Éloge de la complexité
25 mai 2009 par Joseph Facal
La semaine dernière, Barack Obama a déclaré ceci :
«Les Américains ont (…) une faim d’explications et de complexité, ainsi qu’une volonté d’accepter la difficulté des problèmes. Je crois qu’une des plus grandes erreurs commises à Washington est cette idée qu’il faudrait niveler par le bas («dumb down») les enjeux pour le public».
Évidemment, je ne suis pas dupe. Obama est un politicien professionnel. Même s’il est extraordinairement doué, je vois les ficelles, et ce n’est pas un reproche. L’exercice du pouvoir est toujours mis en scène.
Le président américain exprimait tout de même une intention forte : faire le pari que le peuple n’est pas idiot, qu’il peut comprendre des enjeux complexes, et être convaincu de faire des choix difficiles. Comparez maintenant cette disposition d’esprit avec celle de nos dirigeants québécois.
Attention, je ne parle pas ici de comparer des talents, mais la façon de concevoir la vie publique. Chez nous, le gouvernement fuit la moindre controverse et repousse les vrais problèmes en avant. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui manqueraient.
Prenez la santé. Philippe Couillard a sans doute quitté la politique de façon inélégante. Mais il avait parfaitement raison de dire que ceux qui défendent mordicus le système actuel le conduisent à sa perte aussi sûrement que ceux qui voudraient le démanteler. Des changements fondamentaux sont requis, dont il faudrait débattre collectivement.
Avez-vous entendu récemment le ministre Bolduc s’exprimer sur le fond des choses ? Sentez-vous que cet homme est à la veille de s’adresser à notre intelligence pour nous convier à explorer courageusement des avenues nouvelles ?
Prenez la délicate question des croyances religieuses dans la vie publique. La commission Bouchard-Taylor nous a fait faire zéro progrès sur ce plan, mais de toute façon, en démocratie, cette question relève ultimement de la responsabilité des élus.
Vous avez vu la réaction lamentable et paresseuse de la ministre St-Pierre au sujet du port des signes religieux par les fonctionnaires. La fuite par la petite porte. Elle ne semblait cependant pas manquer d’enthousiasme et d’énergie pour aller congratuler nos artistes à Cannes.
On pourrait multiplier les exemples. La réforme de l’éducation est un monumental gâchis dont les deux grands partis sont responsables. Mais au lieu d’admettre nos torts, on se contente de changer les étiquettes sur les bocaux. La réforme devient le «renouveau pédagogique», et le drame du décrochage est pudiquement rebaptisé «persévérance scolaire». Le fond est esquivé.
Il faut remonter à l’élimination du déficit, il y a dix ans, pour retrouver la dernière corvée collective conduite par un leader, Lucien Bouchard, qui avait parié sur la capacité du peuple à comprendre et à accepter des choses difficiles. Les résultats furent certes mitigés et discutables, mais il y avait là une volonté, une ambition de s’attaquer à une question cruciale.
Le Québec d’aujourd’hui fait face à des enjeux fondamentaux pour sa prospérité et sa cohésion futures. On ne compte plus les rapports d’experts à leur sujet. Serait-ce trop demander qu’on s’y attaque résolument en misant sur notre intelligence citoyenne ? Nous vivons décidément la petite noirceur.
27 réponses à “Éloge de la complexité”

« L’exercice du pouvoir est toujours mis en scène. »
Se pourrait-il que le cynisme à l’égard de la classe politique soit lié au fait que les citoyens sont moins « bon public » et qu’ils en ont marre des mises en scène, de l’enrobage et du « spinning » fait par les maisons de communication qui vous transforment un politicien en un grand bâtisseur du jour au lendemain ? Personnellement, je vois mal comment les citoyens vont se sentir interpellés par la politique s’ils sont cantonnés dans un rôle de spectateur. Il y a des revirements dans la sphère publique qui sont parfois à la hauteur (façon de parler) de Loft Story …
Comment avoir une prise, sentir qu’on s’inscrit dans le « bien commun », voilà des questions auxquelles on peut répondre avec une incommensurablement plus grande satisfaction en s’investissant dans des projets foncièrement citoyens qu’en allant voter aux quatre ans.
Pour ma part, j’ai choisi d’organiser, pour un temps du moins, une activité de cartographie collaborative dont le but est d’enrichir l’équivalent de Wikipédia pour les cartes géographiques : OpenStreetMap.
À Sherbrooke le samedi 30 mai, pour ceux qui veulent transcender le spectateur en eux : https://www.openplans.org/projects/osm-sherbrooke/project-home
Bonsoir Monsieur Facal.
Ne vivons-nous pas essentiellement la grande noirceur de l’objectivité ?
Les artistes désengagés, le mirage éhonté des intérêts convergents et surtout, surtout l’insipide sempiternel bulletin économique comme éditorial des temps nouveaux.
Quand l’air est saturé, le temps est gris.
Et si Barack Obama est venu colorer ce vaste monde, peut-être que dans l’espoir suscité, viendra renaître autre chose qu’un marché.
« On veut sa richesse, pouvoir tout s’offrir.
Payer la sagesse, ne plus jamais mourir. »
-Morse Code.
La marche des hommes.(Christian Simard 1975 )
[...] Peur, polémique, Politicien, QI, Sensationnalisme, Statu quo, système immunitaire, trouble Joseph Facal jette à nos visages les bases du statu quo gluant dans lequel nous sommes empêtrés. À lire et [...]
Guy Laforest avait déjà parlé de « petite noirceur » en 2003…Les médias parlaient alors de « dérapage »…
….Avez-vous entendu récemment le ministre Bolduc s’exprimer sur le fond des choses ? Sentez-vous que cet homme est à la veille de s’adresser à notre intelligence pour nous convier à explorer courageusement des avenues nouvelles ?….
Oui justement.
« Les patients du Québec n’ont pas de problèmes de surconsommation. C’est le reste du Canada qui est aux prises avec un problème de sous-consommation. Comme ministre de la Santé, je suis très fier de voir qu’au Québec on est en avance sur toutes les autres provinces »
Râ-Râ-Râ … Bravo Kébec … en avant québécois, droguez-vous, tout va bien.
Bel exemple d’ignorance ou d’hypocrisie cet hurluberu qu’on dirait ministre de BigPharma QC Inc.
Peut-on lui suggérer la lecture de « L’envers de la pilule » ou le dernier livre d’Arcand sur l’effroyable consommation de pilules des québécois.
Comment une nation de drogués dans la brume peut-elle réfléchir et organiser un modèle de société future ou il fait bon vivre, it’s behond me !
….Et si Barack Obama est venu colorer ce vaste monde, peut-être que dans l’espoir suscité, viendra renaître autre chose qu’un marché…..
Hors sujet mais Obama vient de confirmer qu’il va trouver un moyen de légaliser, une chose tout à fait illégale dans un système de loi démocratique, « la détention préventive à perpétuité ». Vive Obama!
Bonjour Mr. Facal,
Nous avons les institutions démocratiques et les personnages publics que nous méritons et la noirceur qui vient avec.
Quand je vois que près de 40 % des citoyens sont trop paresseux pour aller voter, je pense que l’indifférence ou la paresse politique est le pire ennemi de l’ intelligence citoyenne dont vous parlez.
Nous les québécois somment de super chialeux de cuisine, mais sommes également les plus paresseux lorsque vient le temps de prendre action. Plusieurs chialent contre le gouvernement tout en se fiant à ce dernier pour tout réglé.
Un des plus grands accomplissements d’Obama a été de donner aux américains le goÛt d’aller voter.
Ainsi ces derniers ont choisis de s’exprimer plutôt que de rester impassible et de continuer à vivre dans la noirceur.
Bonne journée
Je ne vois pas le souci. Le Québec est géré comme une province, pas trop d’envergure. Une bonne majorité des Québécoises et Québécois semblent vivre très bien avec ça, autrement le PLQ et Jean Charest n’en seraient pas à leur troisième mandat.
Pour un fédéraliste, ce qui se passe au Québec depuis 2003, c’est un pur délice car la population n’a jamais été aussi amorphe et au pas, pour ne pas dire totalement indifférente de la politique.
Pour les gens politisés et engagés, j’imagine que ça doit être intellectuellement insoutenable de vivre au Québec.
Quand on nait pour un petit pain, on meurt aussi pour un petit pain… tout sec en plus.
Élargir à Washington plutôt que répéter Obama au premier paragraphe pouvait n’être que pour du bon français mais je ne le pense pas; ex-politicien expérimenté, vous faites la différence entre la pointe de l’iceberg et sa base neuf fois plus lourde. Contrairement à vous, je ne vois pas les ficelles, je n’observe pas. En cela, votre intérêt, votre disponibilité et votre compétence me servent bien dans ce blogue, me sauve du temps précieux ou inutile et je vous en remercie.
Votre table mise (au sujet de la Corée du nord on pourrait dire cette rampe dressée), vous passez à de petites cibles: Couillard qui n’est plus là, St-Pierre en fonction à Cannes, Bolduc fonctionnel ici mais évasif, et je ne parle pas de Dupuis dont j’ignore le prénom, bref, Québec comme on dirait Wahington plutôt qu’Obama, pour ne pas écrire Charest ou le présent Gouvernement, ne prend pas le taureau par les cornes dans des matières fortes au moment où j’écris.
Certe, la réforme de l’éducation dont les deux grands partis seraient responsables et fautifs mérite de l’attention mais le fond du problème est esquivé. Notre dégénération actuelle est attribuable à notre sous-natalité plus qu’à nos politiciens depuis 1970, au travail des femmes à la deuxième grande guerre et à celui des femmes européennes à la précédente. Le mur occidental est là.
C’est une intuition. Je la dois en partie à Emmanuel Todd qui avait prédit le démembrement de L’URSS en 1976 en observant le recul en nombre et en formation des 20-24 en Russie. Il a aussi observé ce recul des 20-24 une génération plus tard aux États-Unis à l’époque d’Elvis Presley et « intuitionné » la décomposition du système américain que nous vivons depuis Bush. Maudit français.
Je vous sens nostalgique en rappelant l’époque Bouchard au tournant du siècle, pas loin derrière celle de Patrick Roy, Stéphane Richer et Guy Carbonneau en 1993 où la volonté était encore suffisante pour remporter une coupe Stanley.
L’intelligence citoyenne, ça existe mais ça ne suffira pas sans explication. Il en faudra des bonnes pour orchestrer les coeurs et les muscles. Merci aux experts dont les rapports font comprendre à notre élites éveillées que « Le Québec d’aujourd’hui fait face à des enjeux fondamentaux pour sa prospérité et sa cohésion futures ». Pas facile de joindre l’agréable à l’utile quand on est fonctionnaire au public ou au privé.
Il n’est pas défendu de rêver mais le radio-réveil sonnera d’ici 10 ans d’aprèd Denis Julien; aussi sûr que Jacques, un collègue en course et aspirant chanteur populaire que je reçois bien, ne frappera pas le mur dimanche dans 12 en Turquie. De mémoire, « Fortuna audacies adjuvat » et je traduis librement par « Lachance sourit aux audacieux ».
Pour ce qui est de la complexité, je l’analyse à la T. L Saaty à mon rythme depuis 30 ans. Il propose un truc génial pour mettre de l’intelligence, du coeur et du muscle en synergie mais ça demande de la curiosité, de l’abnégation et une certaine compétence en technologie de l’information et de la communication (TIC).
@Sylvain Racine:
Bien, je me souviens qu’entre 1994 et 2003, le PQ a aussi eu pas mal de ratés. Il y aussi eu des vertes et des pas mures dans le conseil des ministres comme avec un ministère qui est devenu chef du PQ et qui s’est fait botter le cul après les élections de 2007 pour »diverses raisons » quant à son passé et autres. Beaucoup de ministres sont aussi partis pour diverses raisons (et pas toujours du bon terme) comme Brassard, Léonard ou Chevrette.
Par exemple, même M. Facal (pourtant un ancien ministre à cette époque) considère que la réforme de l’éducation amorcée sous le gouvernement du PQ a été un échec tout comme les fusions municipales qui ont pas servi à leur but premier soit de faire des économies d’échelle.
@M. Facal,
Je comprends bien lorsque vous dites qu’Obama a des ficelles. Je dois cependant dire que le président est une chose sauf que je ne crois pas que son cabinet ne va si bien que cela et le vice-président Biden est (trop) effacé. Disons aussi que les politiques économiques d’Obama ne font pas l’unanimité et chez même chez les Démocrates.
Oui Lucien Bouchard avait posé la vraie question, ce que les politiciens d’aujourd’hui essaient d’éviter coûte que coûte. Au lieu d’essayer de trouver des solutions aux vrais problèmes, on créé une commission d’enquête sur tout et sur rien. Pendant ce temps, on retarde constamment l’émergence des solutions difficile peut-être, mais nécessaires. Oui les Québécois d’aujourd’hui ne veulent pas être confrontés à leurs problèmes et ils esquivent constamment les solutions difficiles. Gare au politicien qui prendra des décisions difficiles, car il ne sera jamais réélu. Donc on gère sans faire de vagues, on ne répond qu’aux urgences soulevées dans les médias, on essaie de calmer ceux qui s’énervent et on endort le peuple qui, déjà, n’a plus envie de relever des défis autres que ceux concernant son bien-être strictement centré sur son confort. Triste constat d’une société qui n’a plus envie de se battre (sauf quelques uns qui se font lapider sur la place publique), de se prendre en main et de rêver que la nation québécoise puisse un jour s’auto-gouverner en poursuivant un objectif collectif salutaire.
Le problème ne vient pas seulement de l’état mais aussi de d’autres facteurs. Cependant, il est à l’individu de faire sa part pour améliorer son environnement et non de l’état. Au Québec (et cela plus qu’ailleurs), on veut malheureusement que l’état fasse tout et règle tout et cela en voulant toutefois donner le moins possible à l’état.
Prenons comme exemple l’environemment, si tout le monde ferait sa part, notre société en serait bénéficiée. Malheureusement, il existe des gens qui pensent qu’il sont pas obligés de rien faire de leur côté parce c’est le rôle de l’état.
Aussi, je crois que les médias en sont pour beaucoup dans cela, en mettant le sensationnel en premier et cela dans la quasi-totalité des médias. Or, on se retrouve avec de plus en plus de gens qui deviennent comme des zombis dans tout cela et qui ne sont pas capables de se faire une opinion bien à eux.
Soit dit, Bouchard n’a rien à envier aux Harris (en Ontario) et aux Klein (en Alberta) de ce monde qui dans les années 90 ont rédressé leurs finances publiques de leur état comme que l’on travaille fort à maintenir notre budget personnel ou familial de façon équilibré. Cela va bien hors du spectre gauche-droite selon moi!
MV,
concernant l’environnement, les citoyens ne peuvent pas faire de miracles. Il faut que le gouvernement soit actif aussi, et surtout, avoir des médias de qualité qui ne travaille pas pour les corporations et dans le seul et unique but de préserver l’unité canadienne. Vous avez peut-être entendu parler du projet MCN21, des citoyens qui veulent changer le Québec? Probablement pas car les médias n’ont fait qu’effleurer le sujet. http://www.mcn21.org/
Par contre, la semaine passée, la Presse surtout, n’a eu de cesse de faire paraître le PLQ et Jean Charest comme étant des dieux du développement durable et des énergies vertes. C’est totalement absurde. Le PLQ ne fait que répéter presque mot pour mot ce qu’il a lu sur le site de MCN21, dans le seul but d’avoir l’air « cool ».
Mais la réalité est que le PLQ en a rien à foutre. C’est une coquille vide. C’est strictement de la petite politique provincialiste. Le PLQ met la plupart de ses énergies strictement dans le pétrole et le gaz naturel, la restauration de Gentilly II, la construction de ponts et de routes et le projet de la Romaine, afin de pouvoir se faire prendre en photo à côté du barrage en construction et pour pouvoir dire qu’ils font la révolution. Mon oeil!!
Mais la réalité est tout autre. Je lis et analyse la situation de loin, et croyez-moi, les Québécoises et Québécois se font totalement prendre pour des idiots, de plus en plus depuis 2003. Et ce n’est pas terminé…
J’ai préféré être spectateur pour pouvoir décrire le Québec http://www.tslskonsult.com/2009/05/regard-vers-lavenir-developpement.html
Je suis d’accord avec MV. Nous avons créé une société, quasi soviétique, ou l’état doit tout faire pour nous. Merci aux nationaleux qui ont créé une « nation » pleine de mythes et symboles. Gare à celui qui ose s’attaquer, ou même critiquer, nos sacro-saint mythes et symboles.Le PLC voulait changer le « modèle Québecois ». Ils ont frappé un mur. Même chose pour les Lucides. Regardez le débat sur l’enseignement de la religion, ou encore les accommodements raisonables.
Regardons quelques mythes et symboles. La Rébellion de 1837 est devenu une bataille pour « la libération du peuple Québecois ». Notre pays fût fondé en 1534. Il ne faut surtout pas toucher à la Loi 101. Les Anglais sont venus au Canada en 1759 pour spécifiquement sacrer un volée au Québecois. Nous sommes nés « pour un petit pain ». Le Québec paie plus de taxes à Ottawa qu’il n’en reçoit. René Lévesque est un saint. Les anglais veulent tous notre peau. Tous les anglo-Québecois sont riches et vivent à Westmount. Trudeau était un traître qui n’a jamais rien fait de positif pour le Québec. etc etc etc.
Quand nous pourrons nous libérer de nos complexes, nous seront vraiement libres. Pas besoin d’un pays pour ça.
Si on veut comprendre le phénomène d’immobilisme du Québec, nous n’avons qu’a regarder qui sont les personnes qui éteignent tous les projets et tous les débats. Ce sont toujours les mêmes groupes qui protègent le statut quo. Je me souviens de la publication du rapport des lucides. Toute la gauche québécoise avait comme seule argument de démolir Lucien Bouchard sur le travail en disant que ce dernier ne travaillait pas plus que les autres! Quelle réflexion! On a démolie le porteur du message et éviter le débat! En attendant, le problème du manque de travail reste toujours aussi alarmant. Contrairement à ce que plusieurs pensent, je crois qu’un politicien honnête et franc gagnerait beaucoup en popularité dans ce paysage politique aseptisé ou tout le message est contrôlé. Comme Obama, exposer le problème, dire que la solution sera difficile est nécessitera du travail de la part de chacun, et susciter l’espoir d’y arriver et de redresser la situation. Voila le procédé pour un politicien honnête.
A ymdelisle,
plutôt que de vous en prendre aux « nationaleux » comme vous dites, pourriez-vous commencer par répondre à une question qui vous a été moult fois posée et à laquelle vous, comme tous les fédéralistes n’avez jamais donné de réponse parce qu’elle constitue un tabou pour vous: « Pourquoi, les canadians ne veulent-ils pas inscrire dans la Constitution canadienne la reconnaissance de l’égalité du peuple québécois avec tous les droits et responsabilités qui lui permettraient d’assurer sa pérennité? Tant que vous ne répondrez pas honnêtement à cette question, vous n’aurez aucune crédibilité face aux citoyens québécois clairvoyants. Pas besoin d’être une tête à Papineau pour répondre à cela!
….Comme Obama, exposer le problème, dire que la solution sera difficile est nécessitera du travail de la part de chacun, et susciter l’espoir d’y arriver et de redresser la situation. Voila le procédé pour un politicien honnête…..
Honnête ?!!?!? Obama fait tout le contraire de ce qu’il a promis.
Lâchez-nous avec l’honnêteté car contrairement à ce qu’on vous a enseigné monsieur, on ne vit pas dans le monde de Disney.
ReneP, ça veux dire quoi, »Pourquoi, les canadians ne veulent-ils pas inscrire dans la Constitution canadienne la reconnaissance de l’égalité du peuple québécois avec tous les droits et responsabilités qui lui permettraient d’assurer sa pérennité? ». Posez une question claire et vous aurez une réponse claire.
Laissez-moi vous poser quelques questions avant de tenter de répondre. Est-ce que tous les Canadiens-Anglais sont contre le fait Québecois? Est-ce que tous les Québecois sont anti-canadiens? Est-ce que tous les Québecois sont souverainistes? Est-ce qu’il y a des clauses dans la Constitution Canadienne qui ne reconnaissent pas vos/nos droits? Est-ce qu’il y a des clauses qui ne nous permettent pas d’assurer notre pérennité? La clause nonobstant n’a-t-elle pas été utilisée pour protèger la Loi 101? Est-ce qu’il y a des clauses qui nous gardent dans la Confédération contre notre gré? Est-ce-qu’il y a des lois qui restreignent nos droits? Est-ce qu’il y a des lois qui nous défendent d’avoir des référendums ad nauséum? Représentez-vous tous, ou au stricte minimum la majorité des Québecois?
On oublie souvent mais la Charte a donné un grand atout aux Canadiens-Français soit l’enseignement francophone primaire et secondaire publique gratuit et cela dans toutes les provinces et territoires canadiens.
@décembre
Comme M. Facal le dit si bien, M. Obama est un politicien professionnel avant tout.
Obama n’est tout de même pas un socialiste (ou même un libéral) comme que qu’on l’étend chez nous, en plus que le Parti Démocrate a une base importante de gens qui sont plus à droite que plusieurs républicains du nord tant au niveau des armes à feu, de l’avortement et la législation en terme de sécurité nationale. Même que dire que Bush père est considéré par certains analystes comme »plus à gauche » que le président actuel.
Bonjour,
….. » Nous vivons décidément la petite noirceur. » Joseph facal
Pire, nous vivons la déconstruction programmée de l’État du québec au profit du canada :
- Des promesses jamais tenues(2003-2007)… Aucune, dans les 4 premières années et certains services comme la Santé vont en empirant après 6 ans!
- L’immobilisme érigé en système(2007-2008), qui continue toujours dans de grands « sparages »…
- Une arrogance totale ; sans oublier que le PLQ est devenu seulement : « Une machine à gagner des élections « , comme le soulignait hier Robert Benoit**, ancien président du PLQ.
- Le culte de la personnalité :
« pourquoi attendre que l’histoire qualifie notre règne »? Jean Charest a décidé de se sacrer lui-même « Grand Bâtisseur »! Pourquoi pas après tout ; n’est on jamais mieux servi que par soit même? Et comme « sparages » c’est de toute beauté!
Pire encore. Fini les objectifs à atteindre : pourquoi s’en donner pour s’obliger à les implanter, à les vérifier et à les défendre? Formidable, non!
Le « parti » et le « gouvernement », même leitmotiv :
- Out, les objectifs à atteindre : en Santé… Éducation… Aîné(e)s, etc.
- Out, le comité de suivi des engagements électoraux(PLQ)! « Ils ont peur d’avoir peur », ironisait M.Benoit**, ancien président Libéral!
- je ne vous parlerai pas du dossier B-T.
Ils font encore « dodo » sur le livre blanc…
Sur ce sujet, ainsi que sur les signes religieux — le PLQ, qui a une position contraire à l’ADQ et au PQ — est dans le dénie total :
faut pas toucher…… à cela…….disent-ils….. c’est….dangereux!!
***
Le plus incroyable, c’est que les citoyens en redemandent :
Même après la suite de mensonges éhontés durant la dernière campagne électorale ; puis, l’énorme manipulation de Charest — qui a nommé Sabia à la CDPQ en contournant toutes les règles qu’il a lui-même édictées!
Résultats : ils ont remonté de 5 points à 40%. Formidable!
Ce peuple n’a que des sentiments ; mais pour la raison on repassera!
Bonne journée,
Jean-Renaud Dubois
Sainte-Adèle
N.B. (1) http://www.ledevoir.com/2009/05/26/252171.html?fe=6926&fp=67211&fr=150424
N.B. (2)
@ François Aubin : toutes mes félicitations! Votre français s’est grandement amélioré ; et votre texte, en plus, est clair.
C’est une langue belle avec des mots superbes. Qui porte son histoire à travers ses accents, etc…(comme le Chante Yves Duteil), mais difficile à écrire.
Et tout le monde fait des erreurs d’accents de conjugaisons, etc. Donc…
Encore une fois, bravo!
Voir : http://www.youtube.com/watch?v=j3_SWk0xe-E
Jean Renaud, je dirais que nous vivons plutôt, depuis 30 ans, la déconstruction du Canada en faveur du mouvement souverainiste. Une histoire ré-ecrite. La victimisation du Québec. Tous nos problèmes sont la faute des « Canadians ». En 1960 nous étions des Canadiens. En 1970 nous étions des Québecois. En 1534, ce n’est pas le Canada qui fût découvert, mais plutôt le Québec. etc etc etc. L’indépendence du Québec, n’est-elle pas la déconstruction ultime du Canada?
Et si le drapeau du Québec pouvait parler«/b>
Notre drapeau est accueillant, ouvert sur le monde, enveloppant, rassembleur, vivifiant et chaleureux.
Notre drapeau est docile. Il peut se faire caressant pour peu qu’un vent léger se mette de la partie.
Notre drapeau fait confiance, il donne la chance au coureur.
Si notre drapeau pouvait parler…
Il nous préviendrait qu’il saura aussi être implacable envers celui qui s’en drape malhonnêtement.
Qu’il sera impitoyable envers celui qui l’évoque pour mieux dissimuler son hypocrisie, ses mensonges, son opportunisme.
Qu’il lui collera à la peau, s’y incrustera pour, finalement, rétrécir comme peau de chagrin ou s’enflammer tel un buisson ardent.
Si notre drapeau pouvait parler, il nous dirait certainement…
« Reconnaissez-vous, unissez-vous, rassemblez-vous, arborez-moi fièrement partout et en tout temps, je saurai être votre phare dans la nuit, votre soleil dans le jour. Je vous le dis et vous demande de vous en souvenir, rien n’est plus triste qu’un drapeau sans pays ! »
@ymdelisle:
Réécrire l’histoire est probablement le truc le plus minable qu’il existe dans un monde assez développé et ouvert comme le nôtre. Soit dit, Jacques Cartier n’a pas découvert le Québec car le Québec n’existait pas avant 1763 comme entité géographique et avant les années 60, le terme Québécois signifiait quelqu’un qui habite la ville de Québec.
Même que les RINistes utilisaient le terme »canadien-français » dans leurs discours au début des années 60. Donc, c’est pour vous dire qu’on tente de dire que le »peuple Québécois » existe depuis 1534, lorsqu’il est d’une conception toute récente des quarante dernières années. Or, de vouloir renier le terme Canayen (Canadien) qui désignait les »gens de la place » en opposition aux Français qui est devenu Canadien-Français par la suite est de vouloir oublier l’histoire comme si on disait qu’il y existait rien avant 1960. Or, la vérité c’est que beaucoup de nationalistes Québécois se sont appropriés de plusieurs symboles qui étaient autrefois des symboles canadiens-français peu importe leur allégeance politique.
Par exemple,
-Le Fleurdelisé et le tricolore Patriote qui est devenu en quelque sorte un symbole quasi-exclusif du mouvement nationaliste pour ne pas dire indépendantiste.
-La Fête de la Saint-Jean-Baptiste que le gouvernement du Québec s’est approprié à lui seul en la déclarant la Fête Nationale du Québec. Pourtant on la fête encore dans plusieurs communautés francophones en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.
-La SSJB qui est passé d’un organisme veillant aux droits et à la culture des Canadiens-français et Acadiens partout au Canada et aux États-Unis, à un espèce de simple courroie du mouvement indépendantiste Québécois se préoccupant uniquement du Québec.
Quand j’ai écrit maudit français dans mon message précédent, je voulais évidemment dire génial. Je m’excuse auprès de qui j’aurais pu offenser.
Quand j’ai mentionné les 20-24 ans en Russie et aux États-Unis, c’était de mémoire et ce n’est pas ma matière forte. J’ai relu et redécouvert avec plaisir Après l’empire d’Emmanuel Todd et je corrige: il y a deux vraies affaires, la baisse de la natalité et l’alphabétisation et ça mène à l’individualisme. Les deux vont de pair et mènent aussi à l’élargissement des inégalités, à la post-démocratie, l’oligarchie semble-t-il. C’est une thèse. Je dirais donc à un gouvernement d’enfants-rois plutôt que de frères et soeurs, un règne fatal pour un inter-générationel harmonieux et prospère.
J’écoutais les nouvelles à Radio-Canada en préparant le souper: le déficit de 50 milliards au Canada et la situation économique pire en Europe. Personne ne se préoccupe du prix que je vais avoir pour ma maison dans dix ans avec une baisse de population de quelques milliers de personnes dans la Capitale-Nationale et un vieillissement moyen de trois ans au cours de cette période. Imaginez ce que ce sera dans nos régions où l’on frôle le dépeuplement actuellement et dans lequel elles seront alors. L’offre dépassera largement la demande. Investir dans une résidence pour une majorité de citoyen n’aura pas été une meilleure affaire pour assurer leur dernières années que de le faire dans des obligations ou des actions dont on connaît la baisse de valeur marchande actuellement. Qui est l’Henri-Paul Rousseau ou le Jacques Dupuis de cette affaire ? Robert Bourassa ? René Lévesque ? Réal Caouette ?
Pour être honnête, je dois dire qu’avant hier, le vieillissement a eu son tour dans sa dimension sort des aînés. J’aurais aimé lire dans Le Soleil hier ou ce matin. Si les auteurs du constat et les journalistes ne dramatisaient pas à outrance, l’accréditation des maisons pour personnes âgées, c’est pas mieux géré que la sécurité des viaducs. Il n’y a donc pas que la recherche de prospérité mais il y a aussi l’évitement de la misère. Le trou démographique découlant de notre sous-natalité depuis 1970 me porte à croire que nous manqueront de ressources humaines. Nous ne pouvons plus compter sur la famille et l’union libre pour nous régénérer. Devons nous inventer la communauté de régénération ? La baisse de la natalité et l’alphabétisation nous ont conduit à un individualisme sous-régénérateur. J’entend Jean Charest dire qu’il n’y a pas de problème puisqu’il n’y a pas de solution.
Jacques Henripin nous avait prévenu en 1989 et en 1998. http://www.peuplement.qc.ca/henripin.html mais ni André Arthur, ni Jeff Fillion, ni Charles Tyssère. Lise Payette peut-être. Le « vous êtes pas tannés de mourir bande de caves, c’est assez ! » de Claude Péloquin, inscrit par Jordi Bonnet en 1969 sur le mûr du Grand-théâtre de Québec n’était pas prémonitoire.
@MV
C’est fatiguant cette nomenclature de « gauche » de « droite » …
Ni un ni l’autre n’existe. C’est de la poudre au yeux comme essayer de nous faire accroire que le système de Parti est une démocratie … bullshit.
Et oui, Obama applique des mesures socialistes quoique vous en pensiez..
C’était gênant d’écrire Éloge à Lucien Bouchard ou de la richesse.
Ça m’a stimulé de lire complexité, rappelé mon intérêt pour la mesure de l’intelligence dans un contexte de prévention des accidents d’automobile où j’ai amélioré mon allemand; mon intérêt aussi pour la mesure de flou où j’ai amélioré mon anglais et ma connaissance de la théorie des ensembles.
Je comprends M. Facal que vous retenez comme projet politique de refaire confiance à la mise en commun d’intelligence, de coeur et de bras comme alternative à ce qui se passe depuis le 9 décembre dernier en matière de gouvernance du Québec. La souveraineté aiderait ou serait essentielle.
Je saisis que dans cette aventure, vous priorisez la santé, l’éducation et la laïcité. La question est: dans quel ordre. Pour vous faciliter la tâche, je vous ai préparé ceci: comparaison par paires. Pour fin de mesure de votre abnégation, j’ai ajouté l’élément âge à laïcité, éducation, santé.
À cette adresse, vous apprendre que je penche pour l’âge.
Votre article et ses commentaires gagnent à être relus et j’imagine commentés davantage. Si on ne s’y arrête pas, on approfondit pas.
De ma dernière lecture, vous me semblez M. Facal nostalgique d’une opération, qu’avait mené le Gouvernement Bouchard sous le buzzword Déficit 0. Un genre de corvée faisant oeuvrer ensemble le monde des affaires, le monde syndical et le monde politique. Le monde religieux ? Je ne me rappelle pas.
Je serais comblé si le Gouvernement Charest menait dans un proche avenir une opération semblable avec le même cri d’alarme, déficit zéro, mais cette fois à propos de notre régénération.
Ceux qui me lisent savent que notre natalité est déficitaire, sous le 2,1 de fécondité, depuis 1970. Le renouvellement de notre force de travail, ceux qui y entrent moins ceux qui en sortent, l’est aussi à des places au Québec et le sera prochainement davantage en région en raison de cette sous-natalité et en dépit d’un niveau d’immigration respectable. Notre force d’engendrement et son encadrement déclinent.
Par ailleurs, j’ai refait l’esthétique du dispositif de comparaisons par paire offert dans mon message précédent où j’avais retenu « notre âge » comme quatrième élément de comparaison. Si c’était à refaire, j’écrirais cette fois notre régénération à la place de notre âge.
Ensuite, j’ai relu les commentaires en essayant de voir quel élément de notre réalité leur auteur verrait comme quatrième élément du dispositif à la place de mes favoris. Je suis capable d’abnégation. Le dispositif permet de chiffrer sur 100 points la préférence de l’utilisateur entre quatre sujets comme thème d’un débat public de fond. C’est une sorte de règle qui permet de mesurer et de faire des opérations mathématiques sur du flou, du verbal.
Je suppose qu’yvesm retiendrait notre bien commun comme quatrième élément; Magnolia notre Obama; Renart L’éveillé notre petite noirceur; Sébastien notre Guy Laforest; j’interromps momentanément cette énumération pour prédire que décembre aurait un chiffre élevé à santé; décembre notre marché; Sylvain Racine notre image, notre amorphisme; MV notre communisme, notre médiatisation; ymdelisle nos complexes; François Aubin notre députation; Jean-Renaud Dubois notre Nous; ymdelisle leur déconstruction; Michel Laurence notre drapeau; MV notre histoire; décembre notre latéralité politique.