Hurler sa colère
7 mai 2009 par Joseph Facal
Des fois, il ne reste plus qu’à hurler. Encore et encore.
L’implantation de la réforme scolaire sera entièrement terminée au Québec l’an prochain. Elle repose sur les mêmes principes que des réformes similaires lancées en Suisse, en Belgique et ailleurs : les «compétences transversales», et tout le bataclan que vous connaissez déjà.
Grosse différence toutefois : dans ces pays, dès qu’on a vu que les résultats scolaires commençaient à piquer du nez, on a immédiatement stoppé les machines. Ici, on a décidé de boire le calice jusqu’à la lie.
Depuis deux cent ans, nos élites ont une sainte peur de l’échec et, comme tout notre peuple, un profond complexe d’infériorité face à la culture. Elles ne pouvaient donc qu’être séduites par une réforme qui promettait la disparition de l’échec et la réussite pour tous.
En cours de route, on a certes corrigé les aspects les plus superficiels de la réforme, comme l’allure des bulletins. Mais l’esprit général est demeuré le même. On a changé les fenêtres et les poignées de porte, mais pas les fondations, ni la division des pièces.
Une enseignante dans une école difficile rapportait au journal La Presse : «C’est la première fois que je vois des enfants aussi perdus». «Quand j’ai vu ce que la réforme avait fait d’eux, j’ai eu un choc.». «Il leur manque des notions fondamentales».
Lorsqu’il veut secouer les jeunes, le prof de maths, lui, se fait dire : «Relax man, relax !». «Pourquoi se forcer puisque, de toute façon, on va passer ?».
Des cas isolés ? Pas du tout. Depuis l’introduction de la réforme, le décrochage scolaire a augmenté. Les résultats de nos élèves dans les comparaisons internationales reculent. Plusieurs sondages indiquent que les enseignants, dans leur grande majorité, sont d’avis que cette réforme nuit aux enfants.
Abondent aussi les témoignages d’enseignants qui rapportent les consignes qu’ils reçoivent, sous la menace de sanctions : dans les écoles «difficiles», il faut «évaluer» les enfants de façon à ce que les taux d’échec n’explosent pas. La réalité est donc pire que les statistiques, déjà catastrophiques.
Évidemment, dans les quartiers favorisés, la plupart des enfants n’auront pas de problèmes particuliers, mais ce n’est pas ce genre d’enfant que cette réforme voulait aider. Bref, les preuves de l’échec complet de cette réforme sont maintenant si massives qu’il faut être de mauvaise foi pour les nier.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas : la réforme n’explique pas tous nos problèmes. La plupart étaient antérieurs et ont des causes économiques, sociales et culturelles profondes, dont l’origine est dans le foyer familial et non dans la salle de classe.
Je dis seulement que les chiffres disponibles sont très inquiétants, qu’ils vont dans la mauvaise direction plutôt que dans la bonne, et que les témoignages des gens les mieux placés, les enseignants, sont, eux aussi, en grande majorité (pas unanimes, mais en grande majorité) , négatifs.
Toute la classe politique tourne cependant autour du pot pour ne pas dire ce qui crève les yeux : qu’il s’agit d’un naufrage total, dont nous allons payer le prix longtemps.
Le PQ ne veut pas porter l’odieux d’admettre que c’est pendant qu’il était au pouvoir (j’y étais) que s’est enclenché ce dérapage colossal. Dérapage si on compare les recommandations des États généraux de 1996 et ce qui fut introduit concrètement à partir de 2001.
Le PLQ, lui, au pouvoir depuis 2003, ne veut pas se faire dire qu’il dort au gaz depuis six ans, alors que s’accumulent les preuves de cet immense gâchis.
Personne ne veut être le premier à admettre s’être trompé. Pour ne pas en payer le prix politique. Pour ne pas donner de munitions à l’autre. Alors on se renvoie la balle. Et les enfants, pendant ce temps ? C’est à hurler, je vous dis.
23 réponses à “Hurler sa colère”

Je suis surpris (mais pas tant) qu’il n’y ait pas de désobéissance des enseignants vis-à-vis la réforme.
Et le plus drole est que personne ne sera coupable camp on va se réveiller d’ici quelques années! On va essayer de retracé les »penseurs » de l’éducation, ils diront qu’ils l’ont fait dans le meilleur intérêts des élèves, on leur donnera une petite tappe sur les doights, et ils reprendront leur travail de » réflexion continu » dans un autre ministère! L’imputabilité n’existe pas alors les pires incompétents peuvent établirent n’importe quel réforme qui dépasse le rationel sans s’inquiéter le moindrement du monde des conséquences. Pire encore, on modifit à la baise les évaluations pour s’assurer que les élèves ayent pas l’aires trop poches. Pendant que le monde entier fait des efforts suruhumains pour améliorer sa qualification et sa compétitivité, nous on eseigne que tout le monde est gentil et beau. Les penseurs du ministères ont définitivement trop regardés les stroumps! Bravo aux profs qui désobéissent un peu et qui forme un peu mieux leurs jeunes à affronter la vie.
Ce que je trouve très dommage, en plus de cette réforme complètement déconnecté de la réalité, c’est les vérités et les contre-vérités que tous les intervenants du milieu utilisent à tour de bras.
Il y a quelques semaines à Radio-Canada, j’ai écouté un débat délirant qui comprenait différents représentants syndicaux, des directeurs d’école et du ministère. En clair, il n’y avait rien à comprendre dans ce qui était dit, dès qu’un intervenant arrivait avec un argument, un autre disait le contraire ou arrivait avec d’autres arguments pour le réfuter. Cela a duré près d’une heure. Pour résumer:
- Le ministère de l’éducation considère que la réforme est la meilleure invention depuis le pain tranché et les mines anti-personnelles pour enfants. C’est un problème qui n’existe que dans la tête des gens qu’il faut convaincre de son bien fondé. Ils considèrent les penseurs de la réforme comme des génies qu’il faut impliquer dans toutes les décisions.
- Les enseignants ne la trouvent pas drôle car les mauvais résultats leur sont collés sur le dos.
- Les syndicats parlent en mal de la réforme mais ne veulent pas avoir d’un système décentralisé ou chaque école est indépendante et ne veulent pas l’abolition des commissions scolaires. Je présume que leur force de négociation serait affaibli.
Je ne vois aucun mal à revenir en arrière et je voterais immédiatement pour le parti qui montrerait le courage nécessaire pour arrêter cette stupidité.
En toute transparence, je dois vous dire M. Facal qu’hier, quand j’ai lu votre chronique, le sang m’est monté à la tête. Je ne pouvais réagir sur votre blogue, puisque la chronique n’était pas encore postée. J’ai donc écrit un billet sur mon blogue et depuis, une conversation parallèle s’est enclenchée…
En gros, je trouve légitime de hurler contre l’échec, la pensée magique et le nivellement par le bas, mais dans cette chronique, je trouve que <a href= »http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2009/05/hurler_pour_rien_dire_joseph_facal.html » rel= »nofollow »>vous hurlez pour rien dire</a>. Il n’y a plus de réforme, pas plus qu’il n’y ait encore de renouveau pédagogique. En ce moment, au MELS autant que dans les C.S. et dans les classes, on tente de se concentrer sur un programme de formation qui a beaucoup d’ambition. L’avez-vous lu M. Facal?
Je parie que non.
Moi, dès que les premiers signes de ce gâchis se seraient pointés le bout du nez, j’aurais abolis la «réforme», revenu à l’ancienne méthode et trouvé et congédié les intellectuels fons-fons du ministère de l’Ignorance diplômés de l’UQAM et de l’Université Laval qui ont joué avec l’éducation de nos jeunes.
J’ai gradué en 2005 et je remercie le ciel de m’avoir permis d’éviter la perdition de notre système d’éducation. Mais, je plains les jeunes qui sont là à se faire brainwashé les vertus de Mère Térésa David dans l’abberation que constitue le cours d’Éthique et culture religieuse, tout en se faisant instruire de la façon la plus broche-à-foin que je n’ai jamais vu.
«Merci» aux crétins du PQ (sauf votre respect, monsieur Facal) pour avoir accepté une telle «réforme» et «merci» aux corrompus de libéraux pour poursuivre le saccage de notre système d’éducation!
Il est étonnant que ces réformes ont été commencées il y a bien longtemps en Suisse, en Grande-Bretagne et en Belgique et que l’on savait que ces réformes étaient en train d’échouer lamantablement avant même leur application dans le système Québécois d’éducation. Cependant, plusieurs penseurs ont tendance à essayer au Québec ce qui ne marche pas ailleurs.
Résultat, le système Québécois pique du nez avec une réforme qui encourage la médiocrité, tandis que ces pays en question retournent à la »vieille » méthode en éducation et à une plus grande décentralisation avec un système qui répond aux besoins divergeants des diverses communautés. Ironiquement, plusieurs pays ont sabordé cette réforme il y a plus de 8 à 10 ans avant même sa pleine application dans le système d’éducation Québécois! De plus, on enlève les cours d’enseignement religieux qui est fort problablement un élément primordial de notre culture.
Cependant, je me demande bien QUEL zouf a eu la véritable idée de cette réforme qui a ouvert une véritable boîte de pandore.
IL est trop facile de tomber dans le populiste et de demander au bon peuple « d’hurler sa colère » devant des mots ou des concepts comme « compétences transversales ».
Oui, il y a eu des dérives, oui il y a des gens qui assimilent la réforme à un nivellement par le bas. Cependant, lorsque l’on prend le soin de s’informer convenablement, sans démagogie, on découvre que les principes à la base de la réforme sont excellents.
Il n’y a vraiment pas lieu de jeter le bébé avec l’eau du bain et de faire table rase. À la rigueur, je conçois que la réforme connaît plus de ratés dans son application au secondaire qu’au primaire.
Pour ce que j’en sais, je trouve que la réforme amène plusieurs nouveautés intéressantes au primaire. La réforme fait davantage appel à la découverte, à la résolution de problème, au développement de la curiosité, aux capacités d’analyse et de synthèse, au développement d’une approche globale plutôt que sectorielle. Bref, des aptitutes nécessaires pour faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain. À mon avis, c’est beaucoup mieux que le « bon vieux » « par coeur » !
Monsieur Facal,
Vous touchez là une corde sensible au parent que je suis. Je hurle avec vous, de toutes mes forces! Cette réforme qui se voulait une solution aux problèmes énoncés par les États généraux [1] n’en a réglé aucun. Au contraire, elle ne fait qu’en introduire des nouveaux!
Pourtant, certains spécialistes se sont véhémentement prononcés contre la réforme. Je vous invite tous à écouter la très intéressante entrevue [2] à ce sujet donnée en 2005 par Normand Baillargeon qui enseigne les fondements de l’éducation à l’UQAM. Il explique clairement la réforme dans un contexte philosophique et scientifique, et il présente ses dangers. Ou encore, il y a ce livre qui vient d’être publié récemment [3].
À Mario Asselin: Vous dîtes n’importe quoi! Je vous laisserai un commentaire sur votre propre blogue.
[1] http://www.mels.gouv.qc.ca/etat-gen/rapfinal/fin.htm
[2] http://www.radio-canada.ca/radio/indicatifpresent/chroniques/66635.shtml (cliquez sur le lien audio au bas de la page).
[3] Contre la réforme pédagogique. Comeau, Robert et Josianne Lavallée. VLB, 2008. ISBN 9782896490462
@Tintin du Saguenay:
Qu’est-ce que le populiste à un voir là-dedans?
La réforme scolaire des années 90 avait des buts bien simples qui n’ont pas été atteints par la réforme actuelle entreprise à la Suite de la Commission Générale sur l’éducation en 1994-1995:
-Le fait que les jeunes moins nantis au Québec aient un taux de décrochage plus élévé que la moyenne des pays occidentaux.
-Certaines régions ou groupes ethniques ont un taux de décrochage plus haut que d’autres avec relativement le même système d’éducation.
-Les garçons ont tendance à avoir de moins bonnes notes et à décrocher plus que les filles.
Le but de l’éducation primaire (ou élémentaire) est de faire de l’instruction de base en particulier pour savoir écrire, lire et apprendre des mathématiques de base et un peu de culture générale. Pour les études secondaires et supérieures (et particulèrement au collège ou à l’université), l’emphase est davantage mise sur l’analyse.
Cependant, la réforme scolaire n’amène pas cela pour plusieurs raisons.
-Il y avait d’abord l’affaire des bulletins qui ont été réglée en partie.
-De plus, il y a l’élément qu’on ne peut plus faire doubler un éléve. Or, lorsque qu’un éléve en difficulté va arriver au secondaire il peut avoir plusieurs années de retard et il a de fortes chances de se décourager et finir par décrocher.
-Aussi, j’ai de la difficulté avec le fait qu’on enseigne un cours sur les religions du monde à un jeune de 7-8 ans qui connaît peu ou pas sa propre religion. Or, selon plusieurs spécalistes, il faut attendre que le jeune aie au moins 13-14 ans pour qu’il comprenne l’essentiel du cours.
-On parle de rendre notre société compétitive face aux divers pays d’Amérique du Nord, d’Europe ou d’Asie. Le système actuel prouve le contraire avec l’étudiant qui n’est obligé de donner son maximum car il sait qu’il va passer.
-Même avec la réforme scolaire, il a encore les mêmes problèmes dans système d’éducation:
-Le débat privé vs. public qui va faire que le privé ou les programmes spéciaux au public vont créer les élites de notre société.
-Le taux de décrocrage qui reste extrêmement élévé chez les jeunes moins nantis.
-Le manque de sentiment d’appartenance relative de la communauté à école surtout chez les Québécois Francophones vis-à-vis le système éducatif Américain, par exemple.
@Tintin
Les principes à la base de bien des expériences qui ont mal tourné étaient souvent excellents.
@Mario Asselin
Si vous arrivez à déchiffrer le jargon du MELS, envoyez-nous une traduction en français SVP.
@renard
En avril 2005, un groupe d’éducateurs dont je faisais partie a tentéd’aller au-delà du jargon… C’est par ici, http://www.jasonsreforme.qc.ca
C’est seulement un belle soupe d’intellectuelles déconnectés, de mounmoune qui ont peur de leur ombre et de bums mal léché.
Je m’explique: les intellectuelles et penseurs du haut de leur tour d’ivoire prennent des décisions qui ne reflètent pas la réalité des parent.
C’est même parents sont moumoune et ne veulent pas que leur tit chérie en arrache et qu’il se force le cul pour être meilleur . Anyway a sa leur sortie de l’école même le pire des ânes trouvera un bon emploie avec le décroissance.
Les bums sont les parents irresponsable qui laissent leurs enfants a eux-même. C’est même parents vont gueuler après le professeur et même menacer physiquement celui-ci. Deux idiots se sont accouplé pour avorter d’un morveux qui ne fait que contaminer l’école et les étudiants.
L’éducation. Source d’éternels débats parce que tout le monde a l’impression que c’était meilleur dans son temps. Qui veut avouer qu’il a été mal élevé ?
Mais bon, à propos de la réforme particulièrement, c’est une série de mesures où certaines sont plutôt positives et certaines négative.
Le fait de ne plus chercher à faire doubler les jeunes c’est probablement la pire chose qu’on pouvait faire dans le système d’éducation.
Insérer des projets par exemple, c’est probablement une bonne chose, ca ajoute une dynamique et ca permet, surtout, d’apprendre aux jeunes à appliquer ce qu’ils apprennent à l’école.
Pour ce qui est des bulletins. Les gens se sont battu pour retourner au vieux %. Toutefois, évaluer un individu sur une échelle ayant 100 échelons différent c’est carrément absurde. Un tel niveau de précision n’existe pas. Donner un bulletin sur 100 à des parents c’est pratiquement leur mentir. Mais bon, parfois on a l’impression que les gens aiment ça se faire mentir. Un système avec des lettres serait beaucoup plus représentatif de la réalité.
Et finalement, à propos du cours d’Éthique et Culture Religieuse, si les notions que les enfants vont y apprendre ( religions des autres, la tolérance et apprendre des bases de l’éthique (qui est fondamentalement d’appliquer la raison aux problèmes qu’on rencontre en tant qu’être humain) ) sont véritablement incompatibles avec la doctrine religieuse qu’un individus tente d’inculquer à son enfant, c’est fort probablement parce que cette dernière n’est pas réellement compatible avec la vie en société et le libéralisme politique. La religion ne sera plus poussé par l’État, va falloir que certains fassent avec.
Aaaaahhhhh !
(Note: ceci est un hurlement en réaction aux hurlements précédents ;-))
Plus sérieusement, et je serai bref :
1-Abus de nostalgie: c’était toujours meilleur dans « notre » temps, voire dans l’ancien temps… Soupirsss ! La société évolue, elle, mais pas les gens qui y sont, on dirait…
2-Tout le monde a la propension de s’improviser expert en pédagogie parce qu’étant parent, il s’octroie ainsi le droit de pouvoir dire ce qu’il veut à propos d’éducation… Éduquer ses enfants est une chose, être un bon pédagogue en est une tout autre, parfois, souvent, mais bon… Je ne crois pas que ça serve à grand chose d’en discuter ici, car on me dira que j’ai tort et que je n’ai qu’à retourner enseigner,bien tranquille et sagement dans ma classe, point final !
Alors puisque c’est comme ça, pour paraphraser un de mes « collègues » : j’ai subi un traitement de canal hier, alors je vais donc de ce pas aller m’ouvrir un bureau de dentiste, puisque je suis maintenant expert !!!
Autre pensée: quand on ne comprend pas une problématique complexe, on dénigre celui qui la comprend, juste pour se remonter un p’tit peu… ou bien on la simplifie à outrance pour en faire du populisme et se monter ainsi un petit capital politique (?) :-(
J’«hypothèse», là…
…
Je dois vous avouer que ma surprise, dans ma grande naïveté direz-vous, a été totale en vous lisant et moi aussi j’aimerais hurler, mais je vais me contenter de vous écrire…
Sur l’échec de la réforme scolaire vous écrivez : «Toute la classe politique tourne cependant autour du pot pour ne pas dire ce qui crève les yeux : qu’il s’agit d’un naufrage total, dont nous allons payer le prix longtemps.» «Toute la classe politique», écrivez-vous. Êtes-vous bien sûr de ce que vous avancez ? N’avez-vous pas l’impression, en y réfléchissant bien, que vous avez oublié un petit détail ? C’est drôle, mais j’ai le sentiment que vous faites comme si l’ADQ, non seulement n’existait plus, mais n’avait jamais existé…
Ce n’est pas la peine ici de vous rappeler les innombrables sorties des dernières années de Mario Dumont et de l’ADQ dénonçant cette réforme scolaire initiée par le PQ. Vous les avez en mémoire j’en suis convaincu. Alors que le chef de l’opposition officielle de l’époque hurlait, on ne vous a pas entendu crier très fort pour lui donner raison… Et aujourd’hui vous déchirez votre chemise. C’est fort ! Si ce n’est pas de la mauvaise foi, je ne sais pas ce que c’est…
De façon plus large, j’aimerais pouvoir hurler aux lucides, dont vous faites partie, qu’ils portent tous une lourde responsabilité. Vous saviez bien, lors de la dernière campagne électorale, et plus largement tout au long des dernières années, que l’ADQ était le seul parti politique du Québec à défendre ce en quoi vous croyiez. Que l’ADQ avait le seul programme politique rejoignant les préoccupations des lucides. Que l’ADQ était la seule formation politique à proposer de vraies réformes en éducation, en santé et pour la modernisation de l’État et que ces propositions étaient directement conformes à vos préoccupations. Mais étonnamment, alors que vous voulez hurler aujourd’hui, on ne vous a pas entendu hier…
Oui, vous portez une lourde responsabilité parce que vous savez que les propositions que l’ADQ a faites durant la dernière campagne électorale devront un jour être mises en œuvre au Québec et peu importe par qui. Mais dans cinq ans ou dans dix ans, ce sera encore plus difficile. Nous aurons perdu de précieuses années parce qu’un certain snobisme, très «plateau Mont-Royal», face à l’ADQ vous aura empêché d’afficher une quelconque affinité avec ce parti. Et ne me répondez pas que l’ADQ n’avait pas d’équipe. Si vous et vos amis aviez eu le courage d’embarquer…
Bref, prenez mon coup de gueule simplement pour ce qu’il est : l’expression d’une profonde déception sur ce qui est arrivé au Québec ces dernières années, alors que les «élites lucides» ont perdu une bonne occasion d’appuyer la seule formation politique sensible à leurs attentes et à celles de l’avenir du Québec. Dans ces circonstances, il aurait été plus décent ce matin dans votre éditorial que vous rendiez à l’ADQ le mérite qu’elle a eu de défendre, notamment en matière d’éducation, les principes exigeants qui sont aussi les vôtres.
Et si les enfants en savaient plus que leurs parents et que ceux-ci ne peuvent plus les suivrent, ce qui les mets en beau cali… ?
AntiPollution: Ces enfants vivraient en Utopie? :)
J’ai entendu, ce matin, cette lettre d’un jeune enseignant lue par Paul Arcand sur les ondes du 98,5. C’était vraiment désolant. Voici mes réflexions
Ils sont là, devant moi, 32 élèves de 14-15 ans, absorbés par leur roman. 32 et pourtant, j’entends les mouches voler. Des cancres? oui, quelques-uns. Il y en avait, il y en a et il y en aura. De l’intimidation? à mon endroit, pas du tout, entre eux, oui et c’est inquiétant. Ceux qui jadis portaient des Kodiak et donnaient des coups de pied au cul ont troqué, signe des temps, le «cap d’acier» pour, la plupart du temps, la cyber-intimidation.
Ils sont mal «élevés?» oui, certains, mais pas tous. Il est malheureux de constater qu’il faille parfois éduquer les parents. Oui! il y a encore des échecs et jamais mes patrons n’ont exercé sur moi une quelconque pression parce que des élèves ne réussissaient pas. Le fameux Programme de formation sur lequel tout le monde vomit, mais que personne n’a lu aura eu, j’en suis convaincu, beaucoup d’effets positifs que négatifs sur nos jeunes. Donnons-nous le temps. Je viens de terminer la correction d’une centaine de textes et je vous jure qu’en 16 ans d’enseignement, j’ai vu (ou lu?) une nette amélioration dans l’utilisation de la langue. Tout est loin d’être gagné, mais c’est encourageant. Au-delà de toutes les considérations technocratiques, rien ne m’a jamais empêché d’ENSEIGNER et d’avoir du PLAISIR avec mes élèves. Oui, je suis parfois blasé ou de fort mauvaise humeur, mais ce que je veux dire aux jeunes enseignants, c’est qu’il faut prendre le taureau par les cornes et ne pas le lâcher. Il faut parler, échanger, se donner la main tout en demeurant critique, mais en se répétant, sans cesse, que les investissements que nous faisons sont profitables. Pour la première fois en 16 ans, je peux dire, sans mentir:«J’aime ma job.» Je sais, on dit mon job. Même avec la Réforme!
(Je ne me suis pas relu.)
Bonne journée :-)
Brem, ce n’est pas un hasard n’est-ce-pas si la réforme qu’on accuse est venue avec l’histoire des bulletins chiffrés demandée par l’ADQ ?
Si on suit les affaires publiques, on connait la réforme scolaire depuis 1996-1997.
Bien entendu, cela a été fait en étapes et on va savoir les vrais résultats dans quelques années lorsqu’une cohorde aurait fait le système réformé au complet. La grosse question va être à savoir si cette réforme s’est vraiment attaquée aux problèmes décriés par les États Généraux de l’Éducation en 1995. Je serais bien curieux de savoir quelle est la position aujourd’hui face à la réforme de M. Jean Garon qui était le ministre de l’éducation à l’époque.
Cependant, pour les bulletins chiffrés, voulait-t-on prendre les parents pour des pioches car le bulletin sert à déterminer le niveau de rendement d’un jeune de façon simple, claire et précise et cela pour un parent moyen sans être pour autant être un chercheur du MÉQ dans sa tour à Québec?
Programme scolaire viole la liberté religieuse des Québécois
http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/05/cours-ecr-viole-la-liberte-religieuse.html
Muslim Demographics sur you tube.
http://www.youtube.com/watch?v=6-3X5hIFXYU
Aussi demographic crash via google.
Une conversation est une conversation; j’ai retenu ceci de mes intérêts pour l’intelligence artificielle dans les années 70, à la suite d’une visite de Sigmund Papert invité à l’université où j’étudiais. Mes lectures subséquentes m’ont confirmé qu’une conversation va au gré des personnes présentes. Ça fait partie de la survie de notre espèce. Ce n’est pas une menace pour l’humanité comme le nucléaire, les gaz à effets de serre, la sous ou la sur natalité. Le pire danger est probablement passé: la tour de Babel, la confusion des langues. Je n’ai pas plus de détails pour après la pause.
Faites-vous un rapprochement entre le deuxième lien du message précédent de SML, il a comme Charles de Gaulle une tendance à la répétition, et une nouvelle que j’ai entendue à la SRC ou RDI ou Sabia disait qu’il fallait voir autrement, comme une banque, la Nationale je dirais, disait en publicité autrefois. J’exagère peut-être un peu en écrivant autrefois. Disons depuis moins de 20 ans.
(breaking news). Nous interrompons momentanément cette conversation pour une nouvelle de la plus haute importance.
Le prix du baril de pétrole à son dernier plus bas était à moins de 34 $, en février dernier. Vendredi dernier, il était à 58,63. Le prix à la pompe est passé mettons de 0,85 $ à proche 1,00 $. J’ai l’intuition que nous sommes à l’aube d’une deuxième crise financière. L’humanité aurait brûlé la moitié de la réserve mondiale propre surtout depuis 1940. Au rythme où les choses vont, au mieux, il n’y en aurait plus que pour 40 ans et ensuite rien. Éric Laurent, La face cachée du pétrole, 2006. Pas un mot à vos enfants, ils pourraient venir vous demander des comptes dans 35 ans.
Nous retournons au sujet initial. Je pense qu’il faut accorder plus d’importance à l’aspect démographique de la question.
Avec le taux de natalité que nous avons, le problème va se résorbé de lui-même. Ça va être long, mais c’est garanti.
J’ai 3 enfants dont le plus vieux vient d’avoir 6 ans. Constatant l’entêtement du MEQ au sujet de la Réforme malgré les signes avant-coureurs de la catastrophe, j’ai décidé de sauver l’avenir de mes enfants de la seule manière qui m’était disponible: nous avons déménagé en France.
Je trouve choquant que la majorité des parents québécois, ne disposant pas de ce degré de mobilité, soient prisonniers des choix faits par une poignée d’illuminés.
Il est également choquant de constater que cette situation contribue à l’exode des cerveaux.
N’oubliez-pas que cette génération que nous échappons sera celle qui payera notre retraite plus tard comme nous payons pour celle qui nous précède. Cette sous-scolarisation entraînera une baisse du revenu moyen et donc une baisse des impôts perçus.