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Les bonnes leçons

Le capitalisme va évidemment traverser la tempête actuelle. Mais en tirera-t-on les bonnes leçons ?

Voici l’essentiel de ce qui s’est passé.

Parce que les taux d’intérêt ont été maintenus très bas pendant très longtemps, beaucoup d’Américains se sont acheté des maisons dont ils n’avaient pas réellement les moyens.

Leurs créanciers ont ensuite intégré leurs hypothèques dans des produits financiers complexes que les banques d’affaires et les fonds d’investissement achètent et s’échangent.

Ces bas taux d’intérêt et les juteux rendements escomptés sur ces produits ont alimenté un boom du marché immobilier. Pour répondre à cette demande qui continuait à croître, les prêteurs se sont lancés dans des opérations financières toujours plus risquées et pratiquement pas réglementées.

Quand les acheteurs qui ont eu les yeux plus gros que le ventre n’ont pu rembourser leurs hypothèques, leur chute a provoqué la glissade des prêteurs. Pris de panique, ces derniers ont resserré le robinet du crédit, entraînant de nouveaux joueurs dans la chute.

Trois causes principales de cette débâcle sautent aux yeux : la consommation imprudente et effrénée, l’absence d’une obligation faite aux banques d’investissement d’avoir un minimum de dépôts pour se protéger, et la cupidité de dirigeants dont la rémunération est liée à la valeur de l’action, qu’ils cherchent donc à gonfler en prenant des risques insensés

Le capitalisme repose tout entier sur la confiance. Confiance que votre investissement rapportera, confiance que vous rembourserez votre emprunt,  confiance que les institutions se comportent comme il faut, confiance que quelqu’un, «quelque part», surveille tout ça.

Sans confiance, vous n’empruntez pas, n’achetez pas, n’investissez pas, et tout s’effondre.

Le premier but du sauvetage discuté à Washington est donc de rétablir la confiance. Quitte à piler sur l’orgueil et la pureté doctrinale, les élus américains sont condamnés à s’entendre.

Deux questions vitales resteront ouvertes.

D’abord, que fera le gouvernement américain de cette quantité faramineuse d’actifs qu’il vient d’acheter ? Rien de moins que la plus grosse compagnie d’assurance au monde, une banque privée et la moitié du marché hypothécaire américain.

Et quelles devront être les règles pour éviter d’autres débâcles dans le futur ?

Par ailleurs, à mon humble avis, le débat idéologique qui s’engage entre les «tenants» du marché et les «tenants» de l’État est presque un faux débat.

D’un côté, il n’y a nulle part, dans les faits, de capitalisme sans intervention de l’État, et surtout pas aux États-Unis. De l’autre, il n’y a pas d’avenir qui vaille en dehors du capitalisme, à moins de penser que Cuba et la Corée du Nord sont le futur de l’humanité. Tout est donc une question de dosage : où, quand et comment l’État doit-il intervenir ?

Nous allons maintenant vivre un sain retour du balancier idéologique.

Dans les années 70, l’État est souvent intervenu trop et mal, bien que toujours animé des meilleures intentions. La création de monopoles étatiques souvent inefficaces a préparé la montée du néo-libéralisme, qui n’était que la redécouverte de principes vieux de trois siècles.

Aujourd’hui, l’absence d’une réglementation judicieuse, surtout de l’obligation pour les  banques d’investissement d’avoir un minimum de liquidités pour se couvrir, comme on l’impose aux banques de dépôt chez nous, va faire redécouvrir les vertus d’un État qui intervient à bon escient.

27 réponses à “Les bonnes leçons”

  1. le 01 oct 2008 à 8:26 Garamond

    Premier résumé concis et complet qu’il m’a été donné de lire; merci M. Facal !
    Vos conclusions sont aussi les miennes; voyons maintenant quel président écopera de tout ça et comment s’en sortira-t-il ?

  2. le 01 oct 2008 à 11:34 vindictater

    J’avoue que c’est plaisant de voir les républicains et tous les “experts” économique de droite se débattre comme des diables dans l’eau bénite pour nous expliquer comment ce n’est pas leurs ridicules politiques qui échouent. Ou est la main invisible, pourquoi le marché n’est pas capable de se sortir seul du naufrage? Le capitalisme repose sur l’interaction entre des hommes et des compagnies, l’absence de reglementation stricte mene obligatoirement au chaos puisque depuis toujours les hommes tombent dans le piege de la cupidité. C’est comme si un pays n’avait pas de loi pour régir les comportements de ses citoyens, le chaos s’installerait en tres peu de temps.

    Un autre aspect interessant qui remonte a la surface est la rénumération des dirigeants d’entreprises. Je pourrais vous citer Nathalie Elgrably et meme Joseph Facal qui nous disaient que ces “boss” représentaient la creme de la creme et qu’il fallait les comparer a des athletes professionnels parce qu’ils ont un talent que la grosse majorité n’a pas. Bullshit, ca ne prend pas de talent spécial pour tranférer de la production en Chine ou en Inde pour réduire des couts de main d’oeuvre. Ca ne prend pas de talent spécial pour appliquer la méthode Toyota que tous essayent de copier maintenant. Ca ne prend aussi pas de talent spécial pour augmenter un dividende pour faire monter le prix d’une action ou pour appliquer des méthodes de gestion apprises a l’école. Il y a une différence énorme entre des athletes professionnels et des dirigeants d’entreprises, tu peux aller a l’école toute ta vie, du talent et le désir de gagner ca ne s’apprend pas. Quand c’est rendu qu’un employer normal doit mettre toute une vie de travail pour s’approcher de la rénumération qu’un dirigeants tire en un an il y a un méchant probleme. On ne peut pas laisser a des personnes qui ont les clés du coffre la responsabilité de controler leur cupidité.

  3. le 01 oct 2008 à 13:21 brem

    Je ne crois pas que ce soit le taux d’intérêt bas qui soit la cause de la débâcle, mais bien que les banques et prêteurs hypothécaires accordaient des prêts que les gens ne pouvaient pas rembourser. Je le sais, j’ai acheté une maison il y a 3 ans et les banques m’offraient une hypothèque si élevée que j’aurais pu m’offrir la maison, mais pas la meubler, ou manger des toasts au beurre de pinottes pendant 10 ans. J’imagine que ça devait être encore pire aux États-Unis où l’appât du gain aurait eu raison de la raison.

    Ce qui m’amène à critiquer les dirigeants de grandes entreprises. Ces CEOs ont des primes à la performance, et lorsqu’ils deviennent incompétents obtiennent des primes de départ. C’est indécent.

    Ce qui choque le citoyen américain présentement avec le plan de 700 Milliards du gouvernement américain, c’est qu’il impunément les CEOs incompétents de ce monde. Ces gens sont quasiment des criminels. À défaut, des incompétents notoires et devraient être foutus à la porte et mis à l’amende. Mais ce n’est pas dans la culture… On fait des exemples avec Enron, mais faire un exemple avec AIG, on peut pas… ça touche à trop de gens. C’est con.

    Si le gouvernement américain avait des couilles, il assurerait le prêt de chaque citoyen américain, en créant une nouvelle agence gouvernementale et laisserait crever ces grosses boîtes incompétentes.

  4. le 01 oct 2008 à 13:53 Joseph Facal

    Mon cher Vindictater,

    Vous m’avez habitué à faire plus de nuances. Me mettre dans le même courant de pensée que madame Elgrably,…vous y allez raide, non ?

    Et à Brem,

    En fait, il n’y a pas une cause unique, mais plutôt plusieurs causes liées entre elles.

    C’est évident par exemple que de très bas taux d’intérêt donnent le goût d’acheter à des gens qui n’ont pas de capital de côté (ou à peine), de petits revenus, des cartes de crédit déjà «loadés», etc. Alors, go, elles achètent et à la première vraie bourrasque, se retrouvent la tête sous l’eau.

    Et les banques, elles, ne sont pas dans la «business» de donner aux gens de cours de gestion des finances personnelles comme les ACEF. Elles voient des occasions d’affaires chez ces pauvres gens et zling !

    Quand j’étais député, je faisais du porte-à-porte (à Laval). Je voyais souvent d’énormes maisons toutes neuves, infiniment plus luxueuses que la mienne, et la jeunesse des propriétaires m’étonnait toujours. Je me disais : «mais où diable travaillent-ils pour se payer ça ?».

    Puis, quand je faisais un pas dans le vestibule, je m’apercevais… qu’il n’y avait pratiquement pas un meuble…sauf évidemment une méga-télévision de luxe, sans aucun doute achetée à crédit. Enfin…

  5. le 01 oct 2008 à 14:22 brem

    En effet, j’habite dans un quartier connexe à un quartier où les maisons sont châteauesques (c’est un mot?). Je me dis que quand elles seront reprises par la finance et que j’aurai payé la mienne, je pourrai me la payer à rabais! Que je suis requin! ;-)

    Et oui, trouver une cause unique serait assez futile, mais je voulais simplement indiquer ici que les taux d’intérêts bas, oui ça permet de favoriser en théorie l’accès à la propriété, mais ces dernières années, le prix des maisons a aussi augmenté de façon vertigineuse. En fait, je suis chanceux d’avoir pu me payer ma maison il y a 3 ans, je ne pourrais plus me l’offrir maintenant. Le même modèle de maison me coûterait 15% plus cher. Donc oui je pourrais obtenir le même prêt hypothécaire, mais il ne me permettrait pas d’acheter la même maison.

    La situation semble un peu différentes aux U.S.A. en ce sens que la demande a fléchi, en même temps que ces prêts à des gens insolvables soient demeurés impayés. Donc manque de liquidité des banques prêteuses et un marché qui dévalue les investissements.

    Tant que la demande au Québec/Canada sera là, je ne crois pas qu’on vivra une débâcle telle, mais sommes nous à l’abri? On sent déjà que le marché ralenti… les pancartes “À vendre” sont plus présentes que jamais.

    Mais pour revenir au plan de sauvetage, est-ce qu’il n’y aurait pas un autre moyen de sécuriser, de rétablir la confiance au marché tout en n’aidant pas les dirigeants qui ont fauté?

  6. le 01 oct 2008 à 14:59 Anarcho-pragmatiste

    Billet fort intéressant. Vous décrivez la situation presque comme je la vois moi-même.

    “Ces bas taux d’intérêt et les juteux rendements escomptés sur ces produits ont alimenté un boom du marché immobilier. Pour répondre à cette demande qui continuait à croître, les prêteurs se sont lancés dans des opérations financières toujours plus risquées et pratiquement pas réglementées.”

    Sauf que ces bas taux ont été fixés par la Fed, une créature de l’État.

    “Aujourd’hui, l’absence d’une réglementation judicieuse, surtout de l’obligation pour les banques d’investissement d’avoir un minimum de liquidités pour se couvrir, comme on l’impose aux banques de dépôt chez nous, va faire redécouvrir les vertus d’un État qui intervient à bon escient.”

    Je suis d’accord sur ce point. Mieux que ça, dans un véritable libre-marché, les réserves fractionnaires n’existeraient pas, la masse monétaire serait fixe et le crédit serait moins facile.

    “D’un côté, il n’y a nulle part, dans les faits, de capitalisme sans intervention de l’État, et surtout pas aux États-Unis.”

    D’accord!

    “De l’autre, il n’y a pas d’avenir qui vaille en dehors du capitalisme, à moins de penser que Cuba et la Corée du Nord sont le futur de l’humanité.”

    Pas d’accord. Vous oubliez une alternative: le vrai libre-marché.

    “va faire redécouvrir les vertus d’un État qui intervient à bon escient.”

    Un État qui intervient à bon escient n’hausse pas les frais de scolarité comme on l’a fait. Hausse que vous avez approuvé.

  7. le 01 oct 2008 à 16:38 vindictater

    Pour clarifier mon texte plus haut M. Facal, je tiens a spécifier que je vous trouve nettement plus au centre que Mme Elgrably qui elle en matiere économique ressemble a de l’extreme-droite. Mon point porte seulement sur les salaires des dirigeants d’entreprises, meme si vous sembliez etre plus irrité de la situation que Mme Elgrably vos conclusions étaient a peu pres les memes, a savoir que c’est le marché qui prévaut et qu’ainsi il ne faut pas intervenir pour corriger une situation qui est en train de devenir scandaleuse.

  8. le 01 oct 2008 à 17:55 Olivier L.

    @ vindicater

    Je crois que vous sous-estimez lourdement le rôle de leader d’un dirigeant d’entreprise. Vous semblez dire que n’importe qui peut diriger une entreprise d’envergure, qu’il n’a simplement qu’à copier ce que d’autres ont réalisé avec succès dans le passé. Bien au contraire, un CEO n’est pas simplement capable de faire un excellent travail en plus de prendre des décisions importantes lors de moments critiques. Il doit avant tout pousser tous les employés sous sa direction à donner un rendement maximal. Il représente l’image de l’entreprise. Si vous rémunérez la personne qui remplie ce rôle de la même manière que quelqu’un qui n’a pas le même niveau de responsabilités, vous ne trouverez pas de candidats de qualité pour la fonction.

    Le niveau actuel de rémunération de ces dirigants à cependant atteint des niveaux ridicules, impossible à justifier. Cependant, je crois qu’il ne faut pas mêler le concept de la rémunération avec les qualités d’un dirigeant.

    Les sous-ministres de la fonction publique québécoise sont souvent moins rémunérés que des dirigeants ayant les mêmes responsabilités dans le privé. À l’inverse, aux États-Unis, la fontion publique débourse le prix à payer pour aller chercher l’élite (Mr. Paulson qui était CEO de Goldman Sachs auparavant). Avec l’ampleur de la crise actuelle, seriez vous prêt à confier ce mandat à l’élite, ou à un dirigeant moyen?

    Pour cette raison, je suis justement très nerveux étant donné la taille actuelle de la dette publique québécoise. Il ne s’agit pas d’un petit mandat.

  9. le 01 oct 2008 à 18:23 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour M.Facal,

    Un résumé limpide de l’histoire d’une catastrophe qui n’a pu se réaliser que grâce au laisser faire du grand patron de la Fed et des élites financières américaines ; ainsi que de Règles Élémentaires pour système qui se veut le meilleur. Bizarre, non?

    Ce laisser faire, c’est à dire laisser le marché réguler le tout ; nous l’avons vécu un peu de 2003 à 2007 lors des 4 premières années au pouvoir du PLQ!

    Une chance qu’il est devenu minoritaire et qu’en faisant la mouche du coche il ne peut plus continuer à déconstruire le Québec.

    Les plaies sont béantes mais le patient n’est pas encore mort!
    On doit donc le réélire d’une façon majoritaire pour le remercier d’un si bon travail.

  10. le 01 oct 2008 à 19:05 Daniel O.

    M.Facal,

    Vous mélanger tout. Président du Conseil du Trésor vous étiez? Vous semblez pointer du doigt le citoyen consommateur-travailleur. Belle mentalité d’extrème droite.

    Cette crise est une crise financière et non une crise économique. La cause première vient des financiers, de la FED et du Trésor américains.

    ”Les problèmes financiers actuels ont donc pour arrière-plan d’autres problèmes encore plus préoccupants que sont les déficits du budget et du commerce extérieur. Les biens et services destinés aux marchés US que les sociétés délocalisées sous-traitent à l’étranger reviennent sous forme d’importations qui augmentent le déficit commercial américain. Délocaliser la production réduit le PIB et l’emploi aux États-Unis et augmente le PIB et emploi à l’étranger. Délocaliser la production réduit la capacité exportatrice de l’économie américaine tout en augmentant la facture des importations.”Paul Craig Roberts le 15 septembre 2008 Vdare http://vdare.com/roberts/080915_economy.htm

    Tout a commencé le lendemain de la publication des TIC-DATA le 16 septembre. Fannie Mae et Freddy Mac n’étaient que le marathonien annonçant la mauvaise nouvelle.

    David Walker avait fait cette annonce le 24 décembre 2006 dans une lettre à l’éditeur du Washignton Post:

    ”The largest employer in the world announced on Dec. 15 that it lost about $450 billion in fiscal 2006. Its auditor found that its financial statements were unreliable and that its controls were inadequate for the 10th straight year. On top of that, the entity’s total liabilities and unfunded commitments rose to about $50 trillion, up from $20 trillion in just six years.

    If this announcement related to a private company, the news would have been on the front page of major newspapers. Unfortunately, such was not the case — even though the entity is the U.S. government.

    To put the figures in perspective, $50 trillion is $440,000 per American household and is more than nine times as much as the median household income.

    The only way elected officials will be able to make the tough choices necessary to put our nation on a more prudent and sustainable long-term fiscal path is if opinion leaders state the facts and speak the truth to the American people.

    The Government Accountability Office is working with the Concord Coalition, the Brookings Institution, the Heritage Foundation and others to help educate the public about the facts in a professional, nonpartisan way. We hope the media and other opinion leaders do their part to save the future for our children and grandchildren.”

    DAVID M. WALKER
    Comptroller General of the United States
    Government Accountability Office
    Washington

    En hausse de $20,000 milliard en seulement 6 ans (depuis l’accession de Bush au pouvoir).
    Devinez où les journaux du monde ont placé la nouvelle ? Il aura fallu au Controleur Général des États-Unies publier une lettre à l’éditeur du Washington Post, début décembre, pour passer la nouvelle. WP l’a publié le 24, la veille de Noel.

    Que ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre… David M. Walker est devenu le septième vérificateur général des États-Unis et il a débuté son mandat de 15 ans au moment où il a prêté serment le 9 novembre 1998.. Le 12 Mars 2008, David M. Walker, a démissionné.

    Évidemment le citoyen ordinaire, dont l’opinion est contrôlé par la propagande néolibérale des médias, eux-même controlé par des intérêts privés, n’en savait que dalle à ce moment. N’est-ce pas Monsieur Facal le Lucide?

    Pourquoi donc le gouvernement américain a-t-il rappelé d’Irak la “First Brigade Combat Team” de la Troisième Division pour contrer une possible insurection aux États-Unis? Il sont en fonction depuis ce main du premier octobre.

    Continuez de nous endormir chez BazooTV avec votre sourire condescendant dans une rhétorique sophistique, évitant l’argument de la réflection.
    De toute façon l’information se trouve ailleur que dans les médias officiels manipulés par votre droite cupide.

  11. le 01 oct 2008 à 19:07 Gilles Bousquet

    Vous avez tout résumé dans la petit phrase suivante : «Sans confiance, vous n’empruntez pas, n’achetez pas, n’investissez pas, et tout s’effondre.»

    Pour ne pas que tout s’effondre faut donc continuer d’acheter solidement. Pour acheter, faut pas trop épargner ni trop se concentrer à payer ses cartes de crédit qui sont à la limite.

    Acheter fait vendre le marchand qui commande chez le fabricant qui fait travailler ceux qui achètent et la roue économique tourne et tourne en rond pour les filles, les garçons mais…si les achats ne se font pas, tout le monde au chômage, la crise économique, la soupe populaire, le secours direct et les suicides pas trop assistés.

    Fait que…aimez vous et votre prochain…consommez à plein ! C’est le contraire que nos mères nous enseignait mais dans la vie, la vérité est souvent dans une chose et son contraire. Le Yin et le Yang quoi. Obama et McCain, Harper et Duceppe.

  12. le 01 oct 2008 à 21:39 Alain Tremblay

    La cause de tout ce merdier ? Cupidité, vanité, orgueil. De qui ? De tous. Qui paiera les pots cassés ? Les plus faibles, les plus dépourvus. La crise frappe comme la peste. Apprendrons-nous quoi que ce soit de tout cela ? Non. Y-a-t-il un grand ménage à faire ? Oui. Mais lequel ? Un ménage lucide ? Pourquoi pas si on met tous les privilèges dans le même panier et que l’on use du voile de l’ignorance si cher à Rawls pour le réaliser. Certains accepteront-ils de délaisser leurs privilèges pour laisser un peu plus d’espace à l’égalité ? Non. Qui accepterait d’être l’égal de son prochain ? Qui accepterait de se départir de sa collection La pléiade pour que son prochain ne meurt pas de faim ? Qui accepterait de partager ses biens avec les pauvres, ceux qui vivent dans la «simplicité involontaire» ? Personne, car nous sommes tous unique et que nous désirons nous réaliser avant de quitter ce monde et laisser un héritage à nos enfants, à notre patrie. Nous sommes donc tous condamnés à nous réaliser quitte à ce que d’autres ne le puissent pas. Comme le disait Camus : «Mais qu’est-ce que ça veut dire, la peste ? C’est la vie, et voilà tout.»

  13. le 02 oct 2008 à 11:45 Rémy

    Bonjour M. Facal,

    Je suis un peu étonné de la simplicité de votre analyse. Tout bon sociologie sait, s’il a lu les bons auteurs, qu’un phénomène social comme celui que vous présentez, est le résultat de comportements individuels qui en sont la cause et considérer ces comportements comme « rationnels ».

    La pensée sociale spontanée fait tout le contraire en suivant le principe inverse. Confrontée à un phénomène social, elle manifeste la tendance irrésistible à l’interpréter comme le produit de comportements « irrationnels ». En générale c’est toujours après une discussion plus moins longue que l’interprétation irrationaliste est abandonnée…

  14. le 02 oct 2008 à 20:37 jcpomerleau

    En Janvier 2008, j’ai écris un texte Vigile: Diner sur le Titanic, pour faire écho a un groupe de recherche (LEAP 2020) qui prévoyait que 2008 serait l’année de la Très Grande Dépression US. Depuis j’ai écris (à titre de gérant d’estrade) d’autres texte sur le suivit de la crise. L’avant dernier texte (Les banques américaines sur le Titanic)traite de la cause de cette crise: L’économie est victime de la révolution reagonnienne, C’est le changement de la règlementation, en 1999, mis en place en 1933 qui a permis aux banques de créer des instruments financiers (CDO et CDS) dont la solvabilité est douteuse (à tel point que le marché est figé)et en si grand nombre que tout le système financier en est contaminé. Assez pour créer une crise systémique mondiale qui mettra fin au leadership que les américains ont depuis 1945 sur le système financier international. Est ce que le plan de sauvetage de 700 milliards va fonctionner, la réponse est non, selon le plus grand économiste américaine,celui qui a tout vu venir: Nouriel Roubini: http://www.rgemonitor.com/blog/roubini/253830/bbc_hardtalk_interview_with_roubini_us_bail-out_special

  15. le 03 oct 2008 à 8:11 jcpomerleau

    J’ai émis un commentaire suite à la chronique de M Facal le 26 Juin (On tourne en rond), dans lequel j’évoque la crise actuelle.
    ……………………..
    jcpomerleau

    On tourne pas en rond, on s’en va droit dans le mur,mais on le voir pas:
    Il crise économique majeur se développe à l’échelle de la planète (on entre dans l’air de l’énergie cher et cela va transformer nos vies).L’épicentre de cette crise est situer aux États Unis qui connaitront cette année: La Très Grande Dépression US (1). Le Québec est entrer au premier trimestre dans une croissance négative (0,8%)(2)qui va s’accentuer à cause de la corrélation de notre économie avec les US; ce qui entrainera un deuxième déficit budgétaire de suite qui pourra dépasser 2 milliards. Ce qui tourne en rond ce sont tous ces dirigeants (PLQ,PQ’ ADQ etc.. sans envergures qui nous tiennent lieu d’élites). Ajouter à cela la médiacratie en général et vous avez le portrait d’un Québec complètement démissionnaire face au défi historique qui se pose: Dégager une stratégie d’état d’envergure pour surmonter cette crise. Et pour se faire reprendre en mains tous nos leviers d’actions d’un état optimal. C’est là que la bonne nouvelle arrive: Il y a un mur au travers duquel on pourra passer: Celui du ROC. Parce que la monté en puissance des provinces de l’Ouest mène à une confrontation majeur avec l’Est (Ontario) qui va faire sauter la Constitution de 1982 quand Harper va céder le pouvoir à Dion (le déclencheur, le Plan Vert de Dion). Et c’est là que le Québec va avoir une chance de s’échapper par la brèche qui va ainsi s’ouvrir. On tourne pas en rond on s’en va droit dans le mur.
    (1)http://www.europe2020.org/spip.php?rubrique8&lang=fr
    (2)http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20080628/LAINFORMER/806281165/5891/LAINFORMER01

  16. le 03 oct 2008 à 12:12 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Toute erreur devrait nous motiver à en tirer les leçons qui s’imposent.

    Qu’ un système connaisse des ratés, cela est dans l’ordre des possibilités. Tous les parcours sont parsemés de toutes sortes d’incidents. Toute civilisation est bâtie dans une démarche d’ “essais et erreurs”. Le capitalisme survivra mais, comme pour tout le reste, les principes et systèmes qui lui sont sous-jacents doivent poursuivre leur évolution et les économistes jouer leur rôle.

    Dans le cas dont on parle, Monsieur Facal, vous avez bien expliqué la problématique. Je suis impressionné de voir comment vous êtes parvenu à en faire le tour en l’expliquant d’une façon si claire. Je souhaite que les professeurs dans les CEGEP et les universités remettront une copie de votre du texte à leurs étudiants.

    Vous parlez de différents éléments du système mis en cause et des intervenants (acteurs) comme :les taux d’intérêt, créanciers, hypothèques, produits financiers, banques d’affaires, fonds d’investissement, rendements escomptés, marché immobilier, demande, les prêteurs, opérations financières, les acheteurs, prêteurs, crédit, la consommation, banques d’investissement, minimum de dépôts, dirigeants, risques, la confiance, emprunt, institutions, quantité faramineuse d’actifs, compagnie d’assurance, une banque, marché hypothécaire, les règles, intervention de l’État, réglementation, l’obligation, liquidités. Le plus cynique, c’est que, à chacune de ces étapes, tout s’est fait selon des règlements que ces institutions imposent à leurs agents ou employés. Malheureusement, le mélange de certains systèmes ensemble engendre, comme dans la situation dont nous parlons, des effets pervers. Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

    En économie, beaucoup de concepts dépassent l’entendement. Comme ceux qui ne sont accessibles que par le calcul des ordinateurs qui appliquent, disons, la notion de “limite”. D’autres sont plus faciles à comprendre comme le phénomène de vélocité de l’argent qui a été à la base de l’expansion des banques, ou encore, celui des transactions dans la rafale des systèmes pyramidales.

    Concernant le marasme que vous avez su bien expliquer, ce qui a échappé aux prix Nobel en économie pour ne pas anticiper rapidement l’effet pervers, c’est que, non, le principe de la vélocité n’est pas à craindre, celui du système pyramidale n’était pas à considérer car il n’était pas évident que le système connaîtrait une saturation de participants (clients). Là par où l’os est entré dans le boudin, c’est que cet autre principe de “l’offre et de la demande” a continué à s’appliquer, ce qui a fait monter l’inflation et les taux d’intérêts (le P dans l’équation). On comprend que plus la demande est forte, plus les prix sont sujets à augmenter (le pire c’est quand des pénuries se créent). L’équation dit:: MxV=PxT. avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et T le nombre de transactions pendant une période donnée. Pourtant, tous les économistes dans les banques sont censés connaître cette équation. Comment pourront-ils se faire pardonner ?

  17. le 03 oct 2008 à 14:03 Joseph Facal

    Bonjour Rémy,

    Vous qui semblez affectionner les «bons auteurs», auriez-vous la gentillesse de m’expliquer :

    a) en quoi le fait que des individus vivent au-dessus de leurs moyens ou prennent des risques exagérés est incompatible avec l’explication «rationnelle» ?

    Je ne veux pas vous refaire mon cours du mercredi, mais le postulat de rationalité de l’acteur signifie qu’il faut reconstituer les motifs que les gens avaient de faire ce qu’ils ont fait dans leur contexte à eux, qui en est un, ici, d’incertitude et d’information imparfaite, et que, dans ce contexte, ils avaient de bonnes raisons (des raisons «raisonnables» comme disait Boudon) d’agir ainsi. Cela ne veut d’aucune manière dire qu’il faille bannir de l’analyse des facteurs comme la cupidité ou une mauvaise lecture du marché. En tout respect, vous interprétez mal le principe de rationalité, qui doit effectivement demeurer au coeur de toute analyse. Fin du cours. Mais bon, ne «dénaturons» pas l’esprit du blogue.

    b) je suis tout de même curieux de connaître «votre» analyse ?…en moins de 200 mots s’il vous plaît.

    Cordialement,

    JF

  18. le 03 oct 2008 à 14:10 vindictater

    @ Olivier L.

    Je comprend que ce n’est pas donné a tout le monde de pouvoir exercer le travail de CEO. La pression et la responsabilité qui se dégage de ce travail est évidement supérieur a disons la caissiere qui travail dans un magasin. Il faut savoir bien recruté du personnel pour des postes clés, avoir des qualités de leader et une connaissance du domaine économique irréprochable. Tout ca est bien beau mais regardez le ridicule de la situation, un médecin spécialiste qui travail en Alberta touche un salaire de 385 000$ can. par année (c’est la province ou ils gagnent le plus). Notre ami W Bush s’en tire avec un salaire de base sans les comptes de dépenses de 400 000$ US par année pour un travail qui compte également un bon niveau de responsabilité vous en conviendrez avec moi. Ensuite prenons l’exemple de Rick Wagoner le CEO de la General Motors, pour son MBA obtonu a Havard le monsieur se tape un salaire annuel de base sans compter les comptes de dépenses et les “stock options” de 8.5 millions US. Alors on pourrait croire qu’avec son talent de devin de l’économie M. Wagoner empeche l’action de GM d’atteindre son creux historique et bien non meme que GM commence a “flirter” dangereusement avec la protection des créanciers. Si la situation se renverse un jour qui en sera responsable le CEO ou les ingénieurs et designers de GM, qu’est-ce que vous en pensez?

  19. le 03 oct 2008 à 16:29 jcpomerleau

    Le plan de sauvetage a été approuvé. Il ne fonctionnera pas. Dans mon poste plus haut, je fais un lien sur M Roubini (économiste qui a tout vu venir) qui nous en explique les raisons. Une d’elle est qu’il fallait laisser aller les 700 banques actuellement insolvables à la faillites. L’autre, il fallait consolidé la base de la pyramide (aider les propriétaires ).
    ………………..

    Les raisons de la crise qui s’étend à l’internationale et qui a son épicentre au US sont d’abord….géopolitique. À moins que l’on croit que la plus grande crise depuis 1929 a été causé par une couple de banquiers cupides en mal de profit, guidés par des équations sur le risque mal appliquées.

    Tout nous ramène à la stratégie d’état, le causi causan. Suite à la Grande Dépression de 1929, le Président Roosevelt a dégagé une stratégie d’état d’envergure (New Deal)pour sortir le pays du marasme. Une des mesure fut de mettre en place un cadre règlementaire pour régir les institutions financières qui faisait défaut et qui a entrainer les excès dans la pratique du crédit. Le New Deal avec ses mesures structurantes a permit au pays de sortir de la crise et se propulser vers la prospérité sur plusieurs décennies. (Géopolitique: Seul l’état agit avec envergure). Roosevelt, qui avait à cœur l’intérêt nationale avait prévenu ces concitoyens de ne pas laisser les pouvoir économiques prendre le dessus sur le pouvoir politique à Washington. Ce qu’il craignait est arrivé. Fast forward: Les néo cons de Reagan ont finalement pris le contrôle de l’état pour l’utiliser à leur fin. Ils ont fait changer le cadre règlementaire sur les institutions financières et ce fut l’ouverture sur des pratiques du crédit complètement irresponsables. Ce qui mène à la crise actuelle. La stratégie d’état des américains est maintenant dicté par un groupe de lobbyistes qui n’ont rien à foutre de l’intérëts nationale. Maintenant, une question que personne n’a soulevée: Pourquoi ce plan arrive à minuit moins une. La réponse,pour manipulé l’opinion publique et la forcer à accepter de prendre les pertes: http://www.vigile.net/700-milliards-de-fonds-publics

  20. le 04 oct 2008 à 8:40 Le contribuable fatigué

    Je pense que M. Béliveau n’aurait pas renié votre texte, M. Facal ;-)

    Pour ma part, je me souviens d’une conférence fort intéressante, entendue voilà quelques années: La Mort de l’Argent.

    Le conférencier (malheureusement je ne souviens plus son nom; un professeur de cégep) faisait une réflexion sur l’origine de l’argent (moyen utile autrefois pour remplacer le troc) et sur sa situation actuelle, où des milliers (que dis-je des centaines de milliers, des millions?) de travailleurs oeuvrent dans le domaine financier. Le hic, c’est que toutes ces opérations ne sont pas liées à un échange de biens, mais uniquement des services (certains diront des sévices), dont plusieurs ne sont en définitive que du vent. Où se trouve la création de richesse dans ce cas?

    Je ne m’étirerai pas sur la mécanique de cette faillite, vous l’avez fort bien résumée; On a financé des gens n’ayant pas les moyens pour construire des immobilisations surévaluées, sans conserver les liquidités (de la vraie argent, bref; pas des “chiffres sur papier”) requises pour supporter les variations usuelles des cours.

    Pour revenir à mon conférencier, celui-ci laissait entendre que l’économie financière n’était pas vraiment de l’enrichissement collectif, mais plutôt une espèce d’excroissance aberrante provenant du marché monétaire, mais sans aucune substance réelle, et surtout, fort mal réglementée, quand elle l’est. Alors, c’est un peu normal que la balloune se dégonfle de temps en temps. D’ailleurs, regardez vos relevés de fonds de retraite, n’avez-vous pas l’impression de temps à autre, que tout ça n’est que du papier? du vent?

    Peut-être devrions-nous recommencer à mettre des bijoux, de l’argent cash et pourquoi pas quelques pépites d’or, dans un bas de laine, caché sous notre matelas. Ça, au moins, ne partirait pas en fumée; quoique l’inflation risque de nous gruger malgré tout.

    En définitive, il est difficile d’être à l’abri d’un système quand on vit dedans. Si seulement nos gouvernements gouvernaient de temps en temps; réglémenter adéquatement ce brigandage, genre?

  21. le 04 oct 2008 à 12:31 Olivier L.

    @ vindicater

    Un peu de nuance est nécessaire ici. Les salaires du médecin et du président sont payés à partir des taxes des contribuables. En ce qui concerne le président, sa rémunération est limitée pour éviter une quête à la richesse (Bien qu’il ait tout le loisir de placer ses pions durant son mandat question d’être compensé ultérieurement).
    La rémunération du CEO ne diminue que l’avoir des actionnaires, elle n’a absolument aucun impact sur quiconque dans la société qui n’est pas actionnaire ou créancier de la cie. En principe, il reçoit une telle rémunération parce que les actionnaires de la cie lui ont accordé volontairement. Je dis bien en principe puisqu’il est impossible pour les petits actionnaires de renverser une telle décision.

    @ Monsieur Facal
    J’ajouterais qu’une des causes principales de la crise provient de fautes majeures commises par les agences de notation de crédit. Ces agences ont donné des cotations AAA à des produits de mauvaise qualité. Leur modèle d’évaluation était clairement erroné et n’envisageait pas la possibilité d’une forte baisse de la valeur des propriété. N’oubliez pas qu’une notation AAA équivaut pratiquement à l’impossibilité de faire défaut. Si ces produits avaient été évalués correctement, la demande pour ceux-ci aurait été significativement inférieure et leur distribution aurait été limitée.

  22. le 05 oct 2008 à 19:08 unquebecoiserrant

    Il existait même une loi plus sévère, mais elle a été ignorée par Greenspan:

    “Under a law passed in 1994, for example, the Federal Reserve was obligated to regulate banks and nonbank lenders to curb unfair, deceptive and predatory lending. Alan Greenspan, the former Federal Reserve chairman, ignored his responsibility, even as junk mortgage lending proliferated in plain sight.”

    “Mr. Greenspan later said the law defined “unfair” and “deceptive” too vaguely. If so, he should have asked Congress for clarification. Instead, he did nothing — and the Republican-led Congress did not question him. When Ben Bernanke took over as Fed chairman in early 2006, the negligence continued. It was not until mid-2007, after the housing bubble had begun to burst, that federal regulators offered guidelines for subprime lending.”

    http://www.nytimes.com/2008/09/28/opinion/28sun1.html?ref=opinion

  23. le 05 oct 2008 à 19:14 unquebecoiserrant

    …Bon, je me réessaye…

    Joseph Facal écrit:
    “La consommation imprudente et effrénée, l’absence d’une obligation faite aux banques d’investissement d’avoir un minimum de dépôts pour se protéger, et la cupidité de dirigeants dont la rémunération est liée à la valeur de l’action, qu’ils cherchent donc à gonfler en prenant des risques insensés.”

    Voilà. Nul besoin de faire intervenir les taux d’intérêts là-dedans, ni ceux de la banque centrale et encore moins celles des cartes de crédits (vous avez déjà vu les taux d’intérêts des carte de crédit ? vous trouvez ça faible ?). Il est connu que l’être humain “escompte le futur à un taux hyperbolique” (autrement dit, l’avenir compte moins que le présent), ce qui le rend vulnérable à des trucs du genre “ne payez rien avant l’an prochain, et un super gros taux après”. C’est un peu ce qui s’est passé avec les “ARM”: des bas taux au début, puis épouvantables après.

    Et effectivement, pas de régulation de ces institutions par la banque centrale. L’histoire des banques aux USA jusqu’à la création de la Fed est une longue histoire de faillites et de paniques à répétitions. Les taux d’intérêts ne sont qu’une des façons d’empêcher des prêts excessifs: les réserves minimales en sont un autre, qui a un impact direct sur le crédit possible (cf. le multiplicateur monétaire, ‘money multiplier’).

    Bref, le noeud de l’affaire, c’est l’existence de ces institutions au statut mal défini, qui ont les pouvoirs mais pas les devoirs des banques. Et pourquoi existent-elles ?

    Parce que l’ancien conseiller de McCain, Phil Gramm, et les républicains du congrès, on révoqué en 1999 le Glass-Steagall Act (une création du New Deal) qui empêchait leur existence.

    C’est en tout cas la conclusion des éditorialistes du NYT (cf plus haut), et, je pense, de pas mal tout le monde, à part quelques monétaristes égarés dans le mauvais siècle.

  24. le 06 oct 2008 à 11:55 jcpomerleau

    Les marchés boursiers planétaires viennent de voté sur le Plan Paulson.Il ne marchera pas. Il a été confectionné par et pour les élites marchandes de Wall Street. Il lui manque 2 volets selon Roubini (voir plus haut). Pourquoi les “experts” en finance n’ont pas vu venir. Parce qu’ils n’ont aucune formation pour comprendre le phénomène qui les confronte: Un crise systémique globale. Wall Street a morpionné le système financier international au complet. C,est ce que les européens et asiatiques découvre avec stupeur. Comme la crise est systémique à l’échelle de la planète il faut un plan d’intervention à cet échelle. Il fut recommander en Juin 2008 par LEAP2020. Le coüt: 5000 milliards d’Euros. Les détails sont ici:(http://www.europe2020.org/spip.php?article556&lang=fr).

  25. le 06 oct 2008 à 13:20 Daniel .O.

    Notre groupe d’étude avait déjà fait une intervention ici en juin sur ce blog au sujet de la crise financière présente.

    M. Facal aurait-il effaçé le commentaire? Évidemment que les accusasions du ”camarade” Roger Bon Temps (économiste réputé en Europe, via la GRE) ont dû déplaire aux ignares et incompétants. N’est-ce pas M. Facal?

    Les collaborateurs du système criminel en place devront rendre des comptes bientôt. On les rasait en France en 1945, à la Libération.

    Créer c’est résister. Résister c’est créer.

  26. le 07 oct 2008 à 12:40 ymdelisle

    De bons commentaires. L’histoire se répète. Le “laissez-faire capitalism” ne fonctionne pas. Que les gens de droite l’acceptent, les gouvernements se doivent d’intervenir. Mais, que les gens de gauche acceptent aussi que la “sociale démocratie a l’extrême” ne fonctionne pas plus. Le bons sens dicte que c’est la loi du juste milieu qui prime. Nous avions besoin de bonne correction. Allons-nous bien apprendre notre leçon cette fois?

    Il y a presque 35 ans, un de mes profs de Management nous proposait un regard sur le futur. Sa théorie, le “Expectation Reality Gap” disait que la différence entre ce que notre société crée comme attentes et ce qu’elle livre en réalité serait une source de frustration majeure pour les consommateurs. Notre société, et ce n’est pas seulement les USA, (nous sommes aussi fautifs), nous dit d’acheter une grosse maison, d’avoir une belle voiture, de faire des voyages dans le sud à chaque année, d’avoir des CPE a 7,00$, d’être protegé par l’état providence de la naissance à la mort, etc etc etc. Et bien sur nous devons avoir tout cela immédiatement sans payer et sans éffort. La réalité vient de nous frapper en pleine figure.

  27. le 07 oct 2008 à 18:29 Arnold Schwartz

    @ Ymdelisle

    ”d’avoir des CPE a 7,00$, d’être protégé par l’état providence de la naissance à la mort, etc. etc. etc. ”

    C’est démagogique ce que vous dîtes, les faits sont que cette crise ne vient pas de l’état interventionniste mais bien de la droite économique.

    Tout ceci résulte du néo-libéralisme économique,”Juste des baisses d’impôt et tout va bien”. Une crise pareille ne vient pas du tout de la sociale-démocratie qui réglemente convenablement les intervenants économiques.

    Nommez-moi un pays social-démocrate ou de centre gauche qui ont (ou ont eu) des problèmes économiques aussi important que les USA?

    Ne voyez-vous donc pas les coûts économiques 700G $ et humain (chômage) que le néo-libéralisme ou le conservatisme amènent?

    Je ne suis pas sûr que les centaines de milliers d’Américains qui ont perdu leur emploi n’aimerait pas mieux que les 700G $, qui iront en grandes parties aux banques, eurent été investi au préalable dans des mécanismes de contrôle des hypothèques et dans des programmes sociaux?

    Le système boursier mal encadré entraîne des surenchères (bulles)qui finissent toujours par ”péter”. Qu’on pense à l’informatique, l’énergie ou cette-ci fois l’immobilier, c’est toujours la même histoire, c’est le petit qui paye! La loi de l’offre et de la demande dans ce contexte de bulle ne fonctionne pas. Sans intervention de l’état ça va se répéter sans cesse, non mais ça va en prendre encore combien de ces bulles pour que vous avouez que le laissez faire du marché, Ça ne marche pas!

    Arnold