Le bon combat
1 août 2010 par Joseph Facal
Dans une récente chronique, Richard Martineau déplorait sa difficulté à intéresser ses enfants aux grandes œuvres classiques, noyées dans le fast-food culturel qui nous submerge. Je livre le même combat.
Il ne faut évidemment pas compter sur l’aide de l’actuel Ministère de l’Éducation. Une dame œuvrant dans le monde de l’édition me rapportait qu’au niveau collégial, des œuvres classiques pourtant très accessibles, comme celles de Jacques Godbout ou d’Albert Camus, sont partout remplacées par du Guillaume Vigneault ou du Marie-Sissi Labrèche.
En tout respect, on peut se demander si ces derniers seront lus dans cinquante ans. Mais l’idéologie dominante dans le monde québécois de l’éducation ne se pose plus cette question. L’important est de mettre le jeune en contact avec des œuvres qui parleront de sa réalité à lui. Sinon, pense-t-on, le livre lui tombera des mains au bout de deux pages.
Toutes les époques ont évidemment produit du fast-food culturel. Qui se souviendrait aujourd’hui du médiocre Antonio Salieri (1750-1825), grande figure musicale de son époque, si le magnifique film de Milos Forman, Amadeus, ne l’avait tiré de l’oubli ? Le passage du temps est le plus impitoyable des juges, mais il faut justement lui laisser du temps pour faire le tri.
Avec mes enfants, j’ai choisi la ruse. Un chef-d’œuvre peut aussi être accessible. Un film d’Hitchcock, par exemple, passe mieux que le Rashomon de Kurosawa. Dans cette brèche, on glisse ensuite du Sergio Leone ou du Spielberg, puis on augmente progressivement le niveau.
Quand notre époque produit quelque chose de bon, je fais du judo. Tous les enfants ont vu les trois volets du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Avec les miens, je me tape ensuite les minables Twilight. Puis, je leur montre, en parallèle, qu’au-delà de leurs goûts personnels, il y a, dans la trilogie de Jackson, une profondeur, une subtilité, une originalité, une maîtrise qui déclassent totalement les ados vampires. La démonstration devient plus aisée si les enfants sont a priori réceptifs à ce que vous proposez comme modèle.
Pour la littérature, j’ai un autre subterfuge. La version originale de Moby Dick fait plus de 800 pages et contient de longs développements sur l’industrie de la pêche. Vingt mille lieues sous les mers, de Jules Verne, a environ 500 pages et fourmille de considérations sur la flore sous-marine. Les auteurs du XIXe siècle publiaient souvent leurs romans sous forme de feuilletons dans les journaux. Comme ils étaient payés à la ligne, ils rallongeaient la sauce.
Il existe cependant des versions abrégées de bonne qualité. On garde l’intrigue, on ne touche pas au style, mais on enlève tout ce qui est du remplissage. Dans quelques années, il y a des chances que le jeune veuille se frotter à la version longue originale.
J’ai aussi un certain succès avec Conan Doyle (Sherlock Holmes), Edgar Allan Poe, Robert L. Stevenson, Jack London, etc. Évidemment, ce n’est pas Flaubert, mais mon but premier est de tuer l’idée que si c’est vieux, c’est forcément ennuyeux. Appelons-ça de l’étapisme culturel.
La question qui tue est : pourquoi notre système d’éducation a-t-il renoncé, sauf d’heureuses exceptions, à transmettre la culture classique ?
Ce renoncement a plusieurs causes liées entre elles. L’école québécoise baigne dans cette idée perverse selon laquelle des exigences trop élevées pourraient conduire l’enfant à l’échec. Or, un roman de Balzac ou de Steinbeck, un film de Fellini ou de Kubrick, demandent des efforts considérables. Tant pis si ce jeune découvre ensuite que la vie adulte lui réserve des échecs pour lesquels il n’a pas été préparé.
Fondamentalement, notre système ne veut pas former et élever l’esprit du jeune, mais le mouler professionnellement pour répondre aux exigences de la société. On se dit que ne rien connaître de ces œuvres ne l’empêchera pas de gagner sa vie. Ce n’est pas faux, mais cela donnera forcément une société dont le niveau culturel moyen sera très bas.
Notre système véhicule aussi, je l’ai dit, l’idée qu’il faut partir de la culture vécue par le jeune. Ce n’est pas entièrement mauvais si on la dépasse rapidement. L’accès à la connaissance authentique exige une rupture avec notre monde quotidien pour entrer dans autre univers, comme un explorateur débarquant dans une contrée inconnue. Il ne faut pas conforter le jeune dans sa certitude que rien n’est meilleur que Simple Plan.
C’est un peu comme ces gens qui vont en vacances dans le Sud. Soir après soir, ils ne prennent que les pâtes dans le buffet. Ils ne goûteront pas aux mets locaux parce qu’ils n’ont pas été habitués à penser qu’il peut y avoir autre chose que leurs petites habitudes. Personne n’a rompu leurs certitudes culinaires.
Nos facultés des sciences de l’éducation forment aussi depuis longtemps des cohortes entières de professeurs qui, eux-mêmes, ne connaissent rien de Molière, de Hubert Aquin ou de Charlie Chaplin, à moins de les avoir découverts par eux-mêmes ou à cause de leurs parents. Comment pourraient-ils ensuite transmettre ce qu’ils ne possèdent pas ? Il y a évidemment des exceptions.
Une autre cause de cette démission est que le relativisme est devenu l’idéologie dominante de notre époque. Au plan culturel, le relativisme, c’est de laisser chaque personne être l’unique juge de ce qui est bon ou mauvais en fonction de ce qu’elle aime ou n’aime pas. Si j’aime, c’est bon, si je n’aime pas, c’est mauvais. Les jeunes ne croient pas qu’il y ait des critères objectifs, indépendants de leurs goûts personnels, permettant de soutenir que Marie-Sissi Labrèche ne vaut pas Stendhal ou que Marie-Mai ne vaut pas les Beatles.
Quand vous discutez avec des jeunes et que vous les coincez en leur démontrant que leur opinion ne tient pas la route, au lieu de reconnaître leurs torts et de changer d’opinion, ils se réfugieront derrière : «chacun a droit à son opinion». Ils confondent le droit à une opinion avec l’idée que toutes les opinions ont la même valeur.
Pourquoi, me demanderez-vous, la connaissance de cette culture classique est-elle importante ? Parce que nos jeunes se posent les mêmes questions qu’on se pose depuis 2500 ans. En sachant comment les plus grands esprits y ont répondu, ils s’éviteront de radoter en s’imaginant faussement qu’ils inventent.
30 réponses à “Le bon combat”
[...] This post was mentioned on Twitter by Marie-Claude, Les analystes. Les analystes said: Joseph Facal : Le bon combat http://bit.ly/dn9DJf [...]
J’aime vos stratégies, je pense qu’elles sont particulièrement pertinentes parce qu’au lieu de fonctionner en tentant d’imposer aux jeunes des oeuvres, elles leur permettent de mettre en contexte leurs propres goûts et de les guider éventuellement lui-même vers des classiques.
J’aime bien aussi les initiatives de certains films ou émissions de télé qui intègrent des références à des oeuvres classiques, même si elles le font parfois subtilement (pensons aux Simpson). Ce peut être un premier pas vers la découverte d’une culture cinéphilique qui leur échappe présentement.
Je trouve aussi important de ne pas dénigrer le jugement des jeunes quel qu’il soit, notamment parce que les classiques se créent avec le temps. L’appel à l’autorité reste un sophisme quand il est question de classiques (tout comme le « toutes les opinions se valent ») et c’est par d’autres moyens qu’on apprend.
On peut reprocher bien des choses aux anciens systèmes, mais on ne peut pas leur reprocher leur manque de rigueur, parfois une certaine rigidité, et surtout leur manque de perspective.
Des milliers de Québécois apprenaient la Grec et le Latin, ce quii leur permettait de mieux comprendre leur propre langue.
On leur apprenait à réfléchir et à penser, fut-ce en exerçant une certaine censure (pour ne pas dire une censure certaine.).
Une chose est sûre, on ne nivelait pas par le bas.
Puis notre société a jeté tout cela aux orties et nous voilà en train de se dire, entre nous, qu’il«ne faut évidemment pas compter sur l’aide de l’actuel Ministère de l’Éducation»
Ayoye! Si vous permettez…
Évidemment que que nos jeunes se posent les mêmes questions qu’on se pose depuis 2500 ans. Mais dans l’ambiance culturelle bas de game dans laquelle ils baignent, je pense que d’une manière générale la route sera longue avant qu’ils aient un début de réponse. À moins d’avoir des parents particulièrement habiles et tenaces ce qui n’est pas donné à tout le monde hélas.
Mais je ne trouve pas normal néanmoins que l’on ne puisse compter sur le ministère de l’Éducation. Y aurait-il des coups de pied au derrière qui se sont perdus en chemin ?
Bravo monsieur Facal,
voilà encore un bon plaidoyer. Vous touchez du doigt l’essentiel du problème actuel nous nous trouvons présentement confrontés en matière de maturité sociale et politique. Vous plaidez en faveur de ce que l’on appelait, il y a quelques années, « la culture générale ».
Il fallait passer par là si on voulait ensuite se spécialiser dans une domaine ou une discipline quelconque donnant accès à l’université. Et pour avoir accès aux fondements de notre civilisation, il fallait apprendre le latin et le grec, comme le souligne si bien Gilles.
La culture et la formation de base devaient être rigoureuses et se vérifier par des résultats concrets mesurables. Sinon, il y avait des conséquences.
C’était un appel à se surpasser, une condition de succès. Et je crois que nous devrons, non pas revenir en arrière, mais reprendre cette direction logique si on veut avancer sur des bases solides. Sinon, on assistera à un recul.
C’est réjouissant de vous voir prendre une position si claire, si franche. C’est ce qu’on appelle du courage politique car ce genre d’idées n’est pas nécessairement populaire.
J’ai apprécié votre chronique, M. Facal. J’ai réussi à convaincre deux de mes trois enfants à lire les classiques. Comment ? En leur démontrant qu’en cette de l’information, ceux qui se démarqueront seront ceux qui maîtrisent bien leur langue.
Ainsi, ils ont commencé à lire Flaubert, Victor Hugo, Chateaubriand, de Maupassant et bien d’autres.
Ils en sont bien fiers aujourd’hui, car peu ou pas de leurs amis connaissent ces classiques.
Oups ! J’ai oublié un mot important dans ma troisième phrase; je voulais écrire en cette ère de l’information.
Je constate, M. Facal, que vous avez amalgamé deux de vos chroniques en une, soit Le bon combat et La démission. Bien. Les deux chroniques sont indissociables. Au risque de passer pour conservateur, le cours classique offert jusqu’à la fin des années 60 formait et élevait l’esprit du jeune. De plus, grâce à l’enseignement du latin et du grec, il favorisait l’apprentissage du français et de d’autres langues.
J’ai appris à mes enfants à connaître la littérature classique et pas seulement celle venant de France. Ainsi, ils ont connu Dostoiovski, Tolstoi et Dickens, entre autres.
Notre système d’enseignement a besoin d’une autre réforme afin qu’il cesse de niveler vers le bas.
M. Facal :
Vous écrivez : « La question qui tue : pourquoi notre système d’éducation a-t-il renoncé, sauf d’heureuses exceptions, à transmettre la culture classique ? »
Vous devriez écrire : « La question qui tue, pourquoi notre système d’éducation a-t-il renoncé ? »
Le système d’éducation a abandonné les jeunes, avec l’aide tacite d’une majorité de l’électorat. Si le système croulant de fonctionnaire a aabndonné les classiques étrangers de la langue française, que dire du scandale de l’absence de qualité du cours d’histoire digne de ce nom.
Peut-être que l’individu québécois souffre de relativisme, mais le système d’éducation souffre d’égalitarisme. L’intégration des jeunes améliore-t-il vraiment le rendement de l’apprentissage des élèves réguliers ? Comment peut-on faire lire du Maupassant quand l’obsession du Ministère est de diminuer les coûts en intégrant des élèves n’ayant même pas les capacités de lire une bande dessinée dans une classe régulière du secondaire ?
Malheureusement M. Facal, je ne suis pas d’accord avec votre expression, votre titre, « Le bon combat ». Le seul et unique vrai bon combat, le seul outil de mobilité social, le seul outil de démocratie, l’Éducation, est entre les mains de fonctionnaires déconnectés et de politiciens prisonniers de leurs électorat ; le « vote gris ». Que mes enfants lisent du Maupassant, je m’en fout. Je souhaite que mes enfants lisent. Je souhaite que leur école les encadre et les pousse à s’améliorer, non pas à reconnaître l’existence de jeunes en difficulté dans la société en les intégrant (sic), donc en nivelant vers le bas.
Pour ce qui est du Grec et du Latin, nous sommes au 21e siècle, l’internet se vit dans sa langue maternelle et dans l’anglais, le reste du continent parle espagnol et portugais et les commerçants de demain parleront chinois. Il y a beaucoup d’autres priorités que le Grec et le Latin, seulement parlé par le Pape…
Bonjour,
Je ne commenterai pas pour le moment votre dernière chronique, mais permettez-moi – avec la permission de Marc – de produire le commentaire que j’avais écrit hier soir, sur «Burger King»!
Ce dernier faisait remarquer que certains billets n’avait pas de rapport avec le sujet en chronique.
Mon cher Marc, le rapport avec la chronique(« Burger King ») se trouve dans le mot « cultivé », donc « culture », à proscrire ou banaliser comme « ses faiseurs d’images » le font pour Ignatieff.
Mot qui touche aussi à l’élitisme, à cacher aussi semble-t-il. Exemple : Bouchard qui pouvait nous parler de Marcel Proust, les yeux pétillants… Qui s’ennuyait ?
Et la culture alliée à une pensée politique sur la démocratie – remonte selon Mélissa à l’énoncé de Lincoln et pour Gilles à Aristote.
D’ailleurs, la nouvelle chronique de Joseph (« Le bon Combat ») touche aussi à cette culture que l’on saurait voir… trop élitiste, faut croire!
***
@Gilles,
Excellentes réflexions, à partir d’Aristote et de Lincoln, qui ont fait de brillantes analyses sur la démocratie ; qui malheureusement tout compte fait, comme le souligne RenéP : «… en arriver à établir une vraie démocratie ne me paraît pas réalisable. »
Votre exemple de la Suisse (qui date de plusieurs décennies) est pertinent puisque il ouvre de nouvelles avenues et rejoint, semble-t-il, ce que nous disait Mélissa : « gouvernement du peuple – par le peuple – et pour le peuple ».
***
@Robert,
……. « Pour ne pas avoir donné suite à eux depuis 2003, Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois méritent leur 4 % tant qu’à moé. Gilles Duceppe aussi! D’accord, Mario Dumont l’a eu. » R.L.
Bon! C’est bien beau le 4% pour «deux d’entre eux» (Charest et Dumont) mais les autres qui ne sont pas encore ou ne peuvent pas être au pouvoir, vous les remplacez par qui ?
- À Ottawa, par des députés fédéralistes au service des « canadiens », en remplacement de Duceppe ?
N’avons nous pas suffisamment de représentants à Ottawa qui font « très bien » le travail pour eux (comme depuis la confédération) ?
- À Québec, par une nouvelle ou un nouveau chef du PQ, alors que la présente n’y ait que depuis 2007, si je ne trompe ; et s’en sort bien tout en traînant l’handicap d’être une femme ?
OU ALORS
Par un nouveau chef(cheffe) du PLQ pour une continuité fédéraliste au service du Canada anglais et des Anglos et Allos Québécois ?
On est pas écoeuré de mourir à voir déconstruire le Québec à petit feu ; et cela, dans tous les ministères, en commençant par les « Stats » sur le français que Christine S.P. (avec l’appui de Charest) a cachées pendant près de 2 ans!!!
*
Plusieurs d’entre-nous avons lu ces livres de JF.Lisée, Parizeau et Facal : qu’avez-vous à nous proposer suite à ces lectures Robert ; sans oublier de nous dire qui va remplacer les 2 derniers (Marois et Duceppe) qui ont reçu votre 4% ?
Pas facile, de déterminer la voie à suivre…en plus d’échapper au déclin (démographique) du Québec ; et qui confronte toutes les sociétés occidentales actuelles.
JRD
Bonjour,
Je suis totalement en désaccord. Les œuvres artistiques ont une obligation : être captivantes. Lorsqu’elle cesse de l’être pour une certaine génération, il ne faut pas critiquer le système ou la masse, mais plutôt l’œuvre. Un exemple illustre bien mon propos. En 1993, alors que j’étais en secondaire 4, nous sommes allés deux fois au théâtre. La première fois, nous avons subi une tragédie grecque (Antigone peut-être). On aurait dit un mauvais blind date, des deux côtés de la scène on voulait que ça se termine le plus vite possible. Les professeurs devaient faire la discipline, une vraie honte. La deuxième fois, ce fut au tour de Robert Lepage dans Les Aiguilles et l’Opium. La salle était hypnotisée, même les crétins qui avaient fait du tapage lors de la tragédie étaient captivés. Personne ne me fera aimer les tragédies grecques, sauf peut-être Woody Allen, étapisme ou pas.
Cela dit, à la même époque, j’ai tellement apprécié la télésérie Les Rois maudits (1972) diffusée au Canal-D que j’ai lu par la suite les sept tomes de Maurice Druon. Cet exemple montre que captivante ne veut pas dire facile. J’ai regardé Dogville, en ayant à chaque minute le goût de fermer la télévision, mais l’œuvre avait un pouvoir d’attraction qui m’en empêchait. J’aime avoir vu ce film.
Vous ne devriez pas vous inquiéter pour le cinéma, tous les jeunes ont vu les westerns spaghetti, Citizen Kane, la série du Parrain, etc. Pour les livres par contre, vous avez de bonnes raisons d’avoir peur. Nous allons vers un monde où une centaine d’auteurs se partageront 80% du marché et des dizaines de millions d’auteurs ne pourront pas vivre de leur travail. Par contre, ce problème n’a rien à voir avec le ministère de l’éducation.
Je pense que c’est naturel que chaque génération ait ses propres références culturelles. Le but étant de se créer un espace pour se distinguer de ses parents. Ne survit que ce qui est objectivement bon. Gardez vos Beatles, par contre, je prends Leonard Cohen, les variations Goldberg et l’album Kind of Blue.
A+
Je suis d’accord avec vous. Pour ne donner qu’un exemple, je trouve cela déplorable que des étudiants du cégep n’aient jamais lu « Les misérables » de Victor Hugo alors qu’il s’agit d’un classique incontournable (pour ne pas dire un chef d’oeuvre), d’un roman riche de sens et du meilleur roman que j’ai eu la chance de lire.
Eric Folot
Je suis pour un retour à la culture générale, pas à l’enseignement du latin et du grec.
Merci, Jean-Renaud, pour votre précision sur la culture.Votre commentaire avait un rapport avec l’article de M. Facal.
Par contre, je ne comprend pas qu’on parle de mettre à la retraite des personnes comme Marois, Duceppe et Dumont, car il n’y a pas de rapport. Mettre Charest à la retraite, oui, car il a une responsabilité dans la situation présente.
Je tiens à préciser que je ne prône pas le retour de l’enseignement du latin et du grec. Je ne connais personne qui le souhaite. J’y ai fait allusion simplement pour illustrer l’importance qu’on a déjà accordé aux grandes civilisations du passé. C’était un moyen d’avoir accès aux textes anciens, aux mots dont tirent leur origine ceux que nous utilisons. Ces langues, croyait-on, avait aussi un rôle dans le développement du cerveau et de la pensée logique.
L’importance qu’on accordait à la sagesse accumulée au fil des générations n’est plus la même. Il est normale que chaque génération veuille s’affirmer. Je dirais même qu’il est sain qu’il en soit ainsi. Mais de là à ne plus laisser de place à la formation générale, aux grands penseurs qui ont influencé notre conception du monde, il y a un pas qu’on ne devrait pas franchir si facilement.
Je crois que ce qui est en cause ici, c’est que tout n’a pas la même valeur. On a dit qu’il fallait que le contenu enseigné soit intéressant. J’applaudis à cette affirmation. Je déplore justement que plusieurs enseigants ne soient pas passionné des matières qu’ils enseignent. Ce n’est pas parce qu’on a un diplôme de pédagogie qu’on peut enseigner l’histoire ou la littrérature avec suffisamment de passion pour les faire aimer.
Au téléjournal, il y a quelques semaines, un professeur de musique disait ne pas enseigner tellement de chansons françaises parce qu’il trouvait la musique américaine beaucoup plus stimulante. Dans ce contexte, il est difficile de faire aimer Vigneault, Ferland, Leclerc, Brassens, Brel et les autres.
Un bon moyen «d’avoir accès aux textes anciens», vraiment accès, n’est-ce pas de pouvoir les lire dans la langue dans laquelle ils ont été écris Jacque? N’est-ce pas l’argument utilisé par certains cinéphiles par exemple, pour refuser de voir des films doublés…?
Bon d’acord on ne peut pas généraliser l’apprentissage du Grec ancien et du latin quand une bonne partie des étudiants d’aujourd’hui ne comprennent même pas ce qu’ils lisent en français. Et quand le système d’éducation n’a plus d’éducation que le nom.
Encore que je ne suis pas bien certain que ce ne serait pas une bonne façon de mieux maîtriser notre français dont le latin est à la racine ce que nous avons tendance à oublier.
Pour le reste je pense que notre système d’éducation et je dirais même la grande partie de tout notre système public est pratiquement comparable au château de Kafka. Tu sais quand tu y entre, pis après très vite tu ne sais plus où t’es rendu…
Je suis tout fait d’accord avec l’opinion de Sébastien Mathieu et ethos. Il est anormal que notre système d’éducation ne soit pas stimulant et ne propose pas l’excellence, au lieu de niveler par le bas.
Si aujourd’hui j’aime la musique, c’est peut-être parce que dans les années soixante, un prof faisait jouer des symphonies dans la classe le vendredi après midi. Et qu’un jour il m’a donné un disque, le sacre du printemps de Stravinsky.
Et je trouve anormal qu’on baisse les bras trop facilement en disant comme Joseph «Il ne faut évidemment pas compter sur l’aide de l’actuel Ministère de l’Éducation». Soit dit en tout respect pour Joseph. Bout de ciarge comme dit mon oncle!
Sommes nous vraiment incapables de voir les choses comme elle devraient être et de se dire pourquoi pas?
La question méritait sûrement d’être posée comme tu le fais, Gilles. J’aime bien ton analogie avec la langue de la version originale d’un film.
J’aime bien aussi la question qui tue de monsieur Facal: « Pourquoi notre système d’éducation a-t-il renoncé, sauf d’heureuses exceptions, à transmettre la culture classique ? »
J’ai presque le goût d’y répondre. Mais puisqu’il s’agit d’une question qui tue, je ferai preuve de modération. Je me contenterai toutefois de signaler que les nouveaux maîtres du Ministère de l’Éductation se sont vite empressés de reconnaître comme 14 ans de scolarité un BA qui en avait demandé 15. Ce fut une autre façon de niveler par le bas.
Sans imposer la formation classique, on devrait tout au moins l’offrir à ceux qui le souhaitent. Il me semble que ce ne serait pas anti-démocratique.
Bonjour,
….. « Il ne faut évidemment pas compter sur l’aide de l’actuel Ministère de l’Éducation. » J.Facal
En effet, comme ce fut le cas aussi sous Pierre Reid, Jean-Marc Fournier et l’actuelle Michelle Courchesne.
SI ce n’était que le choix des livres à faire lire aux élèves et étudiants québécois après une réforme réussie ; ce serait un moindre mal, mais il y pire …
«Cette réforme (…) aura indéniablement contribué à un nivèlement par le bas des exigences à l’égard des élèves.» – Robert Comeau et Josiane Lavallée (La réforme scolaire: né pour un petit bulletin) .
En effet : «Des fois, il ne reste plus qu’à hurler. Encore et encore.» Joseph Facal : « Hurler sa colère », 7 mai 2009.
***
2000-2001 : Commencement de l’implantation de la réforme en maternelle et au premier cycle du primaire.
Qui sont les coupables :
- ceux qui ont été responsables à tour de rôle avant l’implantation (Garon, Marois) ; et durant et après l’implantation (Legault) ? Certainement !
- ceux qui ont laissé faire – et foncé dans le mur – depuis 2003 ? Certainement !
Pourtant ce n’était pas dans l’intérêt du PLQ de laisser continuer une telle réforme, au lieu de faire comme la Suisse et revenir en arrière – tout en mettant tout sur le dos du PQ. ILs avaient un Gros » mandat pour le faire : priorité à l’éducation et la Santé, rappelez-vous!
De plus, ces « idéologues » à la Robert Bisaillon et Inchauspé n’étaient pas des amis des libéraux. Loin de là ! Alors pourquoi ce silence de près de 7 ans avant de bouger un peu ?
Pourtant si Mme Couchesne a osé modifier un calendrier scolaire pour satisfaire un 2% de la population ; pourquoi avoir oublié le bien commun pour 98% de la population ?
Ces mêmes idéologues étaient dans les écoles (CEQ, il me semble) au moment où mes enfants y étaient (voir mon texte dans « Burger King), où l’excellence était un mot proscrit. C’est bien pour dire combien longtemps ils ont duré… et ont été néfastes.
La vraie question qui tue : sommes-nous sortis du bois ? Est-ce que des changements fondamentaux ont été apportés ? Ou bien tout reste à faire ?
Je suis pleinement d’accord, Joseph, avec vos nombreuses prises de positions sur « cette désastreuse réforme de l’éducation » !
Bonne nuit,
« La vraie question qui tue : sommes-nous sortis du bois ? »
Bonne question, monsieur Dubois! :-)
Le retour au classique, ça donnerait ça… audio Jacques Brel, Les Bourgeois.
Par ailleurs, vous vous proposez comme modèle. J’apprécie; j’ai une petite gêne à mettre ça personnel mais je me soigne comme d’autres ici. Admettez cependant que vous êtes un Québécois intégré mais pas typique, un peu Jésuite. Soyez-en fier et je vous en remercie.
Brillante stratégie avec vos enfants, j’ai aussi des connaissances théoriques plus que pratiques en pédagogie et elles datent.
J’ai parlé de votre article à une auteure du monde de la pédagodie sur la lecture. Elle m’a signalé qu’en lecture, il y a miroir et fenêtre. Guillaume Vigneault serait miroir. Je trouve que vous êtes quelque chose comme un bon parent.
Gilles Vigneault est un un de nos poètes à la fois miroir et fenêtre, quelque chose comme d’Aragon dont Jean Ferrat récemment décédé a retenu comme vous savez que audio La femme est l’avenir de l’homme. Je ne suis pas sûr qu’il parlait de Nathalie Normandeau, une interlocutrice valable mais séduisante et l’inverse.
Bref:
Pourquoi remonter
À Ève et Adam, quand
le pétrole s’en va tant
On n’a plus le temps
Peu importe ce qu’on peut désirer pour demain
Avec le pétrole qui s’écoule
Aurons-nous une chance, monsieur une Lachance?
J’ai lu avec intérêt ce billet d’autant que je me suis également posée cette question, en voyant les « choix » de lecture offerts à ma fille au secondaire.
Sous prétexte de « maintenir l’intérêt, on leur offre des auteurs contemporains « à la mode » dont, une bonne partie, ont accouchés d’oeuvres banales, fades, à l’intrigue facile, voire simpliste, et ce, au détriment d’oeuvres classiques magistrales.
C’est non seulement dommage mais dommageable.
Parce que, lorsqu’a force de niveller par le bas, nous sommes en train de fabriquer des « cancres diplomés ».
Je pense qu’on est pas seul à se faire rouler dans la farine par notre système d’éducation. Le nivellement par le bas est plus répandu qu’on ne le pense. Allez voir ce que font nos cousins dans leurs institutions d’enseignement :
http://www.marianne2.fr/Et-apres-on-brulera-les-dictionnaires_a194974.html
Spontanément Gilles, quel est le critère, la frontière, entre nivellement par le haut et le bas dans la pensée de nos cousins tel que perçu par Éric Conan ?
Ma deuxième question qui date de quelques heures, de quelques jours même si j’ajoute le message de J.F. Monfette ailleurs ici (premier message), qui désignez-vous par on ci-devant dans « je pense qu’on… ? Les moins de 5 ans ? Les moins de 10, de 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45,50, 55, 60, 65, 70, 75, 80, 85, 90, 95, 100, 105, de 110 et plus ?
P.S. J’apprends à économiser l’espace vertical.
Je n’sais pas Robert si vous venez de me niveler, par le haut ou par le bas, mais le bât lui, me blesse néanmoins sans doute un peu, parce que metton que je ne saisis pas bien la question.
Le on, c’est nous. Ne manque plus qu’un mot pour qu’on soit en trinité.
Mais disons que si on (encore lui?) ne parviens plus collectivement à se mettre d’accord sur un certain nombre de choses communes, notamment le sens des mots et des choses qu’on désigne par les mots, j’ai comme le sentiment qu’à la fin on va se retrouver dans une Babelle culturelle qui va nous faire regretter de ne pas être né sur Mars…
Suite à votre mot de l’autre jour je suis allé écouter Ferrat sur youtube. J’ai fait un petit tour dans son oeuvre et ça m’a rappelé de bons moments. Merci
Bah ! Cette fois, c’est moi qui a du mal à comprendre. Si vous aviez écrit nom au lieu de mot, j’aurais cherché.
Pour le nous, j’en suis à celui de Jean-François Lisée, NOUS. il me reste à retrouver une chanson de Céline Dion qui traite d’un autre nous, plus intime. J’ai entendu par hasard hier soir en me rendant au sex shop.
Je blague en écrivant sexe shop, ce n’est pas inutile de préciser. Si j’étais payé à la ligne, comme il fût, j’en aurais long à écrire.
Je me rendais à un événement techno dont je ne serais pas surpris que Régis Labeaume a été un inspirateur pour savoir quoi offrir en cadeaux à mon petit fils à Noël où NOUS serons dans pas grand temps. Ce qu’il porte à ma connaissance, cet enfant, pas Régis Labeaume, en cette semaine de garde me questionne au plus profond de NOUS pour tout dire.
Bonne fin de semaine tout de même comme dit l’autre !
«trinité» Robert, c’était pour pimenter un peu le sujet. Vu que Joseph nous laisse aller on (Hon!) s’en va dans toués bords.
Question de sens, je vais aller sonder la semaine prochaine, le sens de mes mots que leur donnent les amaricains : «I beg your pardon?», ce à quoi je répond invariablement Think big Stie, spèce d’épais! Avec un grand sourire, évidemment.
Vu qu’on a déjà perdu notre latin, le vieux Grec et la tête, ça s’rait ben n’épouvantable si en plus on pardait notre anglais hein?
Moi qui suis né sur la côte juste à côté des chutes, j’ai pas eu souvent le loisir de pratiquer le Shake et le Speare.
Et aujourd’hui, ici et maintenant (j’aurais pu l’écrire en latin vous savez) les vaches de mon voisin ont beau être multiculturelles, la conversation est pas très élaborée.
Et comme il n’y a pas de Sex Shop dans mon village perdu, j’ai pas le loisir d’améliorer mon universalisme en lisant les instruction pleine de mots nouveaux dignes probablement du dictionnaire des élèves de nos cousins(ah petit retour au sujet quand même), mais en universel, sur les bidules affriolants.
Hé, le sujet s’étiole vu qu’on en est à écrire n’importe quoi, enfin, vous et moi, et je sens que Joseph va bientôt s’écrier «misère!».
Je vous reverrai plus tard, si je ne meurs pas dans un attentat terroriste en qualité de dommage collatéral, vu que c’est chose courante par là qui disent.
Je pars avec «Le jeu des Perles de verre» de Hermann Hesse, et pour écoeurer ceux qui reviennent au boulot, «Le travail, une valeur en voie de dispariton» de Dominique Méda.
Oui je sais, c’est pas de parution récente. Pis après? Aristote non plus à ce que je sache…
@ tout seigneur tout honneur…
Vous parlez de Pauline et de Gilles ?
Pauline, je ne la remplace pas: il faut que jeunesse se passe.
Tant qu’à Gilles, je ne crois pas à la négociation à 1 contre trois; j’ai connu de près un front commun. Il faut que Gilles et ses braves ou tendres se tassent.
La question en titre est: « Le bon combat ».
MM. Facal et Martineau le voient en éducation. C’est une hypothèse de travail fondée, au secondaire ils ont un intérêt personnel parental.
Si vous me lisez un peu, vous savez que je verrais ce combat en régénération de notre population: engendrement et immigration. J’ai une préoccupation intergénérationnelle. L’éducation des adultes serait urgente, à faire en parallèle sinon avant une réforme de l’enseignement au secondaire.
À Québec, Cogeco met deux stations de radio en vente. Une serait suffisante pour amorcer la contre-révolution-tranquille qui s’impose et s’amorce au Québec pour faire de Québec la ville la plus dynamique du Canada. L’autre essaierait de concurrencer. C’est ce que Régis Labeaume souhaite. La scène actuelle de l’éducation contre-révolutionnaire est depuis des années Musique Plus, Virginie et Simple Plan. Devrais-je ajouter RDS et le canal poker ?
Pour répondre à Jacques Dalpé sur un autre sujet que j’ai évoqué malicieusement. Dans son livre La face cachée du pétrole publié en février 2006, Éric Laurent, qu’il soit lu et apprécié, se vide le coeur en ces deux courtes phrases: “Il a fallu 500 millions d’années pour que les gisements de pétrole se créent et moins d’un siècle pour arriver à leur épuisement. Née avec le pétrole, la prospérité comme nous la connaissons disparaîtra avec lui.”
Bien sûr, le siècle dont il parle n’est pas terminé, il n’aurait commencé qu’avec la deuxième guerre mondiale en 1939-1945. Par prospérité on peut comprendre tout ce à quoi a donné lieu le pétrole en facilitant le déplacement des personnes, en motorisant l’industrie et l’agriculture, en permettant le transport d’une multitude de matériaux et d’objets. Le tout a donné une société de production et de consommation alphabétisée à la merci de l’imprévisible économique occasionnée par la globalisation.
La suite de Québec de 2008 à 2108 va prendre place dans ce contexte de sevrage d’un pétrole devenant de plus en plus rare et cher, de recherche de formules à son remplacement comme source d’énergie et d’un art de vivre axé sur un essentiel qui reste à déterminer et propager.
Dans ce contexte où situer une connaissance de la culture classique.
Vous avez-foi dans les humanités, ça vous regarde. Comment les plus grands esprits ont-ils répondu aux problèmes de globalisation et de surconsommation de leurs époques. Quelqu’un qui les connaît ad noseam devrait faire de leurs meilleures réponses « une version abrégée de bonne qualité » dont Musique Plus, Virginie et Simple Plan pourront s’inspirer.
Nous vivons en effet dans une culture allergique à l’effort. Les responsables ? Les politiciens qui, pour séduire l’électorat, nous promettent l’Éden sans effort et sans travail.
De rien, Gilles pour ma référence qui vous a fait faire un petit tour dans l’oeuvre de Jean Ferrat et qui vous a rappelé de bons moments. J’ai aussi fait ce petit tour d’une époque qui avait un sens différent de la nôtre et de la suivante, pour faire trinité. Bon voyage chez les Américains.
@ Jean-Renaud en réponse à 02 août 2010 à 12:01, ci haut,
À l’Assemblée Nationale, j’aimerais mieux vous avoir de mon bord qu’en face.
À Ottawa, je n’enverrais pas de députés. En réaction, si ceux du ceux du ROC tiennent à nous, ils n’oseraient pas nous dépouiller de peur que nous tenions un référendum gagnant.
No representation, no taxation. Les Québécois n’auraient plus à verser des impôts au fédéral. Le Roc dirait c’est pas juste. Nous dirions d’accord, nous devons négocier notre interdépendance: faire comme ils ont fait en Scandinavie. Des dizaines d’années d’information pour les médias et de travail pour nos élus.
D’accord, à Québec, nous n’avons pas besoin d’un nouveau chef du PQ. À son âge en politique, être une femme n’est pas un handicap pour Mme Marois; son espérance de vie est de trois ou quatre ans plus élevée que celle d’un homme. Elle peut mettre 20 ans à devenir premier ministre et ne pas décéder en fonction.
Le PLQ n’a pas besoin d’un nouveau chef; il est meilleur que Johnson et deux fois Bourassa. Pas meilleur que Lesage par contre. Le PLQ a besoin d’au moins un nouveau ministre, c’est certain. les médias ont besoin de sujets de conversation.
Marois, j’ai réglé plus haut.
Duceppe ? Sénateur en remplacement de Jacques Demers ? Est-ce que le Canada compte un sénateur péquiste ? Ça se devrait en bonne démocratie.
Au sujet des livres de Lisée, Parizeau et Facal, le mieux à faire est de les relire en attendant ceux de Mario Dumont, Johanne Marcotte, Éric Duhaime ou Ian Sénécal.
Monsieur Facal, non seulement les jeunes d’aujourd’hui ne se posent pas les mêmes questions qu’il y a 2 500 mais il ne se posent pas les mêmes questions que vous et moi. Platon n’avait rien à dire au sujet du réchauffement climatique, Aristote rien au sujet des droits humains, Descartes rien au sujet des quasars, Kant rien à propos de la cyberdépendance et Camus rien à propos de la destruction des récifs de corail. De même, les interrogations des adultes ne sont pas celles des adolescents. Pensez-vous qu’ils songent autant que nous à la maladie, aux REERs, à la famille, à la politique ? Oui, bien sûr, il y a des questions qui traversent les âges. Or c’est justement pour cela qu’elles ne sont pas *nos* questions. Ce sont les questions de toute l’humanité et qui portent, conséquemment, sur ce que les humains ont en commun. Pour ce qui est de *nos* questions et a fortiori celles des jeunes, il faut savoir les prendre dans l’ordre dans lequel elles se présentent naturellement (vos méthodes pédagogiques sont exemplaires à cet égard) et cesser de s’impatienter de voir la jeunesse se conformer aux traditions, comme des vieillards qui se sentent dépassés par le nouvel ordre : « Dans mon temps… » Bien voilà, c’était *votre* temps. Les traditions n’ont pas réponse à tout et, bien souvent, n’ont réponse à rien du tout qui compte sur le moment. « Times are a-changing » chantait Bob Dylan. Comme c’est à propos. Il revient à chaque nouvelle génération de s’approprier le passé en fonction des épreuves qui sont les siennes.
Simplement pour répondre au commentaire de Victor Beauchesne formulé dans l’embourgeoisement en réaction au mien ci-haut mentionnant la Scandinavie.
D’accord, il faut compter plus d’un millénaire d’histoire. Je parlais géographie pour avoir lu Géopolitique et avenir du Québec de JRM Sauvé. J’imagine avec confiance qu’il a considéré ce que vous énumérez.
Nous nous sommes écarté du bon combat, j’y reviens. Pour des raisons parentales, religieuses et économiques à la prime et tardive adolescence on m’a fait bénéficier du latin, du grec, de la littérature française et de la philosophie. J’aurais décroché n’eut été des sciences et des mathématiques. Une meilleure connaissance de l’anglais m’aurait mieux préparé à ce qui m’attendait comme lecture à l’université et écriture en carrière. Si c’était à refaire, il faudrait m’enseigner l’espagnol, l’arabe, le chinois ou l’indi. Il faut donc être sensible aux particularités de l’élève dont ses préférences et aux appréhensions de l’avenir.
Étant de garde de notre petit fils de six ans cette semaine , j’ai regardé avec lui et sa mamie Le Bossu de Notre-Dame en version dessin animé par Walt Disney. Il a apprécié et demandé à revoir le lendemain; elle a déploré l’absence de référence à Victor Hugo; a-t-il compris comme moi les aléas de la sexualité; s’est-il identifié à l’héroïne, au bossu, au capitaine blond ou à l’infame tyran ? Qu’en retiendra-t-il ? De l’enseignement que j’ai reçu en belles lettres de l’abbé Talbot je n’ai retenu de Victor Hugo que ceci: « plus l’on tombe de haut, plus la chute est profonde ».
Du grec que j’écris ta dzoa tréqueil, je traduis par les oies tricottent. Si la culture est « tout ce qui reste une fois que l’on a tout oublié » je ne suis pas très cultivé suite à mes belles lettres.