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Le cercle carré

Croyez-moi, nous ne sommes pas à la veille d’en avoir fini avec la religion au Québec.

Plusieurs écoles privées juives orthodoxes vivent depuis longtemps dans l’illégalité. Par exemple, elles ne donnent pas le nombre minimal d’heures d’enseignement des matières de base exigé par la loi, parce que beaucoup d’heures sont consacrées à l’étude des textes sacrés du judaïsme. Le gouvernement, qui les subventionne, cherche une solution, paraît-il.

Un nouveau problème vient d’apparaître. Depuis septembre 2008, TOUTES les écoles au Québec doivent obligatoirement enseigner le nouveau cours Éthique et Culture religieuse (ECR) qui remplace l’ancien enseignement confessionnel. Ces écoles juives demandent aujourd’hui d’être exemptées de cette obligation, ou de pouvoir adapter le contenu du cours à leur convenance.

Le problème est que les parents catholiques qui ont demandé la même chose se sont heurtés à des refus nets des autorités. Ils sont présentement devant les tribunaux.                                                              

Il est parfaitement illusoire de penser que les Juifs hassidiques cèderont là-dessus. Cela peut sembler étrange, voire incompréhensible pour vous et moi, mais ces gens vivent dans un monde parallèle entièrement régi par leur religion jusque dans les moindres détails.

Ils refusent de s’intégrer au reste de la société, non par malveillance, mais par conviction que se mêler à nous les empêcherait de mener une vie en totale conformité avec leurs préceptes religieux. Le cours ECR est donc, de leur point de vue, une intolérable atteinte à leur liberté de conscience.

Admettons un instant qu’on leur consent une sorte de régime d’exception au nom de l’inviolabilité de leur liberté de conscience. Est-ce à dire que la liberté de conscience des catholiques orthodoxes est moins inviolable ?  Ce serait parfaitement indéfendable.                                                                 

Imaginons maintenant que le gouvernement s’adresse aux tribunaux. Les hassidim invoqueront sans doute l’article 3 de la Charte des droits et libertés qui affirme le caractère inaliénable de la liberté religieuse. Il n’est pas dit qu’ils ne gagneraient pas.

S’ils gagnent, cette victoire sera aussi celle de toutes les autres religions. S’ils perdent, ils ne se soumettront pas davantage : les lois divines l’emportent, pour eux, sur les lois humaines. Ils feront alors semblant de se conformer, ou choisiront de s’enfoncer davantage dans l’illégalité, voire la clandestinité.                                                                 

Suspendons leur financement, me direz-vous. Le problème est que le cours ECR est obligatoire même si une école n’est pas subventionnée par les fonds publics.

Théoriquement, le gouvernement pourrait décider que, désormais, une école non subventionnée n’est plus tenue de suivre le régime pédagogique prévu par la loi actuelle. À coup sûr, d’autres sectes religieuses choisiraient alors cette voie, et c’est toute la laïcisation du système scolaire qui serait compromise. Bref, c’est la quadrature du cercle.

Le nœud du problème vient de ce que les zélotes de la laïcité, qui sont tout aussi religieux à leur manière, ont rendu obligatoire et sans possibilité d’exemption ce cours, mais sans s’assurer auparavant que l’État aurait les moyens de faire appliquer sa propre loi.

C’est tout à l’honneur de la ministre de l’Éducation d’avoir dit clairement qu’elle ne permettrait pas deux poids, deux mesures. Mais elle en viendra peut-être à regretter d’avoir été si transparente. Une affaire à suivre de près.

27 réponses à “Le cercle carré”

  1. le 17 juin 2009 à 7:56 Garamond

    Vous dites : Suspendons leur financement, me direz-vous. Le problème est que le cours ECR est obligatoire même si une école n’est pas subventionnée par les fonds publics.
    Au moins, on ne financera pas ces écoles qui ne veulent pas respecter nos lois !
    Pourquoi pas deux sortes d’écoles : les écoles laiques subventionnées et les écoles religieuses non subventionnées?
    On a bien la médecine publique et la médecine privée…

  2. le 17 juin 2009 à 9:44 Lucie

    ENFIN

  3. le 17 juin 2009 à 9:47 Lucie

    Enfin… il semblerait que l’heure de vérité ait sonné….

  4. le 17 juin 2009 à 11:59 Gilles Laplante

    On voit les conséquences que provoque un gouvernement qui enlève la liberté de choix à ses citoyens. Encore une fois on voit que les gouvernements ne sont pas partis de la solution mais du problème.

  5. le 17 juin 2009 à 13:00 Gilles

    Elle dit qu’elle «ne permettrait pas deux poids, deux mesures» Et vous dites qu’il est «parfaitement illusoire de penser que les Juifs hassidiques cèderont là-dessus»

    Hé ben dites-donc ça va faire une belle bataille!

    Mais comme on connait les libéraux, ert que l’on sait c’est notoire que leur bas de laine est plein de fric provenant de ces communautés, je gage ma plus belle chemise que le résultat sera un accomodement mou. Comme d’habitude.

    La solution est claire, c’est d’abolir ce système de merde d’écoles privées et de soumettre l’éducation des enfants au régime public d’éducation. C’est ça la solution. Mais pas plus madame Courchesne qu’un ou une autre ministre de l’Éducation Nationale, furent-ils péquistes, ne franchiront jamais le Rubicon du sens commun…

  6. le 17 juin 2009 à 14:33 GI

    Combien d’histoires!

    La solution est évidente: Plus aucune subvention aux écoles privées et pas d’admission aux universités québécoises pour ceux qui n’ont pas suivi un curriculum scolaire approuvé.

    Mais malheureusement, je suis d’accord aucun parti ne
    sera prêt à renoncer pour toujours au vote des juifs hassidim et d’autres communautés religieuses, plus ou moins fermées, pour le principe, même pas QS! Ce que cela prendrait ce serait la création d’un lobby athée qui pourrait effectuer une pression dans l’autre sens, à l’instar des groupes pro-choix….Qui veut en fonder un? Je m’inscris tout de suite!

  7. le 17 juin 2009 à 14:52 Raman

    (…) « les zélotes de la laïcité, qui sont tout aussi religieux à leur manière » (…)

    En effet :
    -Religieusement attachés à la nécessaire composante laïque de la démocratie moderne, et
    -Religieusement attachés au principe de réalité qui nous informe que les religions sont plurielles, sans qu’aucune ne puisse prétendre à la vérité, et
    -Religieusement convaincus qu’aucun enfant ne devrait être élevé dans l’ignorance de ce fait.

    En cette ère où, à l’intérieur des sociétés occidentales, les communautaristes les plus « pieux » entretiennent des discours sectaires obscènes, dans ce monde où les djihadistes, sionistes, chrétiens fondamentalistes, sikhs et autres ne rêvent que d’en découdre, je n’ai aucun problème à ce que l’état « brime » les choix religieux des parents avec le cours d’ECR.

    Mon seul problème : ce cours ne va pas assez loin, car il n’enseigne pas tout le tord que la ferveur religieuse cause dans les faits.

  8. le 17 juin 2009 à 16:16 ClaudeB

    Evidemment Gilles…

    C’est sur qu’éliminer les « maudites » écoles privées et les remplacer par des écoles publiques, full syndiquées, ça va régler TOUS les problèmes du système d’éducation.

    Bravo… Raisonnement sans failles…

  9. le 17 juin 2009 à 16:54 ClaudeG

    Et si la solution n’était pas de laisser le choix aux parents, finalement? Après tout, c’était ça l’état de la situation, jusqu’à… septembre 2008. C’est pas si loin! Et pas besoin de ramener l’enseignement religieux pour autant; il suffirait d’offrir aux dissidents un petit cours d’économie familiale, ou d’anglais optionnel, ou une période d’étude. C’est quand même pas compliqué. S’obstiner là-dessus, c’est juste courir à l’échec selon moi. Tôt ou tard, on en arrivera à devoir gérer la liberté de choix rétablie par les tribunaux ou par un gouvernement excédé de tous ces tiraillements, alors que la liberté qui existait auparavant ne causait pas de difficultés, car même les athées y trouvaient leur compte. Parfois, le mieux est l’ennemi du bien…

    Ou sinon, la solution est d’abolir carrément le cours ECR sous sa forme actuelle.

  10. le 17 juin 2009 à 17:06 A. Champagne

    Je ne comprends pas pourquoi un état laïc tient à donner des cours de culture religieuse. On a déconfessionnalisé le système d’éducation et on fait rentrer les religions avec un cours obligatoire. Que nos gouvernements laissent aux différentes religions le soin de l’instruction de leurs membres et de leurs enfants. Que l’école donne un cours d’éthique, à la rigueur, oui. Un cours de civisme,peut-être. Mais pas de cours sur les religions. L’école laïque ne parle pas de religion. Le cours contesté est obligatoire. Mais il est sans vérification ou examen. Je ne comprends pas. On doit suivre le cours mais on ne vérifie pas les connaissances. Absurde. On a mentionné que Mme Françoise David avait sa photo dans ce cours. Je présume que Mme David a droit d’être connue et « enseignée » si j’ose dire, pour sa contribution au mouvement féministe au Québec. Très bien. Mais que vient-elle faire dans un cours sur les religions ? Dans un cours d’histoire, oui. Supprimons ce cours sur les religions, laissons aux parents et aux groupes religieux le soin de l’instruction religieuse de leurs membres et nous aurons la paix à ce sujet.

  11. le 17 juin 2009 à 17:22 ClaudeG

    Savez-vous M. Champagne, je suis catholique pratiquant, conservateur et… je suis d’accord avec vous. Le problème dans mon « camp », c’est les évêques. Plusieurs concepteurs du cours ECR sont des vieux curés défroqués qui ont des contacts ou occupé des postes dans la bureaucratie du ministère de l’Éducation et les facultés de théologie recyclées en « sciences religieuses », dont le cours ECR est la bouée de sauvetage. Et ces gens-là sont bien branchés (côté générationnel) sur les dirigeants de l’épiscopat. Vous voyez qu’on peut être chrétien convaincu sans abdiquer sa lucidité et son esprit critique.

  12. le 17 juin 2009 à 17:42 A. Champagne

    Monsieur Claude G.,je suis moi aussi catholique très croyant. Ce n’est pas comme cathophobe ou anti religion ou militant athée que je m’oppose à ce cours. Je dis qu’il n’a pas sa place dans nos écoles non confessionnelles.

  13. le 17 juin 2009 à 20:08 RenéP.

    Considérant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les cours de religion, quels qu’ils soient, n’ont pas lieu d’être dans nos écoles. Aucune école religieuse ne devrait être subventionnée par les deniers du peuple: tous les citoyens sont liés à l’Etat mais ils ne sont pas tous liés par une religion. L’enseignement religieux doit être à la charge entière des communautés religieuses. Seules les écoles privées non religieuses et sous le contrôle de l’Etat devraient recevoir des subventions de l’Etat dans la mesure où elles offrent un service que l’Etat ne peut offrir et qu’il n’en coûte par plus cher per capita à l’Etat. Quant aux communautés religieuses qui voudraient invoquer leur liberté de conscience, celle-ci ne doit pas s’exprimer à l’encontre des valeurs reconnues par l’ensemble des citoyens. Si cela ne leur convient pas, pourquoi ne vont-ils pas vivre dans un pays ou la loi de Dieu, Yaweh ou Allah prime sur les droits de l’Etat civil? Etre accomodant ne signifie pas qu’il faille accepter les lubies de chacun.

  14. le 17 juin 2009 à 21:28 Gilles

    @Claude B : Les écoles privées ne devaient durer que le temps de la transition après le rapport Parent sur l’Éducation. C’était une position logique avec la volonté exprimée de donner un accès à tous à l’Éducation.

    C’est par laxisme que le système a perduré. Et c’est par laxisme encore qu’on les laisse se multiplier. Ça n’a rien à voir avec la syndicalisation, Ça a à voir avec le sens commun.Et ça donne les aberrations avec lesquelles on est pris aujourd’hui en glissant de compromis en compromis jusqu’à la compromission. Foutez nous la paix avec vos idées libertairesé

  15. le 17 juin 2009 à 23:18 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    Comme le souligne si bien Lucie, l’heure de vérité a sonné! Mais je n’aurai pas sa concision!

    Pauvre Mme Courchesne, elle s’est mise les deux pieds dans le marais…

    Après le MUR, sur lequel je viens de faire un commentaire ; voilà le « Cercle Carré », sans oublier le système à deux vitesses qui grandit très dangereusement, autant en Santé qu’en Éducations.

    ***

    ClaudeB

    ………. « Evidemment Gilles…

    C’est sûr qu’éliminer les “maudites” écoles privées et les remplacer par des écoles publiques, full syndiquées, ça va régler TOUS les problèmes du système d’éducation.

    Bravo… Raisonnement sans failles… »

    Tu es chanceux Gilles de ne pas t’être fait traiter de « looser »!

    Si un Ontarien avait écrit la même chose que Gilles, sur l’école — en soulignant que chez eux, en plus d’être synndiquées, on ne subventionne pas l’école privée — je vous parie que Claude l’aurait accueilli avec gentillesse!

    *

    Plus le temps passe(années), plus l’école publique devient vraiment en danger! Est-il trop tard?

    La réalité c’est qu’elle est délestée de plus en plus de la crême de ses élèves ; et l’école publique est devenue un milieu pour les élèves moyens et faibles ; et surtout, la seule avenue pour les élèves en difficulté d’apprentissages et de comportements(puisque refusés au privé).

    Il n’y a vraiment pas d’autres solutions que de faire comme l’Ontario : tout mettre ses oeufs dans le même panier, et donner au public les mêmes avantages qu’on retrouve dans le privé québécois.

    Donc, une heure additionnelle d’école par jour, pour instaurer et viser des valeurs comme « le travail » et « l’excellence »!

    Donc « un 4h00 à 5h00″ pour travaux académiques (et parmi : travaux non-remis) ; études ; lectures et acivités culturelles ou sportives : libre ou en compétition au niveau local et inter-école pour l’élite!

    Il faut que l’école publique soit vivante et performante ; et cela passe par des investissements additionels indispensables.

    C’est la seule façon d’augmenter la qualité de nos écoles publiques — tout en enthousiasmant les enseignant(e)s et d’inverser la descente aux enfers de l’école publique.

    « Si c’est bon pour l’Ontario pourquoi ne le serait-ce pas pour le Québec? »

    Conclusion :

    Il y a déjà un système à deux vitesses qui grandit très dangereusement autant en Santé qu’en Éducation.

    Comme le souligne si bien Lucie, l’heure de vérité a sonné!

    Le PLQ a eu 6 ans pour bouger («je suis prêt!»).

    Il ne reste qu’à espérer que le PQ aura le courage de le proposer. Pas sûr! Pas sûr du tout! Une autre vache sacrée?

    Si le PLQ le proposait, je suis certain que la majorité des québécois seraient d’accord avec eux!

    Ça va prendre beaucoup de courage politique…

    Jean-Renaud Dubois
    Sainte Adèle

  16. le 18 juin 2009 à 18:46 ClaudeB

    Voyon Gilles… On discute et on échange.

    On est pas obligés d’être d’accord.

    Je ne vous traite pas d’imbécile, faites en autant.

    Mon point, pour avoir été en contact avec le système d’éducation presque toute ma vie (mêre secrétaire de direction d’une dès plus grande comission scolaire de Québec et une conjointe, elle aussi dans le système d’éducation), je vous confirme qu’investir massivement dans le système d’éducation public ne changera absolument rien. Pas plus qu’éliminer le privé.

    Et pour remettre les pendules à l’heures, le privé prend tout le monde, pas seulement les meilleurs, comme certains d’entre vous le prétendent faussement.

    Dans le public, les jeunes professeurs dynamiques se font rapidement remettre à leur place pour ne pas que les autres, disons, moins dynamiques ne paraissent mal. On en est même rendu à tricher les résultats scolaires pour que ça paraisse mieux.

    Pourquoi le gouvernement et les directions des comissions scolaires sont ils toujours contre l’évaluation des écoles? Pourquoi les professeurs n’ont ils pas d’ordre professionnel et refusent obstinément de s’en doter? De quoi ont ils peur?

    Si un prof est incompétent, pourquoi ne peut-on pas le congédier?

    C’est ça le système public. Investissez plus, et ça ne servira qu’a augmenter les salaires, sans augmenter les services.

    PS, le système de santé Québécois consomme à lui seul, 40% des 65 milliards de revenus du gouvernement et on parle constamment d’investir encore plus.

    Avez vous vu des améliorations récemment?

  17. le 18 juin 2009 à 22:28 AlainQc

    Au début des années 60, le but du rapport Parent était de trouver une façon de rendre l’enseignement accessible à tous au Québec. On sortait d’une période pendant laquelle l’éducation était aux mains des communautés religieuses, qui forcément à l’époque, imbibaient intensément l’instruction d’une connotation religieuse catholique qui a réglementé la vie et les consciences de tout un peuple.
    Aujourd’hui, l’autre extrême est tout aussi néfaste. Je ne dis pas qu’il faille remettre l’enseignement religieux obligatoire et rigide d’avant, je dis simplement qu’un bon cours de civisme et de savoir-vivre remplacerait avantageusement le nouveau cours sur l’ECR qui ne fera que mêler les jeunes au lieu de leur apprendre à utiliser leur jugement.
    Donc, si le but du gouvernement des années 60 était de rendre l’école accessible à tous, pourquoi a-t-on toléré et subventionné les écoles privées ? Pourquoi n’a-t-on pas tout fait pour rendre le secteur public performant ? Parce qu’au Québec, les groupes de pression (religieux ou autres) ont toujours été assez puissants pour faire plier les gouvernements qui voulaient se faire réélire. On appelle ça de la gestion à la petite semaine, pas de vision globale, pas de plan cohérent pour le long terme. Et le gouvernement d’aujourd’hui est le pire de tous. Aucune décision intelligente et cohérente. Seule la perspective d’une réélection les motive. Donc, sur tous les sujets, on laisse faire, on créé un comité d’étude quand la situation devient trop bouillante et on attend que le temps fasse oublier (comme les accomodements raisonnables). Facile de gouverner quand on ne prend jamais de décisions controversées. Et après, on se demande pourquoi la société québécoise stagne…

  18. le 19 juin 2009 à 10:10 ClaudeB

    @AlainQc,

    Bon texte…

    La bonne question est: Qui dirige vraiment le Québec?

    Trouver la vrai réponse à cette question devrait être notre priorité collective.

    De toute évidence ce ne sont pas nos élus qui dirigent. Alors qui?

    Groupes de pression? Syndicats?

    Trouver à qui le crime profite est souvent la meilleure façon de trouver le coupable.

    Nous sommes, dans le monde, ceux qui ont le moins de jours de classe par année avec nos 180 jours obligatoires. la grande majorité des autres pays en ont plus de 200. Le nombre réel de jours de classe, excluant les périodes d’examens et les journées pédagogiques tourne autour de 165. Pas étonnant que ça ne tourne pas rond.

    Exigez de notre gouvernement qu’il augmente ce nombre et vous verrez les syndicats s’élever contre ou exiger encore plus d’argent.

    On tourne en rond depuis tellement longtemps que dans quelques années notre langue ressemblera probablement plus au créole qu’au français.

    Pour preuve de ce que j’avance, regardez ceux qui sont les plus militants concernant la protection de la culture francophone Québécoise et analysez leur maîtrise de leur langue. La majorité d’entre eux ne peuvent la parler ni l’écrire correctement.

    Et je le répète, ce n’est pas l’élimination de l’école privé qui règlera le problème. Bien au contraire, au moins ceux qui en sortent savent écrire correctement en français…

    J’ai été, à l’époque, dans un collège tenu par les religieuses et, hormis la discipline militaire brutale des « bonnes soeurs », l’éducation était sans failles.

    Comprenez moi bien, la religion n’a rien à faire à l’école. Elle devrait être remplacée par plus de discipline et plus de rigeur.

  19. le 19 juin 2009 à 11:30 ymdelisle

    L’état ne doit pas être religieux. L’état ne doit pas enseigner UNE religion. C’est aux parents et à leurs églises à le faire. Par contre, je n’ai pas de problème avec l’enseignement d’un cours sur les différentes religions à travers le monde. Ce cours pourrait être associé à un cours de civisme. Bien comprendre les autres est positif. Apprendre ce qu’est l’Islam ne veux pas dire apprendre à devenir Musulman. Ceci dit, si un group persiste a vouloir un enseignement religieux, c’est leur droit. La liberté de religion est sacrée. Mais, ce n’est pas la responsabilité de l’état d’enseigner une religion ni de subventioner l’enseignement d’une religion. Il y a une différence entre un droit et un privilège.

  20. le 20 juin 2009 à 12:16 normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Votre texte concis et complet explique parfaitement la problématique et met en évidence l’aspect inacceptable de la façon dont les autorités la gèrent.

    Heureusement, très souvent, la solution provient d’ailleurs. Pensons par exemple au problème du crottin de cheval dans les rues des villes jusqu’au début des années ‘50. Les autorités confrontées au problème ont fait de leur mieux dans les circonstances, puis le problème a été éliminé par un élément venu d’ailleurs.

    Dans le cas dont vous parlez, ce sera la loi sur la laïcité. La religion sortira des écoles comme ce fut le cas pour l’enseignement ménager !!!

  21. le 21 juin 2009 à 10:57 Jean-François Labonté

    Facal a dit : « Le nœud du problème vient de ce que les zélotes de la laïcité, qui sont tout aussi religieux à leur manière, ont rendu obligatoire et sans possibilité d’exemption ce cours…»

    Il y a ici une confusion et une information erronée.

    (1) Confusion : Adhérer et faire la promotion de la laïcité ne relève pas d’une position religieuse. On y adhère pour de bonnes raisons et non par un acte de foi. Parler d’une laïcité religieuse est un oxymoron qui s’apparente à un procédé rhétorique douteux visant à dénigrer une position politique particulière que l’on refuse d’affronter de front.

    (2) Information erronée : Ce ne sont pas les zélotes de la laïcité qui ont pondu le programme d’ECR, mais deux sous-organismes noyautés par des lobby religieux dans l’appareil de l’État! : le SAR (Secrétariat aux affaires religieuses) et le CAR (Comité aux affaires religieuses). La direction de ces organismes est assumée par des individus provenant des facultés de théologie de diverses universités québécoises. Par exemple, Christine Cadrin-Pelletier ancienne sous-ministre à la foi catholique de 1995 à 2000 occupait le poste de secrétaire aux affaires religieuse (SAR). Aussi, la formation des maîtres pour le cours ECR ne relève pas des départements de philosophie et d’histoire mais de théologie. Or, on connaît le dédain répandu dans les facultés de théologie pour le principe de la laïcité…

  22. le 21 juin 2009 à 12:52 MV

    Il existe trois solutions selon moi à ce problème:

    -Enlever toute religion dans les écoles publiques et mettre un cours de religions du monde qui est purement optionnel au secondaire dans le cadre des cours offerts en sciences sociales.

    -Retour à la méthode des dernières années qui offre le choix entre l’enseignement religieux et la morale.

    -Simplement remplacer le cours d’ECR par un cours de morale.

  23. le 21 juin 2009 à 17:35 GI

    Et pourquoi donc ne pas remplacer le cours d’ECR par…rien?

    C’est prématuré, je veux bien, car passer d’une école confessionnelle à une école entièrement laïque ferait grincer des dents à plein de gens, mais logiquement c’est ça ce qu’il faudrait faire, et c’est probablement à ça que l’on va arriver dans une vingtaine d`années lorsque la société va être prête.

    Cela dit, pourquoi pensez-vous que les groupes religieux veulent absolument endoctriner les enfants et non pas les adultes? Parce que c’est drôlement plus facile de leur faire croire des babards qu’à des adultes!

    Au moins dans le cours d’ECR on raconte l’histoire de toutes les religions et donc on peut espérer que l’on crée le doute dans l`esprit des enfants, mais ce n’est pas certain : Beaucoup d’enfants vont néanmoins rester avec l’impression qu’il existe une divinité unique, mais que chaque religion lui donne des connotations différentes, car les options de l’athéisme, de l’agnosticisme ou même du polythéisme ne sont pas vraiment contemplées.

    Enfin, pour ceux qui déversent leur fiel sur les syndicats, j’ai juste une chose à leur dire : Avec tous leur défauts, c’est grâce à eux que le salaire minimum n’est pas à 5$ de l’heure comme c’est le cas dans plusieurs états américains. Et je me doute que plusieurs qui pestent contre eux seraient drôlement plus pauvres si les syndicats avaient disparu de la carte du Québec. En fait, le vrai problème au Québec n’est pas que trop de gens sont syndiqués, mais plutôt que le secteur privé n’est presque pas syndiqué.

  24. le 22 juin 2009 à 0:08 MV

    Le problème en fait réside du fait qu’il existe qu’il s’agit réellement d’un combat entre Montréal et les régions. Peut-être que cela peut sembler quelque peu étrange mais je m’explique.

    Tout d’abord, il existe l’élément que Montréal est traditionnellement une ville avec plusieurs religions tandis que le reste du Québec a généralement une religion soit la religion catholique (ou parfois quelques églises protestantes dans certaines régions). Or, avec le cours d’ECR le but du gouvernement est d’endoctriner les jeunes à connaître les religions du monde lorsqu’il sont souvent eux-même incapables de connaître bien leur propre religion, s’il y a lieu. Je crois donc que le système d’éducation au Québec devrait plutôt suivre l’exemple de l’Ontario et donner un cours des religions du monde au secondaire (et je parle du cours de 11ème année donné tant au niveau anglophone et francophone) lorsque le jeune est capable de comprendre toute la portée du cours et cela dans une discipline qui est extrêmement complexe et délicate. À part cela, le cours de morale que j’ai mentionné plus haut pourrait être fort bien un cours de civisme.

    En guise de conclusion, je me demande bien si ce cours va véritablement bousiller la tête de nos jeunes et si le MÉQ va s’en laver les mains comme d’habitude dans quelques années en disant qu’il faisait cela pour le meilleur pour nos jeunes comme pour cette réforme qui se fait passer sur le dos de nos jeunes.

  25. le 22 juin 2009 à 0:19 MV

    @GI:

    Comment vouloir considérer le polythéisme comme quelque chose de véritablement concret à un enfant de 8-9 ans qui en connaît bien peu sur le monde. Même les cours universitaires sur les religions antiques, animistes et Indiennes (de l’Inde) m’ont grandement intéressés sauf que c’était bien difficile à comprendre et à cerner même pour quelqu’un qui fait ses études universitaires.

    Pour l’option de l’athéisme, j’ai déjà pris un cours optionnel à ce sujet lors de mes études par pure curiosité et laissez-moi dire que ce concept relève davantage d’une orientation politique prise dans certains pays communistes suite à l’idéologie Marxistes et en particulier de la pensée de Karl Marx face à la religion. Cela était très souvent fait avec une persécution relative des mouvement religieux dans ces pays. Par contre, certains philosophes et penseurs dans divers époques ont véhiculé cette pensée dans une logique de questionnement.

  26. le 22 juin 2009 à 0:45 MV

    Votre analyse du système Québécois vs. Ontarien est intéressante car j’ai moi même été éduqué dans le système Ontarien Catholique. Ce système est surtout basé sur le système Américain sur la prépondérance d’une école publique axée sur la communauté. Par contre, une petite différence est du fait qu’il existe deux systèmes en Ontario dans le cadre anglophone et francophone soit le système publique et catholique. En fait, cet élément du système éducatif Ontarien est en quelque sorte un intouchable. Le financement promis des écoles confessionnelles était aussi l’une des raisons du pourquoi des difficultés des Progressistes Conservateurs lors de l’élection de 2007.

    Pour tout dire, la principale différence entre le système Québécois et Ontarien vient du fait qu’il existe des niveaux de classes et de cours différents face au cheminement des élèves, ce qui donne  »plusieurs » écoles en une.

    Par exemple, la grande majorité des cours (Français, English, Mathématiques, Sciences) vont avoir entre 3-4 niveaux différents par année:

    Enrichi
    Théorique/Pré-Universitaire
    Appliqué/Pré-Collégial
    Rattrapage/Pré-Marché du travail

    Quant à la question des écoles privées au Québec, je crois que tous les principaux partis politiques sont pour le status Quo à ce domaine. Bref, en ayant cette politique qui a ses avantages et inconvénients le Québec se différencie d’une grande partie du monde occidental. En fait, je suis libertarien mais je crois que le public doit s’adapter de son côté car il est en compétition dans le système privé dans le système Québécois. Soit dit, le No Child Left Behind Act aux États-Unis démontre exactement le même concept du fait que les écoles publiques se doivent de performer à un certain barème pour garder leur financement fédéral.

  27. le 22 juin 2009 à 6:29 GI

    MV,

    Marx a été un penseur mineur de l’athéisme. L’athéisme remonte au moins aux Grecs, et déjà à l’époque, cela allait bien plus loin qu’une « logique de questionnement ». Pour en savoir plus, l’article suivant dans Wikipedia est assez complet et bien fait :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l‘ath%C3%A9isme

    En ce qui a trait aux régimes communistes, dont la majorité, sinon tous, se sont inspirés au marxisme-leninisme, soit le marxisme revu et corrigé par Lénine, il est vrai qu’ils ont souvent persécuté les hiérarchies religieuses, mais pas toujours. Par exemple, à Cuba, l’église est largement tolérée depuis longtemps. Cela dit, plein d’autres régimes totalitaires non-communistes du 20e siècle, qui ne s’inspiraient définitivement pas au marxisme-leninisme, ont persécuté les hiérarchies religieuses qu’ils ne contrôlaient pas (exemple : http://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Romero).

    Staline ne craignait pas plus l’église que n’importe quelle autre sorte d’opposition. Il avait même posé ironiquement la question : « Combien de divisions a le pape? ». Après la mort de Staline, les régimes communistes ont commencé à craindre davantage les hiérarchies religieuses, car souvent ils ne contrôlaient pas. Les faits ont d’ailleurs montré que le pape polonais (Jean-Paul II) a eu un rôle majeur dans la chute dans la chute du régime communiste polonais et ultimement dans la chute du Mur de Berlin et même de l’empire soviétique.

    En revenant aux religions autres que monothéistes, je ne peux que sourire lorsque vous affirmez qu’elles seraient plus difficiles à COMPRENDRE, que ce soit pour un gamin de 8-9 an ou pour un adulte. Les rites, les traditions, l’histoire d’une religion peuvent être plus ou moins longs à assimiler et mémoriser, mais peu importe la religion il n’y absolument rien à comprendre! Il s’agit d’un acte de foi, c’est tout!