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Increvable identité

Me voici de retour. Heureux de vous retrouver. 

Une chose ne cesse de m’étonner : c’est fou comme une idée résiste à toutes les évidences qui la contredisent quand elle va dans le sens de ce que l’on veut croire à tout prix.

Ainsi, une opinion largement dominante dans les milieux intellectuels et journalistiques est à l’effet que les identités nationales sont aujourd’hui en régression ou, si elles ne le sont pas,  qu’il serait bon qu’elles soient.

La mondialisation, les progrès de l’éducation, une meilleure connaissance de ceux qui ne sont pas comme nous, dit-on, construisent un monde constitué de grands ensembles régionaux, et des sociétés davantage multiculturelles, où l’on tablera, pour reprendre le cliché, «sur-ce-qui-nous-unit-et-non-ce-qui-nous-distingue». 

L’Union européenne et le multiculturalisme canadien sont souvent cités à titre d’exemples les plus avancés de cette évolution présentée comme uniformément positive. S’y opposer ou simplement être sceptique, c’est être dépassé, «fermé», nostalgique, et dangereusement suspect d’ethnicisme.

Il est certes vrai que les individus sont aujourd’hui porteurs d’identités multiples : appelée à se définir, une personne se dira habituellement femme, gay, écologiste, de gauche ou de droite, bien avant de se dire québécoise.

Quand je regarde le monde d’aujourd’hui, je ne vois pourtant aucun recul des identités nationales. Les forces qui valorisent ce qui distingue les peuples les uns des autres sont au moins aussi fortes que celles qui poussent à la convergence. Que cela soit bon ou mauvais est un autre débat et dépend des convictions de chacun.

Je reviens de trois semaines en France, en Italie et en Suisse. L’Union européenne a du bon et du mauvais. Mais il est fascinant de voir à quel point elle est, pour l’essentiel, un dada des politiciens, des fonctionnaires, des journalistes et des intellectuels. Eux sont évidemment persuadés de savoir ce qui est bon pour le peuple qui, lui, se sent plus profondément français, suisse ou italien que jamais.

Ce n’est pourtant pas faute d’efforts pour le convertir : on me faisait remarquer que l’Europe est partout tapissée de drapeaux européens que personne ne salue, et s’est dotée d’un hymne que personne ne fredonne. Ironie suprême, la capitale européenne, Bruxelles, est en plein cœur d’un pays, la Belgique, au bord de l’éclatement.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il y avait 23 pays en Europe. Il y en a aujourd’hui 50. Et après les Kosovars qui n’avaient aucune envie d’être Serbes, voici que les Ossètes et les Abkhazes n’ont aucune intention de rester Géorgiens.

Basques, Catalans, Écossais, Wallons, Flamands, et des dizaines d’autres dans l’ex-URSS, s’obstinent aussi à vouloir rester eux-mêmes, voire même à penser qu’avoir leur propre État n’est pas du tout une idée dépassée.

Voyez aussi l’Afrique, où nombre de conflits s’expliquent parce que les frontières fixées à l’époque des colonies forcent la cohabitation de peuples qui ne veulent pas habiter ensemble. Et c’est tout aussi vrai en Inde, au Pakistan, et dans de nombreux autres coins d’Asie.  

Bref, le sentiment national évolue, mais il demeure increvable et sera encore, que cela plaise ou non, l’une des forces motrices du monde de demain. Et c’est quand on force la cohabitation de gens qui ne se sentent rien en commun qu’on s’achète de graves troubles sociaux.

18 réponses à “Increvable identité”

  1. le 28 août 2008 à 9:30 Garamond

    Cette dualité ne m’étonne pas. Je suis Gabriélois avant d’être Québécois, Québécois avant de me dire Canadien, etc…
    Je spécifie ma nature en fonction de mon interlocuteur, si on peut dire. Quand je parle à un Martien, je suis evidemment Terrien !
    Mais si j’allais faire un tour en Ontario, je m’afficherais comme Québécois pure laine !
    Et je comprends les Européens de se dire, par exemple, Italiens ou Portugais avant de se dire «Européen-Unis».
    Oui, le sentiment national est increvable….

  2. le 28 août 2008 à 10:53 jean jacques

    Bon, alors vous etres en train de dire que vous vous sentez toujours Uruguayen? (hi hi …)

    Est ce que vous etes etonne du fait que meme au Quebec et au Canada et aux Etats Unis les gens provenant de l’ immigration se sentent toujours arabes, francais, cubains, russe, uruguayen etc?

    Voulez vous que les immigrants d’ ici se sentent quebecois, et pas canadiens??

    Arretez de considerer la nation quebecoise – il s’ agit d’ une region francophone au Canada et c’est tout.

    En Suisse, combien de Suisses de langue francaise, allemande ou italienne avez vous rencontrer? Est qu’ ils se considerent suisses ou autre chose?

  3. le 28 août 2008 à 12:19 Carl Boileau

    Excellente analyse M. Facal,

    En passant, tout de gauche que je puisse être, je tiens à souligner mon admiration pour votre franchise intellectuelle; je vous lis systématiquement ainsi avec un grand intérêt.

  4. le 28 août 2008 à 12:46 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    J’ai été heureux d’apprendre que vous avez fait de beaux voyages durant vos vacances. Des voyages à la fois dans la détente et à la fois instructifs. Je ne puis m’empêcher de vous suggérer de demander à votre comptable qui fait vos déclarations d’impôts de vérifier si une partie des coûts reliés à ces voyages ne pourraient entrer dans des dépenses sous la rubrique « Frais de recherche ». Ceci dit, permettez-moi de mettre mon 5¢ dans l’assiette que vous nous présentez à chacune de vos chroniques.

    CE GRAND SENTIMENT D’APPARTENANCE, L’IDENTITÉ

    Dans leur allégeance, les souverainistes sont guidés (c’est à la base de leur motivation) dans leur orientation par la notion de l’identité.

    Vous écrivez: « Basques, Catalans, Écossais, Wallons, Flamands, et des dizaines d’autres dans l’ex-URSS, s’obstinent aussi à vouloir rester eux-mêmes ». Ces gens, comment décrivent-ils leur spécificité?

    Faisons une expérience. Recrutons deux personnes (Jean et Pierre) consentantes à jouer le jeu à répondre à un questionnaire. Choisissons deux personnes qui se connaissent très bien. Par contre, assurons-nous de faire en sorte que chacun d’eux ne soit ni au courant du but de l’exercice, ni de la participation de l’autre.

    Demandons à Jean de dresser une liste des particularités du « Québécois » (ce qui le caractérise dans sa spécificité). En plus de la particularité de parler français.

    Ensuite, présentons la liste à Pierre en prenant la précaution au préalable de faire disparaître toute indication genre « portrait du Québécois » , afin que la liste ne comporte que des termes évoquant des « caractéristiques » de nature socio-culturo-économique attribuables à une personne.

    Demandons à Pierre d’indiquer lesquelles parmi les caractéristiques de la liste (rédigée par Jean) définissent, d’une façon réelle, Jean, cette personne bien réelle, ici, aujourd’hui, en 2008.

    Que démontrera cet exercice ?

    N’importe qui peut décrire les caractéristiques de Passe Partout. Mais ce personnage n’existe que dans la fabulation. On peut décrire une chose conceptualisée sans que pour autant celle-ci n’existe réellement.

    L’on comprendra que la notion d’identité varie beaucoup d’un individu à l’autre. Dans un autre blogue quelqu’un écrivait:

    « Pour moi, un Québécois a la peau blanche, est né au Québec de descendance européenne, il parle français de langue maternelle (bien que j’aimerais qu’on parle tous anglais), il est athée et travaille pour gagner sa vie sans demander rien au gouvernement. Finalement, bien peu de Québécois sont véritablement Québécois.  »

    Une des raisons pour lesquelles le Québécois attache tant d’importance à son identité, c’est que celle-ci est reliée à un passé dont il est nostalgique. Il en est nostalgique car la réalité d’aujourd’hui est tellement différente et les belles choses du passé ne sont plus là, pour la plupart. Le québécois préfère se référer aux caractéristiques de ces gens du passé que de celles des gens d’aujourd’hui (éclatement de la famille, l’endettement avec les cartes de crédit, itinérance, drogue, alcoolisme, gang de rue, taxage à l’école, enfants dans le sous-sol en train de visionner des vidéo ou internet un beau dimanche après-midi ensoleillé, alimentation de fast food, la malbouffe, l’enfant roi, décrochage scolaire, pédophilie, B.S., p’tits vieux qui traînent et insultent les femmes dans les centres d’achat, violence aux personnes âgées, supersexualisation chez les jeunes, consommation à outrance auto voyages alcool, perte de temps à regarder la TV et se faire programmer son mode de vie par les commerciaux, et j’en passe). Celui qui parlerait de l’identité du Québécois ne mentionnerait jamais rien de cela ou des phénomènes psychosociaux qui en sont à la base.

    Les perceptions sont distorsionnées comme selon le phénomène de l’angle de réfraction en physique. Ce dont on parle, ce n’est pas la réalité, c’est une transposition. Ainsi, beaucoup de gens se font une opinion en se basant sur, oui, employons ce mot, des chimères.

    Au lieu de mettre leurs espoirs dans la souveraineté, les Québécois nostalgiques seraient plus regagnants de se prendre en main individuellement et approfondir les grands principes pratiques contenus dans les livres « S’épanouir », « Apprendre à vivre », « À la recherche des valeurs pour s’approcher du bonheur vrai » , « Donner un sens à sa vie », « Comment aider son enfant à se développer et à bâtir son estime de soi ».

  5. le 28 août 2008 à 13:05 Richard Sauvé

    Vous avez passé de bonnes vacances, monsieur Facal ? Comme bien d’autres, sans doute, je guettais votre retour.

    Vous avez tout à fait raison: nulle part dans le monde, le nationalisme n’est mourant. Il est toutefois plus vigoureux, et parfois plus agressif, dans certaines cultures que dans d’autres. Voyez la Russie qui recommence à intimider ses voisins. Les Européens, de plus en plus dépendants du gaz et du pétrole russe, ont raison de s’inquiéter. Moi qui n’ai jamais voyagé dans les pays slaves, il me semble en savoir assez pour être découragé de la mentalité qui y a cours: « Ce qui compte avant tout, ce n’est pas la démocratie ni notre niveau de vie, c’est que notre chère Russie redevienne puissante, crainte et respectée. » Voilà bien le message que le peuple russe nous transmet, à moins que je ne me trompe.

    Mais je devine qu’en choisissant ce sujet, vous vouliez nous amener au sentiment que la souveraineté du Québec n’est pas, et ne sera jamais une idée caduque ? L’avenir le dira, et il dure longtemps, comme disait le général De Gaulle. Mais le Canada n’est pas l’ex-URSS: si la constitution n’a pas évolué de façon à satisfaire les intellectuels québécois, la mentalité du peuple canadien-anglais, elle, a beaucoup changé depuis cinquante ans, dans le sens de l’acceptation du fait français.

    La plupart des jeunes anglophones du Québec s’expriment en français de façon tout à fait satisfaisante de nos jours; le mépris ouvert qu’on nous portait dans les années soixante ne se rencontre plus que chez certains des anglophones les plus âgés. Ajoutez le fait que le Québec vieillit plus rapidement que le ROC, et que par conséquent, le choix de l’indépendance représenterait un risque économique plus grand dans les années qui viennent qu’à l’époque où nos « baby-boomers avaient vingt ans…

    Si Mario Dumont avait pu s’entourer de gens capables, de façon à présenter aux électeurs une ADQ qui mérite d’être portée au pouvoir, je crois bien que le parti de madame Marois aurait conservé sa troisième place à l’Assemblée nationale, lors des prochaines élections. Comme l’ADQ semble vouloir rester un parti de peu d’envergure, sans doute le PQ retrouvera-t-il alors le statut d’opposition officielle. Mais ce sera par défaut.

  6. le 29 août 2008 à 7:10 Simon Robert

    Voyons M.Facal, vous savez bien que la liberté des peuples c’est démodé. En fait, vouloir gérer nos propres affaire et notre propre destin nous-même, c’est vraiment des idées dépassées et illégitimes.
    On est aussi bien de laisser les autres (bien meilleurs que nous) contrôler nos politiques, notre culture, notre économie et notre avenir. Ça fait presque 250 ans que c’est ainsi. Hey! «If it ain’t broken, don’t fix it!» comme nos bon amis disent!

    @Normand Ajoindre
    Je trouve désolant qu’encore aujourd’hui quelques québécois définisse l’identité québécoise de cette façon. À mon avis, un Québécois c’est quelqu’un qui VEUT l’être, quelqu’un qui veut s’identifier à sa société (parfois d’accueil), avec ses spécifications culturelles (une langue étant une culture), ses qualités et ses défauts. Des Québécois, il y en a de toutes les origines, de toutes les religions et je crois qu’il y a un travail de pédagogie à faire là-dessus. J’en ai souvent entendu des vertes et des pas mures, comme sur le blogue que vous citez.

    @Jean Jacques
    Libre à vous de vous identifier comme une minorité linguistique parmi tant d’autre dans un Canada-Uni-par-des-régions-d’une-coast-à-l’other-one. Quant à moi, je préfère me considérer comme faisant partie d’une majorité. Je suis Québécois, point. Je tiens à ce que l’on reste collectivement en vie, que l’on ne devienne pas du folklore, quitte à devoir se donner un État à nous. Que vous le vouliez ou non, monsieur, nous sommes TOUS responsable de notre survie collective.

  7. le 29 août 2008 à 8:55 daveyy

    Moi je suis de nationalité québécoise et citoyen canadien. Je n’ai aucune difficulté à réconcilier les deux.

    S’il est plus facile pour les minorités nationales européeennes de réclamer plus d’indépendence politique ( Catalans, Écossais, Basques etc.) c’est justement à cause de l’UE qui chapeaute économiquement le tout et leur garantit accès au vaste marché européen. Nommez-moi une minorité nationale qui voudrait sortir de l’UE? Ils gardent le même passeport, la même devise, le mêm droit de libre circulation. Sortir de l’Espagne pour demeurer dans l’UE est beaucoup plus facile que de sortir du Canada et de renégocier avec le ROC, les USA et le Mexique. Bien que possible, le résultat n’est pas garanti.

  8. le 29 août 2008 à 14:50 arnoldschwartz

    @ Normand ajoindre,

    Pas besoin de faire votre test avec 2 Québécois pour conclure à quel identité quelqu’un se rattache. Allez vivre dans une autre ville au Québec et ensuite aller vivre dans une autre ville du Canada anglais, vous comprendrez tout de suite ce qu’est l’identité québécoise.

    Arnold Schwartz

  9. le 29 août 2008 à 15:26 RenéP.

    Bonjour M.Facal

    Les journalistes et les intellectuels qui prétendent que les identités nationales sont en régression ou, si elles ne le sont pas, qu’elles devraient l’être, disent, selon toute évidence, une chose insensée. Un individu et/ ou une société
    peuvent être en régression mais pas l’identité qui, elle, ne fait que définir la nature même de l’individu ou de la société. Cependant, une identité peut être cachée, faussée, usurpée mais sans que cela n’élimine l’existence même de la personne. Ainsi, aux Etats-unis, à l’époque de l’esclavage, les gens de race noire n’avaient aucune identité légale et, officiellement, ils portaient le nom de la famille de laquelle ils étaient les esclaves. Ainsi, les esclaves de la famille Jackson portaient le nom de Jackson, ceux de la famille des Smith, portaient le nom de Smith et ainsi de suite. Ils n’avaient pas de droit, même pas celui de conserver leur propre identité. Le fait qu’ils ne puissent afficher leur identité ne les a pas empêchés d’établir une cohésion entre eux et pouvoir aujourd’hui s’affirmer selon leur identité propre.

    Je crois qu’il en est ainsi pour tous les peuples du monde entier qui ont été réduits au silence pour une raison ou pour une autre. Leur identité était cachée contre leur volonté mais dès que l’occasion se présente, celle-ci se manifeste avec plus de vigueur.

    C’est ce qui se passe au Canada-Québec. Le Canada anglais, a toujours voulu cacher l’identité francaise du pays autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de celui-ci. On ne veut pas du francais au Canada, on ne veut aucun symbole représentant le peuple francais du Canada sur le drapeau du pays et on ne veut pas davantage que ce fait francais soit montré à l’extérieur du pays: pas de drapeau québécois aux olympiques, pas de représentation de la culture francophone dans les organisations des nations unies, etc…
    Et on va dire que l’identité québécoise régresse? Mais non, elle ne régresse pas, on la cache parce qu’elle porte ombrage aux canadians. Et plus on va chercher à la cacher, plus cela aura pour effet de resserrer la cohésion des québécois et lorsque l’occasion de présentera, les québécois, comme tout peuple normal, vont se manifester ouvertement.

    Comme vous dites, c’est fou comme une idée résiste à toutes les évidences qui la contredisent.

  10. le 29 août 2008 à 15:48 Serge

    le 29 août 2008 à 8:55 daveyy
    Moi je suis de nationalité québécoise et citoyen canadien. Je n’ai aucune difficulté à réconcilier les deux.

    Bonne mère ! Regardez-ça !
    C’est encore la misère noire des immigrants. Personne ne comprends ce que c’est que cette invention, cette histoire de pêche, de «nationalité québécoise», mais elle est encore revenue.

    Je vais avertir le directeur Christian et son club de fanas du commentateur Dave igrec igrec. Quelqu’un d’eux doit comprendre quelque chose à cette identité. À moins qu’il s’agit de bicéphale…
    sp

  11. le 30 août 2008 à 12:14 jean jacques

    Je ne crois pas que Daveyy est immigrant. Vous,les Quebecois nationalistes d’ ici, vous comprenez mal l; identite des autres. Un immigrant d’ ici n’ est pas de nationalite quebecoise, il est francais, arabe, chinois, etc -et de citoyenete canadienne. Vous aimez vous mentir vous meme en croyant qu’un immigrant renonce a son identite de naissance pour devenir quebecois, surtout quand les quebecois de souche perdent jamais l’ occasion de les rappeler qu’ ils sont des immigrants.

    Au Canada il y a une centaines de nationalites, dont une quebecoise (en fait – d’origine francaise), et cette nationalite vit majoritarement au Quebec, mais aussi dans New Brunswick, Ontario, Manitoba etc.

    Si un francophone de Quebec demenage demain en Alberta pour travailler, est qu’ il n’ aura plus l’ identite quebecoise? Est ce qu’ il va devenir « albertain »? Si un chinois d’ ici a un frere a Toronto, est que les deux vont avoir une nationalite differente?

    C’est bien ridicule, toute cette histoire de la nationalite quebecoise, ca n’ existe pas ca, c’est juste dans la tete de quelques fanatiques. On est ce qu’ on est, pas ce que certains politiciens veulent.

  12. le 30 août 2008 à 16:40 RenéP.

    A jean jacques

    Si la nationalité québécoise n’existe pas, la nationalité canadienne n’existe pas davantage ni celle des états-uniens ainsi que celles de plusieurs autres pays. Selon votre explication, parce que quelqu’un vient d’un autre pays, il ne peut adopter la nationalité du pays qui le recoit. Ainsi, tous les chinois, japonais et autres asiatiques, tous les britaniques, polonais et autres européens, tous les africains, tous les mexicains ainsi que les immigrants d’amérique latine, sans oublier les autraliens, néo-zélandais et autres, ne peuvent acquérir une autre nationalité? Les québécois ne constituent pas, selon votre raisonnement, une nationalité puisqu’ils viennent de France. Les canadians ne constituent pas une nationalité puisqu’ils viennent de l’Angleterre. Avec votre raisonnement,un joueur de hockey des Canadiens ne pourrait pas aller jouer pour le Toronto sans conserver son identité de Canadien. Un membre du club social « Lions » ne pourrait pas devenir un Chevalier de Colomb sans garder son identité de Lion. Je crois que vous confondez l’origine d’une personne et son pays d’adoption. On ne peut pas changer l’origine d’une personne mais celle-ci peut très bien choisir l’endroit, la nation où elle veut vivre. En tant que québécois, si je choisissais d’aller vivre dans une autre pays, j’adopterais le nom désignant la nation de ce pays tout en conservant mon origine: en France, je serais un francais d’origine québécoise, en Angleterre, je serais un anglais d’origine québécoise.L’identité d’une personne, c’est ce qui la distingue, la caractérise.L’origine n’est qu’une caractéristique de l’identité d’une personne et sa nationalité en est une autre. Et il y en a d’autres encore plus spécifiques. Ainsi, si « toute cette histoire de nationalité québécoise est ridicule », c’est sans doute parce que vous attribuez aux autres ce qui vous caractérise.

  13. le 30 août 2008 à 20:44 Grand Maître des Anonymes

    Monsieur Facal,

    Les images que vous nous donnez à voir sont en effet très désolantes et montrent toute la puissance qu’un drapeau, qu’une langue, qu’une culture et qu’une histoire ont malheureusement sur la conduite des peuples, sur la faiblesse des peuples.

    Vous dites : « c’est quand on force la cohabitation de gens qui ne se sentent rien en commun qu’on s’achète de graves troubles sociaux. »

    À cela je réponds que ces gens qui ne se sentent rien en commun ont un regard raccourci en cela qu’ils sont différents des autres par de minimes traits seulement. Mais en s’acharnant sur ces petits détails que sont langue, histoire, culture élevées ainsi au rang religieux, ils en oublient que tous les humains sont presque identiques dans leurs comportements humains, dans leurs mouvements de foule, dans leurs mécanismes psychologiques et physiques. En cela ils sont indistinguables, comme les fourmis.

  14. le 30 août 2008 à 21:14 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour M. Facal,

    Je viens de terminer votre chronique, qui comme d’habitude est très intéressante et instructive.
    Avant de la commenter, je me permets cette digression, c’est-à-dire de souligner le décès surprise de Michel Vastel, que vous deviez très bien connaître ; aussi bien comme journaliste qu’à titre d’ex  » Ministre Québécois ».
    Votre chronique sur l’identité m’a rappelé sa prise de position — si courageuse — qui allait à contre-courant par rapport à la majorité des journalistes québécois.
    Je parle ici de trois textes qui touchent l’identité québécoise ; et en particulier le premier :

    http://blogues.lactualite.com/vastel/?p=206
    http://blogues.lactualite.com/vastel/?p=54
    http://blogues.lactualite.com/vastel/?p=56

    Nous perdons avec lui un des plus grands défenseurs de l’identitité québécoise.
    Il était plus québécois que la majorité des québécois ; c’est bien pour dire…

    J’espère que vos vacances ont été reposantes,

    Jean-Renaud Dubois
    Sainte-Adèle

  15. le 31 août 2008 à 12:25 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Comme je vois qu’on est rendu à 14 commentaires, je me permets d’en envoyer un deuxième, confiant que peronne ne sera privé de la possibilité de mettre son 5¢ dans l’assiette avant la cloche du 50ième.

    Sur l’identité toujours,

    Pour un peuple, une nation, un pays, la tendance semble être de pouvoir définir son identité.

    Comme quand on cherche dans le Larousse le nom d’un pays, on voit les rubriques géographie, histoire, démographie, grandes villes, etc. Le multiculturaslisme pour sa part est un phénomène que l’on retrouve dans les pays qui, entre autres, attirent les immigrants. Après des décennies, le Larousse a plus de difficultés à synthétiser tout ça. Tel continent noir, tel autre jaune, tel autre blanc. C’était le bon temps chez les professeurs de géographie.

    Ainsi nous retrouvons-nous avec des « sous-ensembles » comme dans le diagramme de Venne. Au Québec, il y a des sous-ensembles importants, gros, comme les anglo, les autochtones et d’autres plus petits comme les juifs, les musulmans, les italiens, les B.S., pour ne nommer que ceux-là pour fin d’exemples.

    Plus le sous-ensemble est petit et que l’identité est définie avec insistance, phénomène du ghetto, plus ses représentants (membres) seront fermés aux ensembles plus imposants de peur de se faire envahir. Ils seront fermés à la culture « environnante ». Je pense, entre autres, à ceux-là qui s’affichent avec grande fierté et qui y emploient tout le tralala ostentatoire même si ça leur procure beaucoup de trouble (parfois il fait chaud l’été quand on porte une tuque !). Mais, comment ne pas être fier, quand on est du peuple choisi par Dieu !!!

    Ce que je déplore, c’est que l’identité devient cause de beaucoup d’inconvénients sérieux. Dans ces sous-ensembles imposants ou les autres moins importants, la rivalité ou l’insécurité favorise souvent des attitudes négatives non propices au développement d’une société. Tous ces ensembles qui se rattachent à une identité sont encadrés par des chefs, que ce soit Pauline Marois, la charia, grand chef du soleil doré, etc… Une des principales préoccupations chez ces chefs est de protéger ses membres contre les mauvaises influences des cultures « adverses ».

    Ainsi, serons-nous témoins de phénomènes anti-progessistes comme, par exemple, la quasi-inexistance de la promotion de l’instruction chez les autocthtones, ou de l’encouragement à apprendre l’anglais chez les péquistes.

    Oui, malheureusement, avec l’identité, s’ensuit souvent le phénomène de la médiocrité. Les cas extrêmes se retrouvent peut-être dans certaines villes américaines.

    Identité implique menaces, peur, adversaires. Gare aux mauvaises influences !

  16. le 31 août 2008 à 20:58 ymdelisle

    M. Facal, quand vous dite, »Et c’est quand on force la cohabitation de gens qui ne se sentent rien en commun qu’on s’achète de graves troubles sociaux. », voulez-vous dire que le Québec est forcé de cohabité avec le Canada?

  17. le 01 sept 2008 à 1:17 Jean-Renaud Dubois

    Je regardais et écoutais, comme des millions de Québécois et Canadiens, les Obama, Clinton et autres, parler de fierté et d’identité « États-Uniennes ».

    Le stade de Denver était inondé de drapeaux étoilés ; et je trouvais cela normal que les Démocrates, pour se montrer aussi nationalistes que les Républicains, démontrent et affichent, — se sachant vus à l’échelle planétaire — leur identité nationale et leur fierté d’appartenir à cette grande nation.

    Faudrait-il qu’ils cachent le tout (drapeaux, identité et langue commune) sous une aseptisation s’apparentant aux fourmis? Selon quelques-uns, il semblerait que oui!

    M. Facal a bien raison c’est dans la nature des choses, l’identité; et ce ne sont pas des analyses nébuleuses sur une symbiose planétaire qui modifieront cette réalité…

    ***

    Un aspect qui m’a surpris par contre, même si j’imaginais les américains plus religieux(?) que les canadiens et les québécois, c’est la prière collective qui suivait la fin de chacune des soirées du Congrès.

    Le religieux! Tiens donc!
    Est-ce nouveau? Assisterons-nous à une plus grande relance religieuse des républicains?

    Bonne fin de semaine,

  18. le 01 sept 2008 à 13:09 Simon Robert

    @Jean Jacques
    Écoutez, si quelqu’un comme Maka Kotto quitte le Cameroun pour venir s’établir au Québec, travailler et fonder une famille, rien ne l’empêchera de devenir Québécois S’IL LE DÉSIR. Le nationalisme Québécois n’en est pas un ethnique comme vous essayez de nous expliquer. Tout comme les Américains, des QUÉBÉCOIS, il y en a de toutes les origines, de toutes les religions et de toutes les couleurs. Que vous aimiez ça ou non.