Articles
Commentaires

De l’audace ?

Le PQ aura des décisions compliquées à prendre dans les prochains mois.

Les choses se présentent plutôt bien pour lui. Les libéraux risquent fort d’être laminés par la crise économique et l’usure du pouvoir. Le péril adéquiste semble écarté, et Québec solidaire n’a jamais été une menace.

Je ne doute pas un instant que le courant de pensée dominant au sein du PQ doit prôner la  prudence. Logiquement, cela devrait en effet suffire pour reprendre le pouvoir dans quatre ans.

Quand on y regarde de plus près, les bases du PQ n’ont cependant pas la solidité qu’on pourrait croire.                                                                    

Le PQ est certes passé de 36 à 51 sièges lors de la dernière élection. Mais ce sont les votes qui indiquent la force réelle d’un parti. Or, il n’a obtenu en 2008 que 13 639 votes de plus qu’en 2007. Un gain moyen d’à peine 109 votes par comté, soit les passagers de deux autobus.

Par rapport au nombre total d’électeurs inscrits, il a recueilli le vote de moins d’un électeur sur cinq. Dans 62 comtés sur 125, le PQ a même obtenu moins de votes en 2008 qu’en 2007.

Sur une base régionale, il n’a progressé qu’en Mauricie et dans le 450.   Or, les électeurs du 450 sont, historiquement, les moins fidèles à un parti : ils peuvent vous tourner le dos aussi rapidement qu’ils  vous ont embrassé. Demandez-le à l’ADQ. De plus, le PQ n’a remporté aucun comté dans lequel il n’y a pas un minimum de 75% de francophones.

Malgré cela, le mécontentement à l’endroit des libéraux risque de suffire au PQ. La question devient alors : s’il gagne, quel serait le sens de son mandat ? C’est ici que les choses corsent.                                                                     

En 2007, André Boisclair promettait un référendum. On a  vu le résultat. En 2008, Pauline Marois a mis la pédale douce sur le référendum.  Le résultat fut presque similaire. Les deux menèrent pourtant d’excellentes campagnes et furent même brillants lors des débats télévisés.

Bref, il y a un manque d’enthousiasme envers le PQ, qui semble sans rapport avec les chefs ou la question référendaire. L’ADQ a perdu 700 000 votes entre 2007 et 2008, mais on compte sur les doigts d’une main ceux qui sont retournés au PQ.

Présentement, le PQ grimpe certes dans les intentions de vote en raison de l’impopularité des libéraux, mais cela n’a aucun effet d’entraînement sur la souveraineté. En 1995, Jacques Parizeau avait d’ailleurs eu toutes les misères du monde à tenir un référendum malgré une victoire électorale à hauteur de 45% l’année d’avant. Un score qui semble difficilement atteignable à l’heure actuelle.                                                                     

Si le taux d’abstention demeure élevé, une victoire du PQ ne lui donnerait pas la force politique pour faire quoi que ce soit d’un peu ambitieux. À la première bourrasque, quatre électeurs sur cinq se diront qu’ils n’ont pas voté pour cette équipe.

J’en conclus que si gagner les élections  est le seul but du PQ, sa prudence se comprend. Mais s’il veut prendre le pouvoir pour faire ensuite quelque chose avec, il faudra bientôt qu’il ouvre son jeu. D’autant qu’il est difficile de ne pas voir les problèmes criants du Québec.

8 réponses à “De l’audace ?”

  1. le 30 avr 2009 à 23:07 Fécal

    Salut Joseph,
    Les vacances ont été bonnes? J’espère que tu ne reviens pas du Mexique!!!
    Juste un petit mot pour te souligner que les 253 employés du Journal de Montréal sont toujours en lock-out?
    N’oublie pas d’avoir une pensée pour eux lorsque tu rédigeras ta prochaine chronique dans le JdeM…

  2. le 01 mai 2009 à 8:40 daveyy

    Vous faites la preuve , indirectement et involontairement, que le PQ n’est plus un parti souverainiste et qu’il prône la souveraineté que du bout des lèvres. Il y a déjà longtemps que le Bloc n’est plus souverainiste, il est devenu un parti régionaliste fédéraliste, comme l’était le Reform qui représentait l’Ouest .

  3. le 01 mai 2009 à 9:05 ClaudeB

    De toute façon, y a il, actuellement au Québec, un seul parti politique qui sache exactement ou aller? Pourtant, la grande majorité des gens à qui je parle savent exactement dans quelle direction le gouvernement devrait aller.

    Alors?

    Pourquoi donc les partis politiques actuels tournent ils constamment en rond?

    Serais-ce que les élus ne peuvent plus prendre aucune décision importantes sans recevoir, de toutes parts, des critiques de groupes minoritaires bien servi par les médias (et financés par le gouvernement)? Ou est-ce que trop d’amis ont des intérêts à ce que les choses ne changent pas?

    Pourtant personne n’ose le dire mais tous le savent, le pouvoir corrompt et nous sommes probablement dus pour un nettoyage général, les évènements de Montréal le démontrent sans ambiguïté.

    Le peuple, malheureusement, se complaît dans le confort et a peur du changement.

    Nous sommes donc dans l’impasse. La seule chose qui puisse nous en sortir, c’est un chef dynamique qui comprenne bien les problèmes auquel nous faisons face, qui soit suffisamment charismatique pour nous convaincre de le suivre et suffisamment incorruptible pour que l’establishment financier et syndical ne puisse pas l’ébranler.

    Y a il quelqu’un que le poste intéresse?

  4. le 01 mai 2009 à 12:38 Robert Lachance

    D’accord pour l’audace.

    Il faut se l’avouer humblement, démographiquement, il est passé minuit pour l’indépendance: nous ne sommes plus ni de nombre, ni d’âge. Reste peut-être possible d’améliorer notre souveraineté dans l’interdépendance.

    (Sans manquer aux serments que prononcent les députés à l’Assemblée nationale, un bon stratège ne dévoile pas sa stratégie; Guy Carbonneau avait le droit de mentir aux journalistes dans ses commentaires avant partie. Un bon stratège peut-il manquer au cinquième commandement du Code pour une éthique globale de Rodrigue Tremblay ? Ç’est du domaine personnel, libre à lui de s’y conformer plutôt qu’à l’Ancien ou au Nouveau testament.)

    P.S. Sondage CROP-Le Soleil-La Presse du 29 avril, aviez-vous lu ? Le PQ se maintient, les libéraux gagnent 5 points, incroyable, l’ADQ continue sa chute au même rythme, faux, mais le Parti Vert voit l’intention de vote à son égard passer de 2 à 8 % depuis le 8 décembre dernier; il est plus important de se laisser porter par le courant que de ramer parfois, comme vous écrivez. Les libéraux fédéraux vont regretter Stéphane Dion dans 5 ans.

  5. le 04 mai 2009 à 11:25 Dianne Dufour

    @ ClaudeB

    Vous affirmez avec la plus grande témérité [facilité] que :

    « Le peuple, malheureusement, se complaît dans le confort et a peur du changement…»

    En 1980 j’avais 30 ans… je « pensais » exactement comme vous depuis longtemps ! Pire, j’ai 0SÉ dire tout haut ce que je pensais tout bas ! …ce que plusieurs de mes « professeurs » professaient ouvertement entre les murs de notre belle Univers Cité ! ( «…les gens ont peur du changement! » )

    J’entends cette magnifique « sentence » se heurter à la résistance des individus depuis ma première participation [1969] à un Rassemblement des électeurs PÉQUISTES dans ma Région… « Le Québec aux Québécois » reprenait un message de fierté que les Libéraux de l’époque de mes parents traduisaient dans le slogan « Maître Chez-Nous » lequel rassemblait un CHOEUR de citoyens autour des VOIX les plus percutantes de l’époque : Jean Lesage… René Lévesque…

    Puis je me suis rendue à l’évidence qu’il y a « loin de la coupe aux lèvres » !

    Je me dis encore, sans aucune hésitation et à haute voix, qu’à force de répéter cette sentence… elle finit par avoir un effet de « suggestion » paradoxal / contraire à l’intention du message…

    Si je peux me permettre… de formuler ouvertement une autre « suggestion » pour annuler la première sentence… « Il est grand temps que le PARTI des QUÉBÉCOIS [citoyens] qui aspirent à une « forme » de souveraineté sur le TERRITOIRE QUÉBÉCOIS, s’applique à la révision de son « discours » afin de débusquer le vocabulaire et les formules qui ne servent plus ni les intentions du peuple à qui il s’adresse, ni les messagers, ni l’idéologie dont il portait le flambeau… au NOM de ses plus grandes et ses plus légitimes aspirations autonomistes !

    Depuis l’échec du dernier référendum… mon esprit n’a pas cessé de QUESTIONNER les événements sous l’angle de « la communication entre les acteurs politiques » (fédéral /provincial) ! Je n’ai pas chômé un instant…
    Pourtant, je suis confrontée à la nécessité de prendre un temps de répit, un temps de RECUL pour REVOIR la situation dans une autre perspective… et peut-être même prendre de la HAUTEUR pour VOIR la RÉALITÉ des QUÉBÉCOIS avec une perception révisée… plus adaptée…(?) à la dimension du RÉEL…

  6. le 04 mai 2009 à 11:50 Dianne Dufour

    @ propos de la popularité fluctuante de L’ADQ…

    Je n’apprendrai rien à personne en disant que… L’ADQ à récolté une grande quantité de voix électorales, selon moi, parce ses revendications à un moment précis de notre histoire, se situait à mi-chemin entre ce que les deux autres partis proposaient ! Le PEUPLE se sentait « ÉCOUTÉ et BIEN COMPRIS » à travers le langage ADQ’iste !

    @ mon humble avis… la montée et le moment FORT de L’ADQ à été l’expression sociale et politique de « l’intelligence de la situation » dans un contexte… qui ne reproduira peut-être plus jamais !

    Malheureusement… Mario Dumont à quitté son NAVIRE avec, qui sait (?), les « meilleures intentions » du monde !

  7. le 04 mai 2009 à 11:55 Dianne Dufour

    Texte CORRIGÉ :

    @ propos de la popularité fluctuante de L’ADQ…

    Je n’apprendrai rien à personne en disant que… L’ADQ à récolté une grande quantité de voix électorales, selon moi, parce que ses revendications à un moment précis de notre histoire, se situaient à mi-chemin entre ce que les deux autres partis proposaient ! Le PEUPLE se sentait « ÉCOUTÉ et BIEN COMPRIS » à travers le langage ADQ’iste !

    @ mon humble avis… la montée et le moment FORT de L’ADQ à été l’expression sociale et politique de “l’intelligence de la situation” dans un contexte… qui ne reproduira peut-être plus jamais !

    Malheureusement… Mario Dumont à quitté son NAVIRE avec, qui sait (?), les “meilleures intentions” du monde !

  8. le 10 mai 2009 à 15:04 Robert Lachance

    Merci de garder ouverte cette conversation écrite plus longtemps que d’habitude. Je crois que ça permets des commentaires plus « songés ».

    - « Mais s’il (le PQ) veut prendre le pouvoir pour faire ensuite quelque chose avec, il faudra bientôt qu’il ouvre son jeu. »

    J’ai lu il y a environ un mois que le PQ se donnait 18 mois pour proposer un projet de pays. Plus récemment, dans Le Soleil, on parlait plutôt de 30 mois. Vérité ou stratégie ?

    Pouvoir est un bien vilain mot ici. La fin d’un parti est de faire élire le nombre suffisant de candidats, c’est-à-dire plus que n’importe quel des autres partis; plus que la somme des élus de deux autres partis, pour faire quatre ans.

    La réalité est qu’au lendemain d’une élection, un nombre suffisant de candidats présentés par un chef de parti ont gagné leur comté, ce qui confère à ce chef par lieutenant-gouverneur en fonction la mission de former le prochain gouvernement.

    Parler de pouvoir quand il s’agira de prendre la relève de presqu’une décennie d’administration Jean Charest, c’est d’une légèreté insoutenable dirait Milan Kundera. Parlons plutôt de succession, même si Jean Charest n’était pas roi. Parlons donc de responsabilités plutôt que de pouvoir et le PQ sera préféré à l’ADQ par un nombre imprévisible d’électeurs du 450, de Québec, de Beauce-Appalaches et d’ailleurs au Québec. Le pouvoir, il faudra se le faire.

    Lise Payette aimait bien Jacques Lemaire, l’inventeur de la trappe au hockey pour une équipe dépourvue de talent exceptionnel, à moyen budget et ambitionnant de gagner la coupe Stanley. Comme vous dite, le PQ, en jouant prudent pourrait vaincre sans péril mais il faut avoir à l’oeil que Maurice Duplessis en d’autres temps a fait plus que trois mandats de suite.

    Pour l’instant, le PQ doit songer à renforcer son équipe de candidats. Il pourrait innover en la matière et se donner de la profondeur en faisant ça professionnellement plutôt que traditionnellement. Il y a place là pour l’audace, tout de suite.