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Le bulletin

J’imagine que vous attachez de l’importance aux résultats scolaires de votre enfant, non ?

Vous aimeriez donc que son bulletin indique clairement s’il progresse ou non vis-à-vis de lui-même et par rapport aux autres. Vous voulez un bulletin où l’on retrouverait les 56 %, les 71% ou les 88% de jadis, avec la moyenne de la classe à côté et les commentaires du prof en bas.  Idéalement, le même partout, pour pouvoir comparer les écoles entre elles. Un peu ce que vous et moi avons connu.

Bref, c’est simple, non, cette histoire de revenir à un bulletin chiffré et moins obscur ? Détrompez-vous, c’est loin d’être simple.  

Le bulletin est supposé refléter les acquis de l’enfant. Vous et moi avons connu une époque où les acquis étaient des connaissances. Nous allions à l’école pour apprendre qui avait découvert la Nouvelle-France et en quelle année.

Depuis quelques années, l’enseignement au Québec repose plutôt sur l’idée que l’important est que l’école enseigne non plus des connaissances, mais surtout des compétences.

Une compétence, c’est une connaissance dont on sait se servir. Connaître ce qu’est un marteau est bien, savoir clouer est mieux. Au lieu d’apprendre que Jacques Cartier a touché nos rives en 1534, l’enfant doit pouvoir faire un projet de recherche sur les débuts de la Nouvelle-France pour vous en parler à l’heure du souper.

Cela sonne bien, mais ça pose au moins quatre problèmes.  

Le premier est que la compétence ne peut venir qu’après l’étape de la connaissance. Il faut apprendre les faits de base sur Jacques Cartier AVANT de pouvoir avoir une opinion personnelle sur lui. On a trop réduit l’importance de cette première étape incontournable.

Le deuxième problème est que les «compétences» sont plus difficiles à évaluer que les «connaissances». Tu sais ou tu ne sais pas, c’est clair et net. Mais quel est le degré de compétence avec lequel l’enfant manie sa connaissance ? D’où ces étranges bulletins qui disent que votre gars est capable, pas capable ou relativement capable d’«exprimer»  ceci ou cela.

Le troisième problème est que l’apprentissage par compétences, qui n’est pas entièrement mauvais, est devenu, pour certains pédagogues, un subterfuge pour faire disparaître l’échec, la comparaison avec les autres et le redoublement.  Il y a en effet des gens qui pensent que c’est affreusement élitiste et traumatisant d’évaluer et de classer. Si l’enfant poche ses maths de 5e, son estime de soi va en souffrir et il pourrait devenir assisté social, batteur de femme ou joueur compulsif.

Le quatrième problème est qu’en imposant la pédagogie par projets, la tentation est immense pour l’enfant de copier ce qu’il aura pigé sur Wikipédia en tapant «Jacques Cartier». On voit cela même à l’université. Presque involontairement, plusieurs deviennent des experts de la fraude intellectuelle.

Bref, le type de bulletin est indissociable du type d’enseignement. On ne peut séparer les deux. Si vous voulez un bulletin comme ceux de jadis, il faut aussi revenir à un enseignement plus traditionnel qui priorisera les connaissances.

Que l’enfant commence par apprendre qui était Jacques Cartier. Excusez-moi, mais ça n’a pas vraiment d’importance de savoir si, à douze ans, il aurait aimé ou non vivre à cette époque.

35 réponses à “Le bulletin”

  1. le 18 août 2010 à 9:48 Mario Asselin

    «…il aurait aimé ou non vivre à cette époque»

    Je ne vois pas le lien entre cette fin de chronique et l’approche par compétence. Vous avez assez bien «vulgariser» ce qu’est une compétence («Une compétence, c’est une connaissance dont on sait se servir»), pourquoi terminer ce billet par cette allusion puisque pour celui qui aura à évaluer ce genre de compétence – lui aussi – il n’accordera pas d’importance à «savoir si, à douze ans, il aurait aimé ou non vivre à cette époque» ?

    Pour le reste M. Facal, on se rejoint sur l’importance d’un bulletin clair, outil de communication – avant tout – qui fait état des apprentissages des élèves.

    N.B. Ça fait un bon bout de temps que l’approche par compétence au Québec (renouveau pédagogique ou pas) ne veut pas dire «imposition» de la pédagogie par projets. Ceux qui vous feraient croire que «les projets» sont le seul chemin possible vers «apprendre à se servir de ce qu’on sait» sont des fumistes!

  2. le 18 août 2010 à 10:00 Mario Asselin

    « Assez bien «vulgarisé» »… Désolé.

  3. le 18 août 2010 à 11:05 Marc Tremblay

    Lorsque j’ai commencé à travailler après mes études ( c’était au début des années 80, c’était comme professionnel au gouvernement du Québec.

    Ceux qui se démarquaient ( professionnels ou cadres plus âgés que moi) étaient ceux qui avaient fait le cours classique.

    Pas surprenant, puisqu’ils avaient acquis des connaissances sur une foule de domaines.

    Mes enfant ne sont plus au primaire ou au secondaire. Mais ce qui m’intéressait, ce n’était pas tant la comparaison avec leurs pairs, mais plutôt de savoir si leurs résultats étaient conformes à leur potentiel.

  4. le 18 août 2010 à 11:07 Joseph Facal

    Mon dernier commentaire («aurait aimé ou pas») faisait référence, de façon allusive, à cette tendance pédagogique des dernières années de demander aux enfants leur opinion personnelle. C’est gentil et pas méchant, mais me semble très secondaire par rapport à l’apprentissage des faits.

    Je feuilletais, il y a quelque temps, je ne sais plus trop quel manuel scolaire : on y présentait la situation des femmes dans la démocratie athénienne et l’on demandait à l’élève (présumément une fille) si elle aurait aimée ou non vivre à cette époque. Dans un contexte où, à défaut de repères historiques, l’enfant pose forcément son époque et son milieu comme les uniques barèmes de jugement de tout, devinez la réponse.

    Le degré d’implantation de la pédagogie par projets varie évidemment d’une école à l’autre. Ce qui ne m’apparaît pas sérieusement discutable est la volonté du MELS, au début du processus, de largement implanter l’approche par compétences (voyez les manuels, les bulletins, le discours des conseillers pédagogiques, etc.) jusqu’à ce que la grogne, la confusion, etc. conduisent les autorités à lâcher du lest.

    Salutations

  5. le 18 août 2010 à 11:16 Mario Asselin

    Merci de ces précisions M. Facal.

    Bonne rentrée à vous!

  6. le 18 août 2010 à 12:43 Le professeur masque

    Monsieur Facal,

    Effectivement, l’enseignement de la pédagogique par projet varie d’une école à l’autre. Ce qui varie moins, c’est l’évaluation qui relève souvent de la commission scolaire. Et là, on retrouve cette pédagogie par projet dans toute sa vigueur, croyez-moi! Évaluation répartie sur plusieurs période, travail en équipe (pour une évaluation qui sera notée individuellement, faut-il le rappeler).

    Par contre, M. Facal, vous errez quand vous suggérez que le bulletin unique évalue le progrès de l’enfant par rapport à lui-même. Cette forme de bulletin n’indique que le résultat de l’enfant à une ou des évaluations à un moment précis. Elle n’indique pas une évolution de l’élève par rapport à lui-même à proprement parler. D’où le fameux bulletin descriptif qui permettait d’avoir plus de détails sur la performance scolaire du jeune.

    Le bulletin n’est qu’un outil de communication. C’est la forme d’évaluation, la philosophie qu’elle préconise qui est au coeur du problème.

    Or, comme vous le signalez, il est difficile d’évaluer une compétence. Certains partisans du Renouveau ont affirmé que la compétence entraine la mobilisation de nombreuses compétences. Un raisonnement qui est faux, car il faut tout d’abord voir quelles sont les exigences des évalutions auxquelles seront soumis les élèves. Par exemple, en français, une analyse montre bien qu’on peut être reconnu «compétent» en écriture en écrivant une faute aux quinze mots. De plus, la pédagogie par projet, on l’a vu, a tendance à confondre résultat individuel et résultat d’équipe. Généralement, cela pousse les résultats de l’élève a la hausse.

    Toute cette saga autour du bulletin est la pointe d’un iceberg: celui des méthodes d’évaluation et d’enseignement.

  7. [...] This post was mentioned on Twitter by Mario Asselin, Michel Monette and Eve-Lyne Couturier, Gilbert Olivier. Gilbert Olivier said: RT @MarioAsselin: Je viens de commenter chez Joseph Facal, http://bit.ly/9JWOcC [...]

  8. [...] This post was mentioned on Twitter by Joseph Facal, Les analystes. Les analystes said: Joseph Facal : Le bulletin http://bit.ly/bM6g8W [...]

  9. le 19 août 2010 à 8:15 Joseph Facal

    Cher professeur masqué,

    En tout respect, c’est vous qui jouez sur les mots lorsque vous dites que j’ai tort de dire que les bulletins peuvent servir à évaluer les progrès d’un enfant autant par rappport à lui-même que par rapport aux autres.

    Imaginons qu’un enfant a 64 et que la moyenne du groupe est de 74. Si, aux deux bulletins suivants, la moyenne de groupe est, disons, de 73, puis de 76, et que la note de l’élève, elle, passe à 71, puis à 78, il est parfaitement correct de dire que cet élève a progressé par rapport à lui-même et aussi par rapport aux autres.

    Il en va des bulletins chiffrés comme des sondages, s’ils sont bien faits. Effectivement, pris isolément, un seul bulletin ou un seul sondage n’indique que l’état des choses à un moment précis. Mais lus en séquence et sur une certaine durée, ils indiquent des tendances.

    Salutations.

  10. le 19 août 2010 à 9:59 JLTrussart

    Bonjour M. Facal,

    Permettez- moi d’abord de vous féliciter pour votre explication de ce qu’est une compétence et de la complexité de son évaluation. C’est clair et simple.

    Par contre, votre conclusion me laisse perplexe.

    « Que l’enfant commence par apprendre qui était Jacques Cartier. Excusez-moi, mais ça n’a pas vraiment d’importance de savoir si, à douze ans, il aurait aimé ou non vivre à cette époque. »

    Je trouve dommage que votre propos soit basé sur une seule source d’information. Les manuels représentent des interprétations, parfois excellentes, parfois médiocres du programme de formation. En mon sens, l’activité que vous présentez se situe davantage au niveau d’enrichissement.

    Ainsi, lorsque je présente Jacques Cartier à mes élèves de 12 ans, c’est dans l’objectif qu’il interprète (analyse) « Les effets d’une première forme d’« économie-monde » sur les sociétés d’Amérique » (PFEQ, Histoire et éducation à la citoyenneté, Page 31,
    http://www.mels.gouv.qc.ca/DGFJ/dp/programme_de_formation/secondaire/pdf/prform2004/chapitre072v2.pdf).

    L’élève devra être en mesure d’identifier qui était Jacques Cartier et les motifs de ses explorations. Pour ce faire, il devra recueillir, sélectionner et organiser l’information à partir de plusieurs sources d’information et non pas copier l’information sur Wikipédia.

    Il devra ensuite expliquer les conséquences de la visite de Jacques Cartier sur les peuples d’Amérique. Cette explication devra être claire, structurée et basée sur des arguments (faits historiques) valides.

    Entre une évaluation de connaissance qui me permettrait de voir si l’élève à bien mémoriser le manuel ou la page Wikipédia de Jacques Cartier, je préfère de loin utiliser la « pédagogie par projet » qui permet à l’élève de démontrer sa compréhension et son jugement critique.

    Comme vous l’avez si bien présenté, une compétence, c’est plus long et plus complexe à évaluer. Le bulletin, l’évaluation et le programme de formation se doivent d’être complémentaires.

    Jean-Luc Trussart,
    Enseignant

  11. le 19 août 2010 à 10:27 Joseph Facal

    De grâce, pas de pseudonymes sur ce blogue. Vos vrais noms svp. C’est évidemment «Le professeur masqué» qui m’y fait penser.

    Cher M. Trussart, lisez ma réponse plus haut à Mario Asselin. Elle clarifie cette dernière phrase qui vous fait tiquer.

    Par ailleurs, évidemment qu’ils ne doivent pas copier Wiki, je dis seulement que Internet les rapproche diablement du fruit défendu. La pédagogie par projet doit donc être maniée avec une extrême précaution. C’est tout.

    Salutations.

  12. [...] This post was mentioned on Twitter by  François Bourdon, Jean-Luc.Trussart. Jean-Luc.Trussart said: Mon commentaire sur l'article "Le bulletin" de Joseph Facal http://bit.ly/9oFavl [...]

  13. le 19 août 2010 à 16:34 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Il est important de comprendre que la personne humaine aborde le monde selon des critères qui ne sont pas les mêmes chez chacun. D’où les sciences des types psychologiques, des types de personnalités, et de la psychométrie.

    Les gens du monde de l’enseignement seront fascinés par ces sciences.

    Il devient important que la mission de l’école soit bien définie, car le risque est grand de s’égarer dans toutes sortes de projets de développement de la personne. Puis, quand on s’aventure dans ces notions de développement des connaissances, ou des capacités, ou des qualités personnelles (eux appellent ça le savoir, le savoir être, le savoir faire), il s’ensuit que les choses se compliquent sur le plan de l’élaboration des tests pour les évaluations.

  14. le 20 août 2010 à 16:55 Serge

    Étonnant.
    Entre une évaluation de connaissance qui me permettrait de voir si l’élève à bien mémoriser le manuel ou la page Wikipédia de Jacques Cartier, je préfère de loin utiliser la « pédagogie par projet » qui permet à l’élève de démontrer sa compréhension et son jugement critique. JLTrussart le 19 août 2010 à 9:59

    Une démonstration des connaissances ce n’est pas suffisant, pour des petits de 12 ans ?… Ah bon !…

    Il faut alors une démonstration de compétence et de jugement critique en la matière de Jacques Cartier et son époque. Tout comme exigeances des ordres et écoles professionnelles de métiers et carrières.

    Mais, c’est une vraie connerie cette pédago par projet à 12 ans. Qui a inventé ça ?…

    Quel bonheur !…
    C’est la fin des vacances et le désormais célèbre Jos Facal est de retour dans son élément naturel, l’éducation des mômes. Ti ga tchic, tchic tchic, ah ah !… En plus, le pensionné du ouèrnement, ministère de la pédagogie, Asselin, l’accompagne. Chic, alors.

    C’est tout comme voir le sympathique Paul Le Poulpe et ses collègues dans son élément naturel, à l’aquarium d’Oberhausen RFA. Tous, très heureux.

    D’abord qu’on ait la paix aux finances et aux sports, tout va bien Mme La Marquise.

    gutes Wochenende

    SP

  15. le 20 août 2010 à 21:15 Gilles

    Oui bonne fin de semaine, et vivement qu’on aborde un sujet… stimulant.

    De toutes façons le bulletin ce sera pour l’an prochain si j’ai bien compris la désopilante menisse.

  16. le 22 août 2010 à 17:51 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    Comme le « Bulletin » est un sujet plus technique dirais-je – je lirai donc les commentaires des spécialistes qui réagissent à la chronique de M. Facal, lui qui a dû approfondir et analyser profondément cette incroyable « réforme » avant de vouloir la « stopper » :
    http://www.stopponslareforme.qc.ca/pdf/texte%20de%20joseph%20facal.pdf

    En attendant, la ministre semble faire l’unanimité : « Contrairement à l’ancien bulletin axé sur l’évaluation des compétences de l’élève, le prochain fera une place prépondérante à l’évaluation des connaissances. En ce sens, il rame à contre-courant du renouveau pédagogique de la dernière décennie, axé plutôt sur l’acquisition de compétences.» Le Devoir

    Lien : http://www.ledevoir.com/societe/education/294704/l-implantation-du-bulletin-unique-est-reportee-a-septembre-2011

    ***

    Permettez-moi, M.Facal de revenir sur certains commentaires passés, entre autres sur ceux de Robert Lachance.

    Bravo Robert, pour vos commentaires récents, que je viens juste de lire – Marc avait bien raison de vous féliciter. J’aime beaucoup vous lire : vous êtes généreux de votre temps (recherches) et pertinent, tout en ayant une plume vivante.
    De plus, votre humour est rafraîchissant…

    On semble vous trouver à l’occasion énigmatique (mystérieux), un peu comme Paulo Coelho, dans : « Sur les bords de la rivière Piedra ». (vous l’avez lu?). D’ailleurs vous faites un travail de moine (recherches démographiques), à l’image de ceux du monastère de Piedra, non?

    Par contre j’ai un peu beaucoup de difficultés avec le lien – peut-être que je ne l’ai pas compris – que vous établissez entre les deux phrases ci-dessous de M. Facal, pour affirmer que le PQ a actuellement le monopole de la souveraineté du Québec :

    « Comment déplacer la montagne quand on s’est soi-même perché à son sommet parce qu’elle offre la plus belle vue en ville ? » J. Facal
    ET
    « Qu’elle soit privée ou publique, une organisation qui n’affronte pas de compétition parce qu’elle détient un monopole, dont la clientèle n’a pas la possibilité d’aller ailleurs, n’aura pas d’incitation forte à s’améliorer. » J.Facal

    Un peu tiré par les cheveux, Robert, de se servir de ces 2 phrases (de sujets différents ; de Joseph, en plus) pour renforcer votre argumentation afin de souhaiter une compétition entre souverainistes.

    Sans oublier la comparaison entre les voituriers (2 puissances) et le PQ vs le PI (un puissance et un minuscule poux) ; au point de dire : « Je me demande si Jean-Renaud n’a pas agit trop impulsivement en adressant son 400 $ au PQ.

    Robert, je vous laisse contribuer au « PI », si vous êtes sérieux et si c’est votre choix.

    Quant à moi, ma contribution et celle peut-être de deux autres s’officialiseront, dès que le PQ annoncera qu’il refuse tous les dons de plus de 500$ ; faut bien être cohérent avec ses idées, et surtout (héhé) avec ses foulards blancs, non?

    En réalité, le seul point que je ne comprends vraiment pas (si vous parliez sérieusement, ce que je doute) c’est : votre référence à la page 16, du livre de Jacques Parizeau, « La Souveraineté du Québec », « Hier, Aujourd’hui et Demain », paru en 2009.
    Il me semble que vous sortez une phrase de son texte, pour faire dire le contraire de ce qu’il a dit, non? Relisez au complet son «introduction», Robert.

    Bon…

    « La question référendaire, pour être plus claire, pourrait maintenant se lire: Est-il trop tard, en 2013 disons, pour que le Québec devienne un pays ? » R.Lachance

    Ouais, bonne interrogation…

    JRD

  17. le 23 août 2010 à 7:43 Gilles

    C’est bien ce que je disais : Le bulletin n’est pas la question du jour.

  18. le 23 août 2010 à 14:58 Robert Lachance

    - D’abord, les nouvelles.

    Jean – Kayakistes, Kayakistes, non-kayakistes, non-kayakistes, Nous abordons le courant final.

    - Le choeur des kayakistes: Le courant final Jean ! (qui s’était joint au groupe à titre de chauffeur d’autobus).

    - Jean: Rien de moins !

    Moi – Équipe Jean Charest, prière de sortir de ce corps tout de suite et pour au moins un siècle. Pauline Marois, Amir Khadir ou Éric Tremblay, les choses étant ce quelles sont, à l’aide !

    Dorénavant, prière de s’identifier: peureux, (équipe Jean Charest) non-peureux, ( équipe Éric Tremblay) , ne sait pas, équipe Pauline Marois (Céline Dion, Ginette Renaud).

    Ce que je me trouve drôle !

    Malheureusement, le Québec regorge d’humoristes d’un type spécial, par exemple Denis Coderre. Je dirais qu’Ignatieff est de l’Ontario, les conservateurs à peine émergents au besoin.

    Comme Céline, « je ne sais pas ». Comme Ginette, « je ne suis qu’une chanson ». Salut JFL comme d’autres ont écrit JFK ou JFF.

    Harper n’a pas encore fait sa sortie de douche comme d’autres ailleurs font leur sortie de placart.

    Passons au bulletin !

    Je donne un A à Jean-Renaud, sans explication.

    Je donne un A à Gilles pour agilité.

    Je donne un B à Marc, comme ça.

    Je donne un A à Carole rapport que le prénom me rappelle de bons souvenirs d’adolescence.

    Aux autres, je ne sais pas.

    Jacques Parizeau – Le ciment, man, le ciment!

    Certains ont quelque chose de dur et de rassembleur comme le ciment quelque part. Il faut s’en servir au meilleur de la collectivité. Excusez-la !

    - Je te trouve pas clair Robert voire vulgaire. Qu’ez tu veux dire ?

    - Si t’as comme une majorité de tes congénères plus de coeur ou de muscle que d’intelligence parce que tes parents ne t’avaient pas amené quand Dieu l’a distribuée et que l’on n’a pas compensé à l’école, je t’offre la chance de ta vie, je vais faire tout ce que je peux pour toi si tu réponds oui. Veux-tu que je sois ton futur représentant: député, premier ministre, président le cas échéant ?

    Voix hors champs – Y’a rien d’autre comme nouvelle intéressante. La suite après la pause. La question du jour sera:

    - Si t’as comme une majorité de tes congénères plus de coeur ou de muscle que d’intelligence parce que tes parents ne t’avaient pas amené quand Dieu l’a distribuée et que l’on n’a pas compensé à l’école, je t’offre la chance de ta vie, je vais faire tout ce que je peux pour toi si tu réponds oui. Veux-tu que je sois ton futur représentant: député, premier ministre, président le cas échéant ?

  19. le 23 août 2010 à 20:13 Marc Tremblay

    Est-il possible que Robert Lachance en fume du bon ?

  20. le 23 août 2010 à 21:07 Jean-Renaud Dubois

    Bonsoir,

    Merci Robert de relancer… : j’espère que d’autres ajouteront « leurs grains de sel ».

    En tout cas, c’est un bel essai… d’humour.

    Bravo !

    Bonne soirée,

    JRD

  21. le 24 août 2010 à 7:52 Robert Lachance

    J’ai pas besoin Marc. C’est comme si j’étais tombé dedans quand j’étais petit. Mon père fumait la pipe. Il cultivait son tabac. De mémoire, c’était de grandes feuilles qu’il pendait dans la batterie de la grange pour faire sécher. Rien à voir avec des feuilles plus petites à l’odeur particulière.

    Merci pour votre note Jean-Renaud.

    Pour revenir au sujet, ma mère avait gardé dans ses souvenirs mon bulletin de septième année. Un jour mes soeurs ont retrouvé et mon remis. J’ai gardé.

    C’était à l’époque du Département de l’instruction publique, 57-58. Le bulletin était mensuel. Il constituait un instrument de classement et de carte de transfert en cas de changement d’école.

    Instruction

    J’étais plutôt pieux, 87,6 %.

    En français, par le texte en particulier, aussi fort qu’en prière et catéchisme; un peu moins bon en dictée et sous les 80 en rédaction.

    En arithmétique, excellent; en divers presque autant. En anglais, de médiocre en début d’année à excellent en fin d’année. J’arrivais d’une école de bout de paroisse où on desservait de la première à la sixième année à près d’une trentaine d’élèves.

    Résultats comparatifs

    Bref, premier de 5 ou 6 élèves six fois sur neuf dans une classe de gars où il y avait aussi la huitième et la neuvième année. J’avais de mois en mois autour de 85 % dans un groupe ou la moyenne partait à 70 % en début d’année et se maintenait à 75 % de janvier à juin.

    éducation

    Le bulletin prévoyait une case mensuelle pour: devoirs, leçons, travail – application, conduite – politesse, discipline, ponctualité. Un X indiquait qu’une amélioration était désirable. Un M un manquement grave. rien d’inscrit.

    assiduité

    Jours de présence, 187 sur 191, j’avais manqué 4 jours de classe en mars. Ma mère signait sous signature des parents pour mon père.

    Belle carte de visite.

    Que de souvenirs.

  22. le 24 août 2010 à 9:14 Marc Tremblay

    Je ne crois pas que ce blogue soit le lieu pour faire du  » strip tease intellectuel », comme le fait Robert. Il s’épivarde dans toutes les directions.

    J’aimerais qu’il nous ramène à l’essentiel : le comment de la souveraineté, puisqu’on s’entend sur le pourquoi.

  23. le 24 août 2010 à 12:25 Robert Lachance

    En quelle année votre souveraineté, Marc ?

  24. le 24 août 2010 à 13:59 Marc Tremblay

    Et vous, Robert, en quelle année? Je précise que je n’aime pas le cynisme. Ça ne mène à rien et tue l’espoir.

  25. le 24 août 2010 à 19:05 Robert Lachance

    Par souveraineté j’entends déclaration de souveraineté par l’Assemblée nationale où il serait dit comme en gras dans le projet de loi sur l’avenir du Québec de 1995:

    Nous, peuple du Québec, déclarons que nous sommes libres de choisir notre avenir.

    Nous, peuple du Québec, affirmons notre volonté de détenir la plénitude des pouvoirs d’un État: voter toutes nos lois, prélever tous nos impôts, signer tous nos traités et exercer la compétence des compétences en concevant et maîtrisant, seuls notre loi fondamentale.

    Nous, peuple du Québec, par la voix de notre Assemblée nationale, proclamons:

    Le Québec est un pays souverain.

    Pour l’année quand ça arriverait, j’ai un plan A et un plan B: environ 2014 et environ 2044.

    Le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui. Comme Il se parle d’indépendance du Québec depuis 50 ans, je pense que le respect est sauf; 2014, ça ne serait pas irrespectueux du temps.

    Sans vouloir m’épivarder, en 2044, on fêtera sans moi sans doute mon centenaire. Il sera trop tard pour m’élire président. Même chose pour Jacques Henripin ou Jacques Parizeau. Il leur restera sans doute Jean-François Lisée mais avec combien de cheveux !

    Vous voyez où va ma préférence.

    D’accord pour le comment d’abord et alors, « … comment déplacer la montagne de l’embourgeoisement.

    C’est une question très intéressante mais on s’éloigne du sujet. J’aimerais que nous revenions au bulletin.

  26. le 24 août 2010 à 20:31 Marc Tremblay

    Je ne dis plus un mot parce que cela n’a aucun rapport avec Le bulletin.

  27. le 24 août 2010 à 21:09 Jean Claude Pomerleau

    M Facal j’attire votre attention sur une critique d’un livre (*) d’un auteur que vous devez absolument connaitre (Carl Bergeron) , si ce n’est déjà fait :

    http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=793

    De quoi s’agit il ? En fait d’une description de la « doctrine d’État » du Québec actuel, que l’auteur nomme «techno-progressisme»:

    « Dogmatisme socioconstructiviste de l’État en matière d’éducation, étrange uniformité contre-culturelle de l’art, obsession des élites pour la tolérance et la diversité, la longue liste des dérives institutionnelles n’est pas totalement inconnue de ceux qui alourdissent encore leur quotidien d’un rapport intime avec le réel. De cet effondrement en apparence désordonné, l’oeuvre de Bergeron décèle l’étonnant unisson idéologique de l’élite québécoise qui, loin d’être désemparée, s’active à déployer son entreprise«progressiste» à l’aide d’innombrables leviers étatiques. »
    ……….

    (*) Carl Bergeron
    L’État québécois et le carnaval de la décadence, Montréal, Éditions de L’Intelligence conséquente, 2008.

  28. le 24 août 2010 à 23:19 Jean-Renaud Dubois

    Bonsoir M. Facal,

    J’ai relu votre « Bulletin » une 3ème fois pour réaliser (il était temps) que le texte du sujet de votre chronique n’est pas aride mais clair, et très bien vulgarisé.

    Il permet de bien comprendre l’importance des « connaissances » comme préalable à l’acquisition des compétences ; et non le contraire. C’est simple et logique.

    Dans le fond nous pouvons tous nous exprimer sur ce sujet à condition de faire un effort de lecture, et de recherches, si besoin est.

    Cependant, à moins d’avoir des enfants – comme vous Joseph – qui vivent la réforme, c’est un sujet moins emballant. Je sais, ça ne devrait pas.

    Il est donc de bon aloi à l’occasion, de se référer à l’entête de la chronique et du mot « Bulletin », pour nous amener, à travers les champs, à d’autres bulletins comme ceux de notre enfance (j’ai apprécié, Robert, que vous la dévoiliez un peu, via vos notes).
    OU
    Vers le «Bulletin» météorologique (du « temps », non pas qu’il fait), mais qu’il reste pour avoir une chance de réaliser « l’indépendance du Québec » : c’est un espace en terme de temps, qui se rétrécit à chaque jour que le soleil se lève.

    2014, ne semble pas être dans les plans du PQ ?

    2018 ?
    Peut-être! Mais à condition que :

    - le PQ soit élu en 2013 (?)
    - réélu une 2ème fois en 2017 (?)
    - Et, que, non pas 61%, mais plutôt 70% des francophones disent OUI, en 2018 ou 2019.

    Beaucoup de si ?!

    Nous sommes sûrement hors d’ordre tous les deux, Robert !

    JRD

  29. le 25 août 2010 à 9:38 Joseph Facal

    Oui, vous êtes absolument hors d’ordre, vous et Robert. Je vous pardonne…pour cette fois.

    Hey les gars, vous n’êtes pas un peu tannés de ne parler que de ça…souverainistes vs fédéralistes ?

    Vrai, immense, monumental problème, j’en conviens, (et vous savez évidemment où je loge), mais d’ici au Grand Soir, il y a un Québec réel et concret, fait de Québécois qui travaillent, étudient, tombent malades, paient des impôts…et essaient de comprendre les bulletins de leurs enfants.

  30. le 25 août 2010 à 12:53 Robert Lachance

    Le Grand Soir, comme a dit ce pas vilain mec de Sarkozy, c’est pas mon truc ! Car là…

    D’accord M. Facal.

    Jean-Renaud ? (en attendant patiemment un message différent)

  31. le 25 août 2010 à 13:56 Mario Asselin

    Je suis dans un colloque en France actuellement et on discute beaucoup de pédagogie et d’école…

    À un moment donné, une intervenante nous a proposé de lire cette lettre de Erica Goldson écrite le 25 juin 2010 dans le contexte de sa graduation. Il faut noter qu’elle était la meilleure élève de sa classe au Coxsackie-Athens High-School. Sur Twitter, après l’avoir partagé à d’autres internautes, on m’a suggéré d’attirer votre attention (M. Facal) sur ce document…

    Vous vous dites peut-être «A-t-elle vraiment dit ça à cette cérémonie en tant que « Valedictorian »»?

    Le lien You Tube est ici: http://www.youtube.com/watch?v=9M4tdMsg3ts.

  32. le 25 août 2010 à 16:33 Gilles

    J’ai écouté, du moins tenté de le faire, je ne suis pas tout à fait babilingue et donc je n’ai pas tout compris. Hormis le non verbal.

    Et donc ce que je retiens, c’est l’apparente satisfaction de la jeune oie à la bouche pleine, apparemment contente de l’effet de ses gros mots sur un parterre de bourgeois mal à l’aise. Yéééé!

    Et ça m’a rappelé deux choses. Quel est le lien entre les deux ? Je ne sais pas, peut-être n’y en-a-t-il pas:

    D’abord Brassens écrivant : «les bourgeois sont troublés de voir passer le gueux…» Mais lui il parlait des vrais, pas ceux qui font comme, sachant très bien que quoi qu’il advienne leur avenir est doré et assuré. Quesse tu veux quand tu sors du Coxsackie-Athens High-School! My dear, c’est comme si tu sortais de McGill.

    Puis La Bruyère, dans les caractères, parlant d’Égésippe, vous vous souvenez d’Égésippe? (Dans le chapitre sur le mérite personnel page 56)

    La Bruyère parle : «Que faire d’Égésippe qui demande un emploi? Le mettra-t-on dans la finance, ou dans les troupes ? Cela est indifférent, et il faut que ce soit l’intérêt seul qui en décide, car il est aussi capable de manier, ou de dresser des comptes, que de porter les armes. Il est propre à tout , disent ses amis, ce qui signifie toujours qu’il n’a pas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou en d’autres termes qu’il n’est propre à rien.»

    Et c’est bien ça, la question persistante. Quand ils sortent de l’école, quel que soit la forme du bulletin qui est l’obsession des bien pensants, nos enfants sont propres à quoi?

    Dans mon enfance j’ai connu des gens, si brillants qu’il n’y avait pas un maudit bulletin capable de les noter. Au-delà de 100% comment faire. Que sont-ils devenus? Ça c’est une autre histoire.

    Quelqu’un a déjà dit que la guerre était chose trop sérieuse pour la confier à des militaires. Et l’Éducation….?

  33. le 28 août 2010 à 6:08 Robert Lachance

    Aux parents, Gilles.

    Pour mieux savoir sur quoi nous réfléchissons, étant donné que cet espace, remarquez le masculin, est loin de n’être qu’un vide entre deux mots mais un lieu de réflexion après celui d’archivage; pour mieux savoir écris-je, je suis allé à la mamelle du mal: Le MELS.

    Je ne sais pas combien il y a de connaissances mais le ministère affirment en gras et en couleurs appropriées qu’il y aurait neuf compétences transversales:

    1 – exploiter l’information;
    2 – résoudre des problèmes;
    3 – exercer un jugement critique;
    4 – mettre en oeuvre sa pensée créatrice;
    5 – se donner des méthodes de travail efficaces;
    6 – exploiter les technologies de l’information et de la communication;
    7 – actualiser son potentiel;
    8 – coopérer;
    9 – communiquer de façon appropriée.

    Pour mieux retenir, apprenez ceci par coeur: mon projet est d’actualiser mon potentiel et coopérer à communiquer avec vous de façon appropriée; si j’ai bien exploité l’information et exercé mon jugement critique je peux contribuer à résoudre des problèmes. Ainsi, vous pourrez notez à mon bulletin ma maîtrise de méthodes de travail efficaces, la mise en oeuvre de ma pensée créatrice et mon exploitation exemplaire des technologies de l’information et de la communication. Et retenez ce numéro: 789 132 546

    Vous nous signalez l’existence d’un témoignage bien émouvant M. Asselin. Ça m’a rappelé un peu un autre entendu en 1994 au Gala Excellence La Presse/Radio-Canada.

    Si votre ancêtre était un Asseline de Ste-Famille I.O, en 1659, il était le voisin du mien qui était Antoine Pépin.

  34. le 28 août 2010 à 10:49 Mario Asselin

    @ M. Lachance

    Alors, on est fait pour s’entendre «voisin» par ancêtre interposé!

  35. le 31 août 2010 à 14:19 Robert Lachance

    Mettons nous à l’oeuvre M. Asselin.

    Qu’ajouter après en avoir autant dit et si peu ?

    Sou couvert de l’anonymat, une personne aux faits m’a dit que le ministère n’est plus ce qu’il était, vous connaissez mieux que moi notre situation démographique, « Ça rentre, ça sort, ça fume ça boit, tous les soirs ça se couche tard, ça mène des vies de fous… c’est du passé. La génération lyrique quitte.

    Les X ou Z même arrivent. C’est pas Diane Dufresne, une genre de Jacques Parizeau avec de Luc Plamondon le Tiens toi bien, tiens toi bien, tiens toi bien, j’arrive ou le Otez-vous de d’là quand c’est moi qui passe… Avec les finances qu’on a, c’est plutôt encore du Luc Plamondon mais cette fois avec Donald Lautrec qui nous apprend avec philosophie que « Le mur derrière la grange a pas besoin d’être peinturé cette année… »

    Le bulletin est une sorte de pointe de iceberg qui selon une enquête menée par le groupe ÉCOBES du cégep de Jonquière est ce qui préoccupe le plus au quotidien les adolescents à cet endroit. Je l’ai lu dans Le Soleil sous le clavier de Daphnée Dion-Viens. La deuxième préoccupation est le programme d’études. Les problèmes de leurs parents: chômage, alcoolisme, séparation les préoccupent moins.

    « Plus un jeune est encouragé par ses parents, plus il a l’impression qu’il est soutenu affectivement. » (un peu redondant) Quatre fois par année, ce n’est pas trop demander aux élèves, aux enseignants et aux parents me semble.

    Et les programmes ?

    Dans Pour une gauche efficace, Jean-François Lisée propose une réforme massive de l’école secondaire. Ça commence par une revalorisation du rôle du directeur d’école et de son équipe. Le ministère de l’éducation s’efface des programmes et s’en tient au contrôle des résultats. L’école devient une entreprise ou le directeur et les enseignants sont rémunérés à la marge en fonction des résultats. Il tente un dépassement par la droite, ma foi ! Madame Johanne Marcotte va être contente. Jacques Attali également.