Le doux ronron
28 mai 2009 par Joseph Facal
Tous les partis politiques sont aujourd’hui frappés par le même mal : on y ronronne.
Un ancien président du Parti libéral du Québec notait récemment que sa formation avait peur des débats. Le Parti Québécois vient de repousser son congrès à 2011 et n’en a pas tenu depuis 2005. Quinze ans après sa fondation, l’ADQ restait le jouet personnel de Mario Dumont.
Le mal est généralisé. On dort aussi à poings fermés dans les partis fédéraux. Si militer, c’est produire des idées et chercher à convaincre des non-convaincus, le militantisme est moribond au sein de nos partis.
Quand on comprend les causes, on voit que ce n’est pas une mauvaise passe, mais une tendance de fond.
À l’image de notre société, l’âge moyen des membres des partis augmente. Règle générale, plus vous êtes âgé, moins vous brasserez la cabane. J’ai dit «règle générale».
Les parents de jeunes enfants consacrent aussi plus d’heures que jadis à la famille. Il leur reste donc moins de temps pour militer.
Nos sociétés fourmillent désormais de lieux pour exprimer et faire avancer des idées sans cette chape de plomb qu’est l’orthodoxie partisane. N’importe qui peut aussi donner son opinion sur son blogue sans se faire engueuler par les «instances» du parti.
Les campagnes électorales coûtent de plus en plus cher, et les bénévoles sont peu nombreux. Résultat : si vous vous engagez dans un parti, on vous fera surtout faire du financement. Les nouveaux venus attirés par les débats d’idées déchantent rapidement.
Les médias jouent aussi un rôle. Les journalistes disent détester la langue de bois, mais traitent souvent une opinion franche comme une controverse qui embarrasse le parti. Le «fautif» apprend rapidement à réciter sa cassette. Les esprits libres finissent par trouver cela pesant.
Pour l’entourage des chefs, un rassemblement «réussi» est d’ailleurs un événement qui projette une image d’harmonie au sein des troupes et qui fournit de belles images à la télévision. Normal, car les débats virils seront présentés par les médias comme des «chicanes».
Cette désaffection envers l’engagement dans les partis est pleine d’effets pervers. Dans ce vide, des groupuscules incapables de remplir un autobus prennent un espace médiatique disproportionné. Le SPQ libre est le cas-type.
Au niveau local, la vie du parti s’apparente à celle d’un club social. On y retrouve de vieilles connaissances et on jase. En termes d’avancement des idées dans la société, l’impact est absolument nul.
Comme il y a peu de renouvellement, il y a aussi peu de compétition pour les places disponibles. À 23 ans, on peut donc choisir de faire de la politique un métier, comme on choisirait d’être comptable.
On y passe ensuite toute sa vie adulte, alternant entre les séjours au pouvoir et dans l’opposition, comme député, attaché politique, ou à la périphérie des partis. Par déformation professionnelle, ces gens voient toute la vie politique en termes de «lignes de communication» et de «dossiers». Tout devient tactique.
Ce ne sont plus les partis qui donnent le ton à la société, mais la société qui donne le ton aux partis. Comme la bouilloire qui se met à siffler quand le rond du poêle amène l’eau à la bonne température.
20 réponses à “Le doux ronron”
M. Facal,
Vous vous plaignez qu’il ne se passe rien dans la politique québécoise, mais vous êtes toujours le premier à taper sur Québec Solidaire, qui constitue la seule véritable nouveauté des cinq dernières années.
Vous avec dit par le passé que vous ne partagez aucune des idées véhiculées par ce parti, mais je soupçonne fortement que votre antipathie vis-à vis de QS découle du fait qu’il gruge plus de votes au PQ qu’aux autres partis.
Pourtant, ce parti consulte ses membres régulièrement, tient des congrès, et laisse généralement beaucoup plus de place à ses militants que n’importe quel autre parti provincial ou fédéral. Cette formule a bien des inconvénients, surtout lorsque les medias, désormais concentrés dans les mains de très peu de groupes, guettent tout faux pas réel ou apparent pour attaquer sa credibilité.
Admettez néanmoins que c’est ironique que le seul parti qui adresse le problème dont vous parlez est justement celui que vous ignorez cette fois, et que d’autres fois vous vilipendez.
Sans rancune
QS est un peu comme le PQ du tout début des années 70 ou des début de l’ADQ du fait qu’il sait que le pouvoir est peu possible pour lui à moyen terme. Cependant, si un jour le parti devient moindrement populaire avec un minimum de 3-4 ou 5 députés, l’aile parlementaire va commencer à prendre la place de l’aile »grassroots ». Soit dit, le parti qui a le plus utilisé cette méthode a été l’ancien Parti Réformiste au fédéral dans les années 90. En réalité, j’ai l’impression que tout les partis politiques majeurs (que ça soit le PQ, les Libéraux, le Bloc, le NPD, les Conservateurs) dans notre système ont en fait la même structure en terme d’organisation.
@M. Facal:
Je crois qu’il y a une petite coquille qui s’est glissée dans votre texte. Voulez-vous dire comptable au lieu de compatble?
M. Facal,
Soit dit, le gros problème est qu’il existe souvent des cliques ou groupuscules qui sont souvent sur-représentés dans un parti donné et que leur opinion passe souvent avant celle du membre ordinaire ou typique. Par exemple, la SPQ-Libre prend beaucoup de place lorsque le nombre est très limité en proportion au parti. Donc, cela crée un parti dans un parti. Même chose pour QS ou pour le NPD.
M. Facal.
Je sais que je donne un coup d’épée dans l’eau.
Mais, tandis que vous êtes encore jeune et en santé et surtout que ne vous êtes pas un vieux radoteur de cassette comme il y en a trop en politique de nos jours (même les jeunes jouent la cassette) maudit que vous devriez vous présenter à la course pour la chefferie de l’ADQ.
C’est la seule façon que vous pourriez vous exprimer librement et faire valoir vos idées. Les 3 participants à cette course risquent plutôt de faire couler le bateau malheureusement :(. Vous connaissez vos dossiers, vous êtes de centre droit, vous connaissez vos ennemies et vos opposants, vous avez déjà travaillé pour le PQ.
Je crois personnellement qu’il est temps plus que jamais de faire de l’ADQ un parti lucide avant qu’il ne coule et devienne irrécupérable.
Ça m’enrage tellement de voir la situation présentement avec deux partis que je déteste les scabreux libéraux et les pitoyables péquistes.
à bon entendeur
MV,
QS ou le NPD seraient les groupuscules de qui? Soyons sérieux, ni l`un ni l’autre sont des groupuscules. Leurs idées (qui d’ailleurs sont loin d’être les mêmes) correspondent à des mouvances majeures dans la société. Ces mouvances sont sous-représentées dans les parlements respectifs en raison du fait que les médias ET le système électoral britannique favorisent les intérêts dominants.
Honnêtement j’ai rarement rencontré un militant libéral ou un militant conservateur qui soutient son parti en raison de l’idéologie. Il n’est d’ailleurs souvent pas difficile de leur faire admettre qu’ils militent pour ces partis par intérêt personnel…
Le cas de l’ADQ n’est pas particulièrement difficile à comprendre : Mario a bien su canaliser, avec des grandes déclarations à l’emporte-piece, le vote de protestation sur son parti. Ça s’est dégonflé aussitôt que les gens se sont aperçus qu’il n’y avait pas de substance, c’est-à-dire pendant la brève période où l’ADQ a constitué l`opposition officielle.
Par contre, le cas du PQ est beaucoup plus complexe. Les militants et même les sympathisants jouent un rôle, et ils sont souvent encouragés pendant que le parti est à l’opposition et remis au pas pendant que le parti est au pouvoir. Cependant, de façon globale, depuis 1982 (ça a commencé avec le beau risque et la coupe de 20% du salaire des fonctionnaires), les militants du PQ ont avalé un nombre ahurissant de couleuvres, ce qui fait que pour militer pour eux il faut une bonne dose de masochisme. Dans ce sens là, je suis d’accord pour dire que le SPQ libre est un groupuscule, et j’ai même l’impression que ceux-là sont encore plus masochistes que les autres militants du PQ…
Vous savez, M. Facal, que je vous adore? Encore une fois, vous cernez le problème.
J’ai milité longtemps… et je tente actuellement un retour. Mais ce n’est pas très motivant, coincé entre les vieux qui proposent de faire ce qui était efficace en 1970 et les jeunes, qui semblent plus intéressé à se trouver une job ou se faire des amis…
« À l’image de notre société, l’âge moyen des membres des partis augmente. »
Au Québec, l’âge moyen de la population est de 40 ans. Il augmente depuis 10 ans d’un an à tous les trois ans. J’ai estimé l’âge moyen de l’électorat à 48 ans.
La strate d’âge dont le poids électoral est le plus grand est celle des 45-49 avec 650 mille droits de vote. Ces citoyens constituent 8,38 % de la population mais 10,46 % de l’électorat.
Leurs aînés de cinq ans, les 50-54 comptent 615 mille droits de vote, soit 7,94 % de la population et 9,9 % de l’électorat. Les 45-54 disposent donc d’un peu plus de 20 % des droits de vote.
Le poids démographique des 65 à 100 ans et plus est de 18,3 %, leur poids électoral approche 23 %. C’est pas beaucoup plus que celui des 45-54 mais beaucoup trop que celui des 0-17 qui est de zéro malgré une présence démographique de près de 20 %. Les premiers ont une espérance de vie de 20 à 25 ans, selon le sexe, les deuxièmes, une de 70 à 75 ans. Éthiquement, quand on cimente l’avenir, quand on l’endette, à qui doit-on enlever l’exercice du vote, à la jeunesse ou à la sagesse ?
Bref, l’électorat québécois est un véhicule qui prend du poids à l’arrière. Une formule 1 ainsi déséquilibrée devient sous-vireuse autant à gauche qu’à droite. Très dangereux quand un mur approche et les adéquistes en voit venir un. Mauvais quand on mijote un pays Mme Marois. Pensez-y, M. Lévesque, M. Caire, M. Taillon. Occupez-vous du reste M. Charest.
En Allemagne, en Suisse et en Pologne, on s’est questionné sur l’opportunité d’instaurer le droit de vote dès la naissance. L’idée a été rejetée. Je trouve que ce serait une façon de rééquilibrer le poids électoral entre la sagesse et la jeunesse. L’exercice du droit serait effectué par les parents jusqu’à douze ans disons. Selon que l’on accorde un ou deux droits de vote, un pour les deux parents ou un à chaque parent, l’âge moyen de l’électorat baisserait de 5 ou 10 ans. Je ne crois pas que l’électorat deviendrait sur-vireur.
Ce texte est très réaliste et très navrant. Il confirme le déplacement des lieux de débats et de décisions vers d’autres lieux que les partis politiques. Les blogues sont certainement des éléments intéressants pour l’échange et le débat. Mais honnêtement, on a beau débattre pendant 100 ans sur les blogues, si on ne se retrouve jamais pour mettre les idées en actions, ça mène à rien.
Il n’y a plus aucun débat dans le milieu politique traditionnel et à chaque fois que l’ADQ ou QS amène des propositions, les vieux partis ne peuvent s’empêcher de se foutre de leur gueule. On attaque les messagers et pas le message. On peut donner une belle étoile aux médias. La couverture qu’ils font de la politique basé exclusivement sur le contenant et aucunnement sur le contenu y est pour quelque chose. On nous parle du moral des troupes, des chicanes, etc. Les seuls moments il y a du contenu, c’est quand on voit l’opposition chialer ou le gouvernement dire que l’opposition n’a rien à apporté au débat. Lorsque je regarde TV5, j’ai l’impression que les reportages de 5 minutes sur la politique sont de réels documentaires en comparaison des insipides nouvelles politiques québécoises.
Les débats sont maintenant porté par les spécialistes de l’opinion comme Martineau, Dutrizac, Lagacé et Facal. Ils sont également dans les universités ou 80 % des gens n’ont pas accès aux informations. On est donc dans une culture de chialage sans solutions puisque personne ne peut et ne veut les appliquer. Pour le moment, le pouvoir quitte de plus en plus les partis politiques pour se diriger vers les entreprises, les groupes de pressions et les médias.
Pour ce qui est des partis politiques, le problème du renouvellement du membership vient du fait que les jeunes n’ont pas la culture d’adhésions aux partis. Ils croient en certains idéaux mais ne voit pas la politique comme un moyen d’y parvenir. Je connais plusieurs grands souverainistes qui n’ont même jamais envisagé de prendre une carte du PQ. Une fois adhéré, les jeunes désenchantent vite puisqu’ils constatent que les partis politiques sont des clubs sociaux ou les carriéristes sont partout. Souvent, les efforts sont mis dans des courses pour des exécutifs mais personne ne fait plus rien la course terminé. C’est une dynamique de poste ou les carriéristes rivalisent pour préparer des bons CV en attendant leur élection comme député. En voyant tout cela, un jeune désireux de pousser pour des idées peut être très déçu.
Quand même étonnant de voir que jamais le niveau d`instruction n`a été si élevé au Québec et pourtant jamais le vide politique n`a été aussi grand.
La qualité des chefs politiques me semble faible et celle des journalistes aussi. Une société qui a arrachée ses repères, détruit les recettes qui fonctionnaient depuis des siècles pour dériver sans boussole vers un avenir incertain. Un retour aux classiques peut-être?
Erreur de rejeter la morale chrétienne qui est le fondation de notre maison commune.(Le cours éthique et culture religieuse – une autre dérive!- une de plus!)
Erreur de croire que la famille et un nombre raisonnable d`enfants ne sont pas nécessaire pour assurer un futur a ce pays.
Erreur de croire qu`une immigration massive extra-européenne assurera le futur de ce pays sans le transformer a jamais. Les cultures sont différentes.
Erreur le mutliculturalisme destructeur qui sape le tissus social de la nation.
Quand je regarde l`Histoire occidentale je vois que les peuples qui ont abandonné leur boussole spirituelle – les évangiles – pour s`en éloigner ont souvent connus de dangereuses et catastrophiques dérives morales et politiques- le communisme athée et 70 ans d`enfer pour les peuples de religion orthodoxe – le nazisme pour les Allemands, les phases radicales de la révolution francaise avec son culte de l`être suprême.
L`Occident est dans une phase de dérive idéologique – le nouveau dieu – est le multiculturalisme, l`activisme anti-raciste, le dieu économie, la rectitude politique dans toutes les institutions a commencé par les médias, l`activisme juridique quand des avocats et des juges dirigent au lieu des politiciens et du peuple. La peur de l`islamisme qui fait trembler les genoux les politiciens et les médias.
Le refus de parler ou de réformer les procédures d`immigrations et de statut de réfugiés (faux réfugiés et cinquième colonne- comme les islamistes qui quittent des pays autoritaires musulmans pour se mettre a couvert en Occident en se disant victime d`oppression politique)
Une démocratie molle et faible.
Cette déclaration du Général de Gaulle, faite en mars 1959, rapportée par Alain Peyrefitte illustre bien vers quoi les politiciens actuels nous font dériver:
« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France.
Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français.
Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français.
Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »
C`est exactement ce qui se passe en France – Hollande – Grande-Bretagne – Danemark – Suède – Espagne – Italie et c`est ce qui se passera au Canada et au Québec si les politiques ne change pas.
En effet les colibris (la bien-pensance) sont partout dans nos Universités, dans nos écoles (professeurs souvent), ils sont journalistes, ils sont avocats, ils sont activistes, lobbyistes, politiciens.
De Gaulle avait une culture historique et religieuse et de plus il a payé de son sang et de son courage personnel les erreurs catastrophiques de la France de son époque. Il ne faisait que montrer l`évidence même si elle déplait.
@GI:
Non, non, QS et le NPD ne sont aucunement des groupuscules, cependant il existe des groupuscules dans ces partis qui prennent beaucoup de place (surtout dans les médias) lorsqu’il ne sont même pas capables de remplir un autobus. Le SPQ-Libre est un exemple connu, mais il existe aussi le caucus »Socialiste » dans le NPD ainsi qu’un autre groupe plus Trotskiste nommé l’Action Socialiste aussi au NPD.
Québec Solidaire a aussi de ces groupes comme avec les membres anciennement associés au Parti Communiste du Québec ainsi que des groupes nommés Gauche Socialiste, Masse Critique ainsi que Socialiste International.
Soit dit, je doute que QS peut vraiment percer à court terme en dehors de quelques circonscriptions, particulièrement dans l’Est de Montréal.
@francois aubin:
Un parti politique est davantage une machine très centralisée qui est contrôlée par 15 à 20 personnes tout au plus pour quasiment n’importe quel parti qui a une représentation au parlement. De plus, si on regarde dans un manuel de Sciences Po sur le schéma d’organisation des partis, on voit que c’est tout la même chose en terme d’organisation sauf avec des termes différents d’un parti à l’autre.
En fait, avez-vous remarqué que les candidats dans quasiment tous les partis politiques sont de plus en plus des ex-attachés politiques ou des politiciens de carrière. De plus, le nombre de parachutages est en forte hausse et cela dans tous les partis politiques majeurs.
Bonjour M. Facal.
En politique, l’attrait prît le dessus sur la conviction et c’est à mon avis une grande caractéristique de notre jeunesse.
La ludicité contre la lucidité.
Voici une petite histoire que j’ai reçu d’un ami l’autre jour. Je ne connais pas l’auteur, mais je lui tire ma révérence.
Je crois que cette fable explique bien notre dilemme.
VERSION CLASSIQUE
La fourmi travaille dur tout l’été … dans la canicule;
elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l’été. Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri et meurt de froid.
VERSION MODERNE QUÉBÉCOISE
La fourmi travaille dur tout l’été … dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l’été. Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres moins chanceux comme elles ont froid et faim.
La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
Les Québécois sont frappés que dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.
Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi. Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie sa juste part’.
En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) ..d’anti-discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts. La fourmi quitte le Québec pour s’installer avec succès en Alberta.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin. L’ancienne maison de la fourmi devenue logement social pour la cigale se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir. Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.
Une commission enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 Millions. La cigale meurt d’une overdose; les médias commentent sur l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang coquerelles immigrées, le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle du Québec. Les coquerelles organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté….
C’est comme ça que ça se passe dans notre beau Québec !
à ymdelisle,
votre histoire, version Québec, pourrait avoir aussi une version Ontario, Alberta, etc…Et pour l’Alberta, ce serait l’histoire d’une fourmi qui fait l’exploitation du pétrole et qui, ainsi, fait beaucoup de pollution, ce qui empêche la cigale d’avoir un environnement harmonieux pour pouvoir chanter. Celle-ci, n’en pouvant plus d’étouffer, de croupir dans la pollution, se verra attirée par le Québec où le respect de l’environnement est beaucoup plus acceptable.
Comme quoi, rien n’est parfait où que l’on soit. Pour ce qui est de vos « coquerelles immigrées », ce n’est pas très gentil pour les ethnies. Seriez-vous raciste?
Les histoires de sagesse populaire comme celles de la cigale et de la fourmi sont contées á toute les sauces pour prouver tout et le contraire de tout.
Je voudrais juste citer chiffres qui remettent le tout dans le bon contexte: Le cout du bien-être est de l’ordre de 3 milliards de dollars par année, la gestion catastrophique de la Caisse de Dépôts par Henri-Paul Rousseau a flambé 40 milliards de dollars et le PIB du Québec approche le 200 milliards de dollars. Entre parenthèses, il est improbable qu’il serait possible de couper dans le budget du bien-être, sans empirer les problèmes sociaux (augmentation de l’itinerance, prostitution, hôpitaux encore plus débordes, petite délinquance, etc.)
En revenant au sujet du billet, je crois qu’il y a un autre facteur bien important qui augmente la méfiance des gens vis-á-vis des partis: Les candidatures parachutées. Deux exemples récents sont Scott Mckay au PQ et Thomas Mulcair au NPD, mais dans un certain sens Jean Charest aussi a été parachute chez le PLQ. Les parachutés sont souvent élus, car il ratissent souvent un électorat plus large que celui du parti, mais engendrent une frustration importante auprès des militants du parti á qui on n’a pas demandé leur opinion et qui savent pertinemment que ces candidats sont des profiteurs hypocrites qui souvent ne partagent pas ni leurs idées ni leurs idéaux. De plus, une fois élus, ils ont beaucoup plus d’influence dans les décisions que d’autres qui ont commencé par coller des affiches et faire du porte á porte. Raison de plus pour devenir désabuses.
ReneP. Je n’ai pas écrit cette fable, mais je crois qu’elle décrit bien notre société. Je n’ai pas aimé la petite référence à la fin, mais je ne voulais pas la censurer. Je suis très, mais très loin d’être raciste. Car voyez-vous, je ne suis pas nationaliste. Pour revenir au doux ronron, la paix est-elle une mauvaise chose? Si le Gouvernement propose des changements il se fait crucifier. Si il maintient le statut-quo, il se fait crucifier. Comme disent les anglais, damned if you do and damned if you don’t. Le PQ, par compte, se déguise en sociale-démocrate et achète des votes pour la cause. Ils nous mettent dans le pétrin. Mais c’est ok, car c’est pour une cause noble. Bienvenue à la « gouvernance-souverainiste ». C’est quoi la prochaine…..le fédéralisme-souverainiste?
Je suis certain que 30-40% des députés d’avant-banc sont parachutés et cela dans tous les partis politiques majeurs. Un autre exemple en Pauline Marois qui s’est présentée dans La Peltrie, Anjou, Taillon et Charlevoix au cours des années. Tout comme Louise Beaudoin qui s’est presentée dans Rosemont bien qu’a été députée de Chambly et Louis-Hébert.
L’idée de Scott McKay est fort problablement le chose qui me fait constater que le pouvoir passe avant tout.
OK, j’aurais dû être plus clair: J’aurais dû parler de candidatures parachutées de TRANSFUGES d’autres partis.
Pour me paraphraser moi-même, c’est là que l’on pense au dicton de sagesse populaire: « Celui qui trahit une fois, trahit toujours »
Bonjour M. Facal,
……. « Je suis très, mais très loin d’être raciste. Car voyez-vous, je ne suis pas nationaliste.» YD
Excellent crochet! Mais qui en est surpris?
***
Voici le texte que j’aurais voulu partager plus tôt avec vos blogeurs ; mais j’étais en repos…
Excusez-moi, si je digresse « un temps soit peu », en élargissant le champ du « Ronron », vers d’autres cieux.
Depuis plus de trois ans, l’Ontario — qui a perdu beaucoup de plumes, en même temps que la montée foudroyante des prix des matières premières — est en perte de vitesse face à l’Alberta — la nouvelle cocluche canadienne, qui étant momentanément au ralentie, va continuer à demander l’aide d’Ottawa, cette fois pour ses GES, si elle n’en recevait pas déjà.
Cette période coïncide aussi avec la rationalisation dans le domaine automobile ; la vache sacrée de l’Ontario/Canada!
Voici ce petit texte :
http://www.ledevoir.com/2009/05/30/252781.html?
fe=6946&fp=67211&fr=151177
Bonne semaine.
N.B. Merci pour ce correcteur…
J’ai été voir sur Google que SPQ n’était pas pour Syndicat des pompiers et pompières du Québec mais pour « Par Marc Laviolette et Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire de Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre » (SPQ Libre).
Avec les moyens de communication dont nous disposons maintenant, sans compter les moyens de synthèse d’intelligence, de coeur et de bras que nous pourrions élaborer, est-ce que les partis politiques sont toujours la solution pour l’élection d’un bon premier ministre.
À Québec, Mme Boucher s’est fait élire haut la main sans parti. Elle avait perdu l’élection précédente alors qu’elle s’était présentée chef d’un parti. Bon, c’était la mairie, pas la première-ministrie, tout de même.
Régis Labeaume après avoir échoué à devenir chef de parti a fait pareil suite au décès de Mme Boucher en s’adjoignant deux candidats indépendants de l’exécutif et le mari de cette dernière. Depuis deux ans, il faisait des apparitions à la radio de conversation. La vague qui a fait déborder le vase de son bord est les gens qui se sont exprimés dans les lignes ouvertes sur deux radios locales.
Depuis, le parti qu’il a vaincu se décompose et les autres ont démissionné. À l’automne, il se présentera avec une équipe d’indépendants. Ce n’est pas un parti au sens traditionnel, juste pour s’accommoder à la loi sur le financement des élections. Il se fera couronner, genre. Ça sent l’oligarchie. Ça va avec la montée de l’individualisme. 85 % de la population de Québec est satisfaite. Les Montréalais nous envient.
« Dans la tradition parlementaire, le parti qui fait élire une majorité de députés détient le pouvoir exécutif. Le chef du parti majoritaire devient le chef du gouvernement, le premier ministre. » Mercier et Duhamel, La démocratie, ses fondements, son histoire et ses pratiques. S’il n’y a pas de majorité, le lieutenant-gouverneur désigne un gagnant je pense. Mercier et Duhamel ne le disent pas.
Si Régis Labeaume voulait devenir premier ministre du Québec, à sa place, je me ferais élire député indépendant dans Vanier. C’est gagné d’avance. Désolé Patrick et Sylvain. L’ADQ va reprendre des forces avec Mario Dumont à TQS et Joanne Marcotte où elle trouvera. Notre prochain gouvernement sera à nouveau minoritaire. Il ne durera pas. Régis s’arrangerait pour convaincre le lieutenant gouverneur de lui donner la chance de former un gouvernement avec la crème de ses collègues, qu’il aura écrémé en les consultant sur leurs préférences, sans égard aux partis.
Ma fiche de points comme prophète n’est pas particulièrement reluisante, ne craignez rien.