Articles
Commentaires

Fragile démocratie

Au moment où les régimes non démocratiques se font de plus en plus rares dans le monde, les sociétés occidentales, celles dans lesquelles la démocratie est enracinée le plus solidement, sont toutes traversées par des forces qui la fragilisent. 

Je vous donne trois exemples parmi une foule d’autres.

En Europe, des pouvoirs importants ont été retirés aux parlements nationaux démocratiquement élus pour être transférés aux instances de l’Union européenne. Il y a certes des avantages à cela. Mais il reste que ces pouvoirs sont désormais plus éloignés de la population ou de ceux qu’elle a élus directement.

L’Irlande est le seul pays d’Europe où la population a pu se prononcer par référendum sur les plus récents changements envisagés. Elle a dit non, et on cherche déjà des moyens de contourner ce verdict.

Ouvrez maintenant n’importe quel journal : mariage entre conjoints de même sexe, droit ou non de mettre fin à une vie, port du poignard sikh à l’école, autant de questions désormais tranchées  par les tribunaux plutôt que par les élus.

Au fil du temps, la reconnaissance de nouveaux droits individuels, l’adoption de chartes des droits, la volonté des élus de s’éviter de devoir trancher ces épineuses questions,  tout cela a renforcé progressivement le pouvoir des tribunaux au détriment du pouvoir des parlements démocratiques.

Du point de vue de la démocratie, on doit, me semble-t-il, s’inquiéter de ce que des juges non élus soient de plus en plus appelés à trancher de délicates questions de société. Évidemment, la magistrature répond très logiquement qu’elle n’a pas demandé ces nouveaux pouvoirs et qu’elle n’assume que les responsabilités que les élus ne veulent pas prendre.

Voyez aussi comme nous abordons des questions comme les accommodements raisonnables, les manipulations génétiques ou les émissions de gaz à effet de serre.

D’abord, plus ces questions sont compliquées, moins nous en comprenons les enjeux, et  plus cela affaiblit notre capacité de citoyens de participer au débat démocratique.

Ensuite, justement parce que ces questions sont d’une complexité folle, nos gouvernements ont de plus en plus recours à des experts auréolés du prestige de la science. Mais ces gens n’ont pas la légitimité démocratique que confère une élection.

Il en découle, là encore, un affaiblissement des parlements comme lieu central des délibérations.  C’est en partie inévitable, mais faut-il faire exprès pour accentuer cela ?

Tout cela explique au moins partiellement le désenchantement croissant à l’égard de la vie politique : c’est que nous sentons la relative impuissance de nos élus face à ces questions.

Même dans les pays dotés de modes de scrutin basés sur la représentation proportionnelle, dont on dit souvent qu’ils revitalisent la vie démocratique, on observe une désaffection et un cynisme croissants de la population. 

Certes, on peut aussi faire valoir que les individus ont un accès sans précédent à l’information, ce qui accroît radicalement leur autonomie, qui est une forme de pouvoir.  Mais cela fait-il le poids face aux pressions en sens contraire ?

Quand on prend une chose pour acquise, on finit peut-être par ne plus réaliser à quel point elle est fragile et précieuse.

30 réponses à “Fragile démocratie”

  1. le 18 juin 2008 à 13:16 Renart L'éveillé

    Personnellement, je suis d’accord avec le danger soulevé ici, mais il s’acoquine à un autre, celui de la partisanerie, de l’électoralisme. La population n’est pas dupe et voit bien que pour les politiciens, le pouvoir en tant que tel (soit l’obtenir et le garder) est plus important que son potentiel de causalité, son utilité. Les promesses non tenues étant le symptôme le plus évident.

    La démocratie est due pour un grand remaniement.

  2. le 18 juin 2008 à 13:25 brem

    Devrions nous faire élire nos juges démocratiquement au suffrage universel?

  3. le 18 juin 2008 à 15:27 Etienne

    Les juges ne font qu’appliquer les lois que nos élus inventent et votent pour se sentir utile.

    Si un juge rend une décision impopulaire mais qu’elle s’appuie sur la loi, nos élus n’ont qu’à modifier la loi.

  4. le 18 juin 2008 à 19:08 Lesdents

    Etienne, vous dites:

    Si un juge rend une décision impopulaire mais qu’elle s’appuie sur la loi, nos élus n’ont qu’à modifier la loi.

    Les choses ne sont pas si simples. Quand on parle du gouvernement par les juges, on ne parle pas de l’application normale des lois normales par les juges. On parle en général de l’effet qu’ont les interprétations judiciaires des lois constitutionnelles (la Charte canadienne en particulier) sur le contenu des lois ordinaires.

    Or, les lois constitutionnelles ne peuvent pas, au Canada, être modifiées par le Parlement fédéral. L’Assemblée nationale n’a pas ce pouvoir non plus. Ainsi, si un juge rend une décision « impopulaire », comme vous dites, les parlements n’ont pas le pouvoir de modifier la loi constitutionnelle sur laquelle la décision est fondée. Ils doivent recourir à la formule d’amendement constitutionnelle (très lourde).

    Si la décision impopulaire est fondée sur une simple loi, alors les parlements peuvent en effet modifier les lois suivant leurs compétences respectives (fédéral-provincial). Par contre, leur marge de manoeuvre est limitée par les lois constitutionnelles et les amendements sont souvent soumis à un préexamen visant à déterminer si ceux-ci sont conformes aux lois constitutionnelles. Autrement dit, les parlements n’ont pas toujours le loisir de modifier les lois à leur guise en réaction aux décisions judiciaires « impopulaires ».

    En espérant que ceci clarifie l’aspect légal du débat.

  5. le 18 juin 2008 à 23:55 olivier

    M Facal,

    En tant qu’ancien ministre, vous êtes on ne peut plus amer envers la classe politique. Auriez-vous tenté, lors de votre mandat passé, de renverser la vapeur en proposant des solutions originales, mais à contre courant? Et par *manque de courage politique*, votre supérieur immédiat vous en a empêché?

    Sans faire de la psychologie à cinq cennes, je vois un « pattern » se dessiner! :)

    Le courage politique, c’est ce qui manque à Jean Charest pour régler le problème des accomodements raisonnables par lui-même plutôt que de tout jeter en dessous du tapis de la commission.

    Le courage politique, ça aurait été de refuser que des hauts fonctionnaires du MEQ prennent contrôle d’une réforme de l’éducation bien intentionnée et la transforment en laboratoire pan-québécois de positivisme bizarre et de « compétences transversales ».

    Le courage politique, c’est de refuser de donner des subventions déguisées à des compagnies pharmaceutiques sous forme de crédit d’impôt à la recherche, qu’elles garrochent dans les poches des médecins un peu croches pour leur faire acheter leurs pilules coûte que coûte. On a peur qu’elles partent du Québec sans ces généreuses donations? Tanpis! Une industrie qui vivrait du BS et menacerait de partir à chaque fois qu’on veut lui couper son chèque n’aurait pas sa place chez nous. En plus, les fortes hausses du budget de la santé sont causées par la montée des coûts des médicaments.

    Le Québec est mûr pour des projets politiques audacieux et intelligents. Intelligents, donc ça ne sortira jamais de la bouche de roi de la clip Mario.

    Vous avez des bons contacts avec mme Marois, non? Ça vous dirait de redevenir M le ministe?

    Le peuple est cynique et exigeant, il a raison, comme toujours. Et il récompense les courageux avec une tête sur les épaules.

  6. le 19 juin 2008 à 7:28 Anh Khoi Do

    Partons de la prémisse qu’il existe une séparation des pouvoirs entre la branche législative et judiciaire. Cependant, comme vous l’avez mentionné, M. Facal, nos élus ne veulent pas se frotter aux problèmes qu’ils refilent aux juges. Une telle couardise de nos politiciens montre à quel point ils ont trop peur de faire paraître des teints d’autoritarisme dans leur comportement.

    Conséquemment, seraient-ils si hanté par la très célèbre phrase du roi Louis XIV disant: »L’État, c’est moi »? Évidemment, cela montre à quel point nos élus semblent de plus en plus oublier qu’ils ont le droit de débattre au sujet d’une loi dans le but de l’amender.

  7. le 19 juin 2008 à 8:45 Albert Champagne

    Je partage votre point de vue, monsieur Facal. Devant les questions difficiles les politiciens sont heureux de refiler la question aux juges. Nous perdons alors notre pouvoir de décider nous-mêmes de nos lois.

  8. le 19 juin 2008 à 12:44 Joseph Facal

    Mon cher Olivier,

    Je suis grosso modo d’accord avec les exemples de courage que vous évoquez. Mais je ne suis pas d’accord avec votre premier paragraphe.

    Je ne crois pas être «amer» envers la classe politique (il se peut évidemment que je me trompe; nous ne sommes pas toujours les meilleurs juges de nous-mêmes). Je note seulement les mutations de notre monde qui entraînent un déclin relatif de l’importance des parlements, ce que je déplore tout en constatant que c’est en partie inévitable.

    Je pense aussi que la preuve est loin d’être faite que le peuple «récompense» les hommes politiques courageux : voyez la fulgurante remontée du PLQ qui a décidé, justement, de brasser le moins de choses possibles.

    Pour ce qui est de mon passage au gouvernement jadis, j’assume tout, le bon et le moins bon, sans d’aucune manière blâmer quiconque pour mes et nos insuffisances.

  9. le 19 juin 2008 à 12:45 Francis

    Je ne crois pas que les juges devraient être élus comme certain le propose. On reproche déjà à certain politicien d’être des girouettes, qu’en serait-il d’un juge girouette. De plus, je crois que cela pourrait ouvrir la voie à des « échanges de bons procédés ». Un parti met ses membres à disposition d’un juge voulant être élu, cela semble exposé davantage les juges au conflit d’intérêt.

    Du courage politique oui, mais la population est frileuse et chaque sondage le démontre.

    Je trouve aussi dangereux, certaines lois contrôlant les libertés que les gouvernements désirent passer pour faire plaisir à certain lobby, comme la future c-61. D’autres fois, on doit se pincer en voyant que certains lobby comme l’ADISQ souhaite que le Canada copie le modèle Chinois dans le contrôle de l’Internet.

  10. le 19 juin 2008 à 14:48 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    En effet, la démocratie (régime politique) est un système qui lui aussi connait des mal fonctionnement. Vous avez raison, Monsieur Facal, notre société démocratique est traversée par des forces qui la fragilisent. À peu près tout dans notre société est défini dans une structure afin de favoriser l’ordre, qu’il s’agisse de lois, de règlements, de chartes, etc. Il en résulte que beaucoup de pouvoir est dévolu au législateur et à la magistrature.
    Un exemple : quand on a préparé la loi reliée à l’avortement, qui a réglé la question sur le début de la vie de l’être humain ? Des médecins, l’Église, des philosophes, des biologistes ? Réponse : des avocats !!!

    Mais un autre élément selon moi doit être pris en considération pour expliquer le mal fonctionnement dans notre démocratie. N’oublions pas que la démocratie provient d’abord de l’individu, le citoyen qui élit ses représentants. L’élément de force nuisible dont je veux parler, ici, est ce phénomène que j’appellerai le fourvoiement (tomber dans l’erreur à cause d’un manque d’approfondissement de la réalité, ou à cause des intentions d’un autre).

    La pierre d’assise sur laquelle repose la démocratie est le principe de ce régime politique fondé sur la souveraineté des citoyens élisant librement leurs représentants (les élections), d’où la responsabilité importante que doivent assumer ces représentants. Nous savons que beaucoup d’élus au gouvernement ne siégeront que comme simples députés. En quoi consistera leur travail ? Leurs employés au bureau de comté (et eux-mêmes) rencontreront des citoyens qui leurs expliqueront leur problème ou leur demanderont une faveur. Ils iront distribuer des chèques aux organismes (comme à l’association des bonnes femmes de Sainte-Anne), ils feront un petit discours et se prêteront à la séance de photo avec, à leur côté, la présidente toute souriante tenant l’autre bout du chèque. Ensuite, nous reverrons notre député(e) à l’Assemblée nationale. La majorité des députés ne parlent pas. S’ils (elles) ont à voter, ils (elles) auront été briefé(e)s dans les heures précédentes par leur chef et diront « oui » ou « non » quand viendra leur tour de se lever à l’Assemblée pour faire enregistrer leur décision. Voilà comment la démocratie se réalise. Pendant ce temps-là, suite aux résultats de sondage désastreux pour l’ADQ, un grand nombre de députés étudient les pronostics et pensent à changer de bannière.
    Mais qu’attendons-nous des députés ?

    La majorité des députés n’ont pas à s’exprimer à l’Assemblée nationale, alors ils n’ont pas à se familiariser plus qu’il ne faut avec toutes les facettes des dossiers à l’ordre du jour. Les députés séparatistes n’ont qu’à faire écho aux propos des gens qui haïssent les anglais et le fait de payer des impôts au fédéral, puis paraphraser le baratin habituel sur les caractéristiques de la nation.

    La démocratie permet aux citoyens d’élire leurs représentants. Il n’y a pas ici de notion du bien commun, c’est l’individu qui élit son représentant. Ce que nous voulons, en tant qu’individu, c’est que le parti auquel nous nous identifions soit porté au pouvoir. C’est cela notre objectif. Il a préséance sur le bien commun. C’est pour cela que les députés votent en fonction de ce que leur chef aura dicté.

    À la base de la démocratie nous retrouvons nos représentants mais ceux-ci représentent plutôt le parti, … après s’être assurés que leur situation personnelle (revenu, compte de dépenses, jours « off ») est la plus prospère possible. Il n’y a rien de mal là-dedans. L’individu qui élit son représentant pense lui aussi à ses intérêts.

    Toujours est-il que nous apprenions la semaine passée que nos députés avaient travaillé beaucoup moins que l’année précédente (En 2007-2008, ils ont travaillé 455 heures de moins en Chambre et dans les commissions parlementaires que l’année précédente. C’est presque 30% de moins que l’an dernier). Ils (elles) font la belle vie en effet. Dans tout cela, dans notre démocratie, l’apport de nos représentants, est-ce que cela pourrait nous affecter à la baisse ? Directement ou indirectement, nous, les individus ? Ou pour notre bien commun si vous voulez.

    Permettez-moi d’utiliser l’éclairage de Madame Vachon, une économiste, pour nous faire une idée de comment nos représentants auraient pu investir plus de temps dans certains dossiers, ce qui aurait pu nous apporter beaucoup. Dans son communiqué, Madame Vachon nous informe que

    « Depuis février, cinq rapports bien documentés et équilibrés, tous commandés par le gouvernement du Québec, sont venus proposer des réformes structurelles importantes dans des domaines clés de politique publique. Il y a eu le rapport Castonguay sur le financement du système de santé, le rapport Montmarquette sur la tarification des services publics, le rapport Fortin sur l’investissement des entreprises, le rapport Gagné sur les aides fiscales aux régions ressources et à la nouvelle économie et le rapport Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. »

    « Ces rapports contiennent nombre de recommandations susceptibles d’insuffler un élan important de compétitivité à l’économie du Québec.
    Tandis que s’achève à l’Assemblée nationale une session sur le mode minceur, on constate que, pour aucun de ces rapports, le gouvernement ne s’est engagé à mettre en oeuvre l’essentiel des recommandations. On s’en tient à des amuse-gueules. »

    « Selon le FMI, la croissance économique des pays avancés sera d’au plus 1% au cours des deux prochaines années, tandis que celle des pays émergents et en développement avoisinera les 7%. »

    « Le Québec devrait connaître une croissance économique inférieure à 1% cette année et, même si elle s’accélère quelque peu l’an prochain, cette morosité économique ne pourra pas contenir les pressions énormes qui s’exerceront sur les finances publiques. »

    « Le Québec risque d’être confiné au cours des prochaines années à une maigre création de richesse tandis qu’elle gardera toute sa vigueur dans les pays émergents et en développement. Contrairement à ces pays, nous avons fait bien peu ces dernières années pour améliorer la compétitivité de notre économie. »

    Soyez rassurés, nos représentants n’ont rien fait de mal. Mais, entre vous et moi, ne pourraient-ils pas mieux s’occuper de nos intérêts ? En démocratie, il revient à nous, les individus, de voir à nos affaires; dans les pays sous dictature, les individus n’ont pas de pouvoir.

    Mes extraits du texte de Madame Vachon proviennent du site:

    http://www.iedm.org/main/show_editorials_fr.php?editorials_id=660

  11. le 19 juin 2008 à 16:18 olivier

    « j’assume tout, le bon et le moins bon »

    Et grand bien vous fasse. Je trouvais juste intéressant de voir comment quelqu’un qui a eu à prendre ces décisions au nom du peuple jonglait avec cette question de courage politique.

    Concernant Jean Charest, je maitiens que le peuple récompense les courageux. Je pense que les attentes envers les libéraux sont si basses que les gens sont contents quand rien ne va mal.

    Je pense aussi que le succès de Jean Charest consiste à attendre que ses adversaires se plantent. C’est une bonne tactique quand on joue aux échecs, je gagne souvent comme ça, mais juste contre des joueurs moyens. Leus autres m’écrasent facilement!

  12. le 19 juin 2008 à 18:02 ymdelisle

    La démocratie est malade, c’est vraie. Les raisons sont multiples: Le manque d’éducation, la réélection à tous pris, la peur des groupuscules, le « political correctness », l’argent, la mondialisation, etc etc.

    Galbraith disait que le dollar était la motivation derrière toutes nos décisions. L’appât du gain est un grand motivateur. Comme disent les Anglais, « What’s in it for me? ». C’est notre bien individuel qui prime.

    Quelqu’un à déja demandé a Churchill quelle était la meilleure forme de gouvernement. Ça réponse,… »A benevolent dictatorship ».

    Les dictateurs « bon gars » sont très rare. Alors, nous nous rabattons sur le deuxième meilleur système en liste, la dictature de la majorité…la démocratie. Dans ce cas c’est plutôt la communauté qui prime. Cette bienveillante dictature doit respecter ses citoyens et en même temps prendre des décisions difficiles. Pas facile.

    De plus en plus, nous sommes individualiste et de moins en moins axé sur la communauté….. »The me generation ». Le Québec se compose-t-il de 7 millions de communautés ou de 4 ou 5?

  13. le 20 juin 2008 à 16:20 Gaétan

    Pour ma part, je met en doute la sincérité réel d’une bonne partie de nos politiciens. À mon sens, un politicien doit avoir à coeur le bien-être de ses électeurs. Le bien-être pris au sens large du terme, c’est à dire la santé physique, la santé mentale, la santé financière, etc.

    Si nos politiciens étaient sincères, comment se fait-il que l’on accepte le système d’éducation que l’on a? Pourquoi accepte-t-on autant de fonctionnaire en nombre à tel ou tel ministère, lorsque dans des gouvernements comparables ou plus gros ils fonctionnent à moitié moins. Comment nos politiciens peuvent accepter des arrondissements, maires d’arrondissements, leurs suites, plus ou moins 125 conseillers municipaux lorsque dans des villes beaucoup plus grosses, il y en a la moitié moins? Comment le ministère des travaux publics peut-il accepter que notre réseau routier soit à ce point délabré, comparé à nos voisins immédiats.

    Il y a de ces aberrations incroyables et pendant ce temps, c’est le bon peuple qui paye.

    Si une entreprise était géré de la même manière que nos gouvernements, il y a longtemps que la faillite aurait cogné à la porte.

  14. le 22 juin 2008 à 11:38 Francis

    C’est étrange qu’un billet traitant des libertés fondamentales ait aussi peu de réaction. J’espère que c’est à cause de l’unanimité des positions défendues. La liberté, c’est quand même plus important qu’un véhicule, l’indépendance ou non, c’est le but recherché.

    Est-ce que les gens sont plus intéressés à défendre des position comme la souverainté ou le fédéralisme qu’à défendre les libertés?

  15. le 22 juin 2008 à 13:50 francois Aubin

    Personnellement, je partage votre opinion monsieur facal. Les politiciens ont extrêmement peur de se mêler à n’importe quel débat sensible. C’est donc les juges non élu qui prennent les décisions et qui prépare l’avenir. Pendant que les politiciens débattent de virgule et de projet de loi moins important, les juges décident du droit à l’avortement, mariage gaie, qu’un enfant poursuive ses parents, la fin de la fessé, etc. Voila pourquoi j’aime les gens de la classe politique qui s’en balance totalement de l’avis d’un juge. Le maire tremblay de sangueanay a peu etre l’air un peu fou des fois mais lui au moins il se tient debout. Il met sa tête sur le billot et si les gens contre la prière à saguenay sont assez nombreux il se fera battre aux élections. Un autre dans ce genre est Stéphane Gendron. Mais ces deux politiciens sont controversé et ne plaisent pas à tous et dans cette société si friante du statut quo et du consensus, ils se font parfois durement réprimendé par tel ou tel groupe. Les gens préfèrent l’incipide charest qui ne prend plus de décision et parait cool à la place. La réalité est qu’on veut que nos policitiens prennent plus de décision difficile mais que lorsque ces derniers se mouillent, on saute au baricade pour dire qu’ils n’ont pas le mandat!!!

  16. le 23 juin 2008 à 11:52 olivier

    M Aubin

    S’il est vrai qu’au Québec, on est pas mal allergiques à la chicane, que dans bien des réunions de famille on évite des sujets sensibles, il est autant vrai que des voix discordantes comme les maires Tremblay et Gendron n’apportent pas de nouvelles idées utiles à la collectivité.

    Ça va mal quand on a le choix entre des gueulards qui n’ont rien de brillant à dire et de froids calculateurs qui écoutent les tristement sages conseils des John Parisella de ce monde.

    Gaetan,

    Quand je parlais de cynisme, je pense que vous nous démontrez de manière éloquente pourquoi plusieurs d’entre nous sommes effectivement cyniques.

    Comme c’est le bon peuple qui paye, pourquoi le gouvernement ne lui offrirait-t-il pas un rapport détaillé et clair de toutes ses dépenses incluant une justification pour chacune?

    Actuellement, quand on s’intéresse à la chose, on est abreuvés de tourbillons de chiffres pris hors contexte et appuyés par tel ou tel expert externe au gouvernement, que l’on doit prendre pour du cash.

    Un exemple récent de politicien qui promettait une gestion limpide et une imputabilité sans borne, c’est Stephen Harper. Or, ce « control freak » filtre tellement le message de son gouvernement qu’on ne sait finalement pas grand chose.

    Un autre exemple est le vérificateur général, qui à mon très humble avis, fait bien son travail mais qui se limite à vérifier et recommander, pas gouverner.

    J’ai bien hâte de voir où le président Obama va en être après 2 ans au pouvoir.

    Si nos élus voulaient vraiment le bien du peuple et n’étaient pas si paresseux et peureux, ils feraient tout pour nous informer de tout ce qu’ils font, et s’ils se sont trompés ici ou là, d’affronter la vérité en adulte responsable et finalement d’ajuster le tir.

    Un peu comme M Facal l’a fait en répondant à mon message un peu incisif un peu plus haut.

  17. le 23 juin 2008 à 16:25 francois Aubin

    @ olivier

    Je suis d’accord avec vous pour dire que des hommes gueulards comme les maire tremblay et gendron ne font pas nécessairement avancé des idées. Ce que j’apprécie de ces derniers, c’est qu’ils n’ont pas peur d’affronter certains jugements de la cours et de manifester leur opinion sur des sujets délicats. Je suis totalement écoeurer de voir des politiciens s’en remettrent à tel ou tel juge ou jugement pour justifier leur imobilisme ou pour justifier le fait qu’ils n’ont pas de position sur tel ou tel sujet délicat. Un vrai démocrate qui se fait élire est prêt à affronter les électeurs en ne cachant pas ses réels opinions. Voila ce qui me plait des deux maire précédemment nommé. Les plus grand leaders ont été ceux qui ont été les plus solide et les moins hésitants. Franchement quand on voit la langue de bois de certains policitiens sur la refonte syndicale, les changement dans le monde agricole, la baisse du nombre de compté rurale qui est inévitable, le privé, le nationalisme, etc. Ça me déprime.

    regardez qui dirige le Québec et la ville de Montréal… Le premier et rendu tellement cool qu’il ne peut s’empêcher de faire 2-3 jokes en début de chaque point de presse pendant qu’il ne fait plus rien politiquement et le deuxième est tellement smatt que tous le monde le voudrais comme voisin ou comme mon oncle à un point presque pathétique. Mème dion, l’homme le plus glaciale de la planète met le paquet pour etre funny. Voila nos politiciens d’aujourd’hui alors c’est certains que les jugent vont être solicité de plus en plus pour faire la job de diriger et prendre des décisions puisque les politiens sont rendu trop cool pour ça!

  18. le 23 juin 2008 à 16:54 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour M.Facal,

    Un excellent texte de réflexion, ce qui est plutôt rare de nos jours…

    Merci,

    Bonne Fête Nationale

  19. le 23 juin 2008 à 17:10 ymdelisle

    François Aubin, je suis d’accord avec vous. Par contre, vous ne devriez pas attaquer M. Charest, « l’incipide ». Il ne fait que réagir à la réalité de sa situation actuelle.Tout autre politicien ferai la même chose. Quand il a tenté de faire des changements au modèle Québecois il fut vilipendé. Le dernier PM qui prenait des décisions « tough » était Trudeau. La réforme du code criminel en 68 quand il disait que l’état n’avait pas d’affaires dans les chambres a coucher, La Politique Nationale de l’Énergie, le « Just watch me » en 1970, la Constitution de 1982, la loi sur les langues officielles, etc. Que nous soyons d’accord ou non, il prenait des décisions qu’il croyait être les meilleurs pour le pays au détriment de sa popularité. Bourassa était le politicien qui a le plus géré par sondages. Il disait oui à Victoria, et puis renégait sur sa promesse après des sondages un peu négatifs. Lévesque et Parizeau, cependent, ont eu le courage de déclencher des référendums quand les sondages disait que la victoire était loin d’être acquise. Par contre, Bouchard et Marois sont revenus avec les « conditions gagnantes ». Regardez Mario. Tous ses sorties sont basés sur l’opinion publique. Nos élus font trop de gestion par sondages, et c’est malheureux. Nous faisons de la gestion par comité, et nous savons tous qu’un chameau est un pur sang conçut par un comité.

  20. le 24 juin 2008 à 15:17 voc

    Apres mon « democracy blog » je ne peux pas m’empecher d’ajouter votre article sur mon nouveau blog, Choses merveilleuses, c’est bien juste.
    editeur-webmaster @ voc.

  21. le 24 juin 2008 à 18:45 RenéP.

    M.Facal,

    La démocratie serait née en Grèce afin de permettre la gouvernance du peuple par des représentants nommés par le peuple dans l’intérêt du peuple. Malheureusement, rapidement, les plus puissants se sont organisés pour contrôler les autorités élues et les amener à gouverner selon leurs dictats. C’est ainsi que les pays dits démocratiques sont devenus en réalité des pays pseudo-démocratiques: en apparence, c’est le peuple qui choisit ses représentants mais dans la réalité, ces derniers sont au service de l’establisment.

    Croire que nous vivons encore dans des pays démocratiques est une illusion. Ce sont les différentes sociétés multinationales qui mènent et aucun peuple n’est assez puissant pour les dominer.

    Prenons comme exemple le Canada. C’est parce que c’est le choix de l’establishment que M.Harper a envoyé l’armée en Afganistan et non pas pour répondre aux intérêts du peuple puisque majoritairement, les canadiens sont contre la guerre en Afganistan.

    C’est parce que c’était le choix de l’establisment que Trudeau a rapatrié unilatéralement la Constitution et ce, contre la volonté unanime des partis de l’Assemblée Nationale et du peuple québécois.

    Présentement, au Québec, le Gouvernement essaie de nous imposer le secteur privé dans le système de santé parce que c’est le choix de l’establishment et non celui du peuple.

    Ces trois hommes ne sont(Trudeau était) que des pions aux mains des dictats de l’establishment. Ils acceptent (Trudeau acceptait) de faire le jeu de l’establishment tout en se faisant élire sous de fausses représentations.

    Un tel système n’est pas une démocratie, c’est une dictature.

    La raison du plus fort sera toujours la meilleure, disait Jean de LaFontaine qui ne faisait que reprendre les paroles d’un auteur Grec dont j’ai oublié le nom.

  22. le 24 juin 2008 à 18:50 RenéP.

    L’auteur Grec dont j’avais oublié le nom était, je crois, Esope.

  23. le 24 juin 2008 à 20:28 olivier

    @ René

    Je voudrais bien vous croire, mais avez-vous des preuves concrètes de l’implication de « l’establishment » dans la décision d’aller en guerre, décision prise par Paul Martin en passant, pas Harper.

    Aussi, un élu qui annonce ses couleurs avant les élections a en main un mandat totalement légitime, même si la population n’est finalement pas d’accord. Ce que vous préconisez ici, ça s’apelle gouverner par sondages, et c’est pas toujours bon, n’est-ce pas François?

    Mon intuition me dit qu’un homme comme Harper n’a pas besoin de lobbies pro-guerres pour augmenter le budget de l’armée, il est un conservateur, il aime ça les gros fusils. :)

    « … c’est une dictature »

    Quelle accusation grave! Lancer ça en l’air sans justification sérieuse … vous niaisez, j’espère!!
    Pourquoi ne pas regarder la biographie du dictateur Robert Mugabe sur wikipedia pour se comparer?

  24. le 25 juin 2008 à 0:32 Adam ;

    @ Olivier
    N’essayez pas de raisonner avec le Renee. Vous allez perdre votre temps.

    Il est un Don Cherry version souverainiste du blogue de Mr. Facal.

    Renee et Don se donne des mamours inconsciements car comme tous les extremistes ils ont besoin l’un de l’autre.

  25. le 25 juin 2008 à 10:34 RenéP.

    A Olivier

    Pour connaître le fonctionnement d’un tout, il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves concrètes pour chacun des éléments de ce tout. Cependant, si on connaît un peu le développement des sociétés, il n’est pas difficile de comprendre comment les plus puissants de ce monde ont pris et maintiennent le contrôle de celui-ci. A moins d’être naif…

    Il est vrai que la « décision » d’aller en guerre a été « prise » par Paul Martin mais Harper a « décidé » de prolonger la guerre en Afganistan…mais en réalité, ni l’un ni l’autre n’avait le choix d’aller dans le sens des intérêts de l’establishment.

    « Un élu qui annonce ses couleurs…même si la population n’est finalement pas d’accord ». Vraiment? Même s’il est élu minoritairement? Ca monsieur, ca s’appelle de la dictature. Si cela était vrai, le PQ aurait fait l’indépendance du Québec depuis longtemps mais comme c’est un parti démocratique, il a respecté l’expression de la population même si celle-ci a été malhonnêtement manipulée par la dictature du pays occupant.

    Pour ce qui est de comparer avec la dictature de Mugabe, c’est faire de la démagogie. Il y a différends niveaux de dictature. Mugabe,comme beaucoup d’autres de son espèce, est un sanguinaire, un malade. Dans nos pays pseudo-démocratiques nous avons des dictatures « plus humaines », plus sophistiquées: elles avantagent les plus puissants mais laissent quand même quelques graines aux plus pauvres. Elles ne font pas cela nécessairement par grandeur d’âme mais bien parce qu’elles ont quand même besoin des non-fortunés pour pouvoir vivre. C’est seulement une question d’intérêt.
    Comme vous voyez, je ne niaise pas.

  26. le 25 juin 2008 à 12:07 Francis

    @ Adam,

    Je vous donne 100% raison pour RenéP. Un « blueneck »

    Le Canada, une dictature, dirigé par un establishment anglo-saxon ne voulant qu’assimiler les pauvres franco…

    La guerre n’est jamais populaire, n’empêche qu’elle peut être légitime parfois. Poser un sondage et demander aux personnes si elles aiment la guerre, je soupçonne un gros 99.9% de réponse non. Cependant, des fois, il faut y aller, pour empêcher des abérations comme des génocides et des dictatures impitoyables. Beaucoup d’historien pourrait vous dire qu’on n’aurait pas eu de 2eme Guerre mondiale si on avait empêcher Hitler dès Munich. Il est cependant difficile pour un gouvernement de savoir si la situation présente ressemble à un « Munich » ou un « Vietnam ». Quand l’ONU donne son aval à une opération, il est normal qu’un pays envoie ses soldats en guerre même si sa population déteste la guerre. Sinon, aussi bien quitter l’ONU et laisser tombé nos alliés de l’OTAN.

    Vous voyez l’establishment anglo-saxon-assimilateur où la dedans M.RénéP?

  27. le 25 juin 2008 à 14:08 olivier

    @Rene

    « Même s’il est élu minoritairement? »

    oui, sans hésitation.

    Si l’opposition majoritaire décide que cette décision est cinglée, elle renverse le gouvernement.

    Pour la question « dictatoriale », je m’en prenais à votre choix de mots. Une dictature, c’est Mugabe, une démocratie parlementaire, c’est nous. Notre système n’est pas parfait, il reste de la corruption, du traffic d’influence, mais une dictature? Franchement.

    En gros, quand on a de grandes prétentions, on doit amener de grandes justifications. Oui certains gens de pouvoir se maintiennent en place avec toutes sortes de moyens détournés, mais ce n’est pas en accusant tout le monde d’être un sale vendu sans preuve qu’on va changer quoi que ce soit.

    Les gens qui pensent et agissent comme ça sont tellement prévisible et sans moyens devant « l’establishment ». C’est l’image de hippies poilus manifestants que Fox News s’amuse à montrer quotidiennement pour caricaturer les « liberals » aux USA.

  28. le 25 juin 2008 à 15:08 RenéP.

    A Olivier et Francis

    Il est sûr que lorsqu’on ne veut pas voir toute la laideur, l’abus des tout-puissants, l’hypocrisie de nos leaders, on peut se fermer les yeux mais cela n’empêche pas cela d’exister.Si on veut avoir même le plus petit espoir de voir changer les choses, il faut d’abord prendre conscience de l’existence de ces choses et les nommer et par la suite, a force de révolutions, de crises, les choses ne pourront que s’améliorer. Bien entendu, il y a des leaders qui arrivent au pouvoir avec de bonnes intentions mais très peu réussissent à les actualiser tellement le rouleau compresseur de l’establishment les écrasent rapidement et avec facilité. Bien entendu aussi, il arrive souvent qu’on préfère de pas savoir car savoir et ne rien faire, savoir et continuer à profiter des malheurs des autres peut être très ennnuyant, très dérangeant, très culpabilisant. Or, pour ne pas se sentir coupable, il vaut mieux dire que de telles choses n’existent pas.
    Qualificatif pour qualificatif, mieux vaut un « col bleu » qu’une « chemise brune », même si je suis loin d’approuver le comportement de certains cols bleus.
    P.S: Si vous voulez connaître la puissance de l’establisment, renseignez-vous sur les comportements dits démocratiques des gouvernements des E.U. et du Canada sur la supposée aide destinée aux plus pauvres des agriculteurs de l’amérique latine, de l’asie et de l’afrique avec la bénédiction de l’onu: vous apprendrez que la presque totalité de l’aide a profité surtout aux puissantes organisations alors que les pauvres se sont enlisés davantage. Et tout ca, avec notre argent. La lecture c’est comme les voyages, ca instruit! Mieux vaut s’informer avant de trop s’avancer.

  29. le 25 juin 2008 à 15:44 olivier

    Bon, on avance.

    Vous accusez les gouvernements Canadien et Américains défendent leurs intérêts nationaux en subventionnant leurs agriculteurs. Je suis d’accord avec cette pratique. Je vis dans un pays riche qui est en autarcie agricole et je veux le demeurer.

    Cessez de me prendre pour un ignorant, je lis moi aussi.

  30. le 25 juin 2008 à 19:29 RenéP.

    A Olivier

    Si vous lisez vous aussi, je crois que cette fois-ci vous avez mal lu ce que j’ai écrit. Je ne parlais pas de subventions aux agriculteurs canadiens et américains mais bien d’aide internationale aux agriculteurs des pays pauvres. Le résultat: ce sont les gros et riches propriétaires qui ont recu la très grande partie des subventions, ce qui a conduit les pauvres agriculteurs à qui l’aide était destinée à disparaître…un peu comme cela se produit ici au Québec. Etes-vous toujours pour ca? Demandez aux agriculteurs de l’amérique latine ce qu’ils en pensent?