La clarification des rôles
6 février 2008 par Joseph Facal
Comme 25 000 autres personnes, j’ai signé une pétition qui demande un moratoire sur l’implantation de la réforme scolaire.
J’ai signé à titre de parent inquiet de voir que les changements introduits sont loin des intentions originales. Inquiet de voir que les enseignants eux-mêmes n’y croient pas en grande majorité. Inquiet de voir que chaque idée qui émane du ministère de l’Éducation a toujours en commun avec la précédente, du primaire jusqu’à l’université, de baisser les exigences.
J’ai signé aussi à titre de professeur d’université qui constate, tous les jours, l’inculture historique radicale et la pauvreté de la langue de trop de nos jeunes. Je dis cela depuis des années.
Comme l’écrivait Lise Bissonnette, les dernières pédagogies à la mode sont «dessinées pour tolérer l’ignorance». Inutile de me rappeler que la réforme n’explique pas tous nos problèmes. Inutile de me dire que j’ai la nostalgie du cours classique: je ne l’ai jamais connu.
La pauvre ministre Courchesne fait de son mieux, mais elle passe son temps à essayer de stopper les stupidités qui sortent périodiquement de son ministère.
Libre opinion
D’autres personnalités issues du PQ ont aussi signé cette pétition, sans s’être concertées avant. Un coup de téléphone aurait suffi pour vérifier l’inexistence de toute collusion.
Qu’on m’explique: quand est-ce que le parent, l’enseignant et le citoyen que je suis retrouvera la permission de parler librement? En 2010, 2015 ou 2020? Au cas où on ne l’aurait pas remarqué, je ne suis plus ni député, ni ministre, ni même membre d’un conseil exécutif de circonscription depuis des années.
Le parti
L’invitation à faire valoir nos opinions «au sein des instances du parti» ne s’applique pas à moi. Soyons logiques: comment pourrais-je écrire une chronique rémunérée dans un journal et, en même temps, militer au sein du PQ?
Demande-t-on aux autres ex-politiciens péquistes actifs dans les médias, comme Lise Payette, Claude Charron ou Jacques Brassard, de se taire? Le cas des ex-premiers ministres ou d’un officier du parti est évidemment différent.
Si des contentieux de longue date opposent d’autres individus, j’en suis fort désolé pour eux. Mais ce n’est ni mon problème ni mon cas.
Fonçons!
On nous dit que les mauvais résultats de nos enfants n’ont pas de rapport avec la réforme. On parie que si les résultats étaient positifs, les défenseurs de la réforme nous diraient que c’est à cause d’elle ? Si des statistiques positives existent, qu’on nous les montre.
D’autres disent que la réforme n’a jamais été évaluée. Admettons. Il faudrait donc s’empresser de finir l’implantation d’une réforme… dont on ne connaît pas les effets!
Voyez la logique. Il se pourrait que nous nous enfoncions. Alors dépêchons-nous de creuser !
Dans ce triste épisode, les libéraux ont blâmé les péquistes. Les péquistes ont blâmé les libéraux. Les adéquistes ont blâmé les deux autres.
On se demande après pourquoi si peu de gens ont envie d’aller en politique.
30 réponses à “La clarification des rôles”

101% d’accord avec vous, monsieur Facal. « Débattez en silence », c’est comme ça qu’on pourrait résumer la dernière sortie de madame Marois. C’était un manque de respect flagrant envers la rigueur intellectuelle.
Continuez de vous exprimer ainsi, j’adore vous lire!
Touché, M. Facal. De toute facon, généralement dans ce genre de situation, c’est toujours mieux d’écouter les gens sur le terrain que les fonctionnaires enfermés dans leur bureau. C’est pas chinois de comprendre que les enseignants sont de loin les mieux placés pour évaluer cette fameuse réforme. Si ceux-ci levent un drapeau rouge alors je crois qu’il est sage d’entendre leurs préoccupations. Cette sortie de Pauline était tres malhabile et ca pourrait lui nuire au bout du compte.
J’ai surement mal compris. On m’a expliqué que les péquistes ont blâmé les libéraux de ne rien faire depuis qu’ils gouvernent et les adéquistes aussi. Alors, qui peut blâmer les péquistes ? Et pour quoi ?
Il y a sûrement une cache cache, ou chassé croisé quelque part.
ch
En ce qui concerne la sortie de Mme Marois, je crois qu’elle s’adressait plus directement à MM. Landry et Rebello, ancien premier ministre et VP du parti respectivement. Je retiens l’argument de M. Landry, on ne peut pas demander à un professeur d’université de se taire. M. Lisée, directeur du Cérium, et vous-même, avez entièrement le droit de dire tout ce qui vous passe par la tête (enfin, on s’entend). Mais M. Landry ferait mieux de peser ses mots, la parole d’un ancien PM est lourde et peux faire beaucoup de dégât. En ce qui concerne M. Rebello, je peux comprendre la frustration de Mme Marois et il me semble que son geste était plutôt inapproprié. Lorsqu’on est VP d’un parti politique, il est difficile d’invoquer l’argument de la dualité de la personne. *Ce n’est pas le politicien qui parle, c’est le citoyen* Ça pourrait fonctionner dans lorsqu’il s’agit d’un sujet plutôt apolitique, au-dessus de la partisannerie, mais il reste que c’était inapproprié de signer cette pétition avec son titre.
Tout ça pour dire que les médias vous – M. Lisée et vous-même – ont mis dans le même panier que MM Landry et Rebello alors que dans les faits il y a une différence énorme entre les cas.
Continuez votre bon travail votre opinion est toujours rafraîchissante et salvatrice. Après la dernière campagne électorale j’étais vraiment atterré et c’est vous qui m’aviez redonné espoir durant votre entrevue aux Francs-Tireurs où vous affirmiez que l’Irlande avait mis 300ans à faire sa souveraineté alors qu’un mouvement souverainiste n’existe que depuis, grosso modo, 45 ans au Québec. C’était vraiment différend du post-mortem que faisaient les médias québécois du mouvement souverainiste à l’époque et franchement j’admire beaucoup votre franc-parler.
Si des hommes de réflexion comme vous, qui avez une tribune, ne peuvent plus s’exprimer pour nourrir la pensée populaire, qui le fera?
Au cours de ma vie, j’ai cotoyé certains haut- fonctionnaires du ministère de l’Éducation. Ils vivent dans les nuages, se croyant les sauveurs de la nation. Je les classe dans cette categorie de la » mutual society admiration ». Il n’est surement pas facile d’être ministre de l’Éducation et de négocier avec ces gens. À moins de devenir leur porte-parole.
Récemment, au Canal Savoir, lors d’un débats, j’ai vu Pauline Marois défendre, toutes griffes sorties,la réforme des fonctionnaires qu’elle a défendue,devant d’autres panelistes-opposants aux arguments efficaces.
Monsieur Facal. ne nous abandonnez pas.
Le meilleur garde-fou contre les dérapages des fonctionnaires, c’est d’en limiter le nombre.
vindictater
Je suis d’accord qu’il faut écouter les gens sur le terrain, mais ce n’est pas si simple. Sur le terrain, plusieurs enseignants sont essouflés par ce que tout va très vite et ils n’ont pas le temps de bien se préparer. D’autres sont contre et n’ont rien changé de leurs approches. D’autres ne reviendraient pas au passé.
Une chose est sûre,les jeunes qui fréquentent l’école ont changé: c’est une génération qui est née avec la technologie. Ils ne passent plus « des heures au téléphone » mais clavardent tout en écoutant de la musique ou une émission télé.
Le monde aussi a changé: il faut préparer les jeunes à leur futur (par exemple, la plupart utilisent les technologies et certaines seront déjà dépassées dans 5 ans).L’Information et les connaissances se propagent à une vitesse infernale: il faut leur apprendre le jugement critique et ils devront apprendre toute leur vie.
De solides connaissances en lecture et en écriture tiendront encore la route dans 10 ans.
Alors,même s’il y a eu des ratés dans cette réforme, l’école du passé est dépassée…
D’accord sur toute la ligne. C’est pourquoi je vous ai « devancé » dans Vigile. Le geste de Mme Marois est malvenu et autoritaire. Tout le monde ne peut pas se taire sur le sujet parce qu’elle était ministre de l’Éducation lorsque cette « réforme » a été mise en branle. À titre de citoyen et de parent, n’importe quel membre ou représentant de son parti a le droit de parole là-dessus, ça ne relève pas d’une solidarité clanique mal comprise. Aurions-nous donc hérité d’un autre Bouchard?
Je suis, encore une fois, ici pour témoigner du manque de confiance que les adultes accordent aux jeunes. Je le répète : j’ai 15 ans. Et un homme m’a écrit dans la liste des commentaires de « une cause juste » que j’étais une menteuse et que parce que je lis le devoir, parce que je prends la peine de m’informer des événement antérieurs et parce que je sais utiliser l’alphabet, il est impossible que je sois JEUNE! Eh bien oui je suis jeune et oui je suis OUTRÉE. Pas « en criss » ou « en tabarnak»! JE SUIS OUTRÉE! Et je revendique le droit des jeunes de la réforme à n’être plus traités comme des imbéciles.
Que faites-vous des jeunes qui ont le culot de venir défendre la réforme sur votre blog Monsieur Facal? Vous les traitez de produits de ces dernières pédagogies à la mode qui sont «dessinées pour tolérer l’ignorance»? Eh bien soit, je suis ignorante. Mais je préfère l’être dans une réforme juste qui juge les étudiants sur leurs compétences profondes que dans un système désuet qui n’évaluait qu’une compétence : celle d’avaler de la matière par cœur la veille d’un examen.
Ignorante et fière de l’être,
Mía
@ Raymond Poulin,
Je suis daccord en partie, sauf sur le commentaire de M. Bouchard. Ce dernier avait au moins le mérite de savoir où il allait. Ce n’est pas parce que ça fait la une des journaux, à chaque fois qu’un péquiste donne son opinion, qu’il faut arrêter de parler.
Arnold
«C’est du bonbon»
Voilà le commentaire que laissait tomber Liza Frulla du Club des Ex. C’était bien sûr, un commentaire partisan, mais ô combien révélateur! Et les analystes et chroniqueurs de Gesca (aussi bien dire de la presse en général) d’en rajouter. Même Chantal Hébert et Michel C. Auger en bavaient de délectation. Vraiment triste, triste parce que le petit peuple n’y verra que du feu. Un feu que ne manqueront pas d’attiser les véritables ennemis non pas de la réforme, mais du parti pour lequel vous avez milité.
Vous êtes monsieur Facal, une tête d’affiche, vous avez auprès de la population une très grande notoriété. Vous avez autant de pouvoir sinon plus que bien des chefs de parti. Et beaucoup de commentateurs vous observent et vous écoutent. Vous souvenez-vous du commentaire de Landry sur le projet de citoyenneté? Vous vous souvenez alors de la réaction des fédéraux? À commencer par celle de Lagacé?
L’ennemi vous guettent monsieur Facal, il est même à vos côtés! Alors, c’est dans cet esprit qu’il faut juger votre dernière intervention. Aussi justifiée, raisonnable et nuancée qu’elle soit, vos ennemis la retourneront contre vous et vos amis.
J’ai adoré la qualification de la dissidence par Mme Marois de « dérapage ».
Comme si être en désaccord avec les dogmes péquistes ou bien simplement ses dogmes à elle était en quelques sorte une « déviance ».
Une vraie farce…
.des questions,,1/ qu’est – ce qui empêche un prof de donner des leçons , des dictées,ou des devoirs en français? 2/-est-ce que les fonctionnaires qui ont bâtis .?. partis .?., approuvés .? .. cette réforme sont encore en poste au ministère de l,éducation?– Ce ministère et ses fonctionnaires semblent ne rien faire et se contente de suivre une directive qui n’évolue pas., personne ne semble s’être aperçu des lacunes de cette réforme avant cette année,pourquoi?.. que MMe Marois accepte sa part de blâme et tous les ministres de l’éducation passés et présents aussi —-, mea culpa, mea maxima culpa,–amen.
Question pour M. Facal:
Pourquoi n’y a-t-il au qu’PQ que des anciens chefs ou d’anciens députés se permettent de venir sur la place publique saboter le travail de leurs successeurs?
Jamais on ne verrait une telle aberration chez les Libéraux.
En réplique à madame Marois vous avez prétexté votre liberté de parole en tant qu’enseignant pour justifier votre récente sortie publique contre la réforme scolaire. Puis-je vous donner l’exemple de M. Boisclair qui est enseignant comme vous et qui LUI a choisi de respecter son devoir de réserve et de garder le silence?
Vous parlez aussi dans votre réplique à madame Marois de votre emploi de chroniqueur rémunéré.
Ce n’est pas parce que vos nouveaux employeurs sont fédéralistes que vous devez vous sentir obligé de leur faire plaisir en semant la bisbille dans les rangs de votre ancien parti.
Et de toute manière, rien ne vous obligeait d’accepter cet emploi…
Bonjour à vous depuis la France, ou plus exactement de Bretagne,
Je vous prie de m’excuser de passer par ce formulaire pour vous écrire mais les commentaires sur l’article qui m’intéresse sont aujourd’hui fermés.
J’ai lu avec intérêt votre chronique sur « Les cocus accomodants » et je trouve qu’elle s’appliquerait parfaitement aux bretons qui disent défendre leur langue… et qui, dans une large majorité, se refusent à mettre leurs actes en adéquation avec leurs revendications. Signe des temps, signe d’une époque ?
Je me suis donc permis de reproduire votre chronique sur le site internet Ouiaubreton dont je suis l’administrateur. Vous pouvez constater par vous même en suivant ce lien :
http://ouiaubreton.com/spip.php?article3600
Dédié à la défense de la langue bretonne, Ouiaubreton se fait aussi quotidiennement l’écho des questions linguistiques dans le reste du monde. Dont bien sûr le Canada : une quinzaine d’articles repris en revue de presse :
http://ouiaubreton.com/spip.php?page=territoire&id_mot=1788
Les colonnes de Ouiaubreton sont bien sûr à votre disposition si vous souhaitez y publier une ou plusieurs lignes…
Dans le cas où vous vous opposeriez à notre reprise de votre chronique, il va sans dire que nous retirerions immédiatement notre page.
En vous remerciant par avance, et dans l’espoir de lire votre réponse à ce bref commentaire,
Bien cordialement,
Pierrick le Feuvre
-webmestre du site internet Ouiaubreton
http://ouiaubreton.com
Imposer un moratoire à une Réforme d’une telle envergure n’est pas la solution mais risquerait plutôt d’aggraver le problème.
Il faut se rappeler que cette Réforme découle directement des États généraux et a été élaborée à partir des recommandations contenues dans les rapports de ces États généraux auxquels ont participé tous les intervenants du monde de l’Éducation.
Le problème majeur de la Réforme, ce n’est pas la Réforme elle-même, mais ce que les Libéraux en ont fait. Pour régler le problème, il suffirait donc de revenir à la Réforme telle que conçue initialement.
M. Facal
Ce qu’il faut réformer ce n’est pas notre système d’éducation, mais le concept de gestion dépassé de nos hauts fonctionnaires.
Les décisions sont prises par un groupe de gens très instruit détenteur de maîtrise et de doctorat. Cela ne fait pas d’eux automatiquement de bon gestionnaire et de bon décideur.
Ce groupe d’élite se complaît dans une multitude de rapport et d’analyse. Le but principal de la réforme a pour but de couvrir l’ensemble des décisions stupides prise depuis des décennies par ces hauts fonctionnaires qui se foutent carrément de l’avenir de nos jeunes dans les écoles publiques. (La majorité des enfants des hauts fonctionnaires de l’éducation vont dans les meilleures écoles privées).
L’instuction offert à nos enfants s’améliorera quand les politiciens s’attaqueront aux vrais problèmes et modifierons le concept de gestion du ministère de l’éducation qui est un des grands échecs de notre société.
Salutation
Ne vous taisez surtout pas!
Quand ça fait l’affaire on accuse les intellectuels de ne pas jouer leur rôle et de se tenir loin des débats, maintenant on voudrait les «encadrer»! Voyons donc!
La lettre d’une jeune étudiante de secondaire trois publiée ce matin dans Le Devoir reflète tout à fait ce que nous rapporte notre fille.
Au nom de tous les parents qui n’ont ni votre talent, ni votre notoriété: continuez!
Ma chère Mìa,
Ne le prenez pas «personnel», comme on dit. Dans toutes les sociétés, dans toutes les salles de classe, à toutes les époques, il y a toujours eu une poignée d’étudiants excellents, une poignée de naufragés irrécupérables et un gros paquet de gens dans le milieu. Vous êtes dans le petit groupe de tête et j’en suis ravi pour vous. Je vous souligne seulement que la réforme avait, parmi ses objectifs originaux, de venir en aide aux élèves «en difficulté» (pas vous, de toute évidence). Or, selon les professeurs eux-mêmes, les changements introduits, qui misent sur l’autonomie des jeunes (ce qui, en soi et dans l’absolu, n’est pas une mauvaise chose)ne conviennent pas à ceux que l’on souhaitait aider en priorité. C’est tout. De plus, quand j’ai parlé d’«ignorance», j’ai bien dit «de trop de nos jeunes», pas «de tous les jeunes». Vous avez le droit d’être en désaccord avec moi, mais je ne vous demande que de me lire attentivement. Et ne vous gênez pas pour continuer à fréquenter ce blogue.
Monsieur Facal, d’abord bravo pour votre blogue et cette 4e position. Je l’ai déjà dit mais je le répète : j’aime vous lire et j’aime les débats et l’ouverture d’esprit qu’on y retrouve. C’est le seul blogue que je fréquente régulièrement.
Ensuite, bravo pour votre réaction. Je suis heureux de savoir que je pourrai continuer à lire ces analyses lucides et indépendantes et non nécessairement une ligne de partie dictée d’en haut. D’autant plus, comme vous le soulignez à juste titre, les enjeux de la réforme dépassent largement une simple lutte partisane.
Je crois que la qualité du français est une cause perdue chez nous: c’est dans notre culture profonde de ne pas y attacher d’importance, tant chez les parents, enseignants, que chez les élèves.
Notre français n’est pas pire que l’anglais des Américains, mais nous n’avons évidement pas dans la francophonie le poids qu’ils ont dans l’anglophonie.
Vous me demanderez peut-être: « Que proposez-vous ? » Eh bien, je n’ai rien à proposer, sinon faire porter nos efforts sur d’autres matières que le français…
Mon cher Vyrgyl,
Pour répondre à votre question sur les ex-chefs face à leur formation, avez-vous noté qu’au PLQ, un seul ancien chef est vivant ? C’est Daniel Johnson qui, incidemment, avec Brian Mulroney, avait sérieusement «enquiquiné» Jean Charest pour ce qui est du site du CHUM, préférant la position du ministre Couillard. Au PQ, tous les anciens chefs sont encore vivants et actifs, sauf le fondateur. Par ailleurs, la guerre civile entre Jean Chrétien et Paul Martin, ça vous dit quelque chose ?
Mme Marois a raté la réforme. Ne me dites pas que l’expérience en politique est une garantie de succès. Je préfère un débutant travaillant ayant un bon jugement qu’une personne d’expérience qui ne fout rien.
À fille41 et tous les anti-Marois,
Elle est bien bonne, celle-là! Est-ce la faute de Mme Marois si elle est réduite à l’impuissance parce qu’elle occupe la position de chef d’un tierce parti? Et c’est vrai que M. Boisclair est allé beaucoup plus loin avec son programme radial! Ne vous méprenez pas sur mon compte, j’ai un immense respect pour ces deux chefs (ainsi que pour Monsieur Facal qui me permet de dire de telles inepties sur son blogue), mais si vous voulez mon avis, une femme comme Pauline Marois, capable de compromis, aura plus de succès que quiconque. Et sa position quand à l’intervention de ténors et d’EX-ténors péquistes dans les affaires de l’orientation à adopter pour le parti est facile à défendre.
LES INDÉPENDANTISTES SONT « TANNÉS » DE VOIR LEURS CHEFS S’ENTREDÉCHIRER SUR DES SUJETS QUI SONT « SECONDAIRES » À LEUR PROJET COMMUN : LA SOUVERAINETÉ!
Soit, lorsque le Québec sera un pays nous nous séparerons, nous nous engueulerons comme il se doit et nous nous détesterons allègrement. Mais pour l’instant, faisons preuve d’un minimum de cohésion et de solidarité, sans quoi nous perdrons une crédibilité essentielle à la séduction des Québécois.
Tous, en tant que péquistes, nous avons eu l’occasion de faire usage de notre liberté d’expression lors de la courte course à la chefferie. Mais maintenant que la chef est choisie, eh bien appuyons la et fermons collectivement notre « gueule » pour le bien du projet indépendantiste.
Je sens que je suis en train de me faire des ennemis parmi ceux que je croyais mes plus profonds alliés, mais je tiens à leur témoigner mon plus profond respect.
Mía
Bienvenu Mìa… ton point de vue ressemble à bien d’autres, mais je le trouve plus cohérent et mieux articulé. Je suis en désaccord, mais bravo pour la forme!
Je reconnais une grande qualité au PQ (ce qui pourrait en étonner certain) : sa transparence. Le parti a toujours été une coalition de différentes tendances politiques, toutes reliées par leur désir commun d’indépendance. Personnellement, je me situe habituellement aux antipodes du PQ selon Gérald Larose et le SPQ-Libre. Par contre, je me reconnais parfois (souvent) dans une vision du PQ lucide d’un Joseph Facal. La base partisane est très diversifiée et le choc des visions peut, à l’occasion, produire des idées originales. Idées qui, en principe, devraient nous rapprocher d’un Québec autonome et indépendant.
Voilà pour les fleurs, le pot maintenant!
Ces tendances « idéologiques » internes font du PQ un parti très complexe. Les débats sont inévitables et évidemment, le parti n’apparaît pas toujours cohérent. Son chef NE PEUT PAS satisfaire tous ses partisans, à moins de disposer d’un charisme extraordinaire… et encore. Les contestations du leadership sont fréquentes et, je le crois. Malheureusement, cela facilite l’expression publique (et médiatisée) des guerres d’égos et des luttes d’influence. Ça vient avec…
M. Facal a raison : les chicanes politiques et guerres d’égos ne sont pas exclusives au PQ. Toutefois, au PQ, elles font parties de la définition du parti. Demander à toute la base du parti de se regrouper derrière son chef et la ligne de partie, c’est demander du même coup à une bonne partie des partisans de piler sur certains principes et croyances fondamentales jusqu’à l’accession de la souveraineté… Ce qui pourrait prendre beaucoup de temps (300 ans en Irlande?)
Le problème, c’est qu’en attendant cette indépendance tant souhaitée, il faut gouverner.
Madame Marois, son problème me semble-t-il, c’est qu’elle ferait une très bonne ministre de la Condition féminine, mais qu’elle n’a pas l’étoffe d’un chef du PQ. Je ne veux pas poser de jugement définitif sur elle: on jugera l’arbre à ses fruits. Je ne désire pas non plus m’élever contre elle. Je me permets quand même quelques impressions à partir de sa position sur la réforme. Christian Dufour a raison : Mme Marois aurait du profiter de la sortie des Lisée et Cie pour se repositionner.
Derrière cela, le problème fondamental, c’est qu’elle n’a pas les idées claires et qu’elle est, pour cette raison, incapable de saisir une balle au bond. Voilà qui explique p-e pourquoi on est souvent surpris de ses prises de positions contradictoires et qu’elle ne semble pas être capable d’aller au bout de ce qu’elle suggère (manque de cohérence). Elle est bien entourée apparemment, mais les conseillers, aussi talentueux soient-ils, ne peuvent pas remplacer un vrai chef. Je peux vivre avec ses contradictions passées, et je reconnais le droit à une personne de changer d’idée ou de faire de la stratégie politique, mais elle n’a pas l’air de savoir elle-même où elle va.
2 exemples:
- Langue: Elle veut donner plus de force au français. Elle suggère système hybride pour les francophones où les cours de géographie et d’histoire seraient données en anglais dans les écoles francophones. Pourtant, elle n’a pas suggéré à ma connaissance que le traitement inverse s’applique aux anglophones (c’est-à-dire qu’eux suivraient les mêmes cours en français). Une position cohérente voudrait, comme JF Lisée le propose, qu’on fusionne les réseaux de CÉGEP anglo et franco, et possiblement (Lisée ne propose pas cela à ma connaissance) qu’il y ait des rapprochements entre les 2 réseaux au primaire et au secondaire. Mais non, madame Marois veut que les francophones parlent mieux anglais pour qu’ils aient moins la tentation d’aller vers le CÉGEP anglais. Curieux détour pour arriver à destination. Je soupçonne que derrière cette position se cache un complexe d’infériorité lié à sa piètre connaissance de l’anglais (un peu comme Maxime Bernier qui envoie ses enfants à l’école anglaise…). Quant à l’approche bureaucratique de francisation des petites et moyennes entreprises qu’elle suggère, ça ressemble davantage à une tentative de traitement de symptômes qu’à un véritable remède.
- Accession à la souveraineté: elle dit qu’il y aura peut-être référendum, mais pas nécessairement de référendum. Je pense qu’il est tout-à-fait défendable de dire que le PQ ne fera pas de référendum dan un prochain mandat, mais si c’est le cas, il faut le dire clairement et proposer des substituts forts qui permettraient de compenser les reculs qu’encaisse périodiquement le Québec. Je suis peut-être aveugle, mais je ne vois rien de cela dans les positions de Mme Marois. Sans doute faut-il y voir une stratégie pour contenir l’aile indépendantiste du parti, mais en cela je pense qu’elle sous estime l’ouverture au compris dont ces gens sont capables. À mon avis, il est de loin plus facile de contenter un « radical » que d’endurcir un mou…
Espérons qu’elle corrigera ses erreurs grâce aux conseils avisés de ses brillants conseillers.
Mia,
j’ai lu vos commentaires.
1. Sur la réforme. Je constate que vous savez écrire, et que vous avez l’air d’une adolescente allumée. Ce que cela prouve, c’est qu’un élève doué peut réussir MALGRÉ le système. Cela ne signifie pas qu’il a réussi GRÂCE au système. Ayant moi-même fréquenté une école publique pour les gens ayant de bons résultats, je peux vous dire que je n’ai pas une très haute opinion de l’éducation autogérée (l’école avait eu la « bonne idée » de tester cette approche pédagogique sur les étudiants). Je me rapelle peu des deux semaines que l’expérience a duré, ayant consommé plus d’alcool qu’à l’habitude pendant cette période. Le souvenir le plus clair que j’en ai, c’est d’avoir joué beaucoup joué aux cartes (au « trou de cul » en particulier).
2. Sur la solidarité avec le chef, votre commentaire est fort à propos. Mais je ne pense pas que cela doit signifier que le chef doit avoir carte blanche. À cet égard, je vous rapelle que quand Jacques Parizeau a pris la tête du PQ pour le reconstruire, ceux qui « foutaient la merdre » à l’époque étaient les « johnsonnistes » (partisans de PMJohson), incapables qu’ils étaient d’accepter qu’un parti indépendantiste veuille faire l’indépendance. Quand à votre usage du terme « radical » pour qualifier le programme d’André Boisclair, j’avoue être surpris puisque vous vous dites indépendantiste. Maladroit peut-être, mais radical? Je me désole de voir que trop souvent les péquistes eux-mêmes empruntent le vocabulaire, très chargé de sens, des fédéralistes.
Lesdents,
Quelle méprise de ma part! Je me repends aujourd’hui de mon vocabulaire emporté, lorsque je constate que le mot « radical », que j’ai employé qualifiant le programme de M. Boisclair, est bel et bien un de ceux que je verrais dans la bouche de M. Pratte! Mea culpa. Je voulais le califier de… disons… « trop audacieux ». Aye voilà que je fais de la rectitude politique! Mais cela vous convient-il mieux?
Québécoisement vôtre,
Mía
De Gaulle disait je crois quelque chose comme : «comment voulez-vous gouverner un pays qui a autant de partis politiques que de fromages?»
Au Québec, compte tenu notre population, des clans se font et se défont au gré des chefs. Peu de cohésion entre les tenants de la souveraineté, d’éternels mécontents jamais satisfaits sauf de leur propre personne. Serions-nous d’éternels chicaneurs, incapables de se regrouper et de mettre une fois pour toutes les priorités là où elles doivent être?
L’indépendance du Québec d’abord et avant tout. Nous avons présentement au Québec un gouvernement minoritaire qui n’en finit plus de finir de nous rebuter. Nous serons bientôt en élections.
Que tous les fromages, les anciennes comme les nouvelles appellations s’organisent pour qu’enfin nous puissions comme pays dépendre que de nous. Ensuite vous vous disputerez pour savoir qui a meilleur goût…
Monsieur Facal, vous avez parfaitement le droit de vous exprimer qu’il en déplaise à Madame Marois ou d’autres. C’est bien entendu que les adversaires de madame Marois vont se servir de cela pour se faire du capital politique mais en agissant ainsi, ils ne font que de la petite politique et démontrent à la population jusqu’à quel point ils ne sont pas des démocrates car ils cachent les différences de point de vue à l’intérieur de leur propre parti…à moins qu’ils veulent nous faire croire que les membres de leur parti sont incapables d’avoir une pensée qui leur soit propre et ne font que suivre,comme des moutons, la pensée de leur chef.
Oui à un moratoire sur la réforme car elle a déjà
fait suffisamment de dégâts pour la laisser continuer son oeuvre sans regarder ce qui ne va pas. Il ne faut surtout pas laisser le contrôle de l’éducation, et c’est la même chose pour les autres ministères, aux fonctionnaires qui présentent une très forte tendance à se croire possesseurs de la vérité: ils ont toujours raison.Un fonctionnaire ne peut se tromper même sin on a des preuves pour démontrer le contraire. C’est le peuple qui ne comprend pas. C’est pourquoi on les entend souvent dire: »Ce que les gens doivent comprendre… » Ce que les fonctionnaire « doivent comprendre », c’est qu’ils sont payés par le peuple pour faire ce que le peuple désire. Ils ne sont pas au haut de la pyramide, ils sont au bas de la pyramide. C’est le peuple qui est au haut. L’humilité leur manque.
René P.