Le beau risque
3 mars 2010 par Joseph Facal
Depuis sa défaite de 2003, le PQ a sans cesse repoussé la «modernisation» tant promise de sa social-démocratie.
Dans une dizaine de jours, les militants péquistes se réuniront pour parler de création de la richesse. C’est un début. Il faudra évidemment attendre le congrès de l’an prochain et les engagements électoraux pour se faire une idée plus claire.
Pour créer de la richesse, la recette de base est la même partout : baisse des impôts, hausse des tarifs et de la taxe de vente, fin de l’endettement, productivité accrue, performance éducative. C’est la proportion des ingrédients qui peut varier. Si ça vous amuse, on peut bien rebaptiser tout cela «gauche efficace». La Suède, le Danemark, l’Irlande, la Bavière sont passés par là.
Au fil des années, le PQ a reçu avec hostilité ou tiédeur les rapports Ménard, Fortin, Gagné, Pronovost, Castonguay, Montmarquette et j’en oublie, qui lui disaient quoi faire. Ils se trompaient tous ? Un grand complot «lucide» ? Et où étaient les contre-propositions ? Au mieux, le PQ se disait ouvert à en débattre. Autant d’occasions perdues d’amorcer un virage nécessaire.
Remarquez, le PLQ n’a pas fait mieux, mais il m’est difficile de comprendre comment quelqu’un pourrait encore penser que le redressement du Québec viendra du PLQ. Il est vrai que les changements de chef et la question identitaire, où le PQ s’est bien ressaisi, ont pris énormément de place.
Je crois cependant que des raisons plus profondes expliquent mieux ces résistances. Certains militants ont grandi à l’ombre du modèle hérité de la Révolution tranquille. Changer serait pour eux une sorte de renoncement, et tant pis si la réalité travestit chaque jour un peu plus les idéaux de départ.
D’autres, sans trop se l’avouer, craignent de ne pas voir la souveraineté de leur vivant. Ils se durcissent donc sur les autres enjeux par compensation psychologique, par crainte de devoir conclure que l’engagement de toute une vie a échoué sur toute la ligne. Il y en a aussi qui ont exactement la même idéologie que Québec solidaire, mais qui militent au PQ pour se coller au pouvoir.
Évidemment, le PQ n’est pas monolithique. Nombre de péquistes voient que notre monde a changé. Ils comprennent que ne pas bouger, ou bouger à peine, conduit à la perte de nos acquis sociaux aussi sûrement qu’en les démantelant. Ils réalisent que la prospérité n’est pas un but en soi, mais la condition pour pouvoir financer correctement la solidarité. Mais ceux-là, on ne les entend jamais.
Que le PQ soit plus proche des syndicats que le PLQ ne serait pas en soi un problème, s’il acceptait de leur parler dans le blanc des yeux. Mais, évidemment, ceci complique cela. Les faits sont pourtant terriblement têtus : dans les classements internationaux comparant les niveaux de vie, nous reculons, et notre déclin démographique risque d’accélérer cette glissade.
Rien ne serait plus triste que de voir le PQ attendre passivement que le peuple se lasse des libéraux. Il hériterait d’une situation désastreuse. Il devrait alors faire le ménage sans mandat populaire et de manière improvisée. Il doit bouger maintenant. C’est un risque, mais c’est un beau risque.
18 réponses à “Le beau risque”
Bonjour M. Facal
Je me présente , Mathieu Leclerc 28 ans de Rouyn-Noranda , Ambulancier , écrivain à mes heures ….
Je m’interroge depuis des années sur un seul sujet comment réaliser ce pays et j’arrive à la fin de ma réflexion. Je crois sincèrement avoir la solution finalement.
Créer une vrai démocratie avant de faire un référendum, sortir la pensée collective , préparer la structure décisionnelle en marge des gouvernements actuel.
Tâche du MLQ (mouvement de libération du Québec)
Création d’un système informatique à reconnaissance biométrique pour recueillir l’opinion de chaque résident du Québec.
Le gouvernement agirait selon les résultats.
Fini de voté toutes les 4 ans pour un parti , une idée , un gars …..
Une vrai démocratie .
J’aimerais discuter avec vous sur la faisabilité de ce projet.
(J’ai derrière moi plusieurs textes qui expose ma vision …)
svp ne pas afficher ce commentaire
mathieu leclerc
mathieuleclerc111@hotmail.com
Simplement sortir le P.Q. de sa situation d’otage de la gauche, les choses iraient dans la bonne direction. C’est-à-dire vers la souveraineté, si ce n’est même l’indépendance.
Le Québec est une société riche. En tout premier lieu, riche par sa population. C’est l’organisation de notre société qui fait problème, qui doit être revue et corrigée.
Si les péquistes ne se posent pas en critique de la social-démocratie, alors même qu’ils sont dans l’opposition, il sera tout loisible aux libéraux de le faire à partir d’une position confortable, celle du pouvoir.
C’est dans ce contexte (il y en a d’autres) que Q.S. agit, volontairement ou non, en maître-chanteur à l’égard du mouvement indépendantiste.
Rien ne serait plus triste que de voir le PQ attendre passivement que le peuple se lasse des libéraux dites-vous. Et sur cet aspect des choses je partage entièrement votre avis. C’est pitoyable comme stratégie si c’est la stratégie du PQ.
De même qu’il serait honteux que le Québec soit expulsé du Canada alors que la dignité appelle à une marche volontaire et consciente vers la souveraineté. Mais je suis sans doute idéaliste et tout le monde sait que c’est dépassé. J’assume.
Cela dit je ne pense pas que les lucides ont tout faux. Mais je ne pense pas pour autant qu’ils ont entièrement raison.
Ce qui m’est difficile à accepter dans les positions que vous défendez Joseph, c’est cette idée maîtresse voulant que la création de richesse repose sur l’axiome, la recette de base dites vous, que sont la baisse des impôts, la hausse des tarifs et de la taxe de vente,la fin de l’endettement. Vérité indémontrable mais évidente dans votre esprit.
Or si vous admettez que la proportion des ingrédients peut varier, il semble bien que tous les ingrédients doivent inévitablement faire partie de la recette. C’est une proposition fermée.
Pourtant il y a une chose qui n’est pas tenu en compte et qui peut pourtant intervenir grandement sur la proportion des ingrédients. C’est la gestion des fonds publics disponibles.
Je ne parle pas de coupures de postes et de distribution de services je parle simplement de la façon dont sont gérés au quotidien les fonds publics disponibles.
Êtes-vous conscient du gaspillage important des fonds publics dans l’appareil gouvernemental? C’est parfois encouragé par les règles budgétaires qui pourraient être modifiées.
Par exemple dans tous le sministères et organismes, au cours du mois de mars, les tiroirs sont systématiquement vidés de leur contenu.
Il s’achètera quantité de choses inutiles au cours du mois. Des meubles pour remplacer des meubles parfaitement fonctionnels, des appareils électroniques et informatiques parfaitement adéquats seront remplacés, parce qu’il faut que tout le budget prévu soit dépensé avant le 31 mars. Des réaménagements d’espace et de bureaux seront réalisés à grands frais, parce que tel dirigeant n’aime pas la couleur de ses murs. Etc.
Et puis le travail au noir a été dénoncé qui prive le gouvernement de sommes considérables sinon fabuleuses. L’évasion fiscale qui en découle ainsi que celle d’impôts impayés et l’argent blanchi, qui même dénoncée ne fait l’objet d’aucun suivi comme l’ont révélées les émissions Enquête. C’est sans compter les redevances qui ne sont pas perçues sur les ressources naturelles. Tout cela prive le trésor public de sommes importantes, considérables.
À combien se montrent-elles je ne suis pas comptable mais mis bout à bout, il tombe sous le sens que si l’on veut vraiment assainir les finances publiques, avant de faire le gâteau avec les seuls ingrédients que vous préconisez Joseph, je suis d’avis qu’il faudrait voir aussi s’il n’y en a pas d’autres, importants, et qui sont négligés.
La recette du gâteau lucide peut bien finir par s’appliquer tant la pression est forte. Mais je ne suis pas certain que l’on soignera ainsi le coeur du problème, ni que le remède doive reposer entièrement aux frais de la masse, cette populaiton qui est déjà étranglée par le laxisme existant dans la gestion des fonds publics.
St Thomas d’Aquin disait que la vertu est dans l’équilibre. J’aimerais bien que les lucides soient capables de montrer que leur solution rejoint ce principe élémentaire selon moi.
Bonjour M. Facal,
Je ne suis pas un souverainiste à proprement dit, mais j’admire votre détermination à réanimer cette fierté québécoise perdue.
En ce qui concerne « le beau risque », je me demande bien si la société québécoise est intéressée à le réaliser. Comme vous dîtes, la majorité des gens sont devenus campés dans leur positions et ne veulent rien changer.
C’est blanc ou noir, capitaliste ou socialiste, lucide ou solidaire. Plus c’est simple, mieux c’est. Et ne tentez pas de compliquer les choses avec des idées nouvelles…
Par exemple, j’ai écris dans mon journal local un article intitulé « Pour un Québec efficace », dans lequel je vantais le manifeste de Marcel Boyer en faveur d’une fonction publique compétitive. La réponse à mon article dénonçait l’association de son auteur avec l’IEDM et Power Corporation…
Bref, j’ai l’impression que les gens vous mettent dans une boîte dès que vous parlez. Ils n’écoutent plus vraiment ce qui est dit, plutôt d’où provient l’idée.
Dégoutés des vieux partis, je me cherche une voie pour rendre le Québec plus efficace et compétitif. Que diable me conseillez-vous de faire?
Je partage l’avis de M Facal,le PLQ qui a pratiqué un politique du laisser faire pour ne pas nuire à ses chances de garder le pouvoir afin de le mettre au service de puissants réseaux d’intérêts qui squattent notre État, ne sera pas en mesure de répondre au défi qui se pose.
Je fais plutôt confiance à des personnalités comme M Facal et M François Legault chez qui la loyauté nationale ne fait pas défaut.
Le départ de M Legault a sans doute été causé par que Mme Marois n’était pas prêt à accueillir ses propositions qui allaient mettre en question le modèle figé de la sociale démocratie hérité des années 70. Elle semble avoir bougé un peu depuis si on en juge le thème du prochain colloque du PQ.
Je commente ici sur le départ de M Legault et la mort de la sociale démocratie, qui devra se réinventé comme dans les pays d’Europe du Nord, en sociale économie: Une économie performante pour préserver les missions sociales:
http://www.vigile.net/Le-depart-de-M-Legault
…….
M Bernard Landry dans une lettre soulignant le départ de M Legault, fait écho au débat soulevé par son départ sur les défis qui se posent au Québec.
Et que M Landry ramène à un thème : la productivité :
(…)
« La productivité
Les solutions ne sont donc pas nombreuses, elles s’articulent autour d’une notion qui doit faire l’unanimité : la productivité.
(…)
Tout cela n’a rien à voir avec quelque rigidité idéologique de droite ou de gauche. C’est comme pour l’indépendance nationale : elle n’est en soi ni à droite ni à gauche, ….. »
(…)
http://www.ledevoir.com/2009/07/09/...
Je pense que M Landry a bien cadrer le débat.Il porte sur les stratégies d’État à adopter pour améliorer la productivité, non seulement économique du Québec, mais aussi politique; et là le PLQ n’est juste pas dans la game pour des raisons idéologiques.
J’y croyais et je n’y crois plus. La souveraineté version PQ a mal vieilli. Cette vision de la libération du peuple québecois ne correspond plus à notre réalité. Je suis souvent surpris à quel point ce parti qui prétend donner la liberté aux Québecois a finalement si peur de la liberté. Il craint de remettre en question de vieilles idées qui nous retiennent. Le rôle de l’état québecois est sûrement leur lubie la plus tenace. Il est plus important de garder ces structures désuètes que de déplaire à leurs alliés syndicaux. Allez comprendre ! Et c’est le peuple québecois qui en souffre. La liberté c’est surtout la liberté de faire des choix mais il me semble qu’on nous donne de moins en moins de choix. Nos choix quant à la santé, l’éducation et même l’économie sont souvent dictés par l’idéologie et non par la réalité.
Je crois encore que le lien colonial entre le Québec et le Canada doit être brisé et redéfini.
Mais je ne crois pas que la libération passera par des idéologues de gauche ou de droite. Ce que nous voulons tous c’est que le Québec avance et progresse alors nous avons besoin de véritables solutions. Vous en énoncez plusieurs dans votre article. Mais qui osera les soumettre au peuple québecois ? Il n’y a personne dans le cockpit…
Daniel, Il n’y a pas, et il n’y a jamais eu, de lien colonial entre le Québec et le Canada et nous sommes déja un des peuples les plus libres au monde.
Ceci dit, vous avez taper dans le mil avec vos propos. Le PLQ et le PQ connaissent très bien les problèmes et ils savent quoi faire pour les régler. Mais ils se sont peinturés dans le coin. Les Libéraux ne veulent pas perdre le pouvoir car la seule option c’est le PQ et son éternelle débat sur la souveraineté. Le PQ n’est pas intéressé à réglé les problèmes de fonds car cela pourrait dire des votes pour le Non au prochain référendum. En d’autres mots, ils vont en donner encore plus au peuple pour attirer des Oui. Les Libéraux ne veulent pas régler les problèmes de fonds car cela pourrait dire des votes pour le Oui. En d’autres mots, ils vont en donner encore plus au peuple pour attirer des Non. Le vraie problème est que le « débat national » à pris trops de nos énergies durant les derniers 40 ans et toutes les décisions sont prises en fonction de ça. C’est assez! Nous devons prendre des décisions basé sur le « gros bons sens ». Point à la ligne.
M.Facal,
Concernant la (sous)performance éducative qui permettrait au Québec de s’enrichir, il est étonnant de constater le silence du PQ sur le sujet. Pourquoi ?
Comment se fait-il qu’un parti qui se dit souverainiste, et qui ose du bout des lèvres se réapproprier la question identitaire, ne s’insurge t-il
pas davantage devant le fiasco de notre système d’éducation ? Pourquoi ne dénonce-t-il pas les dérives qui minent l’enseignement catastrophique du français et de l’histoire ( identité ! )dans nos écoles secondaires ? Comment ce parti peut-il se terrer dans un mutisme peureux concernant les dérives ( encore ! )qui gangrènent les programmes et surtout l’évaluation ? Parce que Pauline Marois en est l’instigatrice ? Le PQ est déconnecté de la réalité, et est à la solde des SPQL de ce monde… Voilà bientôt 7 ans que Charest ( Capitaine Canada ) sévit à Québec, et le PQ n’est pas foutu de mordre davantage, d’attaquer davantage, de jouer franc-jeu face à la question identitaire. Les 700 000 Québécois qui ont opté pour l’ADQ en 2007 l’ont en partie fait pour une raison identitaire, déçus qu’ils étaient par l’hésitation péquiste. Que Marois mette ses culottes, ou qu’elle dégage, ce qu’elle fera de toute façon à la suite de sa prochaine défaite électorale. Est-ce que je rêve ou bien, faute de mieux, la majorité francophone du Québec restera chez-elle lors de la prochaine élection, et regardera encore l’Ile de Montréal élire le PLQ ???
Bonjour Monsieur Facal,
Avant la crise économique qui a secoué à peu près tous les pays civilisés, ça allait relativement bien chez nous, au Québec. Le chômage était très bas et la lutte au déficit affichait des progrès acceptables. On ne prévoyait pas la nécessité d’augmenter les impôts et on a même baissé la TPS. Nous nous engagions dans cette phase plutôt encourageante, abstraction faite des sempiternels problèmes de la santé et du décrochage scolaire. Il en est résulté que le parti au pouvoir se faisait moins massacrer pour sa philosophie et ses approches. Si nous revenons à notre réalité d’aujourd’hui, au présent stade de la crise où nous constatons des signes qu’elle tire sur sa fin, pourquoi faudrait-il conclure que notre système capitaliste n’est pas bon et penser qu’il faille lorgner du côté du socialisme ?
Mes perceptions à moi, ce qui retient mon attention en regard de la création de la richesse gravite autour des considérations suivantes:
- Beaucoup d’entrepreneurs ont fermé leur entreprise et continuent de s’occuper de leurs clients en faisant venir la marchandise de fabricants à l’étranger. Ils ont délaissé la fabrication pour l’importation.
- Beaucoup d’entrepreneurs québécois chercheront à ré-ouvrir leur manufacture, mais dans un autre pays où les avantages seront les plus nombreux (ex:coût de la main-d’oeuvre et climat propice à un chauffage moins dispendieux, suite à l’augmentation des coûts de l’électricité au Québec).
- Beaucoup d’entrepreneurs étrangers choisiront un autre pays pour les mêmes raisons et, en plus, à cause des contraintes sur le plan linguistique qui déplairaient à leurs employés anglophones advenat leur transfert au Québec et qui nuiraient au recrutement de spécialistes.
- D’autres investisseurs craindront la mainmise des syndicats.
- Beaucoup de gens instruits quitteront le Québec pour fuir les impôts plus élevés.
- D’autres voudront éviter l’insécurité reliée au tiraillement politique.
Peu importe les orientations qui seront prises, il semble que tout le monde aura sa place le 16 mars…
http://www.youtube.com/watch?v=RXQNlsQGdsw&feature=player_embedded
C’est intéressant Denis, Mais il y a tellement d’écrans à surveiller…..
Monsieur Facal,
Vous n’avez pas commenté l’histoire du niqab mais j’aimerais avoir votre avis sur une théorie que j’ai au sujet de cette tempête dans un verre d’eau médiatique…
Je crois que tout ce débat sur le niqab est très intelligent. En effet, remarquer comme les Québécois, qui avant se disaient contre le voile disent maintenant »le voile ça va, mais le niqab, c’est exagéré ». Si j’étais le genre théorie du complot, je dirais que c’est une excellente façon d’offrir un défouloir aux québécois sur un symbole que les intégristes ne veulent pas vraiment et qui est effectivement très minoritaire pour ensuite les peinturer dans un coin au sujet du voile.
Si on retournent en arrière avec l’histoire de cette Naima, elle s’est inscrite à son cour sans son niqab, a fait toutes les démarches sans ce dernier et ensuite ça n’a été que provocation après provocations. Le but dans tout ça est assez clair…En mettant l’enphase sur un symbole très minoritaire, on nous empêchent de s’attaquer au véritable symbole de soumission de la femme par la suite… Sous peine de se faire dire que nous menons une chasse au sorcière contre les femmes musulmanes. Le Niqab ne fais pas partie de l’islam, je connais très bien ma matière et cette Naima également.
Nous somme en train de donner aux intégristes, sur un plateau d’argent, la carte de la victimisation et de laisser le voile s’imposer dans l’espace publique. Les québécois veulent que le gouvernement légisfére, ce qu’il fera, mais ils ont déjà oublié la raison initiale des protestations, pas le niqab, mais le voile.
C’est exactement la même stratégie qu’en France …..
Entoucas, toute cette histoire est réellement interessante, c’est fascinant de voir comment les gens peuvent êtres facilement manipulé. Après cette tempête, la culpabilité des québécois fera que ce seront eux qui défendront le port du voile…Ils vont choisir le moindre mal sans réaliser que c’était ça le but…
Que pensez-vous de mon analyse?
Claudia
Bonjour Monsieur Facal,
Plus haut, dans mon énumération des facteurs qui nuisent à la création de la richesse à ce stade-ci, au Québec, j’ai inclus l’insécurité reliée au tiraillement politique. La souveraineté est un mouvement mené par des chefs fiers, engagés et, pour qui, reculer est impensable. Exception faite pour certains, comme Lucien Bouchard qui constate les dégâts que ce mouvement entraîne. Le pire, comme il dit, c’est que la souveraineté est loin d’être certaine. Elle n’est pas certaine, mais les dégâts que nous connaissons sont réels, eux !
Dans le mouvement souverainiste, les professionnels de la politique et leurs collaborateurs des organisations parallèles, certains média inclus, déploient leurs approches pour « transformer » le psychologique des citoyens « indécis ». L’idée est d’amener les gens à comprendre qu’il y a deux camps, les québécois et les anglo (appelé aussi le Canada), que les anglo sont les ennemis qui veulent faire disparaître les représentants de la nation québécoise. L’idée est de créer la peur chez le québécois pour qu’il voit dans la souveraineté le salut. Cette stratégie fait du chemin et les souverainistes s’en réjouissent. Malheureusement, il en résulte des conséquences comme on en voit dans certains pays aux prises avec le racisme (Irlande, Bande de Gaza, Bosnie-Herzégovine, Beyrouth, Egypte, etc) où la dissension et la haine remplacent la bonne entente et où les gestes de représailles sont recherchés de part et d’autre. Au début on disait « les québécois veulent se séparer, pourquoi ? » Maintenant on dit « les québécois nous rejètent, rejettons les nous-mêmes ». Beaucoup de québécois commencent à remarquer qu’ils sont moins aimés (le français à Vancouver). Ils se demanderont « qu’ont-ils à nous reprocher, nous sommes du bon monde? » Les chefs souverainistes, tout heureux de la germination de ce qu’ils auront semé, répondent « vous le voyez bien, ce sont des ennemis, nous vous l’avons toujours dit! » Ces camps s’étant formés et la situation socio-politique poursuivant sa dégénérescence, les investisseurs, dans leurs choix, tiendront compte de ces aspects dans leur analyse de la réalité. Ils ne nous excluront pas comme clients (consommateurs), mais où choisiront-il de s’installer et se développer ? Avons-nous des indices pour indiquer si ce phénomène est amorcé ? Que penser du fait que le Québec connaisse un des plus gros déficits en Occident ? Corollaire, quand on parle des intérêts du Québec et de ceux de la cause de la souveraineté, nous parlons de deux choses.
Pour les chefs du mouvement souverainiste, reculer est impensable, mais si Lucien Bouchard ose afficher un volte-face, il est possible que d’autres personnes lucides ajustent aussi leur point de vue à mesure qu’ils découvrent les conséquences néfastes qui s’abattent sur le Québec, à la suite de tous ces gestes hostiles engendrés devant le spectre de la peur et du rejet. Ceux-ci, se joindraient alors à tous ceux-là qui recherchent la manière d’expliquer l’erreur de se « peinturer dans le coin ». Et, ce mouvement qui bat de l’aile, pourrait bien se mettre à péricliter, indépendamment de l’entêtement de ses chefs.
Peinture pour peinture Normand, quelle est la couleur de la vôtre ?
À moins que la lucidité vous aie gratifié du privilège insigne d’être devenu translucide…?
je m’étonne que vous analysiez les choses d’une manière aussi manichéenne. La lumière n’est pas aussi tranchée sur la terre, qu’elle l’est sur la lune.
Le catastrophisme auquel s’abreuvent certains fédéralistes, et dont ils arrosent le peuple copieusement ne tient plus la route aujourd’hui.
Le vendeur de cacanne qui refuserait de vendre ses cacannes dans un Québec indépendant ne pourrait n’être qu’un con. Ça marchait dans les années soixante dix cet argument là. Mais c’est une idée qui vieillit mal, très mal Normand.
Et à voir converger les affairistes canadian, le domaine énergétique en est un bon exemple, je ne pense pas que le «bone setter» ait beaucoup d’avenir au pays du Québec.
Quant aux contentieux qui existent entre le Québec français et le Canada anglais, si vous pensez que l’amnésie et la négation est une bonne base de reconstruction de rapports satisfaisants entre les deux peuples, vous avez un de vos doigts dans votre queneuil cher ami. Et je ne sais pas bien où situer les autres…
je suis en train de lire l’ensauvagement de Thérèse Delpech qui est un livre majeur sur l’histoire du monde d’hier à demain.
Sa démonstration de la continuité et de l’interdépendance entre tous les éléments de l’histoire est implacable. Mais l’amnésie et la négation sont les plus grands alliés du désordre. Cela elle le démontre aussi.
On ne peut que répéter les mêmes erreurs et tomber dans les mêmes ornières si l’on ne tient pas compte du passé. C’est vrai pour les individus, c’est vrai pour les peuples.
Cher Nicolas G.,
Vous me demandez : que me conseillez-vous ? Il serait extraordinairement présomptueux pour moi de répondre à cette question. Qui suis-je pour jouer à l’orienteur de votre vie ? J’ai mille défauts, mais je ne crois pas que la prétention en soit un.
Je peux d’autant moins répondre que, comme vous et comme des milliers de personnes, je me pose la même lancinante question que vous : quand on n’a plus d’ambition personnelle, comment servir son peuple ? Et comme vous, je tâtonne un peu.
Excusez-moi.
À Claudia,
Vous avez, je le crains, entièrement raison. Votre analyse rejoint un peu celle de Mathieu Bock-Côté, publiée récemment dans La Presse sous le titre «Tolérer l’intolérable».
On se donnera bonne conscience en interdisant le niqab dans les institutions publiques, mais pour montrer que nous ne sommes pas «fermés» pour autant, nous céderons ensuite sur des tas d’autres points, qui relèvent pourtant du même déploiement d’une idéologie politique et non religieuse, impérialiste, dominatrice et anti-démocratique.
[...] la social-démocratie. L’objectif de cette stratégie est gros comme le bras : séduire les lucides déçus, qui trouvent légitimement que le PQ doit être plus ouvert aux idéaux de centre-droite, dans un [...]
Bon anniversaire M. Facal! Bravo pour votre dernier livre éclairant et ouvert à de nouvelles solutions pour le Québec! Grâce à vous j’ai découvert les écrits de Jacques Grand’maison qui dès 1978, dans l’École enfirouapée, dénonçait les imposteurs qui ont accaparé la parole depuis trop longtemps hélas! Ces discours sont encore bien présents non seulement dans nos écoles, mais dans les journaux, la radio, la télévision, les syndicats. J’ai vu comment on traitait votre livre à la télévision en insinuant qu’on était un peu las d’entendre toujours parler de la dette publique et qu’il fallait passer à autre chose!
» Au nom d’une certaine politique, ils sont partout… ailleurs,
sauf là où ils sont, sauf là où un service est requis. Ils sont pour la lutte des classes mais bien peu en classe; pour les travailleurs, moins pour leurs enfants; pour l’égalité de tous mais selon la mesure qu’ils imposent;
contre l’intérêt privé sauf le leur; contre le pouvoir sauf le leur; contre les réactionnaires d’une façon totalitaire; contre toute collaboration en tout confort d’ici la révolution. Ils se disent victimes de la chasse aux sorcières,
mais ils cravachent tout le monde et son père. Ils en veulent aux petits bourgeois sauf à eux-mêmes. Ils dénoncent le cléricalisme en ignorant le leur. Ils combattent le fascisme des autres en dirigeant leurs troupes d’une main de fer. » Jacques Grand’Maison.
Les privilégiés vont se battre encore longtemps pour garder les mains basses sur le Québec.