iinévitables difficultés que cela soulève? Il me semble que nous devrions l’exiger.

    Bien sûr que c’est un monde que prétendront aussi s’accaparer les spin doctors, mais je fais confiance à la population pour distinguer « les pures relations publiques » de la « véritable communication » — qui suppose une écoute active et prolongée — quand on leur en offrira véritablement les moyens pour le faire, à commencer, par exemple, par des archives de blogues dignes de ce nom.

    Je pense que le courage de s’exposer ainsi, de façon fréquente et répétitive, et d’accepter la vulnérabilité qui accompagne cette ouverture, est plus que jamais indispensable en politique. Il faut en effet être guidé par de véritables convictions pour arriver à ne pas se contredire exagérément pendant un an, deux ans, trois ans, dans pareilles conditions — et pour accepter d’expliquer ses contradiction lorsque cela s’avère nécessaire (il n’y a que les fous qui ne changent jamais d’idées!).

    Je reste confiant devant tout cela parce que je pense qu’il y a plus de gens qu’on le croit qui peuvent faire preuve de ce courage. Reste à les convaincre de faire de la politique à la place de ceux qui préfèrent le confort d’une communication ultra-contrôlée ou, pire encore, qui croient qu’en politique « moins on en dit mieux c’est ».

  45. le 13 août 2007 à 7:41 Joseph Facal

    Sans vouloir indûment diriger le trafic, de grâce, que tous ceux et celles qui fréquentent ce blogue lisent et méditent le commentaire précédent (CL): tout y est. Proprement irréfutable.

  46. le 13 août 2007 à 8:05 AntiPollution

    M. Facal, il va falloir remplacer le mot politique par un autre, car ce ne serait plus faire de la “politique” si on appliquait ce que M. Laberge suggère. Mais je suis pour !

  47. le 13 août 2007 à 9:14 Johanne

    Comment une proximité accrue (potentiellement, du moins) avec les citoyens peut-elle changer la manière dont les politiciens se comportent au quotidien?

    On observe un recul de l’activité des gens. C’est un cercle vicieux. Plus les gens se retirent de l’activité, plus quelques bureaucrates, politiciens, soi-disant responsables, prennent le pas. Ils ont une bonne justification : « Je prends l’initiative parce que les gens ne font rien. » Et plus ils dominent, plus les gens se disent : « C’est pas la peine de s’en mêler, il y en a assez qui s’en occupent, et puis, de toute façon, on n’y peut rien. »

    « Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. » Il y a des millions de citoyens au Québec. Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à le leur désapprendre, à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre ou à voter pour des options que d’autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques.
    Personne n’a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit : « Votez pour ou contre telle ou telle option ». Mais qui a élaboré ces options ? Ce n’est pas le peuple qui a élaboré ces options.

    Parce que élection veut dire élection des meilleurs, sur quoi se base-t-on pour élire les meilleurs ? Eh bien, là, intervient l’éducation du peuple, car il est amené à choisir.

    La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Et Périclès dit aux Athéniens : « Si vous voulez être libres, il faut travailler. » Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est- à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est cela le grand problème de la démocratie et de l’individualisme.

    (C. Castoriadis)

  48. le 13 août 2007 à 12:20 Richard

    Merci de votre réponse, monsieur Facal. La chanteuse de DOBACARACOL (j’avais mal orthographié le nom du groupe!) est donc encore plus proche de vous que je le croyais!

    Bravo à Clément Laberge et à Johanne pour leurs derniers commentaires. Périclès avait bien raison de dire: “Vous n’êtes pas libre quand vous êtes devant la télé”. Bien sûr, le sens de cette phrase a peut-être échappé à ses contemporains…

    Pour parler un peu plus sérieusement, il ressort de tout cela que plus un peuple est éduqué, et compte de gens qui s’intéressent à autre chose qu’à leur spécialité, plus la démocratie aura tendance à y être forte. La Russie fait peut-être exception, puisque malgré le haut niveau d’éducation de sa population, elle semble s’accomoder très bien du retour de la dictature qu’a apporté le régime Poutine.

  49. le 13 août 2007 à 12:38 Lesdents

    Jsute pour repondre brievement a Vindicater (ce n’est pas le lieu approprie pour mener le debat sur les differences entre le Canada et les USA):
    Hockey: comptez le nombre d’equipes per capita de part et d’autre de la frontiere.
    Canadiens pacifiste et de gauche: que certaines regions soient plus a gauche ou plus a droite ne saurait justifier l’independance. Autrement, la Nouvelle-Ecosse serait independante (gauche), de meme que la Beauce (droite) et le Texas (droite). Ce sont des differences qui n’ont rien a voir avec le statuit national.
    Fierte: on peut etre fier sans avoir d’Etat independant.
    Avantages d’une annexion du Canada aux USA: commerce plus fluide, reduction des couts de transaction, des divergences de nature reglementaire, liberte de circulation reelle des biens et des personnes, agrandissement des marches, etc.

    Si vous etiez canadien, vous n’aimeriez pas pouvoir plus facilement aller travailler aux USA, sans avoir a vous battre avec les autorites? Moi si.

  50. le 13 août 2007 à 15:53 maude levasseur

    Mr Facal vous dites «tout y est» moi je dis non!…irréfutable(qu’on ne peut mettre doute) je ne pense pas, car le problème est plus large que son exposé qui se résume à dire qu’il faut :

    1.utiliser de nouvelles technologies(blogues), 2.encadrer les actions des politiciens et 3.améliorer la communication entre les élus et les citoyens.

    1.Utiliser les blogues. Les jeunes vont pas là dessus, ont peut poser la question, qui sont les utilisateurs de blogues? Réponse : pas toute la population et selon plusieurs les blogues sont fréquentés par des personnes seules qui ont peu ou pas de vie sociale et ….parfois des jeunes(moi)(rire)

    2. encadrer les actions des politiciens : Comment? ce que dit ce mr, le politicien devrait demander d’être encadré! «et les engagements que les politiciens peuvent prendre, sur une base personnelle, pour nous permettre d’encadrer leur action» (rire)…ça veut dire qu’il n’est pas assez bon pour faire sa job!..

    3. améliorer la communication entre les élus et les citoyens : ça manque pas, example : points presses, conférences, débats entre les adversaires politiques, papiers envoyés par nos députés, ect., moi je dirais que c’est la volonté du politicien qui manque pour nous rejoindre, pas les moyens pour y arriver.

    Le jeu, le combat et les dures réalités de la politique servent à perpétrer le mythe que la politique est ainsi faite et ne peut être changer. Juste les mots utilisés et la façon de mener la politique par l’apparence(l’image) je trouve ça archaïque et dépassé et on devrait commencer par la base, la politique n’est pas un jeu, n’est pas un combat, n’est pas une dure réalité; c’est une responsabilité et une nécessité.

    Je ne suis pas idéaliste, je suis optimiste et je veux que les choses changent pour que la politique fasse juste de la politique.

    Et je prends le droit de mettre en doute que «tout y est»!…

  51. le 13 août 2007 à 19:27 vindictater

    Lesdents quand meme, tu peux pas sérieusement basé ta comparaison sur le nombre d’équipes per capita, regarde juste le nombre de téléspectateurs a la cbc comparé a la nbc pour dix fois moins de population les cotes d’écoutes sont supérieur au Canada de loin pis t’a meme pas besoin de divisé. Au Canada c’est le sport national au USA c’est le football et le baseball. Quand je dit que le gouvernement canadien est plus a gauche tu as juste a regarder le systeme de justice, les politiques sociales et meme le role de l’armée, des compétences fédérales qui si on regarde aux USA ne réfletent pas les memes valeurs. Les avantages que tu énumeres sont déja existant ou presque a part la fluidité a la frontiere. Et oui on peut etre fier sans etre un état indépendant mais en tant que Québecois tu sais tres bien que c’est pas la meme chose.

    P.S. du travail c’est du travail ici ou ailleurs c’est la meme chose a part que tu vas payé moins d’impot la-bas mais au bout du compte y va te rester le meme argent dans les poches.

  52. le 13 août 2007 à 19:50 vindictater

    Maude pour ce qui est des regles de la politique elles sont quand meme efficace, voyons ce que des élections a date fixe et une députation proportionnelle-mixte vont apporter comme changement positif. Les nominations partisannes aussi devrait etre abolis et je suis d’accord avec toi “fuck” les lobbyistes. Pour ce qui est du contact entre le député et ses électeurs, oui les blogues ca va aider en plus c’est interactif mais c’est aussi a lui (le député) de sortir de son bureau plus qu’une fois a chaque 4 ans et d’aller voir le monde et de parler au petit peuple pour mieux comprendre sa réalité. Les problemes sont sur le terrain pas dans un bureau.

  53. le 13 août 2007 à 22:34 Mario Asselin

    Si «tout» n’y est pas (dans le message de Clément), beaucoup y est… Les blogues restent un outil; l’objectif demeure le dialogue et la possibilité que plusieurs blogues offrent d’enclencher une conversation change la perspective du débat politique, il me semble. Les exemples sont légions aux U.S.A., en France et même ici… Parfois, je me prends à imaginer un personnage comme Robert Bourassa qui était réputé pour gouverner au rythme des sondages… Peut-être aurait-il été perçu différemment s’il avait pu compter sur un outil du type des blogue pour dialoguer avec les citoyens? On raconte qu’il n’y avait pas assez de lignes téléphoniques pour lui permettre de prendre le pouls des gens, même de ceux qui ne partageaient pas ses allégeances… Je crois vraiment que les politiciens ont le don de s’isoler. On reconnaît assez vite ceux qui aiment échanger (débattre) de ceux qui sont persuadés d’avoir la science infuse… Je comprends le besoin de se protéger, mais entre garder une distance et se cacher, il doit bien y avoir une marge?

    Quant à savoir si les blogues sont utilisés ou pas par les jeunes, je peux vous dire que de mon point de vue, ils savent utiliser tout l’espace à leur disposition pour publier du contenu, en tout cas, bien mieux et en plus grand nombre que les générations précédantes. Je passe beaucoup de temps dans les écoles et je rencontre énormément de jeunes qui ont un blogue. Ça ne veut pas dire qu’ils fréquentent nécessairement ceux des quelques politiciens (ou «ex») qui en ont un. Ça ne veut pas dire que tout ce qui s’y écrit est de la grande prose, mais les jeunes sont beaucoup plus interactifs que passifs et je trouve que c’est prometteur. Plusieurs études démontrent que les heures d’écoute de la tivi baissent au profit d’Internet. Les jeunes ont-ils plus de chances de s’intéresser à la politique et aux sujets dits «citoyens» par le truchement des médias traditionnels (radio, t.v., journaux) que par les nouveaux médias (YouTube, blogues, moteurs de recherche qui les références super bien et forums)? Poser la question autour de vous…

    Je terminerai en appuyant sur ce que Clément a mentionné à la fin de son commentaire:
    «… le courage de s’exposer ainsi, de façon fréquente et répétitive, et d’accepter la vulnérabilité qui accompagne cette ouverture, est plus que jamais indispensable en politique.»
    Le mot-clé me paraît être «vulnérabilité». Mot qui ne rime pas vraiment avec «politique» actuellement. La langue de bois, le «théâtre d’été» et le pouvoir des lobbyistes ne viennent-ils pas de notre manque d’engagement envers la politique qui nous rend si dépendant de l’image que dégage un politicien versus le contenu de ce même politicien? Si la bête politique doit paraître si invulnérable pour réussir, n’est-ce pas un peu/beaucoup de notre faute?

    Travailler à ce que le dialogue entre les citoyens et les politiciens soit régulier sur quatre ans m’intéresse au plus haut point dans cette période où notre mémoire collective sur le plan politique ne serait que de quelques mois. D’autant plus qu’en période électorale, il y a une telle démesure de propagande… Si le courant passait en tout temps sur quatre ans, on pourrait peut-être mieux discriminer entre les faux-nez sur qui rien ne colle, invulnérables d’un point de vue de l’image et les vrais qui ont le courage de leurs convictions, vulnérables soit, mais qui traversent tellement mieux l’histoire…

  54. le 14 août 2007 à 8:40 Johanne

    C’est à Cornelius Castoriadis, c’est à lui que revient le bravo.

    La politique n’est pas une affaire de spécialiste. Il n’y a pas de science de la politique. Il y a une opinion, la doxa des citoyens. Mais il faut que la doxa soit cultivée. Et comment une doxa concernant le gouvernement peut-elle être cultivée ? En gouvernant. Donc la démocratie - c’est important -est une affaire d’éducation des citoyens, ce qui n’existe pas du tout aujourd’hui.

    Trente siècles après avoir été évacuée par la porte, Norbert Bolz explique que la doxa revenait par la fenêtre que la Société de l’Information avait créée et tout particulièrement par internet, ce nouvel espace numérique où l’on échange, publie, partage, socialise.

    Tout est question de savoir quelle est la masse critique. Personnellement, je pense qu’elle a été atteinte et j’en veux pour preuve l’impact qu’elle a sur le débat public, tangible dès la dernière élection présidentielle aux USA.

    Mais internet, aujourd’hui la manifestation de la doxa, de l’opinion, n’est pas très démocratique au sens où tout le monde est loin d’y interagir. D’une part ils y sont déjà très nombreux, d’autre part leur nombre augmente, leur activité aussi. Reste la question de la cristallisation de cette opinion.

    La politique est un métier bizarre. Parce qu’elle présuppose deux capacités qui n’ont aucun rapport intrinsèque. La première, c’est d’accéder au pouvoir. Si on n’accède pas au pouvoir, on peut avoir les meilleures idées du monde, cela ne sert à rien ; ce qui implique donc un art de l’accession au pouvoir. La seconde capacité, c’est, une fois qu’on est au pouvoir, de savoir gouverner.
    Rien ne garantit que quelqu’un qui sache gouverner sache pour autant accéder au pouvoir. Dans la monarchie absolue, pour accéder au pouvoir il fallait flatter le roi, être dans les bonnes grâces de Mme de Pompadour. Aujourd’hui dans notre « pseudo- démocratie », accéder au pouvoir signifie être télégénique, flairer l’opinion publique.

  55. le 14 août 2007 à 9:49 Joseph Facal

    «Pseudo-démocratie» ? Si vous voulez, mais vous êtes bien sévère. Oui, nous vivons à l’époque du règne de l’image télégénique, mais ceux qui n’ont que cela n’accomplissent rien et ne durent pas. Oui, les blogues ont évidemment leurs limites, mais marquent-ils un progrès ? À l’évidence, oui. Notons aussi que les régimes ouvertement et explicitement anti-démocratiques sont de plus en plus rares. Nos démocraties occidentales sont très imparfaites, donc perfectibles, et ô combien frustrantes, mais existe-t-il quelque part une «essence» de la démocratie ? Je ne le crois pas. En ce sens, le cheminement compte plus que la destination.

  56. le 14 août 2007 à 20:51 folliculaire

    « Le Bloc est toujours le premier parti fédéral au Québec, mais lors de la dernière campagne électorale, il a suffi d’un seul discours de Stephen Harper à Québec pour que de nombreux nationalistes québécois modérés se laissent séduire. »

    Est-ce qu’il y a eu une recherche scientifique pour évaluer le lien causal entre ce discours et par la suite l’appui des «nationalistes québécois modérés«? Il faudrait aussi définir ce que vous entendez par québécois nationalistes modérés.

    Déformation professionnel…

  57. le 15 août 2007 à 8:08 Joseph Facal

    Par «un seul discours», je veux dire qu’il a suffi d’une campagne de séduction «light», dont la pièce de résistance fut effectivement le discours du 25 décembre à Québec, pour que S.Harper fasse une percée étonnante au Québec…ce qui montre bien la fragilité des appuis au Bloc. Par nationalistes modérés, j’entends ici ceux qui voient d’un bon oeil la souveraineté, mais qui ne se sentent plus «obligés» de voter pour le Bloc dans un contexte où un référendum n’est de toute évidence pas à l’ordre du jour. Avez-vous songé un instant à l’ennui mortel que distillerait une chronique qui définirait scientifiquement chaque terme ?

  58. le 15 août 2007 à 12:00 Johanne

    «Pseudo-démocratie» ? Si vous voulez, mais vous êtes bien sévère.

    Ce terme suscite en vous cette réaction ? Si vous voulez, mais vous intéresse-t-il au moins de savoir ce que j’entends par là?

  59. le 16 août 2007 à 0:44 folliculaire

    @ M. Facal, non ce ne serait pas d’un ennui mortel. Cela serait uniquement une façon de développer votre idée et de permettre à vos lecteurs de saisit votre raisonnement qui permet de faire votre analyse.

    Le blogue permet cela étant donné que nous ne sommes pas limité en mot. Cependant, une chronique du style médiatique avec des raccourcis, oui je suis d’accord avec vous. Mais bon, c’est mon opinion.

  60. le 19 août 2007 à 0:00 JAM

    Désormais, nous ne dirons plus l’anglais, mais la Langue (avec un grand “L”), non plus que l’anglophone, mais l’Homme.