Lâchez-le
21 novembre 2007 par Joseph Facal
Vingt ans après sa mort, on n’a jamais autant parlé de René Lévesque. Le problème est qu’on essaie surtout de le faire parler lui.
Quand Jean Charest a mis sur pied la commission Bouchard-Taylor, il s’en est trouvé pour dire que jamais René Lévesque n’aurait fait cela. Avec une ou deux interventions fortes, nous dit-on, il aurait tout de suite calmé le jeu.
Des juristes ont signé récemment un texte commun soutenant que le projet de loi péquiste sur l’identité était illégal. Mais ils se sont sentis obligés d’ajouter que René Lévesque n’aurait jamais donné son aval à une telle initiative.
Plusieurs ont aussi avancé que René Lévesque n’aurait pas du tout apprécié ce supposé clivage entre le «nous» et le «eux» qu’ils disent sentir en ce moment.
Le comble sera atteint cette semaine. On se demandera sérieusement, lors d’un colloque, si René Lévesque aurait été «lucide» ou «solidaire». De la véritable science- fiction, c’est-à-dire énormément de fiction et un soupçon de science.
Respect
Je ne dis pas qu’il faut s’interdire de parler de René Lévesque. L’homme mérite tous les livres et les colloques qu’on lui consacre. Les ouvrages de Martine Tremblay et de Pierre Godin, par exemple, sont déjà des incontournables.
Comme l’a dit joliment Yves Michaud, tout était grand chez Lévesque, sauf la taille. L’homme a laissé derrière lui une oeuvre dont l’essentiel est inachevé, puisque le Québec n’est toujours pas un pays, mais qui reste fabuleusement importante.
Son parcours est aussi d’une complexité qui mérite l’approfondissement. Par exemple, René Lévesque avait indiscutablement le coeur à gauche, mais sa fidélité première fut toujours au peuple québécois et non aux centrales syndicales.
Plus que quiconque, il travailla à redresser la fierté des Québécois, tout en étant allergique à la limitation des droits démocratiques au nom de cette fierté.
Mon malaise vient de ce qu’aujourd’hui, chacun veut se l’approprier. Les uns et les autres voudraient nous faire croire que si Lévesque était vivant, il penserait comme eux et ferait comme eux. Tous le veulent dans leur camp, et s’en réclament comme s’il était une sorte de saint patron protecteur.
Est-ce trop demander de cesser d’essayer de faire parler ce mort, lui qui était si radicalement libre et indépendant d’esprit que personne ne peut prévoir ce qu’il aurait pensé ou fait?
Nostalgie
Comment expliquer, cela dit, la puissante fascination que la figure de René Lévesque exerce aujourd’hui et qui transcende toutes les familles politiques?
L’homme fut certes un authentique géant, mais il dégageait aussi une impression de simplicité et de sincérité. Cette combinaison de grandeur et de proximité est unique chez nous.
À travers Lévesque, c’est aussi toute une nostalgie qui s’exprime pour une époque où rien ne semblait impossible et où le Québec avançait à grande vitesse.
Enfin, cette nostalgie pour René Lévesque porte en elle un très dur jugement sur la scène politique d’aujourd’hui et sur ceux qui l’occupent.
C’est en partie injuste parce que les vivants se débattent devant nous au quotidien. Les morts, eux, figés pour l’éternité, ne font plus d’erreurs.
24 réponses à “Lâchez-le”

Bah, c’est rien de nouveau, les héros du passé servent souvent a valider les théories de plusieurs. Aux Etats-Unis les politiciens démocrates ou républicains se servent souvent de Lincoln, Kennedy ou de Luther King pour appuyer la noblesse de leur discours. En fait cela démontre bien toute la grandeur de l’homme et aussi la faiblesse de l’argumentation de certains acteurs politique. En tant que souvrainiste j’aimerais que l’influence Lévesque agisse sur mes concitoyens fédéralistes mais hélas les morts n’ont pas ce pouvoir et il va falloir se rabattre sur un prochain leader charismatique pour faire la job.
Bien d’accord avec vous M. Facal. Il est parfaitement ridicule que de se referer a Rene Levesque pour justifier ses prises de positions, comme s’il representait un standard objectif et absolu d’integrite, de competence et d’honnete. Permettez-moi d’en douter.
J’ajouterais qu’il me semble que beaucoup de ceux qui glorifient Lévesque diminuent implicitement (consciemment ou non) Jacques Parizeau. Il y a, il me semble un sous-entendu. Je suis peut-être paranoïaque, mais il me semble qu’en disant que Lévesque est le plus grand d’entre nous, on relègue Parizeau a un rang inférieur. Que lorsqu’on dit que Levesque etait un grand democrate, on insinue que Parizeau l’etait moins. Que lorsqu’on dit que Levesque etait honnete, on dit en meme temps que Parizeau l’etait moins.
Inutile de dire qu’a mon avis (mais M. Facal aura sans doute une opinion mieux fondee que la mienne), Jacques Parizeau a ete de tous nos hommes politiques le plus transparent, le plus honnete et le plus démocrate (vous pouvez trouver dans toutes les bonnes bilibotheques l’entrevue qu’il a donne a Stephan Bureau le soir du referendum: je vous dit, le franc-parler et la determination de cet homme est magnifique). Peut-etre le seul homme d’Etat que nous ayons eu comme premier ministre. De plus, et cela est le plus important, il est celui qui avait le plus de confiance envers le Quebec, et qui avait les plus grandes ambitions pour son pays. Peut etre trop pour son peuple qui manque parfois, justement, d’ambition…
J’espere que M. Parizeau aura au moins droit a des egards semblables 20 ans apres sa mort (que je souhaite le plus tard possible). Chose certaine, les federalistes ne pourront pas se servir de lui comme ils utilisent aujourd’hui la figure de Levesque…
A cet egard: Parizeau 1, Levesque 0
Si on se réfère si souvent à René Lévesque, c’est qu’il y a vide politique en ce moment. Il n’y a pas de chefs visionnaires et charismatiques. De chefs capables de se tenir au-dessus de la mêlée, qui viennent en politique temporairement pour un projet de société et puis repartent. Quelle était l’ambition de René Lévesque ? Y répondre, c’est comprendre l’homme. Nous avons trop de politiciens carriéristes, dont la vie politique est leur longue carrière. Nous avons eu plusieurs bons ministres qui ont aspiré à la chefferie. Ils n’ont fait que passer comme des chefs bien ordinaires. Et ce sera encore le cas. Lorsque surgira ce chef visionnaire et charismatique, les références à René Lévesque s’estomperont.
Très en accord avec vos commentaires M. Facal. Étant un péquiste bien placé et respecté , que pensez-vous du culte Lévesque au sein du PQ, comme par exemple le mois de novembre nommé mois Lévesque, la vente de t-shirts avec son effigie?
Ne trouvez-vous pas là une petite exagération commerciale?
Tous les partis entretiennent le culte de leurs grands chefs disparus. J’imagine qu’au PLC, on doit avoir le culte de Trudeau, au PC celui de Diefenbaker, et au NPD le culte de Tommy Douglas. Tant qu’on n’éxagère pas… À partir du moment où on entre dans l’histoire, on appartient à tout le monde et à personne en même temps. Les t-shirts ? Bof…
Sur le thème de M Lévesque; J ais écrit un poste dans lequel j ai copié collé un texte d opinion qui n a pas passé “dans porte”. Trop long ou trop critique. De quoi s agit il: On apprend dernièrerment que M Lévesque a fait l objet de surveillance police politique sans que personne ne semble sans formaliser. Me Pierre Cloutier, lui aussi fiché par cette STASI canadienne écrit une lettre ouverte (La Presse et Le Devoir) pour en appeler à tous les démocrates (fédéralistes et souverainistes) pour condamner les agissements de cette police politique. Le texte de Me Cloutier n a pas été publier. J en ai écrit un pour dénoncer le balck out devant le fait que des MILLIERS de citoyens sont fichés par une STASI canadienne, sans que cela ne dérange grand monde, médiacratie, intellectuels, et tuti quanti. On peut lire mon texte : “La Stasi canadienne: Le silence des agneau” (Vigile.net; (onglet auteur) jean claude pomerleau). J’ espère que mon commantaire va “passer dans porte”.
Sur les t-shirts de Levesque,
je trouve que c’est une excellente initiative. si le PQ peut faire du fric avec ca et mieux “defendre l’ideal de Rene Levesque”, tant mieux.
A vrai dire, je pense que les symboles quebecois et les fetes quebecoises en general devraient etre plus commercialises. Regardez ce que fait l’Irlande. Si la fleur-de-lys pouvait etre aussi ‘branchee’ que le trefle , Saint-Jean-Baptiste aussi ‘cool’ que le Leprechaun et le bleu Quebec aussi a la mode que le vert irlandais, je suppose que l’identite du quebec se porterait mieux, que les bieres quebecoises se vendraient mieux, de meme que la bouffe du Quebec. Ce ne serait pas de refus.
Bonjour M.Facal,
……….« L’homme a laissé derrière lui une oeuvre dont l’essentiel est inachevé, puisque le Québec n’est toujours pas un pays, mais qui reste fabuleusement importante. »
C’est tellement clair et évident!
Quand je pense que les discussions (fédé-sépar) portent toujours sur les avantages et désavantages pécuniers de se faire un pays — chiffres qui seront toujours différents, dépendant qui parle — alors que l’important n’est pas là!
Il est tout simplement dans l’obligation d’assurer une pérennité à la survie de ce petit Pays Gaulois(2%) en Amérique. Et la seule alternative que nous avons, c’est l’indépendance ou bien la mort à petit feu!
Rappelons ici une célèbre phrase de René Lévesque:
« Combien en est-il de par le monde qui ont refusé pareille chance d’acquérir paisiblement et démocratiquement, les pleins pouvoirs sur eux-mêmes? »
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Et de toutes façons, qui veut demeurer pour la vie un assisté social, comme quelques-uns affublent le québec?
Nous n’en pouvons plus de quémander, pour administrer le gros CLSC que nous sommes devenus depuis 1982 ; nous voulons seulement — Comme L’AUTRE NATION — être libre de faire nos propres choix.
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En entendant les 3 premiers intervenants de Côtes des neiges, à la commission B-T mardi, rejeter le québec lui-même et ses pures-laines, je me suis dit qu’il était minuit moins cinq. Dès que quelqu’un parlait contre ces québécois qui les ont accueillis, cela déclenchait une grosse salve d’applaudissements.
Comment voulez-vous qu’un gouvernement dont le pain et le beurre est l’immigration puissent avoir intérêt à investir dans les COFI ; à intégrer les immigrants le plus tôt possible ; et à les sensibiliser à notre culture et notre langue par une constitution et une citoyenneté?
Un million et demi à Montréal sur 200 millions du fédéral, selon Gérald Tremblay! Est -ce que cela fait scandale? Ben, non.
Est-ce que nos journalistes ont soulevé l’affaire, non!
Est-ce que le triumvirat de LaPresse va sortir un dossier étoffé sur ce scandale.
Vous y croyez vous? Imaginez l’inverse, un autre parti au pouvoir?
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Lévesque avec sa loi 101 — (( qui obligeait les canadiens venant des autres provinces à aller à l’école française, eh oui, comme dans les cas du PROJET de loi 195 )) — avait attendu le bon vouloir du Canada, où en serions-nous, 30 ans plus tard?
Présentement nous n’intégrons que 50% des immigrants. Pourquoi? À cause de l’autre nation!
Pensez-vous que la Cour suprême — plus grand, que le pouvoir politique(le peuple) grâce à Trudeau — qui a démoli la loi 101 de l’autre peuple, va démolir le dernier rempart (loi 104) ?
Je le souhaite presque pour Réveiller ces québécois qui semblent vouloir disparaître en permettant à la Cour de l’autre nation de nous tuer à petit feu ; alors que nous n’avons pas signé cette constitution qui a donné tous les pouvoirs à cette Cour!
Quelle différence entre cette Cour et un CADENAS !
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Si Marois, selon les fédés, est raciste et bien Lévesque en 1977 l’était encore plus. La position de Lévesque était beaucoup plus révolutionnaire!
Et ce sont ces mêmes fédéralistes qui se sont battus contre cette loi!!
Comme aujourd’hui d’ailleurs…….Être contre l’avenir de leur propre Nation!
Il faut le faire……..
@Jean-Reaud Dubois
“une oeuvre dont l’essentiel est inachevé, puisque le Québec n’est toujours pas un pays”
Moi j’ai toujours compris que la mission de Lévesque était plutôt l’émancipation économique, sociale et culturelle des Canadiens français, et que pour lui la meilleure façon de l’atteindre était par l’indépendance politique. L’indépendance n’était pas un but en soi mais une façon de s’émanciper.
Quand il a débuté son oeuvre, les francophones occupaient le dernier échelon économique, contrôlaient une infime partie de leur économie, les immigrants s’anglisisait à plus de 90% et les “maudites grosses anglaises” trônait encore chez Eaton. Un observateur impartiel concluerait mission accomplie ou presque.
“Et la seule alternative que nous avons, c’est l’indépendance ou bien la mort à petit feu!” c’est une opinion et pas une vérité. Le contraire est tout aussi possible. Je crois en la sagesse de notre peuple, si l’indépendance devenait réellement nécessaire, elle se ferait facilement avec un large consensus.
Un jour René Lévesque sera non seulement reconnu comme un grand Québécois, mais aussi comme un grand Canadien, celui qui a provoqué les changements nécessaires qui ont paradoxalement mis fin aux principales revendications légitimes des Québécois à l’intérieur du Canada.
“qui a démoli la loi 101 de l’autre peuple” si les francophones ont droit à l’éducation en français partout au Canada, difficile de restreindre le droit des anglophones au Québec. Autrement dit, est-ce qu’un Québec indépendant refuserait une réciprocité en éducation avec le Canada? Vous souffrez de syndrome de victimisation qui vous empêche de reconnaître la juste part des choses.
Pour se faire une idée de la contribution de M Lévesque dans la vie politique du Québec, il faut avoir une notion de ce qu’est un homme d état qui place l’intérêt national au dessus de tout et qui va se donner une stratégie d’état pour y parvenir. Le “Maître chez nous” qui allait donner l’impulsion de la Révolution tranquille, n aurait pas eu de sens si ce NOUS peuple du Québec ne s’était incarner dans la mise en place d’un État moderne. On a aucune idée de l’envergure de l’opération qui nous a permis de nous sortir du moyen age et nous propulser dans la modernité en une ou deux génération. On ait passé de canadien francais à québécois en un temps record, Vous voulez savoir c est quoi une stratégie d état et comment cela peut être profitable: La nationalisation de l électricité (faite contre la volonté des financiers canadians) , la création de la Caisse de Dépôt, suppose un cumul d actif de 300 milliards au Québécois. M Lévesque (et M Parizeau sans qui le Plan d affaire du Québec n aurait pas été crédible) nous ont donné une idée de ce que l on peut faire avec un demie état (province), pas étonnant que ces réalisations les aient inspiré pour qu ils veulent se donner les moyens d un plein état, un état OPTIMAL, un état souverain. La Révolution tranquille Phase deux cherche actuellement sa voie (et son leader): autonomie , indépendance. L idée c est de progresser instinctivement vers un état optimal. Mais nous avons un mur de ROC devant nous, Ottawa , le pouvoir parasites, ne veut surtout pas que l état du Québec gagne du POUVOIR. Qui sait ou cela pourrait nous mener. Sortir de la cage à castor peut être.
Bonjour M. Facal,
À quant cette indispensable obligation d’exiger
une signature pour tous? Pouquoi se cachent-ils?
Il me semble qu’il n’y aurait que des avantages pour le succès de votre blogue……, non?
@nickname
Je vous répondrais avec plaisir, même si je souffre (merci!) de syndrome de victimisation…………………………………, mais seulement quand vous aurez le courage d’afficher avec fierté votre nom complet.
@Jean-Renaud dubois
En quoi une signature pour tous serait indispensable. De toute maniere n’importe qui peut mentir sur son nom.
De plus un blog est concu afin de discuter et d’echanger des idees.
Et non pas pour des attaques personnelles.
Ainsi l’identification personnelle n’est aucunement pertinente dans le cas d’un blog, les idees seulement comptent.
Par contre vous devriez peut-etre allez voir le terme victimisation dans le dictionnaire. Je pourrai me tromper, mais a lire votre texte vous semblez vouloir nous convaincre du contraire…en tout cas mon cas vous avez reussi.
amicalement
Bonjour M.Facal,
Au lieu de me servir de vos arguments, j’ai pensé rappeler cet excellent texte — qui mérite toujours réflexion — que j’avais conservé. Écrit fin janvier 2006.
Le voici:
« Les ravages de l’oubli: Les Québécois ne mesurent pas les conséquences de la trudeauisation du Canada, par Joseph Facal, Professeur à HEC Montréal.
__________
La percée conservatrice du 23 janvier dernier au Québec ne s’explique pas seulement par le dégoût qu’inspiraient des libéraux rongés par la corruption. Elle illustre aussi la persistance de l’espoir d’un renouveau du fédéralisme canadien chez un grand nombre de Québécois.
Cet espoir repose sur trois facteurs: la difficulté de renoncer pour de bon au Canada, un nouvel interlocuteur fédéral en apparence plus ouvert que le précédent et l’oubli ou l’ignorance de tous les échecs passés.
Le premier facteur interpelle surtout les souverainistes. Plusieurs d’entre eux traitent avec condescendance ces Québécois qui évoquent avec émotion les Rocheuses ou l’enviable réputation du Canada dans le monde.
Ils ne comprennent pas à quel point il peut être extraordinairement difficile pour certaines personnes de renoncer pour de bon au pays que vos ancêtres ont bâti ou qui vous a accueilli.
Cette attitude hautaine est d’autant plus préjudiciable que les sondages qui indiquent un appui à la souveraineté à hauteur de 50 % mesurent ce que serait la réponse à la question référendaire de 1995 qui prévoyait une offre de partenariat accompagnant l’accession à la souveraineté, et qui a été gommée du programme du Parti québécois.
Le deuxième point interpelle les Québécois qui rêvent encore à un renouvellement du fédéralisme dans le sens des revendications historiques du Québec.
Personne au Québec n’a remarqué qu’au lendemain de son discours de Québec du 19 décembre, le Globe and Mail de Toronto avertissait Stephen Harper qu’on ne le laisserait pas émasculer le gouvernement central et devenir le maître d’hôtel de ces éternels braillards que sont les provinces.
Le chef conservateur le sait tellement qu’il a déjà entrepris de baisser les attentes.
Un Canada qui a profondément changé
Bien des Québécois ne mesurent pas à quel point le Canada réel a changé.
L’idéologie trudeauiste - négation de la séparation constitutionnelle des pouvoirs de 1867, gouvernement central omniprésent, provinces subordonnées, primauté absolue des droits individuels, refus du moindre statut particulier pour le Québec - est aujourd’hui la vision dominante que les Canadiens de l’extérieur du Québec ont du genre de pays qu’ils veulent construire.
Cette vision est radicalement incompatible avec la vision québécoise du fédéralisme que prônaient jadis Robert Bourassa ou Claude Ryan.
La nation canadienne se construit aujourd’hui sur une négation radicale de la nation québécoise.
La preuve de cela n’est pas seulement dans l’échec de toutes les tentatives québécoises pour renouveler le fédéralisme canadien, mais dans le fait que la barre des revendications québécoises est chaque fois plus basse et le refus canadien chaque fois plus ferme.
Les tensions entre le Québec et le Canada n’ont donc rien à voir avec les tensions habituelles que vivent les autres régimes fédéraux à travers le monde ou avec la mauvaise volonté des acteurs. Elles découlent ici d’une incompatibilité radicale entre deux lectures du passé et de l’avenir du Canada.
À mesure qu’augmente le nombre de Canadiens nés à l’étranger, l’idée d’accorder une reconnaissance particulière à une communauté fondatrice apparaît de plus en plus saugrenue à l’extérieur du Québec.
Beaucoup de ces nouveaux Canadiens ont dû renoncer à leur langue comme outil premier de communication en venant au Canada.
Ils ne comprennent donc pas l’attachement farouche des Québécois francophones à la leur, notamment parce qu’ils ne font pas cette distinction cruciale entre la préservation, à titre individuel, d’une langue en situation de diaspora, et l’épanouissement d’une langue au sein d’une société viable dont elle serait la langue commune.
Non seulement ils associent à une demande de traitement de faveur les revendications québécoises, mais ils voient des relents d’ethnicité dans cette insistance des Québécois pour obtenir la reconnaissance de leur identité collective.
Stephen Harper n’ira jamais plus loin que ce que lui permettra un électorat pour qui le dossier québécois est clos pour de bon.
Ne pas voir cela, c’est la preuve des ravages que l’oubli et l’ignorance peuvent provoquer.
Ceux qui en doutent devraient faire le test suivant: autour d’eux, combien de jeunes de 20 ans savent que le Québec n’est pas signataire de la Constitution de 1982?
Combien de moins jeunes peuvent nommer de mémoire les cinq demandes du Québec qui étaient le coeur de l’Accord du lac Meech?
Jean Charest sait tellement que la reconnaissance constitutionnelle de la spécificité du Québec est un sujet tabou au Canada anglais qu’il est le premier chef de gouvernement de l’histoire du Québec à ne pas avoir de revendications constitutionnelles.
Pour lui, réconciliation rime avec renonciation.
Des pis-aller
Il est là le danger qui guette le Québec: que Jean Charest, qui a désespérément besoin de marquer des points politiques, accepte un plat de lentilles. Il faut répéter qu’une hausse des transferts fédéraux n’est pas une solution au déséquilibre fiscal.
Non seulement CETTE HAUSSE renforcerait la dépendance du Québec, qui devra de plus en plus aller quêter à Ottawa, mais, parce qu’ils viennent avec des conditions, ces transferts servent de Cheval de Troie au gouvernement central pour imposer ses priorités, qui sont celles de la majorité canadienne, et forcer ainsi le Québec à rentrer dans un moule conçu par d’autres.
En deçà de la souveraineté, seul un repartage global de l’assiette fiscale attaque vraiment le déséquilibre fiscal.
On nous vantera aussi les ententes administratives. Mais comment se fait-il qu’il n’y ait d’ententes administratives que dans les champs de compétence des provinces, et jamais dans celles d’Ottawa?
Les ententes administratives sont le pis-aller sur lequel se rabat le Québec quand il est placé devant le fait accompli d’une intrusion fédérale dans ses juridictions.
Au fond, Ottawa dit aux provinces: ce qui est à moi est à moi et ce qui est à vous sera géré conjointement. Si vous osez protester, on vous répond que le «monde est tanné des chicanes».
Devenu régime unitaire plutôt que fédération véritable, le système politique canadien a échoué dans sa fonction historique de faire coexister les identités distinctes des DEUX COMMUNAUTÉS FONDATRICES du Canada, qui sont aujourd’hui sur des chemins séparés qui ne se touchent que quand ils s’affrontent.
……….L’envahissement des champs de compétence provinciaux,
……….l’exercice impérial du pouvoir fédéral de dépenser,
……….l’assujettissement à des normes pancanadiennes imposées,
……….la multiplication des chevauchements, tout cela agace aussi les gouvernements des autres provinces, mais ne met pas en cause l’identité propre de leurs populations.
La majorité canadienne trouve en effet normal que son gouvernement national, celui d’Ottawa, prenne charge des orientations collectives les plus stratégiques.
Au Canada, on a tué le fédéralisme au nom de l’unité canadienne. Les Québécois qui oublieront les leçons du passé et succomberont au chant de sirènes s’exposent à d’amères déceptions et à de nouveaux reculs.
@ Jean-Renaud
Etes-vous capable de repondre par vous-meme ? Est-ce que vous possedez cette liberte de pensee si necessaire a l’avancement intellectuel et a l’esprit critique.
Vous n’avez pas repondu au message de Daveyy en trouvant comme pietre excuse son ”nickname”.
Vous pouvez vous baser sur un texte, mais est-ce que vous etes capable d’argumenter, ou bien avez vous des idees toute faite, et lorsque vous trouvez un texte qui correspond a votre vision, vous l’acceptez dans le cas contraire vous le rejetez.
Est-ce que vous etes capable de critique ?
Si chacun d’entre nous copie un texte complet sur ce blog, on ne s’en sortirait pas.
Libre a vous….mais vous n’avez convaincu personne en recyclant un texte, qui merite une ou deux modifications de la part de son auteur, etant donne les derniers changements.
Ce qui m’agace particulierement c’est cette incapacite a bon nombre de souverainiste de mettre de l’eau dans leur vin. Votre discours est bien trop victimisant pour la societe quebecoise.
Vous parlez souvent des canadiens et des americains qui n’approuvent pas votre idee de souverainete, mais depuis une decennie bon nombre d’intellectuel, journaliste et politicien francais sont bien mieux renseigne de la realite quebecoise et commence de plus en plus a desaprouve cette idee.
Une légende est entrain de prendre forme aux USA en la personne de Ron Paul!
En parcourant de nombreux blogues émanant de plusieurs pays, je peux affirmer que la vaste majorité des participants ( 80% et plus) semblent utiliser des pseudonymes. L’autre 20 semblent, et je dis bien semblent, utiliser un nom propre qui est peut-être le leur.
M. Dubois, si effectivement c’est votre vrai nom, votre requête me semble incohérente, car pour être certain de l’identité d’un bloggueur il faudrait faire un inquisition avec photo etc. alors que le but de l’internet c’est d’échanger des idées rapidement et poliment.
Personellement, je me fous de l’identité des gens avec qui j’échange en autant que leurs propos sont de bonne foi.
respectueusement,
nickname
A Jean-Renaud Dubois,
je ne signe pas parce que de Marcel Chaput a Francois Parenteau, la preuve a ete faite qu’il peut etre couteux professionellement d’exprimer des idees independantistes. Nous n’avons pas tous le loisir de nous exprimer librement, ou ne sommes pas tous disposes a payer, en tout temps, le prix de cette liberte.
Combien de milliers de citoyens fichés par la STASI canadienne. Voilà une question que ne poseront jamais ceux de la médiacratie fédéraliste. Il y a une limite à leurs vertues de grands défenseurs des droits démocratique, et cette limite est celle de l allégeance idéologique. Alors à ceux qui pensent que c est mois qui abuse des termes qu’avez vous à dire devant la violationdes droits démocratiques des québécois. Imaginons que l on tourne la table de bord; M Parizeau aurait eu une police politique à sa disposition pour faire espionner les fédéralistes, imaginez le BIG BANG médiatique. Alors quand je dis médiacratie, idéologues du fédéralisme. et tuti quanti c est parcque cela existe. En doutiez vous.
Bravo pour le blogue, je viens de découvrir un espace intéressant de lecture!
“Combien de milliers de citoyens fichés par la STASI canadienne. Voilà une question que ne poseront jamais ceux de la médiacratie fédéraliste”
Encore la victimisation, après le KGB, la Gestapo, la CIA, la Stasi, on retrouve la…GRC, elle-même incapable de grand chose d’utile, eux qui croyaient que le Bill 22 était le nouveau pape !
C’est tellement exagéré come propos, il ne manque que les prisons secrètes au Yukon , le gulag canadien pour enfermer les séparatisses québécois qui doivent vivre dans les catacombes comme les premiers chrétiens.
La police politique de M. Parizeau pourrait s’apparenter au conseil de la souveraineté et son prélat Gérard Larose qui passe son temps à surveiller les “ennemis de la souveraineté” pour déceler des humiliations faites aux québécois de souche.
Daveyy.Enfin une réponse qui confirme exactement ce que je dis: Quand l idéologie prime il n y a aucunes valeurs démocratique qui tiennent. Clic photo. Devant les faits que j ai mentionnés qui sont exactes et véridiques
tous démocrates se seraient levé mais je note que ce n est pas votre cas. Voyez ou l idéologie peut vous mener. Quel beau grand pays vous nous proposez.
René Lévesque a été élevé au rang de légende politique et il inspire des gens de toute orientation politique (souverainistes, fédéralistes, lucides, solidaires…). Tant mieux si l’homme (ou son symbole) inspire encore une fierté d’être ce que nous sommes et un désir collectif d’avancer, peu importe la position défendue. Tout est dans le ton et dans le choix de mots, je suppose…
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Réponse perso à Lesdents :
Je n’ai pu visiter ce blogue depuis un bout de temps… J’ai quand même envi de répondre à votre dernier post dans “Le plat de résistance” :
Vous demandiez alors de me positionner politiquement, soupçonnant un inconfort quelconque de ma part à appartenir au camp fédéraliste. De votre position victimisante des souverainistes (entretenue ici lorsque vous laissez entendre qu’il peut être couteux professionnellement d’exprimer des idées indépendantistes), vous me proposer de m’assumer comme (bourreau) fédéraliste et que je serais ainsi bien récompensé.
C’est quoi ce délire ? Je suis un peu exaspéré par votre vision dichotomique et votre volonté à polariser tout débat autour de ces deux positions. Ça vous prend absolument une étiquette, et pour vous il n’y en a que deux.
Je vais être le plus clair que je peux : j’aspire à ce que le Québec devienne un pays… le jour où cela sera bénéfique pour les Québécois. Je suis donc un fédéraliste contextuel puisque je crois que ce serait nuisible pour nous actuellement de devenir un pays. Ce sera le cas tant que nous ne nous disposons pas des leviers économiques pour le faire (nous en avons pourtant le potentiel). Mais je suis probablement beaucoup trop nationaliste aux yeux des ténors fédéralistes trudeauistes pour appartenir au « clan fédéraliste ». Étant rejeté de ces deux clans, où me loger ? Serais-je une erreur de la nature ? Si c’est le cas, nous sommes une maudite gang d’erreurs qui sont courtisés à la fois par les trois partis provinciaux, PQ inclus!
Mathieu,
Après le fédéralisme rentable, le fédéralisme assymétrique, le fédéralisme de compromis, le fédéralisme de concertation, voici le fédéralisme contextuel.
C’est drôle, je n’ai jamais entendu un souverainiste avoir besoin de faire ce genre de nuances. C’est assez rigolo. Je suis un souverainiste contextuel, tiens donc!
Quand la troisième voie que vous fantasmez se sera incarnée politiquement, ou aura au moins décrit son programme, on s’en reparlera! D’ici là, il n’y a effectivement que deux étiquettes. Le reste, c’est du vent.
Le fédéralisme n’est pas renouvelable. Le rapatriement de la constitution fait en sorte qu’il est devenu impossible pour le Québec de faire le moindre gain constitutionnel. Qu’on soit fédéraliste, autonomiste ou nationaliste, le résultat sera toujours le même le statut quo constitutionnel.
C’est pour ça qu’on est soit pour le statut quo constitutionnel ou pour la sortie de la confédération, il n’y a pas d’autres options. On ouvre pas la constitution par la simple volonté du PM du Canada et du Québec, ça prend 6 autres provinces qui sont daccord pour le faire.
Lorsqu’on dit que le fruit n’est pas mûre, est-ce qu’il mûrit au moins?
Il y a rien qui laisse croire que les autres provinces sont plus ouvertes qu’à l’époque de Meech et Charlottetown, bien au contraire, à cette époque les autres provinces voulait débattre de constitution, maintenant elles ne veulent même plus en entendre parler.
Arnold