La kalité d’la lang
7 décembre 2007 par Joseph Facal
Parle-t-on mal le français au Québec? L’écrit-on mal? Les choses s’améliorent-elles ou vont-elles en empirant?
On m’a invité l’autre jour à une émission de télévision pour en discuter. Vous savez comment c’est: on n’a jamais le temps de dire tout ce que l’on voudrait ou de faire toutes les nuances. Ici non plus.
Il est extraordinairement difficile de trancher ces questions hors de tout doute. Chacun y répond à partir d’impressions personnelles: une grand-mère qui écrivait parfaitement et une classe entière de jeunes universitaires de vingt ans qui écrivent au son nous font conclure à un effroyable recul.
Le problème est qu’un exemple sert à illustrer, mais il ne prouve jamais rien, car on pourra toujours trouver un autre exemple pour illustrer un point de vue opposé.
La qualité d’une langue ne peut non plus être dite bonne ou mauvaise en soi. Elle est bonne ou mauvaise par rapport à un point de comparaison.
Nostalgie
Juge-t-on la langue d’aujourd’hui par rapport à celle d’hier ou celle du Québec par rapport à celle d’autres pays francophones ? Il est raisonnable de penser que la langue de chez nous s’est améliorée à mesure que le niveau moyen d’instruction de toute la population s’est élevé.
La nostalgie pour le bon parler français de jadis est une nostalgie pour la langue enseignée par les curés dans les collèges classiques qui formaient l’élite, pendant que le peuple restait très majoritairement analphabète.
Évidemment, on va me dire qu’il y a encore un Québécois sur quatre aujourd’hui qui est analphabète. Pas simple, je vous l’ai dit.
Il n’est pas impossible qu’il y ait progrès à long terme, mais recul à court terme. De 2000 à 2005, pour les élèves de la 6e année primaire, les taux de réussite aux épreuves ministérielles de français écrit ont chuté de 87% à 77% en orthographe et grammaire, et de 83% à 73 % en syntaxe. Une conséquence des nouvelles méthodes pédagogiques?
Là où j’enseigne, quand je compare la qualité de la langue écrite et parlée des jeunes nés ici à celle des jeunes d’autres pays francophones, la comparaison n’est jamais flatteuse pour les nôtres. Je ne parle pas ici de parler pointu, mais de richesse du vocabulaire et de rigueur dans la construction des phrases.
Chose certaine, on voit aujourd’hui dans nos universités que les résultats, après treize années de scolarité, ne sont pas à la hauteur de l’effort consenti par notre société.
Faire mieux
Est-il normal que pour les 13 milliards de dollars que nous mettons chaque année dans le système scolaire, il soit exceptionnel de voir des jeunes de vingt ans qui accordent leurs verbes correctement?
Et si ce n’était que la conjugaison des verbes. Je corrigeais l’autre jour un travail dans lequel l’étudiant m’entretenait «des relations aux seins de l’entreprise». Devinez où il devait avoir la tête.
Et quand on leur souligne leurs lacunes, ils vous regardent comme si vous étiez un extraterrestre ou un prétentieux. Au fond, c’est cela qui est le plus inquiétant. Qu’ils s’en foutent complètement.
37 réponses à “La kalité d’la lang”

Bonjour!
La langue étant d’abord un moyen de communication, il me semble alors que l’évaluation de sa qualité doit être en relation directe avec cette fonction: être capable d’échanger des idées entre personnes est primordial car, autrement, on ne peut se comprendre.
Dernièrement, je lisais le rapport présenté par un fonctionnaire de ma municipalité ayant une maîtrise en ingénierie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le rapport était rempli de fautes d’orthographe et, pire, ses phrases étaient tellement mal structurées que cela rendait le texte incompréhensible. Peut-être est-ce cette faiblesse de communication qui rend les québécois incapables de comprendre les enjeux de la relation Canada-Québec?
Comme René P. je crois, bien entendu, qu’une langue est un moyen de communication. Mais une langue c’est plus que ça. Une langue c’est également une culture. Notre contexte géopolitique le prouve bien.
Pour ma part, je sais que je fais des fautes dans mes messages. Mais à chaque fois que j’écris, question de fierté, je fais des efforts pour essayer de m’améliorer. Au niveau individuel, je crois que c’est ce qui est important : s’améliorer.
Je trouve ça effrayant de vous voir culpabiliser les jeunes pour les erreurs que votre parti a commis et pour les autres partis politiques qui continuent votre oeuvre.
Je vous souligne que nous sommes les meilleures en science, en lecture et en math malgré(votre silence en dit long) les politiques disfonctionnelles qui continuent à tuer le système d’éducation.
Je suis fâchée et je vais me retenir de vous dire ce que je pense vraiment de vos commentaires méprisants envers les jeunes et surtout de généraliser.
Vos maudites réformes et votre mépris envers les jeunes, J’sus pu capable (pour vous aider à nous écraser un peu plus)!…
Mme Levasseur,
Il ne faut pas blâmer M. Facal ni le PQ pour cette réforme ils n’ont fait que mettre en place les recommandations d’une large Commission sur l’enseignement, Commission qui dans le temps avait ratissée assez large. Cette réforme faisait consensus et le résultat est le fruit de ce consensus.
Internet, les SMS et les “chats” n’existaient pas (ou presque ) dans le temps et nos jeunes d’aujourd’hui ont inventé une “sténographie” nouveau genre car tout doit aller vite, très vite…..
AntiPollution
Pourquoi la société, les parents, les enseignants les politiques n’ont pas réagit au bon moment quand ils ont vu que ça ne fonctionnait pas? 30 ans(depuis 1975) que ça dure la bêtise et aucun parti n’a réagit si non de compliquer encore plus les choses. La sténographie nouveau genre, c’est normal, la langue évolue et vous ne pouvez pas la maintenir dans le passé, sauf qu’on peut la contrôler pour qu’on puisse se comprendre et c’est à l’école d’y voir, sans toujours nous ramener dans le passé.
Les plus vieux là, à force de nager dans le négatif vous allez nous rendre négatif et agressif. Acceptez qu’on aille plus vite que vous et acceptez que se soit pas toujours à votre goût. Si on compare les jeunes aux anciens, au moins on sait lire et écrire, même si ce n’est pas parfait et malgré les réformes à la con.
[…] Lisez-le bien sûr, mais en gros, il dit que le constat d’une amélioration ou d’une détérioration de la langue n’a de véritable valeur que si l’on procède à des comparaisons, ce qui l’amène à dire «qu’il n’est pas impossible qu’il y ait progrès à long terme, mais recul à court terme.» […]
Ce que vous dites est vrai, cependant nous ne sommes pas un cas unique. Hier soir j’ai regardé une émission canadienne anglaise sur la piètre qualité de l’enseignement secondaire au ROC. Un expert a même dit que la nouvelle norme en Ontario était le bac universitaire qui aujourd’hui équivaut au diplôme d’études secondaires d’antan. Tout ce que vous avez dit ci haut a été dit, il suffit de changer le mot français pour l’anglais.
Dans toutes les sociétés il existe au moins deux niveaux de langue. Remarquez aussi que ceux qui s’expriment bien se font bien comprendre de toutes les classes mais que cela n’est pas vrai en sens inverse. J’ai vécu quelques années à Londres et je peux vous certifier que le même phénomène existait, vous connaissez le Cockney, cet espèce de joual londonien, il était omniprésent et très différent de l’anglais châtié de l’intelligensia.
La Commission des États généraux sur l’éducation ne remonte pas à 1975, Mme Levasseur, mais commença ( commission Bisaillon-Demers )ses travaux au printemps 1995 pour remettre ses conclusions le 25 octobre 1996.
Et j’ajouterais, AntiPollution, yétait(il était)là lui M Facal quand ça mal tourné, pis(et il) ya(il a) rien fait. Je pense que tu comprends bien même si j’utilise des racourcis, et ça ne fait pas de moi une ignorante.
Je suis une des meilleures au CEGEP (cegep) dans toutes les matières et prendre des racourcis linguistiques ça me facilite la tâche en dehors de mes cours. C’est pas plus compliqué que ça à comprendre. Ne cherchez pas des malheurs là où il n’y en a pas on veut juste relaxer et probablement qu’avec notre nouveau langage on va déconstiper la langue de Mollière. Tiens les linguistes ont déjà changé l’orthographe de 1000 mots pour simplifier le français.
Renforcez le français à l’école pour compenser, surveillez nous, mais ne paniquez pas. Aimez-nous plutôt, on fait parti de votre avenir.
Madame Levasseur, s.v.p. ne déclenchez pas un conflits entre les générations.
Si c’est vrai que les linguistes ont changé l’orthographe pour vous simplifier le français, c’est que lex vieux vous aiment bien !
Je sais : un conflit.. et les vieux…
Faudrait aussi savoir interpréter le je m’en fout là. Quand j’utilisais ça ça voulait aussi dire : j’aime pas mon prof, je n’ai rien compris, je suis gênée de le dire, je suis préoccupé par des conflits personnel et des fois je m’en foutait complètement parce que le prof m’avait humilié en me reprenant de la mauvaisse façon.
Des conflits entre les générations, AntiPollution il en a toujours eu et quand les conflits sont gros c’est qu’à quelque part il y a un manque de communication. Moi, votre génération j’ai de la misère à la suivre et des fois je l’aime pas pantoute, surtout quand on doit assumer vos erreurs que vous ne reconnaissez pas et que vous ne corrigez pas, et la partisannerie entre québécois qui prend le dessus sur les règlements de problèmes ou sur des solutions à apporter pour bien vivre.
SUR LE LIEN ENTRE LE NOMBRE ET LA QUALITÉ
J’ai parfois l’impression que le débat sur la qualité de la langue (sur lequel tout le monde s’entend, pour l’essentiel) sert souvent à esquiver le problème beaucoup plus grave du poids politique des francophones, lequel a un lien indirect avec la question de la qualité de la langue.
À mon avis, c’est grâce à leur nombre et à leur poids politique que les francophones (Québécois et autres) ont réussi, pendant un temps, à faire du français une langue significative au Québec et au Canada. Pour ce faire, ils se sont servis de l’État pour imposer une certaine présence du français dans l’espace public (tant au niveau fédéral que provincial). C’est ce que le PQ a fait avec la loi 101, et c’est aussi ce que PET a fait avec la Loi sur les langues officielles. Si le français n’avait pas été imposé de différentes façons, le Québec serait encore une société où le français est inutile. C’est grâce à leur lois, adoptées par leurs élites, que les Québécois francophones (et les francophones hors-Québec dans une moindre mesure) ont réussi à en faire une langue qui vaut la peine d’être mieux parlée et écrite. À mon avis, ces lois ont fait beaucoup plus pour améliorer la qualité du français au Québec et au Canada que n’importe quelle réforme du système d’éducation. De la même façon, vous l’aurez compris, je pense que c’est avant tout en rendant le français utile et indispensable qu’on rend possible des progrès en termes de qualité.
Quelques questionnements. Qu’arrivera-t-il quand la proportion des francophones au Canada passera sous la barre des 20%? Qu’arrivera-t-il quand la proportion de personnes parlant le français à la maison passera sous la barre des 80% au Québec (cette proportion est passé de 83% en 1991 à 81,8% en 2006)? Quelles serons les conséquences de cet affaiblissement ? Les Québécois francophones pourront-ils encore soutenir politiquement des partis assez forts pour continuer d’imposer le français dans l’espace public? Les Québécois francophones et les francophones hors-Québec seront-ils politiquement capables dans l’avenir de mettre au pouvoir des personnes capables de créer et maintenir un cadre dans lequel le français peut s’épanouir ? Pourront-ils préserver et développer, par l’intermédiaire de leurs élites, un cadre qui fait du français une langue importante et utile au Canada ? Pourront-ils maintenir ce cadre qui fait du français une langue que certains immigrants ont envie d’apprendre ? Je pense que nous avons déjà des indices d’une dégradation entamée du cadre législatif qui permet au français d’être utile au Québec, qui s’accélèrera vraisemblablement dans l’avenir. Mon expérience personnelle confirme ces indices (je me demande parfois à quoi sert la version française de mon CV).
De là, j’en reviens à la question de la qualité de la langue. Qui se souciera de bien parler le français au Québec quand il sera moins en moins nécessaire de bien le parler et l’écrire pour réussir au Canada et au Québec? Qui se souciera de bien parler et écrire le français quand cela deviendra de moins en moins nécessaire pour réussir en affaires, pour avoir du succès dans les arts, pour décrocher un poste de fonctionnaire ?
Autrement dit, poser la question de la qualité de la langue dans notre contexte démolinguistique, c’est aussi poser la question de notre poids politique. Et poser la question du poids politique des francophones, c’est évidemment (tadam !: on va surement me traiter de dogmatique) poser celle du statut politique de leur État national…
Pierre-Luc Pelland agé de 23 ans écrit sur son blogue Le Bourgeois Hautain un billet intitulé “Les baby-boomers” dans lequel il contredit la plupart sinon toutes les accusations portées contre les générations antérieures à la sienne. Notez que le jeune est membre des blogueurs de la droite.
Cliquez sur le lien suivant pour lire le billet en question :
http://demonblond.blogspot.com/
@lesdents
Votre post est intelligent et réfléchi mais je vous trouve un peu alarmiste et trop enclin à vous en remettre aux lois et aux fonctionnaires.
Prenez le dernier recensement par exemple.On prend toujours les chiffres pour l’île de Montréal, alors que la très francophone Longueuil, sise à 1 km du centre ville est exclue, alors que le West Island anglo, de 30 à 50 km du centre y est inclue. Pour moi, il serait plus pertinent d’analyser les chiffres de la région métropolitaine et les comparer avec le dernier recensement de 2001.
Et bien imaginez-vous que sur 3 588 520 habitants, 1 404 915 parlent seulement français et un autre 1 861 930 parlent anglais et français, pour un total de 91% de la population qui parle français. Les même chiffres en 2001 donnaient 86%. La proportion de gens qui parlent français à Montréal a progressé de 5% et atteint 91 %. C’est un chiffre qui devrait nous réjouir, pourtant on entend seulement parler de l’angoisse de la proportion de langue maternelle.
Je n’ai pas accès aux mêmes chiffres pour 1971, mais je suis prêt à parier que le français a fait un bon spectaculaire depuis. Comment donc tirer la conclusion que Mtl s’anglicise? C’est sûr que si on se limite à analyser les statistiques sur la seule langue maternelle, pas de surprise pour apprendre qu’il y a une baisse. Tout le monde connaît notre taux de natalité et le nombre d’immigrants qui viennent ici. Crier que Montréal va bientôt devenir anglaise est tout à fait injustifié et alarmiste. 262 810 personnes parlent seulement anglais, soit 7,3 % de la population , et je crois que la moyenne d’âge de ce groupe doit être assez élevée. 39% de la population ne parle que français vs 7 % l’anglais et dans certains milieux on est déjà à monter les barricades !
Au delà des chiffres il y a aussi les tendances, et de plus en plus de gens parlent le français à Montréal et de moins en moins sont unilingue anglais. Si 75% des immigrants se francisent, c’est une grosse amélioration , je me demande si en 1971 cette proportion pouvait atteindre 10 ou 15%.
Si autrefois les immigrants s’anglisisaient, c’était pour des motifs surtout économiques, et l’inverse est tout aussi vrai aujourd’hui. Il est très difficile d’obtenir un emploi sans connaître le français aujourd’hui. Oui pour de nombreux postes, les deux langues sont requises, mais c’est le français qui est essentiel. C’est par le travail que les immigrants apprennent et améliorent leur français, comme c’est par l’école que leurs enfants l’apprennent. Toutes les lois qui ne tiennent pas comptes de cela sont inefficaces .
Vous dites:
“Je pense que nous avons déjà des indices d’une dégradation entamée du cadre législatif qui permet au français d’être utile au Québec, qui s’accélèrera vraisemblablement dans l’avenir. Mon expérience personnelle confirme ces indices (je me demande parfois à quoi sert la version française de mon CV).”
Je suis un recruteur professionnel et je conteste complètement votre conclusion. La vaste majorité de postes de cadres que nous comblons requièrent une connaissance approfondie du français alors que la connaissance de l’anglais, sans être négligeable, est moins importante. Les postes unilingues anglais sont très très rares, pour ne pas dire inexistants. Même une grande université anglophone exigent une connaissance approfondie du français pour tous ses postes non-enseignants.
Votre conclusion sur le statut politique est injustifiée sur la seule progression du français. Il y aurait tout un autre débat à avoir sur les conséquences démographiques d’une rupture avec le Canada, mais cela sera pour une autre fois.
Respectueusement
Ils s’en foutent complètement !!!
En réalité, hormis le dernier carré de plus en plus réduit d’arrière-garde, tout le monde s’en fout éperdument.
Et pourquoi cela devrait-il être autrement ? Après-tout, dans notre brave monde nouveau que nous avons voulu matériel et d’assistanat il y aura toujours l’Etat providence pour nous payer notre caisse de bière, nos condoms et nos IVG. Le reste n’a pas d’importance.
Juste un mot pour rappeler que les recommandations essentielles des États généraux de l’éducation de 1996 étaient de recentrer l’enseignement sur les matières de base et de hausser les exigences. Point à la ligne. Il n’était alors nullement question de révolutionner les méthodes pédagogiques. Que Maude soit bonne ou mauvaise en classe n’est pas la question. Je constate simplement que nous recevons à l’université des cohortes entières de jeunes qui écrivent mal, très mal…et qui se choquent quand on leur en fait la remarque. Libre à chacun d’en tirer les conclusions qu’il veut. Mais disons que c’est paradoxal de la part d’un peuple qui se dit désireux de protéger une identité qui s’exprime principalement par la langue. C’est tout.
@ Dave
- concernant le pouvoir des lois et des fonctionnaires. C’est le seul dont les Québécois francophones contrôlent réellement et peuvent utiliser pour faire du français une langue forte. Le français ne ferait pas long feu sans les protections législatives en question. Si nous étions majoritaires sur ce continent et que notre langue était une langue aussi employée que l’anglais, mon propos serait différent. Nous sommes des minoritaires qui avons la chance de disposer d’un État que les anglais ont eu la maladresse de nous laisser. Il faut en conséquence l’utiliser : c’est le meilleur levier identitaire que nous ayons.
- sur Longueuil. Longueuil ne fait pas partie de Montréal. Je comprends que l’on veuille fictivement agrandir la taille de Montréal pour nous donner un sentiment de fausse sécurité. On pourrait très bien faire l’inverse et exclure Pointe-aux-Trembles ou Anjou, qui sont beaucoup plus loin que Westmount du Centre-Ville. Il faut tracer la ligne quelque part, et on a choisi pour cela de se fier, sauf erreur, à la réalité géographique de l’ancienne ville de Montréal. Veuillez adresser vos commentaires à Statistiques Canada si vous pensez que cela est erroné.
- sur vos chiffres. Je n’ai jamais parlé de langue maternelle. Ce qui compte, ce n’est pas non plus la connaissance du français (car ce critère ne dit pas quel rang occupe la langue française parmi les langues parlées par l’individu). Que le dernier arrivé puisse laver la vaisselle en français (supposons que c’est sa troisième langue après l’arabe et l’anglais), c’est très bien, mais cela n’a pas autant importance quant à l’avenir du français que la langue qu’il parle à la maison. Un autre critère, qui se rapproche encore plus de l’idée que je me fais de l’intégration, serait celui de la « langue la mieux maîtrisée ». Ayant dit ceci, je ne suggère pas par là que les autres langues ne doivent pas être transmises (j’encourage le multilinguisme, mais celui-ci doit commencer, au Québec, par le français), mais je pense qu’il devrait y avoir dans le temps un point où le français devient la langue la mieux maîtrisée. C’est là le meilleur indicateur d’intégration au sein d’une société de langue française. Le problème, c’est que c’est trop souvent l’anglais qui devient, après une ou deux générations, la langue parlée à la maison ou la langue la mieux maîtrisée, le français n’étant que la seconde ou la troisième langue. Est-il normal que le français ne soit, pour certaines familles immigrantes de troisième génération, qu’une langue seconde ? Qu’elle ne soit qu’une langue qu’il est coquet de parler, une langue que le gouvernement nous oblige à parler, mais surtout pas une langue utile ou indispensable ? À cet égard, j’ignore quelle est votre définition de la francisation. Pour moi, ça ne se limite certainement pas à la simple connaissance du français (par contre, ce critère peut être utile pour déterminer le droit à la citoyenneté).
- sur l’anglais et l’emploi. Je ne partage pas votre avis : je pense qu’il vaut mieux, au plan professionnel, être unilingue anglais qu’être unilingue français. Tous les emplois que j’ai occupés au cours de la dernière décennie, j’aurais pu les occuper sans parler le français. Par contre, je n’aurais pas pu les occuper sans parler l’anglais. Quant aux faits que vous invoquez sur McGill et Concordia, mon vécu personnel (qui date de quelques années) les conteste. Peut-être existe-t-il un fossé entre la politique officielle et les faits, un peu comme au gouvernement fédéral où on embauche des unilingues anglais dans des postes dotés bilingues (et où l’on donne des cours de français payés par le gouvernement à des gens qui n’en ont rien à foutre). Il m’est souvent arrivé d’avoir affaire à des préposés unilingues anglais dans ces universités. Sauf erreur, je serais surpris qu’il y ait des unilingues français au sein de ces organisations, que ce soit dans le corps professoral ou ailleurs.
Avec le web, nous lisons et écrivons beaucoup, peut-être même plus qu’avant. L’accessibilité de l’information est plus grande et le médium (courriel, messagerie, forum, blogues) permet d’écrire beaucoup plus qu’à l’époque du papier-crayon. Malgré cela la qualité de la langue écrite semble s’être détériorée chez les jeunes universitaires.
Une des causes en est probablement l’instantanéité relié à la nouvelle culture web (on écrit vite sans se relire, exigence 0 quant à la qualité de langue, nos lectures contiennent souvent beaucoup d’erreurs). En même temps, j’avoue honteusement avoir réussit mes études universitaires sans avoir une excellente connaissance des règles grammaticales de notre langue. Les exigences scolaires et sociales ont probablement diminuées (?)
Je ne crois que cela soit une question générationnelle : comme le dit Maude, les jeunes s’adaptent simplement aux exigences et sont plus impliqués dans la culture web que leurs aînés. Pour ce qui est de la frustration qu’ils expriment lorsqu’on les reprend, c’est compréhensible (les exigences ne sont pas constantes). Mais tant pis : l’école doit être exigeante.
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Lesdents, vous avez dit: “on va surement me traiter de dogmatique”
Plus positivement, je dirais plutôt que vous êtes drôlement convaincu (et peut-être un brin entêté) Même si je suis en désaccord avec votre conclusion (je partage l’avis de Daveyy), j’admets que votre argumentation est intelligente et cohérente et je vous pardonne. ;-)
Allez, sans rancune!
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On parle beaucoup de la qualité de la langue écrite, mais j’ai l’impression qu’il y a une amélioration au niveau de la langue parlée (les gens s’expriment mieux). Qu’en pensez-vous ?
Mathieu, je ne suis pas surpris que vous plaidiez en faveur du statu quo aux côtés de Davey. Il est toujours plus facile de défendre l’immobilisme que de faire la démonstration de la nécessité de réformes.
J’aurais une question à vous poser (pour vous et Davey). Supposons un instant que le paysage politique du Québec change. Un courageux gouvernement, s’inspirant de l’héritage de Camil Laurin, prend le pouvoir et enclenche une série de réformes pour solidifier la place du français au Québec. En 2040, on commence à remarquer les effets de cette politique: les transferts linguistiques des immigrants vers le français s’accélèrent, ceux vers l’anglais déclinent (pour rejoindre la proportion de la communauté historique anglophone), les anglophones sont plus nombreux à apprendre le français comme langue seconde que jamais auparavant, les secteurs des affaires et des technologies se francisent, 85% des gens sur l’île de Montréal parlent français à la maison, les PME adoptent de plus en plus le français comme langue de travail, et il devient plus facile que jamais de se faire servir en français partout au Québec. En somme, le français comme langue officielle et commune commence à aller de soi. Quelques anglos unilingues ont fui le Québec dans l’opération et sont allés se réfugier à Orleans (Ottawa), criant à l’oppression des minorités et au fascisme du gouvernement québécois…
Défendriez-vous alors le statu quo (et le maintien du français comme langue officielle et commune allant de soi) ou diriez-vous au contraire qu’un affaiblissement de la langue française s’impose (considérant que celle-ci est devenue trop forte et que, décidément, ces petits Québécois francophones commencent à aller trop loin, qu’ils ont pêché en pensant qu’ils pouvaient agir comme une majorité qui s’assume) ?
@ lesdents
J’ai grandi à Montréal dans les années soixante. Voici mon résumé simplifié de la situation linguistique d’alors :
-le français était affiché dans l’Est et presque invisible dans l’Ouest
-les ”maudites grosses anglaises” étaient en majorité chez Eaton, Morgan, Simpson
-les Canadiens-français étaient bilingues, les anglos unilingues
-le monde des affaires fonctionnait en anglais à 98%
-Walter Gordon, président du CNR, disait qu’il ne trouvait pas de Canadiens-français compétents pour justifier l’unilinguisme de sa société d’état
-la fonction publique fédérale était English only et s’appelait encore le service civil (sic)
-Air Canada s’appelait Trans Canada Airlines
-les Italiens de St-Léonard ont exigé et reçu le droit de s’angliciser par l’école
-98% des immigrants s’assimilait à la minorité anglophone
-le maire Jones refusait de bilinguiser la ville de Moncton, pourtant majoritairement francophone
-la pizza et le egg roll étaient les deux seuls mets ethniques connus
-les francophones étaient les moins instruits au Canada et occupaient le bas de l’échelle socio-économique
Qui aurait cru que quarante ans plus tard :
-les anglophones ne formeraient que 11,5% de la population et seraient à 67% deux fois plus bilingues que les francophones
-Eaton aurait fait faillite et serait devenu Les Ailes de la Mode
- la langue de travail dans la majorité des entreprises serait le français
-un dénommé Pierre Tellier aurait fait du CN une entreprise privée performante
- les sociétés qui rayonnent le plus dans le monde à partir de Montréal seraient crées par des francophones ( Bombardier, Cirque du Soleil, CGI ).
- 40% des étudiants à McGill seraient des francophones et ils pourraient écrire leurs examens en français
- 75% des immigrants choisiraient le français
-les résultats scolaires au Québec seraient les sixième meilleurs au monde
À vous lire on croirait que le français ne fait que reculer. Vous ne voyez que du négatif, que 91% des Montréalais parlent français ne compte pas pour vous parce que peut être qu’ils ne chantent pas en français dans la douche! La semaine passée je suis parti de chez moi au centre ville et j’ai compté 66 km sur mon cadran rendu au pont de l’île aux Tourtes, alors que cela me prend 10 minutes en métro me rendre à Longueuil, et vous m’accusez de créer des limites fictives? Non, je compte les chiffres pour la région métropolitaine, seuls chiffres valables quant à moi. Pensez-vous que les gens de la Rive Sud ne viennent pas à Montréal ?
Vous rêvez au jour ou 85 % des habitants de l’île de Montréal parlent français à la maison, comme à Trois-Rivières et à Chicoutimi alors qu’actuellement 38% des foyers fonctionnent dans une autre langue. Et quoi dire de Toronto avec 32% qui parlent une autre langue que l’anglais à la maison et Vancouver avec 36%.
Moi j’ai quelques questions pour vous. Comment allez-vous légiférer sur quelle langue on parle à la maison sans être accusé de tactiques de la Gestapo? Vous parlez comme si les fonctionnaires pouvaient tout régler. Voulez-vous vraiment vivre dans un gros Drummondville? Ne voyez-vous aucun avantage à vivre dans une ville multiethnique? Pensez-vous vraiment qu’un unilingue francophone chercherait à travailler dans une université anglaise? Quand vous parlez de la proportion historique de la communauté anglaise à Montréal, faites-vous référence à l’époque quand Montréal était majoritairement peuplée d’anglophones? Votre insistance que professionnellement être unilingue anglais vaut mieux que l’inverse alors que les statistiques sur les revenus démontrent le contraire et que mon vécu de recruteur professionnel me confirme tout le contraire, me démontre un certain préjugé de votre part. Peut-être essayez-vous de généraliser une situation particulière que vous avez vécue.
Aussi vos commentaires sarcastiques sur l’exil des anglos à Orléans dénotent un manque de confiance en soi qui ne fait pas bon conseil. Évidemment, il peut y avoir un fond de partisanerie politique, c’est clair que l’option souverainiste est toujours plus populaire lorsqu’il y a perception de menace à la langue. Il serait contre les intérêts politiques souverainistes de reconnaître les progrès du français, donc ce préjugé favorable à la menace, c’est quand même le fond de commerce du PQ et du Bloc.
Mais ce qui me désole le plus dans vos commentaires c’est le ton défaitiste bien résumé par votre dernière phrase :”ces petits Québécois francophones commencent à aller trop loin, qu’ils ont pêché en pensant qu’ils pouvaient agir comme une majorité qui s’assume”
@ Lesdents
Je ne vois pas vraiment où vous voulez en venir. Enfin si : vous voulez me placer en état d’incohérence ou démontrer que je défends l’immobilisme… Mais votre exemple est hautement hypothétique et je ne vois pas d’autres réponses à vous donner que : « ça dépend »
Ça dépend des mesures prises dans cette série de réformes que vous proposez. Pour agir comme une majorité qui s’assume, devrons-nous restreindre certaines libertés individuelles ? Ou s’agit-il de prendre des mesures répressives un peu plus musclées pour encadrer l’usage du français ? Délicate question que celle des moyens législatifs pour solidifier la place du français.
Supposons que ces réformes justifiées font consensus au sein de la communauté francophone (comme pour la Loi 101). Supposons qu’elles sont respectueuses des droits des minorités (en gros, disons simplement qu’elles ne sont pas condamnées par un organisme international crédible) Supposons également, comme vous le dites, que 40 ans plus tard, « le français comme langue officielle et commune commence à aller de soi ». Ça fait pas mal de conditions (qui ont été réunies avec la Loi 101), mais je ne vois pas comment quiconque pourrait alors prôner un affaiblissement du français.
Cela dit, je partage partiellement vos craintes quant au poids démographique et politique des francophones même si je vous trouve un brin alarmiste. Ce qui m’inquiète davantage c’est notre poids économique. Qu’importe les réglementations et le statu politique, c’est notre position économique qui sera déterminante à long terme quant à la force du français. Nous ne vivons pas en vase clôt et l’anglais (un jour ce sera peut-être le mandarin) s’impose mondialement comme langue des affaires.
À Davey et Mathieu,
Je suis dans la vingtaine et je pense qu’il y a plus à gagner à songer à ce qu’il faut encore faire (regarder en avant) qu’à ce que nos pères et nos mères ont accompli (regarder en arrière).
- Sur le bilinguisme des anglophones. Il serait normal que les anglophones soient plus bilingues que les francophones à Montréal puisque le français est la langue de la majorité. Par contre, j’ignore où vous allez chercher vos statistiques car le recensement ne donne pas de chiffres comme ceux-là. Je vous inviterais également à ne pas présenter le bilinguisme de certains anglophones comme une faveur qu’ils nous feraient : il s’agit de quelque chose de normal puisque le français devrait être le dénominateur commun qui rejoint tout les Québécois. C’est l’unilinguisme de certains anglophones et immigrants qui n’est pas normal.
- Sur les francophones qui vont à McGill : je ne trouve pas particulièrement réjouissant qu’autant de francophones choisissent d’aller dans l’université de la minorité, ni que McGill ait cette puissance d’attraction. Ou que le meilleur hôpital du Québec soit anglais (c’est ce qui se produira avec le nouveau CHUM-Mcgill, grâce aux fonds publics). Comme beaucoup apparemment, vous semblez croire que les Québécois francophones auraient avantage à fréquenter les institutions de la minorité. Je pense plutôt qu’il faut renforcer les institutions de la majorité pour que la majorité ait envie de fréquenter ses propres institutions, ce qui serait normal. Et multiplier les programmes d’échanges d’étudiants avec le Canada et l’étranger.
- Sur votre 75% d’immigrants qui choisissent le français, encore une fois, je vous rappelle qu’il ne serait que normal que les immigrants choisissent le français. Ce n’est pas une faveur ou quelque chose dont on devrait se réjouir ! À cet égard, je pense que c’est plus la présélection d’immigrants francophones qui fait le travail de francisation que le Québec comme société.
- Sur le recul du français comme langue publique : je pense qu’il a opéré un rattrapage normal (qui n’est pas achevé) grâce à des politiciens courageux, mais que cet élan est terminé et qu’on reprend une pente descendante. Et je souligne à cet égard que ce qui importe d’abord et avant tout, c’est le poids politique des francophones (langue parlée à la maison) au Québec et au Canada. En mettant de côté certaines nuances un peu inutiles, on peut dire que cet indicateur est en déclin depuis 1840. Vous pourrez donner tous les chiffres que vous voudrez, mais les francophones (en particulier du Québec) perdent collectivement de l’emprise sur leur avenir (comme en fait foi l’ajout de sièges pour l’Ouest au Parlement fédéral), et il n’y a pas 36 solutions à cela.
- Sur Montréal : il est important que l’île soit française, ce qui serait normal, et non pas seulement que les banlieues compensent artificiellement pour le déséquilibre linguistique observé sur l’Île. C’est le cœur du Québec, je vous le rappelle. Sans son cœur, c’est la nation qui meure.
- Sur Toronto et Vancouver : À Vancouver et Toronto, il n’y a pas de langue concurrente à l’anglais. Il est donc moins inquiétant que les transferts linguistiques vers l’anglais tardent à s’accomplir. Par ailleurs, je ne discuterai pas des travers du modèle du multiculturalisme qu’on tente de faire pénétrer au Québec par tous les moyens, lequel est à mon avis hautement critiquable tant pour le Québec que pour les autres sociétés occidentales. Le Canada a fait ses choix et nous n’avons pas à faire les mêmes. Pour une bonne critique de ce modèle, je vous invite à lire Mathieu Bock-Côté, La Dénationalisation Tranquille.
- Sur la gestapo (je néglige ici de commenter le caractère malhonnête de cette allusion à un régime sanguinaire, qui me rappelle aussi l’amalgame religion-souveraineté que Mathieu a fait récemment et qui l’est tout autant): Je ne parle pas de légiférer concernant la langue parlée à la maison, ni d’ailleurs sur la langue parlée dans la rue, ni même sur celle qui est parlée au travail. Je parle d’avoir une politique d’affirmation nationale puissante, qui affecterait INDIRECTEMENT tous ces indicateurs : loi sur l’identité, pleine application de la loi 101, mettre fin à la ségrégation linguistique en fusionant (anticonstitutionnellement) les réseaux scolaires anglophones et francophones (avec une forte composante anglophone – disons 1/5 au primaire en augmentant jusqu’au CÉGEP, mais à dominante francophone – le tout à déterminer en négociation avec la communauté anglophone – je mentionne d’ailleurs que cela aiderait tant les anglophones que les francophones à mieux apprendre leur langue seconde), Constitution, colmater les brèches percées par la Cour suprême du Canada dans la loi 101, (et évidemment, souveraineté), etc.
- Sur Orleans : je fais allusion aux anglophones qui ont quitté le Québec depuis la prise du pouvoir par le PQ. Chaque fois que les Québécois francophones posent des gestes d’affirmation, il y en a un paquet qui partent. C’est regrettable mais c’est ainsi. Et on ne doit pas s’empêcher d’agir pour cela.
- Quant au caractère multiethnique de Montréal : Personne ne se plaint d’avoir des restaurants et des boutiques « multiethniques » à Montréal. Remarquez dans mon propos que je ne m’en prends jamais aux immigrants ou aux anglophones, mais seulement à la mollesse des francophones. Montréal peut-elle être une ville multiethnique tout en étant française ?
En somme, j’aspire à la normalité. Est-ce trop demander ?
Sur la fusion des réseaux scolaires (et ceci est mon dernier commentaire car je dépasserai ma limite de 5), je souligne que Jean-François Lisée a commandé un sondage récemment, qui indique que même les non francophones appuient la proposition d’une CÉGEP bilingue à forte composante anglophone et à dominante anglophone (http://www.vigile.net/IMG/pdf/Rapport_constitution_novembre_2007-2.pdf).
Cela, en soi, serait déjà un progrès majeur à mon avis. Pour le primaire (en particulier) et le secondaire, je reconnais que c’est plus controversé et que je suis bien disposé à me faire convaincre que j’ai tort.
Daveyy,
Au début de votre long commentaire vous décrivez assez bien la situation des années soixante mais votre description de la situation d’aujourd’hui est douteuse.
Vous affirmez :
“-Air Canada s’appelait Trans Canada Airlines
-le maire Jones refusait de bilinguiser la ville de Moncton, pourtant majoritairement francophone”
Pour Trans Canada Airline : le 29 novembre 1963, un DC8 de cette compagnie s’écrase près de Ste-Thérèse-de-Blainville : 118 décès.
Le 3 mars 1964, deux mois plus tard, TCA change de nom pour Air Canada. Une coincidence, un hasard ?
C’est vrai que le maire Jones refusait de bilinguiser Moncton d’ailleurs un étudiant lui a livré un symbole Jones, une tête de cochon sur le perron de la mairie, mais Moncton n’est pas majoritairement francophone comme vous l’affirmé, mais majoritairement anglophone à +-70%
Aussi, les anglophones de souches forment depuis toujours autour de 10 % de la population du Québec.
Bonjour M. Facal,
…………….. « Juge-t-on la langue d’aujourd’hui par rapport à celle d’hier » ………..Je réponds Oui, parce que c’est la seule façon de savoir si nous avons progressé.
Et si l’on compare l’élite du temps à celle d’aujourd’hui, nous devons que constater que c’est un grand succès.
Pouquoi? Parce que cette élite qui se limitait à 5% environ de la population est maintenant de 30% à 40%, grâce à l’éducation pour tous. Donc en terme de nombre c’est un gros “plus”!
Pour le français écrit, l’ancienne élite était probablement plus forte en français écrit tout simplement, parce que la frange(étudiants) du temps — qui se comparait aux écoles privée actuelles, qui sélectionnent leurs élèves — était petite, riche, mieux encadrée, ayant moins d’élèves par classe et surtout douée. Sans oublier que le temps consacré au français était plus important.
Quant à la masse (le 60% d’aujourd’hui) elle écrit mieux que le 95% des élèves d’avant 1964 (rapport Parent) qui terminaient leurs études entre la 6ème et 9ème année.
En résumé, je dirais que 7 à 10 à fois plus de personnes écrivent presqu’aussi bien que l’élite d’autrefois, toute proportion gardée.
Pour la langue parlée par contre, c’est le jour et la nuit. Quelques exemples: écoutez le langage des jardiniers maraîchers lors d’entrevues à l’Épicerie ou à la Di Stasio. Écoutez le français des enfants des garderies (3 à 5 ans). Je vais chercher mes petits enfants de temps à autre et je le constate sur place. Le problème serait plutôt à la Télé avec des émissions comme “Virginie” ( à 7 heures) où l’éducateur emploie encore en 2007, le vieux français: Moé, Toé et wère au lieu de “voir” etc. Les enfants demandent à leur parents ce que veut dire “wère” !!
Mais cela ne veut pas dire que nous n’avons pas d’amélioration à faire au niveau du vocabulaire et surtout dans la construction de nos phrases. Ça oui!
Faut dire par contre, que le contexte nord-américain dans lequel on vit nuit considérablement ne serait-ce que par les anglicismes et la construction de nos phrases!
Lorsque l’on se compare aux francophones d’ailleurs, là on se désole!
Mais le changement et l’amélioration doit venir d’en haut…… à commencer, par les émissions de télé: et cela autant à la SRC qu’à TQS et TVA.
Sans oublier les profs de nos écoles de qui on doit exiger non pas deux niveaux de langage, mais un seul, le meilleur!
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On vient d’apprendre par le biais du dernier recensement, que les Canadiens-français du canada sont dans une pente descendante, que l’assimilation s’accélère et est irréversible.
Pourtant la loi sur les langues officielles(bilinguisme) du duo Trudeau-Chrétien devait les sauver de l’assimilation. C’était pourtant leur objectif ultime et la raison principale de leur entrée en politique, non?
Au Québec, nous savons que 51 % des immigrants vont vers l’anglais, alors que les anglophones ne représentent que 8 % de la population.
Mais il semble, même si les francos sont passés sous la barre de 80% et que le français langue maternelle française à Monrtréal est pour la première fois en dessous de 50%, que nous devions pas s’en alarmer puisque 75% des nouveaux arrivants choisissent le français comme langue d’usage.
Si c’est vrai, et même si c’est en bas(5%) de notre poids linguistique au québec et que cette donnée(75%) n’est pas due à une sélection surélevée depuis 5 ans de francophones immigrants, alors c’est rassurant du moins en attendant que le prochain recensement vienne le confirmer.
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Bonjour M.Daveyy,
@ Paul Durand
………………« On peut faire dire n’importe quoi avec les chiffres.»
Vous avez bien raison. Surtout à propos de l’analyse de David Lépine, dont vous reproduisez l’analyse dans vos 3 premiers grands paragraphes.
C’est pourquoi, même s’ils sont dissonants, on doit plutôt se fier — à un spécialiste de “Statistique Canada” ou bien à Charles Castonguay, M.Sc., Ph.D. (McGill) spécialisé en Mathématiques et statistique à l’Université d’Ottawa — pour faire la part des choses.
Pour vous faire une meilleure opinion sur le dernier recensement je vous suggère le lien suivant : http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#idMedia=0&urlMedia=/Medianet/2007/CBF/MaisonneuveEnDirect200712041215_1.asx
Bonne fin de journée,
Quand ce ridicule débat sur la qualité de la langue reviens, je m’emporte. Une langue n’est pas vivante à cause du nombre de gens capables d’accorder correctement le participe passé en genre et en nombre au nom auquel il se rapporte. Une langue est vivante parce que des gens qui la parle ont des choses à dire. Les pseudo-intellectuels peuvent continuer à corriger les fautes d’accord et à faire des concours de dictées pour montrer la bonne note qu’ils ont eu en secondaire 5; la grammaire est la culture de celui qui n’en a pas, il semblerait. Pendant se temps-là, les scientifiques, les penseurs, et mêmes les artistes se tournent vers l’anglais. Pendant ce temps-là, les québécois sont les pires du Canada en science, selon le dernier rapport PISA. Oui, je m’en fiche, comme disais M. Facal: je préfère un physicien qui comprends la relativité à un physicien qui a mis trop d’heures sur la grammaire, et l’intellectuel qui connait ses dossiers à fond à celui qui montre son ignorance dans un français impécable.
Si j’étais conspirationniste, je dirais qu’il y a un complot fédéraliste pour réduire la question du français au Québec à une insipide question de grammaire. Si notre culture est en déclin, ça n’est pas parce que nos auteurs-compositeurs font des fautes d’orthographes: c’est parce qu’ils n’ont rien à dire.
Bonjour M.Facal.
La langue n’est qu’un outil pour communiquer sa pensée. Elle est aussi le reflet de sa culture. Il faut un savoir élargi et un vocabulaire assez étendu pour l’exprimer adéquatement. Attaquer la langue, c’est attaquer le messager, l’outil. Si les états généraux sur l’éducation ont recommandé de recentrer sur les matières de bases et d’augmenter les exigences, c’était intelligent. L’école doit mieux former le cerveau, mieux structurer la pensée. Ce qui se conçoit facilement, s’énonce aisément. Si l’expression linguistique écrite est déficiente, le problème est la source. Si les recommandations des états-généraux avaient été suivies au lieu d’une réforme pédagogique non désirée, peut-être n’aurions-nous pas cette discussion.
@lesdents
J’ai voulu illustrer certains progrès notables du français à Montréal depuis 40 ans pour répondre à l’alarmisme de certains et de mettre tout ce débat dans son contexte. Celui qui ignore l’histoire est condamné à la répéter, n’est-ce pas.
Je n’accuse personne d’être la Gestapo, je dis qu’il y a une limite à légiférer au delà de laquelle cela peut devenir de la persécution.
Sur McGill, vous êtes dans les patates Monsieur. Première université au Canada, 12 ième mondialement, je ne vois rien de désobligeant à vouloir la fréquenter, tout comme Harvard, Yale ou Cambridge, sauf que celle-ci est à proximité et facilite l’accès aux francophones. Préfériez-vous que “l’université de la minorité” comme vous la désignez sarcastiquement, en soit une de deuxième ordre ne rayonnant pas plus loin que Rigaud? Vos propos manquent un peu de perspective.
Sur l’importance de l’île, va bien falloir que les 20 000 francos qui la désertent à chaque année pour le comfort du 450 se tiennent debout. C’est pas la faute aux anglos ni aux immigrants que nous permettons l’étalement urbain en encourageons l’industrie du bungalow de banlieue. Mais le coeur du Québec c’est Montréal, et Montréal ça comprend toute sa région métropolitaine.
Incidemment, vous pouvez prôner la souveraineté légitimement sans inventer de fausse crises linguistiques pour la justifier. Allez sur le site de statistiques Canada et vous verrez pour vous-même. 91% des habitants du grand Montréal parlent français, je me demande s’il faut remonter jusqu’avant la Conquête pour retrouver un pareil pourcentage. Si à Toronto et à Vancouver les transferts vers l’anglais prennent du temps, c’est que ça prend du temps, ici aussi.
Moi je vois un verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Je trouve que pour la seule société non-anglophone sur un continent de 330 millions d’habitants nous avons beaucoup accompli. Certes tout n’est pas parfait, la vigilance sera toujours requise, mais l’alarmisme non fondée est de très mauvais conseil.
NB Je ne me réjouis pas des « faveurs » que nous feraient les anglos en apprenant le français, je me réjouis du revirement complet des attitudes que j’ai constaté depuis 40 ans
Je rappelle gentiment la règle du «cinq commentaires chacun par billet». L’auto-discipline vaut mieux que la répression, non ? De toute façon, je reviens demain sur la langue à partir des chiffres du recensement. J’achève. Salutations.
@Lesdents
Il y a sans doute quelques propositions intéressantes dans ce que tu énonces (tu permets le tutoiement?). Un CÉGEP bilingue ? Pourquoi pas. Par contre, je prédis une montée aux barricades de groupes de francophones unilingues (plus d’opposition là que du milieu anglophone).
En tout respect, l’impression générale qu’il me reste en te lisant est que tu proposes l’artillerie lourde pour chasser quelques pigeons. Je partage la lecture de Daveyy : nous disposons aujourd’hui d’une qualité de vie en français et de droits équivalents aux anglophones, ce qui n’était même pas le cas dans les années 60.
Par contre, je ne dis pas qu’il faille s’en contenter : le verre n’est qu’à moitié plein. À mon sens, plusieurs Québécois ne visent simplement pas la bonne cible. Pour améliorer le fait français, visons à augmenter la richesse collective des francophones. Devenons des acteurs sérieux sur la scène économique, soyons fiers et exigeant, et le fait français comme langue commune au Québec ira de soit.
On aura sûrement l’occasion d’en reparler.
Un commentaire complètement à gauche (ou à droite…)!!! J’adore lire ce blogue…et j’adore lire la grande majorité des intervenants!
J’en apprends beaucoup sur les différentes perspectives et j’admire le respect dans lequel ça se fait! :)
Continuez!! Peut-être que vous allez enfin m’encourager à écrire et débattre de mes idées de façon plus régulière dans ce blog! :)
“Évidemment certains diront: c’est de la faute du système d’éducation…”
Bourgault sur la langue française. En 1966.
http://www.youtube.com/watch?v=mW5bN8Da5s4
je ne suis pas parfait en français écrit mais je m’efforce d’écrire correctement. je suis âgé de 38 ans bien sonné et mon travail ne me demande pas d’écrire donc mon français écrit en a pris pour son rhume durant tout ses années (mon plus gros problème est la ponctuation je ne sais jamais ou mettre les points et virgules et souvent je vais oublier mes S ;-()
avec l’avènement de internet les forum, les blogues et tout ce qui s’en suit j’ai recommencé à écrire et je m’améliore de jours en jours grâce aux plugin -spell check - de Firefox qui est aussi excellent pour la langue anglaise ..tout ca pour dire que je recommence a réapprendre a écrire le français et que j’aime ça !!
Chair M. Facal,
Cé mon pére pi ma mére qui s’rait desu, euzot qui seusont echine à m’faire enstruire. Y zont cru à la revolucion tranquil. Kom chu ben eduque, jeusper que j’ leu fait tonheur. Entéca j’fai mon possib.
àrevoyure
Marie Mance Vallée
Tu t’es «lâché lousse», langage populaire de votre génération!…dans le contexte des «chat» c’est pas dangereux pour la langue, les jeunes font juste prendre des racourcis pour s’exprimer plus rapidement et pour que les vieux ne les achalent pas. Ils se distinguent à leur manière c’est tout.
M. Facal
«Que Maude soit bonne ou mauvaise en classe n’est pas la question». Vous avez bien raison, tel n’était pas la question dans mon texte. Mais sortir une phrase de son contexte pour lui faire dire autre chose, je trouve ça malhonnête de votre part.
Ma chère Maude, vous confirmez vous-même ma remarque. Si comme vous le dites, votre performance en classe (dont je me réjouis et qui ne me surprend pas)n’est pas la question, alors il n’y a rien de malhonnête à souligner…que ce n’est pas le noeud de l’affaire. Vous venez de le faire vous-même. Salutations.