La noblesse du combat
26 février 2009 par Joseph Facal
Mario Dumont tire sa révérence. Parti de rien, on imagine la déception qui doit l’habiter après être passé si proche du pouvoir. Mais il a réellement contribué, avec ses qualités et ses défauts, à notre vie publique.
Je sais, je sais, l’aveuglement partisan est tel que beaucoup de ceux qui ne partageaient pas ses idées se diront : bon débarras. Ce qui est, vous en conviendrez, une drôle de conception de la démocratie : vouloir que les acteurs de la scène politique n’aient droit de présence que s’ils pensent comme nous. Faire preuve d’un peu d’élégance et de classe quand s’en va quelqu’un qui a donné ses meilleures années à la vie publique ne ferait pourtant pas de tort. Enfin..
Au fond, quand Mario Dumont s’est retrouvé chef de l’opposition, au soir du 26 mars 2007, c’est comme si le peuple québécois lui avait dit : retravaillez un peu votre programme, rassemblez une vraie équipe, et nous vous donnerons les clés de la maison la prochaine fois. On sait ce qui est arrivé.
On a tout dit sur la faiblesse de son équipe. On y trouvait certes des gens de valeur, mais pas assez nombreux ou assez connus pour que le peuple les considère comme un gouvernement en attente. Des personnes de talent, sympathiques aux idées de l’ADQ, n’y sont pas allées, persuadées que monsieur Dumont ne leur donnerait pas d’espace pour s’exprimer.
Lui-même lisait parfois avant tout le monde l’humeur de cette partie de notre électorat que nos pseudo-élites méprisent en s’en cachant à peine. Mais l’ADQ prenait ensuite rarement le temps de transformer des instincts souvent justes en positions articulées.
Ces dernières années, le programme de l’ADQ avait indéniablement mûri. Mais des prises de position intempestives sur des sujets sans importance détournaient continuellement l’attention.
On finissait par avoir la désagréable impression que Mario Dumont se demandait ce qu’il devait inventer chaque semaine pour qu’on parle de lui. Un réflexe acquis pendant les longues années où il fut seul de son parti à l’Assemblée nationale et devait être astucieux pour qu’on ne l’oublie pas.
L’avenir de l’ADQ dépendra maintenant des mains entre lesquelles ce parti tombera. Chose certaine, des centaines de milliers de Québécois se sont reconnus dans cette sensibilité que l’ADQ incarnait souvent si maladroitement : prospérité économique, nationalisme robuste, responsabilité individuelle.
Lors des dernières élections, ils sont restés chez eux plutôt que de retourner dans les partis traditionnels, et on ne sent pas qu’ils soient pressés d’y retourner.
J’ai toujours cru qu’une société s’enrichit de sa diversité intellectuelle. L’histoire retiendra que l’ADQ fit beaucoup pour essayer de faire réaliser aux Québécois les ravages de l’endettement ou du déclin démographique. Avec peu de succès cependant.
Il était sain également qu’un parti rappelle que le privé peut jouer un rôle dans la livraison des services publics, que l’école devrait être un lieu de discipline, ou qu’une femme n’est ni idiote ni moins épanouie parce qu’elle reste à la maison avec ses enfants.
Malheureusement, l’échec de l’ADQ a discrédité nombre d’idées justes, mais qui sont aujourd’hui minées par la maladresse avec laquelle elles furent véhiculées.
Les idiots qui se réjouissent du possible retour au bipartisme traditionnel n’en mesurent pas les effets pervers. Nous aurons maintenant le choix entre un PLQ plus canadien que québécois, et un PQ qui, jusqu’à preuve du contraire, a vingt ans de retard sur les sociaux-démocrates européens et dont le souverainisme lui fait croire que cela le dispense d’être nationaliste.
Il reste que la défaite n’est jamais totalement vaine quand un homme s’est battu jusqu’au bout pour les idées auxquelles il a cru.
22 réponses à “La noblesse du combat”
M. Facal, pourquoi ne pas vous présenter à la chefferie de l’ADQ pour en faire un parti indépendantiste de droite au lieu de ce vieux parti aux idées changeantes comme le vent ?
Je ne veux pas faire de politique partisane pour le moment, ni là ni ailleurs. Je veux voir grandir mes enfants.
@AntiPollution
Je crois que la position floue qu’est l’autonomisme est encore la seule chance de survie de l’ADQ puisqu’elle rallie les nationalistes de droites qu’ils soient fédéralistes ou souverainistes.
Tant qu’il n’y aura pas de représentation proportionnelle à l’assemblé national, la population aura à faire le choix entre un vote pour leur foi envers leur option constitutionnel ; c’est à dire voter pour les libéraux pour éviter un référendum ou voter pour le parti Québécois plutôt que de voter pour ses convictions de droites. Donc maintenant si l’ADQ devait devenir souverainiste seulement, je ne crois pas que ça aiderait la cause souverainiste puisque cela diviserait le vote entre 3 parti souverainistes (PQ, Québec Solidaire et ADQ). Donc les libéraux seraient assurés d’avoir des mandats forts à chaque coup puisque les fédéralistes voteront pour le PLQ.
Le message de l’ADQ est de s’affirmer présentement avec ce le Québec à comme outils présentement plutôt que d’essayer de bâtir sur un projet qui risque bien de ne jamais arriver.
Pour ce qui est de Mario Dumont, je crois qu’il fera mieux à la télévision puisqu’il est un individualiste. Il a été habitué de fonctionner seul et n’aura pas su se démarquer comme un bon chef d’équipe. Il aura perdu toute sa crédibilité en faisant des commissions scolaires un enjeux pour renverser le gouvernement lorsque la population n’était pas intéressé par le sujet. Je lui souhaite bonne chance et espère que dans son nouveau rôle avec les médias il aura toujours une influence pour améliorer le Québec.
J’ose encore espérer que lorsque je retournerai au Québec que la proportionnelle sera en vigueur et ainsi ne pas perdre mon vote en votant pour mes idées plutôt que de voter stratégiquement.
D’un expatrié du Québec dans le grand nord Canadien
[...] rend hommage à Mario Dumont et se désole de la possible disparition de l’ADQ (et des idées qu’il [...]
Les rares bonnes idées du programme de l’ADQ seront rapidement récupérées par les vieux partis en temps opportun.
Quant à Mario, il serait très à l’aise avec le PQ ou le PLQ, si on veut bien l’accueillir.
L’ADQ va mourir d’ici trois ans…
M. Facal,
Je serai avec ce commentaire un peu hors sujet, mais pas totalement: avez-vous lu le dernier livre de Jean-François Lisée, Pour une gauche efficace. N’y a-t-il pas là une belle planche de salut pour que le PQ ratrappe son retard?
Qu’en pensez-vous?
Bien sûr que vous le pourriez, monsieur Facal, vous présenter à la chefferie de l’ADQ. C’est justement ce qui manque à ce parti – un intellectuel «d’esprit urbain» -, comme eût dit Claude Ryan en son temps. Ce qui manque pour éviter qu’on ne se retrouve à court terme dans le pernicieux, pour ne pas dire l’affreux bipartisme, binaire, bipolaire (oui/non, ceci/cela, pour/contre).
D’ailleurs, comme vous pouvez le voir, Mario, lui, va vous «remplacer» à la télé… Vous pourrez donc ‘lâcher’ «ça» – ces ‘comparutions’ [régulières], pas toujours faciles, aux côtés de votre bon ami Vincent. Enfin, bien sûr que vous allez pouvoir les voir grandir vos enfants, même en dirigeant l’ADQ. Mais surtout ceux-ci pourront vous voir, vous, grandir! (Il ne faut pas penser qu’à soi, M. Facal). Or, devenir chef de parti, ça te vous fait grandir son homme, cela. Et les petits et moins petits, à la maison, peuvent être fiers et heureux ou contents de voir grandir ainsi leur père (à l’écran notamment).
Bref, ce ne serait pas cela qui rétrécirait le plus la portée de votre relation avec votre famille. Ce qui bouffe le plus de temps, en effet, c’est l’écriture. Laquelle requiert énorme application et concentration, réclusion, ‘and the like’. Alors, vous avez tout compris: lâchez le Journal et [re]plongez en politique. Où est votre lieu.
(105805 sortant)
@ Erick…Une gauche efficace ça n’existe pas.
Mario était la réflexion du Québecois moyen. Nous ne sommes pas des social-démocrates. Nous sommes des conservateurs nationalists. Le nationalisme est, par définition, une émotion conservatrice. C’est cela le problème du PQ et du mouvement souverainiste. Ils sont schizophrène.
@ YMdelisle
Je comprends donc que vous n’avez pas lu ce livre M. Delisle! Vous y réaliseriez sans doute que la droite et la gauche ne sont pas toujours éloignées comme le blanc et le noir! D’ailleurs j’ai retrouvé plusieurs solutions aux problèmes soulevés par M. Dumont dans ce livre… comme des baisses drastiques d’impôt sur le revenu!
À vous maintenant de le lire et de vous faire votre propre idée!
Comme toujours dans vos analyses, vous avez bien saisi le personnage (Mario Dumont) évoluant dans la cage qu’il s’est lui-même fabriquée. C’est vrai qu’il aura contribué à secouer les gens avec des clips tranchants qui traduisaient les inquiétudes de bien des gens. Mais… lorsque les idées ne parviennent pas à se manifester en projets concrets, les gens finissent par douter de la crédibilité du personnage. Les clips ne sont pas des solutions, ils ne sont que la dénonciation d’une situation. Je pense que le soir de l’élection de mars 2007, les gens ont eu un petit frisson en pensant que ce parti sans solution sérieuse aurait pu prendre le pouvoir. Trop de contradictions, trop de clips, trop peu de solutions. Et je me souviens pendant le débat lorsqu’on lui avait demandé de définir l’autonomie, il avait répondu: « l’autonomie, l’automonie et l’autonomie ». Au fond, il n’arrivait pas à définir lui-même clairement ce qu’il entendait par ce terme. C’est surtout à la suite de sa tentative de renverser le gouvernement sur la question des Commissions scolaires qu’il a commencé à perdre vraiment en crédibilité. Heureusement qu’il n’a pas été élu, ouf ! Il faut « brasser la cage » certes, mais pas en bousculant l’ordre établi sans solution de rechange. Le peuple a eu peur, moi aussi.
Bonjour M.Facal,
Je me repose de ce temps-ci, tout en lisant Le Devoir. Je lis aussi vos textes…et d’autres du ROC et The Gazette, etc…sur Vigile.net
Au sujet de votre retour en politique ; surtout que vous a déjà donné, votre réponse est sage…
Sans oublier que votre apport à l’indépendance — avec la liberté retrouvée — est beaucoup plus grand puisque vous avez accès à toutes les semaines à une tribune qui vous donne une bien plus grande visibilité ; tout en répandant la bonne nouvelle…
Denis vous supplie presque d’écouter le chant de « ses » sirènes.
La politique est un « tue-monde » ; un « tue-enfant » et un « tue-couple » qui devrait être réservé(?) qu’aux gens en pleine maturité. Donc, à des gens dans la quarantaine et plus ; à moins que les deux conjoints soient en politique et idéalement sans enfants!
Cette opinion est personnelle ; mais s’appuie sur le vécu politique de personnes de mon entourage.
Même si l’indépendance va très bien merci — plus de 40% avec une nouvelle question dure : « voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain? » — il faut quand même voir la réalité.
En passant, cette nouvelle « question dure » (enfin, la bonne) qui a été changée et cachée intentionnellement au peuple pour lui faire croire que la souveraineté était en perte de vitesse, à qui cela a profité? Poser la question est y répondre. Machiavélique, non!
Et oui, toujours la même manipulation ; à l’image de Sun Tsu qui déconstruit le Québec depuis 2003.
La Réalité :
1- l’opposition nationaliste est divisée : PI ; QS ; PV ; ADQ et PQ. Ce qui profite au PLQ.
2- Le président des élections n’aura pas le choix d’enlever un ou 2 comtés en région et d’en ajouter au moins 3 à 4 nouveaux dans le grand Montréal ; comtés acquis d’avance au parti libéral.
3- Ce bipartisme dont parle M.Beaulé, n’est pas prêt de disparaître ; pourquoi Jean Charest se ferait-il haraquiri en le remplaçant, puisque l’opposition est divisée?
4- Comme 100 nouveaux appuis lui parviennent à tous les jours, je vous prédis que si l’opposition ne se regroupe pas il pourrait bien être au pouvoir pour 2 autres termes et peut-être pour toujours!
Je vois très bien M.Facal revenir en politique comme Chef dans 5 à 8 ans, pour regrouper ces partis sous le chapeau du PQ, mais avec «Promesse formelle» — s’il prend le pouvoir — de donner aux québécois un nouveau mode de scrutin.
C’est à ce prix qu’il pourra regrouper tous ces partis pour défaire ce PLQ qui déconstruit le Québec depuis 2003 au profit du Canada.
Les fédéralistes réfléchis sur ce blogue sont bien conscients que depuis 2003 le québec est dirigé par des incapables qui ont le front de s’octroyer le titre de : « parti de l’économie »!
L’avouer c’est autre chose et je le comprends
M. Facal a raison de ne pas se presser, alors qu’il aura le plus grand plaisir qu’un père peut vivre : soit de voir grandir ses enfants.
En plus que cela ne passe qu’une fois ; ses rapports avec ses enfants n’en seront que plus riche présentement et plus tard!
Bonne semaine,
M. Facal je vous verrais tellement plus au coté de l’ADQ que le PQ ..
Dommage que Michael Kelly Gagnon ne sois pas intéressé a la chefferie!
….Faire preuve d’un peu d’élégance et de classe quand s’en va quelqu’un qui a donné ses meilleures années à la vie publique ne ferait pourtant pas de tort…..
Donné ? Vous voulez rire hein ?
Je respecte évidemment votre choix personnel de ne plus vous impliquez en politique, mais j’en suis déçu en tant que Québécois. Présentement, le PQ ou le PLQ, en terme de gouvernance, c’est du pareille au même.
Je suis un parmi une centaine de milliers de Québécois qui a eu, un court moment, l’espoir que l’ADQ incarnerait une nouvelle voie et ébranlerait nos vieux paradigmes go-gauche inefficaces. Malheureusement, ce parti a gaspillé son potentiel de changement et j’en veux à Mario Dumont pour ça… Actuellement, je ne crois plus tellement aux chances de ce partis de se reconstruire (surtout lorsque j’entends que Stéphane Gendron est intéressé par sa chefferie).
Cela étant dit, je ne suis pas le seul à être déçu à ce que le débat politique retourne confortablement à une lutte de pouvoir entre 2 partis dont la seule différence appréciable est d’être fédéraliste ou souverainiste. C’est comme un vieux disque brisé dont la musique démodée rejoue sans cesse pour mieux nous endormir.
Je comprends bien que vous avez choisit une autre façon de vous faire entendre, en écrivant et en enseignant notamment. Cependant, nous avons surtout besoin d’intellectuels solides (et d’hommes d’affaire, et de communicateurs) pour offrir une voie politique intéressante. Les voies appelant au changement (dont la vôtre) sont faibles, éparses et inexistantes au plan politique. Bordel, s’il-vous-plaît, offrez-nous autre chose.
@Joseph Facal: « Les idiots qui se réjouissent du possible retour au bipartisme traditionnel n’en mesurent pas les effets pervers. Nous aurons maintenant le choix entre un PLQ plus canadien que québécois, et un PQ qui, jusqu’à preuve du contraire, a vingt ans de retard sur les sociaux-démocrates européens et dont le souverainisme lui fait croire que cela le dispense d’être nationaliste. »
Il me semble que quand même Amir Khadir félicite Mario Dumont d’avoir osé présenter des idées nouvelles et pas nécessairement au goût du jour, on pourrait essayer, à droite, de l’imiter et de jouer selon les règles du jeu. Vous traitez les gens qui se réjouisse du possible déclin de l’ADQ « d’idiots ». Une préférence pour le bipartisme n’est pas généralement en cause. Ces gens (moi incls) s’inquiétent et s’inquiétaient, légitimement, de certaines dérives au sein de l’ADQ qui le rapprochait tranquillement du FN québécois qu’il n’était pourtant pas (en tout cas, pas au départ), des dérives graves (la campagne de publicité contre Maka Kotto était une honte pour l’ADQ, de même que les propos haineux de certains candidats heureusement écartés).
Mais il est sain que le programme d’un parti ne soit pas simplement une composante d’une campagne de marketing pour prendre le pouvoir, mais le reflet des convictions de ses membres, quitte à perdre ses élections. Pour cela, chapeau à Mario Dumont, qui eu le courage, au lieu de suivre une « politique de l’écoute », de proposer ses politiques assez à droite dans un contexte peu réceptif, et de récolter insuccès après insuccès jusqu’à finalement arriver aux portes du pouvoir.
Si le PQ se respectait davantage, il ne plierait pas devant le chant des sirènes du nationalisme exclusif et de la désolidarisation; jamais ses députés, probablement presque tous athées ou du moins peu portés sur la chose religieuse, n’auraient laissé le crucifix de l’assemblée, qui est une insulte à la laïcité de l’État et qui mine tous les efforts de la renforcer, là où il est. Mais peut-être Québec Solidaire sera la nouvelle ADQ, au sens où ses politiciens diront ce qu’ils pensent et laisseront aux électeurs le soin de décider s’ils sont d’accord.
Quant à vous, M. Facal, votre utilisation du qualificatif d’ « idiot » pour qualifier les gens qui ne partagent pas vos opinions politiques et économiques (pourtant peu populaires auprès des économistes qualifiés: comparez votre explication de la crise et celle de gens tels que Stiglitz, James Galbraith ou Krugman, et même Greenspan récemment), et le fait que vous refusez obstinément d’admettre votre abandon total de la social-démocratie, vous disqualifient. Sans compter votre irresponsable rejet de la coalition en des temps où le Canada, qu’on le veuille ou non, qu’on soit souverainiste ou non, avait grandement besoin d’un gouvernement non embourbé dans un conservatisme « préhistorique » (comme le disait A. Dubuc).
Bonjour,
Vous voyez M.Facal, lorsque vous faites semblant de baisser les bras en critiquant la souveraineté(ce qui est normal), il y a un ami blogeur qui en profite pour vous insulter! Vous…et…plus de 2 millions de ses concitoyens sont des schizophrènes!
Cette même personne pourtant est arrivé sur votre blogue en se plaignant d’attaques personnelles et insultes à son endroit sur l’ancien site qu’il fréquentait!
Je me rappelle qu’il fut accueilli avec tous les égards et assurances ; et sur ce point en particulier : le respect envers l’autre!
***
….« Nous « aurons » maintenant le choix entre un PLQ plus canadien que québécois……»
M.Facal, il semble que votre emploi du « futur » (aurons) soit plutôt cocasse!
Surtout sachant que le PLQ Canadien est en marche — avec l’époustouflante réingénérie d’État ; avec un « marché libre » promu durant 3 ans ; la désorganisation civile et surtout la déconstruction du québec — depuis 2003 avec les résultats catastrophiques que vous connaissez mieux que moi. Donc…
Je ne vous ferai pas aujourd’hui la liste des faits pour le démontrer, elle serait trop longue! Une prochaine fois.
*
Pour ce qui est du PQ, s’il est en retard de 20 ans comme vous le sous-entendez : vous avouez donc que le PLQ l’est aussi puisque vous n’avez pas désavoué Vincent qui les cataloguait comme deux frères siamois (tous les deux au centre gauche, disait-il!)
Pauvre PLQ, on peut dire qu’il en mange toute une dans cette chronique : j’espère que les fédéralistes sur ce blogue vont réagir!
En résumé, si on lit bien votre chronique, le pauvre PLQ a donc tous les défauts : Canadian et trop à gauche : ai-je bien compris?
Pour terminer j’aimerais que vous soyez plus clair sur 2 points :
- Le PREMIER sur : «…dont le souverainisme lui fait croire que cela le dispense d’être nationaliste.» Joseph Facal. ???
- Le DEUXIÈME sur : « Ce bipartisme dont parle M.Beaulé, n’est pas prêt de disparaître pourquoi Jean Charest se ferait-il haraquiri en le remplaçant » Dubois.
Expliquez-nous pourquoi « les idiots » qui appuient temporairement le bipartisme, constatent la même chose que Charest y voit.
Ces idiots, comme je l’ai mentionné dans mon commentaire précédent, ne voient que cette solution ; de se regrouper le temps de défaire le PLQ.
M.Facal, avez-vous d’autres solutions?
Bonne fin de semaine,
Bonjour Monsieur Facal,
Je dirais que Mario Dumont entre dans la catégorie des phénomènes. Tous ceux qui s’intéressent à lui comprendront en prenant connaissance de son parcours qu’il possède beaucoup de forces (talents, aptitudes, capacités, qualités). Par exemple, ses succès scolaires et ses premiers accomplissements dans sa vie politique indiquent que sa trajectoire partait d’un bon encrage. Un aspect, je pense, que nous devons reconnaître, entre autres, c’était sa détermination à développer un plan et de le mettre en marche. C’est là qu’on voit que, quand on est jeune, qu’on croit dans ses perceptions, qu’on a des rêves et que ses capacités seront là pour nos tâches, l’énergie vient au rendez-vous (motivation).
Beaucoup d’analystes omettront de mentionner que ce jeune homme (quand il a débuté) a eu la chance de voir son son besoin d’amour comblé, suite à sa relation avec celle qui est devenue sa compagne (supportrice et conseillère) et mère de ses enfants. Car, malheureusement, à cet âge, beaucoup de jeunes hommes réussissent mal à canaliser leurs énergies dans des projets à cause de l’interférence qu’apporte l’amour platonique ou le dépit amoureux.
Malheureusement, sa veine ne l’a pas accompagné jusqu’aux dernières élections. Le pétard n’était mouillé mais il commençait à prendre l’humidité. Son succès du départ pouvait l’encourager à fonctionner comme tous « ces hommes seuls .. qui ont une vision » mais, il se serait avéré que sa vison connaissait des ratés. Beaucoup d’analystes diront qu’il contrôlait trop, qu’il ne déléguait pas assez. On dira aussi qu’il utilisait des trucs pour séduire l’électorat comme donner un salaire aux femmes à la maison. Les journalistes « cérébraux » n’aimaient pas beaucoup cette stratégie opportuniste d’un candidat, chef de troupe, qui savait qu’il n’obtiendrait pas le pouvoir et qu’il n’aurait pas à rendre compte de ses promesses. Ainsi a-t-il été pris à partie par ceux-ci et, comme l’enfant qui devient le souffre-douleur à l’école, son étoile a commencé à pâlir. Il a quitté la politique parce que, intelligent, il a compris qu’il avait les ailes brûlées et que quelque chose de très intéressant l’attendait.
Je suis d’avis moi aussi que l’ADQ ne survivra pas du fait que :
- L’abstention aux urnes est très élevée. Ceux qui iront voter, y iront dans l’espoir que leur vote fasse une différence, alors les partis secondaires auront de la difficulté à gagner des votes.
- Ce parti sera perçu comme simplement un autre regroupement revendicateur ou protestataire, comme il en existe tant.
- Parmi les élus (députés) et futurs candidats dans l’ADQ, peu réussiront à projeter un charisme tant soit peu significatif. Comme dit Lisa Frulla, Mario Dumont est beau garçon.
«Pus» d’inquiétude à y avoir concernant (la promotion de) Loft Story. Mario sera là. Juste au bon endroit. On ne peut mieux. Si donc lui aura été assez gentleman pour (penser à) vous rendre ce service, ne pourriez-vous lui rendre la pareille, en retournant là où vous ‘fittez’ le mieux, là où vous faites ou feriez le mieux, en le ‘remplaçant’, lui ?
Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le verbe. Oral. On avait eu Bourgault. Lévesque. Caouette… On a, aujourd’hui, Laferrière. Mais pas très central en politique même. Il y aurait donc un «trou» – à combler – au chapitre de l’expression-communication orale en politique.
Politique non partisane? Analyste? «Écrivain»? Il se trouve que vous ‘passez’ mieux et en politique ‘partisane’ ou engagée, et comme discoureur (débatteur, promoteur, pourfendeur) oral, que comme analyste (ou) rédacteur. À chacun ses atouts et ses talents.
M. Dubois. L’utilisation du mot schizophrène n’ètait pas voulu comme insulte. C’était une métaphore. Nous avons rejeter l’Église, mais nous tenons à avoir un crucifix à l’Assemblée Nationale. Nous sommes un des peuples les plus libres au monde mais nous voulons notre liberté. Nous voulons nos BMW, nos grosses maisons et nos voyages dans le sud mais nous avons un mépris pour la richesse. Nous voulons un Québec libre dans un Canada uni. Nous n’allons pas à la Messe mais nous baptisons nos enfants. On se dit ouvert sur le monde mais on a Herouxville. On veut la « liberté » pour notre peuple mais on passe une loi restrictive sur la langue. On se dit confiant de notre avenir mais on a peur de notre passé. Le fait que la statue de René Lévesque est sur un terrain qui appartient au Gouvernement Fédéral est une insulte. Notre équipe de hockey « nationale » s’appele le Canadien. Nous sommes sommes « verts », mais nous ne avons un faible taux de recyclage et nous sommes les plus grands gaspilleurs d’eau sur la planète. Nous nous disons généreux mais nous avons le plus bas taux de dons per capita en amérique.
Et comme le dit si bien M. Facal, un membre des lucides, « Je sais, je sais, l’aveuglement partisan est tel que beaucoup de ceux qui ne partageaient pas ses idées se diront : bon débarras. Ce qui est, vous en conviendrez, une drôle de conception de la démocratie : vouloir que les acteurs de la scène politique n’aient droit de présence que s’ils pensent comme nous. Faire preuve d’un peu d’élégance et de classe quand s’en va quelqu’un qui a donné ses meilleures années à la vie publique ne ferait pourtant pas de tort. »
Je suis en réalité en accord avec la position de M. Facal du fait que la majorité des Québécois ne sont pas des sociaux-démocrates dans la mesure où même les partis sociaux-démocrates Européens entrent en grande majorité dans le principe de la Troisième Voix (Third Way) amorcée par Tony Blair dans les années 90. Le PQ propose en réalité la même logique qu’elle proposait en 1973, bien que tous les autres Partis Sociaux-Démocrates au monde se sont adaptés…ou ont finis par mourir. Soit dit, est-ce que Lucien Bouchard ou Pierre-Marc Johnson étaient des sociaux démocrates? Pour revenir à M. Dumont, je dois dire que les positions de l’ADQ (bien que maladroites) étaient en réalité très réprésentatives de la majorité des Québecois, qui sont en réalité des conservateurs nationalistes voulant en réalité d’une certaine façon une position d’autonomie comme un peu Robert Bourassa ou Jean Lesage. Est-ce que René Lévesque aurait été Adéquiste de nos jours? Peut-être. Pour tout dire, le concept de »révolution » que l’on a vu aux États-Unis en 1994 et en Ontario en 1995 va se passer bientôt au Québec en particulier avec le fait que l’immigration va devenir le problème clé des prochaines années à Montréal. Ma peur principale est de voir un parti genre Front National avoir des sièges à l’Assemblée Nationale et je crois que cela va passer d’ici 5 à 10 ans.
@ymdelisle
Je partage votre opinion à 100% car je crois que la majorité des Québecois ne savent même pas que qu’est la différence entre la gauche et la droite (et j’exagère à peine). Votre concept me fait penser à la logique »du coeur à gauche, mais du porte-feuille à droite ». Je crois aussi qu’il commence à y avoir un gros problème du fait que les gens qui n’habitent pas Montréal ont l’impression d’être des citoyens de seconde classe. Pensez à Radio-Canada, par exemple qui est le reflet de ce schéisme car il faut dire que les médias sont tous basés à Montréal et ces groupes n’étaient pas favorables aux idées de M. Dumont. En réalité, le PQ entre dans cette même logique de vouloir plaire aux élément Montréalais au détrimant des »autres Québécois ».
Jacques Parizeau,Lucien Bouchard et … Mario Dumont, à bras levés au petit Colisée de Québec en 1995.
De l’indépendantiste à l’autonomiste : changer sa ligne de parti soit, mais ses convictions ?
Le vacuum ? Non merci !
….Tous des gens supérieurement intelligents et lucides. …..
hahahaha.
Comment peut-on être lucide et « intelligent » et servir des projets idiots, dire le contraire de ce que l’on pense ?