Du calme
31 mai 2010 par Joseph Facal
Mgr Ouellet rectifie le tir, mais réclame néanmoins une réouverture du débat sur l’avortement.
Évidemment, ni Stephen Harper, ni Jean Charest, ni aucune force politique le moindrement organisée n’ont l’intention de rouvrir cette question. La croisade du cardinal n’ira donc nulle part, si ce n’est qu’elle haussera peut-être son profil au Vatican.
La situation qui prévaut chez nous en matière d’avortement reflète les vœux de la majorité. Les chances que l’avortement soit de nouveau criminalisé au Canada sont absolument inexistantes. Que vous soyez d’accord ou pas est une autre question.
Cette affaire me laisse tout de même un drôle de goût dans la bouche.
Au Québec, l’Église catholique perd ses fidèles. Le clergé vieillit et n’a pas de relève. Si la religion catholique reste une référence importante pour beaucoup de Québécois, l’Église, comme institution, n’a pratiquement plus aucune influence chez nous.
Mgr Ouellet, lui, prône un conservatisme si rigide qu’il ne donne aucune envie de dialoguer avec lui. Il fait peut-être plaisir à une petite frange, mais il repousse plus qu’il n’attire. C’est comme s’il avait vécu en dehors du dernier demi-siècle, ce qui ne veut pas dire qu’il faille absolument trouver formidable tout ce que charrie notre époque.
Il y a donc quelque chose d’hallucinant dans la disproportion entre les positions ultra-minoritaires et sans avenir du cardinal et l’hystérie de certaines réactions à son endroit.
Comme c’est souvent le cas, quand Mgr Ouellet parle, le peuple reste calme et fait sa petite affaire. L’industrie du bavardage médiatique et la classe politique, elles, perdent les pédales et disent n’importe quoi.
Un chroniqueur habituellement fin et subtil, dont je suis un grand admirateur, a souhaité au cardinal une mort lente et douloureuse. J’ai lu aussi des allusions au frère du cardinal qui étaient d’un goût plus que douteux et sans aucun rapport avec le débat en cause ici.
On a même évoqué une motion à l’Assemblée nationale, comme si l’affaire Michaud ne nous avait pas enseigné qu’il est périlleux, dans une société de libre expression, d’utiliser un parlement pour statuer sur des opinions individuelles.
Pourquoi répondre à une opinion marginale par une telle démesure, une telle hystérie ? Pourquoi cette disproportion, cette émotivité, ces emportements qu’aucun danger imminent ne justifie ? Pourquoi cette incapacité à répondre sereinement ?
La réponse-cliché est que les femmes ont mené jadis un difficile combat qu’elles ne veulent pas mener de nouveau. Elles ont cependant livré le même ailleurs en Occident.
J’habite en Europe depuis un an. Tous les jours, des personnalités disent des choses sidérantes et on n’en fait pas un plat. Excusez-moi, mais certaines réactions aux propos de Mgr Ouellet faisaient penser à un commérage de petit village qui n’a rien de mieux à faire.
Je pense que nous faisons ce bruit de casseroles pour ne pas trop nous avouer l’insignifiance profonde de notre vie politique et notre peur d’affronter les questions vraiment importantes.
Plus largement, l’effondrement de la religion fut très rapide chez nous et laissa un vide éthique que ni l’État ni la laïcité n’ont su combler. Nous vivons donc la modernité comme une nouvelle religion, en l’embrassant avec ferveur, frénésie et sans aucun recul critique. Du calme s’il vous plaît.
35 réponses à “Du calme”
Bonjour monsieur Facal,
le Cardinal Ouellet est un chef religieux qui a le droit de « prêcher » selon les principes de son Eglise. Le problème est qu’il le fait sur la place publique. Il devrait se limiter à « protéger » ses « ouailles » en leur évitant de tomber dans le « péché » lors de ses enseignements religieux faits à l’église. A cet endroit, il ne risquerait pas de choquer beaucoup de fidèles car ils y sont parce qu’ils ont des croyances similaires aux siennes. Et ceux qui ne seraient pas en accord avec lui, où l’exprimeraient,où remettraient en question leur appartenance à cette Eglise.
En intervenant sur la place publique,en tant que chef religieux, pour demander que la question de l’avortement soit rediscutée au niveau social, il mêle le politique au religieux. C’est semblable à un chef religieux islamiste qui viendrait demander sur la place publique de discuter de la nécessité pour toutes les femmes de porter le voile afin de ne pas « provoquer » les pulsions libidinales masculines. On dirait à cet imam de s’en tenir à sa mosquée et à ses fidèles. D’ailleurs, c’est précisément ce qui se passe présentement: si les femmes de cette religion veulent porter le voile dans leur vie privée, elles le peuvent sans problème mais on trouve inacceptable qu’elles le fassent en publique.
Vous dites que le Cardinal Ouellet « repousse plus qu’il n’attire ». C’est probablement vrai mais, s’il se taisait de peur de perdre des fidèles, il se renierait lui-même, ce qui ne serait pas la marque de la conviction. N’est-ce pas d’ailleurs ce que l’on a souvent reproché aux politiciens du PQ i.e. de ne pas parler de souveraineté de peur de « repousser plus que de n’attirer »? Je crois qu’une personne intègre doit s’exprimer selon ses convictions. Il est souhaitable d’obtenir l’adhésion des gens par la conviction que par la peur car de cette dernière facon, cela peut se retourner contre son auteur. N’est-ce pas ce qui est arrivé à l’Église Catholique? Et cela pourrait bien arrivé au Fédéral aussi…
En conclusion, parler à qui l’on doit au bon endroit évite les esclandres.
Dans un débat public je suis d’avis que le respect est une donnée importante. Et le respect, ou bien on l’inspire, ou bien on l’impose, selon que ceux à qui l’on s’adresse reconnaissent l’autorité de celui ou celle qui prend la parole.
Or l’autorité, pour qu’elle soit véritable c’est de la compétence qu’elle doit procéder. C’est pourquoi le pouvoir hiérarchique ne suffit pas toujours à l’établir.
Est-ce que dans la situation actuelle et à ce propos, le Cardinal rencontre ces conditions ?
C’est peut-être un angle sous lequel il faut considérer en partie du moins ce débat animé qui agite notre espace public.
Un débat de société comme celui sur l’avortement sera-t-il un jour clos définitivement ? J’en doute. Mais son issue sera toujours temporaire.
Évidemment le Cardinal est libre d’exprimer ses conviction et faire état de ses croyances. Mais cette liberté appartient à tout le monde, y compris à ceux qui pensent le contraire, et croient à autre chose.
D’une certaine manière j’ai tendance à faire une sorte de parallèle entre le débat sur l’avortement et celui sur les symboles religieux. Dans les deux cas avons nous remarqué que ce sont les femmes qui sont au centre de la question?
Par ailleurs je pense aussi que c’est effectivement un bruit de casserolles et qu’il va mourir de sa belle mort incessamment à la faveur d’un autre tintamare.
Sur le fond de la question de l’avortement, je donne raison au cardinal Ouellet. On avorte pour n’importe quelle raison, sérieuse ou futile. Ce n’est pas de bon augure pour l’avenir d’un peuple. Quant à vouloir ouvrir le débat au niveau politique, je crois que le cardinal Ouellet se trompe grossièrement. Criminaliser l’avortement serait un remède pire que le mal. Qu’il exprime publiquement la doctrine de l’Église catholique, c’est son droit. Et c’est même bon ne serait-ce que pour briser notre culte de la pensée unique. Qu’il s’engage sur le plan législatif c’est une erreur.
J’aime bien cette citation du pape Benoît XVI « Toutefois, il ne paraît pas inutile de souligner qu’elle (l’Église) possède, en tant qu’institution, un droit à s’exprimer publiquement. Elle le partage avec tous les individus et toutes les institutions pour livrer son avis sur les questions d’intérêt commun. L’Église respecte la liberté pour tous de penser autrement qu’elle ; elle aimerait aussi que soit respecté son droit d’expression. » Un texte bien équilibré, je trouve.
Benoît XVI, 24 avril 2010 recevant l’ambassadeur de Belgique
Bonjour M. Facal,
Les propos de Mgr Ouellet peuvent déplaire à certains, mais le fond de son message mérite réflexion.
29 000 petits Québécois de souche, garçons et filles, sont supprimés chaque année, arrachés de leur terreau.
Saviez-vous que le nombre d’enfants qu’on empêche de venir au monde chaque année au Québec est équivalent à la population entière de la capitale de la Beauce, Saint-Georges, ou de la population de villes comme Val-d’Or, Alma, Boisbriand ou Sept-Îles? On raye de la carte l’une de ces villes année après année et il faudrait trouver cela normal, moderne et civilisé?
300 000 bébés depuis 10 ans, cela représente la population totale de la capitale nationale du Québec où je suis né (avant les fusions avec les banlieues). Imaginez un instant la ville de Québec entièrement désertée et vidée de ses habitants. Une bombe atomique ne ferait pas pire. Mathématiquement parlant, l’équivalent de l’hécatombe de Nagasaki se répète chaque année ici-même et personne ne trouve à redire à la chose.
En tant que nationalistes, pouvons-nous rester indifférents à l’idée de supprimer une ville entière du Québec chaque année? Ce chiffre astronomique de 29 000 est plus gros que la population de toutes les villes et villages du Québec sauf 33.
Et, qui plus est, ce chiffre correspond démographiquement parlant au nombre précis de personnes requises, c’est-à-dire le seuil de remplacement, pour que la population québécoise se maintienne et se renouvelle sans le besoin de recourir à l’immigration.
Il serait temps de réfléchir sur la question et de proposer des alternatives afin de conserver tous les enfants québécois que nous créons. Une politique nataliste doit favoriser les naissances, par l’inverse.
Réjean Labrie, de Québec.
Quoi qu’on dise, quoi qu’on pense, il ne faut pas oublier que la décision de poursuivre une grossesse est une décision qui appartient à la mère porteuse après consultation du géniteur s’il y a lieu. Bien entendu, l’avortement comme moyen de contraception est inacceptable mais il revient à la femme de décider puisqu’elle seule connaît l’ensemble de ce qui la concerne. Il faut surtout éviter la culpabilisation en qualifiant l’avortement d’acte criminel. Après tout, la nature elle-même élimine l’ovule non-fécondé et cela n’est pas considéré comme la perte d’un enfant potentiel. Et qu’en serait-il de la masturbation que l’Église considère comme étant un « gaspillage » de spermatozoïdes? Il n’y a pas si longtemps, l’Église culpabilisait les femmes (mariées) qui « empêchaient la famille » parce qu’elles ne se retrouvaient pas enceintes chaque année. Tous ces comportements sont de nature privée et ni l’Église, ni l’État ne doivent s’en mêler. Chacun peut avoir une opinion par rapport à ces comportements mais seule les personnes concernées peuvent décider de leur situation.
Quelle était déjà la déclaration faite lors de la rédaction de la Constitution francaise suite à la révolution?: Chaque individu naît libre…
Bonjour M. Facal,
Vous avez effectivement raison : les propos de Mgr Ouellet auraient été accueillis avec calme en Europe. Mais ici, on a l’épiderme sensible.
Ce que je retiens le plus de votre chronique, c’est votre dernier paragraphe. Vous dites qu’il y a un vide éthique au Québec et que la société ne jure que par la modernité, avec ferveur et sans aucun esprit critique.
Notre société a perdu ses repères. Elle ne jure que par la consommation ( consumation) et n’a aucun projet collectif rassembleur. Dommage !
Vous connaissez mon intérêt pour notre régénération.
Nous dégénérerions depuis 40 ans. Jacques Henripin a dit en 1989 que l’immigration n’était pas un moyen substitut à un fécondité insuffisante. J’aurais parlé d’engendrement pour que l’affaire ne soit pas surtout une affaire de femme et d’homme qui s’accomplissent mais aussi celle d’une société qui évolue au rythme des possibilités de son environnement.
Y-a-il quelque chose d’absolu ? L’absolution Mgr Ouellet ?
Le peuple ? Après le hockey, place aux émissions d’été, au baseball, au BBQ plutôt que au PQ, au PLQ, à l’ADQ. Même la reine de la nouvelle droite intergénérationnelle et sa gang prend des vacances.
Vous n’y allez pas avec le dos de la main morte Réjean Labrie et vous amenez une bourrasque d’air frais.
RenéP est plus modéré et je pense qu’on peut s’accommoder de sa compréhension sans mettre en danger la survie de notre nation. On était six millions, fallait se parler, s’est-on parlé du voisin qui veut marier sa fille ?
La survie d’une nation est ouverte à l’Église ou à un public plus grand, l’État. La majorité l’emporte là où l’intelligence, l’argent ou la force ne domine pas.
La révolution française date de 1789 si je ne me trompe pas. Ils étaient moins d’un milliard ? Nous sommes passé depuis à 7,8 milliards d’humains. La liberté des uns est dorénavant davantage limitée par la liberté des autres.
Ici, on est un petit marché, M. Tremblay, où l’ordre marchand a remplacé en moins de deux l’ordre religieux. Effectivement, ça peut créer un vide éthique sur lequel votre homonyme Rodrigue s’est très penché.
Avoir un petit marché intérieur ne pose aucun problème à une nation, en autant qu’elle sache demeurer compététitive sur le marché de l’exportation, ce que le Québec réussit.
Ne pas oublier que parmi les 10 pays les plus riches du monde, 8 ont un marché interne plus petit que celui du Québec.
Le problème du Québec n’est pas tant le vide religieux que spirituel. L’ordre marchand, laissé à lui-même, ne produit que des injustices, des saccages environnemetaux et un plus grand écart entre les riches et les pauvres. N’y aurait-il pas une troisième voie qui serait autre que le corset religieux et le capitalisme sauvage ?
Il y a effectivement un vide éthique. On le voit dans notre classe politique, chez les banquiers qui cachent une partie de leurs profits dans des paradis fiscaux, chez les pétrolières qui n’assument pas leurs responsabilités et chez une bonne partie de la population qui pratique l’évasion fiscale.
Nous vivons dans un « vide éthique » de dire Joseph Facal. Il a parfaitement raison. Quelle est la morale actuelle des Québécois ??? Sommes-nous uniquement motivés par la consommation ? En se débarassant de tout cadre morale ou éthique, les Québécois ont emprunté la voie la plus facile. Mais la facilité n’est-elle pas une valeur des Québécois ? Nous sommes réfractaires à l’effort. Pensons seulement à notre système scolaire où l’effort est banni. Et que dire des fonctionnaires qui ne se font sûrement pas mourir au travail…(plus de 500 000 fonctionnaires au Québec !). Notre faible taux de productivité le prouve. Télévision, vacances dans le sud, divertissement, automobile, consommation,restaurants: voilà le monde merveilleux des Québécois. Un peuple qui craint l’effort finit mal. Il est donc normal que beaucoup réagissent avec horreur devant les propos du cardinal Ouellet. Les Québécois n’aiment pas se faire remettre en question car ils n’ont plus de repères. Laissons-les dormir dans leur confort petit-bourgeois.
Bonjour, j’écris pour la première fois un commentaire même si je ne suis pas à la première lecture de votre blog, M. Facal.
Je veux noter de votre commentaire non pas son contenu mais, votre façon d’analyser. Elle est différente de la majorité québécoise. Vous situez les éléments pour rendre compte de la réelle influence d’un élément politique dans la société et de l’importance, alors, que nous devons lui accorder. Vous ne faites pas comme tous les autres.
Clairement, dans le début de votre texte, vous voyez la force d’Harper et Charest insuffisante puis l’opinion de la majorité, à ce propos.
Il n’en faut pas plus pour comprendre qu’il ne faut même pas en parler de cette déclaration.
Mais au Québec, nous ne faisons pas d’analyse comme vous le faites, nous réagissons. Ce n’est pas comme ça que nous dirigeons les affaires de l’État. Souhaitons nous bonne chance pour notre avenir.
Bonjour monsieur Facal, je suis très heureuse qu’un ami blogueur mais fait découvrir votre blog que je juge très pertinent, j’espère vous voir répondre aux commentaires.
Je partage votre opinions sur les réactions hystériques des médias (mais aussi sur certains blogs) Il semble que l’impolitesse et la bassesse soit de mise à certains endroits. Sans parler aussi de la tactique de tout mettre dans le même sac et de ne faire preuve d’aucun discernement: « Le cardinal ne peut parler de l’avortement c’est un homme ! Le pape ne peut parler de moral car il y a des prêtres pédophiles ! blablabla » Comme si pour avoir une opinion sur la drogue il fallait être dealer…
Enfin passons, il y a clairement eu une dérape collective et je me demande si le lynchage n’était pas proche. Pourtant ne dit-on pas que nous sommes une société ouverte et tolérante ? Depuis longtemps, comme historienne, j’ai la conviction que la tolérance est une balance qui ne fait qu’aller plus à droite ou à gauche. Maintenant la mode est à la démonisation de l’église catholique.
Maintenant, je voudrais revenir sur un point que je juge capital et que j’ai entendu ad nauseam celui de « on ne réouvrira pas le débat ». Wow l’argument massue du mouvement féministe pro-choix ! Comme historienne je le trouve d’un ridicule consommé ! Depuis quand un débat-il clos pour l’éternité ? si tel serait le cas cette société serait drôlement sclérosée. C’est par la réouverture des débats qu’une société montre son dynamisme.
D’ailleurs quel débat ? Y a t-il vraiment eu un débat sur la place publique pour l’avortement au Canada ? Un débat qui ne se réduirait pas à cracher sur les prélats catholiques qui d’ailleurs ne repésentent pas les seuls tenant du débat ! Il y a des gens qui ne sont pas catholiques ou même croyants qui sont contre l’avortement (ou du moins pour une réglementation et un encadrement légal de l’avortement) et dès qu’ils ouvrent la bouche ils se font montrer la porte. La censure agit et est assez puissante quoi qu’on en pense.
Sur quoi se base-t-on pour dire que la majorité des Canadiens sont en faveur de l’avortement ou du statut quo actuel ? un sondage ? 1000 personnes pour représenter la population du Canada ? Honnêtement je connais beaucoup de personnes qui n’osent même pas donner leur opinion sur l’avortement tellement la lobbying pro-choix ets fort et le mépris rapide.
Et pour avoir une opinion sur l’avortement, il faudrait que les Canadiens soient au courrant des faits non ? Hors une chercheuse en sociologie a déjà affirmé que les données sur l’avortement au Canada semblent bien difficiles à obtenir…
Les faits sont que le Canada est un des rares (le seul ?) pays de l’Occident qui ne possèdent PAS de loi sur l’avortement. Niet pas de loi pour encadrer l’avortement au Canada ! Tout au plus un jugement de la cour suprème en 1988 (jugement Morgentaler) décriminalisant l’avortement sur une question de procédure et d’inégalité entre les provinces. Depuis, l’avortement au Canada est soumis uniquement aux dispositions applicables à n’importe quelle autre intervention médicale.
Par la suite, en 1989, le Parlement adopté une loi qui fut cassé par le Sénat sur une question égalité des votes !
Monsieur Facal, comme historienne cela me donne un profond malaise: la démocratie est un procédé par lequel vous et moi avons des repésentants ÉLUS qui nous consultent et se réunissent au PARLEMENT pour établir des lois qui ensuite pouront occasionnelement être débattus dans leur interprétation par les différents palliers de Cour.
Or ici nous avons le cas ou le jugement de la Cour (composé de membres NON ÉLUS) fait force loi et qu’ensuite le Sénat (encore une fois NON ÉLUS) court circuite la démocratie.
Bref, nous avons ici une « absence de loi » pour réglementer l’avortement, ce qui fait en sorte qu’au Canada on peut avorter jusqu’à naissance vivante de l’enfant (39 semaines ???) est-ce vraiment ce que le Canada veut comme société ? et comme payeurs de taxe ? parce que ça aussi il faut le dire, l’avortement ce n’est pas ce qui se passe dans la chambre à coucher et dans le corps de la femme c’est ce qui se passe en salle de chirugie et dans nos poches !
M. Facal, j’aimerais savoir où en sommmes-nous avec un nouveau parti de droite au Québec? À quand enfin un vrai partie représentant une grande partie de la population délaissé politiquement parlant. Je rêve d’un parti fièrement identitaire et conservateur qui pourra nous guider dans le droit chemin vers un Québec fort et autonome. Suis-je le seul à rever de grandeur pour le Québec??? :/
Il est étonnant que vous trouviez allucinant les réactions aux propos de Mgr Ouellet. Vous devez certainement savoir qu’au Québec on ne remet jamais en question les causes entendues. S’essayer, c’est encourir l’insulte, Mgr Ouellet en sait quelque chose. Remettez en cause le modèle québécois, le réchauffement anthropologique de la planète, le privé en santé et, soit les médias n’en parleront pas soit vous serez abîmé d’insultes. Au Québec on ne connait pas ça les débats, écoutez ceux de l’Assemblée Nationale pour vous en convaincre.
@ Pierre Desbiens
Il faudrait s’entendre sur la définition du terme « fonctionnaire ». Si on parle du personnel qui travaillle dans les ministères et organismes gouvernementaux, on en compte 70 000, ce qui est loin du 500 000 dont vous parlez. De plus, ces gens travaillent très fort; le mythe du fonctionnaire qui lit des romans est révolu. D’ailleurs, l’augmentation de congés de maladie pour burn out en témoigne.
Maintenant, si on considère les personnes qui émargent au budget de l’État, on arrive effectivement au chiffre approximatif de 500 000. Il s’agit du personnel des sociétés d’état non rattachées à la fonction publique proprement dite ( HQ, Loto-Québec, SAQ, etc ) On ne sait pas si ces gens travaillent fort ou pas.
Sur les 500 000 dont vous parlez, il y a tout le personnel du système de santé et des services sociaux et de l’éducation. Ils sont plus de
300 000 et ils travaillent très fort, tout en étant peu reconnus.
Vous avez raison, M. Desbiens: nous sommes un peuple qui ne vit que pour consommer et qui n’a plus de repères. C’est le règne du confort et de l’indiférence.
@ Tomy Lachapelle
Je rêve également de grandeur pour le Québec. Je ne crois cependant pas à un nouveau parti conservateur. On en a déjà deux avec le PLQ et l’ADQ. Les conservateurs ne sont pas orphelins en termes de partis politiques pour les accueillir.
Selon les derniers écrits de M. Facal, un nouveau parti a à peu près pas de chances de percer au Québec en raison de du bipartisme. Et il n’y a pas lieu de classer M. Facal dans un camp conservateur ou de « droite ».
@ Eleonore
Je trouve qu’il y a trop d’avortements au Québec. Le fait qu’il soit gratuit et que trop de gens lew considèrent comme une méthode de contraception est inquiétant. Par principe, je suis contre la peine de mort. Bien que Mgr Ouellet dit que l’avortement est un crime, il a bien spécifié que ce n’était qu’au point de vue moral et selon le droit canonique, lequel n’a pas force de loi.
Par contre, il est hors de question, selon moi, de criminaliser les personnes qui y ont recours. Il est cependant temps de réfléchir comme société au fait que face à une grossesse, il y a trois acteurs en présence, soit la femme, le géniteur et l’enfant à naître. Un jour, on reconnaîtra que Mgr Ouellet a bien agi en lancant le débat.
Bon, j’arrive avec mes gros sabots et une question grossière qui leur sied bien. :-D
Ça se pourrait-y que, justement parce qu’on déserte notre religion et qu’on sent que ce « vide » social tend à être comblé par la religion des « autres », on en veuille à mort à ces cardinaux et prêtres qui semblent tout faire pour encourager notre désintérêt pour l’église au lieu de faire le contraire?
Je réfléchis à voix haute là…
A Carole Chouinard,
si on déserte notre religion, c’est peut-être parce que le message qu’elle véhicule n’est pas significatif,
c’est peut-être parce que ceux qui livrent le message ne sont pas crédibles,
c’est peut-être parce que les gens ne sentent pas le besoin d’être guidés spirituellement pour cheminer dans la vie,
mais ce n’est pas nécessairement parce qu’on « en veuille à mort à ces cardinaux et prêtres… »dont certains sont bienfaisants mais d’autres ne sont vraiment pas à leur place dans cette Eglise.
@marc tremblay
Définition de fonctionnaire : « Personne qui occupe un emploi permanent dans une administration publique. » Tiré du Larousse.Et ça, il y en a des centaines de milliers au Québec. Quant au fonctionnaire qui travaille fort, ne me faites pas rire. Ne me dites pas que vous gober tout ce que disent les chefs syndicaux ??? Quelqu’un qui travaille fort c’est un mineur, un bucheron, un vidangeur, un agriculteur, etc. Les fonctionnaires voudraient bien qu’on les prennent pour de pauvres exploités du 19e siècle, mais ça ne prend pas dans la population.
Je trouve que le commentaire de Eleonore est très juste. L’argument massue du débat clos est un très bon exemple.
Allez dire la même chose à un souverainiste, que le débat sur la souveraineté est clos puisque nous avons déjà voté ( 2 fois en plus) pour maintenir le lien avec le Canada. Que répondrait-il ?
Mais pour l’avortement, les pro-vie répondent toujours que le débat est clos alors qu’aucune loi n’encadre l’avortement. Je suis pour le libre choix mais j’aimerais que comme société nous essayons par tous les moyens de réduire le nombre d’avortements au strict minimum.
29 000 avortements par an est un nombre presque scandaleux, quand on compare avec environ 75 000 naissances, pour une société riche et capable de prendre soin de ses jeunes. De reprendre le débat en demandant si nous pouvons faire mieux me semble correct et même louable sans pour autant tenter de recriminaliser.
Carole
Le problème, c’est qu’en désertant notre religion, deux phémomènes en ont découlé. Un : on a perdu tous nos repères, car la religion catholique, malgré ses lacunes, a beaucoup fait pour la cohésion sociale. Deux : en confondant religion et spiritualité, on a jeté le bébé avec l’eau du bain.
La spiritualité, i.e. croire en une puissance supérieure, est essentielle au développement de l’esprit humain, à l’élévation de son âme (soul).
Je suis depuis quelque temps la « croisade évangélique » de Mgr Ouellet. Je pense qu’il souhaite une communauté de fidèles croyants réellement à tous les enseignements de l’Église (même si réduite) à une communauté de fidèles tièdes, dont plusieurs fréquentent l’Église par habitude et non par conviction profonde.
A t’il tort ou raison ? L’avenir nous le dira. Moi aussi, je réfléchis sans penser une seconde, tout comme vous, que je détiens la vérité.
J’ai l’impression que l’Église est à la croisée des chemins, tout comme la nation québécoise. Espérons que nous n’allons pas continuer à nous refroidit, comme l’a prédit un prospectiviste, Kimon Valaskakis, à la fin des années 70.
Bonjour Monsieur Facal,
Selon moi, une des raisons pour laquelle Mgr Ouellet veut relancer le débat sur l’avortement est de profiter de l’occasion d’amener les gens à focuser sur autre chose que les problèmes des prêtres pédophiles.
Il se sent fort dans ses positions car, en effet, c’est difficile de dénigrer quelqu’un qui parle de l’aspect primordial du sens de la vie, des femmes en détresse et de la protection de l’enfant. Ainsi, opportuniste, aura-t-il trouvé judicieux d’entrer de pied ferme dans ce débat.
Beaucoup de gens réagissent nerveusement à son intervention. Dans les cas où les répliques sont les plus cinglantes, on peut comprendre que ce n’est pas seulement le dossier qui est pris en compte. On peut sentir de la négation, du rejet vis-à-vis l’organisation religieuse.
Dans l’ancien temps, cette organisation était utile pour apporter un code de conduite aux hommes encore conditionnés par leurs vieux instincts de guerriers (y compris leurs exutoires) et pour apprendre les bonnes manières aux enfants. Mais, après quelques siècles, avec la foison des facultés dans les universités, l’homme, dans sa marche vers la lumière, en est venu à découvrir et à mieux comprendre bien des phénomènes que l’on appelait antérieurement des mystères. Non seulement dans les sciences en général, mais dans d’autres domaines plus près de l’humain tels que la psychologie, le développement de la personne humaine et la vie en société.
Je suis porté à croire que beaucoup d’antagonistes des représentants de nos organisations religieuses sont trop pressés de les voir disparaître. Il en résulte qu’ils ont de la difficulté à transiger avec eux dans cette confrontation des visions, les trouvant dépassés et biaisés. Une question pertinente s’impose d’elle-même: qu’est-ce que ces interlocuteurs (ces religieux) peuvent apporter pour faire évoluer le débat quand ils ne partagent même pas au départ le sens des théories de l’évolution. Leurs conceptions reposent sur le créationisme qui met l’homme et la terre au centre de l’univers. Toute la finalité de l’homme (telle que définie dans le catéchisme) dépend de cette théorie au départ que Dieu a tout créé pour l’homme et que celui-ci en retour est là pour lui rendre un culte. De plus en plus de gens qui ont investi beaucoup de temps dans la réflexion sur le sens à donner à leur vie en viennent à la conclusion que cette organisation religieuse ne propose pas un projet adéquat. Voilà pourquoi les dirigeants de cette organisation rencontrent de plus en plus de résistance.
RenéP.
Je ne dis pas qu’on déserte notre religion parce qu’on en veut à mort à des cardinaux et des prêtres. Je dis qu’on leur en veut de dire des conneries réactionnaires.
Normand ajoindre
Bravo pour votre excellente dialectique. Je ne partage toutefois pas certains points de votre argumentation. Je ne crois pas que Mgr Ouellet est entré dans ce débat pour occulter le phénomène de la pédophilie chez les religieux, phénomène soit dit en passant qui touche autant les hommes et les femmes mariés. Je crois que le cardinal a profité de la décision d’Ottawa d’exclure l’avortement des enjeux sur la santé maternelle et à l’invitation des pro-vie.
Également, je comprend que la religion catholique ( et non les enseignements de Jésus) ne répond pas aux questionnements sincères que se posent plusieurs personnes sur le sens de la vie. Par contre, vers quoi ou qui peuvent-ils se tourner ? On a perdu tous nos repères et le sens moral se perd de plus en plus. Tout est devenu relatif et toutes les valeurs se valent, ce qui est faux.
Si elle veut se maintenir, l’Église doit raffiner son discours, pas le modifier.
@ Pierre Desbiens,
Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit, même si c’est dans le Larousse. Allez faire un stage dans la fonction publique et vous constaterez que tous travaillent très fort. De plus, les employés d’hôpitaux et des écoles travaillent très fort.
Je ne gobe pas tout ce que disent les leaders syndicaux: je parle d’expérience. Il y a aussi plein de gens qui travaillent fort et que vous n’avez pas nommés : les médecins, les avocats, les chauffeurs de taxis, les travailleurs de la construction, etc…
A Victor Beauchesne,
« 29,000 avortements par an est un nombre presque scandaleux… »
A mon avis, le scandale ne se trouve pas dans le nombre mais dans le geste lui-même si celui-ci n’est pas justifié. Un seul avortement réalisé comme moyen contraceptif est scandaleux. Vingt-neuf mille qui seraient réalisés pour sauver la vie de la mère ne le seraient pas. Voler $1.00 à un pauvre est comme voler $1000.00 à un riche: les deux constituent un vol et sont inacceptables moralement.
A Pierre Desbiens,
pourquoi répéter ce cliché que les fonctionnaires ne travaillent pas, qu’ils sont paresseux,etc…
Que ce soit dans la fonction publique ou dans le domaine privé, il y a des travailleurs intéressés par leur travail et qui donnent un très bon rendement. Mais, il y a aussi des travailleurs qui n’aiment pas ce qu’ils font et qui ne sont pas productifs.
De plus, il n’y a pas que les travailleurs manuels qui travaillent durement. Le travail intellectuel est également très exigeant.Même qu’il est beaucoup plus difficile de récupérer intellectuellement que physiquement.Après sa journée de travail, l’enseignant est souvent épuisé alors que le travailleur manuel n’est que fatigué.
Le problème dans la fonction publique monsieur desbiens, ce ne sont pas les fonctionnaires. C’est la gestion…
@RenéP.
Nous disons la même chose. Moi je trouve que 29 000 démontre que l’avortement doit sûrement être un moyen de contraception car à ce nombre, il est difficile de croire que se sont des cas de protection de la vie de la mère.
Tellement vrai que la gestion est déficiente à tous les niveaux de l’administration publique. Une équipe de professionnels et de cadre peuvent travailler durant 6 mois pour pondre une politique qui sera « tablettée » par un sous-ministre. J’ai vu ca des centaines de fois.
Dans le système de la santé, la moitié du personnel ( incluant le MSSS et les agences régionales ) passe tout son temps à surveiller ceux qui donnent des sevices directs.
Concernant l’avortement, il n’en demeure pas moins qu’il est anormal qu’il y ait au Québec un avortement pour trois naissances.
Il est difficile, au Québec, de reconnaître vers quel destin nous nous dirigeons.
La question du droit à l’avortement est biaisé dans le sens qu’il ne se réfère qu’au droit individuel d’un choix personnel.
Je ne remets pas en question ce droit lorsqu’il y a viol ou inceste.
Une nation ne peut survivre quand elle assassine son futur (ses enfants).
Qu’il y ait moins de naissances chez les québécois (blancs, catholiques et francophones), et vous aurez un Québec soit noir ou arabe.
Le Québécois, le descendant Français, le Québec Occidental ne sera plus qu’un Québec africanisé ou arabisé!
Dans le livre récemment paru « Le dernier Testament de l’Occident », il en est question dans le sens de la survie d’une nation et d’une culture.
Si vous refusez de voir un Québec-Afrique ou un Québec-Arabe, les Québécois doivent faire des enfants.
Il en va de la survie d’une Nation et d’une Culture Noble qu’est la Culture Occidentale.
Merci.
En passant… Je suis une femme!!!
@ la décadence et à tous,
vous avez une intuition juste de ce que n’attend pas le Québec mais qui l’attend. La croissance de la population mondiale est Afrique, Asie et Amériques autres que nord.
L’espace médiatique n’est pas un espace de sérénité mais un espace de compétitivité ou l’information devient un sport extrême dans un espace publicitaire conçu bien souvent pour un minimum d’effort et de vérité. La nouveauté et l’inédit y remplacent la substance et le durable à tout les jours sur une cinquantaine de chaînes plutôt que deux réseaux francophones nationaux comme c’était en 1960. Il faudrait ajouter l’écrit et la diminution des heures de travail.
Je suis allé à l’église de mon enfance dimanche dernier (remarquez la minuscule): service anniversaire d’un frère intégré à la messe dominicale, ce qui ne se voyait pas au tournant des décennies 50-60. L’effrondrement de l’Église y est pathétique sans grossissement (remarquez la majuscule).
En spécial, on intégrait moins de 10 agneaux de six à huit ans. À l’époque, c’était un bataillon d’au moins 20 à 30 baptisés qu’on enrôlait, formait et mettait en rangée en couple avec brassard et je ne sais plus quoi pour la première communion.
Pour ce qui serait de l’insignifiance profonde de notre vie politique et de notre peur d’affronter les questions vraiment importantes, ça ne vaut pas pour les 600 mille électeurs qui ne sont pas allés voter à la dernière nationale mais pour les centaines de candidats qui, suivant comme des agneaux la ligne de parti et la gueule du chef, n’avaient rien de particulièrement motivant à leur proposer. Ils attendent un meilleur messie.
Sans la flamme du nationalisme que savait allumer Duplessis ou Bouchard, un peuple est sans pasteur. Peut-on se passer de messie ? B.F. Skinner en rêvait. La mère de nos enfants me dit que non. Elle a beaucoup lu.
On pourrait se demander comment il se fait que l’expérience ne nous ait rien appris, ou si peu, que nous n’ayons plus comme peuple, ce qui ailleurs semble être encore un réflexe normal, une pensée critique qui nous conduise à l’action.
Effectivement, force est de constater que nous n’avons plus de pasteur qui nous inspire, et nous aide à distinguer les contaminants qui se glissent entre l’essentiel et l’accessoire.
D’où le fait que nous ne semblons pas (plus) capables d’aborder les débats éthiques qui se présentent en dehors de ce que Joseph appelle «l’hystérie de certaines réactions à son endroit.» Son étant ici le Cardinal, un autre selon le sujet.
Même chose à propos de la Loi inique que vient de déposer Charest le garnement, en réponse à la cour Suprême sur la Loi 104.
Alors que de toute évidence cela consacre la situation présumément rejetée par la Loi 103, ce n’est pas du fond de la question que l’on discute un peu partout mais l’exagération ou non de l’opposition.
C’est vrai que nous n’avons plus de pasteur. Et le troupeau se meurt.
Chomsky a raison, Skinner avait tort.
@ Robert Lachance
Alors que les agents de pastorale n’ont plus de place dans les écoles, l’initiation des enfants du primaire à la première communion revient aux paroisses. Encore heueux qu’il y ait encore 10 enfants qui fassent leur première communnion.
L’Église compte de moins en moins de fidèles, mais ceux qui restent sont convaincus; bonne nouvelle !
Quant au Messie tant souhaité, je considère qu’on en a pas besoin. Chacun doit faire sa part pour assurer notre survie en tant que nation francophone. C’est une question de diversité écologique !
@ À la décadence,
Notre nation a réussi à survivre et se développer au cours des siècles. Envers et contre tous. Il serait dommage qu’elle disparaisse. La civilisation occidentale mérite de se maintenir, mais elle ne peut le faire dans le cadre du multiculturalisme qui magnifie toutes les autres cultures.
Nationalement, le talent que NOUS avons s’éparpille à l’individuelle et ne rend plus autant collectivement. Mondialement, nous sommes un millième de la population de la planète. C’est quatre fois moins que le Canada si l’on se compte et 40 fois moins que les États-unis. C’est pas grand chose mais c’est pas rien.
- Est-ce que la langue au Québec est plus importante maintenant et depuis belle lurette que la croix ?
Politiciens en choeur – Nous le croyons !
« Chomsky a raison, Skinner avait tort. »
- À quel sujet Gilles ? À ma connaissance, Chomsky n’a pas écrit en trois semaines, dans la quarantaine, vers 1940, un roman utopique sur l’avenir de l’humanité, après s’être vu refuser par le système de financement de la sécurité étatsunienne une subvention pour chercher comment remplacer dans des avions militaires des années 40 les pilotes par des pigeons pour sauver des vies humaines de son côté au détriment de vies humaines de l’autre côté je l’avoue. Une sorte d’homme de la Mancha. audio La Quête, Jacques Brel. Lequel des livres de Chomsky devrais-je mettre sur ma liste d’épicerie avant Infrarouge de Nancy Huston ?
D’accord Marc pour la diversité biologique. En ça, nous avons 400 ans d’avance au Québec en non-diversité grâce à notre fécondité passée qui a fait l’envie des chercheurs mondiaux quand j’en étais marginalement. J’abrège, c’est aride.
Il semble que le talent ne suffit pas. Le dépassement nécessaire ne s’annonce pas facile mais pas impossible. Le dépassement génétique couleur ne m’apparaît pas possible avant 50 ans. Le dépassement génétique langue est moins difficile avec les hispanos que les germanos. J’ai tâté pour des raisons de santé et comme producteur agricole débutant il y a environ trente ans la langue germanique, pour des raisons radiophoniques et par complaisance l’hispanique beaucoup plus récemment.
L’inaccessible étoile avec un grand Q serait plus près de nous que le Ciel.
- Du calme Robert !
Chomsky s’opposait aux thèses de Skinner.
Le conditionnement opérant de Skinner conduit selon moi (mais je ne suis personne de quoi je me mêle) à une forme de manipulation détestable.
Skinner étai très populaire dans les écoles de réadaptation dans les années soixante dix. Je dirais que Skinner est un conformiste, devant un Chomsky anarchisant.
Le conformisme ça donne le cardinal. La marge est étroite entre la rigueur et la rigidité.
Quant au calme, Robert, ça peut être signe de sérénité. Mais ça peut aussi être beige. Beige pâle.
Quel livre ? Pourquoi pas «entretiens avec Chomsky» de Normand Baillargeon et David Barsamian, publié chez écosociété.
Une petite citation peut-être : «Trois passions , simples mais extraordinairement fortes, ont gouverné ma vie : la recherche passionnée de l’amour, la quête du savoir et une dououreuse pitié devant la souffrance de l’humanité.».
Je suis tout à fait d’accord avec cet appel au calme, et je loue votre position monsieur Facal
Chaque citoyen qu’il soit évêque ou chauffeur de taxi, ministre ou serveur de restaurant, chacun a droit de parole dans un système démocratique. On reproche à monseigneur Ouellet de s’être exprimé publiquement? Je crois qu’on devrait s’en réjouir.
Je ne suis ni pour ni contre l’avortement. Le sujet demande beaucoup de nuances. Mais peu importe ce que je pense. L’important est qu’on puisse en débattre sereinement.
Je ne demanderai à personne de se taire. Une des denrées les plus rares chez les hommes publiques, c’est le courage d’exprimer clairement le fond de sa pensée. Nous n’avons pas besoin d’hommes publiques à la gueule de bois. Nous n’avons pas besoin d’hommes publiques qui se contentent de dire ce que la majorité a le goût d’entendre.
Je retiens la référence, Gilles, mais je crois que nous nous éloignons du sujet en nous inspirant de Skinner ou Chomsky.
Rodrigue Tremblay dans Le code pour une éthique globale est plus près de NOUS par 70 et 40 ans, deux et une génération. Il s’en passe des choses maintenant en une génération. On prévoit en hauts lieux que la population mondiale aura atteint son maximum dans une ou deux générations.
Tremblay consacre sa page 66 à l’avortement et conclu ainsi: D’un point de vue humaniste, le principe selon lequel les femmes sont propriétaires de leur corps et peuvent en disposer comme elles l’entendent, sujettes à la responsabilité qu’elles ont de respecter la vie humaine en toutes circonstances, demeure. Néanmoins, il n’appartient pas à des acteurs externes – et certainement pas à l’État – de dicter aux femmes comment disposer de leur propre corps.
Avant de conclure, il m’apprend que l’incidence de l’avortement, mondialement, serait de 26 %. On a vu dans l’avortement médical thérapeutique comme substitution aux méthodes artisanales et dangereuses un progrès médical majeur. Un gouvernement ne doit pas prohiber mais généraliser une éducation sexuelle humaniste et l’accessibilité aux méthodes anticonceptionnelles.