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La prophétie

Le politologue de l’Université Laval  Vincent Lemieux fut le premier à noter qu’au Québec, il se produit, tous les 35 ou 40 ans, une mutation profonde du paysage politique.

Il appelait cela un «réalignement». En l’espace de deux ou trois élections, un nouveau parti politique réussit à s’imposer. Dans un système politique conçu pour seulement deux grands partis, son émergence entraîne le déclin, voire la mort du parti dont il prend la place.

Ce nouveau parti est un parti «générationnel». Des jeunes opposés aux valeurs de la génération précédente, au moins en partie, ressentent le besoin de se doter de leur propre véhicule.

Le phénomène, avançait Lemieux, s’est produit trois fois en un siècle. Évidemment, je n’ai pas de place pour rendre justice à toutes les nuances que fait Vincent Lemieux. Il me pardonnera.                                                          

En 1896, les libéraux fédéraux de Wilfrid Laurier délogent les conservateurs de Charles Tupper, déboussolés depuis la mort de John A. McDonald. Pour des raisons trop longues à expliquer, la politique fédérale et la politique provinciale sont alors inextricablement liées.

En 1935, le Parti conservateur provincial du jeune Duplessis et un groupe de jeunes dissidents du Parti libéral du Québec, regroupés autour de Paul Gouin, s’unissent pour former l’Union nationale. Hormis l’accident de parcours de 1940, l’Union nationale s’installe au pouvoir pour un quart de siècle.

Puis, à partir de 1970, les baby-boomers se dotent de leur propre véhicule : le Parti Québécois, lui aussi né en partie d’une scission au sein du PLQ. Leur idéologie : souverainisme et étatisme. Il prend la place de l’Union nationale, qui meurt rapidement.

Pourquoi le PLQ est-il le seul parti à avoir survécu à ces mutations du paysage politique qui sont, pour l’essentiel, le reflet des transformations démographiques et idéologiques du Québec ?

Parce que le quasi-monopole qu’il a sur le vote anglophone et allophone lui garantit un minimum de 30% des voix et une vingtaine de sièges.

Vous me voyez venir. Quand l’ADQ a fait sa fulgurante percée en 2007, certains y ont vu la quatrième grande mutation annoncée par la théorie de Lemieux.                                                     

L’ADQ était née, ici encore, d’une querelle au sein du PLQ. Son idéologie anti-étatiste prenait le contre-pied de celle des baby-boomers.

Ce parti, dans lequel les jeunes avaient l’air d’être nombreux, semblait aussi porteur d’une nouvelle énergie au moment où, comme le dit poliment Lemieux, la «vivacité de la génération péquiste semblait s’être tarie».

Or, juste au moment où la prophétie semble sur le point de se réaliser, l’ADQ entreprend une plongée dont on ne voit pas la fin.

Que s’est-il passé ?

Je risque trois hypothèses. D’abord, il faut que le nouveau parti établisse sa capacité à gouverner. Personne ne doutait que l’équipe de René Lévesque avait cette capacité. L’ADQ n’y arrive pas.

Ensuite, il faut que la nouvelle génération soit assez nombreuse. Dans les années 70, tout le Québec était jeune. Mais les baby-boomers ont fait si peu d’enfants que ces derniers n’ont plus le poids démographique qui leur permet de s’imposer politiquement.

Enfin, la montée de l’individualisme fait qu’il y a chez les jeunes d’aujourd’hui une plus grande diversité idéologique que jadis. Ils ne convergent donc plus vers un seul parti.

Et la suite ? Demandez au professeur Lemieux. J’ai simplement pensé, pour ceux qui ne connaissaient pas cette théorie, qu’elle pourrait vous intéresser.

29 réponses à “La prophétie”

  1. le 07 mai 2008 à 10:59 LB

    La théorie des réalignements électoraux, suggérée par le politologue américain V.O. Key en 1955 et développée par son collègue Walter Burnham, est largement discréditée dans la littérature. Voir à ce sujet David R. Mayhew, 2002, “Electoral Realignments: A Critique of an American Genre,” New Haven: Yale University Press. Je n’ai pas lu les travaux de Vincent Lemieux, je ne peux donc pas en parler. Cependant, je peux dire que fonder une analyse sur la théorie des réalignements électoraux est, disons, pas très “cutting edge” si vous me pardonnez l’expression.

  2. le 07 mai 2008 à 11:22 francois Aubin

    Est-ce la théorie du réalignement ou est-ce simplement l’effet de retour de balancier? Si vous remarquer, les trois changements que vous mentionner dans l’histoire ont été des virages à gauche, à droite, à gauche et finalement l’ADQ à droite. C’est simplement le retour du balancier qui fait qu’on se tannne inévitablement d’une ère trop libérale ou trop conservatrice et qu’on à tendance à revenir au centre. Et pourquoi est-ce que le parti libéral existe depuis toujours?? Au fond, il incarne l’ambiguité des québécois peureux qui préfére un parti incipide plutot qu’un parti avec des convictions fortes et une vrai raison d’être (autre que le pouvoir à l’éternité).

  3. le 07 mai 2008 à 11:52 Simon Robert

    Il faut aussi objectivement avouer l’opportunisme de l’ADQ. À force de suivre le vent, la population ne voit pas vraiment dans quel sens la girouette pointera demain.

    Aussi, la position constitutionnelle assis “entre 2 chaises” ne semble pas très confortable non plus. Car qu’on le veule ou non, qu’on aime ça ou non, il y a (et aura) toujours une bonne partie de la population qui base leur vote sur ce débat.

  4. le 07 mai 2008 à 13:28 Claude Alexandre

    Je suis très embêté. Le parti Libéral, trop beige, ne rejoint aucune de mes aspirations. D’autant plus que l’équipe me laisse froid. Le parti Québécois a trop vieilli et a refroidi mes ardeurs. Pourtant, je demeure un nationaliste. J’ai eu une lueur d’espoir avec l’ADQ, mais si éphémère. Je sens qu’un parti dit lucide me semble une voie qui inspirerait bien des nôtres. Mais il faudrait qu’un lucide avec charisme se lève. Le paysage politique changerait. Existe-t-il un chef, un leader ? D’ici là, je suis orphelin.

  5. le 07 mai 2008 à 16:49 pit

    MATHS 101

    “Parce que le quasi-monopole qu’il a sur le vote anglophone et allophone lui garantit un minimum de 30% des voix et une vingtaine de sièges.”

    Le hic c’est que les anglos ne sont que 7% et les allos 12%…

    Sans blague, sur le fond vous avez raison

  6. le 07 mai 2008 à 18:14 marilou

    mon père a fait partie de presque tous les partis politiques de son temps, Crédit social,Union Nationale, Libéral et ,comme il aimait le dire, ”ce n’,est pas le nom d’un parti qui est important, c’est ce que font les gens une fois élus qui comptent” peu de temps avant son décès ,il était péquiste à cause de René Lévesque, et ,pas à cause des idées de ce parti,,comme il fut créditiste à cause de Réal. Caouette et comme il a été membre actif de l’Union Nationale à cause de Maurice Duplessis libéral à cause de Jean Lesage, Il nous a toujours laissé le libre choix de nos votations, mais il a dit que c’était un devoir civique d’Aller voter,et il nous a toujours dit, aussi que quelqu’un qui ne va pas voter n’A pas le droit de critiquer le choix du parti élu,il a su nous donner le gou^t de changer de parti quand ce parti ne nous satisfait plus ,mais s’il fonctionne bien,on peut le garder pour lui laisser le temps de faire quelque chose qui vaille la peine .il doit y avoir encore des gens qui doivent penser comme lui , chaque vote compte et doit continuer de compter,Mon père avait un solide sens de l’humour, parfois ,il trouvait une couronne mortuaire sur la galerie avant . après la défaite de son parti, il trouvait cela très dro^le et il savait que les gens du rang participait activement aux élections et tout les gens du coin venaient prendre une tasse de thé à la maison le soir des élections,sans chicanes et animosités, en bonne camaraderies paysannes..

  7. le 07 mai 2008 à 18:26 jcpomerleau

    Dans ce texte que j’ai fait suivre au Le Devoir, je donne la raison déterminante qui a coulé l’ADQ :

    ADQ : Novembre le mois des morts.

    L’appui de l’électorat au parti de M Mario Dumont a décroché depuis Novembre 2007. Pourquoi, pour la même raisons qui a permis à Mme Pauline Marois de revenir à l’avant scène politique et au P.Q. de passer en avant de l’ADQ: La proposition de doter le Québec de sa propre Constitution.

    Plutôt que de saisir l’occasion de mettre en place un engagement important de son programme électoral (Constitution de l’État Autonome du Québec), et; de régler ainsi le problème des accommodements raisonnables qu’il avait lui même agiter pour se faire du capital politique, Super Mario aura mis une semaine pour sortir du garde robe et venir dire NON à une chance historique de voir le Québec se doter enfin de sa propre constitution. C’est au moment ou il a fermer cette porte que Super Mario a perdue sa crédibilité de « premier ministrable ».

    Je doute qu’il le sache. Le problème avec M Mario Dumont c’est qu’il n’a aucune culture d’état et donc aucun centre de gravité politique (girouette). S’il avait eue minimum de doctrine d’état il aurait immédiatement compris qu’un projet de constitution est un acte d’état d’envergure qui donne à celui qui le propose, et le mène à terme, une crédibilité d’homme d’état; exactement ce qui lui manquait pour franchir la porte du pouvoir qui était pourtant à sa porté en Octobre 2007, un mois avant le mois des morts.

    ADQ : Novembre, le mois des mort

  8. le 07 mai 2008 à 19:42 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Un parti qui se prépare à des élections sera préoccupé principalement par deux objectifs : remporter le pouvoir et faire élire le plus grand nombre de députés. Si les stratèges estiment que les possibilités de remporter le pouvoir sont trop minimes, ils ne se gêneront pas pour mettre de l’avant toutes sortes de promesses afin de séduire le plus de voteurs possible en tenant compte de leur catégorie (parents, personnes âgées, etc). Comme Daniel Johnson avait fait pour battre Jean Lesage. Sa liste d’épicerie de promesses était tellement bonifiée qu’il remporta les élections. Pauvre homme, il ne put supporter la pression, son cœur céda (il a été premier ministre de 1966 à 1968).

    Cette tactique a bien réussi aussi à Mario Dumont. Mais les gens commencèrent à désenchanter quand ils comprirent que s’il avait vraiment voulu aider la population, il aurait exigé du parti au pouvoir de mettre en place certaines des ses promesses comme condition à l’acceptation du budget. Ainsi les gens ont-ils compris la raison d’être de toutes ces belles promesses : séduire pour faire entrer le plus de députés, car il n’a rien fait pour imposer que certaines des ses mesures avantageuses soient mises de l’avant. Le pouvoir, il n’en voulait pas, il avait fait trop de promesses irréalistes.

    Autre catégorie de gens déçus ? Les journalistes, les chroniqueurs politiques. Ceux-ci ont du respect pour les hommes politiques qui présentent des programmes, quelques compliqués soient-ils, pas seulement que des idées lancées en l’air. Ils ont compris le manège de Mario Dumont. Les journalistes aiment les hommes politiques qui ont de la consistance, pas de simples opportunistes. Alors ainsi débuta la collusion de ceux-ci pour dégonfler la baloune. Ils s’y prennent de différentes façons : le ridiculisent, montrent des photos où il a l’air bizarre (comme quand il tient ses mains devant son visage), des caricatures mettant en relief qu’il n’est pas une 100watts, etc. Le pire pour lui, c’est l’aspect guérilla des journalistes. L’effet fait son chemin à petits feux, sa popularité baisse dans les sondages. Et ça continue.

  9. le 08 mai 2008 à 18:00 ymdelisle

    Je suis d’accord avec François Aubin. Les grands changements idéologiques sont de gauche à droite. Le Parti Libéral survit car il est centriste. Cependent, je ne suis pas d’accord quand il dit, “Au fond, il incarne l’ambiguité des québécois peureux qui préfére un parti incipide plutot qu’un parti avec des convictions fortes et une vrai raison d’être (autre que le pouvoir à l’éternité). N’oublions pas que c’est le Parti Liberal qui nous à finalement livré un état moderne. En ce concerne le vote éthnique (selon M. Facal) M. Pit donne un bon argument. Finalement, selon la théorie de M. Lemieux, je dirais plutôt que c’est le PQ qui disparaîtra.

  10. le 08 mai 2008 à 20:12 mfortin

    Très interessant, effectivement.
    J’attends maintenant impatiemment vos commentaires sur la fin du ”ni-ni”

  11. le 08 mai 2008 à 21:07 Eric Bondo

    Si la théorie de M. Lemieux s’avère fondée, eh bien, considérant la victoire du PQ comme le début du dernier cycle, soit en 1976, un nouveau parti devrait nous sortir de ce cycle de stagnation politique, entre 2011 et 2016.

    La porte est encore grande ouverte, et les trois partis sont tous de la même époque, l’ADQ n’étant qu’une “division” radicale des deux autres partis : Ultranationalistes déçus et conservateurs frustrés.

    Merci M. Facal; il reste encore de l’espoir.

  12. le 08 mai 2008 à 21:11 jcpomerleau

    Ce qui a disparu c’est le PLQ de la Révolution tranquille (L’affirmation nationale incarnée dans l’état). Depuis lors ce parti a décliné dans la mesure ou il prenait ses distances par rapport à l’affirmation nationale. Ces performances économiques ont suivit la même tengente: Les deux dernier Chefs, des canadians first and foremost ont été les deux pires aux niveau de la performance économique (Daniel Johnson et Jean Charest). Mais comme ce parti s’appuie sur une minorité qui vote comme une tribu à laquelle s’ajoute des petits affairiste et les pétrifier de peurs devant le changement, il est assuré d’avoir 35% du vote. Celui qui risque de disparaitre c’est l’ADQ qui a refuser d’incarner sa politique dans l’état (ex: refus de doter le Québec de sa propre constitution). Le PQ risque aussi de disparaitre pour la même raison: refus d’assumer le rapport de force avec l’état fédéral en incarnant clairement sa politique dans l’état. Le placotage ne tient pas lieu d’acte d’état. Ce qui nous donne un paysage politique morcelé, jusqu’à quand. Jusqu’au moment ou le déblocage viendra ….du ROC. Pendant que le Québec est éteint il y a un contentieux majeur qui se développe entre certaines provinces et Ottawa:l’Ontario va remettre en cause le système économique de la fédération, entre autre la péréquation, qui sera appuyé par une majorité de provinces,ce qui réveillera le Québec qui sera privé de sa politique de la mendicité. Tout cela à cause …du pétrole (un déterminant géopolitique majeur) qui crée des distortions telles dans la fédération que la Constitution de 1982 ne résistera pas.

  13. le 09 mai 2008 à 3:07 spiti

    Bonjour M. Facal,
    Il me semble que cette théorie simplifie à l’extrême la réalité. Premièrement, l’Union Nationale de Maurice Duplessis était en fait un beau verni pour cacher le vieux Parti Conservateur que les Canadiens-Français avaient rejeté suite à sa conduite lors de la Grande Guerre. Maurice Duplessis avait profité de la popularité de l’Action Nationale Libérale de Paul Gouin pour prendre le pouvoir avec les vieux conservateurs. Paul Gouin fut tassé assez rapidement et le conseil des ministres étaient composés essentiellement de gros noms du PCQ. Aucune des réformnes que proposait l’Action Nationale ne fut implantée et l’Union Nationale garda exactement le bon programme conservateur qu’on connait tous. Pour ce qui est de l’ADQ, il me semble que ce ne sont pas vraiment les jeunes qui votent pour Mario Dumont. Ce sont plutôt des gens de classe moyenne bien établies dans la vie. Les jeunes politisés (ceux qui votent donc) militent davantage pour des organismes écologistes ou altermondialistes. Le mouvement syndical et souverainiste compte également beaucoup plus de jeunes dans ses rangs que dans ceux de l’ADQ…
    Tout ça me fait penser que la théorie ne résiste pas à l’expérience.

  14. le 09 mai 2008 à 13:14 Francis D

    Jcpomerleau, je me perd totalement en vous lisant…

    Sans blague vous croyez vraiment que la baisse de l ADQ a un lien avec une constitution québécoise?? J’ai voté ADQ à la dernière élection parce que je croyais qu’ils incarnaient l’idéologie des lucides. Ok, je suis très déçu mais mon manque de confiance envers ce parti ne vient aucunement d’une constitution québécoise mais plutôt d’un manque de rigueur idéologique pour un opportunisme.

    Certains penseurs de leur tour d’ivoire (lire Le Devoir) vont donné plein de théories sur le pourquoi du comment de ce qui concerne l’électorat adéquiste. Ils n’ont cependant jamais compris ce qui a fait gagné des votes a l’ADQ à la dernière élection. C’est comme pour expliquer ce qui se passe dans la région de Québec…pas capable.

  15. le 09 mai 2008 à 14:39 Zapotec

    Comme les Liberaux (pour d’autres raisons), le PQ obtiens environ 25% des votes des souverainistes pur et dur, ce qui le met lui aussi a l’abri. La faiblesse du nombre et les votes “acquis” pour les autres parties empechent un troisieme de reussir. Le PQ veut-il vraiment la souverainete ou tout simplement assez de votes pour obtenir son tour au pouvoir? Le PQ pourrait-il survivre a la separation du Quebec? J’en doute.

  16. le 09 mai 2008 à 19:31 jcpomerleau

    (FrancisD). Vous dites que M Dumont a manqué de rigueur “idéologique”. Moi je dis qu’il a manqué de rigueur géopolitique. Après la poussé qui l’a mener au poste de Chef de l’opposition, il manquait à M Dumont d’établir sa crédibilité comme premier ministrable. L’occasion lui en a été donné par la proposition de Mme Marois de doter le Québec de sa propre constitution (pour baliser le problème des accommodements raisonnables). Un Constitution est une acte d’état d’envergure qui vise à préciser les termes politiques et juridiques d’un état (géopolitique). Il s’agissait là d’un engagement important de son programme et il aura mis une semaine pour sortir et dire NON à la réalisation de son propre programme. C’est là qu’il a perdu sa crédibilité. S’il avait dit OUI il aurait pris le contrôle de l’agenda et incarner sa politique dans l’état qui seul agit avec envergure. Il aurait donc acquis le statut d’homme d’état en montrant qu’il avait la carrure politique pour remplir le poste de Premier Ministre. Je ne sais pas qui l’a conseillé durant cette semaine qu’il a passer dans le garde robe, selon moi il a passé à coté de l’histoire. Manque d’envergure. Mme Marois aussi manque d’envergure. Ce n’est pas ces deux politiciens qui auraient nationalisé l’hydro électricité, ni créé la Caisse de Dépôts (c’est cela une stratégie d’état d’envergure).

  17. le 09 mai 2008 à 19:34 Lesdents

    Francis,

    “Certains penseurs de leur tour d’ivoire (lire Le Devoir) vont donné plein de théories sur le pourquoi du comment de ce qui concerne l’électorat adéquiste. Ils n’ont cependant jamais compris ce qui a fait gagné des votes a l’ADQ à la dernière élection.”

    Je passe sur votre antiintellectualisme primaire qui me fait bien sourire et qui me donne une bonne idée du genre de personne à qui j’ai affaire en m’adressant à vous.

    Si je vous comprends bien, vous dites essentiellement parce qu’elle incarnait l’idéologie des lucides, et que son succès a très peu à voir avec sa capacité d’incarner les aspirations nationales des Québecois.

    Comme vous êtes plus brillant que les journalistes du Devoir, vous pourrez certainement nous expliquer pourquoi l’ADQ a obtenu autant de succès dans les circonscriptions francophones, alors qu’elle s’est fait laver dans les circonscriptions anglophones (elle a finit troisième, la plupart du temps loin derrière, dans de nombreuses circonscriptions anglophones)?

  18. le 10 mai 2008 à 11:10 N.B.

    Vous visez en plein dans le mille. Il était temps !

  19. le 10 mai 2008 à 14:41 Francis D

    Ouch!!

    Je n’ai pas la prétention d’être plus brillant que quiconque mais les intellos qui s’écoutent parler et trop imbu d’eux même m’exaspèrent au plus haut point. Vous vous reconnaissez? Les même qui disent : “ah vous le si brillant, tachez maintenant d’expliquer cela!”

    Pour mon ” antiintellectualisme primaire”, à vous de juger. J’ai enduré pendant mes années d’université les académiciens trop proches de leurs théories et trop loin de la réalité. Des gens avec trop peu d’expérience et un trop-plein de théorie. Ceux qui craignent les exceptions parce qu’elle ne vont pas dans leurs théories. Je retrouve ce même genre de personne dans certains articles du Devoir et certains penseurs du PQ.

    SVP, ne généraliser pas mes propos, il y a des exceptions partout et dans chaque cas et les généralisations comme j’ai fait auparavant sont seulement dans le but de rendre mes propos concis.

  20. le 10 mai 2008 à 16:41 Christian

    Pourquoi l’ADQ n’y arrive pas ?
    Joseph Facal

    07/05/2008 10h07
    Pourquoi le PLQ est-il le seul parti à avoir survécu à ces mutations du paysage politique qui sont, pour l’essentiel, le reflet des transformations démographiques et idéologiques du Québec ?
    Parce que le quasi-monopole qu’il a sur le vote anglophone et allophone lui garantit un minimum de 30 % des voix et une vingtaine de sièges.

    Avant de répondre, ne faut-il pas vérifier ici cette auto-réplique, inexpliquée ?
    Quelle est la relation entre la survivance politique intergénérationnelle et le monopole anglo/allo des libératistes ?…

    le 07 mai 2008 à 10:59 LB
    La théorie des réalignements électoraux, suggérée par le politologue américain V.O. Key en 1955 et développée par son collègue Walter Burnham, est largement discréditée dans la littérature. Voir à ce sujet David R. Mayhew, 2002, “Electoral Realignments: A Critique of an American Genre,” New Haven: Yale University Press.

    Il y a erreur dans le choix de la source, éducation selon la langue et culture. Votre choix n’a pas de corrélations au Québec.

    Vous n’avez pas trouvé cette théorie dans aucune littérature de langue française et de culture latine, de par le monde ?…

    Ou bien vous n’avez pas cherché plus loin que les anglo-américains de George Bush ?…

    le 07 mai 2008 à 10:59 LB
    Je n’ai pas lu les travaux de Vincent Lemieux… Cependant, je peux dire que fonder une analyse sur la théorie des réalignements électoraux est, disons, pas très “cutting edge…

    Intéressant.
    On dirait un cas de “je ne sais pas…”, faute de lecture, mais “je sais..”. De l’hybride bicéphale, quoi.
    Il faudrait réécrire ce bout tout en réfléchissant en français ou bien tout en anglo-américain. Afin qu’il soit compréhensible.

    le 07 mai 2008 à 16:49 pit
    MATHS 101
    “Parce que le quasi-monopole qu’il a sur le vote anglophone et allophone lui garantit un minimum de 30% des voix et une vingtaine de sièges.”
    Le hic c’est que les anglos ne sont que 7% et les allos 12%…

    Clap clap clap !… Il ne lui reste plus qu’à expliquer l’évolution ou le comportement de l’autre moitié des voix qui n’est pas anglo/allo.

    le 07 mai 2008 à 18:26 jcpomerleau
    L’appui de l’électorat au parti de M Mario Dumont a décroché depuis novembre 2007. Pourquoi, pour la même raisons qui a permis à Mme Pauline Marois de revenir à l’avant scène politique et au P.Q. de passer en avant de l’ADQ: La proposition de doter le Québec de sa propre Constitution

    Avec tout le respect que l’on doit au Général, favoris de tous au Carnet, cette hypothèse est fausse. Selon trois raisons…

    1- Mme Marois a très mauvaise réputation en matière de propositions et ses réalisations, une fois au pouvoir. Suffit de passer en revue le dossier, ses réalisations aux ministères de l’éducation, familles et aux finances pour relever les contradictions et les échecs.
    2- Le sujet d’une Constitution du Québec recueille l’attention et la ferveur des électeurs, en pratique, au niveau de popularité du Québec solidaire. Tout à fait marginal.
    3- Mme Marois a exprimé, depuis son retour, plusieurs fois sont appartenance canadienne. On a même lu récemment, dans les journaux, la Ministre de l’immigration, Yolanda James ov Concordia, dire qu’elle est très heureuse que Mme Marois soit inscrite à ce moment à des cours “d’anglais”. Tout comme les immigrants du CACI.
    Elle n’a donc pas au départ la culture, le profil psychique et la capacité organisationnelle pour réaliser une telle entreprise, une Constitution du Québec.

    le 08 mai 2008 à 18:00 ymdelisle
    N’oublions pas que c’est le Parti Liberal qui nous à finalement livré un état moderne.

    Affirmation facile. Vérifions… Affichez comment ils ont fait ça ?…

    Voulez-vous dire…
    - La réingénierie de l’État ?…
    - L’arnaque des 4 milliards en baisses d’impôts promises ?…
    - La Santé en état d’effondrement et catastrophique, malgré la hausse de son budget de 20,622 à 24,145 milliards ?
    - La réforme de l’éducation, sous le contrôle et bloqué par les syndicaleux de la CEQ ?
    - Le rétablissement d’un régime d’apartheid à Montréal, causé par les défusions municipales en faveur des anglo-canadiens ?
    Quoi d’autre ?
    ch

  21. le 10 mai 2008 à 18:38 Arnold Schwartz

    @ Christian,

    ”Quoi d’autre ?”

    Petit exercice intéressant!

    Regardons uniquement depuis la dernière élection.

    1. Une hausse virtigeune de la dette dans les 5 prochaines années.

    2. Pigé 800 millions dans la réserve pour la rendre à 400 millions.

    3. Amputé de 50% les profits d’hydro-Québec (passer les redevances de 50% @ 75% des profits)quand on sait qu’avant c’était des invesstissement intéressant et important dans notre économie (technologie et secteur manufacturiers). Le pire quand on est en face d’une crise économique au USA, un dollar fort et un secteur manufacturier dans le rouge. Ce qui m’amène au point 4.

    4. La crise du secteur forestier et manufacturier, le peu d’impact positif du gouvernement dans ces domaines. La preuve est que la situation continue à se détérioré et tout ce qui est prévu par le gouvernement est déjà en place.

    5. Commission sur l’agriculture, la décision: quelle décision? toujours rien de concret et 1 milliard de perte pour la finançière agricole.

    6. Le Régime parental, un déficit prévu de plus de 600 millions pour 2008. En bonus un impôt déguisé sur le relevé de paye.

    7. Commission et rapport sur le financement en santé, décision statut quo. Continuons à faire plus de ce qui ne marche pas.

    8. Les méga-hôpitaux (CHUM), quelqu’un peu me dire nous sommes rendus à combien, est-ce que ça va prendre autant de temps que la Grande Pyramide?
    Juste l’Hôtel-Dieu de Québec, la facture des rénovations et déjà passée de 150 Millions à 450 Millions de $ et c’est pas fini! Qui peut dire à combien ça arrêtera, les paris sont ouverts!

    9. Pénurie de médecin et exode des cerveaux. Certains diront que la pénurie de médecin a été causé par le PQ, cette argument est dépassé car les mises à la retraite seraient effectives depuis bien longtemps déjà. Dans les quatres dernières années au pouvoir du PQ 205 nouvelles places ont été créés, Les libéraux jugeant ce nombre largement insuffisant. Pourtant ils ont créés uniqument 161 places après 4 ans de pouvoir et ce même s’ils estimaient les besoins à 3-4 fois plus.

    10. Depuis leur arrivée au pouvoir un très grand nombres d’infirmières sont partis pour le privé avec un record en 2007.

    Le pire c’est que je pourrais continuer mais à quoi bon la population à un bon gouvernement, c’est Jean Charest qui le dit et si Jean Charest le dit, ça doit être vrai!

    Arnold

  22. le 10 mai 2008 à 20:44 jcpomerleau

    (Christian). Vous dites: “2- Le sujet d’une Constitution du Québec recueille l’attention et la ferveur des électeurs, en pratique, au niveau de popularité du Québec solidaire. Tout à fait marginal.” Cette affirmation est erronée. Correction: Même après une campagne négative hargneuse et hystérique (Gesca SRC) contre, le projet recevait encore un appuis de plus de 60% (sondage de M Lysée), on imagine que si la population avait embarquer dans une consultation cet appuis aurait augmenter. Le graphique de l’évolution des sondages indique que le décrochage de l’ADQ dure depuis Novembre 2007, mis à part son refus d’appuyer le projet de constitution, avez vous une explication pour expliquer le phénomène, professeur. Vous dites que Mme Marois n’a pas la carrure pour porter un tel projet de constitution qui est un acte d’état d’envergure. c’est exactement ce que je disais: Ce n’est pas avec ces deux politiciens que l’on aurait fait la Révolution tranquille, qui fut une série d’actes d’état d’envergure qui a donner à M Lesage, qui l’a mener à terme, la stature d’un homme d’état.

  23. le 11 mai 2008 à 16:27 Lesdents

    Bon Francis, je constate que vous hésitez à reconnaître que votre théorie ne tient pas la route.

    Personnellement, je pense que la posture nationaliste francophone de l’ADQ a été déterminante dans les derniers résultats électoraux au Québec. C’est d’ailleurs une constante de l’histoire du Québec me semble-t-il: les francophones exigent que leurs chefs incarnent au moins minimalement les aspirations politiques de la nation québécoise ou canadienne-française. Si vous voyez une autre façon d’expliquer que les anglophones aient été réticents à appuyer l’ADQ alors que les francophones l’ont fait avec enthousiasme, expliquez-le moi.

    Ayant dit ceci, je ne dis pas que la posture “lucide” de l’ADQ soit étrangère à ses succès.

  24. le 11 mai 2008 à 16:56 ymdelisle

    M. Lesdents. Ma réponse serait que les Anglophones/Allophones sont d’idéologie libérale et que les Francophones sont d’idéologie conservatrice. Le nationalisme, pas définition, est une idéologie conservatrice, du moins la souche Québecoise. Donc, le Parti Libéral est le seul parti, non-souverainiste, qui offre une plate-forme libérale. L’ADQ est le seul parti, non-souverainiste, qui offre une plate-forme conservatrice. L’ADQ me fait penser à L’Union Nationale.

  25. le 12 mai 2008 à 7:59 Daveyy

    Avant de proclamer une nouvelle constitution pour le “pays du Québec” il serait plus prudent de commencer par créer ce pays, chose qui apparaît actuellement très improbable. Donc, les grands projets de constitution québécoise ne sont que du pelletage de nuages pour souverainistes en manque de projet.

    À lire cet échange sur la motivation profonde du vote adéquiste, cela me rappelle que les souverainistes aiment beaucoup les victoires morales mais comptent très peu de victoires concrètes. Incapables de gagner la faveur des Québécois pour l’indépendance, ils relancent toujours leurs adversaires en les défiant de trouver un meilleur projet que le leur et réclament une autre victoire morale, cfelle du vote ADQ qui serait attribuable aux sentiments souverainistes des Québécois.

    Si cela vous console et bien croyez-y, personellement cela me laisse totalement indifférent.

  26. le 12 mai 2008 à 8:17 Lesdents

    Bon point YM Delisle.

    Je maintains quand même que l’ADQ n’aurait pas le succès qu’elle a eu dans l’électorat francophone si elle avait été un parti s’appuyant sur le vote tory anglais (qui, comme YM Delisle le souligne avec justesse, est très minoritaire chez les anglos du Québec), et que ses politiques (sur la langue et l’autonomie du Québec) avaient été dessinées en conséquence. De même, je ne pense pas que les libéraux auraient le succès qu’ils connaissent auprès des anglophones du Québec s’ils étaient véritablement autonomistes et s’ils croyaient encore à l’idéal d’un Québec français. Et je pense que rares sont les fédéralistes de gauche qui daigneraient voter pour le PQ.

    Voilà qui indique que la langue et la question nationale sont toujours des déterminants majeurs dans le vote. Et c’est pourquoi, même si j’ai des affinités avec les libéraux sur plusieurs questions, je ne pourrais jamais voter pour eux.

    Et Davey, ne vous méprenez pas sur mon compte : je ne cherche pas des victoires morales. D’ailleurs j’admets volontiers que nous avons perdu et que les Québécois ne veulent pas quitter le Canada dans une majorité. Malheureusement, cela ne change pas grand-chose à la réalité, qui demeure celle d’une tension entre les identités québécoises en canadienne. Je suis conscient que les souverainistes accumulent défaites sur défaites, et qu’il semble que les Québecois sont devenus relativement indifférents, pour une bonne part, sur la question de leur pérennité et de leur affirmation comme peuple. Mais je remarque quand même que leur vote prend ce facteur en considération, et qu’il arrive aux francophones d’avoir des sursauts de survie…

  27. le 12 mai 2008 à 11:03 Normand ajoindre

    Bonjour Monsieur Facal,

    Les organisations politiques sont tellement importantes et le sujet est tellement complexe que les études et les analyses sur la répartition du vote ne cesseront jamais de connaître tant d’importance. Que l’on pense par exemple aux travaux de Pierre Drouilly, professeur titulaire de sociologie. Une des raisons qui expliquent l’intérêt relié à cette recherche provient du fait que trop de facteurs sont difficiles à cerner.

    La prémisse de base est que le résultat des élections, c’est-à-dire le verdict des électeurs, est engendré par chacune des décisions individuelles de ces derniers suite à leurs conclusions, ou si l’on veut, leur réflexion. Tout le monde sera d’accord avec cet énoncé d’enfant d’école.

    La question est “Comment les gens réfléchissent-ils ? Que prennent-ils en considération? ” Pensons à la disparité du contexte défini par les analphabètes, les décrocheurs scolaires, les diplômés d’université, les liseurs de journaux, les pauvres, les riches, ainsi de suite … Mais, ici, je m’arrête plus précisément sur le degré de connaissances de chacun des électeurs. Ensuite, il y a cet aspect des connaissances plus spécifiques reliées à certains dossiers. Certains voteurs aurons lu et discuté sur le manifeste des lucides, ou sur celui des solidaires ou sur celui de “créons la richesse” ou sur l’histoire du Canada ou du Québec (je ne donne que quelques exemples).
    Il y a des gens qui s’intéressent aux questions de la politique ( exemple : fédéralistes versus souverainistes) ou ceux-là qui s’impliquent dans un parti avec autant de ferveur que ce que nous avons vu chez les supporteurs des Canadiens durant le début des séries éliminatoires.

    Par ailleurs, d’autres iront voter sans s’être intéressés à la condition du citoyen en général ou des grands enjeux. Certains, même, pour parler d’un cas extrême mais répandu, font leur choix parce que la candidate ou le candidat a une belle apparence (son portrait sur le poteau).

    Parlons, dans la masse des voteurs, de cet important groupe de ceux qui ne vont pas voter (qui sont à l’origine de l’expression leitmotiv des politiciens “Faut que le vote sorte”). Ceux-ci sont probablement les moins compris et les plus intrigants pour les analystes. On explique ce phénomène en disant comme premières explications qu’ils ne sont pas intéressés ou qu’ils n’y croient plus.

    Je me demande à quoi pensent les professeurs d’université ou les amateurs de blogues sur les sujets de politique quand ils vont voter et qu’ils pensent à ces autres voteurs qui ne pourraient, exemple, dire ce qu’est une hypothèque ou qui pensent que le soleil tourne autour de la terre (ou qui ne sont pas capables de faire une règle de trois).

    Oui, tout cela ne amène beaucoup de questionnement.
    Pouvons-nous reprocher à un individu de ne pas s’intéresser aux dossiers politiques ? Vous qui aimez la politique, vous connaissez sûrement beaucoup de gens qui ne s’y intéressent pas et qui s’adonnent à des activités très intéressantes telles que le sport, le jardinage, les voyages, les rencontres sociales, etc. Leur diriez-vous que ce serait préférable qu’ils optent plutôt pour le sujet de la politique ? J’entends le bon politicien me répondre « Oui, mais ça ne nous empêche pas d’avoir de l’agrément dans d’autre chose en même temps » - oui, le bon politicien a toujours la réponse à tout ! Parmi les gens qui ne vont pas voter se retrouve une partie très importante d’individus qui attachent une très grande importance au sens du vote. Je pense à ceux-là, qui, conscients du fait qu’ils ne veulent pas s’intéresser à la politique et que leurs connaissances pourraient être inadéquates sur le sujet, tiennent à ne pas exprimer, rendus à l’urne, un choix arbitraire. Il y a aussi ces jeunes qui ressentent les mêmes limites mais qui iront voter quand même après avoir consulter un membre de leur famille en qui ils ont une excellente opinion sur les plans du jugement et ses connaissances en général.

    Beaucoup de politiciens savent, comme disait Henri Beyle, que le gros noyau de la masse des électeurs est constitué des ignorants. Par exemple, dans les années ’70, il y avait cette faction de militants péquistes qui envahissaient les tavernes pour convaincre cette classe de gens identifiés comme étant des “loosers” d’aller voter pour la séparation, qu’ils n’auraient plus à envoyer leur argent à Ottawa et que les anglais dans les postes de commandes dans les industries seraient remplacés par des québécois de souche. Ces militants essayaient de les motiver dans leur lutte contre les absences aux urnes. Mais une grande partie de ces gens perçus comme ignorants ou négatifs ont développé au fil de leur vie comme moyen de défense cette attitude de la méfiance. Ces pauvres militants (étudiants pour la plupart) les approchaient pensant qu’ils étaient naïfs et facilement manipulables (qui se laisse impressionner par un ignorant ?)

    Concernant le vote des allophones, on l’expliquera en disant qu’il est dû au fait qu’il est relié à des subventions ou autre aide d’une certaine manière provenant du fédéral. On n’a pas encore découvert ce phénomène de “mimétisme” résultant de l’attraction de la réalité anglophone comprenant, parmi ses principales caractéristiques, celles d’être le groupe des plus instruits et des plus riches. Pouvez-vous reprocher aux parents ignorants d’origine étrangère qui travaillent au salaire minimum d’encourager leurs enfants à s’inspirer des gens les plus riches et les plus instruits au Québec ? Les souverainistes prônent le respect de l’esprit de la loi 101. Gérald Larose et Pauline Marois pourraient apporter des tonnes d’arguments en ce sens. Le pauvre immigrant, lui, sera plus impressionné par le fait que celui qui maîtrise la langue anglaise se retrouvera éventuellement avec des revenus x% plus élevés.

    Le but de mon commentaire était d’évoquer des situations pouvant démontrer que beaucoup d’éléments pertinents ne sont pas pris en considération par les analystes dans leurs études sur les phénomènes découverts dans les résultats de vote. En effet, beaucoup de facteurs sont difficiles à cerner.

  28. le 12 mai 2008 à 13:18 ymdelisle

    Normand Ajoindre,

    En 80, lors du premier référendum, je travaillait dans un secteur ou il y avait beaucoup de nouveaux arrivants. Ils avaient peur des péquistes. Alors, je demandais pourquoi. La réponse m’étonnais. Ils me disaient, “Nous avons vécu des régimes authoritaires et nous voyons dans le PQ le reflet de ces régimes”. Alors, pour eux, remplacer le Boss Anglais par un Boss Français c’était comme Orwell et “Animal Farm”. Presque 30 ans plus tard, je me demande si les préjugés ont été transmises d’une génération à l’autre.

  29. le 14 mai 2008 à 10:47 Jean-Renaud Dubois

    Bonsoir M.Facal,

    Permettez-moi de ne pas commenter le principal de votre chronique et d’aller directement à des points particuliers.

    A) …….« Or, juste au moment où la prophétie semble sur le point de se réaliser, l’ADQ entreprend une plongée dont on ne voit pas la fin.»
    *
    Avez-vous le don de prophétie?
    Avec les résultats électoraux de lundi, c’est un pas de plus vers la fin ; mais, qui peut prévoir la suite des choses …personne!
    Cet homme, nous a démontré qu’il est debout au moment où on le croit au sol! A-t-il sept vies?

    ********

    B) ……..« Pourquoi le PLQ est-il le seul parti à avoir survécu à ces mutations du paysage politique qui sont, pour l’essentiel, le reflet des transformations démographiques et idéologiques du Québec ? »
    ………….« Parce que le quasi-monopole qu’il a sur le vote anglophone et allophone lui garantit un minimum de 30% des voix et une vingtaine de sièges.»
    *
    Et pourquoi ce monopole?
    - Tout simplement parce que les immigrants sont accueillis par le Canada ; et c’est tout à fait normal et dans l’ordre des choses d’appuyer un parti qui promouvoit d’une part l’unité nationale et d’autre part le multiculturalisme.
    Pour eux, c’est presque comme transporter leur culture dans un autre pays.
    C’est la cerise sur le gâteau : le meilleur des deux mondes, quoi!
    *
    - Par ce multiculturalisme instauré en 1982, Pierre Trudeau fit, au moins, d’une pierre 2 coups :
    1- faire du Canada un Pays multiculturel, si dénoncé par Neil Bissoondath…….et autres.

    2- remettre à sa place cette « TRIBU » (comme nous qualifiait Trudeau et même encore(!) dernièrement quelqu’un sur ce site) ou « d’Ethnie » (comme nous définit Adam).
    *
    Ce fut une idée de génie, il réussit par cette politique à banaliser l’autre peuple qui se prenait pour une Nation( depuis 1867) et s’assurer ainsi une loyauté sans faille des immigrants.
    Et même si le vote francophone est en régression continuelle au PLQ depuis 10 ans, cela n’a pas d’importance puisque d’une part le vote francophone est de plus en plus fractionné ; et d’autre part, le vote traditionnel “allophone” le remplace et lui assure même 100 appuis supplémentaires par jour! (45 000/365×80% = 99).
    Les fédéralistes sont en voiture pour toujours!
    *
    Donc la politique de donner “au temps” (rien faire, ex: la langue) de faire son oeuvre, est infaillible!
    Et ne rien faire, les québécois semblent aimer cela…ils en redemandent même, puisque les appuis à Jean Charest augmentent.
    Quand tu n’agis pas, tu ne te trompes jamais….Et ils ont eu leur leçons avec toutes les promesses depuis 2003. Donc…

    **********

    C) …….« L’appui de l’électorat au parti de M Mario Dumont a décroché depuis Novembre 2007……… La proposition de doter le Québec de sa propre Constitution. », Jcpomerleau.
    *
    En plein dans le mille….
    *
    Il y avait juste un parti qui pouvait s’en sortir, en ne remplissant pas ses promesses électorales, même s’il contribue depuis 5 ans à la désorganisation civile du Québec ; et c’était le PLQ. Mais sûrement pas l’ADQ!
    *
    Allez sur leur site et relisez leur plate-forme électorale, s’ils ne l’ont pas effacée. Ils promettaient :
    1- tous les «Pouvoirs» (champs anciens et nouveaux) nécessaires à Notre Autonomie : voir le texte sur le site de l’ADQ.
    2- Une « Citoyenneté Québécoise ».
    3- Une « Constitution Québécoise ».

    Depuis hier, plusieurs observateurs politiques ont avancé des raisons comme :
    - mauvais travail comme opposition officielle…
    - l’absence de Mario lors du budget de 2007…
    - etc.
    Mais je pense ausi que la vraie raison comme le souligne si bien M. Pomerleau, c’est de ne pas être monté dans le train du projet de loi 195 ; et demander si nécessaire des amendements pour soutenir LEURS propres promesses électorales!
    S’il l’avait fait, il aurait donc priorisé les « Intérêts du Québec » au lieu de faire de la petite politique! Et il en serait sorti grand vainqueur!
    Mario Dumont aurait eu l’air d’un futur chef d’État !
    *
    Qui donc est sorti encore gagnant, de ces divisions (PI, QS, PV, ADQ) ?
    Le plus fédéraliste de tous les PM de l’histoire du Québec : Jean Charest.

    Grosse erreur stratégique donc, comme le soulignait aussi le chroniqueur Raymond Poulin en octobre 2007.

    Bonne semaine,