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Choisir son avenir

Si l’avenir du Québec vous intéresse, allez lire les deux derniers numéros de la revue L’actualité.

Dans celui du 15 octobre, Daniel Audet, ex-chef de cabinet de Bernard Landry, propose un plan de relance du Québec.

Il note d’abord qu’avec 33% des voix pour les libéraux aux dernières élections, 31% pour l’ADQ et 28% pour un PQ qu’André Boisclair voulait ramener plus au centre, rien n’indique que le Québec est plus à gauche que le reste du Canada.

Sa prescription: le remède de cheval. Quinze mesures radicales: médecine privée, privatisation d’Hydro-Québec, libéralisation complète du secteur agricole, baisses d’impôts, abolition de la sécurité d’emploi dans la fonction publique et bien d’autres. Pour la plupart, des mesures classées à droite au Québec.

Dans le cocktail d’Audet, quelques mesures authentiquement de gauche aussi, comme investir en éducation ou créer un bas de laine pour mieux financer le système public de santé.

Dans l’édition du 1er novembre, Jean- François Lisée, partisan d’une «néo-social- démocratie», y va de ses suggestions à lui : projets-pilote d’autogestion dans les services publics, hausse des tarifs d’électricité avec protection pour les plus démunis, privatisation d’un quart d’Hydro, lutte à l’analphabétisme et j’en passe.

Vous lirez vous-même. C’est plus chirurgical, moins ambitieux, souvent astucieux, pas toujours convaincant, mais cela mérite le détour.

                                                             Changer

À les lire, on échappe pourtant difficilement à l’impression que l’essentiel est ailleurs.

Entre Lisée et Audet, on sent qu’un dialogue poli serait possible, malgré des désaccords virils. Mais entre eux et la vieille gauche québécoise, aucun courant ne passe. Même les idées de Lisée sont d’insupportables hérésies pour elle.

On entend souvent dire que gauche et droite sont des mots qui ne veulent plus rien dire. C’est évidemment absurde. Mais ce qui est vrai, c’est que le clivage dominant dans le Québec d’aujourd’hui n’est plus celui-là.

C’est celui entre ceux qui embrassent le changement avec audace, quitte à débattre entre eux des modalités, et ceux qui se replient sur les acquis, se méfient de l’individualisme, pensent qu’une société se planifie et ne jurent que par l’État.

                                                            Du caractère

Le Québec d’aujourd’hui ne manque pas d’idées. Celles d’Audet ou de Lisée circulent depuis longtemps. Il manque de leadership. Un chef de parti n’est pas nécessairement un leader.

Jean Charest n’inspire plus personne. Mario Dumont séduit, mais soulève des doutes. Pauline Marois est la plus solide, mais elle vient d’arriver.

Churchill disait qu’un leader politique n’a pas besoin d’avoir trop d’idées, d’être très instruit, ni même d’être très intelligent. Il a cependant besoin d’une irremplaçable qualité: du caractère.

Parce que s’il a du caractère, il n’hésitera pas à s’entourer de gens qui l’alimenteront pour tout le reste. Du caractère surtout, parce que les conseillers conseillent: ultimement, ce sont les chefs qui prennent seuls les décisions qui engagent tout un parti ou tout un peuple.

Les Québécois comprennent progressivement que le statu quo n’est plus viable, même si le changement les insécurise. Mais ils cherchent encore le leader visionnaire et courageux qui saura harnacher et donner une direction à cette soif collective de se remettre en mouvement.

26 réponses à “Choisir son avenir”

  1. le 18 oct 2007 à 16:29 Simon Robert

    Intéressante tout de même ces propositions pour le Québec.

    Mais en tant que citoyen engagé et souverainiste, j’essais tout de même d’être pragmatique lorsqu’il est question d’analyser des propositions politiques.

    Pour chacun des dossiers, je me demande toujours l’effet que ça pourrait avoir 1) sur le mouvement souverainiste 2) sur le plan individuel et 3) sur le plan collectif national.

    Imaginons que la société québécoise prenne une bonne grosse cuillérée de ce remède de cheval :

    J’ai beaucoup de difficulté à imaginer le Québec (et surtout le mouvement souverainiste) renoncer à quelque chose d’aussi puissant, du point de vu de la symbolique nationale, que le contrôle par notre état de notre principale ressource naturelle, l’hydroélectricité. Parlant de remède, c’est tout l’héritage de René Lévesque qui en prendrait pour son rhume. Ce serait à mon avis acheté par un consortium québécois-canadien pour éventuellement être vendu après quelques années à une multinationale américaine ou quelque chose du genre.

    Pour ce qui est de la hausse des tarifs d’électricité avec protection pour les plus démunis, c’est tout simplement le gros bon sens. Nous sommes parmi les plus gros consommateurs d’électricité par habitant. Afin que la population comprenne qu’il fasse économiser, je crois qu’on n’a plus le choix d’utiliser ce genre mesure.

    En ce qui concerne la baisse d’impôts, je me dis : pourquoi pas? Si ça peut stimuler notre économie et créer de la richesse, allons-y. En autant que ce ne soit pas seulement les entreprises qui en profitent, bien entendu.

    La lutte à l’analphabétisme, c’est comme la tarte aux pommes : personne n’est contre. Mais je crois que ça passe par un renforcement de la loi 101 (surtout en milieu de travail) et une plus grande valorisation de la langue française à l’école (cours de français et d’histoire du Québec).

    Pour les autres propositions (libéralisation du secteur agricole, abolition de la sécurité d’emploi dans la fonction publique, autogestion dans les services publics), je l’avoue, je ne suis tout simplement pas assez renseigné à ce sujet.

  2. le 18 oct 2007 à 16:42 Mathieu D

    Je n’ai pas lu les textes de l’Actualité, et je m’empresserai de les lire avec intérêt.

    Vos propos traduisent bien mon sentiment à propos de la gauche et de la droite. Je crois qu’il y a au Québec une grande confusion entourant ces concepts. Je crois par ailleurs qu’il s’agit d’étiquettes qui ne sont pas tellement utiles à faire avancer le débat sur l’avenir du Québec.

    Plusieurs, se proclamant de la gauche, défendent avec intransigeance le « Modèle québécois » et refusent systématiquement toute remise en question de ses grands dogmes. Cette « vieille gauche » adore qualifier de « droite » tout ce qui remet en question un tant soit peu nos “acquis sociaux” au plan de la fiscalité, du rôle d’Hydro-Québec, de l’État interventionniste, de l’offre de service publique en santé et de la place du privé, etc. Pourtant, s’il est vrai qu’une droite idéologique remet en question notre modèle social pour des raisons, justement, idéologiques, il y a également des personnes plus à gauche ou centre-gauche qui questionnent l’efficacité ce fameux « modèle » d’une autre époque.

    Personnellement, je m’identifie plutôt à gauche de par mes valeurs personnelles. Je crois du même coup que notre modèle de société doit être revu de façon assez drastique. Pas pour des raisons idéologiques, mais par pragmatisme : dans un proche avenir, il y aura un travailleur pour deux retraités pour financer nos services sociaux qui risquent de s’écrouler.

    Par exemple, les coûts pour maintenir notre système de santé public (on ne même parle pas de l’améliorer) ne cesseront de croître : coûts des médicaments, d’énergie, de main d’œuvre, des équipements de fine pointe, augmentation de la demande de service (la population vieillit), pénurie de main d’œuvre qualifiée (une partie fuit le Québec pour obtenir de meilleures conditions), offre de service publique généreuse… Ces coûts représentent déjà 40% de nos dépenses publiques alors que la situation en éducation n’est pas plus rose, nos routes nécessitent des investissements majeurs, notre performance économique est désastreuse et, selon de récents sondages, les Québécois jugent que le gouvernement devrait dépenser davantage en matière d’environnement. Les contribuables québécois (classe moyenne) sont déjà parmi les plus taxés d’Amérique du Nord et nous avons une dette combinée de près de 125 milliards. Trouvez l’erreur.

    Et il y a encore du monde pour dire que le modèle est encore adéquat et qui s’opposent avec virulence à la moindre remise en question… C’est la preuve que cette vieille gauche (qui compte dans ses rangs plusieurs jeunes) est devenue ridiculement conservatrice, attachée à des moyens du passé qui se sont montrés outrageusement inefficaces à résoudre les problèmes d’aujourd’hui.

    En tout cas… Au plaisir de vous lire à nouveau, et merci pour l’excellent texte, encore une fois.

  3. le 18 oct 2007 à 16:50 Mathieu D

    Oh! En passant, M. Facal, je sais que vous appuyez Mme Marois. Franchement, je ne suis pas impressionné jusqu’à maintenant. Je veux bien donner la chance au coureur, mais j’ai très peu de matériel jusqu’à présent qui me donne espoir qu’elle mette en chantier une vision renouvelée du Québec. D’ailleurs, même si elle le souhaitait réellement, il y a fort à parier que son parti lui mettrait des bâtons dans les roues.

    Malgré son opportunisme apparent et les incohérences de son discours qui me déçoivent beaucoup, Mario Dumont demeure celui qui incarne le mieux ce type de changement actuellement. J’aimerais tellement avoir une alternative plus cohérente… À quand un parti des lucides ? :)

  4. le 18 oct 2007 à 17:03 jean claude pomerleau

    De quoi parle t on, si non de se donner une stratégie d état pour amélioré la productivité politique (et oui) et économique du Québec. Bref de créer un état optimal (géopolitique). Pour ne pas se perdre dans des débats idéologiques (cet état optimal n est ni solidaire, ni lucide mais bien “lucidaire”). Pour être concret, existe t il des exemples de pays qui ont réaliser l état optimal: OUI. Ce sont les Pays d Europe du Nord: Norvège, Suède, Danemark, Isande, Finlande. Ce sont ces pays qui ont le mieux réussit en matière de création et de répartition de la richesse, avec des politiques sociale et environnementales exemplaires. Le Québec à les mêmes caractéristiques que ces pays que lui manque t il pour se donner une stratégie d un état optimal. Deux conditions:http://www.vigile.net/Oui-mais-a-deux-conditions-l
    J ai aussi un autre texte en réponse à M Dumont ou je traite aussi de l état optimal:http://www.vigile.net/Le-Maitre-chez-nous-de-M-Mario

  5. le 18 oct 2007 à 17:19 Joseph Facal

    Vos propos, Mathieu et Simon, me frappent par leur modération et leur pragmatisme. Tout cela se discute, évidemment, et j’ai moi-même de très sérieuses réserves vis-à-vis plusieurs de ces propositions, mais c’est justement ce qui fait défaut en ce moment : la capacité à dialoguer sans être excommunié immédiatement.Mais ne désespérons pas…

  6. le 18 oct 2007 à 18:13 jean claude pomerleau

    M Facal,vous avez raison de nous prévenir contre le braquage idéologique qui est stérile alors que les défis qui se posent au Québec commandent la plus grande rigueur dans le débat. Dans mon poste plus haut j ai introduit un concept: Lucidaire. De quoi s agit il. Les pays de l Europe du Nord ont eus à faire face à des défis du genre de ceux qui se posent au Québec et, au tournant des années 90, ils ont entrepris de vastes réformes, qui ont fait évolué leurs modèles: ils sont passé de la social démocratie à la social-économie (appelons cela lucidaire). Les résultats furent probants: La Suède, avec 80 % de syndiqués a réduit sa bureaucratie d un tiers et réalisé un gain de productivité de 4%; et cela sans abandonner ses missions sociales: l état optimal c est cela. C est faisable et nous pouvons et devons le faire. Mais encore faut il pouvoir faire le débat en se débarassant des confinement idéologique.

  7. le 18 oct 2007 à 19:47 Claude Alexandre

    La clé de ce débat : c’est un chef d’État, pas un politicailleur; un visionnaire qui saura nous inspirer; un rassembleur pour qui on peut être indépendantiste ou fédéraliste et être nationaliste sans être un traitre ou un terroriste; un leader capable de s’entourer de bâtisseurs.

    Il faut reconnaître que la social-démocratie a créé un Québec plus égalitaire, mais qu’elle a oublié son pendant de créer de la richesse. Le système le moins imparfait permettrait la cohabitation des deux orientations, en somme permettre à Lisée et Audet de travailler ensemble. Il y a du bon dans les deux exposés. Mais nous sommes toujours à élaborer des mesures administratives. Nous avons trop de présidents de conseil d’administration comme chefs de partis.

    Encore une fois, il nous faut un chef d’État capable de nous galvaniser vers un idéal national au-delà de la structurite, vers un projet de nation. Où se trouve-t-il ? Et s’il apparait, allons-nous l’excommunier dès qu’il ouvrira la bouche. Qu’il soit indépendantiste ou fédéraliste ou autre chose, j’ai plutôt l’impression qu’il se fera crucifier à coup sûr. À moins qu’il soit centriste et drabe.

  8. le 18 oct 2007 à 20:50 Stephan S

    Voila une excellente raison pour laquelle j’adore consulter le blog de M. Facal. Meme s’il est un pequiste convaincu, il n’hesite pas a discuter d’idees contraires a la ligne de parti traditionnelle du PQ. Regardez aussi les Lucides.

    Tout les Quebecois, et ex-Quebecois comme moi s’entendent pour dire que le Quebec est mur pour un changement en profondeur, les solutions different, mais l’essentielle dialogue a trop souvent ete tue dans l’oeuf par les radicaux autant gauchistes que droitistes. Avec l’aide de Mme Marois qui a repousse au calendes grecques la souverainnete on peut finalement passer outre le sterile debat pro ou anti separation.

    Vivement le debat constructif qui fera un Quebec meilleur, et qui un jour redeviendra attrayant rapatrier les patriotes decus de leurs mere patrie.

    Je me considere de centre-droite, cependant je suis contre la privatisation d’Hydro-Quebec. A long terme les avantages de conserver HQ sont superieurs, surtout si on hausse finalement les tarifs pour devenir competitifs et non moins cher que la competition.

    Cependant la marche est longue pour changer la mentalite quebecoise. Des generations de quebecois ont etes eleves de maniere a se centrer sur eux-meme et ignorer la realite mondiale autour d’eux. Le choc sera tres difficile pour certains. Le sacro-saint modele quebecois, tres benefique dans les annees 70-80 a fait son temps et on doit maintenant le reinventer. La prosperite economique passe par un degraissage agressif et accelere de la fonction publique dans le but de diminuer les impots les plus eleves en amerique du nord.

    Preparez-vous a faire face a des manifestations monstres du front uni des syndicats quebecois (expression libre) qui, comme toujours, tenteront d’interferer au gouvernement et d’imposer le statut-quo. Comme on dit en business, qui n’avance pas recule. Le statut-quo egale le reculon. Le Quebec ne peux plus se le permettre.

    M. Facal dit que Mme Marois est la plus solide des 3 chef de parti. Je suis en total desaccord. Meme si sa feuille de route impressionne par la diversite des postes occupes, le bilan des realisations reste tres maigre au niveau des reussites. Encore une fois le Quebec devra choisir le moins pire, au lieu du meilleur.

    Charest est politiquement fini, et Dumont, le Super-Mario promis, a plutot une saveur de vieux politicien. Avec le pouvoir qui approche, il perd des convictions pour plaire a plus de gens. Cependant il personifie quand meme la nouvelle generation et la nouveaute, et pour cela il meriterais mon vote si j’avais encore le droit de vote au Quebec.

  9. le 18 oct 2007 à 21:45 jean claude pomerleau

    Hydro Québec: La nationalisation a été le fait d un acte d état. Les financiers canadiens ont refusé le financement. M Parizeau s est rendu à New york et a obtenu 300 millions pour réaliser le projet. Ce fut la meilleur décision d affaire que l état a pris. Maintenant est ce qu il ne faudrait pas ouvrir le capital action d HQ. Oui. Comment. Suggestion. Élevé les tarifs pour établir la valuation (compenser les plus pauvres) et vendre un 10 ou 20% à un partenaire stratégique de premier plan: Le Fond Pétrolier de Norvège OILFUND qui possède 300 milliards d actif. Pourquoi. Parce que ce fond nous met en lien avec: Norsk Hydro et STATOIL, 2 entreprises controlés par un pays qui a le mieux réussit la stratégie de réaliser l état optimal. Un modèle à suivre pour le Québec.

  10. le 19 oct 2007 à 16:33 Arnold Schwartz

    M. Facal,

    Si se méfier de l’individualisme n’est pas normal, je ne suis pas normal. Aucune société ne devient prospère si tout ces citoyens sont individualistes. Le capitalisme fait en sorte que la réussite des uns (minorité) passe par l’échec des autres (majorité). Si tous ceux qui se lançaient en affaires réussissaient se serait parfait mais c’est pas comme ça, un peu de solidarité sociale est nécessaire afin d’équilibrer le tout. Je ne vois pas dans l’individualisme une solution pas plus que dans la solidarité, il faut de la place pour ces 2 comportements selon le cas.

    On vit une époque où il faut prendre tout ou rien, c’est pour ça que les messages de droite ou de gauche ont autant de difficulté à passer.

    Lorsque je parle à des vieilles connaissance plus à droite (Conservateur et adéquiste sans compromis), on parle d’économie, de tarifs d’électricité etc.. on s’entends bien (je fais parti du ”Gros bon Sens”. Si j’ajoute qu’il faudrait peut-être abolir l’ensemble des programmes sociaux (aide sociale, prêt et bourses, assurance-emploi etc.) ils aiment bien l’idée (même si certain me disaient que c’était utopique). Mais lorsque j’ajoute que je remplacerais le tout par une sorte de revenu minimum garantie, alors là je deviens le pire des gauchistes. Il faut absolument être en accord avec le tout, sinon on devient l’ennemi.

    Même chose si je dis que je suis contre la mission actuelle en Afganistan, que je trouve que Georges W. Bush est un mauvais président et que le réchauffement de la planète existe.

    C’est pour ça que nous sommes toujours dans le Canada et c’est pour ça qu’il n’y aura pas de changement au Québec, on ne veut tellement pas faire de compromis sur rien, qu’on revient toujours au statut quo.

    Arnold

    P.S. J’ai bien hâte M. Facal de savoir où vous en êtes avec la refonte du programme du PQ.

  11. le 19 oct 2007 à 16:37 Mathieu D

    Très intéressantes les réactions suscitées par ce blog… Un espace de dialogue respectueux, des échanges d’idées…

    @Stephan S
    Je suis d’accord avec vous pour dire que « le Québec est mûr pour un changement en profondeur ». C’est également vrai que « le dialogue a trop souvent été tué dans l’œuf par les radicaux autant gauchistes que droitistes. »

    Vous dites également : « …la marche est longue pour changer la mentalité québécoise. Des générations de québécois ont étés élevés de manière a se centrer sur eux-mêmes et ignorer la réalité mondiale autour d’eux. » Vous êtes plutôt pessimiste et j’espère que vous avez tord…

    @Joseph Facal
    « …c’est justement ce qui fait défaut en ce moment : la capacité à dialoguer sans être excommunié immédiatement. »

    La capacité de dialoguer sur des propositions de réforme fait défaut en ce moment, à mon avis, parce qu’une majorité de Québécois ne partage pas encore la même perception du cul-de-sac dans lequel nous nous retrouvons. Plusieurs personnes ont l’impression que la remise en question du modèle est purement idéologique de droite… Il faut insister, je crois, sur le côté très pragmatique de la nécessité de nous remettre en question. En tant que « citoyens payeurs de taxes », nous vivons au-dessus de nos moyens. Il faut soit générer plus de revenus, soit rationaliser nos dépenses. Les remises en question de MM. Audet et Lisée exploitent ces deux avenues.

    Au stade où nous en sommes, nous n’avons plus les moyens de nos vaches sacrées. Il faut être lucide de notre situation, proposer une vision d’avenir puis miser sur nos forces, sur notre potentiel. Une fois le constat partagé par une masse critique de la population, nous serons aptes à dialoguer sur les solutions, quelles soient de droite ou de gauche. Je fais le pari qu’à ce stade, les ténors de la vieille garde se discréditeront d’eux-mêmes lorsqu’ils crieront à l’hérésie…

    @Jean-Claude Pomerleau
    Vous parlez d’un État optimal qui ne devrait être « ni solidaire, ni lucide mais bien “lucidaire”. »

    Si vous voulez… Mais cela illustre bien, à mon avis, le problème de braquage idéologique que nous avons. Comment se fait-il que lucide s’oppose à solidaire ? Après la publication du Manifeste pour un Québec lucide, réplique de la go-gauche par un manifeste pour la solidarité. Serait-ce dire qu’étant lucides, nous ne pouvons exprimer de la solidarité ? Ou encore que les solidaires ne sont pas lucides…?

    À partir de deux manifestes, nous avons au Québec créé une opposition complètement ridicule entre lucides et solidaires. Pour moi, on parle ici de deux choses différentes. La lucidité, c’est simplement ne pas se mentir à soi-même. Prendre conscience de ce que nous sommes, autant des facettes qui nous plaisent que de celles qu’on aime moins. La lucidité nous permet de nous dépasser et de nous développer. Quel est le message lorsque l’on rejette la lucidité ? Au plan social, manquer de lucidité c’est ne pas reconnaître ce qui est. C’est nous mentir à nous-mêmes en nous faisant croire que nous sommes un peuple plus égalitaire que les autres, plus vert que les autres, plus pacifiste que les autres… Que notre modèle social est sans faille… Que la plupart de nos problèmes sont attribuables à d’autres (les anglos, les Américains…) Comme le disait ma mère : plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien.

    Quant à elle, la solidarité est une attitude de bienveillance à l’égard de son prochain, et particulièrement de celui en difficulté. Une attitude hautement vertueuse, qui demande, à mon sens, un brin de lucidité.

    Bref, les pays européens du Nord que vous proposez comme modèle ont probablement su être lucide de leur situation, de leurs forces et de leurs lacunes pour proposer des stratégies soucieuses des plus faibles de la société mais qui sont également viables. Probablement avons-nous effectivement des choses à apprendre…

    Bon assez… Ce n’est pas mon habitude d’écrire autant ! Je tenterai d’être plus concis pour de prochains posts.

    Bon week-end à tous!

  12. le 20 oct 2007 à 10:23 François Trudeau

    En ce qui me concerne tout ceux qui se targuent de faire partie du Gros Bon Sens (GBS) endossent trop souvent de la Grosse Bull Shit (GBS aussi). Tous les lieux communs qui nous sont répétés inlassablement par des perroquets: Le vieillissement de la population va nous coûter cher? Les études sérieuses nuancent énormément ce dogme. Il FAUT nationaliser Hydro-Québec, la SAQ et les hôpitaux, etc.? Ils ont essayé ça ailleurs et ça marche pas. Pour qu’Hydro-Québec et la SAQ soient achetés par des étrangers par la suite comme l’ALCAN? Même les tis-amis conservateurs à Ottawa s’en inquiètent. OK, si on est un investisseur intelligent et pas un illuminé idéologique, on privatise 25% d’Hydro-Québec, mais en contrepartie on nationalise 25% de l’aluminium!

    Le problème n’est pas d`être de droite. Mais plutôt d’avoir une droite (et une gauche) qui se basent chacune de leur côté sur de la GBS. Le Gros Bon Sens est de la paresse intellectuelle si elle n’est pas supportée par des données solides et un peu d’humilité. Il faut avoir l’humilité d’apprendre des erreurs des autres. Lucidité sans rigueur est l’apanage des illuminés, donc danger. Les lucides du Québec semblent répéter certaines erreurs que mêmes d’autres droites dans d’autres pays ont reconnues.

    On prend des vessies pour des lanternes. On appelle la lucidité ce qui est de la Grosse Bull Shit. Pourquoi par exemple, ne pas faire comme beaucoup de gouvernements de droite dans le monde(USA, Europe, etc.)qui limitent la liberté de prendre des REER (ou leur équivalent) étrangers pour favoriser le développement des PME d’ici que nos lucides se targuent de vouloir promouvoir.

    UN PEU DE RIGUEUR À DROITE COMME À GAUCHE! Le problème n’est pas d’être de gauche ou de droite. Le problème est de bien de faire son travail et avec rigueur pour le bien de tous les citoyens. Par exemple, il y a des gouvernements de gauche qui sont capables de favoriser le développement économiques et il y a des gouvernements de droite qui sont capables de respecter l’environnement. Il faut accepter de sortir de son trou et d’apprendre des autres plutôt que de se confiner à son petit cercle d’admiration mutuelle.

    Autre point: La solidarité ce n’est pas la même chose que la charité…

  13. le 20 oct 2007 à 11:51 H. Dufort

    La libéralisation du secteur agricole est essentielle. Les agriculteurs croûlent sous les règles et restrictions. Un de mes amis, éleveurs de lapins, m’a mentionné récemment qu’avec les divers inspecteurs et experts qui doivent tout certifier chez lui, il y a plus d’humains que de lapins sur son terrain.

    Les producteurs laitiers ne peuvent pas transformer leur lait, pour faire du fromage par exemple. Ils doivent vendre leur lait en vrac… puis le racheter au prix fixé!!! Ce n’est pas à cause du prix du lait que notre fromage coûte cher, c’est à cause de toutes les étapes artificielles qui ont été ajoutées dans le traitement de la matière première. Et pendant ce temps, on patauge dans les quotas et on assomme nos producteurs, tout en important des “solides du lait” (non réglementés) du Brésil.

    Il est actuellement impossible de développer des alcools du terroir demandant distillation, comme des whiskys et des eaux de vie (style grappa). Comment un producteur de fruits peut-il développer son produit s’il n’a pas le droit de posséder un appareil de distillation? La seule manière d’en posséder un, c’est d’en posséder déjà un et de démontrer qu’on sait s’en servir (quel beau raisonnement circulaire). Sans compter qu’il ait l’obligation de vendre l’ensemble de sa production directement à la SAQ, qui fait aussi la mise en marché du produit. Cette bureaucratie absurde, c’est une vraie maison des fous!

    Bientôt, nos producteurs du terroir devront mettre des étiquettes nutritionnelles sur TOUS les produits vendus. Je ne suis pas certain que le producteurs d’herbes salées de Charlevoix ou le vendeur de bleuets dans son kiosque du 3e rang, pourront se payer les analyses et les certifications.

    Nous sommes en train de tuer notre agriculture. Au nom de la “santé du public” et de systèmes de transformation et de quotas complètement absurdes.

  14. le 20 oct 2007 à 11:54 H. Dufort

    Pour ce qui est d’Hydro-Québec, il n’est selon moi pas avantageux de tout privatiser. Le réseau de distribution devrait impérativement demeurer intégré et contrôlé par une parapublique. Les très grosses centrales ont une valeur stratégique énorme, et il serait irresponsable de les confier à des entreprises privées, ou pire, à des intérêts étrangers (qui auraient alors le pouvoir de “tirer la plogue” pour faire pression sur le gouvernement, pour obtenir des congés fiscaux par exemple).

    Le marché des petites et moyennes centrales pourrait toutefois être libéralisé. Hydro-Québec pourrait même vendre ou louer ses petites centrales. On pourrait donner le droit aux industries énergivores de construire des centrales de type “au fil de l’eau” (comme Beauharnois), qui n’ont pas un impact environnemental aussi complexe.

  15. le 20 oct 2007 à 16:35 Simon Tremblay

    Bonjour,

    je trouve ces solutions très intéressantes, mais je me demandais une chose. Quand nous entendons parler de paradis fiscaux et de l’évasion fiscale, je me demandais si ces deux points ne méritent pas aussi une certaine attention et qu’en résolvant ce problème, on pourrait récupérer de l’argent beaucoup plus rapidement?

    Qu’en pensez-vous ?

  16. le 20 oct 2007 à 18:32 vindictater

    La principale qualité d’un chef selon moi c’est le jugement. Le jugement de prendre les décisions qui auront un impact positif pas a la prochaine campagne électorale mais dans 10-20 ans. Malheureusement, en politique les René Lévesque sont plutot rare et on est souvent “pogné” avec des Jean Chrétien ou Charest. Le Québec et son modele sont a la croisé des chemins, le bateau prend de l’eau mais il flotte encore. Ce que je veux dire c’est que la situation ne requiert pas de remede de cheval, comparez le Québec avec le reste du monde et vous constaterez qu’il fait bon de vivre ici. Il faut toujours faire attention avec les visions apocalyptiques des hommes politiques, leur états d’ames sont souvent lié avec le besoin de votes. Le déficit budgétaire n’est pas énorme et la dette est encore raisonnable par rapport au PIB. Oui des ajustements sont nécessaires et impératifs mais ils doivent etre bien ciblés et on doit bien identifier leur impact potentiel sur le futur. En théorie c’est pas compliqué, un dégraissage et une meilleure productivité de l’appareil public ainsi que des nouvelles sources de revenus sans augmenter les taxes ou impots. Des mesures favorisant l’entreprenariat et aussi favoriser la participation aux profits des employés pour fouetter la productivité. Quand a Hydro touchez pas a ca, c’est notre diamant.

  17. le 20 oct 2007 à 20:17 YannM

    Discussion intéressante.

    Je suis aussi très d’accord sur le besoin de s’ouvrir au débat, de refuser la sclérose intellectuelle. D’accord aussi sur le besoin d’innovation et de changement. L’évidence est là : notre société se fissure de toutes parts, nous manquons d’argent pour tout, nous sommes de plus en plus paralysé à ce niveau.

    Ceci étant dit, un détail me chicote énormément dans la forme que prend le débat depuis quelques temps. Alors que nous commençons à nous réveiller au besoin de réformer le modèle québécois, ce qui me fait peur c’est qu’un seul contre-discours semble occuper toute la place et risque ainsi de devenir l’option de changement par défaut. Une sorte de « pensée unique de changement »…

    Nommément, les changements « lucides » proposés vont à peu près toujours dans le sens d’un rapprochement du modèle libéral anglo-saxon, avec en sous-texte l’exemple de réussite et de dynamisme par excellence : les États-Unis. Or ce pays jouit de conditions exceptionnelles. Les États-Unis sont déficitaires et massivement endettés depuis des décennies, à l’interne comme à l’externe. Ils prospèrent néanmoins, mais doivent en grande leur immense richesse partie à des investissements massifs en capitaux étrangers et au fait qu’ils sont les plus grands consommateurs de la planète. Par ailleurs, ce pays est loin d’être un modèle en termes de qualité de vie, qualité d’éducation, accès aux soins de santé, tensions de classes sociales, tensions raciales, etc. Sur le plan social, ce pays fait penser à King Rat, de J. Clavell. Et ceci sans mentionner ce que leur consommation implique sur l’environnement, comme sur les économies des pays qui, pour survivre, les alimentent « au plus bas prix »…
    Est-ce vraiment « innovateur » de proposer plus d’un tel individualisme ici ? Surtout, est-ce réaliste de vouloir appliquer ici ce qui fonctionne dans ce pays tout à fait unique de par sa situation géopolitique ?

    De manière semblable, ceux qui nous vantent le succès américain seront souvent prompts à vanter l’Alberta, son dynamisme, son individualisme, le fait qu’elle n’est pas sclérosée par le syndicalisme, etc. Ils ne mentionnent par contre pas souvent le pétrole et les investissements massifs du fédéral dans les sables bitumineux pendant les décennies où cette ressource n’était pas rentable. Qu’adviendra-t-il lorsqu’elle ne le sera plus à nouveau ?

    Nous sommes à tous les jours bombardés de messages en faveur du libéralisme, de la privatisation et du non-interventionnisme étatique. Cela va des nombreuses interventions de l’IÉDM jusqu’aux témoignages de gens ayant quitté le Québec pour aller faire fortune aux États-Unis. (Toujours des docteurs, chimistes ou autres spécialistes hautement qualifiés, remarquez, qui doivent leur éducation à l’état québécois : rarement des gens peu éduqués qui visent à vivre une petite vie paisible…)

    Il existe d’autres pistes de solution que le libéralisme économique débridé. Celui-ci n’est pas si importable que plusieurs le pensent. Et en plus, cette importation vient avec plusieurs taxes : taxes sur la cohésion sociale et taxes sur l’environnement.
    On mentionne souvent les Scandinaves comme exemple de socialisme qui réussit. Plus près de nous, il m’apparaît que l’Allemagne est un pays vers lequel nous devrions aussi regarder plus souvent.


    PS- Une note sur les axes gauche-droite : il faut savoir différencier les politiques économiques des politiques sociales. On peut être à gauche ou à droite sur les unes, sans être du même côté sur les autres… Visitez l’excellent site http://politicalcompass.org/ et faites le test qu’ils proposent. C’est très intéressant! (Mes résultats me placent près de Ghandi et à l’opposé de Thatcher : je suis libertarien (à droite) sur le plan social, mais très à gauche sur le plan économique.)

  18. le 21 oct 2007 à 9:45 jean claude pomerleau

    (YANNM) Belle contribution. Vous évitez le piège de l idéologie et évoquez la géopolitique.Vive la géopolitique 101. En ce qui concerne la stratégie pour en arriver à un état optimal,(qui tire le maximum de ses ressources dans l intérêts de tous). Alberta vs Norvège:Deux stratégies, deux résultats. L Alberta a mis une commission en place qui a conclu que cette province est la juridiction qui tire le moins de sa ressource (Prise sur le Pétrole: 50%). Ce résultat découle d une stratégie: une clique de petits politiciens provinciaux ont utilisé les leviers d état pour détourné le bien public aux profits de leurs amis des grands corporations.La main mise de la grosse droite sur l état mène a un détournement du bien public. Maintenant la Norvège face au mëme défi de l exploitation de son pétrole a suivis une autre stratégie: l utilisation de tous les leviers de l état (Norsk Hydro et STATOIL)pour tirer le maximum de la ressource (prise sur le pétrole:70%).Résultats la Norvège a un fond (OIL FUND) de 300 milliards. Ce petit pays avec une stratégie d état optimal a la capacité d acheter l ile de MANHATTAN et percevoir les loyers de ceux qui nous disent que l intervention de l état est à contre productif; pour qui. Pour en revenir au Québec: Nous avons tous les caractéristiques géopolitiques des pays d Europe du Nord qui sont les plus performant au Monde, que nous manque t il pour réaliser l état optimal comme eux. Je l ais dis 2 conditions.

  19. le 21 oct 2007 à 14:01 Solange Miller

    Louis XIV : Après moi le déluge.

    Commission Bouchard-Taylor.

    Démographie: Vers un Fiasco au Canada.
    Un petit lien sur un sujet d’actualité.

    Site internet offrant de bonnes informations:
    www.geocities(point)com/crash_demographique.

    Bienvenue pour une visite web.

    Cordialement,
    Solange Miller

  20. le 21 oct 2007 à 17:23 Luc Morin

    Ces propositions sont carremment le programme de l’ ADQ ou sa philosophie….Allons y donc…Et oublions les vieux gauchistes du PQ revant à Chavez…

  21. le 21 oct 2007 à 19:17 YannM

    @ jean claude pomerleau

    Puisque vous contribuez à vigile.net, j’imagine que vous avez lu cet article très intéressant, qui va tout à fait dans le sens de nos propos :
    http://www.vigile.net/Lauzon-replique-a-Picher

    Comme vous le soulignez, les discours actuels sont par top imprégnés d’idéologie. La droite qui se targuent d’être plus “réaliste” ou “lucide” n’y échappe pas.
    Par contre, comme le souligne Lauzon, plusieurs faits ont tendance à échapper à la lucidité de certains…

    Ce que nous risquons en ce moment, c’est de remplacer une certaine idéologie de gau-gauche, où on parle de re-distribuer une richesse inexistante, par une autre qui nous ramènera 50 ans en arrière : lorsque des concepts tels que la sécurité d’emploi, l’éducation et les soins de santé accessibles à tous relevaient de l’utopie la plus folle.
    Malheureusement, plusieurs personnes n’ont jamais lu Les Raisins de la Colère ou Germinal… Ni, semblerait-il, n’ont-ils jamais entendu leurs grands-parents parler de la crainte de tomber malade, parce que l’hôpital coûtait beaucoup trop cher!

    Nous souffrons malheureusement d’une campagne de désinformation bien orchestrée, ainsi que de politiciens qui manquent de vision, de cran, et/ou qui semblent besogner pour le seul profit de ceux qui contribuent le plus à leur petite caisse.

  22. le 21 oct 2007 à 21:58 jean claude pomerleau

    (Luc Morin) Il faut reconnaitre que ADQ a créé une nouvelle dynamique qui permet d ouvrir le débat(autonomie), mais je pense qu il n a pas encore articuler une stratégie d état crédible: http://www.vigile.net/Le-Maitre-chez-nous-de-M-Mario
    (YannM) J ai bien lu la réplique de M Lauzon à un article de La Presse qui mettait sa crédibilité en doute. Le fait que ce journal ait refusé de lui donné un droit de réponse en dit long sur leur éthique. M Lauzon n est malheureusement pas le seul à avoir subit ce traitement, j en connais d autres.

  23. le 22 oct 2007 à 21:23 Mathieu D

    Plusieurs thèmes semblent revenir dans la discussion. Quelques réactions…

    À propos du Gros Bon Sens :
    Une chance qu’il y a le « Gros Bon Sens » pour permettre à quelques élites de justifier leur mépris des idées du peuple.

    Le GBS représente une forme de sagesse populaire, qui regroupe des savoirs acquis par l’expérience, transmis socialement et largement partagés. Bien sûr, ce sens commun peut être inexact ou même erroné. Disons que le GBS permet de formuler des hypothèses à partir d’intuitions qui peuvent être ensuite validés par une démarche scientifique ou tout simplement par l’expérience. On ne peut demander au peuple de se tenir sous silence sous prétexte qu’il ne fonde pas ses opinions sur des données probantes : ce n’est pas son métier de le faire.

    Personnellement, j’admets humblement mon ignorance sur tout un tas de choses. Mes idées sont parfois incomplètes et il est possible qu’elles se basent sur des principes erronés, issus de mon GBS. Je propose mes idées comme des hypothèses susceptibles de contribuer au débat et non comme des vérités. Si elles s’appuient sur des fausses croyances, vous êtes invités à me corriger : j’adore apprendre de nouvelles choses. C’est à cela que servent les débats, entre autre.

    À propos du vieillissement de la population :
    Parlant de GBS, faudrait m’expliquer… Le vieillissement de la population est une réalité québécoise (et occidentale). Quel impact aura cette réalité sur le plan fiscal ? Et au niveau de l’offre de service publique ? Les études se contredisent, mais il semble que des études sérieuses « nuancent » le coût social anticipé…

    Le Québec vieillit. La population active diminue : donc moins de travailleurs pour créer la richesse et financer le système public. Par ailleurs, le vieillissement a un impact sur la demande de services de santé et de services sociaux, qui représentent déjà 40% du budget de l’État (hébergement, soutien à domicile, hospitalisation…) Ce n’est pas le seul facteur et il y a évidemment place à la nuance, mais le vieillissement de notre population remet en question notre capacité à supporter nos programmes sociaux. À moins de revoir nos façons de faire.

    À propos de la lucidité :
    Malheureusement, la lucidité est étroitement associée à une idéologie de droite. Au risque de me répéter, pour moi la lucidité c’est de prendre conscience de ce que nous sommes, autant nos bons côtés que ceux qui nous plaisent moins. Il suppose un certain pragmatisme et est contraire à l’aveuglement et à l’attitude « c’est-pas-si-pire-que-ça ».

    Une fois lucide de notre situation, le débat est ouvert sur les solutions qui peuvent être plutôt à droite ou à gauche. Là-dessus, merci à YannM qui nous met en garde contre le danger d’une « pensée unique de changement ». Vive le dialogue et les débats.

    @YannM : J’ai fait le test que vous proposez… Surprise : je serais légèrement à gauche sur le plan économique mais libertarien sur le plan social. Eh bien…

    À propos de la solidarité :
    Le Petit Robert la définit comme suit : « Relation entre personnes ayant conscience d’une communauté d’intérêts, qui entraîne, pour les unes, l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance ». Dans le cas d’une nation, il précise : « Le fait de faire contribuer certains membres d’une collectivité nationale à l’assistance (financière, matérielle) d’autres personnes ».

    Solidarité ne s’oppose donc pas à la lucidité (il faut être suffisamment lucide pour être des solidaires efficaces). Elle s’oppose plutôt à individualisme.

  24. le 22 oct 2007 à 23:28 François Trudeau

    «Le Québec vieillit. La population active diminue : donc moins de travailleurs pour créer la richesse et financer le système public. Par ailleurs, le vieillissement a un impact sur la demande de services de santé et de services sociaux, qui représentent déjà 40% du budget de l’État (hébergement, soutien à domicile, hospitalisation…) Ce n’est pas le seul facteur et il y a évidemment place à la nuance, mais le vieillissement de notre population remet en question notre capacité à supporter nos programmes sociaux. À moins de revoir nos façons de faire.» Mathieu D

    Enfin voilà quelqu’un qui arrête de répéter le discours GBS. Parce que si le vieillissement se met à coûter si cher c’est surtout à cause de nos façons de faire qui ont dramatiquement changées en ce qui concerne la manière de soigner les personnes âgées et pas à cause du vieillissement per se.

    1) Dans «Health expenditure growth: reassessing the threat of ageing» (Health Economics 2006), Dormont, Grignon et Huber démontrent que c’est l’escalade de l’offre de médicaments (innovations pas toujours si nouvelles) qui explique l’augmentation récente associée au vieillissement. À entendre certains tenants du GBS, 100% des humains meurent après 6 mois à l’hôpital aux soins intensifs. En fait, la prescription abusive de médicaments génère des coûts énormes. L’escalade des coûts de santé doit remettre en question non pas les programmes sociaux mais les pratiques du système de soins de santé qui semblent plutôt servir à faire fonctionner l’industrie pharmaceutique que de servir à améliorer la santé de la population. Parlez-en à votre médecin qu’ils disent dans les pubs. Pensez-vous que les lucides veulent vraiment changer ça?

    2)Le vieillissement vient prématurément et coûte cher quand on met au rencart des personnes qui auraient pu être encore très utiles. Ce sont les lucides tellement obnubilés par le déficit zéro qui ont mis à la retraite des personnes compétentes et productives. Ces mêmes lucides qui parlent maintenant de leur permettre (ou de les obliger) de revenir ou de rester? C’est ça le GBS?

    Je me méfie du gros bon sens et du miens en particulier. Fonctionner au gros bon sens c’est arrêter de penser.

  25. le 23 oct 2007 à 13:06 Arnold Schwartz

    Le GBS c’est l’art de faire croire à la majorité que les problèmes ont des solutions idéales et facile d’application.

    En fait le but de cet exercice est de discriditer l’effort de ceux qui sont au pouvoir. La solution GBS n’est pas mise en place par simple paresse ou détachement envers l’électorat, tout ça pour une supposé ”ÉLITE” riche qui s’enrichit grâce au statut quo.

    Il est cependant facile avec un peu de volonté de démystifié les tenants du GBS, comment? posez des questions et vous verrez les réponses sont toujours vagues.

    J’écoutais ce mid au: ”club des ex” M. Dumont parlé du projet de loi du PQ sur l’identité. On revient toujours au manque de jugement mais sans contrepartie officiel. Lorsque les journaliste lui demande d’expliquer sa position la réponse: ” nos idées sont connues, elles sont dans le programme” mais sans jamais préciser de quoi il en retourne.

    Le GBS au sens politique c’est de rabaisser les actions des adversaires sans jamais ‘’se mouiller” de son côté.

    On reconnait en Mario Dumont sont côtés R. Bourassa, de ne jamais prendre de décision ou d’être toujours assez vague pour que l’on puisse l’interprêter selon ce que chacun veut obtenir,

    Arnold

  26. le 23 oct 2007 à 16:23 jean claude pomerleau

    (Arnold Schwartz) Bonne observation sur ce Bourassa junior. Il faut quand mëme donner à Cesar sa salade. L ADQ a fait une contribution majeur à la scene politique du Qc. Il a créer un espace d autonomie virtuelle se qui a permit une décrispation des positions fédéralistes souverainistes et ouvert le jeux sur de nouvelles possibilités. Et en même temps a entrainer une érosion des bases politiques des forces du statu quo.Bref M Dumont a ouvert la game mais est il “prët” pour en profiter. Mme Marois elle semble être en business.