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La triste vérité

Les chiffres avancés par Jacques Parizeau la semaine dernière sont tristement irréfutables.

Il y a bel et bien trente points d’écart dans les taux d’obtention du diplôme de secondaire entre anglophones et francophones, et entre le privé et le public. Et à Montréal, 36% à peine des jeunes obtiennent leur diplôme dans le délai normal de cinq ans.

«Faillite», «effondrement», «situation scandaleuse», tranche monsieur Parizeau. Et il somme le ministère de s’expliquer.

Une journaliste de La Presse s’est empressée de lui décerner un «zéro de crédibilité». Voyez-vous, il n’avait pas tout réglé quand il était premier ministre…pendant quatorze mois.  

Zéro pour sa logique à elle : si tous ceux qui n’accomplirent pas de miracle quand ils étaient au pouvoir devaient se taire, on laisserait le débat public aux mains des chroniqueurs et autres gérants d’estrade qui n’ont jamais pris une décision collective de leur vie.

Évidemment, les causes de l’hécatombe sont archi-connues.

Les anglophones valorisent l’éducation plus que les francophones, et les riches plus que les pauvres. Le privé ne prend que les meilleurs. La profession d’enseignant n’est pas valorisée. L’école publique reçoit des enfants issus de familles bourrées de problèmes. Et bien sûr, les enfants ont fait les frais de réformes absurdes.

Était-ce mieux avant ?

Deux camps s’affrontent à ce sujet.

Celui des optimistes rappelle qu’il y a 2500 ans, Aristote déplorait déjà l’inculture des jeunes de son temps.  

Au Québec, ajoutent-ils, il y a trois générations à peine, une petite élite était éduquée et la majorité de la population restait analphabète ou presque. Pour la masse donc, le niveau monte.

Les jeunes savent aussi un tas de choses que leurs aînés ne savent pas, en plus d’être plus créatifs et de performer fort bien dans les classements internationaux.

Le camp des pessimistes riposte en faisant valoir qu’Internet, loin d’être l’ouverture sur le monde qu’on nous avait promise, les enferme dans l’univers infantilisant et futile de Facebook.

Ils «savent» peut-être des tas de choses, mais rien ou si peu de ce qui est vraiment important, à commencer par les œuvres et les événements qui ont forgé la civilisation occidentale. Un  héritage éthique et intellectuel ne se transmet plus. Et des peuples qui ne souviennent plus sont des peuples à la dérive.

Qui dit vrai ?

Les deux.

Le niveau général peut parfaitement monter pour ce qui est de l’accès du plus grand nombre aux compétences de base : lire, écrire, compter. Mais ce niveau en hausse peut aussi être vu comme restant désespérément bas.

Plus pernicieux, depuis que s’est imposée l’idée qu’il fallait «accrocher» les jeunes en partant de leurs intérêts, on met de côté les œuvres fondamentales, souvent difficiles. Or, Bryan Perro n’est pas Balzac.

Peut-être, ripostera-t-on, mais il donnera le goût de la lecture à des jeunes qui monteront ensuite aux étages supérieurs de la culture.

Le fond de l’affaire, c’est que malgré nos prétentions, le Québec d’après la Révolution tranquille n’a jamais fait de l’éducation LA priorité nationale, la laissant donc aux mains des apprentis sorciers, des idéologues, et de la loterie des talents individuels et du porte-feuille des parents.

17 réponses à “La triste vérité”

  1. le 17 sept 2008 à 8:01 Garamond

    Quel résumé magistral !
    Bravo mille fois ! j’espère que ce texte sera lu par tous les Québécois et Québécoises capables de lire.
    Pourquoi ne revenez-vous en politique ? je suis prêt à travailler pour vous !

  2. le 17 sept 2008 à 8:36 RenéP.

    Bonjour monsieur Facal,

    vous qui étiez ministre de l’un des gouvernements du Parti Québécois, pourriez-vous nous dire pourquoi aucun de ces gouvernements n’ait assumé sa responsabilité relative à l’enseignement de l’histoire? Les différents gouvernements du Canada ne se sont jamais gênés pour leur part de prendre tous les moyens mis à leur disposition (et même en s’imposant dans les responsabilités provinciales)afin de promouvoir leur version de l’histoire (ex:les minutes du Patrimoine à R-C).?
    Que le Gouvernement Charest dévalorise l’éducation n’a rien de surprenant car on sait que plus on possède d’instruction, plus on a de possibilités, de capacités donc, de liberté. Or, Charest est contre la liberté du peuple québécois. Mais le P.Q., lui, est supposé être favorable à la liberté des citoyens et du peuple qu’ils forment. Alors, pourquoi le P.Q. n’a-t-il pas profité de son passage au pouvoir pour mettre en place l’outil principal pour libérer le peuple soit le développement de la connaissance de son histoire car, c’est bien connu, pour aller quelque part, il faut savoir d’où l’on vient?

  3. le 17 sept 2008 à 8:51 jean jacques

    Interessante analyse.
    Tout commence par la question: pourquoi l’ education?
    Quel est le but ultime de l’ education (publique, donc subventionnee par l’ etat)?
    La reponse est triste: on les prepare pour devenir des consommateurs (mais pas des consommateurs avertis!), payeurs des taxes, votants disciplines.
    A l’ ecole publique, le francais occupe une place enorme (ce qui produit l’ effet contraire - le vomissement du francais). A part de cela, un peu de math, un peu d’ anglais (d’ habitude ridiculise par des profs unilingues et rates, selon mes constatations) un peu d’education environementale (c’est la mode, on sauve la planete en classe).
    Beaucoup de phrases anti-capitalistes, anti-americaines acompagnent l’ enseignement des nos jeunes.

    Mais tout cela c’est normale si on considere que le but ultime de l’ education est de preserver le fait francais sur le teritoire du Quebec….et rien d’ autre.

    Les jeunes ne sont pas eduques comme il faut en rien: le francais pourrait s’apprendre mieux en l’ utilisant comme instrument pour lire, etudier, ecrire, pas comme but en soi.
    On peut apprendre les sciences, l’ economie, les affaires, l’ histoire, la geographie, la biologie etc.
    On pourrait provoquer les jeunes a penser, a voir que le fameux dioxide de carbon ne provoque que tres tres peux d’ effet de serre par rapport a la vapeur d’eau, mais la politique est comme ca - il faut blamer l’ Amerique, les Jeep, l’ industrie, donc il faut “taxer le carbon”….
    On pourrait apprendre les jeunes a developper une affaire, a suivre les indicateur d’ economie,a prendre des initiatives, pas seulement rever a une socialisme universel, ou l’ Etat impersonnel va les tout donner sans qu’ eux bougent de leur place a l’ ordinateur…

    mais pour tout cela ca prend du courage de la part des parties politiques au pouvoir. Car le resultat serait des generations matures, eduques, difficiles a etres manipule et les faire voter comme on veut….
    Or, c’ est claire que pour les politiciens c’ est plus facile a avoir des electeurs imbeciles et manipulables….

  4. le 17 sept 2008 à 9:13 Gaétan

    @ Jean-Jacques 100% d’accord avec vous.

  5. […] Sa chronique de ce matin sur la sortie de Parizeau à propos de l’éducation est tout simplement magnifique. Simple, et [pas mais] magnifique. […]

  6. le 17 sept 2008 à 12:02 jean jacques

    1.Merci Gaetan
    2.ReneP
    Apropos de l’ histoire enseignee: exemple de manipulation: “la fete de Patriotes” - tres peu de jeunes savent que la revolte des patriotes n’ est pas un evenenement ou les francos se sont souleves contre les anglos, donc c’ est pas une faite “nationaliste” et donc pas PQ-iste…mais le sens a ete detourne et la fete des patriotes est devenu un symbol de la lutte des francophones canadiens pour l’ independence du reste…
    L’ histoire est malheureusement ecrite souvent selon les interets du moment.
    3. La gauche actuele (socialiste) se cache deriere la lutte pour environement - par ce que cela d’ abord est une idee populaire (meme si pas toujours les arguments utilisees sont corects) et parce que l’ ecologisme demande l’ action et le control acru de l’ Etat et la priorite donne a la colectivite devant l’ individu. C’est du pur communisme, car il est tres facile de blamer un individu qui a des opinions differentes en lui attachant l’ etiquette “inconscient, capitaliste, dangereux etc” au nom du bien colectif. C’est pour cela que je ne peux pas etre souverainiste au sens du PQ actuel, car leur iddeologie est malheuresement trop colectiviste. Si un jour le developpement economique et culturel du Quebec serait trop fort, de sorte que la federation canadienne en constituerait une freine, je deviendrai souverainiste moi-meme. (une exemple, la Slovenie, un pays ex-yugoslave, a commis la secession par des raison de developement - il etait trop avance par rapport aux autres membres de la federation, la Croatie l’ avait suivi apres)
    Mais, le souverainisme actuel, malgre la pretention qu’ il defendrait l’ identite et la langue est malheureusement trop base sur une population xenophobe, unilingue et ignorante, et sur une ideologie gauchiste qui priorise la colectivite amorphe par rapport au developpement de l’ individu.
    Guess who I will vote for?? Le socialiste Duceppe, le socialiste Layton ou l’ environmental Dion??
    YEs, you guessed right - PCC.

  7. le 17 sept 2008 à 12:05 ClaudeB

    “la laissant donc aux mains des apprentis sorciers, des idéologues, et de la loterie des talents individuels et du porte-feuille des parents.”

    En oubliant surtout pas, aux mains des syndicats…

    M. Facal,

    Malgré tout le respect que j’ai pour vous et pour vos idées, je me dois de mentionner que le Québec est dans un tel état de décrépitude, UNIQUEMENT à cause du pouvoir que le Parti Québécois a donné aux syndicats, à l’époque, par toutes ces lois: loi anti-scab, loi forçant la syndicalisation obligatoire etc…

    J’ai eu, à l’époque, un professeur qui m’a enseigné la quatrième année du primaire et qui, 21 an plus tard, a enseigné à mon fils. Vous auriez du voir ce quelle est devenue. D’une nouvelle enseignante pleine de vie et d’idée, elle est devenue une enseignante blasée qui n’espère qu’a prendre sa retraite, complètement démotivée.

    Pour avoir cotoyé une partie de ma vie le système scolaire (ma mêre a été secrétaire de direction d’une importante comission scolaire et ma conjointe aussi) j’ai pu me faire une idée assez précise du tors que les syndicats ont causé.

    Je rêve du jours ou un gouvernement aura assez de courage pour y mettre de l’ordre.

  8. le 17 sept 2008 à 12:30 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Vous écrivez “Évidemment, les causes de l’hécatombe sont archi-connues.” et vous l’avez bien cerné cette cause : “Le fond de l’affaire, c’est que malgré nos prétentions, le Québec d’après la Révolution tranquille n’a jamais fait de l’éducation LA priorité nationale, la laissant donc aux mains des apprentis sorciers, des idéologues, et de la loterie des talents individuels et du porte-feuille des parents.”

    Petite remarque en passant, je me demande si Monsieur Parizeau a pu obtenir facilement toute l’information qu’il nous a communiquée dans son “étude” ou si ce ne serait pas un chercheur parmi ses admirateurs qui lui aurait refilé le résultat de sa propre recherche ou une personne appointée qui y aurait investi temps et efforts. Car, vous en conviendrez, un tel travail de recherche et d’analyse et réquérant une rédaction aussi cohérente, avec tous ces chiffres, est très demandant. Un étudiant au niveau du bac aura le temps de s’impliquer en profondeur dans un projet de cette ampleur durant sa session, mais Monsieur Parizeau, semi-retraité, occupé dans toutes ses activités commerciales et sociales, … ce n’est pas évident.

  9. le 17 sept 2008 à 20:49 Magnolia

    Bonsoir Monsieur Facal

    Un dégel des frais de scolarité s’impose depuis fort longtemps. Nous n’en serions simplement pas là et aurions déjà devant nous un chapelet de statistiques à tout le moins révélateur non pas sur la “précarité financière des universitaires”
    mais bien situant l’amorce compétitive de l’ensemble des acteurs façonnant le développement économique des Québécois.

    Une situation nettement plus favorable à la bonification des bourses et aux redressements directeurs des prêts étudiants.

    P.S : Vous mentionniez l’Internet que déjà le plan éducatif du (damné) poste de télévision prît le chemin des oubliettes.

    Lucidité versus ludicité. Triste vérité.

  10. le 17 sept 2008 à 21:35 Adnane

    @ Mr. Facal

    Ce que vous ne dites pas c’est en quoi Parizeau a ameliore le systeme d’education ? Vous le defendez si aprement.

    Je ne pense pas que la journaliste en question le blame de ne pas avoir tous regle. Mme Ouimet s’attend surement a plus d’abstraction de la part de ces lecteurs. Mais il est presomptueux de venir avec ses gros sabots et de jeter la pierre aussi facilement lorsque l’on a ete ministre des finances et premier ministre.

    Soit dit en passant pour une rare fois je serai tente de donner raison a Parizeau, mais un petit mea culpa n’aurait pas fait que donner plus de credibilite au messager.

  11. le 18 sept 2008 à 20:01 Hubert

    Bonjour

    Juste un petit mot pour saluer l’excellente réplique envoyée ici à Michèle Ouimet. L’absurdité complète de ce qu’elle a écrit sur M. Parizeau n’a été relevée par personne d’autre. A-t-elle simplement oublié que la raison même pour laquelle monsieur Parizeau organisa les États généraux sur l’éducation était justement de corriger les tares du système d’éducation d’alors ? Est-ce de sa faute si la réforme a été détournée par les ’spécialistes’ du socio-constructivisme ?

  12. le 19 sept 2008 à 9:36 ymdelisle

    D’accord avec Claude B. Notre système valorise l’avancement par syndicat versus l’avancement par compétence. Les jeunes enseignants qui entre dans le système se frappent à un mur administratif qui offre des emplois à temps partiels, des changements de classes et d’école à tous les ans, des écoles sale, des équipments désuets, etc etc etc. De plus, le systéme ne c’est jamais remis des coupures PQ-istes de 1982. Un prof avec un Doctorat ne pourra pas enseigner dans une école. Un prof avec un simple Diplôme d’enseignant (même pas un BAC)aura précédence. Une personne avec de l’expérience ne verra pas cette expérience reconnue. Il commencera au pied de l’échelle. Allez mettre les pieds dans une école, au hasard. Ensuite allez mettre les pieds à la Commission Scolaire. L’école est tout croche. Les bureaux de la Commission Scolaire sont immaculé. Nous pourrions manger dans les toilettes. En contre parti, les toilettes dans les écoles n’ont même pas de papier. Les écoles ressemblent à des prisons et non à des institutions de savoir.

    J’ai 2 BACS et plus de 30 ans d’expérience. Si je décide, à ma retraite de faire une deuxiéme carrière je ne pourrai pas passer mes connaissances aux jeunes. Par contre, mon expérience sera bien reconnu par Walmart qui m’offrira un poste de “greeter”.

    Que se soit les Péquistes ou les Libéraux au pouvoir c’est la même chose. Le problème c’est l’incomptétence institutionelle au Ministère.

  13. le 19 sept 2008 à 10:33 Francis D.

    Je suis d’accord avec vous Ymdelisle, pourquoi privilégier un diplômé en pédagogie versus un diplômé en histoire, mathématique, économie etc.. Ridicule quand on pense que quelqu’un possédant un doctorat en économie ou histoire peut enseigner à l’université mais pas au secondaire.

    Il parait que c’est un choix de société si on a un pédagogue qui enseigne l’histoire au lieu d’un historien qui fait de la pédagogie. Je trouve cela absurde, d’autres non….

  14. le 19 sept 2008 à 12:43 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Faut regarder le contexte. L’École c’est une grosse organisation. De grands immeubles avec de nombreux locaux (classes), beaucoup d’enseignants, de gestionnaires, de spécialistes.

    Le principe des activités est semblablement toujours le même: au début des sessions les “jeunes” arrivent et viendront s’asseoir à leur pupître à tous les jours de la session. Ensuite les enseignants, en se conformant au programme, s’adressent à ces “jeunes” et ainsi s’effectuera le processus de l’acquisition des connaissances.

    Quelles autres informations pertinentes devrait-on mentionner ?

    Parmi ces gens dans la classe, nous retrouvons:

    Les “jeunes” qui ne possèdent pas tous le même degré d’aptitudes ou capacités intellectuelles. Certains présentent des problèmes d’apprentissage, tels que le déficit d’attention.

    Les “jeunes” aux prises avec des problèmes familiaux-économico-socio-psychologiques (vraie pauvreté, violence, alcoolisme).

    Les “jeunes” dérangés par des situations de nature sociale telles que la mode, la drogue, le taxage, l’appartenance à un groupe ou à une religion coercitive.

    Les “jeunes” non-collaborateurs ou non-intéressés par les études,

    Les enseignants (certains) souffrant de burnout ou déçus de l’attitude des “jeunes” et qui deviennent moins efficaces (rendement).

    Tout le monde sait ça et beaucoup de spécialistes se penchent sur ces problèmes et interviennent et font des recommandations aux instances concernées. Cela fait partie de la normalité. La normalité qui inclut aussi l’insuffisance du financement. L’École c’est une grosse organisation énergivore.

    À ces facteurs qui sous-tendent la réalité du “jeune” à l’école, nous devons considérer aussi des facteurs exogènes qui ont une incidence sur cette réalité.

    L’arnaque la plus importante et peut-être la plus dévastatrice est ce principe qu’il faille améliorer l’École qui permet de prendre toutes sortes de mauvaises décisions. En effet qui peut s’opposer à un tel argument ? Nous avons tous entendu parler de changements dans des méthodes d’enseignement qui se sont avérées des fiasco. Dernièrment, on a parlé de ré-introduire la dictée, méthode éprouvée pour mieux maitriser l’application des règles de grammaire. La grandeur et misère des spécialistes est qu’ils doivent s’imposer pour conserver leur autorité. Si ceux-ci étaient toujours d’accord avec les enseignants et s’ils ne mettaient pas de l’avant de nouvelles approches, ils démontreraient leur inutilité.

    Parlons un peu aussi des maisons d’édition de livres scolaires. La vente de livres scolaires est plus payante que la vente de romans. Le système est très simple. Toutes ces maisons d’édition ont à leur service des vendeurs très instruits qui ont développés au fil des ans les bons contacts au Ministère de l’Éducation. Ces maisons recrutent des professeurs encore actifs ou nouvellement retraités. Ceux-ci travaillent à peaufiner de beaux livres portant tout à fait sur le sujet d’études visés par le programme du Ministère de l’Éducation ou de l’établissement de formation. Ensuite les vendeurs de la amison d’édition font accepter par le Ministère ou l’institution de formation le livre en question. Les vendeurs de ces maisons possèdent beaucoup d’expérience et savent comment s’adresser aux bonnes personnes en suivant toutes les étapes requises. Beaucoup de ces livres sont mal faits (je n’ai pas dit qu’ils l’étaient tous). Leur lacune habituelle, c’est qu’au lieu de s’assurer que la matière est bien expliquée, on tend vers des résumés trop conçis afin de “bourrer” en quantité les sujets que le livre peut contenir. Le Maison d’édition applique le truc d’impressionner l’acheteur par la quantité des sujets et des images. Le Ministère devrait effectuer un contrôle de la qualité à la fin des sessions afin de savoir quel % du livre a été vu. Je ne croirai jamais qu’un étudiant du CEGEP pourrait m’informer d’une façon satisfaisante des idées composant la pensée de chacun des 30 philosophes dont il a été question dans son livre au programme de philosophie dans sa session. De plus, je pense qu’il y a lieu de se questionner sur le fait que pour certaines matières dans un programme (exemple:initiation à l’algèbre), que le Ministère soit obligé de temps en temps d’acheter un volume nouvellement édité et payer des royautés à l’éditeur quand le ministère devrait lui-même être éditeur de ce document qui porte sur une matière qui n’a pas à être mise à jour. Mon point principal est que les “jeunes” ont plus de chance de se décourager avec des livres comprenant des explications trop condensées qui les obligent à survoler la matière et ainsi qui les amènent à sentir qu’ils ne comprennent pas une grande partie de la matière au programme. Dans les pages roses du Larousse vous trouverez ce vieil adage “le mieux est l’ennemi du bien”. Si vous inscrivez votre enfant à des cours de piano, que répondrez-vous au professeur qui vous demanderait “voulez-vous que votre enfant à la fin de la session joue 20 morceaux de musique classique, chacun au ¼ (quart de la pièce) et avec plein de fausses notes et d’hésitations ou, plutôt, qu’il en joue 3 au complet avec une maitrise totale ?”

    Que penser des spécialistes qui laissent les enseignants essayer de transmettre les connaissances aux “jeunes” dans une classe (local) où l’on retrouve un melting pot de jeunes aux besoins différents: problèmes d’apprentissage, problèmes de communication reliés à l’ethnie, problèmes reliés à un handicap quelconque, problème de comportement. Je souhaite que ces spécialistes ne soient pas transférés au Ministère de la santé. Ils feraient faire des traitements RE:ongles incarnés par des cardiologues !!!

  15. le 20 sept 2008 à 8:44 Le contribuable fatigué

    Bonjour, M. Facal,

    Triste réalité, dites-vous? Bien d’accord.

    Par contre, l’analyse des causes me semble bien vaporeuse.

    « Le Québec d’après la Révolution tranquille n’a(urait) jamais fait de l’éducation LA priorité nationale, la laissant donc aux mains des apprentis sorciers »?

    Mais justement, n’en n’avions nous pas fait une priorité? Comme le dit M. Parizeau, on a construit, on a recruté. J’ajouterai qu’on a embauché des armées de fonctionnaires pour “réfléchir”, imposer des réformes, allant jusqu’à geler les frais de scolarité, pour se rendre compte, 15 ans plus tard, que c’était une erreur. On peut se demander comment ceux qui ont tant voulus réformer le Québec ne seraient parvenus qu’à un si piètre résultat? Simple: on a tout simplement négligé la première ligne de front: les enseignants.

    Et d’ailleurs qui ça, « le Québec »? Qui ça, «les apprentis sorciers »? Poser la question, c’est y répondre…. C’est le trop grand interventionisme de l’état qui en est la cause. Les anglais, puisqu’il en est indirectement question, soulignent très justement: If it’s not broken, don’t fix it!

    D’ailleurs, regarder le marasme généralisé des secteurs de notre économie où est intervenu le gouvernement pour vous en convaincre. Récemment encore, l’intervention particulièrement stupide du MAPAQ sur les fromages a ébranlé le secteur et causé d’irréparables dégats, alors qu’une intervention plus discrète et mesurée aurait été de mise.

    Je l’ai déjà dit, et je persiste: réduisons l’intervention de l’état aux questions d’équité entre le citoyens et nous nous en porterons bien mieux collectivement.

    Bonne journée, M. Facal.

  16. le 22 sept 2008 à 13:19 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Le palmares des écoles est devenu un sujet qui apporte depuis quelques années beaucoup d’eau au moulin chez certaines entreprises des journaux. En plus du sujet qui porte à la controverse et stimule l’oeuvre journalistique, celui-ci produit une publicité directe et indirecte en faveur des écoles privées qui sont devenues plus populaires que jamais; nous n’avons qu’à porter attention à l’évolution de la répartition des étudiants au privé par rapport au public. Entre autres, un quotidien bien connu renfermait en fin de semaine une importante section publicitaire payée par le privé.

    Dans le journal ce matin, un ancien enseignant explique pourquoi il avait abandonné l’enseignement après cinq ans. Très éclairant cet article sur les problèmes dans les écoles publiques.

    Je suis inquiet pour ces jeunes à l’université qui se préparent à devenir enseignants. L’enseignant par définition comprend l’avantage de l’acquisition de connaissances qui nous permet à nous préparer à un emploi, qui nous aidera à mieux comprendre notre monde et à mieux démêler tout ça pour savoir quel sens donner à notre vie.

    Pourquoi ce jeune veut-il devenir enseignant, qu’est-ce qui l’anime dans son coeur et dans son esprit? À la base il ressent ce désir d’aider, ce désir d’avoir une influence positive auprès de son élève, comme un encouragement pour permettre à celui-ci d’avancer, de se développer et de comprendre tous les avantages que les études pourront lui apporter.

    Qu’apprennent-ils à l’université dans cette serre humainement chaude, à l’abri de la dure réalité qui les attend ? Toutes ces théories à l’université sont déphasées par rapport à la réalité de ce qui se passe dans nos écoles en 2008. Ces livres devraient être brûlés. La plupart d’entre eux ont été écrits par des anciens étudiants de professeurs du temps du cours classique. Ces théories proviennent d’un temps révolu, elles doivent être remplacées par celles supportant des approches plus appropriées pour aider les jeunes d’aujourd’hui.

    L’école devient de plus en plus une punition pour le jeune. Il s’y habitue comme on se soumet à un lavement barité. Aller à l’école c’est s’engager dans un processus qui nous permettra d’être informé de notre incapacité. On nous informera régulièrement suite à des tests de notre niveau d’ignorance. Nous devrons accepter notre condition d’incapable, un peu comme celle de pécheur chez le catholique. Et si nous négligeons nos études, cela sera normal justement à cause de notre condition. Et si nos notes deviennent moins bonnes, cela sera tout à fait normal. Alors certains d’entre nous seront dirigés dans des programmes dits de “cheminement particulier” ou autres. Cela veut dire que notre condition d’incapable sera reconnue à sa juste valeur. Quant aux autres, les spécialistes verront à pondérer les barêmes (dans les programmes réguliers) de façon à ce que la représentation de leurs résultats permette de montrer la réalité différemment, comme l’handicap au golf.

    Le système d’enseignement au secondaire devrait être modifié de façon à aider le jeune à connaître le succès. Adopter un système qui favorise les possibilités que le jeune écrive la bonne réponse dans ses tests. Cet objectif chez l’enseignant devrait remplacer celui de faire des tests avec un degré de difficulté qui permettra d’obtenir une moyenne de 60% ou 65% pour la classe. Je vais donner un exemple d’approche en ce sens. Le cours en biologie porte sur le coeur. L’enseignant donne toutes les explications avec illustrations projetées au mur. À la fin, l’étudiant reçoit une feuille comprenant 15 questions et réponses parmi lesquelles 10 d’entre elles (seul, l’enseignant les choisira) constitueront le test. De cette façon, l’étudiant sent qu’il a un contrôle sur son succès, cela l’encourage. Il faut changer la mentalité. Le système d’enseignement actuel serait très réfractaire à l’approche que je viens de décrire car ce serait inaceptable que, dans une “classe”, les ¾ ait un score en haut de 90%. Le système actuel tient à pouvoir comparer les étudiants entre eux, c’est relié aux définitions de normalité et de la courbe de Gauss. Et cela ça passe bien avant l’état d’esprit de l’étudiant incapable/capable. Quand le jeune apprend à marcher, on comprend tout ça, mais dans le système d’enseignement on retrouve le culte de la performance (cum magna laude).

    La question de savoir qui on accepte à l’université, là il faut repenser à comment effectuer les contingentements. Le fait d’avoir terminé le Sec5 ne devrait pas être le seul critère de sélection pour accepter un étudiant au programme de sciences humaines au CEGEP.

  17. le 24 sept 2008 à 0:21 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour M.Facal,

    Depuis ” Stoppons la réforme ” (Une cause juste), l’Éducation est un sujet “souvent abordé” lors de rencontres entre ami(e)s et surtout familiales — frères et soeurs et évidemment avec mes quatre enfants. Ces derniers ont tous fréquenté l’école publique ; l’un a fait son Cégep et les autres ont obtenu leur baccalauréat.
    -
    Lors de ” Stoppons la réforme ” j’ai signé la pétition et j’ai fait une proposition (de gérant d’estrade) afin de l’évaluer enfin cette réforme!

    Lien : josephfacal.org/une-cause-juste/
    *
    Ce cri du coeur qu’était “Stoppons la réforme” a eu un effet positif, puisque la ministre a bougé et demandé début 2008 à ses idéologues de ramener les “connaissances” en priorité par rapport aux compétences.
    Est-ce que ce changement est appliqué depuis septembre? Il faut l’espérer parce que selon plusieurs spécialistes, cette réforme (à l’origine) s’adressait plutôt aux meilleurs élèves — qui fréquentent surtout les écoles privées.

    En somme, depuis votre “sortie” avec Lisée et Rébello — qui a donné beaucoup de visibilité à la marche “Stoppons la réforme” — personne n’était venu de nouveau brasser la cage!

    Qui est monté au front encore une fois? Oui, encore Parizeau! Pourtant à son âge il aurait intérêt à se reposer… Mais non, il a encore fallu qu’il se mouille pour se faire vilipender ; lui, cet empêcheur de tourner en rond !

    Au lieu d’être félicité pour sa perspicacité et son courage… on a trouvé le moyen de le descendre en flamme dans le plus grand quotidien francophone d’Amérique(est-ce encore vrai?).
    Quelle manque de classe, et surtout quelle petitesse…
    -
    Une grande part de cette dégringolade identifiée par Parizeau, provient clairement de l’écrémage de l’école publique ; et en grande accélération depuis 10 ans.
    Sans oublier, à moindre mesure(?), l’ajout de plus de 300 milles immigrants depuis 1998 ; et de l’impact que cela a peut-être sur ce taux de réussite (je n’ai pas de chiffre sur le taux de pauvreté des immigrants, donc…).
    -
    Il me semble que ce serait très intéressant de savoir s’il y a CORRÉLATION entre — l’abolition des COFI en 1998 et le désinvestissement en accentuation jusque en 2007 au ministère de l’immigration — et la dégringolade au secteur publique!

    Comme on a pas voulu évaluer la réforme en la suspendant un an ; il ne faut pas s’attendre non plus à cette analyse de corrélation. Ben non, ce serait trop simple…

    Une proposition “un peu sarcastique” pour terminer ; vu que bientôt il ne restera plus que le petit lait et les élèves en difficultés d’apprentissage et de comportement au secteur publique régulier — qui sont refusés au secteur privé (j’exclue les écoles publiques de douance) :
    - Je suggère de mettre à vendre toutes les écoles publiques (secteur régulier) et de les convertir en écoles privées.
    Ces écoles chargeraient des coûts appropriés ; avec un soutien de l’État aux parents les plus pauvres! À l’exemple de la commission MontMarquette sur l’électricité et autres services.

    Conclusion.
    De cette façon les parents seraient enfin sensibilisés aux coûts réels de l’instruction et les parents deviendraient plus responsables et exigents envers l’école et envers leurs enfants.

    Demain, si le sujet est toujours ouvert, je ferai une vraie suggestion!

    N.B. En Ontario l’école privée n’est pas subventionnée : ils ont mis tous leurs oeufs dans le même panier. Cette province doit être trop social démocrate ; c’est bien pour dire…