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	<title>Le blogue de Joseph Facal &#187; Les Affaires</title>
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		<title>Qui sont les vrais responsables des prix de l&#8217;essence?</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2005 16:56:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Les hausses de prix subites sont évidemment plus choquantes que les hausses régulières. Tous ceux qui ont été outrés par une hausse de vingt sous le litre d’essence en une journée semblent avoir oublié que les prix du pétrole ont triplé depuis quatre ans. Mais cela ne justifie pas les bêtises que l’on entend ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les hausses de prix subites sont évidemment plus choquantes que les hausses régulières. Tous ceux qui ont été outrés par une hausse de vingt sous le litre d’essence en une journée semblent avoir oublié que les prix du pétrole ont triplé depuis quatre ans. Mais cela ne justifie pas les bêtises que l’on entend ces derniers jours.</p>
<p>Au moment d’écrire ces lignes, le prix de l’essence est inférieur, en termes réels, à ce qu’il était en 1979. Cette année, le prix du pétrole avait doublé en six mois. Cette fois, il a fallu dix-huit mois pour qu’il double.</p>
<p>Excusez-moi, mais il faut être naïf ou très mal informé pour s’étonner de ce qui arrive. Pour l’ensemble de la planète, la consommation de pétrole de l’an dernier a été la plus forte des trente dernières années. Quand la demande explose, que l’offre se resserre et que les compagnies pétrolières font tout pour protéger leurs marges de profit, le résultat est aussi prévisible que l’hiver après l’automne.</p>
<p>Les trois dernières récessions – celles de 1973, de 1978 et de 1989 – ont toutes été provoquées principalement par des hausses des prix du pétrole. Est-ce que cela va se reproduire ? La vérité est que personne ne le sait.</p>
<p>À qui la faute ? La mode du jour, c’est de blâmer la Chine. Il est vrai que la Chine et les États-Unis sont de loin les plus gros consommateurs au monde. Comme l’essence en Chine est lourdement subventionnée par les autorités, les consommateurs chinois n’ont aucun intérêt à freiner leur appétit.</p>
<p>Il reste que chaque Chinois consomme quinze fois moins d’essence que chaque Américain.  À eux seuls, les États-Unis consomment le quart de tout le pétrole mondial. Chaque dollar de PIB produit aux États-Unis gruge deux fois plus de pétrole qu’en Europe.  Pourquoi ? Parce que l’essence y est deux fois moins chère qu’en Allemagne.</p>
<p>On peut aussi être certain que le président Bush, qui est plus près du lobby du pétrole que de n’importe quel autre, ne fera pas ce qui serait responsable : taxer l’essence pour encourager les économies d’énergie. Bref, les États-Unis seraient bien mal avisés de faire la morale à qui que ce soit.</p>
<p>Avons-nous raison d’être fâchés contre les compagnies pétrolières ? Oui, sauf que nous vivons tout simplement les effets d’un cartel. Un petit nombre de joueurs contrôle chaque étape du processus de production : de l’exploration à la vente au détail en passant par l’extraction et le raffinage. Quand l’une d’entre elles hausse ses prix, les autres emboîtent le pas.</p>
<p>Dans cette industrie, la théorie économique classique en prend pour son rhume. Aucune compagnie pétrolière n’est sanctionnée par le marché pour cause d’incompétence. La concurrence y est disparue depuis que les gros ont mangé les petits.</p>
<p>Et nous, les consommateurs ? Égaux à nous-mêmes : toujours plus prompts à blâmer les autres qu’à changer nos habitudes de consommation.</p>
<p>Il est carrément stupide de blâmer le gouvernement du Québec. Comme il est lui-même un des plus gros consommateurs d’essence, sa propre facture augmente. Quant aux taxes qu’il prélève sur l’essence, elles financent des services publics, et nous grimpons aux rideaux à la moindre menace de compressions dans leur financement.</p>
<p>Mais les crises ont parfois l’avantage de forcer des remises en question.</p>
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		<title>Quitte ou double pour Jean Charest?</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Aug 2005 16:56:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout est en place pour un autre psychodrame entre le gouvernement du Québec et les syndicats des employés du secteur public. Rien de cela n’est nouveau, mais trois facteurs viennent compliquer encore plus la situation : l’impopularité abyssale du gouvernement, l’inexistence d’une quelconque marge de manœuvre budgétaire, et la profonde méfiance entre les parties. Il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout est en place pour un autre psychodrame entre le gouvernement du Québec et les syndicats des employés du secteur public. Rien de cela n’est nouveau, mais trois facteurs viennent compliquer encore plus la situation : l’impopularité abyssale du gouvernement, l’inexistence d’une quelconque marge de manœuvre budgétaire, et la profonde méfiance entre les parties.</p>
<p>Il est vrai que les demandes syndicales sont exorbitantes. Mais il est tout aussi vrai que les employés de l’État ne sont pas surpayés, et que l’écart s’est creusé à leur détriment, ces dernières années, entre eux et les travailleurs du secteur privé.</p>
<p>L’offre gouvernementale de 12,6 % sur six ans équivaut à une augmentation moyenne de 2 % par année, soit environ le taux moyen d’inflation des dernières années. En clair, les employés de l’État ne feraient aucun progrès en termes de pouvoir d’achat. Dans le secteur privé, la progression des salaires des dernières années a été nettement plus forte…mais le danger de perdre son emploi aussi.</p>
<p>On peut bien invoquer l’état des finances publiques, mais cet argument n’a jamais ébranlé les chefs syndicaux. Leur mandat est d’abord de faire avancer les intérêts de leurs membres. On aimerait parfois une autre attitude, mais c’est au gouvernement qu’incombe la responsabilité fondamentale de défendre l’intérêt général.</p>
<p>À tout prendre, l’agressivité d’un syndicat qui veut faire des gains salariaux est-elle pire que le chantage d’une entreprise qui rafle des subventions dont elle n’a pas besoin en menaçant de partir ? Personne n’a le monopole de la cupidité.</p>
<p>Prenons maintenant le point de vue du gouvernement. Les demandes syndicales sont de 12,5 % sur trois ans et ne tiennent pas compte du règlement de l’équité salariale, qui  représente à lui seul quelques centaines de millions de dollars.</p>
<p>Le maintien du déficit zéro est une fiction comptable depuis au moins deux ans en raison de l’alourdissement de la dette. Mais les propres projections du gouvernement prévoient un déficit de 773 millions l’an prochain dans le scénario optimiste où la croissance économique anticipée est au rendez-vous. Or, les signaux en provenance des États-Unis sont très inquiétants.</p>
<p>Comme Jean Charest a déjà brisé deux fois sa promesse de baisser les impôts, il signerait son arrêt de mort en les haussant pour acheter la paix. Augmenter la dette ? Elle est déjà deux fois plus lourde par habitant au Québec que dans le reste du Canada. Et le premier ministre a lui-même fermé cette avenue en s’engageant à ne plus refiler les factures aux jeunes.</p>
<p>Une partie de la solution pourrait passer par Ottawa qui continue à engranger des surplus choquants en raison du déséquilibre fiscal. Mais comment Jean Charest pourrait-il faire plier Ottawa tout seul ? Les autres provinces n’ont aucune réticence à laisser le gouvernement central envahir leurs juridictions, et notre premier ministre n’a aucun  pouvoir de négociation parce qu’il a choisi d’être inconditionnellement fédéraliste.</p>
<p>De toute façon, même un miraculeux règlement du déséquilibre fiscal ne suffirait pas à combler les demandes syndicales, et le gouvernement fait face à bien d’autres demandes légitimes.</p>
<p>Quand on ne peut plus reculer ni faire un pas de côté, il ne reste qu’à foncer. Au beau milieu d’un tumulte similaire, Robert Bourassa avait remporté les élections de 1973 en posant aux Québécois une simple question : qui gouverne ?  Mais Jean Charest n’a sans doute plus la force politique pour réussir un tel coup d’audace. Il lui restera toujours la prière.</p>
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		<title>Tout est politique, y compris les enfants</title>
		<link>http://www.josephfacal.org/tout-est-politique-y-compris-les-enfants/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Jul 2005 17:02:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand Jean Charest était chef de l’opposition, il nous disait qu’un premier ministre du Québec fédéraliste obtiendrait plus qu’un souverainiste car Ottawa et ses homologues des autres provinces pourraient avoir pleinement confiance en lui. Comment un premier ministre du Québec souverainiste, disait-il, qui n’a aucun intérêt a ce que le fédéralisme fonctionne puisqu’il veut en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Jean Charest était chef de l’opposition, il nous disait qu’un premier ministre du Québec fédéraliste obtiendrait plus qu’un souverainiste car Ottawa et ses homologues des autres provinces pourraient avoir pleinement confiance en lui. Comment un premier ministre du Québec souverainiste, disait-il, qui n’a aucun intérêt a ce que le fédéralisme fonctionne puisqu’il veut en sortir, pourrait-il nouer des rapports efficaces de collaboration avec le reste du Canada ?</p>
<p>Après plus de deux années de cette approche bon-ententiste, une conclusion s’impose : ce qui compte en politique pour obtenir quelque chose, c’est le rapport de force que vous détenez, pas le fait de partager ou pas les mêmes opinions que vos interlocuteurs.</p>
<p>Le gouvernement Charest est en effet le plus inconditionnellement fédéraliste de tous les gouvernements libéraux québécois depuis Adélard Godbout. Cela n’empêche pas le gouvernement Martin, qui promettait pourtant une nouvelle attitude de collaboration, de maintenir la même politique de centralisation et de négation des revendications du Québec.</p>
<p>Tout a été dit sur le déséquilibre fiscal, mais prenez par exemple la plus récente controverse autour de la signature d’une entente internationale relative à l’adoption d’enfants entre le Québec et le Vietnam.</p>
<p>L’affaire est pourtant désespérément simple. Depuis quarante ans, la politique internationale du Québec est fondée sur la doctrine Gérin-Lajoie, du nom de son concepteur qui fut ministre libéral dans le gouvernement de Jean Lesage. Le Québec étant pleinement souverain dans ses champs de compétence, dit cette doctrine, il peut donc signer des ententes internationales dans des domaines comme l’éducation, la culture, la sécurité sociale ou l’adoption.</p>
<p>Au fil des ans, vingt-neuf ententes internationales de sécurité sociale, concernant notamment le versement des pensions de vieillesse, ont été signées entre le Québec et des pays souverains. D’innombrables autres ententes, relatives par exemple aux droits de scolarité universitaires, ont aussi été conclues.</p>
<p>La nouvelle position fédérale veut que les ententes internationales signées par le Québec ne doivent avoir aucune portée juridique. Ottawa veut donc s’approprier le monopole du droit international et faire fi des précédents. Pour y parvenir, le gouvernement fédéral choisit comme Cheval de Troie l’adoption d’enfants par des parents québécois qui attendent leur tour depuis des années. Complètement frustrés, ces parents se sentiront pris en otage et blâmeront également les deux gouvernements, ce qui fera parfaitement l’affaire d’Ottawa qui aura torpillé le Québec.</p>
<p>Jean Charest a évidemment raison de refuser de signer l’entente vidée de sa substance que propose Ottawa, mais n’avait-il pas promis une ère de collaboration fructueuse avec le gouvernement fédéral ? Quant aux négociations visant à faire une place au Québec au sein de la représentation canadienne à l’UNESCO, où l’on discute pourtant de culture et d’éducation, elles n’avancent pas d’un poil, en dépit de l’engagement formel de Paul Martin.</p>
<p>Il s’agit tout simplement pour le gouvernement fédéral de tout faire pour ravaler le Québec au rang de province comme les autres, afin de poursuivre cette entreprise de centralisation qui transforme progressivement les provinces en sous-traitantes des orientations stratégiques du seul gouvernement qui doit vraiment compter dans nos vies. Ottawa construit la nation canadienne en maintenant sous tutelle la nation québécoise.</p>
<p>En politique, on obtient quelque chose quand on se place dans une position où on ne peut vous refuser ce que vous exigez, pas parce qu’on vous récompensera d’avoir été gentil et accommodant.</p>
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		<title>Il n&#8217;y aura pas de messie au Parti Québécois</title>
		<link>http://www.josephfacal.org/il-ny-aura-pas-de-messie-au-parti-quebecois/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2005 16:41:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Au moment d’écrire ces lignes, on ne connaît pas l’identité de tous ceux et celles qui seront candidats à la direction du Parti Québécois. Mais il est clair qu’il n’y aura pas cette fois de Lucien Bouchard sur les rangs. Le prochain chef sera une femme ou un homme grandeur nature avec ses qualités et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au moment d’écrire ces lignes, on ne connaît pas l’identité de tous ceux et celles qui seront candidats à la direction du Parti Québécois. Mais il est clair qu’il n’y aura pas cette fois de Lucien Bouchard sur les rangs. Le prochain chef sera une femme ou un homme grandeur nature avec ses qualités et ses défauts.</p>
<p>On peut à bon droit se désoler de la difficulté croissante à attirer en politique des personnalités exceptionnelles, qui préfèrent aujourd’hui se réaliser dans le monde des affaires, des arts ou de la science. De plus en plus, les postes de leadership en politique seront réservés à des gens qui n’auront fait que cela dans leur vie. Mais on peut aussi  voir comme un signe de maturité et de confiance des Québécois en eux-mêmes que les rênes du gouvernement  puissent être confiées à une personne qui ne portera pas sur ses seules épaules le destin entier du Québec.</p>
<p>Les priorités du prochain chef du Parti Québécois crèvent les yeux. S’il ne veut pas rapidement être débordé par ses propres troupes, il devra démontrer sa détermination absolue à faire du Québec un pays le plus tôt possible. Il devra aussi refaire l’unité du parti, proposer des idées claires, augmenter le nombre de membres, solidifier l’organisation et assainir les finances du parti. Il faudra aussi une discipline de fer pour vaincre des libéraux qui auront sans doute remplacé Jean Charest par Philippe Couillard.</p>
<p>Les souverainistes ont raison de penser que le pays du Québec est à portée de main s’ils expliquent avec des mots simples ce que la souveraineté permettrait de changer concrètement dans nos vies. Mais il n’y aura pas de raccourci pour y parvenir. Les Québécois n’accepteront rien qui ne soit irréprochable au plan démocratique. Tous ces scénarios qui évoquent des gestes de rupture avec l’ordre constitutionnel avant même d’en avoir obtenu le mandat lors d’un référendum sont inacceptables. Quand on se radicalise, on se marginalise, et on repousse ceux dont on a besoin pour construire une majorité.</p>
<p>Le Parti Québécois doit aussi comprendre que le Québec a changé. Le Québec de la Révolution tranquille s’est construit autour de trois idées fortes : les francophones devaient reprendre le contrôle de leur économie, la langue française était menacée, et il fallait se doter d’un État fort pour progresser collectivement. Il faut rester vigilants, mais les progrès accomplis justifient une attitude plus ouverte et confiante, moins crispée.</p>
<p>Le Parti Québécois s’est toujours défini comme un parti de centre-gauche, et c’est très bien ainsi. Mais il y a un monde de différence entre une gauche responsable et un gauchisme stérile. La première encourage les entrepreneurs. La deuxième les voit comme un mal nécessaire. La première considère que des finances publiques saines sont le fondement d’une vraie solidarité sociale. La deuxième considère que le déficit zéro fut une dérive néo-libérale. La première pense qu’il faut outiller les gens pour les rendre autonomes. La deuxième ne voit rien d’anormal à ce qu’ils restent dépendants de l’État pendant une vie entière.</p>
<p>Mais surtout, le prochain chef devra débarrasser le parti de cette image d’arrogance intellectuelle qui lui colle à la peau. C’est au Parti Québécois d’aller à la rencontre du peuple et de partir de ses préoccupations, plutôt que de se désoler qu’il n’ait pas encore vu la lumière qu’il leur propose.</p>
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		<title>La souveraineté rendra-t-elle les investisseurs irrationnels?</title>
		<link>http://www.josephfacal.org/la-souverainete-rendra-t-elle-les-investisseurs-irrationnels/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2005 17:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[On peut invoquer d’excellents arguments pour ou contre la souveraineté du Québec ou le fédéralisme canadien. Mais il est frappant de voir à quel point ce débat a évolué au cours des dernières années. On en a vu une nouvelle manifestation à l’occasion de la récente publication par le député péquiste François Legault d’une étude [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On peut invoquer d’excellents arguments pour ou contre la souveraineté du Québec ou le fédéralisme canadien. Mais il est frappant de voir à quel point ce débat a évolué au cours des dernières années. On en a vu une nouvelle manifestation à l’occasion de la récente publication par le député péquiste François Legault d’une étude sur les finances publiques d’un Québec souverain.</p>
<p>Il fut une époque où une telle initiative se serait immanquablement retournée contre ses auteurs. Leurs adversaires n’auraient eu aucun mal à la descendre en flammes. Ils auraient soutenu que l’accession du Québec à la souveraineté se solderait par une retentissante faillite, et la majeure partie de la population les aurait cru.</p>
<p>Les choses ne se présentent plus de la même façon aujourd’hui. Les arguments budgétaires ne jouent plus automatiquement en faveur de l’option fédéraliste. À l’époque où  Québec et Ottawa traînaient tous les deux des déficits monstrueux, le camp fédéraliste avait beau jeu d’additionner la part québécoise du passif d’Ottawa à celle du Québec. Il était irréfutable qu’un Québec souverain viendrait au monde lourdement handicapé. L’élimination des déficits et les gigantesques surplus fédéraux, dont le Québec obtiendrait une part à négocier, améliorent notablement la rentabilité financière d’un Québec souverain.</p>
<p>Évidemment, on ne peut demander à la science de tout prévoir. Le passage du statut de province à celui de pays serait plus ou moins facile selon la clarté du résultat du référendum, la réaction du Canada anglais, et celles des milieux d’affaires et de la communauté internationale. Mais on se demande bien quel intérêt le Canada aurait, malgré son dépit, à devenir durablement irrationnel et à se faire mal lui-même. C’est sans doute ce qu’on dut se dire les peuples de quelques-uns des trente-deux nouveaux pays apparus dans le monde depuis 1980.</p>
<p>On peut à bon droit soulever de réelles objections sur tel ou tel aspect de l’étude Legault. Mais il est symptomatique de l’évolution des choses que même les adversaires les plus acharnés de la souveraineté ne remettent plus en cause la viabilité d’un Québec souverain et n’évoquent plus désormais que les incertitudes de la période de transition. Ils savent bien que la majorité ne croit plus à l’apocalypse.</p>
<p>Les économistes fédéralistes défendent d’ailleurs un Canada imaginaire plus que le Canada réel. Il est vrai qu’en théorie le fédéralisme canadien aurait pu faciliter l’accès au marché nord-américain, la coordination des politiques, les économies d’échelle et permettre les transferts financiers des provinces riches vers les provinces pauvres.</p>
<p>Dans la réalité, il y a plus d’entraves au commerce entre les provinces qu’à celui avec les États-Unis. Les dédoublements administratifs et les politiques contradictoires, dus aux empiètements d’Ottawa dans les champs de compétence des provinces, tuent toute possibilité de coordonner quoi que ce soit, comme en témoignent nos sempiternelles querelles. L’imprévisibilité des transferts fédéraux rend impossible toute planification budgétaire sérieuse pour des provinces constamment sur la corde raide et les force à  quémander de l’argent à Ottawa, qui préfère saupoudrer les milliards en fonction des comtés dont les libéraux fédéraux ont besoin pour rester au pouvoir.</p>
<p>Il est de bonne guerre de se questionner sur les impacts économiques de la souveraineté. Mais il est clair désormais qu’il y a aussi des coûts élevés à rester dans le Canada.</p>
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		<title>Auriez-vous mis un sou de votre argent dans la Gaspésia?</title>
		<link>http://www.josephfacal.org/auriez-vous-mis-un-sou-de-votre-argent-dans-la-gaspesia/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2005 15:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les Affaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une chronique publiée dans Les Affaires du 19 novembre 2004, j’avais dit que le gouvernement Charest avait eu raison d’instituer une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur le naufrage de l’usine Gaspésia, à Chandler, dans laquelle furent engloutis en pure perte 300 $ millions de dollars. Depuis la parution du rapport Lesage, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une chronique publiée dans Les Affaires du 19 novembre 2004, j’avais dit que le gouvernement Charest avait eu raison d’instituer une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur le naufrage de l’usine Gaspésia, à Chandler, dans laquelle furent engloutis en pure perte 300 $ millions de dollars. Depuis la parution du rapport Lesage, péquistes et libéraux se renvoient la balle. Essayons de faire la part des choses.</p>
<p>Le rapport Lesage mérite des critiques, mais trois points fondamentaux  ressortent hors de tout doute. Le projet n’avait au départ presque aucune chance de réussir parce qu’il était motivé par des considérations politiques qui faisaient abstraction des réalités économiques. Ceux qui auraient dû être les responsables de la gestion du chantier abdiquèrent complètement leurs responsabilités. Finalement, le chantier fut encore une fois l’otage des rivalités intersyndicales qui jalonnent la triste histoire de l’industrie de la construction au Québec.</p>
<p>On peut certes comprendre M. Bernard Landry d’être outré d’avoir été pointé du doigt sans avoir eu l’occasion de témoigner devant le juge Lesage. Mais le Québec étant ce qu’il est, l’examen des faits fut aussitôt supplanté par notre  débat ésotérique habituel sur le modèle québécois et l’interventionnisme étatique.</p>
<p>Comprenons-nous bien : tous les gouvernements interviennent dans les économies modernes. La plupart des grands projets industriels de nos jours ne se réaliseraient pas sans une forme ou une autre d’aide gouvernementale. C’est encore plus vrai en Gaspésie où aucune relance, même modeste, ne surviendra sans un coup de pouce de l’État. Il est donc absurde de défendre ou de condamner l’interventionnisme dans l’abstrait et l’absolu.</p>
<p>La vraie question est de savoir  jusqu’où il est raisonnable d’aller.  Sommes-nous capables de dire non ? À partir du moment où l’entrepreneur privé, Tembec, refusait de prendre le moindre risque, tous les clignotants rouges se sont allumés, et on aurait dû en tenir compte.</p>
<p>À l’avenir, les médias devraient toujours poser la question suivante aux promoteurs de tels projets : risqueriez-vous un sou de votre propre argent dans cette aventure ? Car c’est bien là le fond du problème : nos gouvernements et nos sociétés d’État gèrent de l’argent qui ne leur appartient pas, et il est toujours plus facile de dépenser l’argent des autres que le nôtre.</p>
<p>La solidarité avec une région sinistrée ne justifie pas tout. Personne n’a le monopole de l’amour de la Gaspésie. Peut-on humblement se questionner sur cette triste affaire sans se faire accuser d’être un suppôt du néo-libéralisme ou de ne pas aimer suffisamment la Gaspésie ? Je suis d’ailleurs certain que les Gaspésiens les plus lucides étaient eux-mêmes sceptiques dès le départ. Au fond, cette débâcle illustre les dérapages auxquels peut conduire une triple combinaison : les bonnes intentions, la négation dogmatique de la réalité, et les montages dans lesquels la responsabilité et l’imputabilité ne sont pas clairement assumées par quelqu’un.</p>
<p>Si la crédibilité des dirigeants politiques a toujours été faible, c’est d’abord parce que la lutte pour le pouvoir, par définition, ne peut pas être élégante, surtout quand elle se déroule sous l’œil des caméras. Les choses ne sont pas différentes dans les bureaux feutrés des grandes entreprises privées. Mais au-delà des scandales qui défraient la manchette ces jours-ci, notre culture politique est aussi malade de ce refus d’admettre avec humilité nos erreurs, surtout quand elles crèvent les yeux.</p>
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		<title>Un cancer au coeur de la démocratie canadienne</title>
		<link>http://www.josephfacal.org/un-cancer-au-coeur-de-la-democratie-canadienne/</link>
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		<pubDate>Fri, 06 May 2005 15:58:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans sa pathétique adresse à la nation, Paul Martin admettait que la Chambre de communes et son gouvernement étaient incapables de fonctionner tant l’atmosphère était devenue irrespirable. Mais du même souffle, il demandait du temps …pour prolonger cette paralysie. L’an dernier, il avait annoncé la mise sur pied de la Commission Gomery et s’était empressé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa pathétique adresse à la nation, Paul Martin admettait que la Chambre de communes et son gouvernement étaient incapables de fonctionner tant l’atmosphère était devenue irrespirable. Mais du même souffle, il demandait du temps …pour prolonger cette paralysie.</p>
<p>L’an dernier, il avait annoncé la mise sur pied de la Commission Gomery et s’était empressé de déclencher les élections sans attendre ses conclusions. Cette année, il nous dit qu’il faut laisser le juge terminer son travail avant d’appeler les Canadiens aux urnes.</p>
<p>Il y a quelques semaines, pour faire durer son gouvernement minoritaire, Paul Martin avait présenté un budget qui visait à plaire aux conservateurs : allégements fiscaux aux entreprises et réduction de la dette. Pour s’accrocher au pouvoir, il est maintenant prêt à modifier le budget de façon à ce qu’il plaise aux néo-démocrates : adieu baisses d’impôts et vive les nouvelles dépenses !</p>
<p>Les libéraux fédéraux répètent aux provinces depuis des années qu’ils ne peuvent en faire plus pour les aider à financer l’explosion des coûts de la santé, mais Paul Martin trouve instantanément 4,6 milliards de dollars pour plaire à un Jack Layton qui n’a même pas assez de députés pour lui garantir qu’il pourrait s’accrocher au pouvoir quelques mois de plus.</p>
<p>Reste-t-il à Paul Martin et à son gouvernement un minimum de principes ? Évidemment, tous ceux qui en ont assez sont automatiquement accusés de faire le jeu des «séparatistes».</p>
<p>Au fond, si Alfonso Gagliano et Charles Guité sont devenus les personnages emblématiques du scandale des commandites, c’est autant par leur attitude depuis l’éclatement de l’affaire que par le rôle qu’ils y ont joué. À ce jour, ils continuent à soutenir que la fin justifie les moyens. Au nom de l’unité canadienne, on peut tout faire à condition de ne pas se faire prendre. Un jour, il faudra bien se rappeler que l’ultime responsable de cet état d’esprit s’appelle Jean Chrétien.</p>
<p>À toute chose malheur est bon : nous vivons la fin de cette époque où le Parti libéral fédéral considérait l’État canadien comme sa chose personnelle. Les affirmations de M. Benoît Corbeil sur la politisation du processus de nomination des juges n’ont pas encore été contredites, et les incroyables propos du juge Michel Robert sont venus les illustrer. Ce qu’on nous présentait comme les excès de quelques individus s’avère de plus en plus un système aux ramifications très étendues.</p>
<p>Pour le bien de ce qu’il reste de la démocratie canadienne, il faut crever l’abcès au plus vite. Des élections sont devenues nécessaires. En démocratie, si on perd la légitimité que confère une gouverne honorable, il faut en appeler au peuple afin qu’il redonne la légitimité de gouverner à qui il le voudra.</p>
<p>On nous dit que les Canadiens n’ont pas envie d’aller voter : évidemment, puisqu’on les a dégoûtés de la politique. Les gens n’aiment pas non plus aller chez le dentiste : il le faut pourtant des fois. Des élections n’empêcheront pas le juge Gomery de continuer son excellent travail.</p>
<p>Cette crise sans précédent rend-elle inévitable la souveraineté du Québec, comme le prétend Alfonso Gagliano ? Bien sûr que non. Rien n’est jamais inévitable. Les hommes font l’Histoire tous les jours, et celle-ci n’est jamais écrite d’avance. Mais on se demande bien ce que les libéraux fédéraux pourront faire pour se réhabiliter auprès de tous ces Québécois pour qui les mots honneur et probité veulent encore dire quelque chose.</p>
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		<title>Pourquoi les intérêts particuliers triomphent souvent de l&#8217;intérêt général</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Apr 2005 16:48:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qui d’entre nous ne ressent pas périodiquement la frustration de voir des groupes de pression bien organisés réussir à obtenir de nos gouvernements des avantages qui, à l’évidence, vont à l’encontre de l’intérêt général ? Comment se fait-il, par exemple, que des entreprises obtiennent des subventions pour des projets de développement qu’elles auraient fait de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qui d’entre nous ne ressent pas périodiquement la frustration de voir des groupes de pression bien organisés réussir à obtenir de nos gouvernements des avantages qui, à l’évidence, vont à l’encontre de l’intérêt général ?</p>
<p>Comment se fait-il, par exemple, que des entreprises obtiennent des subventions pour des projets de développement qu’elles auraient fait de toute manière ? Comment se fait-il que des cols bleus se font reconnaître des planchers d’emploi qui ont pour effet automatique d’augmenter les impôts des contribuables ? Comment se fait-il que certains ordres professionnels parviennent à bloquer l’accès à la pratique aux immigrants, et entretiennent ainsi une pénurie contraire à l’intérêt général ?</p>
<p>La démocratie représentative n’est-elle pas fondée sur l’idée que les élus sont censés représenter l’intérêt général ? Un célèbre économiste américain, Mancur Olson, trouva jadis une explication que personne à ce jour n’a surpassée.</p>
<p>Chacun des membres d’un petit groupe organisé aura un intérêt personnel considérable à ce que son groupe obtienne ce qu’il cherche. Inversement, chacun des membres de la majorité ne devra assumer qu’une infime fraction du coût total de cette mesure au profit du petit groupe. La minorité sera donc beaucoup plus motivée à obtenir ce qu’elle veut que la majorité ne sera motivée pour la bloquer, à plus forte raison lorsque le coût de la mesure est dissimulé dans une fiscalité opaque. Ces petits groupes marchanderont donc leur appui aux politiciens contre des promesses futures d’intervention étatique.</p>
<p>Supposons que vous souhaitez vous faire élire. Vous devez donc additionnez les promesses de vote en votre faveur. Serez-vous porté à défendre l’intérêt d’une majorité relativement indifférente parce que les enjeux n’entraînent qu’un coût infime pour chacun d’entre nous ? Ne serez-vous pas davantage sensible à des minorités plus motivées qui vous financeront, vous soutiendront bruyamment…ou pourraient vous faire très mal si vous choisissez de leur tenir tête. L’idéalisme a un prix que peu d’hommes politiques seront prêts à payer.</p>
<p>Prenons l’exemple de certaines denrées agricoles comme le lait, les œufs ou la volaille. Il est vrai que nos agriculteurs sont en concurrence avec des producteurs étrangers lourdement subventionnés. Il est logique qu’ils veuillent se battre à armes égales.</p>
<p>Mais du point de vue du consommateur, la fixation de quotas de production  réduit l’offre et augmente les prix. Ce qui est bon pour la minorité est désavantageux pour la majorité. Mais cette dernière ne se mobilisera pas pour payer ses œufs quelques sous de moins. Alors que pour chaque producteur, ces quelques sous feront toute la différence entre la prospérité ou la faillite. Qui mettra le plus de pression sur les politiciens ?</p>
<p>Le plus bel indice que les prix des produits agricoles réglementés sont beaucoup plus chers que les prix d’un marché libre, c’est la petite fortune qu’un aspirant producteur doit payer pour acheter le droit d’entrer dans ce marché. L’achat du droit de produire coûte souvent plus cher que la valeur des animaux, de la machinerie et des installations.</p>
<p>Les pères fondateurs des États-Unis avaient bien vu que le suffrage universel, même s’il est le meilleur des systèmes, est vulnérable à ces distorsions contraires à l’intérêt général. Pour eux, le gouvernement ne devait donc lever que des taxes à taux uniforme pour financer des mesures au bénéfice de tous. Nous devrions méditer sur la sagesse de ces temps révolus.</p>
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		<title>Il faut dépasser les beaux discours sur le déséquilibre fiscal</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 17:04:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le nouveau ministre des Finances du Québec, Michel Audet, a réalisé immédiatement  qu’il avait gaffé quand il a dit qu’il préférait négocier à la pièce plutôt que d’enfourcher le cheval de bataille du déséquilibre fiscal. Son homologue fédéral, M.Ralph Goodale, n’en revenait pas de sa chance. Voici qu’après des années de patientes manœuvres d’encerclement par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le nouveau ministre des Finances du Québec, Michel Audet, a réalisé immédiatement  qu’il avait gaffé quand il a dit qu’il préférait négocier à la pièce plutôt que d’enfourcher le cheval de bataille du déséquilibre fiscal. Son homologue fédéral, M.Ralph Goodale, n’en revenait pas de sa chance. Voici qu’après des années de patientes manœuvres d’encerclement par les provinces, un des ténors du Québec, la province qui avait parti le bal, lui donnait l’occasion de se sortir du coin du ring.</p>
<p>Il est évidemment plus rentable politiquement pour Ottawa de faire de temps en temps un cadeau aux provinces avec leur propre argent, plutôt que de revoir le partage de la tarte fiscale. L’existence du déséquilibre fiscal est pourtant si incontestable que Paul Martin fut obligé, pendant la dernière campagne électorale, de reconnaître, du bout des lèvres, que les provinces faisaient face à d’énormes «pressions fiscales». Les mots consacrés par Yves Séguin sont évidemment bannis à Ottawa.</p>
<p>Jean Charest, lui, n’a plus assez de temps pour courir trop de lièvres à la fois. Il doit se trouver une cause pour rallier derrière lui un large consensus, qui lui permettra de se présenter en défenseur à la fois du Québec et du réseau de la santé. Il n’en trouvera pas de meilleure que le déséquilibre fiscal. Mais cela pose évidemment le problème des baisses d’impôt : comment dire, d’un côté, que l’on manque d’argent et, de l’autre, se priver volontairement de revenus ?</p>
<p>Il est vrai que le gouvernement péquiste avait aussi baissé les impôts pendant qu’il déplorait le déséquilibre fiscal. Mais le gouvernement de Mike Harris baissait les impôts des Ontariens à coups de 30% à l’époque, ce qui mettait une terrible pression sur le Québec pour faire pareil sous peine de voir les investisseurs déménager. Aujourd’hui, le premier ministre ontarien, M.Dalton McGuinty, laisse entendre que sa province en a assez de faire vivre le reste du Canada.</p>
<p>Les adversaires de la thèse du déséquilibre fiscal en sont réduits à proposer leur propre définition du phénomène pour tenter de le nier. Il n’est pas pertinent de rappeler, par exemple, que les revenus totaux des provinces sont supérieurs à ceux d’Ottawa. Ce qui compte, c’est le déséquilibre entre les responsabilités que chacun doit assumer et l’accès aux sources de revenu dont il dispose.</p>
<p>C’est en effet le gouvernement qui est le moins impliqué dans nos vies quotidiennes qui dispose de tellement d’argent qu’il peut faire pleuvoir les milliards sur Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse sans revoir ses transferts aux autres provinces, ou qui peut se permettre les extravagances dévoilées par la Commission Gomery.</p>
<p>Deux chercheurs de l’Université de Sherbrooke, MM. Luc Godbout et Mathieu Arseneau, viennent de faire une proposition concrète que Jean Charest devrait saisir.</p>
<p>Aucun gouvernement du Québec, disent-ils, n’a encore fait de proposition chiffrée et formelle de règlement du déséquilibre fiscal. Ils préconisent pour leur part un transfert d’espace fiscal à la TPS. Un document à cet effet devrait être formellement adopté par l’Assemblée nationale. Il prévoirait un délai d’acceptation par Ottawa et un calendrier de mise en œuvre graduelle du transfert. Le compte à rebours serait enclenché.</p>
<p>On voit d’ici toutes les possibilités stratégiques que cela ouvre à un gouvernement audacieux et déterminé qui, pour une fois, serait soutenu par l’opinion publique québécoise. L’alternative, c’est de continuer à jaser pendant que se poursuit la lente asphyxie des provinces.</p>
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		<title>Y a-t-il un pilote dans l&#8217;avion ?</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Mar 2005 17:06:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joseph Facal</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Personne ne devrait se réjouir de la descente aux enfers du gouvernement de Jean Charest. Quand un gouvernement plonge à ce point dans l’estime populaire, il répand autour de lui la morosité et démobilise tout le Québec. Essayons de comprendre ce qui lui arrive. Dès les premiers déboires du gouvernement, certains ont fait valoir que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne devrait se réjouir de la descente aux enfers du gouvernement de Jean Charest. Quand un gouvernement plonge à ce point dans l’estime populaire, il répand autour de lui la morosité et démobilise tout le Québec. Essayons de comprendre ce qui lui arrive.</p>
<p>Dès les premiers déboires du gouvernement, certains ont fait valoir que la nouvelle philosophie libérale heurtait de front les valeurs collectives des Québécois. Nous ne le saurons jamais vraiment. Le train de la réingénierie de l’État n’a jamais quitté la gare.</p>
<p>C’est  en effet la gestion des affaires courantes qui fut la source des malheurs de ce gouvernement. La liste des dossiers tout simplement mal gérés est accablante : le CHUM, le Suroît, les écoles juives, les défusions, les 103 M $ des bourses, l’ambivalence autour du déséquilibre fiscal, un cadre financier qui n’a pas tenu six mois, et on en passe. Rien de tout cela n’a de rapport avec un quelconque débat philosophique sur le modèle québécois.</p>
<p>Bien sûr, tout n’est pas entièrement négatif. L’entente sur les congés parentaux est un incontestable pas en avant. La décision d’appliquer le rapport Coulombe est courageuse. Les changements à l’article 45 n’ont pas entraîné les catastrophes annoncées. Mais même les plus chauds partisans libéraux – parmi lesquels je ne compte évidemment pas &#8211; admettent en privé leur désarroi.</p>
<p>J’ai toujours trouvé profondément injuste que l’on mette en cause l’amour de Jean Charest pour le Québec. Mais on ne peut s’empêcher de trouver que nombre de ses décisions témoignent d’une curieuse déconnexion entre lui et la sensibilité majoritaire des Québécois en 2005. Il n’est pourtant pas le premier homme politique québécois à être d’abord passé par Ottawa. Pour moi, il y a  toujours ici une énigme non résolue.</p>
<p>Le deuxième problème de l’équipe libérale, c’est tout simplement que les compétences y sont rares. La garde rapprochée du premier ministre semble incapable de lui déminer le terrain. Mais c’est aussi la responsabilité d’un chef de choisir ses collaborateurs et de les écouter. Au conseil des ministres, seuls Philippe Couillard, Jean-Marc Fournier et Claude Béchard semblent avoir de solides instincts parmi ceux qui ont des fonctions de premier plan.</p>
<p>Le troisième problème de Jean Charest, c’est sa tendance à décider en vase clos. Avec les bons et les mauvais côtés que cela comporte, peu de personnes en politique sont mieux branchés sur l’humeur de l’électorat que le caucus des députés. Mais le premier ministre ne les met dans le coup qu’après les gaffes. Il est tout simplement impensable, par exemple, qu’une décision aussi insensée que celle du financement des écoles juives aurait franchi une seule réunion du caucus.</p>
<p>Le quatrième problème de ce gouvernement, c’est son incapacité à donner un sens à son mandat. Quelle est l’idée forte qui le porte ? Que veut-il que l’on retienne de lui ? Robert Bourassa  attacha son nom au développement hydro-électrique. Jacques Parizeau voulut faire l’indépendance. Lucien Bouchard nous fit comprendre l’importance d’avoir des finances publiques saines. Quel est le grand projet de Jean Charest ?</p>
<p>Sa chance, c’est qu’il lui reste encore deux ans, donc une éternité en politique. Il a aussi en face de lui deux partis d’opposition qui ont également de profonds problèmes. Mais quand une perception d’irrémédiable incompétence s’incruste, elle devient extrêmement difficile à renverser. Pour le bien du Québec, il faut souhaiter que ce gouvernement ne plonge pas plus bas.</p>
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