Les deux aveugles
18 février 2009 par Joseph Facal
La sévérité de la crise économique dépasse les pronostics les plus pessimistes. Toutes les institutions revoient à la baisse leurs prévisions. Nous n’avons sans doute pas encore touché le fond.
Tout cela donne un regain d’énergie à ceux qui nous invitent à revenir au protectionnisme d’antan ou même carrément à tourner le dos au capitalisme.
Pourtant, la crise actuelle ne découle pas de ce que les principes de base de l’économie de marché seraient tout d’un coup devenus incorrects. Elle provient de la cupidité des spéculateurs et du somnambulisme de ceux chargés de les surveiller. L’eau du bain ne doit pas emporter pas le bébé.
Si elle est appliquée avec discernement, la théorie qui fonde le capitalisme reste valide. Les individus font certes des erreurs, mais restent les meilleurs juges de ce qui leur convient. Les économies modernes sont trop complexes pour être planifiées par une autorité suprême qui choisirait au nom de tous.
Quand deux pays commercent librement, chacun se spécialisera. Cette spécialisation rendra chacun meilleur, et cette efficacité accrue profitera aux deux, à des vitesses généralement différentes. Tout cela reste fondamentalement vrai.
On a tort d’opposer de façon absolue le marché et l’État. Tous les gouvernements interviennent dans l’économie. L’important est d’intervenir de la bonne façon : en éduquant les gens, en construisant des infrastructures de qualité, et en s’assurant que les règles de la compétition sont équitables pour tous.
La protection des emplois peut se justifier s’ils sont dans des secteurs qui ont un avenir. L’achat local est une bonne chose si vous n’y êtes pas forcé.
Québec solidaire, pour ne prendre qu’un exemple entre mille de ce qu’on entend ces jours-ci, nous expliquait que cette crise était une occasion de «transformer l’économie» et de sortir du «cadre de pensée dominant». Voilà du langage codé pour promouvoir une idéologie qui porte un nom : socialisme. S’ils y croient, pourquoi s’en cacher ?
L’idée même de porter le salaire horaire à 10,20 $ d’un coup ne peut jaillir que d’un cerveau qui nie les fondements de l’économie de marché. Le chômage augmenterait immédiatement. La vraie cause de la pauvreté n’est pas la faiblesse des salaires elle-même, mais le fait que le manque d’éducation empêche la personne d’avoir accès aux emplois mieux payés.
L’aveuglement idéologique de ceux qui nient les mérites évidents du capitalisme ne vaut pas mieux que l’aveuglement idéologique de ceux qui ne voient pas le danger des excès.
Nos dirigeants politiques, eux, ne veulent surtout pas donner l’impression qu’ils restent les bras croisés. Et quand on doit montrer qu’on fait quelque chose, le danger est grand que l’on fasse n’importe quoi.
Dépenser vite et beaucoup n’est pas la même chose que dépenser bien. On résistera difficilement à la tentation de donner le feu vert à des projets douteux, mais politiquement rentables, sous prétexte qu’il faut «repartir la machine». Voyez les projets loufoques que les élus américains essaient d’inscrire dans leur méga-plan de relance.
Dès 1959, les sociaux-démocrates allemands avaient trouvé la formule : autant de marché que possible, autant d’État que nécessaire. Elle reste valable. Il s’agit aujourd’hui d’intervenir pour relancer le capitalisme, pas pour le remplacer.
22 réponses à “Les deux aveugles”

Trouvons le moyen d’arrêter la fraude, les spéculations, les monopoles, le gaspillage et une bonne partie de la crise aura disparue.
Je ne vous suis pas dans votre discours sur la vraie cause de la pauvreté, lorsque vous dites que ce n’est pas en haussant les salaires qu’on la réglera (vrai, je seconde) mais en favorisant l’accès à l’éducation pour des emplois mieux payés (faux, j’infirme cette mauvaise affirmation).
Car ce n’est pas l’accès (ou non accès) à l’éducation qui fait les non-pauvres (ou les pauvres).
Les emplois les mieux payés sont ceux pour lesquels, selon la loi du marché, il y a une demande importante de la part des employeurs par rapport à l’offre des employés. Si par « l’éducation pour tous » les employés ont accès sans discrimination à ces compétences particulières recherchées, ces compétences ne seront plus rares mais seront en train de courir les rues, ce qui fera des employés nouvellement formés une main d’oeuvre de basse valeur.
Exemple très concret. Il y a quinze ans être informaticien promettait au détenteur de telles compétences le Pérou. Aujourd’hui, être informaticien ne garantit pas de pouvoir se payer un loyer et du manger dans l’assiette : la plupart des jeunes informaticiens sont employés comme pigistes.
En fait selon les principes capitalistes, ce qui fait de la valeur, c’est l’amplitude de la différence entre demande et offre, dans le cas des employés entre demande de compétences et offres de compétences. Ce n’est pas en mettant l’offre au niveau de la demande qu’on offrira aux gens des bons salaires. Vous me direz qu’il y a toujours une demande spécialisée, donc il faut toujours que l’offre se spécialise, et on assiste à une course à la formation où on passe autant de temps à se former (à ses frais) plutôt qu’à travailler (aujourd’hui les jeunes s’endettent à qui mieux mieux à l’université pour des jobs de au mieux 35000$ par année, ce qui va les obliger à rembourser leurs dettes sur des années et des années).
La solution, je n’en ai pas d’évidente à l’esprit. Mais je ne vous seconde absolument pas lorsque vous voulez nous laissez croire que l’éducation est la solution à la pauvreté économique. C’est certes la solution à la pauvreté intellectuelle et culturelle, mais certainement pas à la pauvreté économique.
@ Cédric : si vous pensez qu’il est préférable de lâcher l’école à 14 ans, bonne chance !
@Cedric Excellent commentaire. En revanche, sans y voir une corrélation absolue, il faut avouer que l’individu qui prend la décision de s’éduquer (ou qui en a la chance), augmente diablement l’opportunité de s’enrichir économiquement.
Mais je suis entièrement d’accord avec le principe de la rareté de la ressource. Quoique, ce n’est pas parce qu’il y a un manque criant d’infirmière, que ces pauvres personnes en sont pour autant plus riche! ;)
@ Garamond :
Je suis bien désolé de ne pas pouvoir retrouver les références d’une étude d’universitaires économistes publiée à l’hiver 2002, mais j’ose rapporter ici leurs conclusions : travailler dans la construction rapporte plus qu’être ingénieur.
Je suis d’autant plus enclin à les croire que je compte parmi mes voisins un travailleur de la construction de 29 ans et un ingénieur de 34 ans, donc que j’ose croire comparables.
Le premier a lâché l’école à 16 ans et a fait ses cartes de compétences de menuisier, de plombier, de vitrier et de soudeur. Je sais qu’il gagne approximativement 38$ de l’heure et travaille à temps plein. Bien sûr lorsqu’il s’appliquait à avoir ses cartes de compétences, il travaillait en se formant, en touchant un salaire d’apprenti.
Notre voisin ingénieur, lui, s’est fait payer par ses parents ses deux années de CEGEP, s’est endetté durant quatre ans pour faire son bac en génie, a travaillé à un salaire d’ultra-débutant durant une année le temps de se faire tamponner « certifié conforme » par l’Ordre des Ingénieurs du Québec, s’est endetté pour payer sa maison, et travaille depuis 6 ans chez un grand industriel montréalais qui menace depuis trois semaines de se séparer d’une partie de sa main d’oeuvre. Son service est touché depuis deux ans par des efforts de rationnalisation, et il partage réguliêrement son niveau de stress et d’inquiétude.
Le premier voisin dans la construction, lui, a investi financièrement assez peu dans sa maison, en a construit une grosse partie de lui-même et s’est fait aidé de deux collègues (qu’il a lui-même aidé sur leurs maisons) et sa maison plus belle que celle de l’ingénieur est déjà toute payée, et il emmène sa nouvelle compagne en croisière dans les Bermudes à la mi-mars.
Par contre il est vrai que je parle avec mon voisin ingénieur du cours du dollar, de l’importance de protéger le fait Français, du pourquoi il a choisi l’école privée pour ses enfants, tandis qu’avec mon voisin de la construction nous parlons souvent rénovation et du choix entre contrat de déneigement et acquérir une souffleuse.
Mon voisin qui a lâché l’école à 16 ans est riche pour son âge, et mon voisin ingénieur risque de bientôt devenir pas mal pauvre.
Lâcher l’école à 14 ans et ne rien faire est dangereux, je vous l’accorde Garamond. Lâcher l’école à 14 ans et travailler (ou être payé à être formé en travaillant) est dans bien des cas, j’en suis convaincu, économiquement bien plus avantageux que de s’endetter à s’user les fesses sur le banc des universités jusqu’à 25 ans quand tout se passe bien.
Mon voisin ingénieur est dans le quartier l’un des plus cultivé et aux réflexions intellectuelles les plus stimulantes. Mais pour l’aisance économique, on repassera…
Je maintiens, Garamond, que l’éducation pour ceux qui en abusent endette bien davantage qu’elle n’enrichit.
@JS :
Je pense que se former augmente les chances de s’enrichir. Mais s’éduquer (je veux dire par là passer beaucoup de temps à l’université) je pense que c’est troquer une certitude de s’endetter fortement contre une possibilité incertaine de s’enrichir (une fois les dettes remboursées).
Pour les infirmières, j’ai le plaisir de vous citer Lina Bonamie, Présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) selon laquelle « (…)Soixante pour cent des infirmières québécoises du réseau de la santé travaillent à temps partiel. Est-ce normal en situation de pénurie de main-d’œuvre?(…) »
(Source : http://www.fiqsante.qc.ca/communiques/communiques_detail.php?recordID=416)
Peut-on parler de pénurie d’infirmières quand celles-ci peinent à obtenir des temps plein ? Si l’employeur refuse d’accorder des temps plein, c’est qu’il ne doit pas manquer tant que ça d’infirmières…
Nécessaire et possible, voilà bien deux qualificatifs qui permettent une infinité d’appréciations. Bien que la formule soit intéressante, les sociaux-démocrates allemands ne risquaient pas trop de se tromper.
La proposition de Garamond est plus pragmatique et mériterait qu’on s’y attaque concrètement. La démonstration de Cédric quant à aux salaires est limpide et brillante. Sauf qu’on ne peut écarter les statistiques qui démontrent non moins clairement que la pauvreté est, règle générale, inversement proportionnelle au niveau d’éducation.
Je souscris à l’idée de monsieur Joseph quant à l’importance d’intervenir de la bonne façon en s’assurant que les règles de la compétition soient équitables pour tous. L’émulation naturelle évoluera alors plus judicieusement.
La formule utilisée par Sarkosy quant à la nécessaire modernisation du capitalisme mérite aussi d’être approfondie. Il serait dommage d’avoir omis de profiter de cette crise pour remettre à jour les systèmes économiques sur cette planète.
Très bon article M. Facal.
@cedric
Donc l’avenir est aux 42% de décrocheurs scolaire ?
Comment allez vous faire pour combler tout les postes spécialiser disponible aux Québec ? un faisant venir des Mexicains ?
M. Facal,
L’économie Québécoise est limitée à ce que les Québécois ont comme revenus. Si en temps de crise, comme celle qui nous touche, l’état s’approprie l’argent des contribuables pour lancer des projets d’infrastructure, il ne reste, inévitablement, plus assez d’argent à ceux-ci pour investir, dépenser, créer des entreprises et des emplois.
L’état ne créé rien. Il prend d’une main et donne de l’autre sans jamais se demander si c’est logique ou pas. On le voit, d’ailleur, assez bien lorsqu’on regarde comment sont gérés ces projets d’infrastructure. On vas de dépassements en dépassements. Voyez vous des entrepreneurs privés investir leur argent de façon aussi stupide?
L’entrepreneur, lui, voit l’opportunité et la demande du marché, il a le pouvoir de répondre à cette demande par la création d’emplois. Si cette demande change ou évolue, il s’ajuste en investissant en équipement, en embauchant du personnel ou, il ferme ses portes et un autre prend sa place pour répondre à cette nouvelle demande. C’est comme ça que ça marche.
L’offre et la demande.
Un lac ne peut exister que si une rivière le remplit. Bouchez la rivière et le lac s’assèche.
C’est à ça qu’on assiste en ce moment.
L’état doit, en période de crise, faciliter l’élargissement de la rivière et pas construire de barrage (au double du prix préalablement évalué.
Pour sortir de cette crise, il faut absolument que l’état s’écarte du chemin, baisse les impots pour retourner l’argent à ceux qui savent comment la dépenser, coupe drastiquement ses dépenses et facilite la création d’entreprises par l’assouplissement des multiples réglements qui mettent des bâtons dans les roues de ceux qui veulent créer des emplois.
Quant on perd son emploi, on coupe ses dépenses. On ne se met pas à dépenser à tors et à travers en remplissant sa carte de crédit.
C’est ce que le gouvernement s’apprète à faire. Il dépensera plus que ce que l’impot et les taxes rapportent pour dépenser dans des projets plus ou moins valables. L’état ne crée pas d’emploi, il ne crée que des dépenses. Les emplois créés par les projets d’infrastructure vont immanquablement nuire aux entreprises privées parce qu’elles vont manquer d’employés qualifiés, ceux-ci étant occupés à travailler pour le gouvernement.
Comme le disait, avec justesse, Michel Hébert, du Journal de Québec, « plantez des fonctionnaires et vous récolterez des impôts »
Pourquoi le gros bon sens n’existe-il pas au sein du gouvernement?
@ Cédric,
Votre exemple est logique sauf que vous oubliez un petit détail.
Une majorité d’entrepreneurs, au Québec comme ailleurs, sont des universitaires et donc des créateurs d’emploi et de richesse.
Un ingénieur qui ne gagne qu’un faible salaire, n’est simplement pas a sa place parce que, comme dans tous les secteurs, la valeur se mesure à la rareté. Un bon plombier gagnera plus que l’ingénieur moyen parce qu’il est plus rare et plus en demande. par contre, peu de plombiers ou de menuisiers créeront leur propre entreprise.
En revanche, un bon ingénieur, verra l’opportunité que le marché a à offrir et saisira sa chance de créer son entreprise.
Ce n’est pas le diplome qui détermine la valeur mais en général, les grands créateurs d’emploi sont des universitaires.
@ ClaudeB
Tout à fait d’accord avec vous. Mon neveu ingénieur, a été engager par Alcan à sa sortie de l’école, à $33/hrs à 24 ans ça commence bien
Bonjour M. Facal,
Cela me fait quelque peu rire de voir un président d’un état très puissant (vous savez lequel) qui investit des sommes qui sont à un niveau astronomique comme si l’argent poussait dans les arbres. En tout cas, GM, Ford et Chrysler ont eu des sommes supérieures à la valeur totale de chacune de leurs entreprises.
Je me demande bien qui va payer pour tout cela et j’ai bien peur que cela amène à de la magouille comme pour le New Deal qui est devenu un monstre incontrolable.
Le problème réside en effet d’un élément principal et c’est le fait que notre système avantage la fraude et avantage la médiocrité (et cela tant auprès des PDG que des gens faisant partie de classes sociales inférieures à la moyenne). Juste pour vous donner un exemple simple pour ne pas dire simpliste dans notre vie quotidienne: je serais bien curieux de déterminer le nombre de gens qui font du travail au noir tout en étant sur l’aide sociale. En fait cette même attitude de vouloir taxer une minorité de la population Québécoise amène à un phénomène contraire soit celle d’encourager les classes supérieures à vouloir utiliser des méthodes illicites (ou bien de l’évasion fiscale). Être aisé (et je ne parle pas d’être riche) est-il un crime au Québec un peu à l’image de l’idéologie du clergé au début du 20ième siècle?
Pour l’éducation, autant dire qu’une économie basée sur le savoir comme la nôtre se doit d’avoir des travailleurs qualifiés (et je parle aussi de métiers qualifiés). La chose qui me fait le plus rire est qu’on encourage souvent le plus bas commun dénominateur au lieu d’obtenir le plein potentiel et cela n’a rien à voir uniquement avec le revenu car il existe des moyens légaux et illégaux de faire beaucoup d’argent rapidement.
J’aborde les paragraphes dans l’ordre. La lettre majuscule est la première du paragraphe que je commente.
L – très d’accord mais il y en plusieurs qui profitent de l’occasion pour sauter dans le train pendant qu’il passe.
T – d’accord;
P – absolument d’accord; il faut enlever le bébé avant de jeter l’eau du bain. Nous manquons de bébé, il ne faut pas en jeter un seul.
S – Q – O – très d’accord;
L – d’accord;
Q – ne sais pas, besoin de plus d’information.
L – très d’accord; il y a d’autres vraies causes à la pauvreté dont les suivantes qui jouent à la naissance: le lieu, le capital, la religion, la langue, la culture, le réseau des parents. Réaliser l’égalité des chances devient impossible même avec un système d’éducation parfait. Imaginez avec le système d’éducation que nous nous sommes donné, bons gouvernements, mauvais gouvernements depuis le rapport Parent. Il faut des correctifs, il y a la charité et il y a l’État.
Le marché politique exploite la situation. Québec Solidaire est l’élément de ce marché qui offre de la compassion aux moins munis; d’autres factions du même marché font davantage dans la promotion des intérêts des plus munis ou des exceptionnellement munis. Le nombre devrait favoriser le parti des premiers, il y a plus de moins munis que de plus munis mais les résultats des élections indiquent plutôt le contraire. Allez dont essayer d’y comprendre quelque chose.
L – N – D – parfaitement d’accord;
D – heureux de l’apprendre.
P.S. J’aurais aimé que vous eussiez mis Les deux aveuglements comme titre au lieu de les deux aveugles. Des aveugles qui vous liraient pourraient être choqués. J’ai mis du temps à comprendre que vous n’écriviez pas de Françoise David et d’Amir Khadir mais des défenseurs idéologiques du capitalisme ou du socialisme.
@ Cédric: Dans votre exemple, le travailleur de la construction va travailler jusqu’à 50 ans. Après ça, ses troubles physiques vont commencer: mal de dos, mal de reins, etc…
L’ingénieur va être rendu à 75,000$ à 50 ans, en bonne santé et candidat à un poste de direction à 120,000$ par année…
Qui a gagné ?
@ Garamond : Je pense qu’il faut s’abstenir des certitudes trop faciles. Je sais que je choque bien du monde quand je remets en cause l’éducation (disons à partir de l’universitaire), mais je pense qu’il faut rester pragmatique et décrire ce que nos yeux voient plutôt que ce que nos cerveaux supposent. Mon voisin de la construction pour l’instant est en excellente forme physique (bien meilleure que l’ingénieur), et si il y a vingt ans on craignait pour les maux de dos, etc. aujourd’hui on craint bien davantage pour les maladies cardio-vasculaires pour lesquelles mon voisin ingénieur, tant par sa forme physique que par son stress quotidien est je crois un assez bon candidat.
Puis-je donner un autre exemple ? Ma soeur qui a fait un bac en biochimie (durant lequel elle a obtenu une bourse d’excellence) ne trouve pas de travail, et on lui préfère sur le marché des gens qui ont suivi la formation professionnelle (DEC Pro) d’analystes médicaux (qui sont grassement payés 40.000$ au départ). On lui dit de faire la maîtrise. Après quoi ne voyant pas plus de débouchés on lui dit de faire le doctorat (davantage 4 ans que 3 dans cette discipline, donc au total environ 6 ans à s’endetter plutôt que de payer une hypothèque et alimenter son REER). En attendant, durant tout ce temps elle s’endette, elle s’endette, elle s’endette (l’endettement étudiant au Québec est un véritable problème national)… et elle commence à se demander si elle ferait pas mieux de dire « fuck le bac durement acquis » et d’aller suivre la formation professionnelle d’analyste médicale, avec en plus par rapport à ses futurs camarades de classes un beau diplôme universitaire et une dette de 20.000$ et cinq ans de sa vie gaspillés (deux de de DEC sciences de la santé + 3 ans de bac de biochimie).
Quant à vos prédictions pour l’ingénieur quand il aura 50 ans, elles se basent sur ce que vivent aujourd’hui certains ingénieurs de 50 ans, et ces ingénieurs expérimentés de 50 ans ne courent pas nécessairement les rues. Grâce à l’éducation pour tous, nous avons formé une grande quantité d’ingénieurs, et ils seront nombreux dans 20 ans à avoir 50 ans, et constitueront donc certainement une offre plus importante que celle d’aujourd’hui sur le marché des ingénieurs avec expérience. Et donc selon la loi de l’offre et la demande, si la demande ne monte pas, leur valeur (et leur salaires) vont baisser.
Pendant que mon voisin ingénieur engraisse les banques à payer de l’intérêt sur ses dettes d’études et sur son hypothèques, mon voisin de la construction s’offre des plaisirs et se constitue un capital. D’abord sa maison dont je vous ai parlé et qui est belle et bel et bien payée. Ensuite pas plus tard qu’hier je viens d’apprendre qu’il vient de faire l’acquisition de deux terrains constructibles proches d’une entrée de la future autoroute 30… Si l’on se place du point de vue économique, je maintiens qu’une formation professionnelle et deux grammes de jugeote est plus avantageuse qu’une formation universitaire (hors médecins, dentistes et vétérianires qui ont un marché protégé par la limitation des admissions) qui donne beaucoup de jugeote mais aussi beaucoup de dettes.
Quand mon voisin ingénieur aura remboursé ses dettes d’études + son hypothèque et vivra une forte concurrence sur le marché des ingénieurs expérimentés, que pensez-vous que le travailleur de la construction aura acquis comme capital, lui qui a DÉJÀ, à l’heure que j’écris, payé sa maison, aucune dette d’études, payé son Véhicule Utilitaire Sport,et vient d’investir dans des terrains constructibles proches de l’A30… Je pense que dire que l’éducation est le meilleur investissement possible est une réflexion de ceux qui ont connu une époque où les diplômés universitaires étaient assez rares (et donc avaient une grande valeur sur le marché). Aujourd’hui ce n’est plus le cas, l’offre de diplômés universitaires dépasse la demande (exemple ma soeur). Et ce qu’on cherche aujourd’hui c’est des professionnels. Je m’excuse auprès de M. Facal pour l’importance que prend l’éducation dans les commentaires sur son billet sur l’économie de marché. Mais n’oublions pas qu’en parlant d’éducation on parle d’économie de marché : on parle d’offre et de demande, et je crois qu’il est grand temps d’arrêter de promettre à nos jeunes le Pérou à l’université, car ce n’est pas là qu’il est, car ce n’est pas là qu’est la demande.
Je suis d’accord avec Cédric lorsqu’il conteste l’équation :université=Pérou. J’aimerais souligner par ailleurs que son voisin menuisier, plombier, vitrier et soudeur n’est pas tout à fait dépourvu d’éducation. Il lui manquera sans doute l’argumentaire pour deviser sur le cours du dollar; encore que l’expérience récente a démontré que le discours des universitaires/experts relève plus de l’ésotérisme que des sciences exactes.
De plus tous ces métiers ne représenteraient peut-être que peu d’intérêts pour son autre voisin ingénieur. Peut-être y serait-il malheureux. Peut-être même que l’ingénieur n’aurait pas le talent du voisin constructeur pour bien réussir dans ce domaine.
Lorsque monsieur Facal parle d’éducation, je ne crois pas qu’il fasse l’équation: éducation=université. Les gouvernements en ont récemment fait le sujet de quelques campagnes publicitaires.
Les métiers c’est payant (pas toujours, mais souvent). Je ne crois pas qu’il faille y trouver matière à critiquer. L’objectif n’est-il pas d’éliminer la pauvreté et de créer de la richesse ?
Maintenant que nous avons bien parlé d’éducation, et que j’ai pu profiter des commentaires de mes collègues commentateurs, je voudrais revenir à la moëlle substantifique du billet de M. Facal, à savoir la crise économique qui pousse à repenser le modèle économique dominant.
Je ne sais pas si QS voudrait remettre au goût du jour l’économie socialiste, et je suis d’accord que ça me ferait peur. Mais par contre il y a chez QS un véritable laboratoire d’idées, et sans en faire partie je côtoie certains de leurs membres qui me font part d’idées que je trouve brillantes. Pour commencer, plutôt que de faire la révolution socialiste, plusieurs membres de QS proposent d’ajouter des éléments de régulation des excès de l’ultra-libéralisme.
Par exemple une proposition concrète, pourquoi ne pas proposer aux juri-comptables (ces détectives de la finance) d’enquêter librement sur qui leur chante, et que lorsqu’un vol ou une fraude contre l’État est mise à jour (notamment par les déclarations d’impôts fausses ou scandaleusement incomplètes), poursuivre la compagnie fautive ou l’individu fautif, récupérer le manque-à-gagner (par la vente des actifs s’il le faut) et offrir un généreux 10% ou 20% (simple paramètre à régler) de l’argent récupéré au juricomptable qui a mis à jour le pot-aux-roses.
Une autre idée. Il y a la gogauche qui veut faire l’université gratuite pour tous tout le temps (avec quel argent on se le demande…) et au lieu de laisser nos jeunes s’endetter, pourquoi ne pas diminuer un peu les impôts aux entreprises, leur augmenter fortement la taxe professionnelle (est-ce qu’elle existe d’ailleurs au Québec ? une taxation sur les revenus des entreprises pour financer les centres de formation de toute sorte), et leur proposer une remise d’une partie de cette taxation si en contrepartie elles envoient leurs membres du personnel en formation dans ces centres. Résultat : les entreprises forment leur personnel, plutôt que de laisser des jeunes s’endetter dans des études qui serviront hypothétiquement des entreprises, dans une dangereuse recherche de jeu entre offre et demande de compétences.
Le capitalisme sauvage peut largement être réformé sans qu’on tombe dans les travers du socialisme, c’est juste une question de créativité dans les mécanismes de régulation…
Mon cher Cédric,
Ce que vous appellez capitalisme sauvage n’existe pas au Québec. Pour preuve, le faible taux de chômage actuel et le très fort taux de syndicalisation de la population (40% des travailleurs).
Ne perdez pas de vue que la majorité des travailleurs actuellement employés travaillent pour des petites et moyennes entreprises et non pas pour de grosses et méchantes multi-nationales.
Ces PME, sont les véritables créateurs de richesse au Québec. Toutes ces PME sont la création d’un entrepreneur qui, voyant une opportunité, décide de créer sa propre entreprise (Bombardier a commencé dans le garage de Joseph-Armand).
Chaque PME a été crée par l’investissement personnel de l’entrepreneur, tant monétaire que personnel et il en assume seul les risques (pour chaque PME crée seulement 20% passent la ligne de 5 ans d’existance).
Pour que notre société soit prospère, il faut encourager la création de PME par la diminution de l’impôt des entreprises. De cette façon, il est possible pour l’entrepreneur d’investir ses profits (et oui, mesdames et messieurs les socialistes, c’est vraiment comme ça que ca marche) dans l’améloiration des équipements et en embauche et en formation des employés.
Vous serez peut être déçu de savoir que dès la sortie de l’école, on doit apprendre comment fonctionne la vraie vie et mettre à la poubelle une part de ce qu’on a appris.
L’université est une pépinière de création entrepreuneuriale et, comme je l’écrivais précédemment, bon nombre d’universitaires crééront au cours de leur vie professionnèle leur propre entreprise.
Vous ne pouvez pas, cher Cédric, regarder vos voisins et en tirer les conclusions que vous nous avez donné parce qu’ils sont tirés de ce qu’on appelle un évènement anecdotique, qui bien que véridique, ne représente pas la réalité lorsqu’on examine un échantillonnage plus large de personnes.
De plus, n’oubliez pas qu’aucun employé public ou parapublic de même que les employés d’entreprises fortement subventionnées comme la Davie, ne participe à la création de richesse parce que leur salaire provient de la collecte des impôts perçus des PME et de leurs employés.
Sur 7M de personnes au Québec, on compte 5M de travailleurs. Sur ceux-ci, seul 60% paie des impôts. De ce 60% on enlève ceux qui travaillent pour les gouvernements et le parapublic, près de 900,000 personnes, il ne nous reste qu’environ 2M de travailleurs qui paient la totalité des impôts perçus au Québec. C’est donc dire que moins de 30% de la population totale du Québec paient pour tous les autres.
Maintenant, parlez moi d’équité et de justice.
(À ceux qui ne croient pas mes chiffres, visitez l’institut de la statistique du Québec. C’est fou ce qu’on trouve d’information quand on cherche).
L’état monopolise présentement beaucoup trop de ressources financières et de personnel pour que les PME se développent et prospèrent facilement.
Bonjour Monsieur Facal,
Concernant toute organisation, on peut voir la structure du personnel en consultant l’organigramme. Il s’agit d’un des premiers mandats du directeur du personnel de maintenir à jour le fameux organigramme. Cela est sacré en RH. Cet organigramme, c’est comme les tables de Moïse. Il promulgue les pouvoirs, les responsabilités et les tâches des gens de l’organisation.
Dans beaucoup d’organisations, comme au gouvernement, on se retrouve avec de très grandes structures. Il est même impossible pour les employés d’être au courant exactement des fonctions principales de tout le monde. On retrouve souvent beaucoup d’employés qui ne connaissent pas la nature (le rôle) de certains départements de leur organisation !!!
Très souvent, une direction (un département) ne s’impliquera pas quand elle pourrait collaborer avec une autre et, dans d’autres cas, les décisions de l’une pourront aller jusqu’à nuire aux projets de l’autre. Quand des circonstances (problèmes) amènent des administrateurs à commenter la situation, ils feront référence au phénomène des silos et tout le monde comprend. Les silos évoquent l’individualisme dans les opérations et l’absence de bons mécanismes de communications et de coordination. Cela est fréquent, entre autres, du fait que les administrateurs au départ n’aiment pas que d’autres se mettent le nez dans leurs affaires.
Il y a aussi le respect des responsabilités (le poste, le mandat). Le pdg de l’aéroport ne dira jamais au directeur du département concerné s’il doit utiliser du kérosène ou de l’hydrogène liquide. Ce genre de décision relève d’experts et leurs fonctions officielles ainsi que leur autorité est bien mises en évidence dans les descriptions de tâches en vue des décisions qui doivent être prises en regard des différents dossiers et des opérations en général dans l’organisation. Tout le monde sait cela. Qui oserait remettre en question ce principe du système du partage des autorités dans les divers champs d’action, responsabilités, etc telles que promulguées dans les descriptions de tâches?
Un exemple de manifestation de problèmes suite à ces anomalies est le cas de la ministre Julie Boulet qui est incapable d’être précise concernant les coûts estimés du projet de modernisation de la rue Notre-Dame. Ce qui laisse entendre qu’elle ne réussit pas à trouver le « responsable » qui contrôle cet aspect dans le dossier. Le problème c’est que le cadre pense que ce doit en être un autre qui est responsable de cette partie du dossier.
Nous devons maintenant parler du nouvel outil dans l’administration et dans la prestation des services: l’ordinateur.
Prenons en exemple ces employés d’entreprises des départements de comptabilité (tenue de livre) et qui utilisent des logiciels très performants comme, pour en nommer un, « Simple comptable ». Un très grand nombre d’entre eux peuvent effectuer leur travail même s’ils ne comprennent même pas le sens de l’équation ACTIF=PASSIF + CAPITAL.
Combien de particuliers, propriétaires d’un ordinateur personnel effectuera avant la fin d’avril les calculs et rédigera leur rapport d’impôt en ayant recours à un logiciel tel que Impôt Expert qui ne demande pas de connaissances trop poussées et qui prévoit pour l’utilisateur de simples entrées à partir de TP4 et autres documents du genre.
Jusqu’à la fin février, les conseillères à la Caisse rencontreront sur rendez-vous des centaines de membres qui iront souscrire à des fonds de placements dans le cadre du REER afin de bâtir leur bas de laine pour leur retraite et se prévaloir de certains avantages fiscaux. Comment procède la conseillère ? Elle commence par l’étape de l’identification du profil du membre. Tout se fait par ordinateur comme l’astrologue qui dresse la carte du ciel de son client. Suite à cette cristalisation du profil, le membre peut se prévaloir de certains véhicules ou fonds de placement tandis que d’autres ne lui sont pas permis. Le résultat est vérifié (genre de validation) par une conseillère séniore et le membre peut être rejoint au téléphone si une erreur est détectée concernant la configuration de son porte-feuille par rapport à ce que l’ordinateur aura inscrit dans la définition de son profil. Sa conseillère lui expliquera alors la situation et l’amènera à accepter une modification dans la distribution de ses placements afin d’en arriver à une autre répartition de son porte-feuille, une répartition conforme à ce qui est prévu par l’ordinateur. Par cet exemple, je voulais illustrer l’encadrement rigide dans les tâches de l’employée de l’institution et la soumission du client qui doit subir ces opérations dans la confiance de Dieu tout puissant, l’ordinateur. Pensez-vous que la conseillère penserait un instant à se questionner sur la validité, la fiabilité, la précision, l’efficacité etc du logiciel par rapport au contexte économique du moment ? Elle n’a pas le choix, elle doit effectuer son travail dans l’encadrement que son employeur lui impose. Malheureusement, quand la bourse a chuté et que les fonds ont fondu, la conseillère séniore n’a pas demandé aux conseillères de rejoindre leurs membres pour leur offrir de transférer les montants de leurs fonds d’actions ou autres dans des véhicules de placement pouvant mieux protéger leur capital. Non, le programmeur n’avait pas prévu cette fonction dans le logiciel.
Ce qui retient surtout mon attention dans ce système qui explique la spirale qui entraîne des résultats autres que ceux prévus au moment où les premières variables sont inscrites dans l’élaboration d’un système, c’est le fait que les pdg ne sont pas au courant à quel point les décisions sont prises par des ordianteurs. De plus ils ne sont pas disponibles (capables) mentalement et en temps à essayer de comprendre la portée ou les conséquences que ces ordinateurs auront dans l’administration de leur entreprise. Les décisions pour l’achat de ces logiciels sont déléguées à des spécialistes avec lesquels ils ne peuvent même pas vraiment discuter parce qu’ils ne possèdent pas les connaissances de base pour comprendre ou parce qu’ils craignent de prendre de mauvaises décisions comme le directeur de l’aéroport qui dirait de mettre du kérosène quand ça prend de l’hydrogène liquide.
C’est amusant comment les gauchistes réfléchissent. À les entendre, il faut taxer encore plus les riches et les entreprises pour régler tous les problèmes. Imaginons un peu la suite.
Qu’est-ce qu’un riche au Québec? environ 17% gagnent plus de 50,000/an.
Moins de 1% gagnent plus de 100,000/an.
Nous payons déja plus de 50% de notre salaire en taxes et impots de toutes sortes. Une entreprise qui fait moins de 10% de profit(la majorité) paie déja pas mal d’impôt et les maigres profits qui restent sont réinvestis dans l’entreprise en améliorations diverses.
Lorsque les entreprises ne pourront plus faire assez d’argent pour réinvestir en équipement, il s’ensuivra un écrasement inévitable de productivité et avec le temps une fermeture.
(À ceux qui pensent que créér une entreprise est facile et mène à la richesse, ne vous gênez pas et lancez vous. Le seul moyen pour devenir riche est de vendre son entreprise au juste prix. Un bien dont personne ne veut, n’a aucune valeur. Pareil pour une entreprise. Tous ceux qui créent une entreprise, le font pour, un jour, pouvoir la vendre et prendre leur retraite. Celle-ci est souvent vendue aux employés déja présents dans l’entreprise.)
Imaginez la suite. Fermeture d’entreprises, déménagement des grosse entreprises vers d’autres provinces, perte d’emploi par milliers.
Plus de riches ni d’entreprises pour payer les impôts et les taxes.
Moins d’entrée d’argent = moins de services.
On se retrouvera inévitablement dans la même situation qu’Haiti.
L’argent ne pousse pas dans les arbres et bon nombre de politiciens oublient de réfléchir à la provenance de cet argent.
(Non, messieurs les gauchistes, l’argent ne vient pas des banques. Ce sont les déposants qui l’y ont mise et c’est de l’argent sur lequel le gouvernement a déja prélevé des impôts.)
@ Normand ajoindre : excellent exposé que personnellement j’ai trouvé très clair, structuré, merci d’avoir amené cette réflexion. Mais juste pour m’aider à mieux la comprendre, c’est quoi le lien avec le billet ?
@ ClaudeB :
Je vous seconde tout-à-fait dans votre apologie des créateurs d’entreprises.
Évidemment les mécanismes de régulation dont je parlais s’appliquent en proportion avec la grosseur de l’entreprise. Le juricomptable, comme tout le monde dans un système capitaliste, motivé par un épanouïssement personnel et un potentiel enrichissement s’intéressera plus facilement aux grandes entreprises qu’aux petites. Je ne crois pas que les pizzerias de ma petite ville détournent des millions de dollars. Ceci étant dit, pour connaître le milieu de la restauration, il y en a du détournement, et si l’on doit féliciter le créateur d’entreprise, on doit cependant le dissuader de se dédouaner de ses obligations citoyennes, et pour revenir à un restaurant que je connais bien, elle ferait un excellent sujet d’étude pour un stagiaire juricomptable en recherche d’enrichissement personnel.
Quant à la taxe professionnelle, si on demande d’investir annuellement 2% de la valeur de l’actif en formation, le créateur d’entreprise qui a au début bien plus de passif que d’actif ne sera pas soumis à une telle demande, et les grosses banques paieront les formations universitaires de leurs directeurs de banques. Une fois de plus, le mécanisme de régulation proposé respecte le créateur d’entreprise, et l’invite à faire sa participation citoyenne une fois qu’il est en mesure de le faire. Et d’ailleurs cette participation lui profite à lui : si on l’oblige à investir dans la formation, il a en même temps toute latitude sur quels employés il va former, et sur quelle formation il va leur donner, et des choix judicieux profiteront à son entreprise.
Quant à votre démonstration quant à l’impôt, vous vivez dans une société qui a choisi une couverture universelle de santé, d’éducation et de filet social. Ça a un coût, je comprends que cela puisse ne pas vous convenir, et donc il suffit pour cela soit de décourager cette société de tels choix (je vous souhaite bon courage !), de vous en accommoder (vous verrez quand vous aurez atteint la soixantaine si ce n’est déjà fait, vous vous en accomoderez très bien), ou bien de faire un petit voyage soit quelques km au sud, soit quelques centaines de km à l’Ouest. Mais si il y a 2M de travailleurs qui produisent des revenus nets pour le Québec, un certain nombre d’autres s’attellent à le soigner et à l’éduquer. Souhaiteriez-vous que ces soignants et ces éduquants se dégagent complètement de ces préoccupations pour produire plus d’argent ? Moi personnellement je n’y tiens pas davantage que ça…
Le système capitaliste et libéral n’est pas méchant en soi. C’est un système qui privilégie la liberté de décision et d’action, et ma foi, je trouve ça très louable. Mais comme partout où il y a de la liberté, il faut des règles et des arbitres pour les faire respecter, et je pense qu’on ne perdrait pas à repenser le rôle des arbitres et les règles, c’est-à-dire repenser les règles citoyennes d’économie et l’arbitre=l’État. La source identifiée de la crise économique=les excès du papier commercial=le résultat du travail d’une minuscule gang de bandits. Les honnêtes travailleurs paient en perdant leur job pour les excès de quelques petits salauds sans conscience. Si on veut encourager le respect du travailleur, il faut un moyen d’éradiquer ces salauds = des mécanismes de détection et de régulation des excès.
Ceux qui prônent un système économique sans État prônent le hockey sans arbitre, un sport auquel pour sa propre sécurité j’interdirais mon fils de jouer. Moi j’aime jouer où un arbitre assure la sécurité des joueurs et la qualité de jeu : c’est pourquoi je suis heureux et fier de vivre au Québec.
@ Cédric
Je suis d’accord avec ce que Monsieur Facal explique. Dans mon texte, j’ai voulu apporter un point de vue supplémemtaire. Il écrit » Elle provient de la cupidité des spéculateurs et du somnambulisme de ceux chargés de les surveiller. L’eau du bain ne doit pas emporter pas le bébé. » J’ai voulu partager mes perceptions et mettre en garde à ma façon sur le « somnambulisme ». Voilà le lien, Monsieur Cédric.
La crise économique dont nous parlons a été engendrée principalement par deux situations en particulier: le papier commercial et le crédit accordé à des individus incapables par la suite de rencontrer leurs engagements, surtout lorsque les taux d’intérêts ont été augmentés. Nous avons raison d’être révoltés contre ces individus malhonnêtes ou incompétents qui sont responsables de ce marasme et des inconvénients qui font mal comme les pertes d’emploi et la baisse de nos épargnes.
Comment se fait-il que des individus en poste d’autorité ne soient pas intervenus pour empêcher les pratiques insensées de ces organisations ou dénoncer ces systèmes basés sur des principes mauvais ou pernicieux ?
Certains identifieront les coupables en parlant des spéculateurs. Mais tous les gens d’affaires sont des spéculateurs !!! Tous ceux qui, par exemple, entreprennent des projets d’entreprise ou d’habitation et prennent des risques le font pour un retour sur leur investissement. Et le plus gros possible.
Dans les deux situations dont nous parlons, beaucoup d’analystes avaient mis le monde en garde contre cette vague qui commençait à se transformer en tsunami. Mais les gens en autorité n’intervenaient pas. Pourquoi? Parmi eux, qui pouvaient bien saisir toutes les explications livrées par les analystes éveillés ? Ils ne possédaient pas assez de connaissances en économie et dans les systèmes de la finance pour comprendre les subtilités devant être analysées pour mesurer la menace certaine. Deuxièmement, beaucoup de gens en autorité ne bougeaient pas parce qu’ils avaient des raisons de croire que la responsabilité d’agir devait incomber à quelqu’un d’autre. Dans un restaurant, on ne se penche pas pour ramasser une serviette de papier tombée par terre car on se dit qu’il doit y avoir dans l’établissement quelqu’un d’attitré pour cette tâche.
Beaucoup de gens pensaient que la menace pouvait être limitée aux USA, sinon un grand nombre aurait convertit leurs investissement de fonds d’actions en cpg garantis à la banque GNI
Quant aux employés des institutions financières qui prêtaient à des clients pour l’achat de maison sans que ceux-ci en aient réellement les moyens, ces petits employés ne faisaient que faire la saisie d’information sur un clavier d’ordinateur. Les pdg de ces banques, pourquoi auraient-ils manqué de confiance en ces logiciels confectionnés par des experts programmeurs et qui leur avaient coûté des fortunes ?
Voyez-vous tous les aveugles ? Il y a les aveugles à cause de leurs limites dans les connaissances requises et ceux qui ne bougent pas afin de ne pas s’immiscer dans les tâches d’un autre. Finalement, ce qui nous rend aveugle à cause de son trop grand éblouissement parce que sa connaissance est totale, c’est l’ordinateur. Vous obstineriez-vous avec un interlocuteur qui voit tout dans une boule de cristal ?
C’est pour cela que j’ai parlé des organigrammes qui indiquent qui a le pouvoir, des descriptions de tâches qui délimitent les champs d’actions et commandent le respect des expertises des autres, des ordinateurs qui inspirent l’infaillibilité, la confiance et qui encadrent l’employé qui, à partir de là, ne peut se servir autant de son propre jugement.
J’ai attaché de l’importance à en parler parce que cette toile structurante prend de plus en plus d’ampleur dans nos organisations. Selon moi c’est à cause de cela en grande partie que nous tombons dans des somnambulismes, autant les administrateurs, les employés que la population.