Histoire de chars
26 novembre 2008 par Joseph Facal
Pardonnez-moi, mais je ne me sentais pas la force, ce matin, de parler de la campagne électorale. On y reviendra évidemment avant le 8. Promis. Parlons plutôt crise et parlons-en concrètement.
Quand l’économie vacille, tous souffrent, à des degrés divers, sauf ceux qui ont les moyens de se transformer en chasseurs d’aubaines. Qui faut-il aider et comment ?
Il est franchement surréaliste de voir les trois géants de l’industrie automobile nord-américaine réclamer du Congrès américain une aide d’urgence. Mais dire que ça va mal est un euphémisme.
General Motors dit ne pas pouvoir tenir le coup plus de deux mois avant d’être incapable de payer ses factures. Sa dette est de 48 milliards US $. Les salaires et avantages sociaux payés à ses travailleurs se montent à 71 dollars de l’heure contre 47 $ pour ceux de Toyota.
GM doit aussi payer une partie de l’assurance-maladie de ses 780 000 ex-employés aujourd’hui à la retraite. Elle n’a plus d’actifs non essentiels qu’elle pourrait liquider. Et les banques, elles-mêmes en énormes difficultés, n’ont plus les moyens de lui faire crédit.
Cerberus Capital Management, qui possède 80% de Chrysler, voudrait en vendre des morceaux, mais ne trouve pas d’acheteur. Chez Ford, on craint d’être entraîné dans le précipice par la mort d’un des deux autres puisque les trois dépendent des mêmes fournisseurs de pièces.
Ces dirigeants sont évidemment les premiers artisans de leurs malheurs. Refusant depuis longtemps de nous écouter, ou si peu, ils fabriquent des produits dont on veut de moins en moins, ont farouchement résisté aux pressions pour produire des véhicules moins polluants, et ont torpillé la recherche sur la voiture électrique.
Bien fait pour eux, pourrait-on dire. Être sanctionnés par le marché, n’est-ce pas, après tout, périr en vertu de la même règle qui les a longtemps enrichis ? On ne niera pas qu’il y a quelque chose de troublant à voir l’empressement des gouvernements à s’émouvoir en priorité de leur sort et de celui des banques.
Malheureusement, ce n’est pas si simple. Une étude du Center for Automotive Research estime en effet que si la production des trois grands de Détroit chute de 50%, elle entraînera la perte de 2,5 millions d’emplois la première année seulement. Comptez tranquillement jusqu’à 2,5 millions et dites-vous qu’il y a une famille derrière chaque nombre.
Un article dans The Economist explique aussi que se mettre sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers pourrait, au lieu de donner un répit aux constructeurs afin de se restructurer, être le dernier clou dans leur cercueil.
En effet, à la différence de l’industrie de l’aviation, le client dans l’industrie automobile espère toujours entrer dans une relation de long terme avec la compagnie. D’abord, pour que celle-ci honore la garantie des 60 000 km ou 3 ans, et ensuite parce que le «char» est un objet beaucoup plus intimement lié à nos vies que l’avion. On se fidélise souvent à une marque d’auto, alors qu’on cherche plutôt le meilleur «deal» quand on veut un billet d’avion. Qui resterait fidèle à long terme à une compagnie qui se déclarerait officiellement en faillite ?
De plus, le cataclysme se ferait surtout ressentir dans la partie des États-Unis qui a donné la victoire à Barack Obama et la majorité aux démocrates au Congrès. Déjà pris avec deux guerres, le nouveau président ne peut donc, d’aucune façon et n’en déplaise aux idéologues, se permettre de laisser «parler» le marché.
19 réponses à “Histoire de chars”

Tout à fait d’accord. J’avoue ressentir une « joie mauvaise » comme disent les allemands en voyant les capitalistes mendier ni plus ni moins qu’un chèque de BS, ces BS que les gens de droites veulent faire marcher au pas. Mais c’est irresponsable de décider en terme de punitions ou de récompenses dans un cas qui affecte les travailleurs.
Par contre, un truc est clair: si le gouvernement paie, il y a des conséquences. Une des raisons pour lesquelles les démocrates n’aimaient pas le plan Paulson était exactement le contraire de celle pour laquelle les républicains ne l’aimaient pas non plus. Les républicains trouvaient que c’était de l’interventionnisme. Mais les démocrates trouvaient que c’était de la solidarité à sens unique. Ce pourquoi ils ont mis certaines conditions, insuffisantes mais mieux que rien (comme une limite à la rémunération des chefs d’entreprise). Et des parts de marché, si ma mémoire est bonne.
Bref, si GM veut du fric, s’il veut comme on dit socialiser les déficits, il faudrait aussi qu’il socialise les surplus quand et si il y en aura.
Puisque le Canada se retrouvera devant ce genre de dilemme sans doute bientôt, ce serait un bon moment pour pousser la voiture électrique, tient. Un bon deal: construisez des voitures électriques économiques et on vous soutient. C’est du gagnant-gagnant.
C’était prévisible que les 3 Grands allaient brandir le spectre des millions d’emplois perdus, juste avant Noël !
Je suis bien d’accord avec vous. Moi, sans être un expert en la matière, je pense qu’il faut forcer les 3 Grands à faire un grand ménage dans leurs organisations : tout revoir ! des salaires de tout le monde, en passant par la ligne de produits et la productivité.
Vendre aux Arabes ou aux Chinois ? Pas obligatoirement; Ils pourraient, par contre, leur vendre des participations minoritaires et profiter des conseils de ces actionnaires avisés.
« Qui faut-il aider et comment ? »
Faut-il aider d’abord ? Mettons que oui.
Qui ? J’envisagerais les constructeurs, leurs créanciers, leurs travailleurs et leurs consommateurs.
Dans cette ordre de préférence sur 100 points:http://www.peuplement.qc.ca/cepfacal1.html consommateurs 56,5, créanciers 21,5, travailleurs 13,5 et manufacturiers 8,5.
Comment ? Emmanuel Todd dans Après l’empire, 2002, pense que les États-Unis peuvent s’en tirer avec le protectionnisme. C’était avant Obama. Le G21 se l’interdit avant un an.
Ce qui m’échappe à ce jour c’est que la solution la plus évidente pour tous ne semble pas être sur le radar des politiciens : réduire les impôts.
Si la classe moyenne a plus d’argent dans ses poches, elle pourra alors payer son hypothèque, s’acheter une auto ou encore dépenser en cadeaux de noel et ainsi relancer réellement l’économie par la base.
Et non, en fait il faudrait plutôt sauver les compagnies en égorgeant les consommateurs !?!? Aucune logique.
Pour les conséquences je pense qu’elles sont exagérées. Le marché automobile reste le même malgré la disparition d’un joueur. C’est donc dire que les meilleurs joueurs (toyota?) auront une opportunité de croissance pour aller combler ce ‘trou’ dans le marché. Ils pourraient embaucher une bonne portion de ces 2.5 millions de travailleurs. Il ne faut pas penser que tout les gens qui achetaient des FORD vont tout simplement abandonner l’automobile si leur marque n’existe plus. C’est un DÉPLACEMENT de main d’oeuvre vers des gestionnaires moins avares, pas une disparition d’emplois nets.
Pitié arrêtez de sauver les grosses compagnies et les banques et sauvez la classe moyenne! Elle relancera l’économie elle!
Oui, il faut être pragmatique, et conditionner l’aide à la conversion vers des véhicules écologiques et l’abandon de ceux qui polluent, Combien de temps faudrait-il pour une telle transition?
Le séisme économique a des causes, il faut aussi trouver la façon de les éradiquer; mais, comment se débarasser de tous ces carnassiers de l’économie, ces fins esprits créatifs qui ont préconisé et façonné des produits financiers toxiques qui nous conduisent à cette crise?
Celle-ci, par contre, occulte celle tout aussi dangereuse, sinon plus que constitue la question environnementale, de la capacité de notre planète à supporter le rythme de croissance et de nourrir la population mondiale. Nous avons vu en début d’année suite à l’odieuse spéculation sur le riz et d’autres denrées de base, des populations menacées de famine, sur le point de se révolter.
Avons-nous eu suffisamment de pelletage en avant? Le remède pour l’industrie automobile devrait servir de levier pour relever le défi écologique!
Ce qui me désole le plus dans ces demandes des banquiers et producteurs d’automobiles, c’est la manière dont ils présentent leurs demandes: «Donnez-nous le fric sinon…». On appelle cela du chantage.
Dans un monde parfait, lorsque je demande à un banquier d’augmenter ma marge de crédit ou même de me prêter une large somme, celui-ci exige un plan pour établir ce que j’entends faire des fonds, des garanties, un apport en capital de ma part et des rapports comptables d’utilisations des fonds prêtés afin de réduire ses risques au minimum. Il semble que ces banquiers et producteurs d’automobiles ne veulent ni fournir de garanties, ni procéder à un apport de fonds personnels, ni fournir rapport. Leur mantra est simple : Donnez-nous le fric sinon… et en plus, ne nous demandez pas de faire le ménage ou même de vous faire rapport. Donnez-nous le fric sinon…
Dans le langage gouvernemental, on établit des programmes d’aide et on exige une évaluation et des rapports quant à l’utilisation efficace des fonds publics. Il semble que les banquiers et les producteurs d’automobiles ne veulent pas se plier à cette exigence de base en matière d’utilisation de l’aide gouvernementale.
Que faire ?
@Maxime qui dit: « Ce qui m’échappe à ce jour c’est que la solution la plus évidente pour tous ne semble pas être sur le radar des politiciens : réduire les impôts. »
Moi ce qui m’échappe c’est cette obsession des baisses d’impôts. Quand les gros employeurs fermeront leurs portes et que vous (ou ‘la classe moyennne’) vous retrouverez sans chèque de paye, ça changera quoi que les impôts de « la classe moyenne » aient baissés ?
En plus, étant donné que les impôts et les dépenses publiques sont des stabilisateurs automatiques de l’économie (ils « lissent » les creux et les booms en minimisant l’impact des changements du revenu brut), c’est un peu courrir après le trouble que de demander des baisses d’impôts. Certains pensent même que c’est une des sources de ce qui arrive aux USA: en 1929 aussi, les inégalités étaient immenses, le marché à peu près totalement libre, les impôts ridicules.
@ Maxime dit:
Pour les conséquences je pense qu’elles sont exagérées. Le marché automobile reste le même malgré la disparition d’un joueur.
Ouais… Combien vous pensez qu’il y en a des joueurs ? Les marchés ne fonctionnent bien que lorsqu’il y en a suffisamment. Or le marché de l’automobile est un oligopole. En plus, oui à long terme (quelque chose comme 8 à 10 ans en économie) les ajustements se font, mais pendant le moyen terme les chômeurs ils font quoi ?
Parlant de Toyota: « Suppliers in the past tended to focus on one customer, but now almost all have overlapping customer bases. That’s why Toyota is worried about the Big Three. About 75 percent of Toyota’s suppliers here are North American companies who also make parts for the Detroit companies. »
http://www.coshoctontribune.com/article/20081118/NEWS01/811180305
@unquebecoiserrant,
Je crois très douteuse la proposition que lorsque le gouvernement vole 20$ de mes poches et le dépense à ma place cela devient magiquement du « lissage économique stabilisateur ». Quelle est donc cette poudre de perlinpinpin que le gouvernement met sur ses 20$ que les miens n’ont pas ?
Pour la compétition automobile, peut-être que certains joueurs européens seront tentés d’entrer sur le marché nord-américain ou encore peut-être la compagnie indienne TATA? Il y a aussi plusieurs joueurs automobile dans le sud des USA qui ne sont pas en faillite. Les usines seront rachetés et remises en service sous des gestionnaires moins incompétents.
Vos propositions que cela prenne 10 ans a un travailleur mis à pied pour se replacer ou encore que les baisses d’impôts sont la cause de la crise de 1929 relèvent de l’ignorance économique à mon avis. Informez vous.
Les américains sont encore victimes de leur conservatisme abusif et de l’usure du pouvoir des républicains. Le fait que le pays se refuse obstinément a mettre en place un systeme de couverture médical publique pour tous influence directement la profitabilité de ses grosses entreprises. L’age d’or des trois grands de l’auto (Ford, GM et Chrysler) c’est la fin des années 70, les travailleurs de cette époque sont aujourd’hui retraités et c’est leurs anciens employeurs qui doivent payer pour leurs assurances maladies. Les constructeurs étrangers ne sont pas confrontés a ce probleme puisque leur usines ne sont présentes aux USA que depuis moins de 20 ans.
Evidement, M. Facal vous avez raison, les dirigeants de ces entreprises ont également une grosse part du blame qui leur revient. Quand a la necessité de les sauver et bien ils ont pas le choix. Toute économie majeur qui se respecte se doit d’avoir des jobs du secteur manufacturier bien payées comme celle-la. L’Allemagne a trois gros groupes de constructeurs automobiles, le Japon aussi, si vous croyez que les Etats-Unis (le pays de l’automobile) vont se satisfaire de n’avoir que Ford comme gros joueur vous etes dans les patates.
@Maxime, qui dit: « Je crois très douteuse la proposition que lorsque le gouvernement vole 20$ de mes poches et le dépense à ma place cela devient magiquement du “lissage économique stabilisateur”. Quelle est donc cette poudre de perlinpinpin que le gouvernement met sur ses 20$ que les miens n’ont pas ? »
Demandez-le à Alain Dubuc (quoi qu’on puisse penser de M. Dubuc, on ne peut l’accuser d’ignorance économique). Il écrivait récemment:
« Et pourtant, c’est l’a b c de la science économique, pour qui la création d’un déficit est un outil conjoncturel valide. Cela s’inscrit dans la théorie keynésienne, développée à la lumière de la grande crise. Elle dit, en gros, que ****les États peuvent jouer un rôle régulateur sur les cycles économiques en engrangeant des surplus budgétaires en période de forte croissance, pour contrer la surchauffe, mais aussi, à l’inverse, en créant des déficits pour relancer l’économie quand celle-ci ralentit***. » (je souligne).
Alain Dubuc, « Il faut briser le tabou du déficit ».
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/alain-dubuc/200810/10/01-28217-il-faut-briser-le-tabou-du-deficit.php
@Maxime encore, qui dit: « Vos propositions que cela prenne 10 ans a un travailleur mis à pied pour se replacer ou encore que les baisses d’impôts sont la cause de la crise de 1929 relèvent de l’ignorance économique à mon avis. Informez vous. »
« Le long terme » en économie est définit comme le retour à une croissance d’équilibre. Ça prends dans les 8 ans en moyenne.
Pour les inégalités et la crise, c’était l’avis du gouverneur de la Fed sous FDR (MS Eccles) et ça semble être aussi l’avis de Larry Summers, conseiller économique du Président élu des USA. Et les graphiques sont assez parlants:
http://economistsview.typepad.com/economistsview/2008/10/does-wealth-con.html
Savez vous les deux moments de l’histoire récente où les inégalités ont atteint les niveaux les plus élevés au USA et probablement ici aussi ? Juste avant la crise de 29, et *maintenant*. C’est assez intuitif aussi: qu’est-ce qui est plus stable, une économie où les inégalités ne sont pas trop grande, ou une où 20% de la richesse est gérée selon le bon vouloir de 1% des gens ?
http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/i/income/income_inequality/index.html
Dans son livre La face cachée du pétrole publié en février 2007, Éric Laurent, qu’il soit lu et apprécié, se vide le coeur en ces deux courtes phrases: “Il a fallu 500 millions d’années pour que les gisements de pétrole se créent et moins d’un siècle pour arriver à leur épuisement. Née avec le pétrole, la prospérité disparaîtra avec lui.”
La suite des États Unis va prendre place dans ce contexte de sevrage d’un pétrole devenant de plus en plus rare et cher, de recherche de formules à son remplacement comme source d’énergie et d’un art de vivre axé sur un essentiel qui reste à déterminer et propager. Pour allumer nos lumières et nous convaincre d’agir, voici quelques chiffres tirés de La face cachée du pétrole et quelques réflexions. Résumé de La face cachée du pétrole
Donc, il faut aider le développement du transport en commun, voies et véhicules mais surtout trouver une façon de vivre nécessitant moins de déplacement. L’auto électrique n’est pas une solution à long terme là où l’électricité dépend du pétrole, du charbon ou de l’énergie nucléaire.
Les États Unis devrait aider Bombardier à acheter GM, Chrysler et Ford. Bombardier s’y connaît en transport en commun.
Bonjour Monsieur Facal,
Je tiens à vous dire que depuis quelques années, vous êtes un « analyste », « journaliste », « spécialiste » en qui j’ai confiance. Vos idées sont bien expliquées, claires et semblent lucides. De plus, je ne vous sens pas influencé par une orientation politique.
Je vous avoue que malgré mon attention particulière pour les deux campagnes électorales, j’ai beaucoup de difficulté à forger mon opinion. Je sens que les discours sont flous ou reflètent des évidences ou des affirmations simplistes (me donnent l’impression qu’il y a anguille sous roche…) Tout cela dans la cacophonie de nos chefs qui s’accusent mutuellement de toutes sortes de choses.
Heureusement, il y a des gens comme vous qui nous permettent de voir un peu plus clair sur certains aspects.
Je comprends dans certains de vos écrits que vous êtes aussi devant de grandes ????? face à notre avenir économique. C’est le sujet du jour depuis quelques mois et ça semble très inquiétant. Nous ne savons pas comment cela nous touchera…
Je suis toutefois très surprise de voir qu’on ne parle pas d’environnement ???????????
Et finalement, le secteur de la santé semble bien complexe à aborder et je pense que c’est le cas. Ce qui m’amène à vous demander si vous avez une vision sur ce sujet? Qu’est-il possible de faire aujourd’hui afin d’améliorer le secteur de la santé? Face à quels choix de société devrons-nous être confrontés?
Je me posais aussi une dernière question fantaisiste… Qu’arriverait-il si le partir du Québec solidaire entrait officiellement au pouvoir ou à l’opposition? Est-ce que les québécois seraient désillusionnés par un manque de vrai leadership ou de réalisme dans la gestion de la province ou au contraire, ce parti pourrait nous faire avancer?
Je vous remercie donc d’avoir pris ce temps pour lire mon courriel. J’imagine que vous avez plusieurs de vos textes déjà écrit auxquels vous pourriez me référer?
Merci à vous encore une fois et je vous souhaite une bonne fin d’année 2008.
@unquebecoiserrant
Je note que vous semblez penser que la théorie économique se limite aux affirmations grossières de John Maynard Keynes pour justifier l’intervention de l’état dans l’économie. Je vous invite à explorer un peu d’autres théories économiques, notamment l’école autrichienne.
Vous pourrez lire sur la question en consultant :
http://mises.org/
http://www.quebecoislibre.org/
Ou encore le livre de Peter Schiff « Crash Proof: How to Profit From the Coming Economic Collapse » qui prédisait la crise actuelle en 2007.
Il arrive aussi que Alain Dubuc dise des inepties (comme dans le cas que vous citez), épargnez moi vos sophismes d’autorité.
Je vous rejoint sur le point des inégalités, je vois mal cependant comment devant ce constat vous pouvez conclure qu’il faut prendre l’argent de la classe moyenne (les impots) pour renflouer les entreprises de ce 1% de très riches. Vous devriez conclure que pour corriger les inégalités il vaut mieux redonner leur argent aux 90%+ de moins riches via des baisses d’impots, non ?
@Maxime:
Ah ! Un libertarien. Un pro-école autrichienne.
Ne vous en faites pas, je connais aussi la théorie néoclassique, qui, comme l’essentiel du keynésianisme, fait maintenant partie de l’économie mainstream (Keynes pour le court terme, les néoclassiques pour le long terme).
Par contre les membres de l’école ne sont pas des scientifiques. Il s’agit d’une forme de religion, ou d’éthique, en tout cas de prescription (« ne touchez pas au marché », « le droit de propriété est sacré ») et de rejet de la méthode scientifique, des stats et du formalisme mathématique. Le marché fait mieux que l’état, mais on ne peut pas savoir si ni comment, sinon l’état pourrait intervenir dans l’économie, ce qui est péché ! Un raisonnement que ne renierait ceux qui ont condamné Galilée.
http://www.huppi.com/kangaroo/L-aussm.htm
À mon tour de vous dire: lisez sur le monde réel, pas sur les spéculations des métaphysiciens du marché. Prenez-vous un manuel récent de macroéconomie mainstream, disponible dans toutes les librairies de cégep ou d’université. Depuis Galiliée, la science ne se réduit plus à la métaphysique…
Pour le reste, il sera difficile d’éviter les arguments d’autorité sur un blog, à moins de faire des assertions gratuites.
Finalement il ne s’agit pas d’aider les 1% plus riches, mais les compagnies qu’ils dirigent et qui emploient des gens de la classe moyenne. On peut leur imposer des conditions sur les salaires des dirigeants si on leur passe de l’argent.
Bonjour Monsieur Facal,
Merci, encore une fois, de nous avoir transmis ces informations pour nous aider à comprendre la conjoncture concernant « les chars ». Il s’agit d’un sujet très difficile à commenter pour le commun des mortels parce qu’il faut être assez ferré en économie et surtout connaître assez bien ces systèmes régissant cette dynamique à la base du fonctionnement de l’industrie, du commerce, de la consommation, du crédit, du financement, et des régulations du gouvernement.
_______________
Tenant à mettre mon 5¢ dans l’assiette que vous nous présentez à toutes les semaines, j’ai pensé vous soumettre ces idées que j’ai trouvées comme composition de la semaine. Excusez la (vous connaissez sans doute cette expression québécoise employée dans les soirées « à la canadienne ».
________________
« le gouvernement devrait-il aider les trois géants de l’automibile ? »
Comme vous l’expliquez, il y a des enjeux (les employés, les familles, les autres entreprises reliées à l’industrie directement ou indirectement et les travailleurs qui en vivent).
Qui serait intéressé à acheter ces entreprises qui doivent payer leurs employés $71/h ?
Peut-on concevoir que Mike Tyson puisse considérer sérieusement faire un retour à la boxe ?
Dans le même ordre d’idée, imaginez un malheureux souffrant des problèmes occasionnés par l’embonpoint et qui ne cesse de glisser sur la pente de la perte d’autonomie à cause de son mal du syndrome d’embonpoint morbide. L’essence de la monstruosité est transcendante à l’être.
La question est « Comment sauver un « monstre ». Tous les monstres meurent parce que, au lieu de s’adapter dans leur environnement, celui-ci leur devient réfractaire. La meilleure comparaison à faire pour expliquer comment la monstruosité se développe c’est de penser à ce malheureux qui a des problèmes respiratoires très graves et qui refuse de cesser de fumer. Cette personne pourtant lutte très fort pour sa survie. Elle va chez le médecin, s’achète des pompes pour dégager ses bronches, prendra des médicaments prescrits, etc. Surtout, elle tient à vivre. Mais sa cigarette conservera sa place de premier plan. Autrement dit, la solution ne peut venir du monstre.
Chez ces trois géants de l’automobile, nous ne pouvons ignorer le rôle du syndicat qui s’est structuré aussi solidement que n’importe quelle organisation gouvernementale (pour faire une comparaison de structuration solide). Voilà un autre monstre. Quand un animal meurt parce que les parasites qui lui sucent le sang sont devenus trop nombreux, un grand nombre de ceux-ci meurent du même coup. Les cancers meurent avec leur hôte.
Voilà un des aspects parmi les composantes du problème auquel le gouvernement USA est confronté. Il est saisi du problème. La monstruosité s’est rendue jusqu’à lui. Tout monstre tient à sa survie, bien entendu. Et il prend tellement de place que, tant qu’il vit, il est perçu en général comme presque immortel parce qu’un monstre, pour avoir survécu jusque là, aura dû être capable d’imposer sa suprématie avec succès.
Nous sommes dans la peste et comme disait, Lafontaine : «Il n’en mourait pas tous, mais tous étaient frappés.» ou comme Camus, qui dans la Peste en parlant des difficultés de ravitaillement et de la spéculation disait : «Les familles pauvres se trouvaient ainsi dans une situation très pénible, tandis que les familles riches ne manquaient à peu près de rien.»
“Qui faut-il aider et comment ?”
Comme unquebecoiserrant, GYG et Karouane, je suis pour qu’on aide l’atmosphère, la planète.
Comme Garamond et Maxime, je pense qu’il ne faut pas secourir des incompétents et des profiteurs.
Comme Normand, je suis contre les monstres, capitalistes ou syndicalistes.
Pour répondre à la question, je pense qu’il faut s’aider, nous, dans le sens de Jean-François Lisée. Penser long terme.
Notre prospérité due à l’industrie automobile nous provient de l’Alberta pour le pétrole et de l’Ontario pour les véhicules via la péréquation. D’ici, elle nous provient surtout du travail chez les concessionnaires.
Dans dix à 20 ans, notre prospérité devrait dépendre plutôt que de la péréquation, de l’exploitation de notre capacité éolienne. L’orientation nord de Charest et des autochtones. La recherche sur le stockage d’énergie et le tranport maritime de l’électricité devrait être encouragée.
À court terme, si l’on n’aide pas GM, pour éviter la faillite, on sauvera peut-être Chrysler et Ford. Que Bombardier achète GM, Chrysler et Ford, je modère mes transports, c’était une blague.
Excusez-la.
Il est assez fascinant d’entendre, au fur et à mesure que la crise économique prend la place de celle financière, les chantres de la droite présenter les vertus de la règlementation au détriment du libre marché total. N’est-il pas M.Facal?
Tel certains français pétainistes, lors de la Libération, se trouvant subitement des vertus de résistants ou s’obligeant dans certains cas, à quitter le pays pour émigrer en Amérique du Sud.
Il en fut beaucoup de ces gens.
Heureusement nos plaques d’immatriculation nous ramènent à cette Lucide devise: Je Me Souviens.