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Carnets de voyage

La semaine prochaine, je reviens au Québec pour quelques jours afin d’y lancer un livre que je publie aux éditions Boréal. Auparavant, j’ai profité des vacances de Noël pour faire une virée familiale dans le nord de l’Espagne.

Nous sommes partis vers la Galice, puis avons longé la côte Atlantique, arrêtant successivement à Oviedo dans les Asturies, à Santander dans la Cantabrie, et à Bilbao, dans le Pays basque. Nous avons ensuite bifurqué vers Barcelone avant de rentrer à Madrid pour le retour des classes. Nous avons tout fait en autobus et en train.

Le nord est beaucoup moins affecté par le tourisme de masse et le développement immobilier. On n’y trouve pas les clichés espagnols habituels : ici, pas de flamenco, peu de taureaux, et l’eau des plages y est froide comme à Old Orchard.

Pourtant, un peu partout, des villages de pierre où peu de choses ont changé depuis des siècles et des vieilles femmes en noir de la tête aux pieds. Et, bien sûr, des Églises devant lesquels des agnostiques comme moi se disent qu’il faut respecter une croyance qui a eu la puissance d’inspirer de tels chefs-d’œuvre.

C’est aussi une Espagne plus verte que l’autre, plus montagneuse, avec des falaises rocheuses qui rappellent parfois la Gaspésie. On y voit une autre sorte de touriste : moins d’étrangers et davantage d’Espagnols. C’est aussi un tourisme plus culturel et sportif : musées, monastères et randonnées pédestres, plutôt que plages, discothèques et parcs d’amusement.

Au plan culinaire, j’ai comme règle absolue d’essayer toutes les coutumes locales. Dans les Asturies, la boisson locale, c’est le cidre, qui n’a rien à voir avec celui de chez nous. Sa dégustation obéit à un rituel que vous devez scrupuleusement respecter.

Vous ne vous servez pas vous-même. Seul le serveur touche à la bouteille. Il la place le plus haut possible au-dessus de sa tête en tenant le bras rigide. Le verre est à la hauteur de son genou. Il doit ensuite laisser tomber le liquide directement dans le verre, sans regarder ni le verre ni la bouteille, avec le moins de perte possible. Vous essaierez.

Quand vous arrivez au fond de votre verre, vous jetez les dernières gouttes par terre. On met du bran de scie par terre pour éponger. Folklore ? Pas uniquement. Le serveur m’a expliqué : comme le cidre ne contient aucun gaz, c’est la hauteur de la chute qui lui donne un minimum de mousse.

À Bilbao, le musée Guggenheim vaut à lui seul le déplacement. On dirait un gigantesque paquebot en titane pris dans des vagues déchaînées. Les photos ne lui rendent pas justice. La collection, elle, vous réconcilie avec l’art moderne.

Une œuvre m’a frappée. La mère de l’artiste demande à un détective privée de suivre sa fille et de la photographier. L’artiste sait donc qu’elle est suivie, mais le détective ne sait pas qu’elle le sait. L’artiste fait ensuite un montage aves les photos remises à la mère. Étrange et troublant.

La suite dans deux jours. On se replongera dans les affaires québécoises quand il se passera quelque chose.

7 réponses à “Carnets de voyage”

  1. le 11 jan 2010 à 8:41 Gilles

    Bon retour Joseph. Bonne année 2010.

    Il s’est passé quelque chose hier au québec qui n’est pas insignifiant. C’était le 100 ième anniversaire de naissance du Devoir, tout le monde en parle…

    En lançant son journal, Henri bourassa déclara que «Le Devoir appuiera les honnêtes gens, et dénoncera les coquins».

    Hier, c’est Jean Charest qui présidait la grand messe…

  2. le 11 jan 2010 à 20:07 Robert Lachance

    J’avais mis 30 $ de côté pour acheter Imaginer l’après-crise, publié sous la direction de Jean-François Lisée: Pistes pour un monde juste, équitable, durable. Si je trouve le vôtre avant et qu’il coûte moins que ma réserve, il aura la préférence. J’ai hâte de vous relire ailleurs qu’ici. C’est pas mauvais ici, c’est juste un autre genre en extension.

    Ma conjointe envisage un voyage en France au printemps. Elle m’amènerait. La côte Atlantique. La Rochelle, son ancêtre maternelle et la mienne viennent de là. Je ne me baigne pas, mais pourquoi ne pas faire une trempette dans le nord de l’Espagne. Vous m’y avez fait penser. Nous n’avions pas détesté l’autobus en Italie.

    Admettez que sur la scène québécoise, la mort de Philippe Séguin ne change rien à notre avenir mais méritait d’être soulignée.

    Le 100e anniversaire du Devoir, ce n’est pas rien, mais rien à côté du 400e de Québec.

    Les dernières statistiques démographiques révèlent que « l’engouement pour la parentalité se maintient au Québec pour une troisième année, en particulier dans Capitale-Nationale. Il doit se passer quelque chose. Bravo ! Cependant, il faudrait faire beaucoup plus pour freiner le vieillissement. On n’est pas sorti de ce bois:

    « L’institut de la statistique du Québec, ISQ,
    fournit des chiffres qui me font appréhender en notre ville
    un déclin de population, d’ici 5 à 10 ans:
    notre sous-natalité depuis 1970,
    la réduction de notre force d’enfantement,
    la réduction de notre force d’engendrement,
    la réduction de notre force de travail,
    l’épuisement de nos sources de migration proches,
    notre migration interprovinciale négative,
    notre faible immigration internationale,
    notre vieillissement,
    l’inattention de nos élus de tout niveau et des médias,
    l’ignorance de nos concitoyens. »

  3. le 15 jan 2010 à 1:33 Simon-Pierre Savard-Tremblay

    Bonjour M. Facal
    Est-ce qu’il y aura un lancement officiel de votre livre à Montréal?

  4. le 15 jan 2010 à 22:40 Robert Lachance

    Merci Simon-Pierre,

    Si son livre traite de démographie Simon-Pierre, ce ne serait pas une mauvaise idée d’en faire le lancement à Madrid. L’Espagne a fait avant nous sinon mieux en matière de dégénération démographique. Où en est-on en régénération ? Je n’ai pas de chiffres, je vais en chercher.

    État du monde, 2007, Boréal, Espagne, indice de fécondité: 1,27 pour 2000-2005; population 2005 43,064 millions.

    Un instant pour 2010, les statistiques sont maintenant sur Internet pour L’état du monde.

    Environ 15 minutes plus tard. Espagne, indice de fécondité: 1,42 pour 2006-2008; population 2008 44,5 millions.

    Quel commentaire formulerait Passe-Partout, une croissance avoisinant 10 % depuis la fin du XXe siècle ? Dans la décennie précédente, c’était moins de 3 % pour 10 ans.

    Décidément, l’Espagne semble en avance sur nous en préparation d’avenir: le présent y est plus à la croissance démographique qu’à la croissance économique. Y aurait-il entre les deux croissances un délai de 25-30 ans messieurs les économistes ?

    - Minimum !

  5. le 21 jan 2010 à 8:26 Robert Lachance

    Désolé, c’est encore moi ! Tous le monde est en mode lecture j’imagine.

    « MONTRÉAL – Estimant que le Québec se trouve à une période charnière de son histoire, Joseph Facal a pris la plume pour exposer les actions qu’il juge nécessaires afin d’éviter un déclin prononcé de notre société, dans un essai intitulé Quelque chose comme un grand peuple.

    Dans cet ouvrage de 300 pages, M. Facal tente de faire le tour de toutes les questions qu’il considère comme étant «essentielles» et dit «tordre le cou à certains mythes et à des demi-vérités» à l’origine de notre stagnation. »

    La suite de Préparer le Québec de demain sur Canoë. Avec photo de l’auteur et de la couverture du livre.

    Sur RadioEgo, Stéphan Dupont s’entretient en studio avec Joanne Marcotte sur le livre. Joanne apprécie pleinement à deux grosses réserves près. Ça s’écoute. 27 minutes. Avertissement: les tournures d’esprit de Stéphan Dupont et de Joanne Marcotte pourraient vous choquer. J’aime mieux vous en prévenir.

    Résumé et analyse aussi disponible sur le blogue de Joanne.

    à CHOI radio X, Québec, Denis Gravel s’entretient au téléphone avec l’auteur après deux ou trois minutes de nouvelles en bref et de sauce radiophonique identitaire. Denis est sous le charme.

    Bonne lecture !

  6. le 22 jan 2010 à 12:30 Ghuard

    Bonjour monsieur Facal,

    Suite à votre passage à Bazo TV, voici une suggestion pour la suite: je vous verrais bien éditorialiste – et pourquoi pas directeur? – du Devoir…

    Je sais bien que cela ne peut se faire « en criant ciseaux », mais c’est quelque chose qui pourrait dans quelques années faire la différence dont le Québec a de plus en plus besoin.

    La réalisation de ce voeux serait à mon sens un puissant signal que le Québec – la nation québécoise – aura décidé de s’organiser pour durer et prospérer en se sortant finalement de ses ornières actuelles.

  7. le 23 jan 2010 à 14:41 Gilles

    Donc Le Devoir est enlisé dans des ornières selon vous ?

    Mais encore……?