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La France debout

 Vous avez dû en entendre parler.

Une jeune Marocaine épouse au Maroc un Français d’origine maghrébine. Ils vont ensuite s’établir en France.

À la demande de son mari, la jeune femme se met alors à porter le voile islamique intégral. Comprenez bien : elle ne le portait pas au Maroc.

Le  jugement du tribunal est tombé la semaine dernière : elle n’obtiendra pas la citoyenneté française parce que son mode de vie est «incompatible avec les valeurs essentielles» de la France. La citoyenneté lui avait déjà été refusée en 2004 pour «défaut d’assimilation».

La gauche et la droite sont d’accord avec le jugement. Les musulmans modérés également. Affaire classée.

Une telle démonstration de lucidité et de respect de soi est malheureusement impensable chez nous. Voyez les sœurs d’Omar Khadr, citoyennes canadiennes et voilées de la tête aux pieds. Je dis cela indépendamment de ce que l’on peut penser de la situation du jeune homme.

Ici, une décision comme celle-là serait certainement déclarée illégale. En effet, le multiculturalisme n’est pas seulement la lubie bien-pensante des chroniqueurs branchés du Plateau Mont-Royal. Il est aussi la philosophie légale qu’appliquent nos juges quand ils rendent des décisions.

Le nouveau clergé multiculturaliste se chargerait également de nous dire tout le mal qu’il faut penser des «frileux» qui oseraient suggérer une telle chose chez nous, ou plaiderait plus subtilement pour la «compréhension». Et tous ceux qui, dans leur for intérieur, l’estiment raisonnable se tairaient. 

On invoquerait sans doute la liberté religieuse. Mais le jugement français n’attaque pas la liberté religieuse. Libre à vous de porter le voile, dit-il, mais si vous faites ce choix, vous acceptez de vous priver des droits que confère la citoyenneté française.

Cette citoyenneté est un contrat : l’individu et la société ont, tous les deux, des devoirs l’un envers l’autre. La société n’est pas un buffet gratuit dans lequel on prend des droits selon notre convenance sans rien donner en retour.

Un jugement qui discrimine, dirait-on chez nous. Exactement. Accorder des droits non pas à tous, mais seulement à ceux qui obéissent à des critères précis est parfaitement acceptable si ces critères sont fondés.

 Le rôle de l’État est de faire respecter des règles, pas de soumettre en permanence une société à une thérapie afin de créer un nouveau peuple qui serait comme le veulent ceux qui savent toujours ce qui est bon pour lui.

Ce rejet peut nuire à l’intégration au lieu de la favoriser, dira-t-on ici. Or, le port du voile est lui-même un message qui dit : je refuse de me joindre à vous. Il est une façon de me dire que les valeurs pour lesquelles MES ancêtres ont combattu sont mauvaises, et que l’intégriste entend les combattre après que je lui aie ouvert ma porte.

Qu’est-ce que cela m’enlève à moi ?, pourrait-on demander. Justement la possibilité d’interagir avec cette femme, et donc littéralement de faire société.

Le jugement français prononce un mot devenu tabou au Canada : assimilation. L’idée toute simple que l’intégration véritable exige que l’immigrant abandonne ses valeurs et pratiques les plus incompatibles avec celles de sa nouvelle société.

La tolérance est une bien belle valeur, mais quand elle est invoquée pour tolérer des intolérants, elle équivaut à un mode d’emploi pour le suicide.

P.S. Je rappelle à tous, mais en particulier aux nouveaux venus sur ce blogue, notre règle qui limite à cinq (5) vos commentaires pour chacun de mes billets afin d’éviter des parties de ping pong. Dites-moi : les échanges de citations de la semaine dernière apportaient quoi au juste ? Je n’ interviens pas lorsque la personne, parce qu’elle se joint à nous, ne connaît visiblement pas la règle, mais une fois qu’on a été averti…

23 réponses à “La France debout”

  1. le 23 juil 2008 à 9:02 Albert Champagne

    On oublie que la tolérance n’est pas un absolu. Pas de tolérance devant les pédophiles, les batteurs de femmes, les fraudeurs.

  2. le 23 juil 2008 à 9:56 Claudette

    Joseph,

    Quand assumeras-tu les responsabilités sociales qui t’incombent et te présenteras-tu comme chef du P.Q.?!!

    Ça mène à rien actuellement et nous croyons, un groupe d’amis et moi, que tu es le seul qui pourrait faire débloquer les choses!

  3. le 23 juil 2008 à 11:15 Diane

    Je suis d’accord avec la décision de la France et ce devrait être la même chose au Québec. Il faut écouter Irshad Manji lorsqu’elle dit qu’être trop tolérant, comme nous les Québécois le sommes, peut être dangereux dans un avenir peut-être pas si lointain. Et elle a raison. Il ne faut pas céder. La laïcité est nécessaire comme modèle et la religion et tous ses symbôles doivent être vécus à la maison.

    Ils doivent s’intégrer aux valeurs de la majorité (nous le sommes encore pour quelque temps)et respecter nos valeurs. Bref, avant tout, il nous faut la souveraineté.

  4. le 23 juil 2008 à 11:38 Gaétan

    Ce jugement, de la pure logique

  5. le 23 juil 2008 à 12:04 Bernard Thompson

    Monsieur Facal,

    ce texte est d’une lucidité remarquable, à l’image de vos propos habituels. Je ne vous cacherai pas que c’est un baume dans l’univers hérouxvillois que j’habite. Si seulement le Parti Québécois savait dire les choses de cette façon…

    Si Hérouxville a bien voulu faire signifier une chose, c’est que la rectitude politique avait ses limites lorsqu’il s’agit de l’avenir d’un peuple, surtout lorsque ce dernier est francophone et unique en Amérique du Nord.

    Si nous pouvions laisser tomber les tabous et les préjugés et nous concentrer sur un seul projet d’avenir, nous sauverions ainsi notre peau avant qu’il ne soit trop tard. Hélàs, la tolérance dont nous faisons preuve nous a appris à se taire ou se disputer au lieu d’agir. De plus, nos politiciens actuels ne pensent qu’à leurs électeurs en terme de votes plutôt que de les réconforter et les appuyer dans leurs démarches.

    Souhaitons que de tels écrits puissent faire progresser la cause.

    Merci de cette belle présence sur le web.

  6. le 23 juil 2008 à 12:12 jcpomerleau

    En terme géopolitique nous parlons ici de cohésion nationale (rien à voir avec Lepen). C,est exactement en ces termes que le problème s’est posé au Royaume Unis. En France les assises de l’État repose sur un cadre législatif républicain qui précise clairement les valeurs communes. Ici au Canada nous avons une constitution qui ouvre la porte à 2 absolutismes (La G.G, non élue comme Chef d’état et la primauté de Dieu) et un obscurantisme (La clause d’interprétation qui stipule que la Charte des droits doit être interprété en fonction de la primauté du multiculturalisme). Le Québec qui n’a pas de Constitution pour préciser ses valeurs communes se voit donc dans une situation ou il ne peut défendre adéquatement sa cohésion nationale. Et la situation ira en s’aggravant tant que le NOUS ne reprendra le contrôle sur son état. Le choix du peuple serait assez clair si ce n’était du travail de la médiacratie et des faux curés mobilisé pour nous vendre leur morale à cent cents.

  7. le 23 juil 2008 à 12:28 Jonathan Gagné

    Enfin un peu de bon sens ! D’accord avec vous sur toute la ligne monsieur Facal. Une excellente chronique qui remet les choses en perspective. Si un tel cas se serait produit ici nous aurions sans doute vu le NPD, le PLC, le PLQ et peut-être même la gauche québécoise (PQ et QS) appuyer le droit de cette femme à porter sa burqa et être une esclave consentante. Bref: vive la France !

  8. le 23 juil 2008 à 13:56 Arlette Dion

    Bravo M. Facal! Enfin quelqu’un qui ose affirmer nos valeurs tout en n’ayant pas peur d’être accusé de discrimination. Ce n’est pas la religion en soi qui m’offusque, ni la pratique religieuse,à chacun ses choix. Par contre, il faut se battre contre l’intégrisme qui entraîne inévitablement l’intolérance et l’absence de liberté que la civilisation a gagné si chèrement!

  9. le 23 juil 2008 à 17:22 Roger bon temps.

    Bonjour M. Facal

     »La tolérance est une bien belle valeur, mais quand elle est invoquée pour tolérer des intolérants, elle équivaut à un mode d’emploi pour le suicide. » Joseph Facal

    Vous me permettrez d’utiliser la phrase finale de votre billet dans son contexte comme  »citation » pour commenter. Ceci dit, voici une des réponses à votre interrogation sur l’utilité de la citation.

    La tolérance n’est pas une valeur. C’est une attitude. Attitude qui en son principe suppose le respect d’autrui donc l’égalité. Or cette attitude en égalité de droit sous-entend la supériorité et donc l’inégalité.

     »Ainsi tolérer des immigrés c’est, être en position d’autorité et de pouvoir, s’arroger la possibilité de ne pas tolérer. »
    ref. Approches de la Philosophie, Michel Liégeois, professeur de philosophie.

    Paul Ricœur, s’il était encore de ce monde, vous rappellera que tout discours sur la tolérance est commandé par une histoire, souvent récente, et qu’on ne peut parler de la tolérance d’un point de vue universel. Ce qui ne peut en faire une Valeur.
    ref. La tolérance entre l’intolérance et l’intolérable, Paul Ricoeur

    Vous pouvez donc voir entre les lignes idéologiques que j’expose brièvement ici, ce que je pense de votre opinion et de votre chronique.

    Cordialement.

  10. le 23 juil 2008 à 18:22 André Drouin

    Pour m’assurer que vos lecteurs le lisent au moins deux fois, je reproduis intégralement un paragraphe de votre texte. « Le rôle de l’État est de faire respecter des règles, pas de soumettre en permanence une société à une thérapie afin de créér un nouveau peuple qui serait comme le veulent ceux qui savent toujours ce qui est bon pour lui ».
    Souhaitons maintenant que nos élus et élues, de même ceux et celles qui pourraient le devenir, en saisissent bien le sens. Ainsi l’idéologie du multiculturalisme se révèlera l’envers du bon sens et la nette séparation entre l’État et les religions deviendra la nouvelle voie à suivre.
    P.S. Si vous désirez l’assurance d’un poste de maire assuré, venez présenter votre candidature à Hérouxville.

  11. le 24 juil 2008 à 6:52 Lesdents

    Je suis évidemment d’accord avec vous et Christian Rioux, et le moment était bien choisi pour faire la mise au point.

    Il serait surprenant que les nôtres que le critère d’ »assimilation » est acceptable moralement (ce qui est loin d’être acquis puisqu’il s’agit d’un critère très sévère). Il est loin d’être admis par la population d’ici que l’exigence bien moindre qu’est celle de réussir un test élémentaire de langue et de connaissance de la société d’accueil, (comme le fait le Canada), est acceptable moralement (comme condition préalable à la citoyenneté par les nouveaux arrivants).

    Connaissance votre position contre la création d’une citoyenneté québécoise (à moins que ce ne soit les détails du projet de loi de Mme Marois qui vous indisposent), je suis d’ailleurs surpris que vous défendiez ici une position plus « radicale ». J’ai du mal comprendre votre position sur la citoyenneté québécoise, que vous n’avez pas exposé dans les détails sauf erreur.

  12. le 24 juil 2008 à 11:00 Philippe G.

    Alors voilà, nous sommes des « frileux ». Parce que nous faisons la promotion du multiculturalisme. Parce que nous tentons de vivre en citoyen du monde et d’apprendre – dans notre cour d’abord – à vivre ensemble avec nos différences. Parce que nous avons créé un système judiciaire qui pèse et sous-pèse chaque cas à la pièce et qui, en cas de conflit entre deux droits, cherche courageusement la solution la moins attentatoire aux droits individuels.

    Nous sommes frileux. Parce que l’histoire nous a enseignée que la porte ouverte à la discrimination fondé sur la religion peut conduire à des résultats désastreux. Parce que nous préferrons qu’un fervant musulman ou qu’un juif hassidique aient les mêmes droits qu’un fervant catholique ou qu’un fervant athée ou que Claude Vorilhon (« Rael »). Nous préferrons cela à un État dont les politiciens et les juges ont le droit de déterminer qui a des droits selon la religion qu’il pratique et l’intensité à laquelle il pratique cette religion. Nous sommes frileux parce que nous connaissons notre histoire et parce que nous nous souvenons…

    Mais arrêtons de parler des « mauviettes », parlons des « durs » – ceux qui niaisent pas avec le puck – ceux qui aiment décider ce qu’une société doit être… et de qui elle doit être composé. Une société propre. Ok aux musulmans modérés. Non aux extrémistes… parce que c’est simple à départager. On le voit selon le foulard…

    Donc ceux qui font dans la simplicité. Il y a la France. Debout. Un pays modèle où il fait bon vivre dans les banlieues. Des banlieues debout. Des durs. La France modèle d’intégration. La France qui en refusant la citoyenneté à cette marocaine vient de gagner une démonstration de force… mais vient de perdre une chance de nous prouver son leadership à agir efficacement pour la paix entre les nations. Gros bras, petite tête.

  13. le 24 juil 2008 à 11:10 Jonathan Gagné

    @ Philippe G

    «Alors voilà, nous sommes des “frileux”. Parce que nous faisons la promotion du multiculturalisme.»

    Frileux, et particulièrement naïfs !

  14. le 24 juil 2008 à 11:58 Philippe G.

    Petit ajout – en relisant le texte de M. Facal – je me rends compte qu’il ne visait pas les personnes en faveur du multiculturalisme en parlant de « frileux », mais qu’il parlait plutôt de ceux qui pourraient être décrit de cette façon parce qu’ils sont chatouilleux sur la trop grande liberté religieuse et la tolérance excessive qu’aurait nos institutions sur ces questions.

    Dans mon commentaire, je parlais plutôt de l’étiquette de « frileux » dans le sens de faiblesse que semble nous accorder la chronique de ce matin. La France est debout… donc le Canada est assis et ne met pas ses culottes. C’est cette vision, populiste, mais peu efficace que je dénonce dans mon billet.

  15. le 24 juil 2008 à 13:13 Lesdents

    « Parce que nous tentons de vivre en citoyen du monde  »

    Philippe, comment ca vit ca, un citoyen du monde?

    Est-ce que ca fait des voyages d’aide humanitaire au Mali? Combien de langues ca parle? Combien de fois faut-il manger indien par année pour être citoyen du monde? Faut-il vivre dans une grande ville, ou peut-on etre citoyen du monde à St-Jean-Port-Joli? Faut-il etre issu d’un couple mixte? Comment peut-on « scorer » élevé sur l’ouverture-sur-le-monde-o-metre?

    Plus sérieusement, un citoyen du monde

    Est-ce que ca accepterait que les musulmans fréquentent des écoles pour les musulmans, les anglais des écoles pour les anglais, les juifs des écoles pour les juifs, les créationnistes des écoles pour les créationnistes, les hassidiques des écoles pour les hassidiques, les noirs dess écoles pour les noirs?

    Est-ce que ca accepterait que la citoyenneté et les droits qui s’y rattachent soit accordés à tous dès leur arrivée au Canada, sans égard à leur degré d’intégration?

    Est-ce que ca accepterait que l’État finance des réseaux parallèles d’institutions de santé, suivants les communautés linguistiques?

  16. le 24 juil 2008 à 13:17 RenéP.

    A Philippe G.

    Pourquoi devrions-nous faire la promotion du multiculturalisme quand nous-mêmes, les canadians et les québécois, ne sommes pas en mesure de nous entendre à l’intérieur de notre propre pays? Comment pourrions-nous nous donner en exemple au monde entier en invitant les citoyens de différentes ethnies à venir s’établir chez nous quand ici-même, dans ce pays, les canadians sont incapables de tolérer et encore moins d’accepter, les différences de la culture québécoise?
    Cette politique du « multiculturalisme » est pure hypocrisie de la part de l’establisment canadian qui veut démontrer un esprit d’ouverture au monde entier pour mieux lui cacher son racisme sous-jacent.
    Le Canada est prêt à accepter n’importe quoi (le kirpan, le non respect de l’uniforme de la GRC (turban), la burka,…)afin de diluer l’importance des amérindiens et des québécois et on ne peut donc s’attendre à quelque intervention objective de la part des autorités canadiennes pour régler le problème de la Tour de Babel canadienne qui est entrain d’être érigée.
    Quant aux politiciens québécois, il est à souhaiter qu’ils prennent l’exemple de la France et se tiennent enfin debout. C’est ce que souhaite le peuple québécois(selon ce qui a été entendu lors de la commission B-T) qui lui, a la sagesse de se tenir debout sur ce point…ce qui est très loin de l’expression péjorative de « poluliste ».

  17. le 24 juil 2008 à 14:54 mohamed

    Bravo
    La France a gagne.Quoi? En quoi la France etait menacee par cette femme qui voulait porter son voile?
    Il y a des choses plus grave quei se passent en France, leur moralite est a terre, on y permet pleine de perversions sexuelles, d’ une cote, de l’autre cote, il y des aberation islamiques plus graves, biensur, comme vouloir imposer ses prieres a l’ ecole, aux hopitaux etc, mais refuser la citoyenette a une femme avec un voile…excuse moi….
    Evidemment, le texte est pour inciter a un debat, comme M. Facal le fait toujours, avec une conclusion PQ-istes pure et dure – au Quebec il faut qu’ on soit francophone, atheiste, ecologiste, socialiste, et biensur souverainiste. le choix d’ une societe distincte.
    J’ ai passe cette annee par plusieurs villes americaines, le monde y est fier de leur multiculturalisme, a Miami, a New York, a Chicago – les guide expliquent avec fierte qu’ on y parle 80 langues, se vantent avec leur quartier chinois, italien, grecques, juif, latinos….par contre a Quebec on a peur qu’ on perd la langue et l’ identite.
    Votez PQ, votez la souverainite, mes chers Monsieurs, et l’ isolationisme va triompher!

  18. le 24 juil 2008 à 15:43 vindictater

    @ Mohamed

    Vous maitrisez bien l’art de prendre des raccourcis, le dénoument du proces abordé dans la chronique repose sur une question de principe et meme si la France a d’autres problemes ce n’est pas une raison pour ignorer une situation completement absurde. Quand a votre comparaison tres boiteuse entre le Québec et les Etats-Unis y faudrait pousser votre analyse beaucoup plus profondément. Montréal elle aussi s’est toujours vanté de son caractere multiculturelle, la grosse différence avec les villes américaines c’est que les minorités ici se tourne tres facilement vers la langue minoritaire (anglaise) au détriment de la langue majoritaire (francaise). Expliquez-moi en quoi le meme probleme se pose dans les villes américaines que vous énumérez. Faire des comparaisons pour appuyer son point c’est bien correct mais il ne faut pas comparer des pommes et des oranges ni omettre d’inclure dans son jugement le ratio sans équivoque de 300 millions d’anglophonnes en Amérique du Nord versus 7 millions de francophonnes. En Europe souvrainté ne rime pas avec isolasionisme alors pourquoi se serait le cas ici?

  19. le 24 juil 2008 à 19:31 RenéP.

    A Mohamed

    …à Miami, à New York, à Chicago,-les guides y expliquent avec fierté qu’on y parle 80 langues…par contre à Québec, on a peur qu’on perde la langue et l’identité. »

    Dites-moi franchement Mohamed, vous avez rencontré beaucoup de canadians au Canada et/ou au Québec qui se sont vantés d’être fiers d’avoir le francais comme langue officielle au Canada et d’être fiers d’avoir des québécois, des francophones comme concitoyens égalitaires au Canada?
    L’isolationisme, cher monsieur, se vit dans la marginalité et non dans l’affirmation de soi.

    « En quoi la France était-elle menacée par cette femme qui voulait porter son voile? »
    A mon avis, il y a deux motifs pour se voiler:éviter d’être identifié si l’on a l’intention de commettre un méfait ou se protéger d’autrui si l’on se croit menacé. Dans le premier cas, aucun pays n’a besoin d’intégrer des malintentionnés et dans le deuxième cas, qu’elle est la logique de venir s’établir dans un pays où l’on se sent menacé? Donc, dans l’un et l’autre cas, une personne de cette nature ne peut s’assimiler de facon cohérente à la société d’accueil et c’est pourquoi elle doit être refusée.
    Pour ce qui est de la moralité des francais, je ne crois pas qu’elle soit ni mieux ni pire qu’ailleurs dans le monde mais si elle est « à terre » comme vous dites, voulez-vous bien me dire quel est l’intérêt d’un musulman (e) si pur soit-il d’aller vivre dans cet enfer, ce pays d’infidèles?

  20. le 24 juil 2008 à 22:36 ymdelisle

    @renep. J’ai rencontré beaucoup plus de « canadians » qui était fiers du Québec que de Québecois qui étaient fiers de l’autre solitude. Le Canada-bashing et de rigueur sur beaucoup de blogues. Il y a des bons et des méchants dans les deux solitudes.

    C’est interéssant de voir comment un peuple (notre tribu) qui a lui même peur de l’assimilation ne comprenne pas pourquoi un autre peuple aurait les mêmes peurs. Devenir citoyen d’un pays ne veut pas nécessairement dire renier ses origines. Les ex-pats Québecois ne sont-ils pas fiers de dire qu’ils sont restés Québecois? Que dirions-nous si la Marocaine était Québecoise et qu’elle c’était fait refuser la nationalité française parce qu’elle était trop Québecoise.

    La France est sur un terrain glissant. C’est quoi la prochaine étape….une loi raciale? Sommes-nous rendu à cette étape au Québec?

  21. le 24 juil 2008 à 23:32 jean jacques

    @vindictater
    Mohamed a raison.
    A New York et Miami, par exemple, il y beaucoup de latinos qui parlent a peine anglais. En Floride une troisieme langue parle – et dont l’ affichage est permis et encourage c’est …le creole (un francais haitien on pourrait dire). Le maire de Miami n’ a aucun probleme d’afficher en espagnol, franco-creole, et anglais.
    Je constate que les gens qui ont peur d’ anglais sont d’ habitude ceux qui ne sortent jamais de leur coquille, qui n’ ont jamais voyage ailleurs. Les anglophones dont vous avez peur sont en regres en EE.UU. quant au Canada, l’ anglasi est une langue de travail, pas plus, on y parle aussi beaucoup d’ espagnol, chinois (en BC – tres repandu), en Saskat et Manitoba russe et ukrainien. Au Quebec, l’ anglais est vu comme un danger, parce que le monde d’ ici est conditionne se souvenir de la fameuse defaite du champs d’ Abraham…voir le « danger » Paul McCartney – jamais vu un scandal aussi ridicule….il y a des gens ici incapable de voir dans le present, et qui vivent encore il y a 400 ans…

    @Rene P
    Etes vous sur que vous avez bien identifie les raisons de porter le voile?? Evidemment, pour quelqun habitue a penser en excluant la religion ou la foi, la femme veut commetre des actes teroristes…mais peut etre que c’est sa religion et sa croyance, et il y a une explication spirituelle. Toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas terroristes ni « menacees ».

  22. le 25 juil 2008 à 3:06 Hubert

    Excellent texte !

  23. le 25 juil 2008 à 7:02 Joseph Facal

    Bonjour,

    Je vais maintenant prendre quelques jours de vacances. Je fermerai donc les commentaires. Je devrais être de retour sur le web vers la fin août.

    D’ici là, quelques commentaires en vrac.

    Merci à Claudette et à tous les autres pour leurs bons mots. Je fais ce que je peux avec les moyens qui sont les miens et sans prétendre que je ne puisse occasionnellement me tromper. Et je ne ferme aucune porte pour l’avenir.

    Merci à Philippe G. d’admettre son erreur d’interprétation à propos de mon usage du mot «frileux», et merci à Vindictater de lui répondre à propos du sophisme «moi-monsieur-je suis- citoyen-du-monde». Il m’a enlevé les mots de la bouche.

    Vindictater a aussi raison de répondre à Mohamed que la question des banlieues françaises n’a strictement rien à voir : il y a aussi des quartiers socialement délabrés en Grande-Bretagne, pays où l’idéologie multiculturaliste est de la même farine qu’au Canada.

    Une précision pour LesDents : je suis d’accord avec l’essentiel du projet de madame Marois sur l’identité, mais plus réservé sur les deux articles spécifiques concernant la citoyenneté. Pour deux raisons.

    La première est que je savais que le tollé sur l’interdiction de pétitionner ou d’être candidat aux élections municipales ferait oublier tout le reste du projet (renforcement de la loi 101, etc.). C’est exactement ce qui est arrivé. Or, me semble-t-il, l’enjeu n’en valait pas la chandelle. Si on veut braver la tempête, il faut que cela en vaille la peine, on va sur du massif…tandis que là, conseiller municipal à Beaconsfield…loin d’être sûr.

    Ma seconde réserve est que dans l’état actuel des choses, le droit constitutionnel canadien ne laisse malheureusement presque aucun espace légal pour une citoyenneté québécoise porteuse de droits substantiels (à cause du principe fondamental de l’égalité de tous les Canadiens, on ne peut ni donner aux Québécois des droits que les autres n’auraient pas ni leur enlever des droits que les autres ont : je schématise évidemment). La preuve de ce peu d’espace se trouve justement dans le projet de loi. Certes, on pourrait toujours, en théorie, décider de ne pas se sentir lié par le droit constitutionnel sous prétexte que tout ce qui est issu de 1982 serait illégitime, mais ça c’est un tout autre débat et cette avenue ne m’est jamais apparue très porteuse.