Articles
Commentaires

Burger King

Le Journal de Montréal a publié récemment une photo que je n’arrive pas à oublier.

Elle était pourtant très banale. On y voyait le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, affublé d’un tablier et d’un chapeau de cuisinier, en train de flipper des burgers lors d’un barbecue partisan. Cela fait partie d’une stratégie estivale destinée à relever sa côte de popularité.

Je ne suis pas un admirateur de ce monsieur, mais là n’est pas la question. On prend aujourd’hui pour acquis que, pour avoir du succès en  politique, un leader doit être présenté comme un homme aussi ordinaire que possible. On veut nous faire croire que c’est un bon gars, accessible, surtout pas prétentieux, qui cuit ses boulettes en prenant une petite bière avec ses chums. Une version plus mature de Louis-José Houde.

Ses conseillers n’essaient pas de présenter Ignatieff pour ce qu’il est vraiment : un prof de Harvard, auteur d’une douzaine de livres, qui a longtemps vécu à l’étranger, et qui est le fils d’un diplomate illustre. Au Canada, être un intellectuel, c’est un synonyme de déconnecté, hautain et  prétentieux. Chez nous et à notre époque, la hauteur est un défaut, et c’est celui qu’on pardonne le moins.

On n’imagine évidemment pas De Gaulle ou Churchill se prêtant à ces mises en scène, qu’ils auraient trouvé indignes de leur rang. Remarquez, même à notre époque, je ne me souviens pas d’avoir vu Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard s’y livrer.

Ce sont les médias modernes qui ont changé la donne. Dans une société où tout passe par eux, s’ils ne s’intéressent pas à vous, vous n’existez pas. Nos médias ont cependant de la difficulté à traiter la complexité. Les partis politiques ont donc renoncé à nous présenter des positions complexes sur les enjeux importants.  Ils iront chercher nos votes en nous faisant croire que leur chef est aussi sympathique que votre beau-frère Gaétan.

Désolé, je ne marche pas là-dedans. Je ne veux pas que le chef du gouvernement soit comme moi ou comme mon beau-frère. En raison de ses responsabilités, je veux, j’exige qu’il soit meilleur que moi, qu’il ait plus de caractère et de jugement que moi. Notre époque veut cependant faire croire que nous devrions tous être égaux et pareils. C’est pourquoi la vraie grandeur nous met mal à l’aise. Tout doit être rabaissé au niveau moyen.

Pour le meilleur et pour le pire, les médias ont aboli la distance entre nos chefs et nous. Dans les années trente, la majorité des Américains ne savait pas que le président Roosevelt était un handicapé en chaise roulante. Les leaders pouvaient ne pas être vus en public pendant des mois sans qu’on trouve cela étrange. Les journalistes ne parlaient pas de l’alcoolisme de Churchill. Aujourd’hui, ils se battraient pour en parler les premiers.

Pensez-y : si nous, les électeurs, trouvons normal que nos politiciens se déguisent ou fassent les épais dans des émissions de variété, comment pourrions-nous ensuite les prendre au sérieux et accepter de les suivre s’ils nous proposaient des objectifs exigeants et ambitieux ? Que penserait un soldat qui, avant la bataille, verrait son général s’habiller en clown ?

35 réponses à “Burger King”

  1. le 26 juil 2010 à 18:10 jfmonfette

    Vous avez tellement raison ! Ici on ne veut pas d’intellectuels qui savent compter et bien gérer, mais des gros colons sympathiques qui font des conférences de presse dans des Tim Hortons.

  2. le 26 juil 2010 à 22:22 Gerald Gobeil

    « En raison de ses responsabilités, je veux, j’exige qu’il soit meilleur que moi, qu’il ait plus de caractère et de jugement que moi. Notre époque veut cependant faire croire que nous devrions tous être égaux et pareils. C’est pourquoi la vraie grandeur nous met mal à l’aise. Tout doit être rabaissé au niveau moyen. »

    Hummm … Avez-vous passé votre test vous-même ?

  3. [...] This post was mentioned on Twitter by Richard Généreux, Les analystes. Les analystes said: Joseph Facal : Burger King http://bit.ly/cZqm1A [...]

  4. le 27 juil 2010 à 1:22 Jacques Dalpe

    Bon retour de vacances, monsieur Facal

    C’est une bonne nouvelle pour nous. Peut-être un peu moins pour vous. Elles ont passé tellement vite. Et vous avez de la suite dans les idées en passant au Burger King.

    Je suis moi aussi un peu agacé par les faiseurs d’image et la place qu’ils prennent. Le pire, c’est que ça fonctionne. Ils peuvent changer en un rien de temps une image négative. Un politicien détesté peut vite apparaître vite comme une lumière, le sauveur de la nation, devenir admiré, sans avoir rien à changer.

    En administration ou même comme réprésentant de n’importe quel service publique, j’ai toujours cru que pour se faire respecter, il fallait se faire respecter: avoir une tenue vestimentaire convenable, vouvoyer, utilser des titres comme Monsieur X, Madame y.

    Mais je crois qu’il faut plus. Il faut rendre son discour séduisant, donner le goût d’adhérer à une vision noble de la société, donner le goût de se reprendre en main comme nation pour recommencer à rebâtir notre société sur de nouvelles bases, reprendre même des recettes qui ont déjà eu du succès.

    Le renouveau social et démocratique devrait commencer par une remise sur rail du système d’éducation, un système dans lequel une culture général nous rend apte à juger du présent et avoir un vision enrichie de l’avenir.

    Faire de la santé une priorité, c’est bien. Mais si l’éducation n’a pas la même importance, on se prépare des lendemains décevants. Les discours devront demeurer de bas niveau pour être compris par la masse.

    Il faudrait un peu moins de vaccinations contre le H1N1 et un peu plus de ressources pédagogiques compétentes, des outils modernes d’apprentissage, un peu plus d’histoire du Canada et des civilisations qui nous ont fasconnés, un peu moins de cours d’éthique et d’histoire des religions.

    Pendant les vacances, j’ai eu l’ occasion de parler beaucoup de politique. Et je crois que le fuit est presque mur pour un changement de mentalité, une réévaluation de nos priorités pour faire avancer notre société. Mais nous avons beaucoup de chemin à faire avant qu’une approche soit meilleur que celle des serveurs de hamburgs.

  5. le 27 juil 2010 à 1:24 Jacques Dalpe

    J’aurais dû écrire: pour se faire respecter, il faut se rendre respectable.

  6. le 27 juil 2010 à 11:07 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    J’espère que votre retour s’est bien passé ?

    En attendant, bienvenue au bercail.

    ***

    …… « Notre époque veut cependant faire croire que nous devrions tous être égaux et pareils. » J.Facal

    On sait bien que ce n’est pourtant pas le cas. Une fois au pouvoir, fini les « gidi gidi » : comme disait Félix, on ne connaît plus ton nom!

    Par contre cette nouvelle façon de faire la politique, dictée semble-t-il par les médias, va faire son temps… du moins je l’espère ; et que l’on va revenir « enfin » au contenu : rappelons ici le soulier de Khadir qui est maintenant encensé par ces mêmes médias pour sa retenue et son sérieux. C’est bien pour dire…

    Vous savez, nous n’avons pas à retourner bien loin. Cela a débuté dans les années 1975 à 1985 où « niveler par le bas » était dans l’ère du temps.

    À cette période, mes deux plus vieux (enfants) étaient au 1er cycle du secondaire public (et mes petits-enfants vont fréquenter ces mêmes écoles publiques) : il ne fallait pas privilégier l’élitisme !

    Fini les remises de prix annuels au plus méritant(e)s : l’excellence était presque à cacher.
    On visait la masse (la moyenne) sous le thème « Participation », en oubliant que cette participation devait se donner des modèles à suivre !

    Presque, aucun sport d’élites dans les universités ; ce n’est qu’à la fin des années 90 que le réveil se fit avec le « Rouge et Or de U. Laval, les Carabins et l’U. de Sherbrooke.

    Bon, je voulais simplement rappeler que tout revient comme les vagues sur la grève de l’océan…

    Certains politiciens « désespérés » – rappelez-vous aussi les 2 à 3 présences de M. Marois à des shows comme « Chez GuyA  » ou « Chez Véronique » – sont prêts à tout, même si contre nature, comme on le voit pour Michael Ignatieff, avec l’imprimatur du « p’tit gars » de Shawinigan !

    Sont-ils masochistes ?

    Bonne semaine,

    JRD

  7. le 27 juil 2010 à 11:16 dlalonde

    Malgré que je sois d’accord avec le ridicule du genre de manoeuvres où un politicien, futur chef d’état, doivent aller jouer au gars ordinaire, les politiciens ne sont pas une élite. Cette époque est révolue et tant mieux.

    Si De Gaulle ou Churchill étaient du type à aimer les Bar-B-Q et les bains de foules, alors je ne vois pas pourquoi ils ne le feraient pas.

    Maintenant si ce n’est pas le type de M. Ignatieff, il ne devrait pas le faire. Parce que ce n’est pas le genre de chose qu’il aime faire et non parce qu’il est un futur chef d’État et que ce n’est pas digne d’un chef d’État car c’est de mettre une fausse importance à un politicien.

    Un chef d’État et un politicien c’est quelqu’un qui gère l’argent des contribuables sans plus. Un chef d’État se fouille dans le nez, fait de la cire dans les oreilles, a du poil a des endroits incongrus, a des flatulences et rote.

    Il n’y a pas d’élite politique. Peut-être est-ce que les médias modernes forcent nos politiciens à jouer à des « flipper » de burgers. Mais il est temps que les politiciens débarquent de leurs piédestal car ils ne sont QUE des gestionnaires de fonds public.

  8. le 27 juil 2010 à 16:36 Marc Tremblay

    Bon retour de vacances, cher ami. Je suis content de vous revoir sur votre blogue. Votre chronique est très pertinente. Elle illustre bien que les médias (les journalistes) ne s’intéressent qu’à l’accessoire et ne savent pas analyser l’essentiel.

  9. le 28 juil 2010 à 8:07 Carole Chouinard

    Monsieur Facal

    « Je ne veux pas que le chef du gouvernement soit comme moi ou comme mon beau-frère. »

    J’ai écrit cela assez souvent en voyant l’engouement provoqué par Mario Dumont simplement parce qu’il avait l’air du voisin d’à côté.

    Prenez André Boisclair. Il n’était pas parfait, il a fait les erreurs qu’on connaît, mais il avait de la classe. Or, la classe, chez trop de Québécois, ça passe pour du snobisme. C’est impardonnable.

    Non, « on » préfère notre Tit-Mario. Lui y est corrrrrrrec, Mario, y comme moé!

    Jusqu’à ce que « Ti-Mario » (hé qu’il était « tit » pour vrai) se ramasse chef de l’opposition officielle et nous prouve que s’il est trop incompétent pour occuper ce poste, il n’a pas l’étoffe d’un premier ministre… Alors là les Québécois se rendent compte qu’ils ne veulent pas d’un beau-frère à la tête de l’État.

    Mais s’en rendent-ils vraiment compte où ça sera à recommencer avec le prochain tit-coune politique qui se pointera avec plus de « one liners » d’humoriste que d’idées?

  10. le 28 juil 2010 à 8:29 pierre desbiens

    Ignatieff n’a pas le choix au Québec.Il doit manger des hot-dogs ou des hamburgers pour faire « peuple »… Les Québécois n’aiment pas les gens d’élite. Ils aiment l’égalitarisme et le socialisme. On aime les politiciens près du peuple ou qui disent l’être. René Levesque est un bon exemple: on l’appelait Ti-poil !!! Le gars d’à-côté quoi ! Ceci dit, Ignatieff ne lève pas au Québec. Les gens sont en amour avec le grand Timonier socialiste Duceppe. Ils s’imaginent que ce dernier prend leur défense !!!! Et Duceppe, avec ses discours simplistes et populistes de gauche, rejoint un 40 % de voteurs, ce qui lui permet de rafler 50 comtés. Le problème d’Ignatieff, comme de Charest et Marois, c’est qu’il n’a rien de nouveau à dire.

  11. le 28 juil 2010 à 10:23 Carole Chouinard

    Rêve-je où y a du monde qui ne sait pas vraiment ce qu’est le socialisme?

  12. le 28 juil 2010 à 10:23 Carole Chouinard

    « ou » pas d’accent, désolée

  13. le 28 juil 2010 à 12:16 Marc Tremblay

    Le socialisme est une idéologie qui n’a été mise en pratique dans aucun pays, sauf peut-être à Cuba. Ce système qui peut sembler attrayant ne peut fonctionner, car il nie la nature fondamentale de l’humain qui le pousse à rechercher son propre bonheur avant celui des autres. Je préfère la social-démocratie.

  14. le 28 juil 2010 à 13:52 Jacques Dalpe

    Le mot « élite » semble faire peur. Depuis qu’on a voulu le rayer complètement du dictionnaire québécois, je ne suis pas sûr que tout a changé pour le mieux!

    Quant au socialisme des années 60, je ne crois pas non plus qu’il a donné tous les fruits qu’on attendait. On a même socialisé la vaccination pour le H1N1: un vaccin pour tous!

    Le capitalisme? J’aimerais bien un alternative. Mais tant qu’on ne changera pas la nature humaine, j’ai bien peur qu’il y ait toujours des exploiteurs et des exploités…

  15. le 28 juil 2010 à 20:37 Victor Beauchesne

    Êtes-vous en train de nous dire M. Facal que dans votre carrière de politicien vous n’avez jamais participé à une épluchette de blé d’Inde, que vous n’êtes jamais allé au festival du bison de Omerville ?

  16. le 29 juil 2010 à 8:25 Robert Lachance

    Permettez-moi d’abord de souligner votre compétence comme journaliste sportif. Vous avez prédit 5 pays sur 8 pour le quart de finale. Vous aviez dévoilé la faiblesse de la France. Cependant, vous n’aviez pas pressenti le Ghana comme émergent d’Afrique.

    Par contre, en Amérique du Sud, vous nous aviez induit en erreur en espérant du côté de l’Argentine et du Chili alors que la montée du soccer là est confirmée par la présence du Paraguay en huitième de finale et celle de l’Uruguay, votre pays natal, en quart de finale. Vous aviez retenu votre enthousiasme. Pour l’ensemble de votre article visé, je vous titre king du soccer. Pour qui s’intéresse à l’histoire: http://www.marca.com

    Parlant de King, les deux articles que j’ai lu sur la visite d’Ignatieff au Québec, il y a celui que vous avez retenu sur son passage en Beauce où on le montre en premier plan en tablier avec Justin juste un peu derrière. Elle est sur cyberpresse.ca.

    Votre questionnement sur la projection d’images des politiciens par les médias est pertinente. À cet égard, la photo retenu par Radio-Canada du passage d’Ignatieff à Shawinigan fait mégalomane et affaiblit votre théorie. On retrouve notre chef de l’opposition en premier plan avec Jean Chrétien et la rivière St-Maurice en fond de scène sur une photo prise d’un étage supérieur d’un édifice élevé de la ville.

  17. le 29 juil 2010 à 10:06 Melissa

    Monsieur Facal,

    Il est certes déplorable que le jeu des médias et des promoteurs des partis politiques ait pour effet de modifier faussement l’image de certains politiciens en leur injectant une dose de populisme. C’est désolant puisque c’est trompeur.

    Cependant, j’interroge votre conception de ce que doit être un bon gouvernement. Auriez-vous une tendance élitiste? Prétendez-vous être démocrate? Peut-être que nous ne partageons pas la même définition de la démocratie. Une définition adéquate de la démocratie qui est générique et qui me paraît être celle à laquelle généralement on se réfère intuitivement est la célèbre formule d’Abraham Lincoln : «le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple».Vous semblez plutôt être partisan d’une aristocratie éclairée, ce que certains penseurs ont nommé au cours de l’histoire une «aristocratie naturelle». Cette façon de concevoir l’aristocratie n’a rien à voir avec l’hérédité, mais repose plutôt sur les talents, la sagesse; bref, le gouvernement des meilleurs. Vos propos vont en ce sens : « En raison de ses responsabilités, je veux, j’exige qu’il soit meilleur que moi, qu’il ait plus de caractère et de jugement que moi.»

    En filigrane de votre texte, il y a une critique de la démocratie à connotation platonicienne qui subsiste depuis l’origine de ce type de gouvernement. Les critiques formulées à l’endroit de la démocratie attaquent son principe même, estimant que le peuple n’est pas doté des capacités requises pour exercer le pouvoir. L’art du politique nécessiterait des qualités particulières dont la populace ne serait pas investie étant trop irrationnelle et facilement manipulable. Adhérez-vous réellement à ce genre de critique? N’êtes-vous pas un démocrate?

    Il me semble que la démocratie ne se réduit pas à la sélection d’élite tous les quatre ans. Je ne pense pas que nos représentants doivent être dictincts du peuple. Je souhaite vivre dans une démocratie «le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple».

  18. le 29 juil 2010 à 12:15 Marc Tremblay

    Ce que je ne saisis pas à propos d’Ignatieff, c’est avec tout son baggage intellectuel, on ne voit pas l’ombre du bout de la queue d’une quelconque idée qui nous donnerait le goût de le suivre.

    Nous savons tous qu’un leader n’a pas besoin d’être issu du « peuple » pour se faire élire ( re: Trudeau et Bouchard, par ex ). Par contre, il doit démontrer qu’il est pour le peuple, ce qui n’est pas le cas d’Ignatieff.

  19. le 29 juil 2010 à 16:20 Jean-Renaud Dubois

    Bonjour,

    Pauvre M. Ignatieff, qui passe ses deux à trois mois d’été à faire campagne avec l’obligation de faire « aussi » des barbecues : burgers ; épluchettes de blé d’inde ; etc…

    Eh, que la vie est dure, pour un autre « grand intellectuel » à l’instar de son prédécesseur, Stéphane Dion ! Mais ils peuvent se consoler ayant eu l’appui à tour de rôle du « Grand » Jean Chrétien !

    ***

    @Melissa,

    Belle analyse. Mais on doit se rappeler que cette assertion de Lincoln (« gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple »), fut énoncée en 1865.

    « Par le peuple » est maintenant remplacé par « les lobbies », qui font élire leurs représentants et sénateurs à coup de 10 à 25 millions(!), montant qui n’est pas à la portée du peuple ; et, qui les rend redevables : mais, sûrement pas au peuple.

    On est très loin de ce qu’énonçait Abraham Lincoln.
    Question : est-ce encore le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ?

    ***

    @pierre desbiens qui dit :  » Les Québécois…. aiment l’égalitarisme et le socialisme.  »

    Ouah ! Est-ce bien vous qui parlez de « discours simplistes » à la Duceppe ? Par contre, vous avez touché à l’essentiel en mentionnant qu’il  » rejoint un 40 % de vote ».

    Vous avez bien le droit, évidemment, à votre opinion ; et d’être du côté de la barrière où on y retrouve un autre 40%, celui-là de fédéralistes.

    Mais votre commentaire qui n’avait presque aucun rapport avec la chronique, ne changera rien à ce fait. Et, il doit bien y avoir d’autres raisons que le « simplisme » ; l’égalitarisme » et le « so cia lisme(!?!) ?

    Réfléchissez-y et si vous ne trouvez pas : lisez « QUI A RAISON » de Joseph Facal et André Pratte (Boréal, 2008). Je vous citerai, ci-dessous, un passage pour vous y inciter :

     » Le Canada prend cependant bien soin de ne pas emprunter la voie minée de la réforme constitutionnelle du partage des pouvoirs. D’où les intrusions dans nos compétences au moyen du pouvoir fédéral de dépenser. Dès lors, c’est toute la conception québécoise du fédéralisme canadien depuis 1967, celle de Ryan, de bourassa, de Pelletier, celle sur la base de laquelle le Québec est entré dans le Canada (ndlr : sans référendum), qui est battue en brèche.  » page 207.

    Bonne journée,

    JRD

  20. le 29 juil 2010 à 19:56 Jacques Dalpe

    Bonjour Mélissa

    Vos préoccupations sont séduisantes. Et j’aimerais bien les partager. J’aimerais bien croire que tous les citoyens sont dotés d’un jugement sans faille, que tous savent discerner le faux du vrai, le pire du mieux. Il y a longtemps que nous serions dans une société idéale.

    J’aimerais bien croire qu’aucun faiseur d’images ne réussit à berner qui que ce soit. J’aimerais bien croire que tous les politiciens sont honnêtes. J’aimerais bien croire qu’aucun citoyen ne se laisse acheter.

    Une société qui se refuse à laisser vivre et s’exprimer ses élites est bien mal foutue. Et je continue de croire que Platon, Mozart et les autres avaient un certain talent hors de l’ordinaire. J’aimerais bien espérer qu’un jour le niveau des préoccupations de la majorité dépasse celui des télé-réalités qui grujent les plus grandes cotes d’écoute.

  21. le 30 juil 2010 à 8:58 Le contribuable fatigué

    Bonjour M. Facal,

    il est clair que dans le paysage médiatique actuel, où l’image compte davantage que la substance, les politiciens n’ont guère le choix que de se donner un coté plus ‘givré’, comme pour les céréales. Par contre, je ne crois pas qu’ils aient tous la même valeur nutritive….

    Et en fait, je ne crois pas qu’ils soient ‘meilleur que moi’, dans le sens où dans l’ensemble, ils seraient ‘mieux’ que les autres citoyens. Ils ont adopté une ‘spécialité’ (la politique) avec laquelle évidemment ils sont plus familiers, mais comment seraient-il comme plombier ou mathématicien?

    Si par le passé, on pouvait croire a une certaine élite en raison de l’instruction et de la provenance d’un milieu plus aisé financièrement, cette idée vieillotte ne tiens plus guère la route.

    M. G. Tremblay

  22. le 30 juil 2010 à 9:16 RenéP.

    Bonjour monsieur Facal,

    en effet, les médias, avec la complicité des politiciens eux-mêmes (car cela les arrange), préfèrent nous présenter ce qui « paraît » plutôt que ce qui « est ». Et cela est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit de politiciens qui n’ont rien à nous proposer comme c’est le cas de ce monsieur Ignatieff. Les politiciens sont comme des fournisseurs de produits: à défault de nous présenter de la qualité, ils nous présente l’apparence de qualité, l’image de leurs produits. Dans bien des cas, si on connaissait la réelle qualité (souvent médiocre) du produit, on ne se le procurerait pas mais,s’il a belle apparence, certaines gens vont l’acheter sans considération de sa qualité.
    Pour ce qui réfère à monsieur Ignatieff, celui-ci n’a pas les qualités auxquelles s’attendent les Québécois et c’est pourquoi on essait de cacher ce qu’il est en faisant ressortir des aspects pouvant toucher l’émotivité des Québécois. Par contre, dans le ROC, on va plutôt faire ressortir son aspect anti-Québec car c’est ce qui touche l’émotivité des Canadians. Or, un « grand » personnage politique devrait être au-dessus de tout cela et nous présenter ce qu’il pense être bénéfique pour l’ensemble de la population. Et comme au Canada, il y a les peuples Canadian, Québécois et autochtones qui ont des intérêts souvent divergents, le problème est « comment satisfaire tout le monde et son père en même temps? » Comme les politiciens ne veulent pas ou ne peuvent pas reconnaître la seule solution démocratique, il ne leur reste qu’à faire semblant qu’ils ont des idées et qu’ils vont faire quelque chose mais, bien évidemment, rien ne se produit. Être ou paraître, là est le dilemme pour les politiciens.

  23. le 30 juil 2010 à 11:16 Marc Tremblay

    Je l’ai écrit : J’ai apprécié la chronique de M. Facal et je ne veux pas revenir là-dessus.

    Certains ont été mal à l’aise face à un propos de M. Facal qui disait entre autres vouloir un leader meilleur que lui. Ils se sont même demandé s’il n’était pas élitiste. Je ne l’aurais peut-être pas exprimé de la même façon, mais j’ai toujours apprécié les leaders qui m’inspiraient et qui suscitaient pas mon admiration.

    Ai-je une conception élitiste des leaders ?

  24. le 31 juil 2010 à 15:23 Gilles

    Bon retour dans cette partie de votre vie Joseph. Vous nous manquiez.

    À tout le monde, avez vous lu ça les amis ? : http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/SARAMAGO/11481

    Je trouve que ça rejoint passablement ce qu’écrit Joseph. J’ai le sentiment que le problème est plus profond que ses épiphénomènes que sont les agitations médiatiques. Iggy peut faire des indigestions de boulettes je m’en tape.

    Moi ce qui me dérange, ce n’est pas le côté bouffonnerie de la politique. C’est le fait que quand j’ai voté, je perds toute capacité et toute influence sur le cours des choses.

    Le gouvernement fédéral et celui du Québec, l’un étant minoritaire l’autre majoritaire font exactement la même chose comme si de rien n’était. Si on était vraiment en démocratie vous pensez sérieusement que ça se passerait comme ça?

    Comment ça se fait que Harper fait ce qu’il veut en étant minoritaire dans le Parlement.

    Comment ça se fait que Charest ce sombre individu Puisse faire à sa tête comme si son gouvernement n’était pas corrompu jusqu’à la mouelle?

    Autrement dit, je ne crois plus que le gouvernement soit élu par le peuple pour le peuple, parce que les puissances qui l’entourent et sans lesquelles il n’existerait pas, se foutent comme de leur premier biberon du bonheur des peuples.

    Je ne sais pas quoi faire, ni avec qui ni comment, mais je pense sincèrement que c’est le système dit démocratique actuel qu’il faut remettre en question.

  25. le 31 juil 2010 à 15:32 Gilles

    René, vous posez une bonne question : « comment satisfaire tout le monde et son père en même temps? »

    C’est impossible René. Lafontaine nous l’a expliqué longuement :

    J’ai lu dans quelque endroit … http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/meunfils.htm

  26. le 31 juil 2010 à 20:31 Jacques Dalpe

    Gilles,

    voilà des références fort intéressantes. J’ai un peu de difficulté cependant avec cette célèbre affirmation d’Aristote: « L’équité au sein de l’Etat exige que les pauvres ne possèdent en aucune manière plus de pouvoir que les riches, qu’ils ne soient pas les seuls souverains, mais que tous les citoyens le soient en proportion de leur nombre. Ce sont là les conditions indispensables pour que l’Etat garantisse efficacement l’égalité et la liberté ».

    Si le poids du nombre demeure la seule vraie référence pour l’expression de la démocratie, le bon sens et la justice ne seront pas nécessairement au rendez-vous. Le français disparaîtrait rapidement au Canada si on faisait voter l’option par l’ensemble du Canada. Les droits des minorités seraient vite bafoués.

    Je crois aussi que, même si les gouvernements sont de plus en plus sous l’emprise des financiers, l’ensemble des citoyens préfèrent conserver des gouvernements connus plutôt que de remettre en cause les privilèges qui risquent d’être menacés.

    C’est ce qu’on peut entendre dans le film de Denys Arcand :
    http://www.onf.ca/film/confort_et_lindifference

  27. le 31 juil 2010 à 20:46 Robert Lachance

    Vous avez écrit M. Facal:

    On n’imagine évidemment pas De Gaulle ou Churchill se prêtant à ces mises en scène, qu’ils auraient trouvé indignes de leur rang.

    Vous attendiez-vous à ce que M. Ignatieff, se prenant pour un José Houde mature déjoue son organisation et déclare en Beauce ou à Shawinigan:

    Québécois de Québec et du Québec,

    vous êtes Quelque chose comme un grand peuple. C’est René Lévesque qui a eu cet éclair de génie et Joseph Facal en a fait le titre de son dernier livre.

    Cependant, vous êtes en dégénération* depuis au moins 20 ans. Jacques Henripin a sonné l’alarme en 1989 avec son livre Naître ou ne pas être. Jean-François Lisée a sonné une deuxième alarme en 2000 avec Sortie de secours: comment échapper au déclin du Québec.

    Pour ne pas avoir donné suite à eux depuis 2003, Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois méritent leur 4 % tant qu’à moé. Gilles Duceppe aussi! D’accord, Mario Dumont l’a eu.

    Ne le prennez pas personnel Jean, Pauline, Gilles et Mario mais avec toute ma sympathie: un chef d’un parti démocratique ne peut pas être souverain Pardi, c’est contradictoire ! Croyez-en mon expérience récente. Si c’est pas assez, lisez alors le dernier Jacques Attali: Tous ruinés dans dix ans ? Dette publique: la dernière chance.C’est instructif sur la souveraineté.

    S’il faut une exception à ma règle démocratie et souveraineté, je vous concède Régis Labeaume. Cet entrepreneur est devenu souverain grâce aux assemblées de radio.

    P.S. Les membres des partis n’auraient pas droit au 4 %. Ils ont déjà eu leur 75 %, minimum…

    * d’accord, dégénérescence, déclin, dégradation, synonymes Universitté de Caen.

  28. le 31 juil 2010 à 21:31 Gilles

    C’est vrai Jacques q’il est un peu difficile de concilier l’affirmation d’Aristote avec l’objectif noble de l’égalité. Mais d’un autre côté il dit aussi en parlant des uns et des autres «qu’ils ne soient pas les seuls souverains»

    Ce qu’on remarque aujourd’hui c’est que tous sont égaux devant l’urne. Mais après, les pauvres, la masse des gens n’ont pratiquement plus d’influence. C’est je pense le bât qui blesse.

    La classe sociale qui a le plus d’influence et qui l’exerce, bien je ne vois pas beaucoup d’exemples des politiques qui découlent de son influence qui sont à l’avantage du bien commun.

    C’est là que j’ai un problème avec la démocratie.

  29. le 31 juil 2010 à 22:24 Jacques Dalpe

    Tout à fait d’accord avec toi, Gilles!

    Ce qui me désole, c’est justement que je ne vois plus tellement d’issues pour le bien commun. Il me semble que tout ce qu’on a imaginé pour améliorer la démocratie n’a fait que la rendre plus lourde.

    On ne peut demander au peuple de voter à chaque fois qu’il y a une décision à prendre. Et je ne vois plus trop à qui faire confiance. Je ne vois pas qui pourrait rallier suffisamment de citoyens pour bien les représenter. Ce qui complique encore plus la situation, à mon avis, c’est la multiplication des valeurs, des cultures, des façons de penser.

    En bout de ligne, ce sont ceux qui peuvent s’organiser pour faire front commun qui ont des chances. Et je ne vois que ceux qui détiennent l’argent être en mesure de le faire. Un gouvernement qui veut les ignorer n’a aucune chance d’être élu.

  30. le 01 août 2010 à 10:24 Gilles

    Je rêve peut-être Jacques mais sans aller jusqu’à l’exagération, je pense que la Suisse dispose d’un système politique qui permet aux citoyens de se prononcer clairement sur un ensemble de sujets litigieux par voie de référendum. Et c’est exécutoire.

    Sans prendre parti pour l’une ou l’autre des options en cause permettez moi de rappeler que récemment le peuple Suisse a été amené à se prononcer sur la présence des Minarets sur son territoire.

    C’est le peuple qui a tranché au lieu que comme ça se serait passé dans notre société, ce soient quelques initiés appuyés par des lobbys puissants derrière des portes closes.

    Par exemple et ce n’en est qu’un, la ministre Courchesne n’aurait pas pu, bien que la manoeuvre ait partiellement échouée, modifier le régime pédagogique au bénéfice des écoles religieuses juives qui s’opposent on le sait d’une façon complète à l’intégration du régime pédagogique dans leurs écoles. Et qui donc demeurent marginaux par rapport à la société.

    Ce type de fonctionnement me semble être je pense bien dans l’esprit de la pensée aristotélicienne, quand il dit que les uns et les lautres ne soient pas les seuls souverains.

    Au fond si je lis bien, je dirais qu’Aristote cherche un équilibre dans la répartition du pouvoir, ce qui à mon avis n’est pas le cas dans le type de démocratie dans laquelle nous baignons.

    Mais je peux me tromper.

  31. le 01 août 2010 à 12:02 RenéP.

    A Gilles,

    bien entendu qu’il est impossible de satisfaire tout le monde et son père en même temps et c’est pourquoi la possibilité d’y parvenir, ou du moins de s’y rapprocher,serait plus grande si chacune des trois entités de référence (Canadians,Québécois et autochtones) se gouvernait de facon autonome.

    Intéressantes vos références. L’espoir de pouvoir requestionner la gouvernance dite démocratique pour en arriver à établir une vraie démocratie ne me paraît pas réalisable car, bien que le peuple soit plus nombreux, l’oligarchie mondiale qui, détient le pouvoir est mieux organisée et plus puissante pour le conserver que le peuple ne pourra jamais l’être pour le conquérir. Et quand le peuple en a plein le bol de son impuissance, il se révolte. Et l’establisment réussit toujours à mâter la révolte. C’est l’histoire d’une « humanité » dont l’oligarchie est tellement bête qu’elle participe à sa propre destruction.

  32. le 01 août 2010 à 19:37 Marc Tremblay

    Bien intéressante, cette idée de référendums périodiques comme cela existe en Suisse. Mais c’est quoi le rapport avec l’article de M. Facal ?

  33. le 04 août 2010 à 6:29 Louis Lecomte

    Je crois que le même constat peut s’appliquer au monde de l’enseignement. Pour une raison que j’ignore (l’effet hamburger disons) les étudiants ne respectent plus les prof. La question qui se pose est la suivante: Quelle valeur peuvent-ils attribuer à une connaissance qui leurs a été transmise par quelqu’un qu’ils ne respectent pas?

    Et ce n’est pas en faisant cuire des hamburgers que les prof y changeront quelque chose.

    Mes deux sous.

  34. le 04 août 2010 à 6:42 Robert Lachance

    En effet M. Tremblay, ce qui fait réfléchir ici M. Facal il me semble, ce sont les diverses « figures imposées » qu’occasionne la fonction de chef de l’opposition ou de premier ministre, plus que la promotion de la démocratie. C’est un pensez-y bien dans un choix de carrière.

    C’est une bonne nouvelle, n’est-ce-pas M. Dubois, vous qui comme beaucoup de nous vous souciez de sa carrière ? Est-ce que Mme Nathalie Normandeau a pensé aux figures imposées dans leur décision récente ? Un article du Journal de Québec me le laisse croire mais ce ne serait pas la première fois qu’un média fasse dans la fabulation quand les nouvelles sont plutôt rares ou ternes à mourir. En démocratie de marchés, le changement origine plus souvent d’actionnaires que de révolutionnaires.

    Si j’avais compris que l’article portait sur la démocratie, j’aurais écrit que ce qui me préoccupe à son sujet est le fait que, comme ce fut le cas pendant des siècles pour les femmes, les Québécois de moins de 18 ans ne peuvent exercer le droit de vote qu’ils détiennent depuis 1982. Il s’agit du 20 % de notre population qui aura à gérer 20 ans d’espérance de vie de plus que les plus de 18 ans et non à s’émanciper. Étant donné les délais de réalisation des changements gouvernementaux, vaut mieux un électorat trop jeune que trop vieux. N’est-ce pas Mélissa ?

    En 1982, la nouvelle Charte canadienne des droits et libertés inscrit dans la Constitution le droit de tous les citoyens de voter et d’être candidat à une élection, ouvrant la voie à la contestation judiciaire de règlements de vote jugés discriminatoires. Élections Canada

    population et âge

  35. le 08 août 2010 à 13:33 Robert Lachance

    Venez pas me dire M. Facal que Jacques Parizeau et Lucien Bouchard ne se sont pas pliés quelques fois à des épluchettes de maïs. Je ne vous demande pas l’aveu d’une présence ou la participation à un concours de jambes dans un terrain de camping suite à un souper-bénéfice. Steven Blaney, dégénération ou régénération ? Plus audacieux qu’Ignatieff ?

    Contrairement aux médias dont la tâche est autre chose que résoudre nos problèmes collectifs, je me suis intéressé à l’analyse hiérarchique, une méthode fondamentale de Thomas L. Saaty pour décomposer la complexité. Aux Hautes études commerciales on connaît sans aucun doute.

    Parenthèse, je bûchais en prévention d’accidents d’automobiles, je cherchais un instrument de mesure du risque. Pas pour sauver 500$ mais pour rendre utilisable sur Internet, j’ai programmé pour mon plaisir et usage expérimental un instrument de saisie, mesure et révélation de jugement personnel qui fait un bon travail. Des apôtres de Marc Bellemare à l’époque avait audacieusement apprécié, sans garantie de confidentialité. Il en existe une version commerciale. Fin de la parenthèse.

    Désolé, je ne marche pas là-dedans. Je ne veux pas que le chef du gouvernement soit comme moi ou comme mon beau-frère. En raison de ses responsabilités, je veux, j’exige qu’il soit meilleur que moi, qu’il ait plus de caractère et de jugement que moi. Vous-même

    Vous en demandez pas mal ! J’envisage avec calme que le chef du prochain gouvernement du Québec ne sois pas meilleur que vous, sans vouloir blesser votre modestie. J’apprécierais hautement que l’on tente l’expérience pour 4 ans dès que faire se pourra. Avec votre beau-frère, je ne sais pas (s’il apprend que j’ai écrit ça et que ça le chagrine, je lui dois une explication).

    je vous confesse qu’il y a quelques semaines, ici ailleurs, j’ai écrit de « la question qui tue ». Le papier bavard s’interrogeait sur la suite de Jean Charest. Formulée autrement dans mon livre à moi, la question était pourquoi pas Joseph Facal ! À cette époque, l’alternative n’était pas Nathalie Normandeau. Suite à une nouvelle qui a circulée récemment et qu’Éric Duhaime a retenue, l’alignement au parti libéral comme chef pour les quatre prochaines années pourrait être nulle autre qu’elle.

    Pourquoi pas vous ? Je vous comprends, ça comporte de l’abnégation. Un certain avenir pour Québec 2008-2108 serait de ce côté.

    Parlant d’avenir, Jean Ferrat a chanté à répétition et c’est pas fini que la femme est l’avenir de l’homme. Comme jeu défensif minimal, des décennies plus tard, j’affirme que l’homme est l’avenir de la femme.

    À ce sujet, la « breaking news » est que Boucar Diouf, un humoriste moins bien connu que Louis-José Houde, à nul autre endroit et temps qu’à Radiocan hier peu avant midi, alors que je me consacrais à ma tâche de conjoint au foyer, a avancé que le métissage est l’avenir de l’homme. C’est un éclair de génie à confirmer par le temps; J’ignore s’il partage déjà un enfant avec une nôtre. Il bavardait avec Angéline.

    Pour enrichir votre réflexion, s’il se peut, j’ai observé que Régis Labeaume, comme le tambour-major d’une fanfare, possède le génie de suivre une foule tout en étant devant et contre. Quel prestidigitateur ! Je ne vous en demande pas tant. Jean-Renaud et les autres, je ne pense pas: à chacun les avantages et les inconvénients de la différence.

    Quelqu’un a dit: « L’enfer, c’est les autres ». Ça ne s’applique pas ici si je m’exclue.

    Voilà ! En moins de temps à lire qu’il n’en a fallu à Fidel Castro pour signaler son existence à la presse internationale.

    P.S. Une tâche éditoriale au Québec est une alternative valable.