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La cuisson à feu doux

Quand vous aurez tous été vaccinés, vous pourrez recommencer à vous intéresser à une autre sort de mort. La cuisson à feu doux de tout un peuple.

Plus de la moitié des immigrants qui ne connaissent pas le français sont ici depuis plus de quinze ans. La francisation des immigrants qui ne sont pas d’origine latine, qui sont 35% du total, stagne autour de 15% depuis trente ans.

Sur l’île de Montréal, l’usage du français au travail par les allophones n’a pas progressé depuis la fin des années 70. Entre 30 et 40% des immigrants qui ne parlent pas français ne suivent pas de cours pour l’apprendre.

Parmi ceux qui suivent des cours de français, le tiers les abandonne avant la fin. Plus de 40% des allophones diplômés du secondaire francophone vont dans des cégeps anglophones, qui sont une filière déterminante de la langue ultérieure de travail.

On trouve certes des données positives. La proportion d’immigrants connaissant le français à leur arrivée est passé de 37 % en 1995 à 60 % en 2007. Évidemment, puisque le Québec priorise le recrutement dans les bassins francophones.

Depuis trente ans, la proportion d’enfants allophones fréquentant l’école française primaire et secondaire est passée de 20 % à 79 %. Évidemment, puisque c’est ce que la loi 101 impose.

Environ 72 % des jeunes Québécois de langue maternelle anglaise, âgés de cinq à quinze ans, disent savoir le français. Je soupçonne toutefois qu’ils parlent français comme les francophones parlent anglais. Mal.

Autrement dit, les seuls résultats positifs sont des conséquences directes de l’adoption de la loi 101 et de la politique d’immigration que l’on sait. Il a donc fallu ramer contre le sens naturel du courant pour enregistrer quelques progrès. Depuis trente ans, les tribunaux fédéraux n’ont cependant pas cessé d’affaiblir la loi 101.

Bref, les données qui justifient l’inquiétude sont indiscutablement plus significatives que celles qui justifient l’optimisme. À l’extérieur de la région métropolitaine, on ne réalise absolument pas que le Québec devient rapidement une grosse Acadie.

Le souci des nuances et de la complexité ne doivent pas empêcher de voir la tendance générale : le poids du français, mesuré en proportion de gens le parlant à la maison, qu’il s’agisse de leur langue maternelle ou d’une langue apprise, recule à Montréal, recule au Québec et recule au Canada.

Le Québec est la seule société au monde où l’avenir de la langue de la majorité dépendra de ses choix et de ses comportements. La seule au monde. Partout ailleurs, la langue parlée par la majorité n’est pas en danger parce que les immigrants doivent absolument l’apprendre pour vivre. Pas ici.

Évidemment, les francophones ne s’aident pas quand ils passent immédiatement à l’anglais pour être gentils et «ouverts», ou parce que c’est plus rapide pour se faire comprendre… chez eux.

Chaque individu pourrait certes faire mieux. Nommez-moi cependant une autre société dans le monde où il revient à chaque individu de porter sur ses épaules le destin de tout son peuple parce que ses dirigeants refusent de le faire.

20 réponses à “La cuisson à feu doux”

  1. le 10 nov 2009 à 8:48 Gilles

    «Nommez-moi cependant une autre société dans le monde où il revient à chaque individu de porter sur ses épaules le destin de tout son peuple parce que ses dirigeants refusent de le faire.»

    C’est certainement un pari impossible à tenir puisque la plupart des peuples normaux sont dirigés par des gouvernements formés de gens qui s’identifient au peuple auquel ils appartiennent et qui les a porté au pouvoir. Attitude normale et saine.

    Ici, la confusion rège en maître. On pourrait dresser une longue liste de ces gens qui présentent une hybridation identitaire fondamentale, Québécois/Canadien, ou vice versa.

    Comme disait la mère de mon chum, quand t’es à peu près toute t’es toute à peu près. Et quand ton avenir collectif repose sur un gars comme Charest, faut pas s’étonner de sentir comme un homard cuisant lentement dans la cage canadian.

    Et tant que ceux qui se définissent fondamentalement comme québécois seront menés par des moumounes politiques comme c’est le cas actuellement, la cuisson va se poursuive…

  2. le 10 nov 2009 à 9:22 Garamond

    J’aimerais le dire mieux que notre grand poète, Félix Leclerc. Je ne peux pas. Je vous le cite donc :
    «Il y a des étrangers dans nos murs, ma mère. Oui, tu as deviné.
    Ils ont des noms français, des racines québécoises, des diplômes québécois, des parents québécois, mais ils nous ont échappé. Ils en avaient le droit. Salariés ailleurs, vendus à d’autres causes, ils nous ont reniés. Ils travaillent pour des maîtres qui nous méprisent. On les croirait poussés par quelqu’un d’invisible. Les entends-tu hurler depuis un jour ou deux ? Ils effraient, enfoncent des portes, affolent familles, fils et filles, nous bouchent l’horizon, nous enlèvent confiance, sèment le doute en nous parlent de soldats, de crimes… Cette peur qu’ils ont qu’On soit chez nous ici, eux, des anciens Québécois !
    Priorité cachée : diviser les français. Priorité visible : protéger les anglais.
    Les richesses qu’ils nous promettent sont nôtres. Ils nous parlent de liberté… liberté surveillée par la gendarmerie royale, qui en veut ? Partout où est le loup, ils nous jettent dans sa gueule. Qu’est-ce que c’est un ennemi ? Seraient-ils traîtres sans le savoir, ces canadiens-français ?
    Unis, unis, unilingues anglais n’est pas notre vocation ; après deux cents ans, ils commencent seulement à s’en apercevoir.

    Québec est français et doit être à nous, gouverné par nous. Je ne suis pas chez moi en Chine, à Vancouver non plus. Ils ne comprennent pas ça. Ces enragés perdus, ne les écoute pas. Garde fermée ta porte, ma mère. Ils savent lier des phrases.

    Qui sont-ils ?
    Des déracinés, des sans-patrie, des trapézistes sans filet, des aventuriers talentueux qu’il faut applaudir peut-être, mais ne pas suivre, car leur port d’attache est dans le rêve.
    Soudain, ils disparaissent. Les voilà P.D.G., sénateurs, grands seigneurs, ambassadeurs, gouverneurs.

    Il y a des étrangers dans la ville ma mère.
    Ferme ta radio et décide du jour où ce pays sera à toi.
    C’est toi, ma mère, qui va une fois pour toutes régler ce problème, toi d’abord, la femme, et personne d’autres. »
    Félix Leclerc, Ile d’Orléans, le 30 octobre 1976

  3. le 10 nov 2009 à 10:21 Victor

    Plutôt que de questionner l’immigration, on questionne les immigrants.

    L’immigration est supportée par des programmes qui travaillent contre Nous. Dans ces circonstances, les immigrants font de leur mieux pour se refaire une vie ici. Il est un peu mesquin de s’en prendre à eux.

    Il vaudrait mieux questionner les moumounes de nos ministères, qui jouent à la « cache-cache » avec les ministres, et qui ne répondent jamais de leurs actions.

    Nous payons nous-mêmes notre propre affaiblissement.

  4. le 10 nov 2009 à 10:43 Joseph Facal

    Il n’y a rien de «mesquin» à montrer, chiffres à l’appui, que l’intégration ne se fait pas. Et j’ai écrit mille textes, notamment sur ce blogue, pour expliquer que l’immigrant, dans sa tête, vient au Canada, pas au Québec, et pour refaire sa vie, pas pour livrer nos combats.

    Faudrait-il maintenant s’interdire d’évoquer des statistiques compilées par les autorités elles-mêmes ? Franchement, Victor !!

  5. le 10 nov 2009 à 11:06 Francois Aubin

    Le plus intéressant dans ce débat est d’observé le clan des  » aucun problème avec la langue » venir dire que ça s’améliore puisque plus de gens connaissent le Français. Pour eux, une société ou la langue d’usage est l’Anglais, la langue de travail est l’Anglais, la langue parlé à la maison est l’Anglais mais ou les individus connaissent le Français est un progrès!!

    Un constat est également très clair à la lumière des chiffres que vous nous annoncé aujourd’hui. Changer les comportements par l’éducation ne marche JAMAIS. Il faut malheureusement des lois très sévères pour s’assurer une quelconque amélioration. On a parlé pendant 30 ans de l’alcool au volant pour absolument rien et quand on a changé la règle qui enlève le permis pour un an, les choses ont changés. Ça fait 10 ans qu’on travaille pour l’efficacité énergétique et on continu de gaspiller à chaque année… continuons avec la campagne d’éducation pour que rien n’est changé dans 50 ans!

    On a bien beau se mettre à genoux pour être gentil avec les immigrants et leur expliquer notre combat identitaire.. Sans loi, ils iront tout simplement du coté anglais malgré toutes nos bonnes intentions. Cela me rappelle la campagne énergique du bloc québécois pour communiqué dans des dizaines de langues aux électeurs de Papineau à Montréal. Ils ont fait des efforts titanesques pour arriver à 10 votes supplémentaires comparativement à l’élection passée dans leur secteur très ethnique. Je me désole grandement de ce constat mais la loi est nécessaire pour améliorer les choses puisque les bonnes intentions ne mènent à absolument rien.

  6. le 10 nov 2009 à 12:08 RenéP.

    Après tant d’années de tentatives pour intégrer les immigrants et le constat que cela n’a pas réussi, force est de reconnaître qu’il n’y a qu’une solution pour assurer la pérennité de la langue et de la culture francaises soit celle de faire l’indépendance totale et définitive du Québec. Chercher à trouver d’autres moyens serait un refus de voir la réalité. Le peuple québécois a donné toutes les chances aux Canadians de montrer leur bonne foi et ils ne l’ont pas fait et quant aux immigrants, ils s’alignent, comme c’est normal, du côté du plus fort. Alors, soyons forts québécois et disons aux anglophones du Québec que c’est fini les folies et il est temps de passer à autre chose et cette autre chose, c’est un Québec indépendant entièrement francais et sans accommodements: c’est à prendre ou à laisser, on ne tordra le bras à personne. Si vous voulez partir, il n’y aura pas de problème: personne n’est irremplacable…surtout pas les envahisseurs…

  7. le 10 nov 2009 à 13:14 Benoit

    Le problème est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus profond que ça.

    En tant qu’immigrant, si vous choisissez l’anglais comme langue d’usage au travail et à la maison, dans le contexte actuel où les frontières ne veulent plus rien dire, vous vous ouvrez automatiquement à une culture qui est au moins 50 fois plus productive que la nôtre simplement en raison du nombre. Nous vivons dans une mer d’anglophones (300M vs 7M). Ceux qui recherchent la fortune (c’est souvent le rêve de pluisieurs immigrants), ont plus de chances de la trouver en parlant l’anglais que le français.

    Faire le pari de rendre la langue française aussi attrayante que l’anglais est impossible. Encore une fois le nombre l’emporte.

    Je pense que la seule solution envisageable, et elle est radicale j’en conviens, est de devenir une province unilingue francophone dans tous ses services et ses relations avec ses concitoyens. Si le citoyen peut vivre et communiquer en anglais au Québec sans jamais être importuné, l’assimilation se poursuivra jusqu’à ce qu’on devienne une grosse Acadie.

    Il faut créer de la richesse (culturelle et financière) en français et il faut que les immigrants adhèrent à cet objectif. Ceux qui préfèrent s’intégrer à la culture anglo-saxonne devraient avoir le respect de choisir une province autre que le Québec.

    Je ne vois pas pourquoi que les 85% de francophones qui payent des impôts au Québec devraient financer des services en anglais aux immigrants. C’est insultant. Ceci dit, ils ne le savent peut-être pas quand ils débarquent ici mais ont devrait se charger de leur expliquer.

    Je comprends que ma suggestion entraîne automatiquement la fin du bilinguisme au Canada et qu’on laisse pour compte toutes les minorités francophones au pays mais à un moment donné, il faut se demander s’il est préférable de périr en tentant de sauver les autres ou s’il faut commencer par se sauver soi-même.

    Si nous étions souverains, nous aurions beaucoup plus d’outils pour freiner cette pente dangereuse.

  8. le 10 nov 2009 à 14:04 Joseph Facal

    Vous avez raison, Benoit, de noter que la question de la langue est évidemment indissociable du statut provincial du Québec, sans s’y réduire cependant.

    Les francophones du Québec ont beau se croire une majorité, l’immigrant, lui, les perçoit comme une minorité au Canada. Je ne l’ai pas précisé parce que je l’ai déjà mentionné des centaines de fois auparavant.

    Je le vois très clairement maintenant que je suis installé en Espagne pour quelques mois. Vous émigrez en Espagne. Apprendrez-vous d’abord l’espagnol ou le catalan ?

  9. le 10 nov 2009 à 14:46 Victor

    M.Facal. Je crois que nous sommes bien plus près que cela ne paraît.

    Je ne questionne pas les immigrants. Je questionne l’immigration. Son principe même.
    Les immigrants ? Je constate. Comme vous. Je suis parfaitement d’accord avec votre texte et il n’y est pas une ligne que je n’écrirais pas. Ce n’est pas à vous que je pensais en écrivant le mot « mesquin ».Bien au contraire !

    Je serais plutôt de la formule, bien plus radicale que la vôtre, qu’il faut beaucoup de patience et de tolérance avec les immigrants, ceux qui sont là. Aucune avec nos services d’immigration.

  10. le 10 nov 2009 à 14:54 Suzanne

    Les nationalistes ont la tête dans le sâble.

    Il ne faut pas se fier à l’immigration pour assurer la survie démographique du Québec. Je ne m’oppose pas à l’immigration. Mais l’immigration ne doit pas avoir cette fonction. Pensez-vous que l’immigrant moyen (ou son enfant) avec ces allégeances multiplies va avoir la même volonté de préserver la culture québécoise que les natifs?

    Pas vraiment. Ce n’est pas parce qu’ils veulent être méchants. C’est normal d’avoir des allégeances multiples. J’ai grandi à Québec en tant qu’Anglophone, fédéraliste et Canadienne. Ma mère est née en Angleterre. J’aime mon héritage britannique. Je déteste tout le discours anti-anglophone des nationalistes. Ça n’empêche pas que je me considère québécoise même si maintenant je suis déménagée à Ottawa et que je me considère toujours fédéraliste.

    Tout ça pour dire que si c’est le cas pour moi, ça doit être le cas pour bien des immigrants. Ma mère n’est pas venue au Québec pour combler le destin des Québécois. Elle est venue pour vivre avec mon père. C’est la même chose pour les autres immigrants. Ils viennent au Québec par intérêt personnel. C’est ben beau de dire qu’ils doivent parler français et adopter des valeurs québécoises et ainsi de suite, les immigrants ne sont pas tous interessés à le faire et souvent ils y adhèrent formellement à cet engagement. Si le Québec devient accueuillant pour eux, ils vont aller ailleurs. Aussi facile de déménager en Ontario.

    Tout ça pour dire que le problème c’est la dénatalité. Les Québécois attendent à ce que les solutions viennent du gouvernement ou des autres; que les solutions passent toujours par la co-ercion, ex: forcer les francophones à fréquenter l’école française contre leur gré.

    La solution est bien simple: que les couples aient trois enfants.

    Comprenez bien je ne propose pas que les gens qui ne veulent pas d’enfants soient forcer d’en avoir, ou que les fonctionnaires font comme les anciens curés et disputent les femmes qui n’ont « pas fait leur devoir ».

    Il s’agit tout simplement que les gens qui se préoccupent de la question du survie du français (et il y en a beaucoup au Québec) se décident eux-mêmes d’avoir au moins trois enfants. Il va y en avoir qui ne peuvent pas pour diverses raisons, mais ils sont une minorité.

    C’est tellement simple comme solution. Bien sûr que ça nécessiterait un certain esprit de sacrifice. Les enfants ça coûtent chers, sans doute.

    Mais, je considère qu’on est plus riche que nos ancêtres qui donnaient naissance dans une plus grande misère, et ils ont passé à travers. On ne vit pas une Dépression économique quand-même.

    Quand je considère la ferveur souverainiste de certaines gens, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas ce faire. Pour arriver à un taux de réproduction de 2.2 (pour assurer la croissance), on n’aurait pas besoin que TOUT le monde aient plus de 3 ou 4 enfants: seulement une masse critique de la population. Si ces souverainistes sont tellement fervents de réaliser « leur » pays, et qu’ils sont prêts à tout faire pour ça voit le jour, je trouve que ce n’est pas trop demander à ces gens d’assurer la prochaine génération. Si on est véritablement interessé à la survie, on pose les gestes pour l’assurer. On ne s’attend pas aux autres de le faire à notre place.

    On peut continuer d’accueillir les immigrants, et même on pourrait mieux les encadrer avec plus de natifs. Mais la question de leur francisation serait moins fondamentale pour la survie du français au Québec.

    Il me semble que c’est tellement évident comme solution. Pas besoin de gouvernement, pas besoin de politique, pas besoin de rien, sauf être dans un couple.

    Non?

  11. le 10 nov 2009 à 14:59 Suzanne

    Et, désolée de monopoliser le blogue comme ça….

    Je n’ai jamais compris pourquoi le Québec n’a jamais imposer les mêmes cours de français aux écoles anglophones. Il me semble que si les anglophones doivent travailler au Québec, ils devraient écrire au même niveau que les francophones.

    J’ai appris à écrire avec beaucoup de peine; mon professeur de français a fait de son mieux, mais franchement, ce dont j’avais besoin c’était le cours de français langue maternelle.

  12. le 10 nov 2009 à 18:54 Gilles

    Oh boy ce fut toute une aventure pour parvenir à me connecter. Mais bon ça y est.

    Au sujet maintenant.

    Écoutez Suzanne si vous voulez bien. Pour moi, comme pour la plupart des Québécois, il est acquis que toutes les langues, y compris la langue anglaise, portent en soi une mine de richesse culturelle.

    Je pense que la langue anglaise possède une richesse importante, comme le français, comme l’espagnol, comme l’allemand, le russe, l’ialien pour m’en tenir aux langues européennes.

    Ce n’est pas là que se situe le problème Suzanne.

    Il y a un antagonisme persistant, durable, entre les français de France et les anglais d’Angleterre. Ça dure depuis des siècles. Jusqu’à récemment, jusqu’à la Reine Victoria si mon souvenir est exact, la royauté Britanique revendiquait le trône de France, tant les destinées de ces deux peuples au cours des siècles ont été interreliés. Tantôt le roi de France était anglais alors que plus tard c’était le contraire.

    Et même si les anglais et les français continuent de se «taquiner» joyeusement, ils se respectent. Parce que les deux possèdent leur souveraineté. Les chances que la France devienne anglaise sont nulles comme est nulle la possibilité que l’angleter devienne française.

    C’est facile de vivre en harmonie quand l’a culture de l’un ne menace pas celle de l’autre.

    Mais pourquoi pensez vous que les québécois dans leur ensemble sont hérissés quand les immigrants arrivent ici dans un pays (oui pays) français et s’intègrent à la minorité anglaise? Et même, on l’a vu récemment avec l’affaire de la loi 104, paient le prix fort pour ne pas s’intégrer à la société d’accueil ? Avez vous bien compris Suzanne, ils déploient des efforts inouis pour ne pas que leurs enfants s’intègrent au système scolaire francophone…

    C’est que si les langues portent en elles-mêmes des richesses qui peuvent enrichir ceux qui les maîtrisent, dans notre contexte, malheureusement, la langue anglaise est une langue de domination. Il me semble que ce n’est pas difficile à saisir, et je pense que vous ne semblez pas l’admettre.

    Tant mieux pour vous si vous possédez cet avantage de communiquer à deux cultures. Mais dites vous bien que le jour où ce sera le dénominteur commun de l’ensemble des Québécois, en tant que tel nous allons disparaître. Exactement comme les Louisianais, confinés à quel;ques réminiscences flokloriques…

    Alors quand on voit arriver des immigrants, et qu’on les voit se précipiter vers l’anglais ça donne de grands coups de pieds dans notre sécurité culturelle.

    Et quand en plus notre gouvernement, celui de Québec se promène les yeux grands fermés et refuse de mettre son pied par terre au sujet de la langue, allant jusqu’à nier le problème et sombrer corps et biens dans un jovialisme effarant, ne vous surprenez pas que ceux qui voient les choses comme elles sont, finissent par sr radicaliser. Et ça s’en vient.

    je pense que la solution la plus susxeptible de produire à long terme une solution durable, ce serait de décréter que le Canada est bilingue, et que ce faisant il soit établi une foispour toutes que le Québec est unilingue francophone et le reste anglophone avec la particularité d’avoir un espace bilingue, le nouveau Brunswick. Ça correspondrait à la réalité du Canada et on aurait la sainte paix.

    Dommage pour l’harmonie. Mais comme celle qui prévaut est factice…

  13. le 10 nov 2009 à 20:09 Suzanne

    Gilles

    Le problème de la culture est principalement un problème démographique.

    Qu’est-ce qui est plus facile: changer soi-même, ou changer les autres?

    Des immigrants, ça préfèrent toujours leurs propre langue. C’est un fait. Même à Toronto et à Vancouver, ou, pourtant, la connaissance de l’anglais serait un atout, les immigrants évitent d’apprendre de parler anglais, ou de le parler courramment.

    Ils ne sont pas obligés non seulement à cause de la politique du multiculturalisme– mais à cause que leur prépondérance démographique dans les grands centres fait en sorte qu’ils n’en ont pas besoin.

    Moi, j’ai grandi à Québec où la population est à 98% francophone. Je ne n’avais absolument pas le choix d’apprendre à parler français. Si je voulais avoir des amis, si je voulais parler à ma parenté, si je voulais aller magasiner, il fallait que je l’apprenne. Même à l’école anglaise à Québec, le français était très présent parce que les élèves étaient en majorité dans le même bâteau que moi- ils étaient issus de familles où un parent était francophone et l’autre était anglophone, et donc un grand nombre était en fait des francophones dont un parent avait fréquenter l’école anglaise.

    Au lieu d’essayer de convaincre le gouvernement, les immigrants, et la classe intellectuelle du bien fondé de ses convictions, c’est bien plus facile d’avoir un nombre suffisant d’enfants et d’encourager tout le monde de faire pareil. C’est plus facile de changer son comportement et sa pensée que d’essayer de changer les autres. C’est souvent plus efficace.

    La situation de l’anglais en Amérique du Nord ne changera pas.

    La situation politique au Canada ne changera peut-être pas.

    Mais une chose qui est presque entièrement sous le contrôle des individus c’est leur reproduction.

    C’est la raison pour laquelle les Canadiens français ont réussi à survivre malgré des tentatives explicites pour encourager l’assimilation quand la population anglophone des régions étaient plus élevées et que les anglais avaient beaucoup plus de pouvoir.

    Si ça marchait dans ce temps-là, pourquoi est-ce qu’on ne le ferait pas? Je ne parle pas ici d’encourager les gens à avoir 10-15 enfants– je parle de 3-4– c’est quand-même réalisable.

    Si la survie du français et la souverainté du Québec est vraiment au coeur des préoccupations des Québécois, alors avoir trois enfants n’est pas un trop grand sacrifice pour assurer l’avenir du Québec.

    Si c’est un trop grand sacrifice, j’ai l’impression que l’appui pour le français et la souverainté au Québec n’est pas très profond. Peut-être dans ce cas-là c’est même injuste d’insister que les immigrants adoptent les valeurs que les québécois ne sont pas prêts à exercer.

  14. le 10 nov 2009 à 20:26 Victor Beauchesne

    Sujet passionnant que seul M. Facal peut dépeindre avec la lucidité qu’on lui connaît.

    Observations:

    1. Pour les souverainistes, c’est leur argument choc pour justifier leur option, donc ils ont, qu’ils le veuillent ou pas, un intérêt politique marqué à dépeindre l’expansion la langue anglaise comme la plus grosse menace à l’avenir de la langue française. Pour les fédéralistes, c’est tout l’inverse qui se présente.

    La vérité est probablement quelque part entre les deux arguments.

    2. Ce qui me frappe, en tant que Montréalais de souche qui a vécu plusieurs années au ROC, en Angleterre et dans deux régions du Québec et qui est revenu à Montréal depuis 15 ans, c’est le niveau de comfort avec la langue française des anglophones et allophones éduqués. Ici, je ne vous parle pas de la jeune commis chez HMV qui refuse de vous aborder en français, mais des leaders d’opinion, des gens cultivés et bien formés, pour qui la langue et la civilisation françaises sont des atouts très importants qui les attirent ici. Je crois qu’une bonne partie de la réaction viscérale des francophones observant l’anglicisation de Montréal est souvent basée sur des prémisses faussés et primaires.

    3. Les souverainistes, s’ils ont tort sur la théorie de l’indépendance sauvetrice du français, pourraient en fait accélérer le déclin du français au point de non retour avec leur projet d’indépendance politique.

    4. La culture politique canadienne est très immature. Nous nous sommes dotés d’une constitution, rejetée au Québec, qui nous impose pour presque toujours une monarchie étrangère que seul l’accord unanime des 10 provinces suffirait à remplacer.

    5. Personne au Québec ne s’est penché sur le rôle qu’un Québec prospère et confiant en ses moyens pourrait jouer dans l’évolution d’un Canada qui n’en demamde pas mieux. La souche britannique du ROC est de beaucoup plus diminuée que la française au Québec, je crois que les descendants de britanniques sont maintenants en minorité au ROC alors que les français de souche au Québec qui forment encore plus de 80% de la population.

    Ce débat étant très émotif, le respect, la politesse, la compréhension et l’écoute me semble des qualités incontournables pour avancer le dialogue.

  15. le 11 nov 2009 à 1:20 AntonioN.

    Je ne comprends pas pourquoi le Québec ne solidifie pas le fait français ici. Pour faire cela, il faut trois choses:

    Premièrement, il faut étendre la loi 101 pas seulement aux CÉGEPS, mais aussi aux universités.

    Deuxièmement, il faut une citoyenneté québécoise que chaque immigrant devrait porter s’il veut voter. Pour la recevoir, il devrait connaître ou apprendre le français, l’histoire du Québec, ses lois et ses moeurs. Les immigrants déjà installés depuis six mois et tous les habitants actuels du Québec auraient leurs citoyennetés automatiquement, ce que l’on appelle « the grandfather rule ».

    Troisièmement, il faut une scolaire unique. Pas une école anglaise ou celle d’une autre langue sauf le français. Malheureusement, il semble que cela est contre la charte canadienne qui stipule que chaque minorité officielle du Canada a le droit de ses écoles. Si Québec ne devient pas indépendant, une façon de contourner cette charte est de réduire les subventions vers les écoles anglaises. Puisque les anglophones ne forment que 8 % de la population du Québec, ils auraient donc droit de recevoir 8 % des subventions pour les écoles. L’argent économisé ainsi pourrait être envoyé vers les écoles françaises peut-être pour améliorer l’enseignement d’anglais comme langue seconde pour les francophones et allophones qui désirent que leurs enfants parlent bien l’anglais.

  16. le 12 nov 2009 à 11:54 Simon Tremblay

    Je vais certainement paraître comme une personne insouciante à vos yeux. Mais je trouve tellement qu’il s’agit d’une question futile que de savoir quelle langue doive parler les gens. Je considère que la langue est d’abord et avant tout un moyen de communication et que ce qui est important c’est que les gens entre eux puissent se comprendre.

    Bref, je ne suis pas du tout attaché à ma langue maternelle!

  17. le 12 nov 2009 à 19:01 Victor Beauchesne

    « Malheureusement, il semble que cela est contre la charte canadienne qui stipule que chaque minorité officielle du Canada a le droit de ses écoles »

    René Lévesque et tous les chefs péquistes depuis lui ont toujours affirmé qu’un Québec indépendant accorderait les pleins droits linguistiques à ce qu’ils appellent notre « minorité nationale ». Vouloir enlever ces droits à la minorité nous mettrait dans le club de pays autoritaires et ultra-nationalistes. Je crois que c’est une très mauvaise idée et créerait un mur de la honte entre le Québec et les pays anglophones qui nous entourent.

    Q @ Antonio: si on réduit les subventions aux écoles anglaise, allons-nous réduire les impôts des contribuables anglophones ?

  18. le 13 nov 2009 à 17:45 Serge

    « Le Québec est la seule société au monde où l’avenir de la langue de la majorité dépendra de ses choix et de ses comportements. La seule au monde. Partout ailleurs, la langue parlée par la majorité n’est pas en danger parce que les immigrants doivent absolument l’apprendre pour vivre. Pas ici. » (JF)

    Le Québec est aussi un état colonisé, dans lequel la langue de la minorité anglo-saxonne canadienne est obligatoire et imposée par le gouvernement du Québec.

    Mais, pardonnez-moi de répéter pour la centième fois ce vieux refrain bien connu…
    Pouvez-vous expliquer aux immigrants…

    1- Pourquoi l’anglo-américain est-elle une langue obligatoire pour travailler au Québec ?…

    2- Pourquoi les souverainistes péquistes ont-ils maintenu l’anglo-américain obligatoire et exclusif à l’école et au collège de langue française, de 8 ans à 20 ans, sinon pas de diplôme ? Durant leurs deux mandats au gouvernement du Québec ?…

    3- Pourquoi Pauline Marois, Louise Harel, Bernard Landry, des Québécois de souche française, répondent-ils aux anglo-américains et canadiens dans leur langue comme des immigrants et non en français ?…

    4- Pourquoi Pauline Marois prône-t-elle des cours d’histoire en «anglais» et le «full» bailingue obligatoire pour tous les mômes à la sortie du secondaire ?… Sinon, pas de diplôme.

    5- Pourquoi Pauline Marois a-t-elle éduqué ses garçons «full» bailingues ?… Comme les immigrants, à l’image de Justin Trudeau ?…

    6- Pourquoi Bernard Landry, lors de son passage au poste de PM du Québec, a-t-il déclaré aux anglo-américains de Hartford, Connecticut, le mercredi 29 août 2001, « Le Québec… c’est aussi une société bilingue… dit Landry aux Américains* » ?… Avec seulement un petit 8% d’anglophones.

    Des réponses, s’il vous plait !…

    « Gilles – le 10 nov 2009 à 18:54 Gilles
    Je pense que la langue anglaise possède une richesse importante, comme le français, comme l’espagnol, comme l’allemand, le russe, l’italien pour m’en tenir aux langues européennes.»

    Dans ce cas…
    Pourquoi la première langue en importance des Amériques et la troisième en importance au monde, l’espagnol, est-elle interdite d’apprentissage en lieu de «l’anglais» dans les écoles et collèges de langue française, du Québec ?…

    «le 10 nov 2009 à 20:26 Victor Beauchesne
    Je crois qu’une bonne partie de la réaction viscérale des francophones observant l’anglicisation de Montréal est souvent basée sur des prémisses faussés et primaires. »

    Puisque vous n’êtes plus «francophone», pourquoi «viscérale», «prémisses faussées» et «primaires» ?…

    Comment et pourquoi le «projet d’indépendance politique» accélérerait-il le déclin du français ?…
    En comparaison à la dépendance politique actuelle du Canada unilingue anglophone à 93 %, dont les taux d’assimilation des francophones sont de 40% à 72% de l’Ontario à l’Alberta.

    «le 10 nov 2009 à 20:26 Victor Beauchesne
    Ce débat étant très émotif, le respect, la politesse, la compréhension et l’écoute me semble des qualités incontournables pour avancer le dialogue.

    Quelle statut et importance croyez-vous occuper dans cette société québécoise pour nous dire, ôh pauvres latins que nous sommes, que VOS qualités de culture étrangère, monarchiste britannique, sont «incontournables» ?… Étant donné que vous ne dialoguez pas, vous affirmez plutôt.

    Bonne fin de semaine.
    SP

    ps: «s’y identifier par leur vrai nom. Tout commentaire qui sera publié sous un pseudonyme sera effacé.» (JF)
    C’est curieux comment la vie au pays de Miguel Indurain et Alberto Contador peut changer un homme.
    Après deux ans de patiente et d’attente, bienvenue dans notre «vrai» monde, Joseph Facal !…
    Viva l’España !…

  19. le 13 nov 2009 à 20:15 AntonioN.

    @Victor Beauchesne

    Non. Je disais qu’il faut réduire les subventions au niveau de la population des anglophones du Québec, soit 8 %. Par exemple, il n’est pas juste que les trois universités anglophones reçoivent 27 % des subventions plutôt que 8 %.

  20. le 13 nov 2009 à 23:04 Victor Beauchesne

    @ Serg,

    C’est votre vrai nom ça, au complet, Serge ?

    Mais Serge je parle l’espagnol moi. Personne ne m’a défendu de l’apprendre ici au Québec. Si vous croyez que l’angais n’est pas utile en Amérique dites-le et prouvez-le mais svp arrêtez de radoter sur l’ennemi caché, ça fait parano.

    Vous pensez que la politesse et l’écoute sont des qualités proprement britanniques, et monarchistes en plus ? Mais sur quelle planète vivez-vous au juste ?

    La langue et la culture françaises sont beaucoup trop importantes pour notre société pour en confier leur protection aux seuls souverainistes avec un projet qui , que vous l’aimez ou pas, comporte des risques d’échec qui pourraient donner le coup de grâce à l’existence de notre civilisation et mener à moyen terme à notre disparition. Vous êtes tellement convaincus d’avoir raison que vous négligez complètement toute analyse rationnelle du risque et accusez ceux qui le souhaite de traîtrise. C,est pas ficelé votre affaire et vous refusez de l’admettre.